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Full text of "Dictionnaire français-breton et breton-français;"

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http://www.archive.org/details/dictionnairefran02lego 



' (^l 



DICTIONNAIRE 



BRErON-FRANÇA[S, 



302 



1 SIG'ôA 






^.5 



DICÏIONNAIKK 



BRETON -FRANÇAIS 



c <^(Z.h.v\. VV-âvxcoti; Marie ÎAau-vxe. A^^AlWe-i 

XE GONIDEC, 



PRÉCÉDÉ 



DE SA GRAmMAIRE BRBTO\^Ë, 



CT ENRICHI 



D UN AVANT-PROPOS, D AUDITIONS ET DES MOTS GALLOIS KT GAKLS CORRES- 
PONDANTS AU BRETON , 



Th. HERSARTDE LA VILLEMARQUÉ. 




^•^ 



SAirVT-BRIEUC, 

L. prud'homme, imprimeur-libraire, ÉDITKl R 

im»o. 



M- 






t nfoü.lij h«à!VERTISSEME]\T DE L'EDITEUR. 



il!),; , vwp'iJiifi'..' il / 



.,j,<|],']ïST pour repontlfe 1 4 i, peureux , elau imprime aujour- 
d'hui a l'ç'tude de, la iaiig,ue l^retonne , au vœu général des 
Bretous et aux personnes en relations avec leur pays , que 
nous donnons cette nouvelle édition du Dictionnaire Breton- 
Français de Le Gonidkc er de sa Grammaire 

C'est aussi pour satisfaire le désir qui nous en a été ex- 
prime que nous avons réuni les deux ouvrages en un seul 
volume , du même formai que le Dictionnaire Français- 
Breton déjà publié par nous et l'Essai sur la langue bre- 
tonne qui le précède 



V| ^VFiniS.SKMEM DE LEDITEI H. 

Destine' à faire le peiulaiit du pieinier volume , il n'a pas 
«lé|)en(hi de nous (jue celui-ci parùl en même temps ; du 
reste, ce retard ne lui aura rien fait pc'rdre de sa valeni- ^ 
il a mènu' permis ;i M. de la \'illemarqu(' d'apporter encore 
plus de soin aux additions qu'il v a laites : la («rammaire a 
été enrichie par lui d'observations nouvelles, et le Diction- 
naire , comme déjà le pr<?ce'dent , d'un i^rand nombre <le mois 
puise's à des sources inconnues de Lk (îoMi)Ff. 

Cet avanla<;e n'est pas le seul : la présente édition de la 
(irammaire, indépendamment des notes de M. de la Villemar- 
que' , est augmentée de plusieurs mate'riaux dus a l'obligeance 
de l'illustre docteur LAENNKf, , (jui était ansisi bon pbilologue 
que grand me'decin , et l'auteur les a fondus dans son ouvrage. 

Quant aux additions de M. de la Villemarqué , nous 
croyons devoir faire observer qu'elles sont très- distinctes 
du texte; qu'il les a signe'es (*); qu'elles ne sont pas copie'es 
des autres Dictionnaires ; enfin , qu'elles ne peuvent être re- 
garde'es comme faites uniquement dans le but d'allonger 
l'ouvrage sans ne'cessite'. 

Il ne nous appartient pas de parler de leur mérite : le 
public en jugera ; mais nous devons dire qu'on a favorable- 
ment accueilli celles du pre'ce'dent Dictionnaire et reconnu 
leur utilité. 



(') Elles sont marquées H. V. 



AVANT- PROPOS. 



(^UANü une honorable confiance voulut bien nie charger de remé- 
dier aux lacunes que la niorl a empêché Le Gomdec de combler dans 
ses œuvres philologiques , et de surveiller l'exécution matérielle du mo- 
nument dont ce volume forme la seconde partie , je crus devoir en 
couronner le fronton , si j'ose l'appeler ainsi , par un Essai sur f/ustaire 
(le la langue bretonne. Imprimé et publié peu après le premier volume , 
comme il devait l'être , celui-ci n'eût pas eu besoin d'introduction : Y Essai 
qui précède le Dictionnaire français-breton avait été composé dans le but 
de les ouvrir tous les deux ; mais la révolution de Février en avant 
retardé la mise au jour jusqu'à ce moment , a rendu nécessaires quel- 
ques nouvelles observations préliminaires , et il me semble à propos de 
résumer brièvement les points principaux que j'ai touchés dans le pré- 
ambule de l'autre Dictionnaire. Ces points qui , d'après les meilleurs 
juges en pareille malièie , seraient désormais prouvés , les voici : 

La langue bretonne représente , sous plusieurs rapports essentiels , 
l'ancienne langue celtique , dont elle a conservé en partie le Vocabu- 
laire et la Grammaire , et doit être regardée , avec l'idiome national 
des Bretons-Gallois et celui que parlent les Gaëls d'Irlande et d'Ecosse, 
comme un débris plus ou moins altéré du celli(|ue C). 

Ce débris recueilli et protégé en Armorique , y a eu son époque bril- 
lante du v'' au xii" siècle, période où le breton était la langue usuelle 
des chefs nationaux et de leurs cours. 

Déclinant avec la nationalité bretonne, du xii*^ au xv' siècle, il a eu 
sa première j)ériode de décadence , durant laquelle , altéré et modifié 
par l'influence croissante du français , puis banni de la Haute-Bretagne , 
il n'a plus été en usage (|ue dans les évéchés de \ aunes , de Tréi;uier , 
de Quimper et de Léon. 

(') D'après une découverte reconte et de la plus graudeimpüitante de M. Jacob Grimin , Ir 
gaël-iilandais serait le dialecte qui a le mieux conservé l'empreinte primitive. Lilluslre philolo- 
gue allemand a trouvé, grâce à ce dialecte, le sens de trois vers cites par Marcellus Burdigalen- 
sis, écrivain du iv= siècle , comme appartenant à la langue rustique des environs de Bordeaux, 
et qui sont du pur irlandais. (Voyez son Mémoire intitulé : I'ber Marcellis BrKuniAi.BNsis , 
gelcsen in icr Akademk der yVisscnsclMfUn , i>8 Juin 1817 . p. 27.— Berlin , \S\9 ) 



nij WANI-PROPOS 

De la fin du \\' sii-cl»- au milieu du xvu' , a coiilinu»' sa di.'<atleiice ; 
c'est alors que, cessant graduellement d'être parlé en Basse- I5reta^ne 
par les classes su|)érieures , dans leurs rapports entre elles , méprise de» 
habitants des villes , proscrit même , et iel('^'U<'' dans les campagnts. il 
est resté la langue exclusive du peuple . 

Mais, au xvii" siècle , ayant excité l'intérêt des érudils , il a tendu a 
reprendre, dans l'estime des philologues , un rang qu'il n'aurait jamais 
dû perdre, et a commencé d'être l'objet d'études sérieuses de leur part. 
Aujourd'hui , ce n'est |)lus seulement l'érudition , c'est la science , le 
vrai talent et la critique réunis qui se sont emparé de lui pour l'étudier 
à fond ; et cette heureuse révolution est l'ouvrage de Le Gonidec. 

En prenant la plume pour écrire sa Grammaire et son Dictionnaire 
breton-français , il n'eut point la prétention d'apprendre leur langue à 
ses compatriotes ; il voulut déraciner complètement le préjugé cpii faisait 
regarder la langue bretonne comme un jargon barbare indigne de Hxer 
l'attention d'une critique éclairée ; il voulut prouver qu'elle est aussi 
régulière , aussi méthodique que la plupart des autres langues mortes ou 
vivantes, et soumettre ses titres à l'examen des hommes instruits, (le but 
honorable et patriotique, il l'a facilement atteint : tous les amis de la vérité , 
ceux même d'un jugement difficile , n'ont pas hésité à le reconnaître. 
Quant aux Bretons (|ui parlent leur langue et à qui l'usage habituel suf- 
fit sans doute, comme l'a dit Le Gonidi-c , il a , sans le chercher, exercé 
sur eux une salutaire influence ; grâce à lui , le breton est générale- 
ment parlé plus purement qu'il ne Tétait des personnes d'une condi- 
tion supérieure. 11 est surtout écrit avec plus d'uniformité , de méthode , 
de correction , d'élégance par les auteurs , et cidtivé avec plus de soin 
qu'à aucune autre époque. 

Tel a été le double résultat des travaux de Le Gonidec , tels sont ses 
titres à l'estime des philologues et à la reconnaissance de ses compa- 
triotes. Je les ai déjà fait valoir , et avec de plus longs développements , 
dans l'Introduction du Dictionnaire français-breton, maison ne blâ- 
mera pas le disciple d'insister sur les mérites du maître. 

Il me reste à dire wn mot de la méthode qu'il a suivie en rédigeant 
la Grammaire dont cette édition est la troisième , et le Dictionnaire qui 
parait aujourd'hui pour la seconde fois. 

Le plan de .sa Grammaire est d'une heureuse simplicité : l'Introduc- 
tion expose les principes de prononciation , les règles de permutation 
des consoni>es , le moyen de distinguer les genres , que personne, avant 
lui , n'avait indiqués. 



AVANT-PROPOS. IX 

Le premier livre traite des parties du discours et les analyse. 

L'autre est consacré à leur construction et à des exercices giam- 
maticaux. 

Les règles de permutation que donne l'auteur sont réduites à des loi - 
mules simples , nettes et justes. Celles de la syntaxe sont bien déduites 
et clairement exprimées : elles s'enchaînent les unes aux autres , et 
sont rangées dans un ordre parfait. Si une critique peu familiarisée ave( 
la langue bretonne , quoiqu'éclairée d'ailleurs et bienveillante , a trouvé 
que l'auteur aurait pu simplifier son livre en générali.sant davantage et 
ramenant à la règle ce qui n'en est que l'application ou l'exemple , les 
hommes les plus versés dans cet idiome et qui savent quels milliers de mo- 
difications subit , selon les localités , la pensée dans la bouche des Bretons , 
trouvent au contraire qu'il a saisi avec une grande sagacité les lois 
générales et partout adoptées de la langue bretonne , et admirent avec 
(juelle largeur de coup d'oeil il a embrassé, avec quelle méthode il a ramené 
à une pratique uniforme les coutumes locales et particulières ; de telle sorte 
que, laissant bien loin derrière lui les grammairiens qui l'dnt précédé , il 
devance même pour longtemps ceux qui le suivront. Ce que j'ai , pour 
ma part , cru devoir ajouter à sa Grammaire, est comparativement peu 
de chose: les lois grammaticales oubliées par lui et recueillies par ses 
disciples , sont en petit nombre et sans importance notable. 

Plus nombreuses étaient les lacunes qu'offrait son Dictionnaire breton- 
l'rançais ; mais la tâche de les combler m'a été rendue plus facile , grâce 
à un supplément manuscrit assez considérable mis, d'après ses dernière • 
volontés , à ma disposition. 

Ce livre est un répertoire des mots de la langue bretonne, telle (|u'elU' 
se révèle dans les auteurs anciens et modernes et telle que la parlent au- 
jourd'hui les paysans armoricains : on les y trouve rangés par ordre alpb.a- 
bétique avec leur véritable orthographe à la fois nationale et logi<|ue , 
qui peint pour ainsi dire aux yeux la manière de les prononcer ; avec le 
genre qui leur convien' , avec leurs différentes significations , leurs aect-p- 
lions différentes , une riche moisson d'explications el d'exemples , et sou- 
vent des remarques très-judicieuses. 

Le dialecte qu'il y a suivi plus particulièrement , comme dans sa (iraïu- 
maire , est le dialecte de Léon , qui est pour les Bretons ce qu'était l'atti- 
(|ue pour les Grecs, c'est-à-dire, la langue littérale et commune, en- 
tendue dans toute la Basse-Bretagne , à !a dilTérence des dialectes de 
Vannes, de Cornouaille et de Tréguier , moins aisément compris linrs 



* AVANT -PROPOS. 

(If leurs limites. Toutefois , lorsqu'un mot usité en Léon n'est pas celui 
qui exprime la njême idée ailleurs, il donne son équivalent d'après les 
autres dialectes : pareiliemont , l()rs(|u'iis onVent une expression <pii man- 
que en Léon , il la leur emprunte , en indiquant au(juel elle appar- 
tient en propre. 

Moins enthousiaste et plus solidement instruit que les lexicographes 
qui l'ont précédé , dont tous les Dictionnaires , à l'exception d'un seul , 
sont des compilations indigestes et sans critique , contenant autant de 
mots étrangers que de mots bretons , il a soigneusement exclu tous 
ceu.\ qui ont des équivalents dans la langue bretonne et qui corrompent 
et surchargent le vocabulaire de cette langue , loin de lui être d'aucune 
utilité. Quant à certains mots étrangers d'un usage habituel qui ont mal- 
heureusement piis dejiuis longtemps la place d'indigènes désormais in- 
compris , qui suppléent une disette réelle ou que le génie breton a 
modifiés de manière à se les approprier , il n'a pas cru devoir les bannir. 
Seulement , il les a marqués d'un astérisque pour qu'on ne les emploie 
qu'avec discernement. 

Il avait même poussé le scrupule , dans une première édition de ce 
Dictiomiaire jusqu'à noter d'un astéiisque à la fois et d'un point d'in- 
teirogation tous ceux dont l'origine lui semblait douteuse ; et il avait 
ainsi dénoncé à la critique , comme suspects , une foule de mots aussi 
bretons que ceux qu'il ne marquait d'aucun signe. Sur l'observation 
qu'on lui fit qu'un grand nombre sont de véritables racines celtiques , 
avec des terminaisons essentiellement bretonnes, qu'us représentent les 
idées et les objets les plus usuels, qu'ils appartiennent à la classe de 
ceux quen général aucun peuple n'emprunte , qu'on les retrouve d'ail- 
leurs souvent dans les dialectes celtiques de Galles, d'Ecosse et d'Irlande, 
et qu'ils ont par conséquent une origine nationale , il se proposa de 
supprimer le signe de doute qu'il leur avait joint. J'ai donc supprimé 
ce signe dans cette édition. 

En revanche , toutes les fois qu'une expression bretonne est commune 
aux dialectes de la même famille , parlés dans l'ile de Bretagne, ou qu'elle 
existe seulement en breton et dans l'un d'eux , j'ai tâché de l'indiquer. 
Les degrés de parenté du breton avec le gallois, et avec le gaél, soit 
écossais , soit irlandais , auront par là même été constatés , et un des ob- 
jets capitaux de la présente édition est de les mettre en évidence. 

Afin d'y parvenir , j'ai eu recours aux Dictionnaires les plus complets 
de ces trois derniers dialectes , et particulièrement à ceux de Davies et 



AVANT- PROPOS. XJ 

d'Owen , pour le pays de Galles, d'O'brien, pour l'Irlande , de VUighland 
Society of Scotland , pour l'Ecosse. 

Quant aux sources où j'ai puisé les mots bretons que j'ai ajoutés 
a l'œuvre de Le Goniuec, quoique je les ai déjà mentionnées dans V Essai 
sur l'histoire de la langue bretonne , j'indiquerai parmi les principales : 

Le Vocabulaire breton-latin manuscrit de l'an 88u, du musée bri- 
tannique de Londres, publié par Price , à Sherborne , en 1790. 

La Vie de sainte Nonne , mystère breton eu vers , partie du xiii* siècle, 
partie du xn^*, publié avec une traduction de Le Gonidec, à Paris, 
en 1837. 

Une Grammaire latine et bretonne , dont le manuscrit , qui est du 
XIV* siècle, se trouve, comme le Vocabulaire breton précité, au musée 
britannique, bibliothèque cotonnienne , fonds Cléopâlre , lettres N. E. 
B. , n- 549. 

Trois Dictionnaires breton , français, latin; l'un manuscrit incomplet 
de Jean Lagadeuc , de ll^6l^ , qui appartient à la bibliothèque nationale 
de Paris, fonds Lancelot , n° 160; l'autre imprimé à Tréguier , en 
1499 ' sous le litre de Catholicon ; le troisième d'Auflret de Coatquevran , 

sous le même titre , de la même année et de la même ville. 

c 

Un livre d'heures latin et breton à l'usage de la noblesse de Cor- 
nouaille et de Léon , contenant les offices et prières de l'Eglise, en vers 
bretons; Paris, i486. 

Un Dictionnaire breton-français-latin , intitulé Catholicon , comme les 
précédents; Paris, i5oi. 

Six Mystères , en vers bretons , sur le Calvaire , la Passion , la sainte 
Vierge , la vie de Ihonmie, sainte Barbe, saint Gvvenolé; Morlaix, i5i7, 
i53o , 1557. 

Des Poésies sur les Quatre- Fins dernières , imprimées en 1670 , dans 
la même ville. 

Le Vocabulaire français-breton de Guillaume Quicquier ; Roscoff, 
Londres, Saint-Brieuc , i632, i633 , i64o. 

Le Vocabulaire du P. Maunoir ; Morlaix, lôSg. 

Le Dictionnaire français-breton du P. Grégoire, de Rostrenen ; Ren- 
nes, 1730. 

Le Dictionnaire français-breton du dialecte de \annes de l'Armerve; 
Leide , ^744- 

Le Dictionnaire de la langue bretonne de dom Louis Le Pelletier , 
religieux Bénédictin de la congrégation de Saint-Maur ; Paris. i7ji. 



M| AV. VîfT- PROPOS 

1.0 DutioMimirr rinnîcais - breton de M. ïroude-, chef «le bamiton : 
l>rosl , 1 S ( j . 

F.nÜn , s;ui-* p«nissor plus loin cette nomenclature . 
le fii:r:ii:-firfi: , chants populaires de la Bretagne, recueillis et pu- 
blies pnr lauteur lie cet Avant-propos ; Paris. 18)9 , 1840, »845, i84<>. 
Force do suivre lo plan du Pictionnaire breton-français de LeGoïidïc . 
je n'ai i;uèrt> cite mes autorités qu'exceptionnellement cvHnnie loi . et ewcore 
me suis-jo borne à indiquer deux des pins anciens : le Vocabulaire bre- 
ton du ix" siècle et le dictionnaire mamiscrit de i-i^4- 

Pu reste . le but [>rincijuil de mes additions n'étant pas seuleaMol de 
i\>mpleier . autant que possible . l'inventaire des mots de la lanç^ie bre- 
tonne , niais encvMv df faciliter l'intelligence des viens auteurs ü m' était 
«joins indispensable d'indiquer à chaque article les sotnres amqwUes 
j'ai puise. 

\i-je b<^c>in d'ajouter qu'il n'est pas un seni des n»ols tjm esnciÛ!- 
sent b pivsente éilitîtTn , dont je ne puisse justifier l'acrmeu ef F«aBp4o* . 
et dojiuer des oveniples tirés de rusai:e ou dauteors bretotio^ 

Mais persouue n'a jainats son§;ê à critiquer rAcadenie firançasbe dTaw» 
Sut sy qu'elle voulait faire en composant le Dietioanairv cfassîqae <lr 
Kranvr . savv>ir : utie œuvre philosophique . et pratîqt»^ aa Keti dTua 
l>ictiv>unaiiv historique: et sans doute nnl homine ée&ire tie bÉteera 
l'auteiH- dvi Oictiounaire classique des Breti,Hi* et s«>o hyrt>Kiv. -i-ntiB»»- 
twwr d'avoir soîvt Texerople de rAcadnuîe fracoeaise. 

Si cependattl vv Uvre était Tobjet d'un bfàtue à ce »çe< . i. : : •'.:"'"i!t 
Ituère* vetur qwe> vie ces critiques ttout se ptati^i^aaitlt on terocou 1- :•: - 
dernier siècle, qm s'é/ftai^:mfmt f,t?ifsevSitr gfttsèrvment ks fem-ae- knia:i'ji>: 
purœ (ft^iU lut. iuaitsn£ bmn de la manàènr qaun lu purlv câtrz «aff» - 
<w ^«fc)»"» à vm^ &» sût ôVcB?».- «Sif FitToAmt es- kttr «oawwïci?-. «fe- 
étrAw^ers au biretvuï le* mots ittusites datai» leur ïociEté. 

H est permis, o*» en oonvîeiKÎfi .^^»,-1 \tyt<y^}fr , A»« Tit.ra^ --, . ^ 

t.«mr «^>^>iot>atK'i' senia ^vcu ^.■■, ... 

ifWi>*tt^>etK>«f de* quatre *ï«itées qt.; -> — . . .,- 

* wwj^pjr fe«: tfp«e«i!X(ñ> i:>|K,>^c!t^>bjtn|tte!s doune («uvce= * rj»qu;isi& sua »1^ 
»ew a cottsacïe pîws (.de twctte a»* «JTttfe v» employée i servnr son pav.s 



NOTICE 



LE GOMDEC. 



Quelques joors avant sa mort , M. le Gonidec , recueillant le pea de forces qae 
lailvaient laissées cinq mois de ma'adie , reToyait sur son lit les dernières épreoTes 
de sa Grammaire cello-bretonne . Qaand le texte entier fut composé . an ami, qni 
surreillait et hâtait celte impression , rénnit en un volume les femlles éparses 
qu'on présenta au savant philologue. Le génie de sa langue natale était fiîé dans 
ce livre : il lou'vrit , et le parcourut en silence ; pnis , d un air satisfait . ie tint 
quelque temps fermé entre ses mains. — Ce dernier trait résume bien la vie d'un 
homme dévoue à une seule idée. Il connaissait le priï de son travail . et se féh- 
dtait en mourant de l'avoir accompli. 

Oui, quelles que soient vers l'unité de langage les tendances de la philosophi*» , 
ceux-là ont bien mérité , qui surent conserver , en pénétrant leurs principes , Ips 
formes variées qu'a rsvètues !a pensée humaine. Le &-inidec fut de ce nombre : 
il peut s'appeler le restaurateur de la langue et de la littérature celto-brelonnes. 
Gramiiiaire , dictionnaires , et textes de langue, son œnvre embrasse tout . et ses 
livres , si chers à son pays , ne se recommandent pas moias par leur saine critique 
aux érudits de toute l'Europe; disons mieux, ils se recommandent par le sujet 
comme par la méthode, puisque les civilisations modernes recouvrent en bien de- 
liens des origines celtiques. 

La France, qu on nous accorde ces préliminaires, a trop oublié la Gaule. £t 
cependant la France trouverait encore en Armoriqne la source première de sa 
langue , j ajouterais de son ancienne littérature . s'il fallait ici entourer le gram- 
mairien breton des vieux bardes , ses devanciers. Et qui niera devant les noms 
d'Hoel et d'.Xrthur. le chef gallois . que le moir-ement poétique des sixième et 
septième siècles ne fût dans les deux Bretagties'? El est vrai, les poèmes d'Armo- 
rique . comme les hvnines francs recueüiis par Charlemague , sont perdas: mais 
les rimeurs du moyen-âge, Chrestien de Troyes , Keguaud . Robert Wace , ne 
cachent pas leurs emprunts à ces poèmes , moûit anciens, dil Marie de Frai.ce. 

Bons lais de harpe vous appris , 
Lais bretons de notre pays : 

ajoute le traducteur de Tristan le Léonnais. >"est-ce pas la veille de îa bataille 
d'Auray que Du Guesclin consulta les Prophéties d<! ileriin ? Sous la Ligue on 
chantait encore le &raakn-}lôr. qui a tant fourni aux romans de ta TaMe-Boode: 
el Ton chante toujours : 

Àr rotÊt GraaUn :o mn Iz itz 

B 



itlj AVAWT-PROPOS. 

Le Dictioniiain' (Viiii< üis - l)rfton dc M. Troiirif-, clief <l<» bataillon ; 
Brest, 1842. 

V.nñu , sans [xmsser pins loin celte noniciiclatme 

I.o Jiarztiz-Hreiz , chants j)oj)ulaircs (Je la Bretagne, recnciliis et pn- 
hliéspar l'auteur de èet Avant-propos ; Paris, 18^9, 1840, i845 , i8/|H. 

Forcé de suivre le plan du Dictionnaire !)reton-français de LK(ioNrDPc , 
je n'ai guère eité mes aiilorilt's fpi'exceptioruiellement comme lui , et encore 
me suis-je borné à indi(|iipr deux des jilus anciens : le Vocabulaire bre- 
ton du ix" siècle et le Dictionnaire manuscrit de 1464. 

Du reste , le but principal de mes additions n'étant pas seulement de 
compléter , autant que possible , l'inventaire des mots de la langue bre- 
tonne , mais encore de faciliter l'intelligence des vieux auteurs il m'était 
moins indispensable d'indiquer à chaque article les sources auxquelles 
j'ai puisé. 

Ai-je besoin d'ajouter (|u'il n'est pas un seul des mots qui enrichis- 
sent la présente édition, dont je ne puisse justifier l'accueil et l'emploi , 
et donner des exem[)les tirés de l'usage ou d'auteurs bretons? 

Mais personne n'a jamais songea critiquer l'Académie française d'avoir 
fait c* qu'elle voulait faire en composant le Dictionnaire classique de 
France , savoir : une œuvre philosophique , et pratique, au lieu d'un 
Dictionnaire historique; et sans doute nul homme éclairé ne blâmera 
l'auteur du Dictionnaire classique des Bretons et son humble contimia- 
teur d'avoir suivi l'exemple de l'Académie française. 

Si cependant ce livre était l'objet d'un blâme à ce sujet , il ne pourrait 
guères venir que de ces critiques dont se plaignait un lexicographe du 
dernier siècle , qui s'imaginent posséder entièrement la langue bretonne , 
parce quiU la sawent bien de la manière rjuon la parle chez eux , ou tout 
au plus, à cinq ou six lieues de l'endroit de leur naissance, déclarant 
étrangers au breton les mots inusités dans leur localité. 

Il est permis , on en conviendra , d'en appeler à des juges moins 
exclusifs. ' ' ' 

Leur approbation serait pour celui ijili éént ces lignes la plus douce 
lécompense des quatre années qu'il a passées à combler les lacunes et 
à corriger les épreuves typographiques d'une œuvre à la<|uelle son au- 
teur a consacré plus de trente ans d'urie vie employée à servir son pays. 

Th. HkRS,VRT Dr: la VtLLFMAItQlt. 



NOTICE 



LE GONIDEC 



Quelques jours avant sa mort , M. le Gonidec , recueillant le peu de forces que 
lui avaient laissées cinq mois de maladie , revoyait sur son lit les dernières épreuves 
de sa Grammaire celto-br étonne. Quand le texte entier fut composé , un ami, qui 
surveillait et hâtait celte impression , réunit en un volume les feuilles éparses 
qu'on présenta au savant philologue. Le génie de sa langue natale était fixé dans 
ce livre : il l'ouvrit , et le parcourut en silence ; puis , dun air satisfait , le tint 
quelque temps fermé entre ses mains. — Ce dernier trait résume, bien la vie d'un 
homme dévoué à une seule idée. Il connaissait le prix de son travail , et se féli- 
citait en mourant de l'avoir accompli. 

Oui, quelles que soient vers l'unité de langage ks tendances de la philosophie, 
ceux-là ont bien mérité , qui surent conserver , en pénétrant leurs principes , les 
formes variées qu'a revêtues la pensée humaine. Le Gonidec l'ut de ce nombre : 
il peut s'appeler le restaurateur de la langue et de la littérature celto-brelonnes. 
Grammaire, dictionnaires , et textes de langue, sou œuvre embrasse tout , et ses 
livres, si chers à sou pays , ne se recommandent pas moins par leur saine critique 
aux érudits de toute l'Europe; disons mieux, ils se recommandent par le sujet 
comme par la méthode, puisque les civilisations modernes recouvrent en bien des 
lieux des origines celtiques. 

La France , qu on nous accorde ces préliminaires , a trop oublié la Gaule. Lt 
cependant la France trouverait encore en Armorique la .'■ource première de sa 
langue, j'ajouterais de son ancienne littérature, s'il fallait ici entourer le gram- 
mairien breton des vieux bardes , ses devanciers. Et qui niera devant les noms 
d'Hoel et d'Arthur, le chef gallois, que le mouvement poétique des sixième et 
septième siècles ne fût dans les deux Bretagiies ".'' Il est vrai, les poèmes d'Arrao- 
rique, comme les hymnes francs recueillis par Charleniagne , sout perdus; mais 
les rimeurs du moyen-âge, Chreslien de Troycs , Regnaud , Robert Wace , ne 
cachent pas leurs emprunts à ces poèmes , moult anciens, dit Marie de France. 

Bons lais de harpe vous appris , 
Lais bretons de notre pays : 

ajoute le traducteur de Tristan le Léonnnis. IM'est-ce pas la veille de la bataille 
d'Auray que Du Guescliu consulta les Prophéties de Merlin ? Sous la Ligue ou 
chantait encore le Graalen-Môr, qui a tant fourni aux romans de la Table-Ronde; 
et l'on chaule toujours : 

Ar roué Graalen :ô enn Iz bes. 



XIV RUTICE 

Quant au barde Giclklan , qui vivait en 450, Roslrenen et le vénérable Dom Li- 
Pelletier lisaient ses ver», au siècle ilcrnitr, dans I abbaye de Lan-dévennek. Les 
litres ne sont donc pas contestables : on les retrouverait d'ailleurs, au-delà du 
détroit, dans nm' litlérature jumelle ; et dans les dtux pays la langue est vivante. 
Depuis loii^Unips Iravaillée en Galles , elle vient entlii de recevoir en Bretagne sa 
l'orme scieulifique des veilles de Le (joiiidec. 

TilchoMs d'exposer dans toute sa simplicité cette vie studieuse et peu connut , 
mais plorieusement liée désormais à l'histoire des idiomes celtiques. 

Jeau-François-Marie- Maurice -Agathe Le Gonidec naquit au Conquet, petit poii 
de mer situé à la pointe occidentale de la Bretagne, le 4 septembre de l'année 1775. 
Sa mèro, Anne-Françoise Polion, appartenait à une l'amille de cette ville, où son 
père, d'ancienne maison, mais sans iorlune, occupait un emploi des fermes. Dans 
le voisinage du Conquet , demeuraient, au cb<\teau de Ker-Iann-Môl , M. et .M"" 
de Ker-Sauzoï) , qui , s intéressant aux époux Le Gonidec, tinrent leur (ils sur les 
fonts de baptême. Ce fut un grand bonheur pour re;ifaiit. .\ l'Age de trois ans, 
privé de sa mère , puis abandonné de sou père , homme bizarre et dur (jui délais- 
sait ainsi tous les siens, il fut généreusement recueilli par ses parents selon Dieu. 
Telle fui la tendresse des père et mère adoptifs, telle l'indifférence du père naturel 
que , jusqu'il sa douzième année , le pauvre orpheliu ne se douta point de son sort . 
Lv secret dévoilé, il tomba malade, et faillit mourir de douleur. 

Dans ce temps , l'abbé Le Gonidec (celui qui refusa sous la restauration l'évèché 
de Saint-Brieuc) était grand clianire de Tréguier ; dans celte ville était aussi un 
collège dont l'enseignement avait de la réputation : cette double circonstance dut 
décider à y envoyer l'enfant. Ses études furent parfaites. Dès le début, soit com- 
mencemeut de vocation , soit influence de son parent l'ecclésiastique , il avait lui- 
même revêtu la soutane. Le jeune abbé Le Gonidec , ce fut ainsi qu'on le nomma 
dans le monde, laissait voir beaucoup d'esprit et d'imagination, et un vif attrait 
pour les lettres. Aussi, durant ses vacances au château de Ker-Linn-Môl, tous les 
manoirs d'alentour lui étaient ouverts. Ses parents adoptifs pouvaient se féliciter. 

Voici une occasion plus grande de payer sa dette. Vers la fin de 1791 , M. de 
Ker-Sauzon émigré. Aussitôt le jeune abbé , qui achevait ses études , vient s'établir 
à Ker-Iann, et là se fait le précepteur du fils et des neveux de son généreux par- 
rain. Mais les biens sont mis sous le séquestre ; toute la famille doit se retirer à la 
ville ; Le Gonidec est lui-même forcé de chercher une demeure plus sûre. 

En 93 , nous le trouvons dans les rues de Brest , entouré de soldats et des hideux 
témoins de ces tètes de sang, qui marche à l'échafaud. Il n'avait pas encore dix- 
huit ans. Arrivé au pied de la machine, il voyait briller le couteau , quand des 
amis ou n'a jamais su leurs noms) entrent tout armés sur la place, renversent les 
soldats, et d'un coup de main délivrent le prisonnier. Le Gonidec fuyoit au hasard 
par les rues de Brest ; une porte est ouverte ; il y entre : c'était la maison d'un ter- 
roriste. ' Ah ! monsieur, crie une femme, quel bonheur que mon mari soit ab- 
sent! mais sortez , sortez vile, ou vous êtes perdu !—- Et perdu, madame, si je 
sors : pour un inslanl, de grâce, cachez-moi ! ■> La pauvre femme tremblait à la 
fois de peur et de pitié. Enfin la nuit vint, le proscrit put franchir les portes de la 
ville, d où gagnant à travers champs un petit port de Léon, il passa eu |)eu de 
jours dans la Cornouailles insulaire. 

Dans le calme de la vie scientifique, où nous recherchâmes M. Le Gonidec , plus 
d'une fois nous l'avons entendu raconter les détails de cet événement terrible. Au 
sortir de Ker-Jeau , il lui fut difficile de rester paisible et ignoré dans sa nouvelle 
retraite. La Bretagne fermentait. Les paysans, jugeant mal alors la cause générale 



SUR LE GURIDEC. XV 

el populaire dont ils recueillent les fruits, le pressaient de se mettre a leur tète. 
Mais de Brest on le surveillait; une visite domiciliaire fit découvrir des armes pla 
cées par ses ennemis sous son lit; de là son arrestation . un long et cruel emprison- 
nement à Carliaix , puis sa marche au supplice. 

L'aventureux jeune homme semhie avoir retrouvé dans l'exil le Génie bienfaisant 
(|ui le secourut au pied de l'échafaud. Déimé de tonte ressource, il débarquait à 
i'en-Zanz, dans l'autre Bretagne, quand , au sortir du vaisseau , il est abordé par 
un domestique qui lui demande si son nom n'est pas Le Gonidec. Sur sa réponse 
affirmative, le domestique reprend qu'il a l'ordre de lady !N...., sa maîtresse, de 
prier l'étranger de descendre chez elle. Ce fait s'explique ainsi : Le Gonidec avait 
un parent de son nom recommandé par lettre à lady N..., et qu'on attendait d'Amé- 
rique ; depuis plusieurs jours le domestique guettait sur le port l'arrivée des bâti- 
ments : la ressemblance de nom amena celte méprise, dont la généreuse lady re- 
remercia le hasard. Elle garda son hôte pendant près d'une année. 

Faute de renseignements, il serait malaisé de suivre Le Gonidec , depuis la lin de 
1794 , où il rentra en Bretagne , jusqu'au commencement du dix-neuvième siècle. 
Une note de sa main prouve seulement qu'il prit nue part active aux guerres civiles 
du 3Iôr-bihan et des Côtes-du-Nord ; (ju'il y reçut deux graves blessures, lune à la 
jambe, l'autre à la poitrine; et que, promu dans les armées royales an grade rie 
lieutenant-colonel, il fit un second voyage dans la Grande-Bretagne, d'où le ra- 
mena la fameuse expédition de Quiberon. Depuis lors, errant pendant plusieurs 
années de commune en commune, il profila enfin de l'amnistie du 18 brumaire, 
et déposa les armes à Brest, le 9 novembre 1800. 

Ici commence véritablement la vie de Le Gonidec, celle-là du moins qui conser- 
vera son nom ; « Unius œtalis sunt res quœ forliln fiunt , quœ verô pro palriâ 
scribimlur œternœsunl. » Cet épitaphc des Origines gauloises de notre Malo-Correi 
(La-Tour-d'Auvergne) pourrait être plus justement celle des œuvres de Le Gonidec. 
A vrai dire, sou génie propre n'était pas dans l'action ou l'avaient fatalement jeté 
les troubles de son temps. Et, chose bizarre , cependant , la suite de ces événements 
entraîna par leurs combinaisons sa vocation scientifique. Forcé de se cacher et de 
vivre sons l'habit des paysans, il se mit à apprendre parmi eux d'une manière rai- 
sonnée la langue celto-brelonne, qu'il avait parlée sans étude dans son enfance. 
De ce jour, l'ardeur de la science ne le quitta pins. Elle le suivit dans les places 
importantes d'administration qu'il occupa sous l'empire et dans le modeste emploi 
où nous l'avons connu pendant sa vieillesse. 

Il paraîtrait qu'un compatriote chez lequel notre grammairien reçut une longue 
ho.^pitalité ne fut pas sans quelque influence sur sou esprit. Amoureux des recher- 
ches archéologiques , le vieux maître de Ker-Véatou y associa volontiers Le Gonidec. 
Si ce dernier fut vile d'un grand secours pour son hôte, il n importe : on doit saluer 
en passant ces éveilleurs d'idées. 

Voiciqu'un autre ami sera le iiouveau mohUe de ce caractère , naturellement fort 
et opiniâtre, mais, comme chez tout Breton, timide à entreprendre et combattu 
d'incertitudes. 

C était l'heure où tout se réorganisait sous les mains du premier eonsul. Chacun, 
dans les partis détruits ou rapprochés, s'oecnpail de son avenir : Le Gonidec y devait 
songer. Or, le baron Sané , son oncle, l'un des hauts admiidstraleurs de la marine , 
lui pouvait être d un grand secours. Telles furent les observations d'un intime 
ami (l)de Le Gonidec, lequel, partant [»our la capitale, le décida à l'y aecompa- 

(t) M. de llodcllec du l'orzic, à qui sont dus ces détails- 



xvj woncE 

goer. Ces e8pérancefi n'étaient pas vaines. Arrivé à Paris au mois de juin 1804 , il 

occupa , dès le mois de juillet , un emploi dans radministration forestière. 

f/aiinée suivante, «ou nom figure parmi ceux des membres de l'Académie cel 
tique, rc'uuiou (|ui se raltaclie Irof) aux généralités de notre sujet pour ne pas obtenir 
ici une mention. D'ailleurs, quels qu'aient été ses travaux , elle a produit la (iram 
maire celto-hretonue. 

L'Académie celtique s ouvrit le !) germinal au xiii , avec tout l'enthousiasuie 
(jue ses fondateurs conservaient de leurs relations avec Le Brigant et La Tour- 
d'Auvergne. L'aulenr du Voyage dans le Finistère , Cambvy , présida la première 
séance. Le savant M. Lloi Jolianneau, qui avait conçu le projet de l'Académie, 
exposa le but de ses reclicrclies , toutes dirigées vers les antiquités des Celtes , des 
Gaulois et des l'rancs. Cette pensée fut rendue allégoriquement dans le jeton de 
présence : un génie, tenant un llambeau d'une main, soulève de 1 autre le voil- 
d'une belle femme (la Ganle , assise auprès d'un dôl-men et d un coq. Héveillée 
par le génie , cette femme lui présente un rouleau sur lequel on lit ces mots cel- 
tiques : fez a kiziou 6'a// ( Idiomes et usages des Gaulois). Dans le lointain, une 
tomhelle druidique surmontée d'un arbre, et pour légende : Sermonem majorum 
moresque requirit. Le revers portait une couronne formée d'une branche de gui et 
deehénc, avec cette inscription : Académie celtique fondée an xiii. 

.Autour de la couronne : Gloriœ majorum. 

N omettons pas cette proposition de Mangourit. Rappelant l'ordre du jour du 
général Dessolcs , qui conservait le nom de La-Tour-d' Auvergne à la lôte de la 
quaraute-sixième demi-brigade où il avait été tué , Mangourit fit adopter par l'Aca- 
démie celtique les propositions suivantes : 

\o Le nom de La-Tour-d'Auvergne est placé à la tête des membres de l'Académie 
celtique ; 

2° Lors des appels , sou nom sera appelé le premier ; 

3° Le général Dessoles , qui fit signer l'ordre du jour de l'armée après le trépas 
de La Tour-d'Auvergne , est Hommé membre régnicole de l'Académie. 

l'ne grande ardeur animait donc les membres de cette assemblée. Par malheur , 
la langue celtique, qui eût dû être le flambeau de leurs études, fut presque né- 
gligée , ou traitée avec une demi-seieuce et des prétentions si folles chez quelques- 
uus, quelle excita l'opposilion de la majorité. Ceux-ci, au lieu d'examiner, en 
vinrent à nier l'antiquité de la langue bretonne : — méconuaissaut que tous les 
mots donnés comme celtiques par les auteurs latins ou grecs sont conservés avec 
leur sens originel dans la Bretagne - Armorique ; ainsi des noms de lieux et 
'l'Iiounnes qui se retrouvent en Ecosse, en Irlande, en Galles, et dans la Cor- 
louailles insidaire. A défaut de textes bretons ( puisque le Buhez Santez Nonn , ce 
précieux manuscrit, n'était pas imprimé) , les textes gallois existaient , et ces textes 
sont reconnus des vrais savants comme très-anciens , très-purs , très-authentiques; 
enfin la curieuse et originale syntaxe de la grammaire publiée par Le Gonidec était 
à étudier. 

La Grammaire celto-bretonne parut en l'année 1807. L'auteur s'exprimait aiusi 
dans sa première préface : " Il existait trois grammaires celtiques avant ce jour : 
lu Grammaire bretonne-galloise de Jean Davies, imprimée à Londres eu 1621 ; ia 
Grammaire bretonne du P. Maunoir, qui a paru dans le même siècle; et enfin celle 
du P. Grégoire de Rostrenen , capucin, imprimée pour la première fois vers le 
milieu du dernier siècle , et réimprimée à Brest en 179.5. La première m'aurait été 
d'une grande utilité si j'avais eu le bonheur de la counailre plus tôt ; la seconde est 



SUR LE GONIDEC. XVIJ 

totalement incomplète . je n'ai pu tirer aucun parti de sa syntaxe , ^^u qu'elle se 
trouve en tout conforme a la syntaxe latine. Quant à la grammaire du P. Grégoire, 
quoiqu'elle soit loin d'offrir tous les principes nécessaires à la connaissance de la 
langue , je conviendrai qu'elle m'a clé d'un grand secours. » 

X cette liste de grammairiens, l'auteur eût pu joindre Le Brigant et Le Jeune 
(Ar-îaouanq), tous deux de la lin du siècle dernier. 

La Grammaire de Le Gonidec. bien supérieure â tontes les précédentes, ne laisse 
rien à désirer comme rudiment. La syntaxe en est bien établie. IVul n'avait indiqué 
la génération des verbes ; nul ce parfiiit tableau des lettres mobiles, dont les lois mys- 
térieuses et multiples étaient si difficiles à découvrir. Quant à l'alphabet, il rend tous 
les sons dis mots , laisse voir leur formation , et se prête logiquement aux mutations 
de lettres ; j'y regretterai une seule lettre correspondant au th kemrique ou gallois , 
son qui existe encore chez les Bretons , et que le z ne peut rendre. Les consonnes 
liquides soulignées , à peiue sensibles pour quiconque ne jjarie pas la langue bre- 
tonne dès l'enfance, prouvent chez notre celtologiie une finesse d'ouie des plus 
rares. Jusqu'à cette dernière édition de la Grammaire , il n'avait pu , faute de carac- 
tères, indiquer ces consonnes; sur quoi on lui dit que ce serait une difficulté pour 
bien lire sa Bible . « Oh ! répondit-il, je n'ai jamais employé ces sons liquides dans 
mes textes ! ■' Et pourtant, hors lui, puriste, qui s'en serait douté? Savants, vous 
pouviez vous fier à la conscience de cet homme. 

La hauteur de la pensée et celle du caractère s'unissaient chez JL Le Gonidec , 
vrai Breton. Taudis que par d'autres travaux philologiques, mais d'un intérêt 
moins proche pour la France , des savants ont vécu entourés de richesses et d hon- 
neurs, lui n'eut, pour soutenir sa vie laborieuse, que l'estime de son pays, dont il 
semble emporter le génie dans la tombe. Si jamais homme a rempli sa t;\che, ce 
fut M. Le Gonidec. Dans quelques années, lorsque les regards de la science se se- 
ront enfin tournés vers les idiomes celtiques , le nom de notre grammairien ne sera 
prononcé qu'avec une sorte de vénération. Tel fut le sentiment tardif de M. Ray- 
nouard, initié , mourant, aux œuvres d'un homme qu'il avait longtemps méconnu. 
La Grammaire cclto-brelonne a exposé les règles originelles et conservées par la 
tradition, mais non écrites de notre langue ; les deux Dictionnaires , autres chefs- 
d'œuvre , eu ont donné le tableau complet , et la traduction de la Bible a paru en- 
suite comme un texte inimitable. Ainsi toute la langue bretonne est comme en dépôt 
dans ses livres. Les beaux et continuels efforts ! Onze années de veilles prises après 
les travaux journaliers et nécessaires à la famille [dès 1807 il s'était marié) fureut 
données aux Dictionnaires, deux ans à la Grammaire , dix à l'admirable Bibie; et 
cependant nulle récompense ! Si prodigue pour tous les dialectes morts ou bien 
counus, l'Etat ne put trouver une obole |i0ur cultiver le celtique , ce vivant rameau 
des langues primitives, qui de l'Asie s'étend encore sur la Gaule. 

Qu'on le sache cependant , nous plaidons ici pour Le Gonidec plus haut qu'il ue 
fit jamais pour lui-même. Outre une grande fierté , il y avait eu lui comme uue 
humeur allègre, qui le menait bien à travers les nécessités de la vie. Mais si ces 
dures nécessités le détournèreut de sa vocation, ne sont elles pas déplorables.'' 
Et ne doit-on pas regretter ce qu'avec plus de loisir il eût fait pour la science e^ 
pour le pays '.' 

Les travaux d'administration vont , jiour un long temps le retenir tout entier. 
Son intelligence n'avait pas laissé que de le pousser rapidement dans cette carrière 
La mission qu'il reçut, en (806 , de reconnaître la situation forestière de la Prusse, 
prouve l'estime qu'on faisait tle ses connaissances. 

Lorsque Napoléou visitait Anvers et les ports de la Hollande , il fut donné à M. Le 



xviij HOTICE 

Guilidec de le voir tic bien près. Admis chaque jour, comme secrétaire de I inspec- 
teur nénoral , dans le pal>iiiet de l'empereur, il emporta de fon {,'ériic une vi\e 
adniirntidii. Mais ci seiilimeiit a ses ré8er\e8 et n'eiifiafie pas : il convenait seul de- 
vant |{onaparteu un libre compatriote de La-Toui-d'Auvergne et de Chateaubriand. 

En 1812 , il porte à Hambourg le titre de chef de l'administration forestière au- 
(lela du lihin. Dans cette i)lacc élevée, où tant d'autres eussent trouvé la fortune . 
il ne prouva , lui , que son désintéressement. Hien plus, son père venant a mourii 
insolvable, il contracta des dettes pour payer celles de ce père qui , dès l'enfance , 
lavait abaniionné. Arrivent les dé.saslres de Moscou. Les Français évacuent Ham- 
bourj;; le dernier à quitter son poste. Le Gonidec y perd ses meubles, se.s livres . 
ses manuscrits. Lu valu espère-l-il dans l'ancienne dynastie, qu'il avait autrefois 
servie vaillamment , la perte de son brevet d'officier annuité tous ses services mih- 
taires. Une réduction s'opère même dans son administration, et tour à- tour leçon 
duit à Nantes, à Moulins, à Angoulèmc; et toujours avec un grade et des appoin- 
tements inférieurs. Ici l'élude revient le consoler. 

Le Dictionnaire breton-français est de 1821. On peut le regarder comme m. 
chef-d'œuvre de méthode. C'est un triage complet des précédents vocabulaires ei 
glossaires exécuté avec la critique la plus prudente et la plus sûre. Un sup(ilément. 
encore inédit, augmenterait de beaucoup ce dépôt déjà si riche. 

Le Diiiionnaire français-breton a été exécuté selon le même plan et les mêmes 
principes. On attend son impression. Le Gonidec l'entreprit pour s'aider lui-même 
dtins les textes bretons qu'il projetait. 

Son premier essai de traduction fut d après le Catéchisme historiijue de Fleury (l). 
De tous ses écrits, celui-ci est le plus simple de style. Il serait aisément devenu 
populaire si l'auteur eût mieux su le répaudre ; mais faire de beaux livres fui toute 
sa scieuce. 

Le pays de Galles (que les étrangers s'instruisent par ce seul l'ait des rapports de? 
deux peuples) enleva presque tout entière l'édition du Nouveau-Testament (2). Ce 
livre, le plus beau de notre langue, parut en 1827. Aussitôt, la Société biblique 
de'inanda ï Ancien-Testament (3). Pour ce travail , il fallait au traducteur le Dic- 
tionnaire latini- g allais de Davies, introuvable à Paris, et fort rare en Galles. Un 
appel se fit pourtant dans ce pays à la religion et à la fraternité mutuelle ; appel 
bien entendu, puisque, peu de temps après, le révérend Priée portait lui-même 
en France, avec une courtoisie parfaite, le précieux dictionnaire. Dans cette entre- 
vue , Le Gonidec , très-attaché d'esprit et de cœur au dogme catholique, arrêta que 
l'Ancien Testament , comme déjà le A'oi/i'eau , serait littéralement traduit d'après 
le latin de la Vulgate. Le manuscrit est en Galles ; une copie très-exacte est restée 
à Pans entre les mains du fils aîné de l'auteur, l'abbé Le Gonidec. 

Les Visites au Saint-Sacrement , de Ligori (4), ouvrage pour lequel il avait une 
prédilection particulière, et enfin l'Imitation (5J qu'il terminait avec un grand soin 
quand la mort l'est venu surprendre, complètent la liste de ses traductions bre 
tonnes. Toutes sont en dialecte de Léon. On se demande de rechef si ces trésors de 
scieuce et d'atticisme celtique disparaîtront avec celui qui les amassa, et seront 
comme ensevelis dans sa tombe '! --- Mais épuisons les faits. 

(!) Kalékïz hulorik. 
{2) Teslamanl Névez. 

(3) Testamanl Kôz. 

(4) Guieiadenneu pp' Bizitou d'ar Sakramanl. 

(5) Heùl pé Imitation Jésus-Krisl. 



SUR LE GONIDEC. XIX 

La science avait réservé à la vieillesse de cet homme une place tout exceplionnelle. 
Mis à la retraite en 1834 , il dut revenir à i'aris et chercher dans nue maison parti- 
culière le travail nécessaire pour nourrir sa famille. L'administration des Assu 
rances générales , dirigée par M. de Gourcuff , est , on le peut dire . une colonie de 
Bretons : M. F-eGonidec eu devint l'Ame, pour ceux-là du moins qui , sous la mo- 
destie des formes, devinaient la noblesse de la pensée sexprimant par le plus pui- 
langage. Ces Bretons ne se lassaient pas d'entendre si bien parler la langue de leur 
pays; lui , en parlant de la Bretagne, se consolait de vivre forcément loin d'elle. 
C'était là que lui arrivaient de hautes et savantes correspondances , et qu une d('pu 
talion de ses jeunes compatriotes le pria, en 1838, de présider leur banquet 
annuel. A cette fête, qui fut eomme le couronnement de sa vie, il répondit daus 
l'idiome national a une allocution de M. Pôl de Gourcy ; on se rappelle ces dernières 
|)aroles : 

" Fellet éo bet d'in tenna diouc'h eunn dismantr didéc'huz iez bon tadou , 
péhini a roé dézbô kémend a nerz. Ma em eùz gréât eunn dra-bennag évid delle- 
■ zout hô meùleùdi , é tléann kément-sé d'ar garante/ évid ar vrô a sav gañd ar 
« vuez é kalounn ann hoU Vrétouned. Na ankounachainn biken al lévénez am eùz 
■' merzet enn deiz-mañ, é-kreiz va miñouned, va Brétouned ker. Keit ha ma vézô 
» huez enn ounn , va choun a vezô évit va brô. •> 

Mol à mot : 

" J'ai voulu tirer d'une ruine inévitable l'idiome de nos pères, lequel leur don- 

• nait tant de force. Si j'ai fait quelque chose pour mériter vos éloges , je le dois à 
» l'amour du pays, qui naît avec la vie dans le cœur de tous les Bretons. Je 
" n'oublierai jamais la joie que j'ai trouvée en ce jour, an milieu de mes amis, 

• mes chers Bretons. Aussi longtemps que la vie sera eu moi, mon souvenir sera 
» pour mon pays. • 

Tels furent les soubaits de vie qui accueillirent l'auteur de ces simples et tou- 
chantes paroles, telle la vénération qui, durant toute cette solennité, entoura 
l'illustre président , que son sang aurait dû se raviver au contact d'une si ardente 
jeunesse. A quelques jours de là, cependant, un mal cruel le saisit. Le Gonidec 
reconnut vite le terme inévitable , et , chrétien , se soumit une dernière fois à sa 
devise bretonne : ïovh Doué, volonté de Dieu. Après ciuq mois de continuelles dou- 
leurs , il expirait le vendredi , 12 octobre 1838. 

Son convoi a été suivi jusqu'au cimetière Montmartre par un grand nombre de 
ses compatriotes. Ln , celui qui écrit cette notice , rappelant devant sa tombe les 
grands et nombreux travaux de Le Gonidec , a demandé que la Bretagne ne laissât 
point dans un cimetière étranger celui qui avait si bieu mérité d'elle , mais l'ense- 
velît dans sa ville uatale du Conquet , sous une pierre druidique. 

A la suite de ce convoi, une commission formée de MM. F. de Barrère, A. Bri- 
zeux , Alfred de Gourcy, A. de Kerdrel , Edmond Bobiaet, £mile Souveslre , a 
arrêté ces deux articles : 

1° Du consentement de la famille, une souscription est ouverte dans le but de 
transporter au Conquet, sa ville natale, les restes de M. Le Gonidec. 

Le Téven (où une place serait bénite) est le lieu provisoirement choisi pour cetle 
sépulture. De cette dune, qui forme uu côté de la baie du Conquet, la tombe se 
verrait et de la ville et de la mer. 

2" Un men-Mr ou peûlvan de forme druidique s'élèvera sur la tombe, lofais pour 
que ce men-hir, eu conservant la forme du passé , annonce aussi l'esprit des temps 



XX NOTICE SUR LE CORIDEC. 

nouveaux , <Ju côti- de l'Kst une croix sera ffravéc ; du côté de l'Ouest, celte épilaphe ; 

Peûlvan, diskid d'ann hoU hanô Ab Gonioek , 
Dén gwiziek ha dén fdr , tdd ar ywir brézonek. 

Au-defi80U8, le médaillon de Le Gonidec , et plus bas : 

Ganel é Konl , 4 miz gtcenqvlô , 1775, 
Marô é Paris, 1:2 miz hêré , 1838. 
lUziel é h'onli. ■ ■ 

Le pays répondra à cet appel ; la Bretagne doit se glorifier de sa langue comme 
de la plus fincietinede l'Europe; elle doit l'aimer comme conservatrice de sa reli 
eion et de sa moralité. 

tu lucc de la civilisation nouvelle , Le Gonidec a lait ceci que le breton est écrit 
au dix-neuvième siècle avec plus de pureté qu'il ne le fut depuis l'invasion romaine. 
IjM mort du breton , si Dieu le voulait ainsi , serait donc glorieuse. Il faut l'avouer, 
la langue écrite avait suivi la décadence de la nationalité bretonne. Cette décadence 
date même de loin, à en juger par le liuhez Sautez A'onn, ce mystère antérieur 
au douzième siècle, traduit encore et avec tant d'habileté par l'infatigable savant. 
Les écrivains , sans renoncer aux tournures celtiques , aimèrent trop à se parer de 
mots étrangers. Or, c'est ce désordre qu'a voulu chasser l'esprit critique de Le 
Gonidec. Et, chose merveilleuse dont nous-mème avons fait l'épreuve en plus 
d'uue chaumière, ses textes, sauf quelques mots renouvelés, sont bien de notre 
temps et lucides pour tous. Il ne descend pas vers le lecteur , mais il 1 élève à lui. 
Ce D est plus ce style franco-breton qui ne présente à l'esprit qu'un sens confus et 
d'une couleur effacée, mais un style sincère et originel qui, lorsque l'ancien mot 
a été reconnu et saisi , fait briller les yeux du paysan breton et va remuer dans son 
cœur les sources vives du génie celtique. Ce mouvement donné à la littérature 
nationale peut se continuer. M. ïroude possède la science du maître. Le roman de 
Kastell-ker-laitn par M. Laouénan, le Ruhez Sant Korintin par M. Geslin . tous 
deux prêts à paraître , rivaliseront avec ce qu'il y a de mieux dans les dialectes de 
Léon et de Cornouailles. On peut dire de M. de Goesbriand qu'il sait mettre dans 
ses écrits la naïveté de la langue parlée. D'autre part , les bardes populaires n'ont 
jamais été plus nombreux : déjà la mort de Le Gonidec, célébrée par Lédan . est 
connue dans les campagnes , et l'aveugle lann-Ar-Gwenn parcourt , eu chantant 
ses propres chansons, tous les marches et les pardons du pays de Tréguier. Le 
zèle des archéologues MM. de Frémenville , Souvestre , Kerdanet , Habasq , n'est 
pas moindre. Enfin notre littérature regrettera moins ses anciens bardes, quand 
M. de la Villemarqué aura publié ses collections de chants populaires , et M""* de 
Saint-Prix sa bibliothèque de mystères. 

Une doctrine un peu large doit aimer, en regard même du génie de la France, 
cette variété du génie breton. Pour tenir à tous les sentiments généraux, ne bri- 
sons pas les sentiments particuliers où l'homme a le mieux la conscience de lui- 
même. L'idiome natal est un bien puissant : soyons donc fidèles à notre langue 
natale si harmonieuse et si forte au milieu des landes, loin du pays si douce à 
entendre ? 



A. BRIZEUX. 



GRAMMAIRE 

BRETONNE. 

INTRODUCTION. 



La Grammaire est l'art de réduire en règle les principes communs à toutes les langues. 
Les langues sont composées de phrases, les phrases de mots, les mois de syllabes et les syl- 
labes do lettres. Les lettres sont donc les premiers matériaux du langage. 

r.'alpbabet breton est compose de vingt-qualre lettres, dont voici l'ordre cl la Ogure. 

DE L'ALPHABET. 

A, B, K,D,E, l',G, II.CH, Cn.I, J, L,M, N,0, P, R,S,T, Ü, V, W, Z. 

Les lettres se divisent en voyelles et en consonnes. 

Les voyelles sont au nombre de six , a, c , s, o , u, w. 

On les "appelle voyelles , parce qu'elles forment une voix ou un son d'elles-mêmes, sans 
l'appui d'autres lettres. 

il existe encore deux sons simples dont l'alphabet ne fait pas mention dans le nombre 
des voyelles. Comme il n'y a , à ma connaissance, aucun caractère unique qui puisse les re- 
présenter, j'ai pris le parti d'y suppléer, en employant , comme dans le français , deux 
voyelles, qui, réunies, peuvent rendre les sons dont il s'agit. Je peindrai donc ainsi ces 
deux sons : eu, ou. Exemples : kcünetld, bois à brûler; gouzoul , savoir. 

Les consonnes, ainsi appelées parce qu'elles n'ont de son qu'avec une voyelle devant ou 
es , sont les dix-huit autres lettres de l'alphabet : 



apri 



B, K, D, F, G, H, C:H, C'FI, J, L, M, N, P, R, S, T, V, Z. 

lé,ké, dé, fé,gué,hé, cho , c'hé, je, le , mé , né,pé,ré, «(', l<',vc,zé. 



De ces dix-huit consonnes, sept sont régulièrement muables ou sujettes à permutation 
pour la douceur de la prononciation , savoir ! B , K , D , G , M , P , T. Nous parlerons bien- 
tôt de ces lettres muables. 

Ve la prononciatinn des ToycUes. 

l" Les cinq voyelles a, c , i, o, u, ont le même son que dans le français. Il faut seule- 
ment observer que les quatre voyelles a, i, o, u, ont quelquefois un son plus ouvert et 
plus allongé , et alors elles seront surmontées d'un accent circonflexe. Exemples .- va zdd 
mon père; ar c^hdd , le lièvre ; mdd , bon ; ar fri , le nez; ann U , la maison ; gicin , du vin ; 
ar môr , la mer; gùlü , couverture; atm dxid , les gens ; dû, noir. 

2o L'e a aussi doux sons différents. Toutes les fois qu'il portera un accent aigu , on le pro- 
noncera comme dans les mots français bomé , été. Exemples : éva , boire ; gwélé , lit. Lors- 
qu'il sera écrit sans accent , on le prononcera comme dans les mots avec , uurgère , cessation. 
Exemples : gwcnnek, sou; harncr , juge; rfcrrez , journée. 

3" L'm est toujours suivi d'une autre voyelle , dont il ne saurait être séparé dans la pro- 
nonciation. Il a le même son que dans les mots anglais ivar , xcas , tcalcr. Exemples ■• gu-a- 
Icn , verge ; gwénanen , abeille; tear , sur ; gxcir , vrai. 

De la prononciation des Consonnes. 

Quoique plusieurs des consonnes de l'alphabet breton ne dilTèrcnt en rien de l'arti- 
culation des consonnes françaises , je vais cependant les passer toutes en revue , en indiquant 
leur rapport ou leur difl'érencc le mieux qu'il me sera possible. 

t» B se prononce cumrae en français. Excmp. : bara , pain ; Wt , tombe; bkûd , farine ; 
mdb , Cls, etc. ■ 

I 



i Cn\MM4IIlE IIBtrONîfE, 

•2' K 8c prononce, üerant a , o ,u , coromc cn français C , dans les motsCADEAD, cocuei, 
CDLOTTK. Exemple» I kuloun , caur ; koll , perlc , kuden , écbcveau , clc. k se prononce , de- 
vant e , I, comme en franriis yU , dans les mois giÉitiH , qlel, quttaîice. Exemples : kéré , 
cordonnier ; kelc'h , cercle ; kiijcr , bouclier , etc. 

3' D se prononce comme cn frunrais. exemples : dall , aveugle ; dék , dix ; derô , chêne; 
mdd , bon , clc. 

4' F se prononce comme cn français. Exemples .- fait, mauvais; (ek'h, raie ; fdr, sage, etc. 

5^ G se prononce comme en français devant o , u , u. Exemples : i/ùr , jambe ; ijorréa, 
élever; i/dr, aposlùme ; ju/Jan, pincelte. G , devant e , i , se prononce comme en français 
GU, dans les mots «iébir, uhdkr. Exemples : givt , herbe; eur ger , une ville ; ninidik , 
natif, etc. 

6' H ne se prononce pas : cette consonne ne .sert, comme dans les mots français , homme , 
uo.N.MKUR , iiBHDB , clc, qu'à conscrvet l'étymologie. Exemples : hdd , semence; kalik. 
saule i heiit , chemin, etc. 

7" Cil se prononce comme en français, dans les mots ch.ibité , chez, chêne, choix. 
Exemples : chatal , bétail; chélu , voici; choum , demeurer, etc. Celte articulation est toute 
moderne et on ne l'emploie que par un relAchcmcnt dans la prononciation. J'ai été sur lo 
point de la passer sous silence, et j'y étais d'autant plus porté que, dans les livres anciens, 
tous les mots bretons qui commencent aujourd'hui par Cil, sont écrits par S , et que, 
présentement^ encore, les gens âgés prononcent plus souvent sclu que chélu, soum que 
clwum , etc. J'en ai parle cependant , pour ne rien négliger de ce qui peut peindre la pro- 
nonciation, même avec ses défauts. 

8 C'II a une articulation particulière que nul signe ne peut représenter en français ; c'est 
la plus difficile de toutes pour les étrangers, et il est impossible de la rendre sans f'avoir en- 
tendue de la bouche d'un maître. Cette articulation s'aspire fortement et se prononce du go- 
sier; elle a le même son que l'aspiration des Allemands dans le mot \*r.HT(*).i:\,>niplcs : c'hoar, 
sœur; e'/ioui, vous ; siVhed, soif; troue h, coupure, clc. On exerce en ürcta;;ne les étran- 
gers à cette aspiration, avec cette phrase : C'houec'h merc'h gwerc'h, war c'houcc'U sac'h 
kerc'h , war c'houec'h marc'h kalloc'h. Ces mots signifient : six filles vieiigbs , ses six sacs 
d'avoine, sir six chevadx entiers. 

9' JJse prononce comme en français dans les mots jardin, jaser. Exemples : jaô , mon- 
ture Javed, mâchoire ;jari(f(, jarret, etc. Ce que j'ai dit du CH peut s'appliquer au J. Cette 
articulation est moderne. Dans les livres anciens, les mots qui commencent aujourd'hui par J 
sont écrits par I , et l'on prononce encore aussi souvent iao , iaved et iariid , que jaô , 
javed , jarilel. 

10° L se prononce comme en français. Exemples : lagad, œil; légeslr , homard ; Icc'h , 
lieu ; lûa, cuiller, etc. 

11" M se prononce comme en français. Exemples : mala, moudre ; mélen , jaune ; màal , 
chauve; muzel^ lèvre, etc. 

12' N se prononce comme en français. Exemples : nadoz , aiguille; néirâ , rien; uerz , 
force; mver, nombre ; ?id; , nuit, etc. Lorsque l'N sera surmonté d'un signe de cette façon, 
N, on le prononcera comme GX dans les mots français gagner, dignité , grog.nee, etc. 
Exemples : koaùa , souper ; kiña , écorclicr , etc. 

13' P se prononce comme en français. Exemples : pallen , couverture de lit ; pâz , toux : 
péd, combien ; penn , tête ; pion , qui, etc. 

14' R se prononce comme en français Exemples ; raden , fougère; ré , trop; rec'h , cha- 
grin ; riboull , pompe , etc. 

13' S se prononce comme en français dans les mots salct, sévère, sel, sihk, passion, 
MEssB,etc. ; mais cette lettre ne se double jamais en breton dans les mots radicaux. 
Exemples : samm , charge ; sével, lever; sell , regard ; sivi , des fraises ; bisier , des bâtons; 
mésaer , berger , etc. 

l(yj T se prononce comme en français dans les mots talon , témoin , tïran , terre , b.aton , 
etc. Exemples : taga, étrangler ; tdï , front; téôd, langue ; terri , rompre; Ji, maison : ma- 
ter , servante , etc. 

17" V se prononce comme en français. Exemples : eur vdg , un bateau ; ar véz , la honte ; 
""iof^T^ ' ""^ ''"^ ' '^"'' '^''"' ' "" moulin ; eur vôger, une muraille, etc. 

l»! Z se prononce comme en français, lorsqu'il commence le mot. Exemples : hé zaoula- 
7 À ^*^*, ^'^"''.C*:'! parlant d'un homme) ; hé sivrec'h , ses bras ; hé zourn , sa main, etc. 
7, dans le milieu des mots , a le son de l'S français entre deux voyelles. Exemples : néza . 
bler ; gouzout, savoir ; bézet , qu'il soit , etc. Z ,"à la fin des mots , se prononce comme l'S 
irancais, suivi d un e muet, dans les mots d'une seule sjllabe. Exemples : Mz , bâton; iéz, 
tombe ; biz , doigt , etc. ; mais dans les mots composés de plus d'une syllabe , le Z final a une 

(') Celle consonne équivaut à \'x espagnol el au y des Grecs modernes. H. V. 



INTRODUCTION. O 

articulation plus l)rèvc. Exemples : blôa: , année; nadoz , aiguille ; tnadeier, Lonti ; jici- 
rione: , vérité , etc. 

Le Z a, dans la bouche de plusieurs Bretons, le son fort cl le son doux du l/i an- 
glais. 

Observations sur les Consonnes. 

J'ai dit que L se prononçait comme en français et j'ai donné pour exemples lagad , kc'h , 
etc. Je ferai observer que cette \Mr<i Se mouille quelquefois et se prononce comme les deux 
I-L dans les mois français taille, tbeillE , quille , etc. Lors dune qu'un L aura celte arti- 
culation, il sera souligné d'un Irait, de cette façon l. Exemples : ba[, tache blanche; lct[en , 
des mouches; pilou, des guenilles, etc. 

J'aurai aussi quelques remarques à faire sur l'N qui quelquefois est nasal. Quand il est 
précédé d'un a , il se prononce comme dans les mots français maman , amant , etc. Quand il 
est précédé d'un e ouvert, il se prononce comme in dans les mots français i.ncidext , i.nten- 
TioN, INTIME, etc. Lorsqu'il esta la suite d'un (/fermé, il aune articulation particulière dont 
je ne saurais indiquer la valeur en français. On pourra cependant venir à bout de prononcer 
facilement éñ nasal , si l'on réllédiit qu'il n'existe d'autre différence entre celte articulation et 
l'articulation de en nasal dans le mot français examen, que celle que l'on rcconnait entre le 
son de Vc fermé et celui de \'e ouvert. 

Lorsque N est précédé de la voyelle i, il a quelquefois aussi l'articulation nasale; mais il 
est impossible d'en indiquer la valeur en français. Voyez les exemples. 

Enfin après o , N nasal se prononce comme dans les mots français o.n , bon, bonté, etc. 

Pour indiquer dans l'N cette articulation nasale , je me servirai d'un trait qui sera placé 
au-dessus de celte lettre , de cette façon S , soit qu'elle se trouve précédée d'un a , d'un e ou- 
vert , d'un </ fermé, d'un i ou d'un o. Exemple : avtañ , ici ; añt , rainure entre deux sillons ; 
hañCer, moitié; kañl , cercle; h(i>i . été; /iiañ, œal.ido ; «ñJ:, étroit; eñkrez , inquiétude- 
keñCa, premier; keñlct , leçon ; heñ( , chemin ; miTU , taille ; senti, obéir ; éñv , ciel ; Mñ , 
lui; liiTiver , auprès; dêñvcd , des brebis; Itñva , gémir ; iñlañv , veuf; inlr , perte du lus- 
tre ; hinviz , chemise de femme ; fuiva , se mouvoir ; don , apprivoisé ; hoñtron , ver de ca- 
davre ; dont , venir; mont, aller; roñltel , râle des mourants. 

Dans la langue bretonne , comme dans quelques langues de l'Asie , on reconnaît dans la 
plupart des consonnes un son fort et un son faible. iJans ce dernier cas, on devrait peut-être 
les placer ])armi les lettres !i(/uii/es. Celte particularité est sensible à la troisième personne du 
singulier et i la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif dans les verbes dont 
l'inlinilif est terminé en ia. A dél'aut de caractère connu qui puisse indiquer cette articula- 
lion , on se contcnlera de souligner la lettre qui y est sujette, ainsi qu'on l'a fait pour Î'L 
mouillé. En voici quelques exemples : 



Glébia, 


gUb , 


glcbil. 


Béc'hia , 


bec'h , 


léchil. 


Ucùlia , 


hcûi , 


heùljt. 


Lcûnia , 


leün . 


leünit. 



Béria , 


bc'r , 


bérit. 


nhia , 


bés , 


bésH. 


Rocfnia , 


roéñv , 


roi'nvit. 



J'engage les personnes qui possèdent bien la langue à faire attention à la manière dont la 
lettre faible ou liquide se prononce en construction. Ann drd- zé a vér ac'Itanoun , cela me pi- 
que ; bérit arclnk, embrochez la viande. 

Des Diphthongues {*). 

On appelle diplithongucs les sons produits par l'union de deux voyelles inséparables , 
mais distinctes à l'oreille, comme ae , ao , etc. 

On remarquera d'abord que les deux voyelles qui commencent plusieurs noms substantifs 
n'ont pas toujours le son d'une diphlhongue. Dans le mot acr , par exemple , ae e,-t diph- 
thongue, si ce substantif est précédé de l'article indéfini ciir ou eunn, ou d'un nombre car- 
dinal d'une seule syllabe. Exemple ; eunn aer , une couleuvre ; mais ae n'est pas diphlhon- 
gue , si c'est l'article déûni or ou ann qui précède le substantif au singulier. Exemple : ann 

(*)0n m'a reproché de n'avoir rien dit , dans la première édition , des Iriphtliongucs , qui, i ce que 
l'on prcleiul , sont assez fiéqucnles dans le breton. Non-seulement je n'en ai pas reconnu une seule 
dans celte langue ; mais je crois qu'elles sont fort rares dans les autres langues. Pour conslilucr une 
Iriplilhonguc, ilnosullil pas de la réunion de trois voyelles, il faut encore que ces trois voj elles no for- 
ment qu'un son où l'oreille puisse reconnaître (iistinctement chacune des voyelles. Le moi iauañk , 
que j'écris iaoiiañk ( en g.illois ieunnc) , offre bien une combinaison de cinq voyelles pour quelques 
personnes ; mais pour moi le mol iaouank n'en a que quatre , attendu que les deux camctères rcnnis 
ou donnent un son aussi simple que a et o. u'ailleurs pour celui qui connaît la prouonci.üion du mot 
iaouank, il est clair qu'il n'y a dans ce mot que deux diphtLongues, ia, oua , et qu'il est partaijé eu 
deux syllabes ia-ouañk. 



'i cit.vMMAinE nIlI;TO^^I;. 

acr , U couleuvre. La di(ihtlionf;uc reparaît au pluriel. Kxcmpic : ann aéred , les couleu 
»res , elc. J'aurai soin , dans le cours de nies exercices sur les ilipliHijngues , de faire remar- 
quer celle varialion , en faisant précéder de l'article iiidéliiii les substantifs qui y seront 
•ujels. 

Ej:emples des diphlhünguet. 

AE , AO, AOU. 

Eunn ael , un essieu ; kaéid , belette, daélou, pleurs , eul laer , un voleur ; eur zaé , une 
robe; «ur lacj , une tlèche ; fur (/aof»;/!, un chou ; cur /uoen , un bétre; eur jad , une mon- 
ture ; eur vaoi , une cour à fumier; fur paofr , un garron ; fur 5aûz , unAnfçlais; fur»a<5, 
une élévation ; cunn daul, une table ; ciinn laot , un coup ; daouzik , douze ; faoula, fendre; 
eur gauu , un mensonge ; eur inaoul , un mouton ; raoula , enrouer. 

EA, El, ED. 

Lunn M, un ange ; eur géar , une ville ; eur c'héaz , un misérable ; eur béac'h , un far- 
deau ; eul léac'h , un lieu ; ciir méan , une pierre ; eur treac'h , un bras ; eur hleiz , un loup ; 
fiir c'hein , un dos ; eurin dcl: , un jour ; klcizen, cicatrice; eul lein , un diner ; eunn neiz , un 
nid ; f unn éog , un saumon ; eunn héol , un soleil ; eunn ior , une ancre ; eunn éûtiih , un ros- 
signol ; tur vcol, une cuve ; lur géO , un joug ;euj léü , une lieue; eunn néô , une auge; eunn 
léOd , une langue. 

lA , IB , Kl , IV , lOU. 

lac'h , sain ; ialc'h , bourse ; iaouañA: , jeune ; iar , poule ; ica , froid ; mesiérien , ivrognes . 
barnérien , juges; amézéien, voisins ; gwennéien , des sous; iàd , bouillie ; skôiô, frappera ; 
rôiô , donnera ; iuda, hurler; iouc'ha , crier de toute sa force ; eunniourc'h, un chevreuil. 

OA , OR. 

Oalcd ,{u)CT ; eunnoan, un agneau; uuiui , jaloui ; eurbuaz, une couturaa ; eur c'hoad , 
un bois ; doania , ennuyer ; doaré , apparence ; goapaat , railler ; eul loa , une cuiller ; moa- 
>iOc'/i , plus mince ; noazder , nudité ; poaza , cuire ; toazek , pâteux ; koenv , cnllurc ; goell , 
levain; eul loen , une bête ; cul loer , un bas; moércb , tante; yoell , arrêt; eur roéñv , 
une rame. 

ui. 

Moñl kuîl , s'en aller ; ar muia , le plus ; skuiz , fatigué, 

TVA , WR , WI. 

War , sur; gwalcn , versée; gwana, punir; gwara, courber; gwarek , arc; gwaskel , 
pressoir ; gwasla , ravager; gwada , saigner ; gwazien , veine; gwéa, tordre; givéled , fond; 
gwell, meilleur igwenn, blanc; gwenncU , hirondelle; gwerc'h, vierge; gwern, mal; girer- 
zid , fuseau; gwésll, vœu; gwéz , arbres; jiciaiier , tisserand ; gwialcn , bagaeué; gtci- 
lioud , accouchement ; gwin, vin ; gwiniz , froment; gwir, vrai ; gwlska, vêtir. 

OCA , ODE , OUI. 

Eur voualc^h , un merle ; eur vouarcn , une mûre ; bouéden , moelle ; bouédou , aliments ; 
kouéza , tomber; eunn Doué, un Dieu ; c'Aouefc , doux ; chouec'h, six ,■ e'/ioucnn , puces ; 
c'houés , odeur ; c'houéz , soufile ; eur vouez (*) , une voix ; paouer , cessation ; maouez , fem- 
me ; kouiñ, gâteau ; c'houi , vous ; c'houil , hanneton ; c'houilel, sifflet ; mouilc^hi , merles. 

EUE. 

Eul leué , un veau. 

Des lettres mobiles, dites muables ou sujettes à permutation. 

11 y a régulièrement sept kttres muables qui sont : B , K, D, G , M , P, T. Ces 1-ettres se 
changent ordinairement de fortes en faibles, pour la douceur de la prononciation. Quelque- 
fois la lettre faible se change en forte , pour empêcher qu'on ne confonde la signification de 
deux mots qui se présentent avec le même son. 

L'S peut et doit èlre mis au nombre des lettres muables ; mais , comme il n'éprouve de 
changement que lorsqu'il est suivi d'une voyelle, je n'ai pas cru devoir le placer parmi les 
lettres muables régulières. 

J'ai donné un rang , dans les exemples, aux deux lettres réunies GW , quoique celte arti- 
culation ne puisse pas être considérée comme une simple consonne, ni qu'on doive la regar- 
der comme muable. Mais j'ai été bien aise de faire connaître les circonstances où le G se perd 
dans la construction. 

Après les articles ar ou ann , le, la, eur ou eunn , un , une, les lettres suivantes se pet - 
mutent B, K , G, GW, M , P, T. En général, après l'article , les lettres que je viens de 

(*) Vouez est ici pour mouéi. Voyez à la règle des Permutations des lellres, le changement dei»I en 
Y après l'article ar. 



iTVTnoni;r.Tio^. ' 

nommer ne se permutent que dans les substantifs du genre fi^minin. II faut en cxcciiler le 
K , qui se change en aspiration forte dans les substantifs masculins , ainsi qu'on le Terra 
par les exemples. 

1 ' B, après ar ou cur, se change en V dans les substantifs féminins. 

EXEMPLES ■• 

llàz , bâton ; ar vdz , le bâton ; cur viiz , un bâton. 
Iléol , cuve ; ar véol , la cuve ; cur vcol , une cuve. 
Iiioc''h, vache; ar vioc'h, la vache; eurvioc'h, une vache. 
liréac h , bras ; ar vrcac'h , le bras; cur vriiac'h , un bras. 
2' K j après ar ou eur , se change en C'H dans les substantifs masculins. 

EXEMPLES : 

Kann, batterie ; ar c'/iann , la batterie; cur c'hann, une batterie. 
Kcré, cordonnier; ar chéri, le cordonnier; cur c'hcré, un cordonnier. 
k'i , chien ; ar c'hî, le chien ; cur c'hi , un chien. 
Kravaz , civière ; ar c'hravaz , la civière; ctir c'hravaz , une civière. 

3 K , après ar ou cur , se change en G dans les substantifs féminins. 

EXEMPLES : 

Kazeh, jument ; ar gazck , la jument; cur gazek, une jument. 
iier , ville ; ar gcr , la ville ; eur ger , une ville. 

Kinidcn , araignée ; ar ginidcn , l'araignée ; eur ginidcn, une araignée. 
liraoucn , noix ; ar graoucn, la noix ; eur graoucn , une noix. 

4 " G , après ar ou cur , se change en C'II dans les substantifs féminins. 

EXEMPLES : 

Gàd, lièvre; ar c'hdd , le lièvre; eur c'hàd, un lièvre. 
Giz , mode ; ar c'hiz , la mode ; eur c'hiz , une mode. 
Gôz , taupe; ar c^hôz , la taupe; cur c'hôz, une taupe. 
Grég , femme mariée-, ar c'Iircg , la femme; cur c'hrcg , une femme. 
5" GW, après ar ou eur , se change en W ou plutôt perd le G, dans les substantifs féminins. 

EXEMPLES : 

Gwarek, arc; arwarck, l'arc; cur warek, un arc. 
Gwerzid, fuseau; ar werzid , le fuseau ; cur werzid, un fuseau. 
Gwialen, houssine ; ar wialcn , la houssine; eur wialen , une hoiissine. 
Gwirionez , vérité ; ar wirionez , la vérité ; eur tviriunez , une vérité. 
6" M , après ar ou eur , se change en V dans les substantifs féminins. 

exemples: 

Slamm, mère; ar vamm, la mère ; eur vamm , une mère. 
tierc'h, fille; ar verdi , la fille; eur vcrc'h , une fille. 
hlHin , moulin ; ar vilin , le moulin; cur vitiit , un moulin. 
ilôgcr , muraille ; ar vogcr, la muraille ; cur vûger , une muraille. 
7" P , après ar ou cur , se change en B dans les substantifs féminins. 
Padélez , durée; ar badélcz , la durée; eur badc'itr, une durée. 
Pédcn , prière ; ar bcdcn , la prière; eur béden , une prière. 
Pillik , poêle ; ar hiUik , la poêle ; cur blUik , une poêle. 
Priédclez , mariage,- ar brlédclcz , le mariage ; cur bricdélez , un mariage. 
8" T , après ann ou cunn , se change en D dans les substantifs féminins. 

exemples : 
TaUdcn , bandeau ; ann daUdcn , le bandeau ; cunn dah'dcn , un bandeau. 
Tôen , toit; ann docn , le toit; cunn doen , un toit. 

Turzuncl, tourterelle; ohm durzuncl , la tourterelle; cunn durzuncl, une tourterelle. 
9- S, dans les mots seulement où il est suivi d'une voyelle, se change en Zaprès les articles 
ar ou eur. Ce changement a lieu dans les substantifs masculins comme dans les féminins 

exemples : 
Saé, robe; ar zaé , la robe; cur zac , une robe. 

Samm, charge d'un cheval ; ar zamm , la charge ; eur zamm , une charge. 
Séc'hcd, soif; ar z'rlicd, la soif; eur zk'hcd, une soif. 
Sivien , fraise ; ar zivien , la fraise ; eur zivicn , une fraise. 
.SouJ, chaume ; ar zoul , le chaume. 
Suicl , sifflet ; ar zuul , le sifflet ; cur zutcl , un sifflet (*). 

(*) Les adjectifs féminins siiisidlers commençant par un B suivent la rè^le n» 1 , c'esl-.H-du-e qu'ils 
clianj;enl , comme lis siilislantifs fciininins , ce 15 on V , après ar el <'«;-. Ex. ■ lirai , grand ; artiiUa ; 
la pliss grande.— Les adjectifs masculins singuliers comiucnçanl par un K suivent la règle n" 2. Ex. ; 



O GnA.SfMAIRE BHETONNn. 

Parliculei apr-:t UiqueUts les lettres initiales se changent. 

Après les particules qui suivent , les kllres initiales se changent, savoir : 
Le 15 eu «• , le K en j; , le D en j , le G en c'A , le üW en u> , l'M en «, le P en b , 
le T en d. 



A vern , en las. 

o gleiz , à gauchi-. 

a iéou , à droite. 

a c'hénou , de bouche 

a tc^/ , à vue. 

a vdd, tout de bup. 

a Jfl/ , de loin. 

a ({«otioii , à coups. 



^ 6er«. 
a kteiz. 
a di'uu. 
a gànou. 
a gwél. 
a mdd. 
a pell. 
a laoliou. 



Aba verv , depuis qu'il bout. 

aba gomz , depuis qu'il parle. 

aba zén , depuis qu'il tette. 

aba c'harm , depuis qu'il crie. 

aba tcella , depuis qu'il devient mieux. 

aba véd , depuis qu'il moissonne. 

aba béd, depuis qu'il prie. 

aba dec'h, depuis qu'il fuit. 



Aba ierv. 
aba komz. 
aba dén. 
aba garm. 
aba gicella. 
aba méd. 
aba péd. 
aba tech. 



Ar ré vrdz , les grands. 
ar ré gôz , les vieux. 
ar ré zû , les noirs. 
ar ré c'hiàz , les bleus. 
ar ré wella , les meilleurs. 
ar ré vdd , les bons. 
ar ré binvidik , les riches. 
ar ré déô , les gros. 



Ar ré brdz. 
ar ré kôz. 
ar ré du. 
ar ré gldz. 
ar ré gwella, 
ar ré mdd. 
ar ré pinvidil:. 
ar ré léô. 



Da véva, à vivre. 
da gaout , h avoir. 
da zibri, à manger. 
da c'houzout , à savoir, 
da walc'hi , à laver. 
da vont , à aller. 
da badoul, à durer. 
da domina, à chaulTer. 



7) a béva. 
da kaout. 
da dibri. 
da gouzout. 
da gwaWhi. 
da mont, 
da padout. 
da tomma. 



Di vrôet, dép.iysé. 

di gas , apporter. 

di zoaré , informe. 

di c^hriiienna , déraciner. 

di wall , préserver. 

di rare ha, démonter. 

di baotj rare. 

di druez , impiloyablc. 



Vi brôet. 
di kas. 
di doaré. 
di grisienna, 
di gwall. 
di marc' ha. 
di paot, 
di Iruez. 



kalel , dur; arc' haleta, le plus dur. — Les adjeclifs féminins singuliers commeuçant par la même lellre 
suivent la règle n" 3. Ex. : arga/éla, la plus dure.— Les adjectifs féminins singuliers dont la lettre 
initiale est un G suivent la règle n» i. Ex. : gara , cruel ; ar c'harm , la plus cruelle.— Les adjectifs fé- 
mins singuliers commençant |iar G\V suivent la règle n» 5. Ex. : gwf:lla , meilleur ; ar wella , la meil- 
leure.— Les adjectifs léiuinins singuliers dont l'initiale eslP suivent la règle n" 7. Ex. paoïir , pauvre, 
arbaoura, la plus pauvre. Il faut rema.-quer aussi que cette règle souffre exception , ainsi on dit eur 
plac'h , ar plac'k et non eur blac'h.— Les adjectifs féminins singuliers commençant par unT suivent la 
règle n" 8. Ex. ; te'ner , tendre ; ann dénéra , la plus tendre. H, V. 

(*) Tous ces exemples appartiennent à des mots composés , et la particule n'en a été séparée Ici que 
pour faire ressortir les permutations de lettres. 



INTRODÜCTIOIf. 



Diwar vrémañ, désormais. 
diwar gcin , dc dessus le dos. 
diwar zour , dc dessus l'eau. 
diwar cliorrc , de dessus la surface. 
diwar win , de dessus le vin. 
diwar varc'h , de cheval. 
diwar hcnn, touchant. 
diwar dru, à peu près. 



Diwar Irémañ. 
diwar hein, 
diwar dour. 
diwar gorrc. 
diwar g win. 
diwar marc'li. 
diwar penn. 
diwar ira. 



Vré vâg , en bateau.' 
dré greiz , parle milieu. 
dré zervcz , par journée. 
dré c'haou , par mensonge. 
dré wir , par droit. 
drévéz, par honte. 
dré hizuni , par avarice. 
dré dammou , par morceaux. 



Dré hàg. 
dré kreiz. 
dré dervez. 
dré gaou. 
dré g wir. 
dré méz. 
dré pizoni. 
dré lammou. 



EU virvi , rebouillir. 
eil gana , rechanter. 
eil zimézi , se remarier. 
eil c^hounid , regagner. 
eil walc'hi , relaver. 
eil vcski , reméler. 
eil bléga , replier. 
cil domma , réchauffer. 



Eil hirvi. 
eil Icana. 
eil dimézi. 
eil gounid. 
eil gwalchi. 
cil mes/ii. 
eil pléga. 
eil lomma. 



Eñdra vévinn , tant que je vivrai. / Eñdra hévinn. 

cñdra (/kiu'nn, tant que j'entendrai. ^ [ eñdra klcvinn. 

eñdra iwpùlinw, tant que je dépenserai. •= \ eñdra dispirdnn. 

emfra c'/ialiùm, tant que je pourrai. g ) endra gallinn. 

«ndra ti)t'iin« , tant que je verrai. — ) endra gwélinn. 

efidra vc'df'nn , tant que je moissonnerai. 3 I endra médinn. 

endra &adinîî , tant que je durerai. I tfulra padinn. 

tñdra dcc'hiim , tant que je fuirai. ^ endra lec'hinn. 



En em vriaia, s'embrasser. 
en em ganna , se batlre. 
«n em ziwall , se défendre. 
«n em c'Iilnza , se blesser, 
«n em wésUa , se vouer, 
«n em viroul , se jçarder. 
«n cm boki , se baiser, 
«fl em daga , s'étrangler. 

Enn eiir vraiiscUa , en chancelant, 
en» eur gnrout , en aimant. 
enn eur zoñi , en venant. 
enn eur cliarmi , eu criant. 
enn eur wcrza , en vendant. 
enn eur veàli , en louant. 
enn eur iasnal , en toussant. 
enn eur drétnénoul , en passant. 



En em hriala. 
en em kanna. 
en em diwall. 
en em glaza. 
en em gwéslla. 
en em miroul. 
en em poki, 
en em laga. 

Enn eur hrañsil ^. 
enn eur karoul. 
enn eur dont, 
enn eur garmi. 
enn eur g wcrza. 
enn eur mcûli. 
enn eur pasaat- 
enn eur trcménoul. 



Gtcai! varn, jugement cruel. / Gwall larn, 

gwall gumz ,' mMwniso. pnro]e. [ gwall komz. 

^rtcoii ri'ft , méchante personne. •§ l gwall dén. 

jrtcaJJ c'/Kfr, méchant mot. g ) gwall gér. 

jru)a!iwitiou(/,acci)uchemcntmalhenreux. "— J gwall gwilioud. 

gteall i^db , méih.inl fils. 5 / gxcall mdb. 

gwall baotr , méchant garçon. 1 gwaU paotr, 

jioalJ dt'od , mauvaise langue. \ gwall léod. 



URAMMAinE BBETONNK. 



llañtervrein , k demi-poarri. 
hañler gri: , à dcmi-cru. 
lutHter zall , !i dcnii-avcugle. 
hañter chouUo, h muitic vide. 
hañler wisket , à demi-vâlu. 
kañler vezô , h moitié ivre. 
hanter boaz , à demi-cuit. 
hañler deùzel , à moitié fondu. 

Né vév , il MO vit. 
né gdr , il n'aime. 
né seü , il ne vient. 
né c'halv , il n'appelle. 
né wer: , il ne vend. 
né veM, il ne loue. 
né bdii , il ne dure. 
né deim , il ne tire. 

Pa vései , quand (u es. 
pa glevei , quand lu entends. 
pa zèbre; , quand tu manges, 
pa c'halvez , quand tu appelles 
pa wéUz , quand tu vois, 
pa vagez , quand tu nourris. 
pa bédez , quand tu pries. 
pa doutiez, quand tu perces. 



Hanter brein- 
Itaàler krlz. 
hanter dali 
hañler goultd. 
hanter gwisket. 
hanter mézd. 
hanter poaz. 
hanter teûztl. 

Né bév. 
né kâr. 
né deû. 
né galv. 
né gwert. 
né meûl. 
né pdd. 
né ienni 

Pa bézez. 
pa klevez. 
pa debrez, 
pa galvez. 
pa gwélez} 
pa magez. 
pa pédez. 
pa loMez. 



Pé vrô , quel pays ? 

pe gémeñt , quelle quantité? 

pé zeiz , quel jour? 

pe c'hiz , quelle mode 'l 

pé wézen, quel arbre ? 

pé verc'h , quelle fille? 

pt! benn , quel bout? 

pé dû , quel coté ? 

Veùr voéla , alimenter entièrement, 
peiir ganna , battre entièrement. 
pcdrzibri, manger entièrement. 
peur c'hôlei , couvrir entièrement 
pciir wiska , vêtir entièrement. 
peur vala , moudre entièrement. 
peur bala, bècber entièrement, 
peiîr drouc'ha , couper entièrement. 



Pé brà ? 
pé kémeñl? 
pé deiz '! 
pé giz ? 
pé g wézen ? 
pé merc'h ? 
pé penn ? 
pé lu .^ 

Peur boêla. 
peur lanna. 
peur dibri. 
peur gôlei. 
peur gwisha. 
peur tnala. 
peur pala. 
peur Irouc'ha. 



Peûz vihan, presque petit. 
peûz goañl , presque joli, 
peiii c'hldz , presque bleu.' 
peûz wenn , presque blanc. 
peûz vélen, presque jaune, 
peiiï boaz , presque cuit. 
peûz domm, presque chaud. 

Ra vézinn , que je sois. 
ra garinn, que j'aime. 
ra zouginn, que je porte, 
ra c'hellinn, que je puisse, 
ra werzinn , que je vende. 
ra varvinn, q.ue je meure. 
ra bédinn , que je prie, 
va davinn , que je me taise. 



Peûz bihan. 
peûz koañl. 
peûz gldz. 
peûz gwenn. 
peûz mélen. 
peûz poaz. 
peûz tomm. 

Ra bézinn. 
ra karinn. 
ra douginn. 
ra gellinn. 
ra gwerzinn. 
ra marvinn. 
ra pédinn. 
ra tavinn. 



Ré vrâz , trop grand. 
rd goz , trop vieux. 
ré zriiz , trop gras. 
ré c'hUb , trop mouille. 
ré wdk, trop mou. 
ré vdd , trop bon. 
ré bell , trop loin. 
ré déô , trop épais. 



INTRODUCTION- 



Ré hrdz. 
ré kôz. 
ré drdz. 
ré gléb. 
ré gwdk. 
ré mdd. 
ré pell. 
ré léô. 



Seul vrasoc'h , tant plus grand. 
seul gaéroc'h , tant plus beau. 
seul zounoc'h , tant plus [irofond. 
seul c'hlasoc'h , tant plus vert. 
seul welloc'h, tant meilleur. 
seiU vui , tant plus. 
seul helloc'h , tant plus loin. 
seul dàsloc'h, tant plus près. 

Warvalé , debout , sur pied. 
war goll, en perte. 
warzouar, par terre. 
ivar c'héd, dans l'attente. 
war well, en s'améliorant. 
war varc'h , à cheval. 
war bcmp , sur cinq. 
tear daô, en silence. 

Permulations des lettres après les pronoms possessifs 

i" Après ma ou va, mon , ma , mes , les consonnes suivantes se changent ; K , P , T ; le K 
en c'h , le P en /■ et le T en z. 

EXEMPLES : 

Va c'haloun , mon cœur. 
va fenn , ma tête. 
va zrcid, mes pieds. 

2" Après ta ou da , ton, ta , tes, les lettres muablcs se changent régulièrement. Vous y 
ajouterez l'S qui se change en z. 

EXEMPLES : 

Ua vara , ton pain. 
da galoun , ton cœur. 
da Zoué , ton Dieu. 
da c'halloud , ton pouvoir. 
da icélé , ton lit. 




Va kaloun. 
va penn. 
va treid. 



da vcrcli, ta fille. 
da benn , ta tête. 
da dadott , tes pères. 
da saé , la robe. 

3° Après fte',soN, sa, ses 'parlant d'un homme) , les lettres rauables se changent ré- 
gulièrement. 



Va bara. 
da kaloun. 
da Doué, 
da galloud. 
da gwélé. 
da merc'h. 
da penn. 
da tadou. 
da saé. 



exemples 
Ué vréac'h , son bras. 
hé gcin , son dos. 

hé zotirn , sa main. « 

hé c'hdr, sa jambe. a 

hé wélé, son lit. .^ 

hé vipien , ses fils. 3 

hé benn , sa tête. < 

hé déôd , sa langue. 
hé zaé , sa robe. 

4" Après hé, son , sa , ses (parlant d'une femme) , il n'y a que trois lettres qui se chansent : 
K , P , T ; K en c7i ,• P en f; T en r. 

exemples : 
Hé c'hein, son dos. g 

hé fenn, sa tétc. —Ji, 

hé zéôd , sa langue. 



Hé bréac'h. 
hé kein. 
hé dourn. 
hé gdr. 
hé gwélé. 
hé mipien. 
hé penn. 
hé téod. 
hé saé. 



lié kein. 
hé penn. 
hé léôd. 



lO GUA.MM.VinE DHETONM . 

5 Apifs hui , NoïiiE , .NüS, le K seul se change. 

EXEMPLES : 

üoi t"/iu)o««, noire cœur. g ( Uor Icalvun 

/lor f 'Al , notre chien. --^l hor ki. 

/loi l'Wtmmou, nus plaintes. < { hor ktentmou. 

t. .\près Ao , voTBE, vos, il n'y a que trois lettres qui se permutent b , l) , G , elles se 
changent de faibles en fortes. 

EXEMPLES . 

Hii preür , votre frère. ^ f m üreür. 

ho lourn, votre main. .£^1 hù dourn. 

ho kmou, votre bouche. a") hô genou, 

hd kwirwu , vos droits. < \ hô gwiriou. 

7 .Après hô, LEUR, leirs, il n'y a que trois lettres qui se changent : K, P , T. 

EXEMPLES : 

i/<i t'/»ar, leur lugis. = f Uô kcai. 

Au /iHnow , leurs têtes. -^) hô pennou. 

A<i zat , leur front. ^ ^ hô tdl. 

Permutations des Utlns après les pronoms personnels reyis. 
1 ' .\|)rès ma ou va , me , les lettres suivantes se changent : K , P , 'I . 

EXEMPLES : 

= :*,»( 't c'Aaret , vous m'avez aimé. g f Va karet. 

-I a'g< va fédel , vous m'avez prié. ~-^\ '-'" P^det. 

^■* l^ va zennet , vous m'avez tiré. < " l ^'" icnnet. 

2" Après am, ME , il n'y a que deux lettres qui se changent : K , T {*). 

EXEMPLES : 

5 l Àmc'haroj vous m'aimerez. = = jj f -Am karô. 

^ j om jcHnô, vous me tirerez. ^;^" ( am fennô. 

:i' Après da, te , les lettres muables se changent régulièrement. Vous y ajouterez l'S, qui 
se change eu z. 

exemples : 
Da ve'vet , je t ai nourri. 
da (jarel , je t'ai >iimé. 
da zalc'het , je t'ai tenu. .^ 

da c'halvel , je t'ai appelé. . 

da wélet , je t'ai vu. .= 

da l'PiUcf, je t'ai loué. ~ 

da bédel , je t'ai prié. l 

da dennet , je t'ai tiré. 
da zavel , je t'ai levé. 

\ .Après az, te, il n'y a que trois lettres qui se permutent : B , D , G> elles se changent 
de faibles en fortes. 

exemples : 
Az pévô , je te nourrirai. = [ àz bévô. 

talcViô , je te tiendrai. M -^S o,' daWhô. 




az kalvô , je t'appellerai. = - i az galvô. 

az kwélô , je te verrai. "* ' a; gwélô. 

0' Après hé, le, les lettres muables se changent régulièrement. Vous y ajouterez l'S , qui 
se change en z. 

EXEMPLES : 

/ Hé véva , pour le nourrir. / Hé béva. 

hé garoul , pour l'aimer. | hé karout. 

hé zerc'hel , pour le tenir. .g l hé derc'hel. 

hé c'hervel , pour l'appeler. ^ \ hé gervel. 

hé walc'hi, pour le laver. .^ ( hé gwalc'hi. 

hé veùU, pour le louer. ~ i hé meûli. 

hé bidi , pour le prier. < f hé pidi. 



hé denna , pour le tirer. 1 hé tenna. 

hé zével , pour le lever. \ hé sével. 

(') Quelquefois P se change aussi en F. Ex. , c'houi am fédâ , vous me prierez , pour c'houi am 
pédo. 11. V. 



INTRODUCTION. I I 

6" Après hé , la , il n'y a que trois IcUres qui se changent : K , P , T. 

EXEMPLES : 

~j î iîe c'Aaroui, pour l'aimer. 5 ( lié karoul- 

'C •! /te /îdi , pour la prier. ^^i hé pidi. 

"^ I hé zcnna , pour la tirer. < ^ hé tenna. 

7" Après hor , nous, le K seul se change. 

EXEMPLES ; 

.^3 ( Hor c'harout, pour nous aimer. s f Tlor karoul. 
S } hor c'hanna, pour nous battre. ~^< '""' ''"'"'O 
"*^ f hor c'hina, pour nous écorchtr. ^ ^ /tor fctña. 

8" Après hô, vous , il n'y a que trois lettres qui se permutent B , D , G; elles se (:han|?«rit 
Hc faibles en fortes 

EXEMPLES : 



ous nourris. 3 f 116 bév. 

vous tiens. :? -^ J hô dalc'h. 



H 



Ç Hô pév , je V 
• hâ lalc'h , je 

j /id kalv , je vous appelle. = -^ hô galv 

l^ hô kwél , je vous vois. "< {_ hô gwél. 

.•\pres W, LES , il n'y a que trois lettres qui se changent : K , P , T. 

EXEMPLES : 

Hô c'hdr , je les aime. ^ i Hô kdr. 

hô féd, je les prie. ~-%\ hô péd. 

hô zenn , je les tire. ^ \ hô ten». 

T'crmulalions des lettres apris différentes particules et quelques noms de nombre. 

1 Après ô , EN , signe qui se met devant un inQnitif , les lettres suivantes se pormiitcnl : 
IJ , I), GW, M. 

EXEMPLES : 

O vvra , en coulant. -a ( ^ béra. 

ô lerc'hel , en tenant. o j ô dcrc'hel. 

ô c'hlaza , en blessant. -.S N " glaza. 

ô tvalc'hi , en lavant. "a 1 ô gwalu'hi. 

6 viroul , en gardant. ■< ' ô tniroul. 

2' Après (■', QBE , observez les mêmes changements que dans le paragraphe précèdent. 

EXEMPLES : 

I- I Ê vévô, je sais qu'il vivra. 
§ le tehrô , je sais qu'il mangera. 
e < (' c'hallà , je sais qu'il pourra. 
^ ï é werzô , je sais qu'il vendra. 
^ \ i virô , je sais qu'il gardera. 
3" Après ma , que , observez encore les mômes changements. 

EXEMPLES : 

iMa vévinn, faites que je vive. « ,' Sla bévinn. 

ma (cbrwm, faites que je mange. ^ \ ma debrinn. 

ma c'ftaiiinn , faites que je puisse. ^ < ma gallinn. 

ma werzinn, faites que je vende. "^ | ma gwcrzinn. 

ma virinn , faites que je garde. < \ ma mirinn. 

i" Après daott , deux {pour le masculin) , les lettres muables se changent régulièrcniint. 

EXEMPLES : 

Daou vara, deux pains. f Daou bara 

daou géf , deux troncs. ' I daou ké(. 

daou zén , deux hommes. .^ I daou den. 

daou c'halloud , deux pouvoirs. ^ J daou gallotid. 

daou tvélé, deux lits. .S \ daou gtcélé- 

daou vdb , deux fils. ~ j daou mdb. 

daou benn , deux tètes. •«: i daou penn. 

daou ddd , deux pères. f daou Idd. 

daou zamm, deux charges. V daou samtn 

b" Après diou , deux [pour le féminin , , vous observerez les mêmes changoracnis qu apièf 
danu. 




iU GUAMMAIRE BRETONME. 

EXKMFLKS : 

Diuu vwc'h , deux vaches. / Diou biuc'h 

diou gatuun , deux cieurs. 1 diou kaioun. 

diou ztrcett , deux chênes. ^ 1 diuu derveit. 

diou c'hdd, deux lièvres. g I diou ydd. 

diou tt'eni , deux mais. ^ / diou gwern. 

diou verc'h , deux lilles. ~ \ diou tnerc'h. 

diou biltik , deux poôles. < i diuu pitlik. 

diou daol , deux tuhles. f diuu taol. 

diou zac , deux rubes. \. diou saé. 
().• .\près (ri, TROIS (pour le muiculin ) , les lettres suivantes se permutint ; K , 1' , T , S. 

EXEMPLES : 

Tri t'hi , trois chiens. 3 r Tri ki. 

tri fenn , trois tôles. :S « ) M penn- 

tri zi , trois maisons. a'' 1 tri ti. 

tri zac'h , trois sacs. "* *■ tri sac^h. 

7' Après teir , tkois (pour te féminin), vous observerez les mêmes changements 
qu'après tri. 

EXEMPLES : 

Tvir c'hiez , trois chiennes. = t Teir kiez. 

leir flac'h , trois filles. ^ ^ J '^''' P'oc'''- 

teir zûen , trois toits. = - \ teir lôen. 

teir zilien , trois anguilles. ** { teir lilien. 

S" Après préar , quathe (pour le masculin), et péder, quatbe (pour le féminin 1 , vous ob- 
serverez les mêmes changements qu'après tri et teir. 

9° Des autres noms de nombre, trois seulement produisent quelques changements dans 
les lettres rauables : ce sont pemp , cinq; naô , neuf; dék , dix , avec ses composé?. 
10° Après pemp , ci.nq, les lettres suivantes se permutent : B , G. 

EXEMPLES : 

Pemp pioc'h, cinq vaches. s i Pemp bioc'h. 

pemp hàd , cinq lièvres. ~-^< pemp yàd. 

pemp kwéié , cinq lits. <' \ V^^V Çwélé. 

11" Après naô , necf , vous observerez les mêmes changements qu'après tri et Icir. 
li" Après dék, dix, vous remarquerez les mêmes changements qu'après pemp, excepté 
devant le 6 qui se change en v ; dék vloaz, dix ans, au lieu de dék bloaz. 

Dernières observations sur les permutations des lettres. 

l" Après ar , article , il y a des noms qui ont la lettre forte au singulier et la faible au 
pluriel. Ce changement a lieu pour les substantifs masculins (*). 

EXEMPLES : 

Ar liréloun , le Breton; ar Vrélouncd, les Bretons. 
Ar Gall , le Français ; ar Challaoued , les Français. 
Ar bélek , le prêtre; ar véléien , les prêtres. 
Ar c'héméner, le tailleur; ar géménérien , les tailleurs. 
Ar miliner , le meunier; ar vilinéricn , les meuniers. 
Ar paotr , le garçon ; ar baolred , les garçons. 
2» Après ar , article , il y a des noms qui ont l'articulation faible au singulier et la forte 
au pluriel. Ce changement a lieu pour les substantifs féminins (*'}. 

EXEMPLES : 

Ar véol , la cuve; ar béoUou , les cuves. 
Ar garrck , le rocher ; ar clierrek , les rochers. 
Ar wiz , la truie; ar gwizi, les truies. 
Ar vôger , la muraille ; ar mûgériou , les murailles. 
Ar béden , la prière; ar pédcnnou , les prières. 
W" Dans les mots composés de deux substantifs , si le substantif régi précède , If substantif 
régissant change sa lettre initiale de forte en faible. 

ClL'iisage fera connaître les exceptions qui sont assez nombreuses. H. \ . 

(,**) Il y a encore à celle règle plusieurs exceplloiis que l'usage apprendra. 11. V. 



/NTRODCCTIOfr. ' > 

• EXEMPLES : 

Dourgi pour dourAi , loutre ; moliimot : chien d'eau, ou, plus lillcralcment encore, eaucuiex. 
Môrvrdn pour nuirbrdn , cormoran ; mot à mot : conoEAU de mkb ou meb cobdead. 

4° Quand deux substantifs se suivent immédiatement, si lo premier est du genre féminin , 
le second change sa lettre initiale de l'urte en faible (';. 

EXEMPLES : 

Poan x'ugalé pour poan hugah' , mal d'enfant. 
Poan galoun pour poan lialoun , mal de cœur. 
Poan bcnn pour poan penn , mal de tûte. 
5° Quand un substantif féminin est suivi d'un adjectif, ce dernier change sa lettre initiale 
de forte en faible. 

EXEMPLES : 

Eur vâz déô pour eur bdz léo , un gros bâton. 

Eur galoun vdd pour eur kaloun mdd , un bon cœur. 

Eur iar zû pour eur iar du , une poule noire. 
6° J'ai dit plus haut qu'il exislail des substantifs masculins qui ont la lettre forte au singu- 
lier et la lettre faible au pluriel. Lorsque ces pluriels sont suivis d'adjectifs , ces adjectifs 
changent également la lettre forte en faible. 

EXEMPLES ; 

Ar véléien vdd pour ar bcléien mdd , les bons prêtres. 
Ar géménéricn iccUa pour ar kcme'm'ricn givclla, les meilleurs tailleurs. 
Ar baotred vrdz pour ar paolrcd brâz , les grands garçons. 
7° Devant une voyelle , le pronom hù , vomE , vos , vocs , ajoute la gutturale c'h , ou , 
si vous aimez mieux , ho se change en hucli. 

EXEMPLES : 

Hoc'h nzcn , votre âne. Boc'lt hié, votre âme. Moc'h izUi , tos membres. Hoc'h oad , votre 
âge. Hoc'h anaout, vous connaître. Hoc'h ma, vous lier, lloc'h-unan , vous-même. 
S" T final devant une voyelle se change quelquefois en D. (") 

EXEMPLES : 

Dcùd aman pour dcàl aman , venez ici. Ëvid cva pou évil cva , pour boire. 

9" Lorsque l'adjectif est placé devant le substantif, il produit les mutations régulières , 
telles qu'on les remarque après gicall ; on n'oubliera pas cette observation , si l'on a à 
employer dans le discours les adjectifs drouk , mauvais , méchant ; gwir , vrai ; krenn , rond ; 
gnur , petit ; krdk , court ; briz , tacheté ; kôz , vieux ; hir, long, etc. (***] 

Le tableau suivant contient tous les changements qu'éprouvent les lettres muables. 



JB 


K 


D 


G 


GW 1 M 1 P 1 T 1 S 


V 


g 


z 


c'h 


w 1 V 1 b 1 d 1 z 


P 


c'h 


t 


k 


1 kw 1 1 f 1 z 1 



LIVRE PREMIER. 

ANALYSE DES PARTIES UU DISCOURS. 



La langue bretonne est composée de neuf espèces de mots , savoib : 



L'Article , 
Le .Nom , 
]/.\(1jcclif , 



Le Pronom , 
Le Verbe , 
L'.\dvcrbe , 



La Préposition , 
La Conjonction , 
L'Iotcrjectiou. 



(*) Ctllo règle n'est pas sans ritoei>lions. IL V. 

{") l'ar euphonie seulement et pure élégance. Il eu rsl de même «lu eli.iiii;eiueiil des leilres llnalcs 
A et F, de fortes en faibles, devant les voyelles , comme dans tlrui'S am cùz, j'ai mal , au lieu de Jrvtik 
>im eûz. H. V. 

(*") A ces règles il faut en ajouter une dixième : quand un nom d'homme est suivi d'un surnom , ce 
dernier change son initiale de forte en faible ; l£\. : Junn- Vrdz , Jean-le-tirand , pour lann-brài. Il, V . 



I/J cnAUMÀIILE BBETO.\>-i: 



CHAPITRE PREMIFfi. 

DES AlinCLES. 

Dans la langue brelonne, comme dans la française, les sobstantifs se décliiienl 
|)ai le moyoïi de certaines particules ou prépositions que I on nomme articles. II y a deux 
articles en breton; l'un que j'appellerai di'fini, parce qu'il sert à fixer l'étendue de 
l'idée que l'on doit attacher au subslanlir qui le üuit ; l'autre que je nommerai indéfini 
parce qu'il ne détermine point d'une nianièr>' parliculiùre i'ubjel duni on parle. 

l.'arlicle Ui'fi.ni est ann, ur ou al , de tout genre et de tout nombre ';. Il rcprésenle en fran- 
i.âis les monosyllables ie, la, les. /Inn se met devant les voyelles et devant les consonnes 
i) , N , T. Àr se met devant les autres consonnes , excepté devant L , où l'on met al. 

L'article indéfini est eunn , eur ou eul, de tout genre. Il répond en français à i n , use. 
Eunn se met devant les voyelles ol devant les consonnes D, N, T. Eur se place devant les 
autres consonnes , excepté devant L , où l'on met eul. 



CHAPITRE II. 

DES SOMS. 

Les noms servent à exprimer toutes les choses qui exisienl, qui tombent sous nos sens 
et dont nous concevons l'idée. Il yen a de deux sortes : le nom substantif et le nom pro- 
pre. Le substantif est celui dout on se sert pour désigner une substance quelconque, soit 
i|u'on la considère dans l'espèce générale , soit qu'on la prenne dans un sens limité. Le 
nom propre est celui qu'on applique aux individus, aux places, etc. Ainsi, les mots .*mmal, 
HOMME, FF.MMK , OU, ARGENT, clc. , sont dcs noms subslantifs. PiEKRE, Thomas, Paris. 
Home, etc., sont des noms propres. En un mot , le nom substantif est celui qui tient à une 
substance dont il y a une espèce, elle nom propre est celui qui appartient aux choses dont il 
M ) a point d'espèce. 

Exemple d'un nom subslanlif décliné avec l'ariicle défini i>x. 
Singulier. Pluriel. 



Ann avélou. les vents. 
ei'tz ann avélou . des vents 
d'ann avélou, aux vents. 



.1/111 avcl , le vent. 

eus {"] ann aveJ,duvrnt 

rf'onn avel, au veni. 

Aulre exemple avec l'ariicle défini a.>>-. 

Singulier. l'Iuiiel. 

Inn dañvad, la brebis. | Ann déñved , les brebis. 

eus ann dañvad, de la brebis. eùz ann défived , des brebis, 

d'onn dañvad, à la brebis. | d'ann déined , aux brebis. 

Exemple avec VarUcle défini ah. 

Singulier Pluriel. 

Ar màb, le fils. i Ar mipicn , les fils. 

edz ar mal), du fils. eu: ar mipien , des fils. 

d'ar màb , au fils. j d'ar mipien , aux fils. 

Exemple avec l'article défini al. 

Singulier. Pluriel. 

Al léslr , \e vaisseau. | ,4( listri , les vaisseaux. 

eu: al léstr , du vaisseau. eu; al listri, des vaisseaux. 

(J'ai léstr, au vaisseau. | d'al listri, aux vaisseaux. 

Exemple d'un nom subslanlif décliné avec l'article indéfini ed.n.n. 

Singulier. Pluriel. 

Eunn aval , une pomme. | Avalou , des pommes. 

eùz a eunn aval, d'une pomme. eii; a avalou, de pommes. 

d'eunn aval , à une pomme. 1 da avalou , à des pommes. 
^iMire exemple avec l article indéfini eon. 

Singulier. Pluriel. 



Eunn Idd, un père. 

eùz a eunn tdd , d'un père. 

d'eunn tdd, à un père. 



Tadou , des pères. 

eûz a dadou , de pères. 

da dadou , à des pères. 



(') Dans le dialecte de Vannes , er , enn , el el quelquefois c qui a le son de l'e français des pro- 
noms me , le. 11. V. 

^•*) Pour les seconds et troisièmes cas des noms, voyez la Syntaxe, au chapitre des Articles et à ec- 
l'.i des Prépositions. 



LIVRK PRE^rilR. 

Exemple avec l'arlkic indvfimi ecjb. 
Siiigiilior. rluriil. 

JUammou, des mcres. 



vammou , de mères. 
(la vammou , à des mères. 



Eur vamm , une mère. 

eùz a eur vamm , d'une mère 

d'cur vamm , ù une mère. 

Exemple avec l'article indéfini edi.'; 
.Sin^uliei'. l'Iuriidl. ' 

Eul leué , un veau. Leuéou , des veaux. 

eûz a eul leué, d'un veau. eûz a leuéou, de veaux. 

d'eul leué , à un veau. da leuéou , à des veaux. 



Déclinaisons des noms propres. 
Les noms propres n'ont point d'article ^ parce qu'ils ne tiennent à aucune espèce et 
qu'ainsi ils n'ont point de sens généraux ou particuliers au.xquels on puisse se méprendre. 

EXEMPLE ■■ 

Paol, Paul. Eiiz a Baol , de Paul. Da Baol , à Pau!. 

Uemarquez dans les exemples que je vous ai donnes, premièrement, que les 
noms substantifs el les noms propres n'ont que trois cas en breton , si toutefois on 
peut donner cette dénomination à des mots dont la terminaison reste toujours la même; 
secondement , que, les articles seuls variant , le mot de décli.naiso.n n'est, à proprement par- 
ler, dans notre langue, comme dans la française, que le changement de l'article sous 
trois formes différentes. 

De la manière de former le Pluriel des noms. 
Le pluriel des noms bretons se forffi« ordinairement en ajoutant ou ou iou au 
singulier (*). 

Des jiluricls terminés en ou. 
Sont terminés en ou .• 
1" Les pluriels dont le sing\ilier unit en .\. 

Singulier. Pluriel. 

Bara , pain. I liaraou , des pains. 

Ira , chose. | iraou , des choses. 

•1^ Ceux dont le singulier finit en [i. 



Singulier 

Kih , cercle. 

krïb , peigne. 

dibab , triage. 

lâb , remise. 
:î> Ceux dont le singulier finit en K. 
Singulier. 

Tôk , chapeau. 

pok , baiser. 

parle , champ. 

gwask , presse. 
4° Ceux dont le singulier finit en D. 
Singulier. 

Tdd , père. 

mdd , bien. 

éd , blé. _ . 

kammed , pas. !io\(î"W 

téôd , langue. 
S" Ceux dont le singulier finit en E. 
Singulier. 

Banné , goutte. 

bloué , peloton. 

doaré , apparence. 

gwélé , lit. 
0° Ceux dont le singulier finit en F précéd 
Singulier. 

h'orf, corps. 

skalf , séparation. 

sparf , goupillon. 



Pluriel. 
Kibou , des cercles. 
kribou , des peignes. 
dibabou , des triages. 
Idbou , des remises. 

Pluriel. 
Tûkou , des chapeaux. 
pokou , des baisers. 
parkou , des champs. 
gwaskou , des presses. 

Pluriel. 
Tadou , des pères. 
madou , des biens. 
édou , des blés. 
hammédou , des pas. 
léôdou , des langues. 

Pluriel. 
Bannéou , des gouttes. 
blouéou , des pelotons. 
doaréou , des apparences. 
gwcUou , des lits, 
d'une consonne. 

Pluriel. 
Korfou , des corps. 
skalfoH , des sé|iarations. 
sparfou , des goupillons. 



(*) Ku Tréguicr, o ou io ; en V anues , eu el ieu. H. V. 



cnAMMAIDE BRETONNI 



7 Ceux tlont le singulier liiiit CD G. 
Singulier. 

Bdij , bateau. 

kurg , charge. 

pUy , pli. 

abey , uccasiuii 
S' Ceux (iunt le singulier finit en I. 
Singulier. 

Mi , avis. 

ijouli , plaie 

r'hoari , jeu 
l'aUoni , malice. 
\)" Ceux dont le singulier Huit en LL duubics 
Singulier 

Gwall , faute. 

mell , article. 

Itoull , fosse. 

touU , trou. 

sell , regard. 
tO'j Ceux dont le singulier litiit en M 
Singulier. 

Flemm , aiguillon. 

koulm , nœud. 

lamin , saut. 

klemm , plainte. 

mamm , mère. 
11° Ceux dont le singulier unit en NN doubles 
Singulier. 

A'ann, batterie. 

youlenn , demande. 

lenn , étang. 

petin , tète. 

tenu , trait. 
12' Ceux dont le singulier finit eu P. 

Singulier. Pluriel. 

Uarp , soutien. j Ilarpou , des soutiens. 

skolp , copeau. | skolpou , des copeaux, 

r? Ceux dont le singulier finit en RK doubles ou en li précédé d'une autre consonne 



('lui ici. 
Ddyou , des bateaux 
karyou , des charges 
plégou , des plis. 
abéyou , des occasions. 

Pluriel. 
àVwu , des avis. 
youliou , des plaies. 
c'huariou , des jeux. 
falloniou , des malices. 

l'Iuriel. 
Gwallou , des fautes. 
mellou , des articles. 
pouHou , des fosses. 
touUou , des trous. 
scllou , des regards. 

Plurifl. 
Flemmou , des aiguillons. 
kuulmou , des nœuds. 
lammou , des sauts. 
klemmou , des plaintes. 
mammou , des mères. 

Pluriel. 
Kannou , des batteries. 
goulennou, des demandes. 
lennou , des étangs. 
penriou , des tètes. 
tcnnou , des traits. 



Singulier 
Jjarr , extrémité. 
dibr , selle. 
gôpr , gage. 
ikourr , branche. 
lorr , fracture. 
14" Ceux dont le singulier finit en S. 

Singulier. 
Ilars , obstacle. 
kors , roseau. 
gwers , chanson. 
15' Ceux dont le singulier finit en T. 

Singulier. 
Heñl , chemin. 
ska7il , écaille. 
trousl, hallier. 
kést , ruche. 
16° Ceux dont le singulier finit en V. 

Singulier. 

Kàv , ventre, 
fût) , ciel. 
hañv , été. 
slriv , querelle. 



Pluriel. 
Barrou , des extrémités 
dibrou , des selles.; 
gôprou , des gages. 
skourrou , des branches. 
torrou , des fractures. 

Pluriel. 
Harsou , des obstacles. (*) 
korsou , des roseaux. (*') 
gwersou , des chansons. 

Pluriel. 
Heñtou ('**) , des chemins. 
skañlou , des écailles. 
brousCou , des halliers. 
késlou , des ruches. 

Pluriel. 
Kôvou, des ventres. 
éñvou , des cieux. 
hañvou , des étés. 
slrivou , des querelles. 



Cl Quand ce mot sëcril harz , selon le dialecte de Cornouaille, et Le Gonidec l'écrit lui-même 
ainsi dans son dictionnaire , il fait au pluriel harzou. H. V. 
(**)Ce pluriel estpiu usité , on dit généralement /torjennott. H. V. 
(•**) Heñiou se prononce, par abus , comme si on écrivait heñchou. 

Des 



LIVRE PRP.MIER. 
Dei pluriels terminés en lOD. 



»7 



Sont termiDés en iou ; 

i" Les pluriels dont le singulier ûnil en F procédé d'une voyelle. 
Singulier. l'Iuriel. 

Eéf, tronc. 1 AV/îou , des troncs. 

goaf, lance. 1 goafiou , des lances. 

ttalaf, volet. 1 slalafiou , des volets. 

2" Ceux dont le singulier finit en CIL 
Singulier. 
Arc' h, coffre. 
hec'h, fardeau. 
kelc^h , cercle. 
iec'A , lieu. 
rec'h , chagrin. 
3" Ceux dont le singulier finit en L seul. 
Singulier. 
Brézel , guerre. 
gwél , fêle. 
peut , pilier. 
laol , coup. 
tâl , front. 
4' Ceux dont le singulier finit en N seul. 
Singulier. 
Añhcn , affliction. 
kân , canal. 
hem , monceau. 
foan , peine. 
làn , feu. 
So Ceux dont le singulier finit en 0. 
Singulier. 
Brô , pays. 
hanà , nom. 
saô , levée. 
trô , circuit. 
6° Ceux dont le singulier finit en R seul. 
Singulier. 
Amzer , temps. 
hér , broche. 
lier , ville. 
dôr , porte, 
mo'jcr, muraille. 
7" Ceux dont le singulier finit en U. 
Singulier. 
Avu , foie. 
dolu , balle à jouer. 
rû , rue. 

8" Ceux dont le singulier finit en Z. Vous remarquerez seulement que le Z se iluugc 
en S au pluriel (*). 

Singulier. Pluriel. 



Pluriel. 
Arc'hiou, des colTres. 
béc'hiou , des fardeaux- 
kelc'hiou , des cercles. 
Uc'hiou , des lieux. 
reclùou, des chagrins. 

Pluriel. 
Brézéliou , des guerres. 
gwéliou , des fêtes. 
peùUou , des piliers. 
laoliou , des coups. 
iallovi , des fronts. 

Pluriel. 
Ankéniou , des afflictions. 
kaniou , des canaux. 
bernioti , des monceaux. 
poaniou , des peines. 
tdniou , des feux. 

Pluriel. 
Brôiou, des pays. 
hanôiou , des noms. 
saôiou , des levées. 
trôiou , des circuits. 

Pluriel. 
Amzériou , des temps. 
bériou , des broches. 
kériott , des villes. 
dùriou , des portes. 
mvgérioit , des murailles. 

Pluriel. 
Avuiou , des foies. 
ùoluiov. , des balles. 
ruiou , des rues. 



Bi'z , tombe. 
blùa: , année. 
nadoz , aiguille. 
Irouz , bruit. 
gwirionez , vérité. 



Bésiou , des tombes. 
blôasiou , des années. 
nadosiou , des aiguilles. 
trousiou , des bruits. 
gwirionésiou , des vérités- 



Observations sur les différentes terminaisons du pluriel. 
J'ai dit que le pluriel des noms bretons était ordinaireoient terminé en om ou iou .-je vais 
indiquer actuellement différentes autres terminaisons régulières du pluriel , mais -oioins 
fréquentes. 

1° Les singuliers déterminés qui Unissent toujours en en, forment leurs pluriels en retran- 
chant la finale en. 

Singulier. Pluriel. 

Kaolen, chou. 1 Kaol, des choux. 



(*)ToutcfoiscechangeDacnln'estpas obligatoire, et l'on peul écrire ainsi, bfziou,b/i)aiioiijHc. H.V 



i8 



Singulier. 
faoen , liètrc. 
gwénanen , abeille. 
irvinen , iiavcl. 
sléréden , (jtuilL". 



r.nA.MMAUl£ BiySTODlNE. 

rliiriil. 
fad , des Mires. 
ywénan , des alieilles. 
,,.|ri'(« , (les aavels. 

stéred , des étoiles. 



2> Le» noms masculins et féminins qui regardent l'étal on la ((ualilé bonne ou miuvaise de 
l'homme et de la femme . forment leurs pluriels en ajoutant éd. 

Singulier. riuiiel. 



ÊoHlr , oncle. 
emziñvad , orphelin. 
paolr , garçon. 
magérez , nourrice. 
îéane: , religieuse. 
merc'h , lille. 

'i" Les noms de bétes , insectes , oiseaux et poissons, forment communément leurs pluriels 
par l'addition de éd. 

Siogulier. 



J^.uhlred, des oncles. 
emziñvaded , des orphelins. 
paotred , des garçons. 
magérézed , des nourrices. 
Icaïu'zcd , des religieuses. 
nurc'licd, des (illes. 



Lôen , béte. 
iourc'h, chevreuil. 
gôz , tau()e. 
aer , couleuvre. 
préñv , ver. 
rdn , grenouille. 
Tioulm , colombe. 
kegin , geai. 
tkoul , milan. 
iog , saumon. 
talareg , lançon. 
morouc'h, marsouin. 



Pluriel. 
I.oèned , des bétes. 
iourched , des chevreuils. 
gûzed , des taupes. 
aéred , des couleuvres. 
■préñved , des vers. 
raned , des grenouilles. 
kuulmcd , des colombes. 
kegined , des geais. 
skouUd , des milans. 
éoged , des saumons. 
talaréged , des lançons. 
inorouc'hed , des marsouins. 



4" Les noms désignant celui qui fait l'action , sont terminés en our , eur ou ei\, selon le» 
dialectes. Us forment leurs pluriels en ajoutant ien (*). 
Singulier. 



■ur , \ juge. 
er , I 



Barnour , 

harneur 

iarne 

kaner , chanteur. 

c'hoarier , joueur. 

tnezvier , ivrogne. 

tôer , couvreur. 



Ol'.'lSHiK 

, vo'n^d 
, uohVA 



Pluriel. 
Barnourien , l 
barneurien , \ des juges. 
barnérien , j 
kanérien , des chanteurs. 
c'hoarUricn , des joueurs. 
mezviérien , des ivrognes. 
tôérien , des couvreurs. 



5» Les noms désignant posses9iori'i''àoflt terminés en ek. Ils forment leurs pluriels en 
changeant k en ien. 

Singulier. 



Amêzek , voisin. 
gwennek , sou. 
gwiziek , savant. 
tiek , ménager. 



Pluriel. 
Amézéien , des voisins> 
gwnnéicn , des sous. 
gtciziéien , des savants. 
tiéien , des ménagers. 



6^ Les noms désignant les habitants d'un pays, d'une ville, etc., sont terminés en ad, 
pour le masculin, et en adez , pour le féminin. Le pluriel du masculin se forme en chan- 
geant ad en iz , et le pluriel du féminin en ajoutant éd. 

Singulier. Pluriel. 

Breizad, Breton. Breiziz , Bretons. 



Brestad , Brestois. 
KoTikad , Conquétois. 
Breizadez , Bretonne. 
Bresladez , Brestoise. 
Koiikadez , Conquétoise. 



Brestiz , Brt*ois. 
Koñkiz , Conquétois. 
Breizadézed , Bretonnes. 
Bresladéîed , Brestoiscs. 
Koñkadczed , Conquétoises. 



. Les diminutifs , qui servent à affaiblir la signification du nom dont ils sont dérivés , se for- 
ment en ajoutant ik ou ig au primitif, pour le singulier , et en ajoutant igou au pluriel du 
primitif, pour le pluriel. 

Singulier. Pluriel. 



Merc'hik , petite fille. 
gwazik , petit homme. 
■paotrik , pelit garçon. 



Merc'hédigou, petites filles. 
gwazédiyou , petis hommes. 
paolrédigou , petits garçons. 



(*) En Vannes, en ion. H. V, 



LIVKE PREJUER. ) '9 

Singulier. Pluriel. 

tadik , petit père. , 1 ladouigou , petits pères. 

liik , petite maisoni •■■ J (j^z(</ott , petites maisons. 

8 ' Les Bretons recoonaiséent un nombre dcki. , non en parlant de deux personnes ^u de 
deux choses, comme les Êrecs, mais uniquement lorsqu'on parle des membres doûbtfs du 
corps de l'Iiomme ou de la bute. Ces nuius marquent leurs pluriels , en prenant , devant lu 
singulier, le nombre^ou, pour le masculia , et diou, pour le féminin. 
SiftjÇUtier. ■■ ■ i » l'iuriel. 



Ann (*) diou vréac'h , les bras. 
ann diou voch , les joues. 
ann daou lagad , les yeux. 
ann diou léz , les hanches. 
ann daou (*') Un , les genoux. 
ann diou vorzed , les cuisses. 
ann diou skôaz , les épaules. 
ann diou skouarn , les oreilles. 
ann diou c'hdr , les jambes. 
ann daou droad, les pieds. 



Bréac'h , bras. -Mil .il) ••■.■■■. 

hôc'h , joue. . • -T. • '■ . ' 

lagad , œil. : ' ' 

léz , hanche» 

glin , genou. 

morzed, cuissci 

skoaz , épaule. 

skouarn, oreille. 

gdr , jambe. 

troad , pied. 
Troad fait aussi <m(i" au pluriel.'' 

" '."' ' ' Obset^ialion. 

Remarquez que ces âuels ont aussi leurs pluriels réguliers , lorsqu'il s'agit de chose;* 
inanimées. 

EXEMPLES : 

Brec'hiou ur c'hravaz , les bras de la civière. 

Lagadou al léaz , les ampoules du lait. 
, ■ ' , ,'\' Skouariwu ar pôd, les anses du pot. 
..:;.,. o l'ÏVçj'd ann daol , les pieds de la table. 

■ ' ^l : : w, Des pluriels des noms hélérocliCes. 

Les noms hétéroclites ont leurs pluriels irréguliers, souvent avec des terminaisons tuutf s 
différentes , et quelquefois avec l'addition d'une ou de deux syllabes. 

Il serait, je pense, difficile de motiver ces changements, -dont j'avoue que je ne con- 
nais d'autre règle que l'usage. 

Exemples des noms hélérocliles avec kurs pluriels. 



Singulier 
v4otrou , seigneur. 
asliowrn , os. 
hàz , bâton. 
biz , doigt. 
Mei: , loup. 
hrâfi , Corbeau. 
hreùr, frère. 
hugel , enfant. 
kUzi , épée^ . • 
klôc'k , clochCi 
kroc^hen , peau. 
krôgen , coquille. 
dañvad , brebis. 
dén , homme. 
dour , eau. 
dréd , étourneau. 
éncz , île. 
e'rô , sillon. 
falc'h , faux. 
fais , faucille. 
forc'h , fourche. 
gaou , mensonge. 
gavr , chèvre. 
gast , nUe publique* 



lili r,[ Tifoq T)nno!> 



Pluriel. 
Aolrounts , des seigneurs. 
eskern , des os. 
bisier , des bâtons. 
biziad, , des doigts. 
bleizi , des loups. 
brini , des corbeaux. 
breùdeûr , des frères. 
bugàté , des enfants. 
klézéier , des épées. 
kléicr , des cloches. 
krec'hin, des peaux. 
kregin , des coquilles. 
déñved , des brebis. 
tiid , des gens. 
douréier , des eaux. 
dridi , des étourneaux. 
inizi , des iles. 
irvi , des sillons. 
filc'hier , des faux. 
filsicr , des faucilles. 
fcrc'hier , des fourches. 
gcrier , des mensonges. 
gevr, des chèvres. 
fisti, des lilles publiques. 

8r!?l7 0[ ■)'!]) 



(*) Le mot (//ou employé comme diicl perd oi'ilinairemcnt sa dernière syllsbe , quelle que soit h 
•lellre initiale du nom auquel il osL juinl; ainsi l'on pi-ouoiice «// vréac'h , di i>ô:'h , di skôiti . Ji 
skouarn , etc. 

(**) Le £■ se perd souvent eu coiislruclion. 



CUAlCVAniE BRETONnE. 



Singulier. 
giéij , femme marioe. 
gwerzid , fuseau, 
ywiz , truie. 
ialç'h , Luuriie. 
idr , punie. 
lésli , vaisseau. 
louarn , renard. 
mdb , lils. 
tiiaitac'h , moine. 
marc'h , cheval. 
matez , servante. 
méan , pierre. 
moualc'h, merle. 
oan , agneau. 
ôzac'h , homme marié. 
jjor: , cuur. 
sac'h , sac. 
tara , taureau. 
taryaz , matuu. 
Iroud , pied. 



Pluriel. 
gragez , des femmes mariée*. 
gwcrzidi, des fuseaux. 
gieiii , des truies. 
ik'hier , des bourses. 
tVr, des poules. 
lUiri , des vaisseaux. 
lern , des renards. 
miuien , des fils. 
menec'h , des moines. 
kézek , des chevaux. 
tnitisien , des servantes. 
mein , des pierres. 
mouUc'hi , des merles. 
ein , des agneaux. 
ézec'h , des hommes maries. 
persier , des cours. 

seier , des sacs. 

tirvi , des taureaux. 'isibooni 

tirgisier , des matous. 
Ireid , des pieds. 



De la maiiière de connaUre le Genre des noms. 

Le genre est ou masculin ou féminin ou commun , quoiqu'il n'y en devrait avoir que 
deux , le masculin et le féminin , puisque la première origine des genres n'est venue 
que de la distinction des deux sexes. Les Bretons n'ont point de neutre , non plus que 
les Hébreux, qui, à sa place, se servent du féminin , selon la remarque de saint Jé- 
rôme sur VEcclisiasiique , chap. 7. 

Tel est aussi l'usage des Bretons; pour exprimer le neuire, ils emploient le féminin , 
ainsi qu'on le verra par les exemples suivants : 
Il y a apparence de pluie. 
glaù a zô enn-hi. 



mot à mol 



mot à mol .- 



mol a mot 



mol à mol 



Il fait nuit. 

noz eo anézhi. 
nuit est d'elle. 



11 en coûtera. 
béac'h a vézô gañt-hi. 
fardeau sera avec elle. 



pluie est en elle. 
11 est tard. 
divézad 1.0 anézhi. 

lard est d'elle. , , 
11 est midi. 
kresleiz eo anézhi, 
mot à mol .- milieu jour est d'elle. 

Tous ces exemf)lcs et plusieurs autres semblables , n'appartiennent proprement ni au 
masculin , ni au féminin , ni môme au genre commun : c'est donc au neutre, que nous 
expliquons , comme les llébreu.x , par le féminin. 

Les règles générales pour la distinction du genre , dans le breton, comme dans toutes 
les langues , sont que tous les noms propres d'hommes , ou les appellatifs qui leur con- 
viennent , sont masculins. Exemples : lann , Jean ; mdb , fils ; breûr , frère ; mével, servi- 
teur , etc. ; que tous les noms propres de femmes ou les appellatifs qui leur conviennent, sont 
féminins. Exemples : Anna, Anne ; merc'h , fille ; c'hoar , sœur; matez, servante, etc. 

Les noms de bêles suivent ordinairement la même dislinclion. Ceux qui. conviennent 
au mâle , sont du genre masculin. Exemples : blciz , loup; bouc' h , bouc; larv , taureau , 
tourc'h, verrat ; etc. Ceux qui conviennent à la femelle, sont du féminin. Exemples : bleizez, 
louve ; gavr, chèvre ; bioc'h , vache ; gtciz , truie, etc. 

Le genre commun est celui qui convient aux deux sexes, soif en parlant des hommes, soit 
en parlant des bêles. Exemples : àén , l'homme et la femme; par, le mâle et la femelle; 
pried, l'époux et l'épouse ; jaô , monture (cheval et jument); dnñvad, brebis (faisant ab- 
straction de mâle et de femelle), etc. 

Observations sur les Genres. 

Outre les règles générales que je viens de donner pour la différence des genres , par les- 
quels la nature a distingué les sexes , je ferai encore ici quelques remarques sur les noms 
de choses inanimées , dont la terminaison sert quelquefois à faire connaître le genre. 

1" Les noms terminés en ad , comme lagad, batelée ; dournad, poignée , etc. , prennent 
le genre du nom dont ils sont dérivés. Exemples : boutek, hotte , est du masculin ; boutigad, 



LIVRE PREMIEB. ai 

hotlée, est aassi du masculin ; Mg , bateau , est du féminin -, hagad, batdée , est aussi du 
féminin ; Aarr , charrette; karrad, charretée, masculins. Kaloun , cœur ; kalounad (') , 
plein le cœur, féminins. Vourn , main ; dournad, poignée, masculins, elc. 

2" Les noms terminés en dcr sont du féminin. Exemples : brazder , grandeur; lihander , 
petitesse ; krizder , crudité ; ywendcr, blancheur ; ruzder, rougeur ; tomder, chaleur ; léù- 
dcr , épaisseur , etc. 

3oLes noms terminés en ek, désignant possession, sont du masculin. Exemples : boulek , 
hotte; bélek, prêtre; hiézounek, langue bretonne; kcvélek, bécasse ; gallek , langue fran- 
çaise ; (/iocnnc/c, suu , etc. 

4" Les noms terminés en ck , quand ils servent à désigner un lieu , sonl du féminin. 
Exemples : kanabck, chcneviére ; kaolek, lieu planté de choux; kcknnek , houssaie , lieu 
plein de houx ; keùneùdck , bilcher , lieu où l'on serre le bois à brûler ; dervenm'k , chênaie , 
lieu plein de chênes ; gwcnnadck , blanchisserie , lieu où l'on fait blanchir la cire , les toiles , 
etc. ; Unek, champ de lin ; seclwrck , lieu où l'on mot sécher le linge , le cuir tanné , etc. 

5" Les noms terminés en ed sont du masculin. Exemples : boed, aliment; klcved , ouïe ; 
kléñvcd, maladie ; guurcd , brasse ; môgcd, fumée ; scc'hcd , soif, etc. 

Il faut excepter ^uic'/wjd, couette , qui est du féminin. 

6' Les noms terminés en m, quand celte syllabe finale indique un singulier déterminé , 
sont toujours du féminin au singuher; mais au pluriel , ils sont du masculin. On reconnaît 
qu'un nom terminé en en , indique un singulier déterminé , lorsque , en retranchant cette 
syllabe finale , on trouve dans le mot qui reste , soit un second singulier, soit le pluriel du 
Dom lui-même. Exemples : bodm , buisson ; lôgvden , souris (animal; ; laouen , pou ; mczen , 
gland ; neùden , Cl ; péren , poire ; pizen , pois , etc. 

7° Les noms terminés en en , quand cette sjUabc Gnale ne dénote pas un singulier détermi- 
né , et ceux terminés en enn , sont du masculin. Exemples : icnicn , froidure; locn, bête ; 
brenn, son (ce qui reste de la farine blutée) ; krochen , peau ; pcnn , tête ; prcnn , barre de 
bois qui sert à tenir les portes fermées , etc. 

8" Les noms terminés en i/t'i formés des possessifs en c&, sont du féminin. Exemples : 
amézégez, voisinage; dalUdigez , aveuglement; gounidégez, gain ; gwiziégez, science ; pin- 
vidigez , richesse ; liégez , ménage , etc. 

9° Les noms terminés en lez , sont du féminin. Exemples -.kuTaüez^ douceur ; madékz, 
bonté ; padélez , durée; priédélcz , mariage , etc. 

10" Les noms terminés en oni, sont du féminin. Exemples •• brazoni , arrogance; kasoni , 
haine ; druzoni , graisse; plzoïii , avarice , etc. 

ai" Les noms terminés en crcz , quand ils servent à exprimer l'action , sont du masculin. 
Exemples : bouderez, bourdonnement; goapérez , moquerie; gwalc hère z , action de laver; 
pokérez , action de baiser ; skrabcrez , action de gratter ; sllakcrez , claquement , etc. 

12" Les noms terminés en irez, quand ils servent à désigner l'objet qui fait l'action , ou 
le lieu où on la fait, sont du féminin. Exemples : silaknez , claquet de moulin ; barcurez , 
boulangerie; kouézérez , lieu où l'on fait la lessive; kigérez , boucherie ; j/ucnrurM, lieu 
où l'on blanchit la cire , la toile , etc. 

13" Les noms terminés en adiir sont du masculin. Exemples : breinadw , pourriture : 
krcnnadur , action d'arrondir; divéradur , écoukuient; gwaskadur , étreinte; slardadur , 
serrement , etc. 

14" Les noms terminés en adurez , sont du féminin. Exemples : bcrradurez , abréviation ; 
deskadurez , instruction ; livadurez ,' action de teindre ; mtigadtirez , éducation, etc. 

15" Les noms de nombres ordinaux , terminés en vcd, quoique adjectifs , deviennent quel- 
quefois substantifs. Us sont toujours du féminin , sans excepter les composés des nombres 
cardinaux , susceptibles de prendre les genres. Exemples : cunn drived ou eunn drirved , un 
tiers , un troisième ; eur bévarved ou eur bi'dcrved , un quart , un quatrième : cur boiibred , 
un cinquième: eur c'houec'hved , un sixième; eur zeizved , un septième: eunn eizved , une 
octave, une huitaine, un huitième ; cunn narcrf, une neuvaine,un neuvième; eunndeg- 
vcd , une dizaine , un dixième, etc. 

16" Plusieurs noms sont du masculin au singulier, et du féminin au pluriel , ce qui se re- 
connaît au changement de la lettre initiale de forte en faible , après larlicle ar , puisque la 
lettre initiale faible désigne toujours le féminin , si le mot radical commence par la lettre 
forte. 

17" Plusieurs noms sont du féminin au singulier , et du masculin au pluriel. iFoyf ries 
exemples que j'ai donnés aux ii"" 1" etiJ'dcs dcrnurcs Obscrvatwns sur les permutalions 
des lellres. ) 



(*) L'insuffisance de la Isrgue française , dans de semblables expressions, m'a obligé d'employer 
celte périphrase , quoiqu'elle ne présente pas le même seus que le mol celtique. 



la cRAiistAinE BnETbpfWE. 

Des Diminulifa 

Avanl de quitter le chapitre des noms , pour passer â celui des adjectifs, je ferai encofe 
quelques remarques sur les diminutifs , dont je n'ai parlé que failiicment en traitant des plu- 
riels. {Voyez le ii ' 7 des Obsenations sur les dilfèrenl-^s terminaisans du pluriel.] 

Le diminutif, dont la terminaison est toujours en ik , est un mot qui marque la diminu- 
tion de la signification du nom dont il est dérivé Les diminutifs sont des termes de caresse , 
de compassion ou de moquerie ; ils sont aussi communs dans la langue bretonne que rares 
dans la Irauçuijo. 

Quand les* diminutifs sont des termes de grande caresse ou de grande compassion , on y 
surajoute le mot kéaz ou ke: , qui , dans l'acception propre, signifie misëbadle , mais qui , 
en ce sens , ne signilie que taEB et Tafes-ciiEu. Exemples : va zadik kéaz , mon cher petit 
j)ère ; va mammik ki'az , ma clicre petite mère ; va viabik kéaz , mon cher petit fils , etc. 
k'éaz , quoique adjectif, fait keiz au pluriel , contre la règle générale , comme on le verra 
dans le chapitre suivant. Exemples : va mabouigou yeiz , mes chers petits fils ; va breùdeùri- 
gou geiz , mes chers petits frères ; va mcrcUiédiyou geiz , mes chères petites filles, etc. 

Quand les diminutifs sont des termes de grand mépris , on y surajoute le mot bihan , petit, 
au pluriel comme au singulier. Excm[)les : eunn liik bihan, une petite maisonnette; eur ge- 
rig vihan , une pauvre petite ville ; eur gwazik bihan , un petit hommelel ; liézigou bihan , de 
petites maisonnettes ; kériouigou bihan , de pauvres petites villes -, gwazédigou bihan , de 
petits hommclets , etc. 



CHAPITRE III. 

DES ADJECTIFS. 

L'adjectif est un mot qui sert à exprimer la qualité , la propriété, la forme , le rap- 
port , etc. , d'un nom, comme mdd , bon ; fall , mauvais; iac'huz , sain ; krenn , rond ; 
brdz , grand ; bihan , petit. 

Les adjectifs bretons ne varient jamais leur terminaison , ni par rapport au genre , ni par 
rapport au nombre. Ainsi nidd signifie également bon et bonne, bons et bonnes, en obser- 
vant seulement les occasions où les lettres initiales se changent. 

Exemples : 
Eunn tâd mâd , un bon père ; tddou mdd , de bons pères. 
Eur vamm vdd , une bonne mère ; mammou mdd, de bonnes mères. 



On emploie la comparaison pour augmenter ou diminuer la qualité , etc. , par degrés. Ainsi 
'on dit qu'un homme est grand, qu'un autre est plus grand, qu'un troisième est le plus 




perlalif transporte l'état du positif au plus haut ou au plus bas degré de tous. 

Du Comparatif. 

Le comparatif se forme en ajoutant oc'h au positif. 

Exemples : 

Positif. Comparatif. 

Kaer , beau. Kaéroc'h , plus beau. 

koañl , joli. koanloc'h , plus joli. 

tomm , chaud. tommoc'h , plus chaud.' 

pinvidik, riche. pinvidikoc'h, plus riche. 

uhel , haut. uheloc'h, plus haut. 

Du Superlatif 

Le superlatif se forme en ajoutant a au positif. 

Exemples : 

Positif. , Superlatif. 

Kaer , beau. Ar c'haéra , le plus beau. 

koañt , joli. ar chuanta, le plus joli. 

tomm , chaud. ann tomma , le plus chaud. 

pinvidik, riche. ar pinvidika , le plus riche. 

uhel , haut. onn uhéla , le plus haut. 



LIVRE PREMII.H, l5 

Exceptions. 
Les deux .idj<'Clifs suivants sVcarîent de la règle générale. 

Exemples : 
Positif. Comparatif. Superlatif. 

Màd, gwell ou gwelloc'h , ar gweUa. 

bon. meilleur. le meilleur. 

drouk , gwas ou gwasoc'h , ar gwasa , 

mauvais. pire. le pire. 

Observations sur les Comparatifs et les Superlatifs. 

1" Les adjectifs terminés en ô dans l'usage moderne , et qui unissaient en « chez les an- 
ciens , changent û en v au com]>arat4r et au superlatif. 

fosilif Comparatif Superlatif. 

Braô , bravoc'h , ar vrava , 

agréable. plus agréable. le plus agréable. 

1^0, lévoc'h, ann téva , 

gros. plus gros. le plus gros. 

2*' Les adjectifs terminés en s , changent ; en « au comparatif et au superlatif. 

Exemples : 
Positif. Comparatif. Superlatif. 

Bras, brasoc'h , ar l'rasa. 

grand. plus grand. le plus grand. 

koz , kosoc'h , ar chosa , 

vieux. plus vieux. le plus vieux. 

ô" On forme quelquefois en français le superlatif, en faisant précéder l'adjectif des parti- 
cules TRÈS OU FonT. Dans ce cas , en breton , on emploie l'adjectif avec les adverbes weiir- 
bcd ou brdz , qui signiOent gbandement , beaucoup. Ces adverbes se placent après , et rare- 
ment devant les adjectifs. 

Exemples : 
Brâs-meûrbéd , très-grand. Gwiziek brdz , fort savant. Kaer-meûrbéd , très-beau. 
4" Il y a encore chez les Bretons une autre sorte de superlatifs, qui leur est commune avec 
les Hébreux , c'est le redoublement du positif. 

Exemples : 
Uhel uhel, haut haut , grandement haut. 1 Mdd mâd , bon bon , bon par excellence. 
fïeJ i:el , bas bas, extrêmement bas. | fall fall, mauvais mauvais , très-mauvais. 

Des Noms de nombre cardinaux. 

Il faut remarquer premièrement qu'en breton , deux , trois et quatre , ont leur masculin et 
leur féminin , et que le nombre un ne prend point le genre ; secondement, que , depuis dix , 
on compte en surajoutant à dix, un, decx, trois, etc. , Jusqu'à vingt ; Iroisièmomcnt , que, 
depuis vingt, on compte en y ajoutant les neuf premiers nombres, suivis de la prépnsilion 
tcar , SUR , et de l'article «nw contracté , jusqu'à trente; quatrièmement , que, depuis trente 
jusqu'à cent et au-delà, on compte en préposant les neuf premiers nombres à chaque 
dizaine et à chaque vinglaine, avec la conjonction ha devant une consonne , et hag devant 
une voyelle , observant partout le genre masculin ou féminin pour les nombres deix , trois 
et qcatrk ; cinquièmement , que l'on comple presque toujours de vingt en vingt , mémo 
après CENT. fToyez à la Syntaxe la construction des noms de nombrc.J 
Table des nombres cardinalx. 

7 Seiz , sept. 

8 Ei: , huit. 

9 \aô , neuf. 
10 Dék, dix. 



1 Vnan , un , une. 

2 Daou, deux (masc.) 
2 Diou , deux (fétn.) 
5 Tri, trois (masc.) 

5 Teir, trois (fém.) 

h Pévar , quatre (masc.) 

6 Pédcr , quatre (fém.) 

5 Pemp , cinq. 

6 C'Iwuec'h , six. 



H Unnék , onze. 
12 Daouzék , douze. 
^^ Trizik, treize. 

14 /VrariA ,1 (quatorze. 

15 Pemzck , quinze. 



■A 



GIIAMMAIRE BBETOJÎfîE. 



19 C'houéick , sciie. 

17 Seiték , dii-sept. 

18 Triouec'h , dix-huit. 

19 Naoñlck , dix-neuf. 

!0 Ugeñt, vingt. 

îl Unanwar-n-ugvñt, vingt un [inolàmol, 

un sur II' vingt). 
îî Daou trar-n-t/(;fñ< , vingt-deux, 
îî Diou war-n-u(jeHt, vingt-deux. 
ï3 Tri war-n-uyfHl, viiit-lrois. 
!S Ti-ir icar-nuycñt , vingt-trois. 
24 Pévar war-n-ugent , vingt-quatre. 
î4 Péder war-n-uycitt , vingt-quatre. 
î5 Pemp warn ugeñi, vingt-cinq, etc. 

30 Trègont , trente. 

îl Unan ha Irégnùt, trente-un. 
32 Daou ha Irèyuht , trcnle-deux. 
»2 Diou ha Ircyiiñl, trente-deux, 
îx Tri ha Iréguñl , Uewl^Uoh. 
Î5 Teir ha trégoñl , trenle-trois. 
»i Pévar ha In'gonl, trente-quatre. 
î4 Péder ha tréyoñt , trente-quatre. 
35 Pcmp ha triyuñt , trente-cinq. 

40 Daou-ugeTa, quarante [mol à mol, deux 

vingts). 

41 Vnan ha daou-ugeñt, quarant«!-un (un 

et deux vingts.) 
43 Daou ou diou ha daou-ugeñl, quarante- 
deux , etc. 

50 Uañter-kañt^ cinquante (demi-cent). 

51 Unan hag fta/Kcr-A-añt, cinquante-un (un 

et demi-cent). 

52 Daou ou diou hag hañier-kañt, cin- 

quante-deux, etc. 

<J0 Tri-ugml , soixante ( trois vingts ). 
61 Unan ha Iri-ugeñt , soixante-un, etc. 

70 Dék ha tri-ugeñl , soixante-dix (dix et 

trois vingts). 

71 Unnék ha iri-ugeùl , soixante-onze , etc. 

80 Pévar-ugeñt , quatre-vingts. 

81 Unan ha pécar-ugeñt , quatre-vingt- 

un , etc. 

»0 Dék ha pcvar-ugeñl , quaire-vingl-dis 
(dix et quatre vingts). 

31 Unnék ha pévar uyeñl , quatre-vingt- 

onze, etc. 

100 Kañt, cent. 

101 Unan ha kant . cent un (un et cent) 

102 Daou ou diouhakañt, cent deux, etc. 
110 Dék ha kant, centdix (dix et cent;. 
120 C'/ioiii'c'A-Hjrfñ<, cent vingt 'six vingts). 
130 i>tA:/iac'/iOMec-Vt-tt5feñ(, cent trente (dix 

et six vingts.) 



140 Seis-ugeñl, cent quarante (sept vingt»). 

150 Dék ha leii-ugefil , cent cinquante 'dis 
et sept vingts) ou bien kant hag hañ- 
ler-kaiit (cent et derai-centj. 

IfiO Eiz'Ugeni , cent soixante (huit vingts.) 

170 Dék hag eiz-ugeñl , cent soixante-dix 
(dix et huit vingts j. 

180 Naii-ugeñl, cent quatre-vingts (neuf 
vingts ). 

190 Dék ha naû-ugcnl , cent quatre-vingt- 
dix ( dix et neuf vingts ). 

200 Daou c'hanl, deux cents. 

210 Dék ha daou c' haut, deux cent dix (dix 
et deux cents). 

220 Unnék ugeñt, deux cent vingt (onze 
vingts ). 

230 Dék hag unnék-ugeñl, deux cent trente 
( dix et onze vingts). 

240 Daouzek -ugeiit, deux cent quarante 
( douze vingts ). 

230 Dék ha daouzék-ugeñl , deux cent cin- 
quante (dix et douze vingts). 

200 Trizék-ugeñl, deux cent soixante (treize 
vingts ). 

270 Dék ha Irizék-ugeñl , deux cent sobxan- 
te-dix (dix et treize vingts). 

280 Pévarzék-ugcñl, deux cent quatre- 
vingts (quatorze vingts). 

290 Dék ha pévarzék - ugeñl , deux cent 
quatre-vingt-dix (dix et quatorze 
vingts). 

300 Pemzék-ugeñt, trois cents (quinze- 
vingts) ou bien Iri chant. 

310 Dék ha pcmzék-ugeñl , trois cent dix. 

320 Chouézék-ugeñl , trois cent vingt. 

330 Dék ha c'houézék-ugent , trois cent 
trente. 

340 Seiték-ugeñt , trois cent quarante. 

350 Uék ha seiiék-ugeñl, trois cent cin- 
quante. 

360 Triouec'h-ugent , trois cent soixante. 

370 Dék ha triouec'h-ugent, trois cent 
soixante-dix. 

380 Naoñlék-ugeñl , trois cents quatre- 
vingts. 

390 Dék ha naoñték-ugent ,iïo\s cent qua- 
tre-vingt-dix. 

400 Pécar c'hant , quatre cents.. 
410 Pévar c'hant dék , quatre cent dix. 
420 Pévar chant ugeñt , quatre cent vingt. 
430 Pévar c'hant Irégonl , quatre cent 
trente. 

500 Pemp kant , cinq cents. 

1000 Dék kant, mille (dix cents). 
1100 Unnék kant , onze cents. 
1200 Daouzék kant, douze cents. 



Des Noms de nombre ordinaux. 



k ^«"riArni?"^*^^fl^°'"^ ^^^ '^' nombres ordinaux se forment des cardinaux , en ajoutant 
a ce» uerniers la syllabe vcd. Sont exceptés de cette règle générale, les deux premiers nom- 



bres 



LIVRE PREMIER. 23 

brcs , qui ont une physionomie parliculière. Vous remarquerez encore que les troisième et 
quatrième ncjnibrcs se présentent sous deux formes différentes. 

Tous les nombres ordii.aux commençant par une des consonnes muablcs, sont susceptibles 
de prendre le genre ; les autres nombres ne le prennent point. 

Depuis DIX jusqu'à vi.>GT,on continue de compter en ajoutant la syllabe tcd au nombre 
cardinal. 

Depuis vi^GT jusqu'à trente, cette finale s'ajoute à l'unité, laquelle se présente la pre- 
mière, est suivie de la préposition war , de l'article onn contracté, cl cnûn du nombre 
cardinal vi.\(;t. 

Depuis TRENTE jusqu'à CENT et au-delà , la finale ved s'ajoute aussi à l'unité, qui se pré- 
sente toujours la première , qui est suivie de la conjonction ha devant une consonne et hag 
devant une voyelle; vient ensuite le nombre principal. 

Table des nombres ORDiN.ti'x. 



Keñla , premier, première. 

Ar c'henla, le premier. 

Ar gcñla , la première. 

EU , second , deuxième. 

Ann eil, le deuxième , la deuxième. 

Trived ou Iredé , troisième. 

Ann Irivcd ou ann ircdc , le troisième. 

Ann deirved ou ann diédé , la troisième. 

Pcvarved ou pévan', quatrième. 

Ar pcvarved ou ar pévuré , le quatrième. 

Ar bi'derved ou ar bévan', la quatrième. 

Pemved, cinquième. 

Ar pemved , le cinquième. 

Ar bcmvcd , la cinquième. 

C'houcc'hvcd , sixième. 

Seizved, septième. 

Eizved , huitième. 

Aaved , neuvième. 

Pégved, dixième. 
Vnnégvcd , onzième. 
Daottzi'gvcd , douzième. 
Trizt'gvcd , treizième. 
Pévarzéyvcd , quatorzième. 
Pemzétjved , quinzième. 
C'houézdgved , ^eizièrae. 
Scitégved , dix-septième. 
Triouec'hved , dix-huitième. 
NaofUcgvcd , dix neuvième. 

Ugeñdved, vingtième. 
Kcñla icar-n-ugeñl , vingt et unième. 
Eil war-n-ugent , vingt-deuxième. 
Trived ou trcdé war-n-iigeñl , vingt-troisième. 
Pévarved ou pévaré war-n-ugeñl, vingt-qua- 
trième. 
Pcmvcd war-n-ugeñl, vingt cinquième , etc. 

Tre'gondvcd, Irentièmo. 
Keñla ha Irégoñl , trente et unième. 
Eil lia Ire'gonl, trente-deuxième. 
Pemved ha irvgoül , trente-cinquième. 

Daou-ugeñdved , quarantième. 



Keñla ha daou-ugeñl , quarante et unième , 
etc. 

Hañler-kañdved , cinquantième. 

Tri-ugeñdved, soixantième. 

Dégved ha tri-ugcñt , soixante-dixième. 

Pcvar-ugeñdvcd, quatre-vingtième- 

Dégved /lajjréar-Ki/tHf, quatre-vingt-dixième. 

Kañdved , centième. 
Dégved ha kañl, cent dixième. 
C'honec'h-xtgcndvcd , cent vingtième. 
Dégved ha chouecli-ugeñl, cent trentième. 
Sciz-ugcñdved , cent quarantième. 
Dégved ha seiz-ugeñl , cent cinquantième. 
Eiz-ugcñdved, cent soixantième. 
Dégved hag ciz-ugeñl, cent soixante-dixième. 
Naù'iigendved, cent quatre-vingtième. 
Dégved ha naô-ugeñt , cent quatre-vingt-di- 
xième. 

Daou-c'handved , deux-centième. 

Unnék-tigcñdvcd , deux-cent- vingtième. 

DaoHzék-iigrñdved , deux-cent-quarantième. 

Trizék-ugeñdved , deux-cent-soixantième. 

Pévarzék ugcñdved , deux-ccnt-quatre-ving- 
ticme. 

Pcmzék - ugeñdved ou bien Irl c'haMved , 
trois-centième. 

C'houézék ugeñdved , trois-cent-vingtième. 

Seilék-ugeñdved , trois-cenl-quaranlième. 

Triouec'h-ugendved , trois-cent-soixantième. 

Naoñlék-ugcñdved , trois -cent- quatre -ving- 
tième. 

Pévar-c'handvcd , quatre-centième. 

Pemp-kañdvcd , cinq-centième. 

Dék-hañdvcd , millième. 

Unnék-hañdced , onze centième. 

Daouzék-kañdved , douze-centième. 



CHAPITRE IV. 

DES PRONOMS. 

Le pronom est un mot qui tient la place du nom ; on en distingue six sortes, savoir . 
Pronoms Personnels, Possessifs, Démonstratifs, Interrogatifs , Relatifs, Indéterminé- 

i 



u6 GRAMMAIRE BRETONNE. 

Dis Fronomi persuitneU. 

Dans If pronom personnel on doit considérer 1" la personne , 2" le nombre, 3' le genre , 
4' le cas. 

Il y a trois personnes. La première est celle qui parle; la seconde, celle h qui l'on parle; 
la troisième , celle de qui l'on parle. 
Les pronoms personnels ont un singulier et un pluriel. 

La pronilère et la seconde personne n'adniellonl aucun changement par rapport au genre; 
la troisième personne singulière seulement change eu breton pour exprimer le genre du nom 
.luquel lu pronom personnel se rapporte- 
En breton , les pronoms n'ont que deux cas : le nominatif ou sujet , qui est toujours suivi 
d'un verbe exprimé ou sous-enlendu , et l'objectif , qui est toujours régi par un verbe ac- 
tif ou une proposition. 

Exemples des Pronoms personnels à la première personne. 

Sujets. Objeclifs. 

Singulier. 
Mé, am, em; je, moi. 1 Ma ou va, am , in , oun, é on en , acha- 

I noun; me , moi. 
Pluriel. 
-Yi , hor , hon; nous. | Ilor , hon , omp , imp , ac'hanomp ; nous. 

On verra, dans la seconde partie, tous ces différents pronoms placés en construction ; je 
nie contenterai dans celle-ci de les indiquer. 

Exemples des Pronoms personnels à la seconde personne. 
Sujets. Objeclifs. 

Singulier. 
Té , az , ez ou ec'h ; \\i , toi. | Ta ou da , az , id, oud, ez, ac'hanod i te, 

I toi. 
Pluriel. 
C'houi , ho, hoc' h ; vous. | Hô , hoc'h , hu, ac'hanoch; vous. 

Exemples des Pronoms personnels à la troisième personne. 

POUR LE MASCULIN. 

Sujets. Objeclifs. 

Singulier. 

Héñ , hen ; il, lui. | JTañ, hen , her , hé, anézhañ (*); le , lui. 

B0Ü» LE FÉMINL-y. 

Sujets. Objeclifs. 

Singulier. 

Jîi, ké; elle. 1 Hé, hi, anézhi(**); la, elle. 

POUR LES DECS GENEES. 
Pluriel. 
Hi (•"), ho; ils , elles , eus. ] Uô, hi, anézhô [*"*J , les , eux. 

Du Pronom personnel soi, se. 

Il y a en français une sorte de pronom personnel qui sert indifféremment pour le masculin 
et pour le féminin, qui est se , soi. Soi se rend en breton par han ou hén hé-unan (mot à 
mot, LUI lui-in;. En français, ce pronom fait eux au pluriel, et en breton, hâ hô- 
unan ( eux eux-un). 

Le pronom français se , qui est placé immédiatement devant un infinitif, est rendu en 
breton par en em ', ou simplement par em. (Voyez la conjugaison des verbes réfléchis et des 
verbes réciproques. ) 

Des Pronoms possessifs. 

Les pronoms possessifs sont ainsi appelés, parce qu'ils indiquent que la chose dont on parle 
appartient à la personne ou à la chose qu'ils servent à désigner ; ils sont de deux sortes : le 
conjonclifti Vabsolu. 

[*) Et ézhan. {*") On hiñt. 

l") Et ézhi. {'***) Et ézhâ. H. V. 



MVRF PRHMlEn. ■->.'] 

Les pronoms possessifs conjoncUfs sont ceux qui sont immédiatement joints aux noms ; ils 
ne prennent ni genre ni nombre en breton. 

Les pronoms possessifs absolus remplacent le nom de la cbose possédée ; ils ne se décli- 
nent pas par eux-mêmes , mais ils sont toujours précédés des pronoms possessifs conjonc- 
tifs; ils ne prennent point le genre , mais ils ont un singulier et un pluriel. 

Exemples des Pronoms possessifs conjoncUfs. 



Ma ou va , mon , ma , mes. 
Ta ou da , ton , ta , tes. 

lié , son , sa , ses. 



Uor , hon , hol , noire , nos. 
Hô , Iwc'h, votre, vos. 
/7(i , leur, leurs. 
Observations. 
J'ai dit plus haut que les pronoms possessifs conjonctifs ne prennent point le genre ; le 
pronom hé cependant, quoique invariable, désigne le genre, en faisant changer la lettre 
initiale du nom auquel il est joint. 

Les autres pronoms font aussi éprouver des changements aux lettres initiales des noms qui 
les suivent, dans de certains cas , pour rcuplionic de la prononciation. (Voyez les permitla- 
lions des Icllrcs après les pronoms possessifs.) 

Exemples des Pronoms possessifs absolus. 
Sinsnllcr. rimlel. 



Ma ou va ré, les miens , les miennes. 
Ta ou da ré , les tiens , les tiennes. 
Hé ré , les siens , les siennes. 
Uor ou hon ré , les nôtres, 
i/o ré, les vôtres. 
Hô ré , les leurs. 



3Ia ou l'a hini , le mien , la mienne. 
Ta ou da hini, le lien, la tienne. 
Hé hini , le sien , la sienne. 
Hon hini , le nôtre , la notre. 
Hoc'hhini , le vôtre , la vôtre. 
Ho hini , le leur , la leur. 

Des Pronoms démonstratifs. 
Les pronoms démonstratifs sont ainsi appelés, parce qu'ils indiquent plus particulière- 
ment la personne ou la chose à laquelle ils sont joints et dont ils tiennent la place. 

Ce, cet, cette, ces, s'expriment par l'article ar ou ann , que l'on mot devant le sub- 
stantif, et mañ ou ma, zé , hoñt, qui se mettent , par forme d'enclitique, immédiatement 
après le substantif et après l'adjectif, s'il y en a , tant au singulier qu'au pluriel. (Foi/ez 
la Syntaxe. ) 



Singulier. 

Ann hini, celui, celle. 

Singulier. 
Hé-mañ , celui-ci. 
hou-mañ, celle-ci. 

Singulier. 
Hen-ne: , celui-là près de nous. 
Hovn-^ez , celle-là près de nous. 

Singulier. 

Hen-hoñl, celui-là loin de nous. 
Houn-hoñl, celle-là loin de nous. 
Ann drd - maû , 
Ann drd- :é , 
Ann drd-hoñl. 



Pluriel. 
Ar ré , ceux , celles. 

Phniei. 
Ar ré-mañ, ceux-ci, celles-ci. 
riuricl. 
Ar ré-zé , ceux-làj celles-là près de nous. 

Pluriel. 
-■Ir ré-hoñt , ceux-là, celles-là loin de 
nous. 

ceci. 

cela près de nous. 

cela loin de nous. 



Des Pronoms interrogatifs. 

Les pronoms interrogatifs sont ainsi appelés, parce qu'ils servent à interroger. 
Les pronoms interrogatifs, en breton, ne prennent point le genre. 



Pé hini ou péhini, lequel, laquelle. 
Pé récupéré, lesquels, lesquelles. 



Pion , qui. 

Pélra, (|ue, quoi. 

Pé ou pébcs , quel , quelle , quels , 
quelles. 

Ves Pronoms relatifs. 
Les pronoms relatifs sont ainsi appelés , parce qu'ils se rapportent à une personne ou 
à une chose dont on a déjà parlé. 

Nous n'avons, à proprement dire, en breton, qu'un pronom relatif, qui est de tous 
genres, et exprime à lui seul les pronoms français lequel, l.vql'ellb, quel, qi-eilk , qck, 
QUI, lorsqu'ils ne sont point interrogatifs. 
Pé hini ou péhini, lequel, laquelle, etc. | Pé ré owpéré, lesquels, lesquelles, etc. 



^" CltAMMAlRi; BUr.TONM:. 

Ois Pronom* indtlerminés. 

Les pronuras imJélermiiic» üont appelés lcls , parce qu'ils expriraciil les oIjjcIs d'une ma 
imVe générale et iiidélermlnce. 11 y en a plusieurs qui sont aussi quelqueloi» adjeclifs. te 
n est, en général , que quand ils sont employés seuls , t'esl-à-dire, sans noms , qu'ils doi- 
vent être regardés comme pronoms. 

Les pronoms indéterminés , h quelques exceptions près , sont de tous genres et de tous 
nomhres. 



IMl, ann holl . tout, toute, tous, toutes. 

Pffi , chaque. 

l'tp-hini , ♦ , , 

pcb-unaii j "^"^cun, chacune 

Eiinn ait , un autre , une autre. 

Ité atl , d'autres. 

Ann hini ail , , 

égilé imasc.)^ l'autre. 

ébén (fém.) 



)( l'a 



Ar ré ail , les autres, autrui. 

Ann eil , l'un , l'une. 

Ann lil ré, les uns, les unes. 

Ann eil luKj é</ilé , l'un et l'autre. 

Ann lilliatj ébén, l'une et l'autre. 

Anncilréliag arréall,ua\\cH uns et lesautres. 

^i/'/c'-?Kuñ/ia(/arr<$-Aoñ{,|lesuacset les autres. 

É-béd , nul , aucun. 

lienndg , quelque. 



Ce dernier pronom est comme les 
quel est lui même précédé de eur , 
L'nan-benndg , 1 quelqu'un 

eunn hini benndg, \ qu'une. 



enclitiques, il s'appuie sur le mot qui le précède, le- 

eunn ou eut. 



Eur ré-bennàg , 

eur ré , 
hiniennou , 

Pion-benndg , 
»ifp ou néb , 

nép piou-bcnndg , 
kéincñd-hini , 



J quelques 
( quelques 



quel- 



- uns 
unes. 



quiconque. 



Mhin , 
nt'p-hini , 
Itini é-béd t 
hini , 
I^ép-dén , 
dén-é-béd, 
dén , 
Meùr a , 
lies-hini , 
lies-dén , 
lies , 



aucun , aucune. 



personne. 



plusieurs. 



CHAPITRE V, 

DES VERBES. 



Le verhc est un mut qui énonce l'action ou l'état d'une personne ou d'une chose. 

Les verbes qui énoncent l'action sont de deux sortes : on appelle les uns verbes actifs 
et les autres verbes passifs. 

Le verbe est actif, quand il exprime une action qui est produite par !e sujet de la phrase. 
Exemple : va brcùr a gdr, mon frère aime. 

Le verbe est passif, lorsqu'il exprime une action reçue par la personne ou par la chose qui 
est le sujet de la phrase. Exemple ; va breûr a zàkarel, mon frère est aimé. 

Les verbes qui expriment simjjlement l'existence , l'état , la condition ou les attributs d'un 
être , sont appelés verbes neutres. Exemple : me a rô , je suis ; me a gerz , je marche. 

Il y a donc trois sortes de verbes •• Vactif , \c passif el le neutre. On doit d'autant plus y 
faire attention et chercher à les bien comprendre , que ces mots seront employés très-souvent 
dans la suite. 

Observations. 

Avant de passer outre , je ferai remarquer que nous avons en breton deux manières d'en- 
visager la conjugaison des verbes. Le verbe se conjugue à l'impersonnel ou au personnel. 

1' Lorsque le sujet est un pronom personnel et qu'il commence la phrase, en breton , on 
conjugue le verbe qui le suit à l'impersonnel , c'est-à-dire que la troisième personne sin- 
gulière de chaque temps du verbe est seule employée , après les trois personnes du pronom , 
au singulier et au pluriel. Exemples ■■ mé a gdn , je chante ; lé a gdn , tu chantes ; mé a ga- 
jiri , je chanterai; ni a ganô , nous chanterons; héñ oa M a ganfé , il ott elle chanterait ; 
c'houi a ganfé , vous chanteriez , etc. 

2> Lorsque la phrase commence par un adverbe, une préposition , ou lorsque l'objectif ou 
régime précède le verbe [ce qui est fort ordinaire dans notre langue) , on conjugue ce verbe 
au personnel , c'est-à-dire que, dans tous les temps du verbe , on varie la terminaison à 
chaque personne , tant du pluriel que du singulier. Exemples ; aman é leûann , je viens ici , 



LtVBE PREMIER. 29 

( mot à n:ot , ici je viens ) ; aman ( tni , il >ient ici ; aman é lcmñl, ils viennent ici ; hiriû é 
vcdinn , ]c moissonnerai aiijouiil'luii ; /li'riô évédi,\.u moissonneras aujourd'hui ; hlriâ é ct- 
dinip , nous moissonnerons aujourd'hui. (Jondé-zé é Iciniz , après cela je dînai ; ijoudé-zé é lei- 
naz , après cela il dîna ; goudi-zé i kinzocJt , après cela vous dînAlcs. Vmté a yarann , j'aime 
Dieu ; Vnuc a garez , tu aimes Lien ; Doue a garoñl, ils aiment Dieu. Gwin a werzo , il verj- 
dra du vin ; givin a wcrzimp , nous vendrons du vin ; gwin a wersot , vous vendrez du 
vin , etc. 

3' Tous les verbes sont précédés soit de la particule a, qui se place également devant 
les consonnes et devant les voyelles , soit de la particule é devant les consonnes cl éz ou ée'h 
devant les voyelles. 

4" La particule a se met devant nn verbe , quand ce verbe est précédé d un nom ou d'un 
pronom , soit qu'il soit sujet ou régime. Kxemples : Dové a zô mdd , Dieu est bon ; mé a gùr 
Doué, Duué a garanti, j'aime Dieu; hara a zébr , il mange du paiu ; pivn a tkô'l qui 
frappe? etc. 

5" La particule é ou éz ou t'c'A se met devant un verbe , quand ce verbe est précédé d'un 
adverbe ou d'une préposition. Exemples : allez é kanann , je chante souvent ; icarc'hoaz éz 
inn, j'irai demain ; déae'h é leûlz ,jc vins hier ; hlriù éclt arnio, il arrivera aujourd'hui, etc. 

6" La particule é ou éz se met encore devant le verbe , quand ce verbe ( qui n'est jaraai'.^ 
autre que le verbe être ) est précédé, en breton, d'un adjectif; mais on observera que If 
présent de l'indicatif ne prend la particule dans aucune de ses personnes. Exemples : fiii 
ounn , je suis sage ,■ fur oud , lu es sage ; fur omp , nous sommes sages ; fur Iftl , ils sont 
sages ; klañ é oann , j'étais malade ; mdd é ua , il était bon ; pinvidlk é vézô , il sera riche ; 
koañl é vézlnl, ils seront jolis, etc. 

On considère dans les verbes la personne, le nombre , le temps et le mode. 

DE LA PERSONNE. 

Le verbe , conjugué au personnel , est composé de six personnes, c'est-à-dire que chaque 
temps a six terminaisons difl'érentcs. 

Exemples : 



Rôann , je donne. 
rôez , tu donnes. 
»'0 , il donne. 



rôomp , nous donnons. 
ràll , vous donnez. 
rôoñl , ils donnent. 



DU NOMBRE. 



Le verbe , conjugué au personnel , a un singulier et un pluriel. Le singulier se compose 
des trois premières personnes , et les trois dernières forment le pluriel. 

Exemples : 
R('iann , je donne. Rùomp , nous donnons. 

ru.'i , tu donnes. rnil , vous donnez, 

rô , il donne. riwñt , ils donnent 

DD TEMPS. 

Le verbe a trois temps qui font connaître le moment dans lequel l'action a lieu : ces 
temps sont le présent , le passé et le futur. 

Exemples : 

Piésenl. Passé. l'iilur. 

Roann , je donne. | Rôlz , ^c donnai. | fidinn, je donnerai. 

DU MODE. 

On exprime une action ou l'état d'une personne ou d'une chose, soit positivement, soil 
conditionnellemcnt , soil enlin indéterminément. Ces ditférentes manières de se servir du 
verbe sont appelées modes. 

Il y a quatre modes , V Impératif , Vïndlcalif , le Subjonctif et VliifiniHf. 

L'impératif marque l'action du verbe en commandant. 

Exemples : 
Rii , donne. rôil , donnez. 

rùet , qu'il donne. rveñt , qu'ils donnen'. 

rôomp , donnons. 

L'indicatif déclare , affirme l'action d'une manière directe et positive. 



3rt 



GHAMMAinP. BBETONNE. 

Exemples : 



M, 

rôé. 



tl durino. 
il donnait. 



roaz , 



il donna, 
il dunncra. 



L'action oii l'ctat (''nonce par le suhjonctif dépend de quelque autre action ou de quelque 
autre ctat eüpnmo par un verbe à l'indicalil", ou du sens de la conjonction qui le précède. 

EXKIIPLES : 



lia roinn , que je donne. 
ra iiifenn , que je doiinas> 
i- kiiinn , que je \iciiiie. 



on éuàjaln, ] '1"<^J'' vinsse. 

évit mahellinn, pour que je puisse. 



l/inlinilif représente l'action ou l'état du verbe pris dans un sens illimité , sans aucune 
considération de personne, de nombre ou de temps. 

Roi ou rfi , donner. i râel , donné. 

béza , être. bét , été. 

kana , chanter. | kanet , chanté. 

Exprimer tous les changements du verbe , le faire passer par toutes le» personnes , par 
tous los temps , par tous les modes , c'est ce qu'on appelle conjuguer. 



DES VERBiîS AUXILIAIRES. 

Les verbes auxiliaires sont ainsi appelés , parce qu'ils aident à conjuguer les autres , qui , 
par opposition , sont appelés verbes principaux. 

Les Bretons ont trois verbes auxiliaires, qui sont bcza , êtbe ; kaout , avoir, elôber, F.iiBE. 

Le verbe béza , êthk , dans sa signification originelle , exprime l'existence. Lorsqu'on 
l'emploie comme auxiliaire avec le participe d'un autre verbe , il forme ce qu'on appelle le 
verbe passif. 

Le verbe kaoul , avoiu , dans sa signification originelle, e.tprime la possession. Quand on 
l'oniploie avec un autre verbe au participe, il forme ce qu'on appelle les temps composés. 

Le verbe ôber , faire , dans sa signiCcation originelle , exprime l'action. Lorsqu'on l'em- 
ploie avec un autre verbe à l'ioflnitif , il énonce le complément ou la conGrmation de l'ac- 
tion. 

Ces trois verbes auxiliaires sont absolument irréguliers dans toutes leurs parties. 

On peut observer ici que les verbes béza, être, kaout , avoir et ôber , faire, peuvent 
quelquefois être regardés comme des verbes principaux ; on ne doit les appeler auxiliaires 
que quand ils sont employés pour marquer les temps ou pour aider dans la conjugaison des 
autres verbes. 

Je les conjuguerai donc d'abord comme verbes principaux et ensuite comme verbes 
auxiliaires. 



Conjugaison du verbe 

.MODE IMPÉR.4TIF ('). 

Béi , sois. 

bézel , qu'il , qu'elle soit. 

bézomp , soyons. 

bézil , soyez. 

bézcñt , qu'ils , quelles soient 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Ounn , je suis. 
oud , tu es. 
eo , il , elle est. 
omp , nous sommes. 
on'h , vous êtes. 
tñ( , ils , elles sont. 



béza , ÊTRE , au personnel. 

Temps passé imparfait. 

Oann , j'étais. 
oa: , tu étais. 
oa , il était. 
oamp , nous étions. 
oac h , vous étiez. 
oañt , ils étaient. 

Temps passé parfait. 

Ocnn , je fus. 
oéz , tu fus. 
oé , il fut. 
oemp , nous fûmes. 
oec h , vous fûtes. 
oeñl , ils furent. 



(*) Le mode impératif étant , en breton , le radical qui sert à former les autres modes , el tous les 
temps des verbes réguliers , je l'ai placé à la tête de toutes les conjugaisons. 

Lus verbes mandclioiix , comme les verbes bretons, ont l'impératif pour radical. Dans le françai.s 
el djns biauconp d'autres langues , on n'aurait pas de peine à reconiiaitre la même origine aux 
verbes. 



LIVRE PREMIER. 



Temps iiiliir. 

Bézinn , je serai. 
bézi , tu seras. 
bézô , il sera. 
bézimp , nous serons. 
bézul ou biol, vous serez. 
béziñl , ils seront 

Temps tonditionnel. 

Jienn, je serais ou je fusse. 

béz , tu serais ou tu fusses. 

bé , il serait oii il fût. 

bemp , nous serions ou nous fussions. 

béc'h , vous série/, ou vous fussiez. 

6eñ( , ils seraient ou ils fussent. 

Ou bien bizenn, bizez , hisé , bizemp, 
bizec''h ou bizac'h , bizeñl. 

Ou bien bijcnn , bijez , bijé , bijemp , 
bijecli ou hijacli , bijeñf. 

Ou enfin bienn , fties, feiV, bicmp, 
biec'h ou biac'h, bieñt. 



MODE SLBJONCTU. 
Temps futur (*J. 
Ita vdzinn , que je sois. 
ra v^zi, que lu sois. 
ra vézô , qu'il soit. 
ra vézimp , que nous soyons. 
ra viot, que vous soyez. 
ra véziñl , qu'ils soient. 

Temps conditionnel. 
Ra vcnn , que je fusse. 
ra véz , que tu fusses. 
ra vé , qu'il fût. 
ra vcmp , que nous fussions. 
ra vec h , que vous fussiez. 
ra vent , qu'ils fussent; 

MODE INFINITIF. 
Temps illimité. 
Béza , être. 

Participe présent.' 
véza , étant. 

Participe passé. 
Bét, été. 



Conjugaison du vcrhe béza ^ êtbe , à l'impersonnel. 



MOrE IMPÉRATIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Mé a zô , )C suis, 
le a zô , ta es. 
héñ a zô , il est. 
hi a zô , elle est. 
ni a zô , nous sommes. 
c'houi a :ô , vous êtes. 
hi a zô , ils ou elles sont. 

Temps passé imparfait. 
Mé a oa ou mé a ioa , j'étais. 
lé a oa ou té a ioa , tu étais. 
héñ ou M (**) a 00 i 
ou > 

héñ ou hi a ioa J 
n< a oa ou ni' a ioa , nous étions. 
c'houi a oa ou c'houi a ioa , vous étiez, 
/tt a oa ou ht a ioa , ils ou elles étaient. 

Temps passé parfait. 
Mé a oé, je fus. 
té a oé , tu fus. 
héñ a o(f, il fut. 



il ou elle était. 



ni a oé , nous fûmes. 
c'houi a oé , vous fûtes. 
hi a oé, ils furent. 

Temps futur. 
Mé a vézô , je serai. 
té a vézô , tu seras. 
héñ a vézô , il sera, 
ni a vézô , nous serons. 
c'houi a vézô, vous serez. 
hi a vézô , ils seront. 

Temps conditionnel. 
Mé a vé , je serais ou je fusse 
té a vé , tu serais ou lu fusses. 
hcñ a vé , il serait ou il fût. 
«1 a vé , nous serions ou nous lussions. 
c'houi a vé , vous seriez ou vous fussiez. 
hi a vé, ils seraient ou ils fussent. 

Ou bien mé a vizé , té a vizé , etc. 

Ou bien mé a vijé, té a vijé , etc. 

Ou bien mé a vie , te a vie, etc. 

MODE SIDJO.NCTIF. 

(Comme nu personnel.) 

MODE INFINITIF. 

(Comme au personnel.) 



Observations. 
Outre les deux manières, que je viens de donner , de conjuguer le verbe béza , être . il y 



(*) Ce lemps qui, au premier aspect, en français , semble désigner un présent, porte cependani 
tous les caraclèi es du futur dans la construction : // faudra qui je sois malade , si je ne tais pus 
vous voir ; n'est-ce pas comme si l'on disait: il faudra que je. serai, etc. 

('*) Je ne metlrai plus A)', qui signifie elle, à la troisième personne ; j'avertis aussi que /il', i lo 
sixième personne , signifie éi;alemcnl ils ou elles. 



•J^ t.ll \.MMAiai; Illll-IO.VNK. 

en a uiio üoisièuie ({ui cuiisiste & placer d'abord l'iiilidiiif (•) béza , après lequel on met im- 
racdialenietit la particule ^ ou ^r , qui est suivie du verbe au personnel. Exemple» : tha é: 
ounn gwiiiun , je sui^ Binci-re hwd à nidt, êt»8 jk suis snckuKJ ; béza éi oann klañv, j'élai» 
malade ( Etbe j'êtai» malauk ) ; bfza é vétiitn ijud: a zé , j'en serai |iis Èru« jk sEKai pis de 
ce). Celte f;i(;oii do conjunuer est très-lamiliere aux I.éoiinais ; mais par élisioii et pour la 
douceur de la prunoiiciatioii , ils disent béz' vz ounn, bit' éz oann, béz' é vézinn, etc. , au 
lieu de béza iz ounn , béza et oann, béia é vézinn , etc. 

I. 'infinitif béza, placé comme on vient de le voir, sert aussi à conjugcur tous les autres 
verbes , soit aetil's , passifs ou neutres. 

Uemarqucz que l'on cunjuRuc encore le verbe béza , êthe , de celte sorte, au présent de 
l'indicatif ^ bézann , je suis ; bézez , tu es ; béz , il est ; bézomp , nous sommes ; bézU , voui 
été» ; bézont , ils sont. (>u de celte façon : é ma ounn , é ma oud , é ma , é ma omp , é ma 
oc'h ^ é ma iài. Ou bien, par élision , é m' ounn, é m' oud, é ma, é m' omp, é m' oc'h , t 
m' int. Au passé imparfait , éz édounn, j'étais ; éz édoz , tu élai» ; éz édo , il était ; éz édomp , 
nous étions; éz édoc'h , vous étiez ; éz édont , ils étaient. 

Je lerai observer ici que l'inlinilif du verbe êthe s'exprime difîéremment selon les dialectes. 
On dit : béza , en Léon ; beau , en Tréguier ; béa et bout , en Cornouaille ; boul , en Vannes, 
et bod, dans le pays de ('.allés , ou fccinru , dans la Grande-ltretagne. 

J\ii suivi do préférence jusqu'ici et je continuerai à suivre le dialecte de Léon , parce que 
je 1 ai trouvé plus suscopliblo de fournir des principes réguliers ; mais lorsqu'il s'est présenté 
dans un autre dialecte des mots d'une expression plus analogue au génie de la langue , j'ai 
négligé les autres pour employer ceux-ci , ce que je ne manquerai pas de faire dans tout le 
cours de la grammaire brelounc. 



Conjugaison du verbe kaout 

MODE IMPÉRATIF 

Àz ou éz péz , aie. 

en défel , qu'il ait. 
koT ou hon bézcl , ayons. 

ho pézet , ayez. 

ho dé/ei'U , qu'ils aient. 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 

,4m ou (»1 eûz , j'ai. 
ac'h ou éc'h eùz , tu as. 

en dtûz , il a. 

hon eùz , nous avons. 

hoc'h eùz , vous avez. 

ho deùz , ils ont. 

Temps passé imparfait. 

Am ou em bôa , j'avais. 
at ou éz poa , tu avais. 
en doa, il avait. 
hor boa , nous avions. 
ho pda , vous aviez. 
hô dôa, ils avaient. 

Temps passé parfait. 

.,1m ou em boé , j'eus. 
az ou éz pôé , tu eus. 

en doé , il eut. 

hor boé , nous eûmes. 

hô poé , vous eûtes. 

ho doc, ils curent. 



AVOIR , au personnel {**}. 

Temps futur. 
-Im ou em bézô, j'aurai. 
az ou ('■; pézii , tu auras. 
en dévézô , il aura. 
hor bézô , nous aurons. 
hô pézô , vous aurez. 
hô dévézô , ils auront. 
Temps conditionnel. 
Am ou cm bé, j'aurais o« j'eusse. 
az ou éz pé, lu aurais ou tu eusses. 
en défé, il aurait ou il eût. 
hor bé , nous aurions ou nous eussions. 
hô pé , vous auriez ou vous eussiez. 
hô défé , ils auraient ou ils eussent. 
Ou bien am ou em bizé , az ou éz 
pizé, en divizé , hor bizé, ho 
pizé , hô divizé. 
Ou bien am ou embijé, az ou éz 
pijé, en divijé , hor bijé, bô pijé, 
hô divijé. 

Ou enOn am ou em béfé , éz péfé , 
en défé, hor béfé , hô péfé , hô 
défé. 

MODE SUBJONCTIF. 
Temps futur. 
Ram bézô, que j'aie. 
r'«; pézâ , que tu aies, 
r'cu dévézô , qu'il ait. 
r'hor bézô , que nous ayons. 
r'hô pézô , que vous ayez. 
r'hô dévézô , qu'ils aient. 




Temps 



'ïiivnn i^RtMiER. 



Temps conJilioiinc'l. 

U'am héfc , que j'eusse. 
l'a: péfé , que tu eusses. 
l'en dcfé-, qu'il crtt. 
l'Vior héfc ^ que nous eussions. 
r'hô pi'ft' 1 que vous eussiez. 
r'hô dcfé , qu'ils eussent. 



MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 

Kaoul , en dcvézoul ou en dévoul , avoir. 

l'arliclpe présent. 

O kaoul ou ô v^zo , ayant. 

Parti<i|>e passé. 

Jict, eu. 



Conjugaison du verbe kaout , avoir , à Vimperàonud. 

Cette conjugaison ne diffère de la précédente qu'en ce que le pronom personnel , qui 
n'est exprimé qu'une fois dans l'autre avant le verbe, l'est deux fuis immédiatement dans 
celle-ci. 



MODE IMPÉRATIF. 

(Comme au peisomicl. ) 

MODE INDICATIF. 
Tniips présent. 
Mé am ou me em eûz , j'ai. 
té ac'h ou lé éc'h cûz , tu as. 
héñ en deûz , il a. 
ni hon eùz , nous avons. 
c'houi hnc'h etiz , vous.ayea;. 
M hû deûz, ils ontl j-(^j^, j., 
Temps passé impartait. 
Mé am ou mé cm bda , j'avais. 
té az ou té éz pôa , lu avais. 
héñ en dàa , il avait, 
nf hor hùa , nous avions. 
c'houi hù péa , vous aviez. 
hi hû dôa , ils avaient. 
Temps passé parfait. 

Me am ou mé em ftdc' , j'eus.i .j ■: T, 
té az ou lé éz pôé , tu eus. 

héñ en dOé , il eut. 

ni hor bûé, nous eûmes. 

c'houi ho pôé , vous eûtes. 

hi dô ddé , ils eurent. 



Temps futur. 
Mé am ou mé em bézô , j'aurai. 
lé az ou té éz pi'zà , lu auras. 
héñ en décézô, il aura. 
ni hor bézô , nous aurons: 
c'houi hô pézô , vous aurez. 
M hô dévézô, ils auront. 
Temps conditionnel. 
Mé am ou mé em bé , j'aurais ou j'eusse. 
lé az ou té éz pé , tu aurais ou tu eusses. 
héñ en défé , il aurait ou il eût. 
nihorbé, nous aurions o« nous eussions. 
c'houi hô pe, vous auriez ou vous eussiez. 
hi hô défé, ils auraient ou ils eussent. 
Ou bien méam onméem bizé , té az ou 

lé éz pizé , héñ en divizé, etc. 
Ou bien mé am ou mé em bijé , té az 

ou lé éz pijé , etc. 
Ou enfin mé am ou mé cm béfé , té az 
ou té éz péfé , etc. 

MODE SCBJONCTIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE INFINITIF. 

( Comme au personnel. ) 



Observfttions. 

On conjugue encore le verbe /taoKt , avoir , en faisant précéder ce verbe de l'infinitif iî'.ra , 
jÊTRE. Béza commence toujours la phrase et reste invariable dans tous les temps et personnes 
où il est employé. Exemples : béza em ctir , j'ai ( mot à mot , être je a ) j ;6('ra cm t(ia , 
j'avais ( être je avait ) ; béza em bôé , j'eus (être je eut) ; ou bien par élision : béz' em eùz , 
béz' em bôa , béz' em bôé , etc. 

Le verbe kaout , avoir , est de tous les verbes le plus irrégulier , en ce qu'il ne varie ses 
terminaisons que dans les temps et jamais dans les personnes. Ce verbe n"a pas , à propre- 
ment parler, de conjugaison au personnel , mais seulement deux formes de conjugaison 
différentes ù l'impersonnel. 



mode IMPÉRATIF. 

Gra , fais. 

grael ou gréet , qu'il fasse. 

gréomp , faisons. 

gril, faites. 



Conjugaison du verbe ober , faire , au personnel. 

graeñt ou gréent, qu'ils fassent. 
mode indicatif. 
Temps passé. 
liann (') , je fais. 



(') Comme on omet \e g , pour la douceur de la |>rononcialinn, après la particule a ou é , qui , tu 
lonstruelion , précède cssenliellemenl le vcrlie , et après ra , signe du sulijonclif.je l'ai aussi omi.<i 
dans la conjugaison. On disait primitivement ^((«r(T«« , oie. , dont la racine est gour , homme , d'où 
^oKrait , femme, maintenant conlraclé en ^'('i. 11. V. 

5 



i^ (WIAMMAIÜE 

rèt , tu taiii. 
ra , il Tail. 
réomp , iiuua fuiiion'*. 
ril , vuuü fuite:). 
reoñ< , iU fuiit. 

'J>ui|>i paisé luiparrail. 
Réann , je faisais, 
ri^ez , tu faisais. 
ria , il faisait. 
réamp , nous faisions. 
réach , vuus faisiez. 
réañl , ils faisaient. 

Ou bieo renn , rex , ré , r<»np , tec'A , 
refit. 

Temps passé parfait. 
Ri: , je fis. 

rézoud ou réjoud , (u fls. 
réaz , il fit. 

rézomp ou n'jomp , nous fîmes, 
re'zot ou rcjoJ , vous files. 
résont ou ryoñj , ils firent. 

Temps futur. 
Rinn , je ferai. 
ri , tu feras. 
raiô ou rot , il fera. 
raimp , nous ferons. 
réot , vous ferez, 
taiñt j ils feront. 

Temps condilionnel 
Raen , je ferais ou je fisse. 
raez , tu ferais ou tu fisses, 
rac', il ferait ou il fit. 
raemp , nous ferions ou nous fissions. 



JjnETONJVF.. 

raec'hon raac'h, vous feriez ou vous fissiez. 
racñ( , ils feraient ou il» fissent. 

Ou bien rurfnn , razez , raxé , ra 

zemp , razec'h ou razac^h, ruzeñt. 

Ou bien rujenn , rajez , rajé , rajemp, 

rajec^h ou rajac'h, rajeñl. 
Ou enfin rafenn , ro/«J , ra/i? , raftmp, 
rafcc'h ou rafac'h , rafeñt. 

MODE SCBJONCTir. 
Temps futur. 
Tîa rinn , que je fasse. 

ra ri , que tu fasses. 
ra raiù ou rai , qu'il fasse. 
la raiinp , que nous fassions. 
ra rcul , que vous fassiez. 
ra raiñl , qu'ils fassent. 

Temps condilionnel. 
Ra raenn , que je fisse. 
ra raez , que tu fisses. 
ra rac , qu'il fit. 
ra raemp, que nous fissions. 
ra race h , que vous fissiez. 
ra raeñl , qu'ils fissent. 

HODB INFINITIF. 
Temps illimité. 
Ohcr , faire. 

Participe présent. 
Oc'h ober , faisant. 

Participe passé. 
Créât ou gret , fait. 



Conjugaison du verbe ôber , 



MODE IMPÉRATIF. 

( Comme au personnel. ) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
ilé a ra , je fais. 
té a ra , tu fais. 
héñ a ra , il fait. 
ni a ra , nous faisons. 
t'houi a ra , vous faites, 
/il ou hiñt a ra , ils font. 

Temps passé imparfait. 
Mé a réa, je faisais. 
té a réa, tu faisais. 
héñ a réa , il faisait. 
ni a réa , nous faisions, 
e'/ioui a réa, vous faisiez, 
/it a réa, ils faisaient. 

Temps passé parfait. 
Mé a réaz , je fis. 
té a réaz, tu fis. 
héñ a réaz , il fit. 
ni a rcaz , nous fîmes. 
c'houi a réaz , vous fîtes. 
hi a réaz , ils firent. 



FAiBE , à l'impersonnel. 

Temps futur. 

Mé a raiô ou rai , je ferai. 
té a raiù ou rai, tu feras. 
hén a raiô ou rai , il fera. 
n« o raid ou rai , nous ferons. 
c'Aoui a raiô ou rai , vous ferez. 
hi a raiô ou rai , ils feront. 

Temps conditionnel. 

Mé a rac , je ferais ou je fisse. 

lé a rac , tu ferais ou tu fisses. 

hén a raé , il ferait ou il fit. 

ni a raé , nous ferions ou nous fissions. 

c'houi a raé , vous feriez ou vous fissiez. 

hi a raé , ils feraient ou ils fissent. 

Ou bien mé a razé, té a razé , hén a 

razé , etc. 
Ou bien mé a rajé , ti a rajé , etc 
Ou enfin me a rafé, lé a rafé , etc. 

MODE SUBJONCTIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE INFINITIF. 

( Comme au personnel. ) 



LIVRE PREMIER. 



5« 



On conjugue aussi le verbe ûber , faire, en faisant précéder ce verbe de l'inflnilir béza , 
fttBE , qui reste invariable dans tous les temps et personnes où il e&t employé. Après béza, 
on met immédiatement la particule é, qui est suivie du verbe au personnel. Exemples : 
béza é rann , je fais (mot à mot , être je fais) ; béza é réa, il faisait; béza é rétomp , nous 
fîmes ; béza é réot , vous ferez ; béza é rafeñl, ils feraient; ou bien, par élisioa : béz' é rann , 
héz^ é réa, béz' é rézomp , béz'' é réul , hcz' é rafatt, etc. 

On conjugue encore ce verbe d'une autre manière ; c'est en répétant ou en doublant le 
verbe lui-même , c'est-à-dire , en faisant précéder les temps et les personnes du mode indica- 
tif, de l'infinitif du même verbe libcr, qui reste immuable. Après fibcr, on met immédiate- 
ment la particule a , qui est suivie du verbe au personnel. Exemples : liher a rann, je fiis 
( mot à mot , faire je fais); ôber a récz , tu faisais; 6her a réaz , il lit, etc. 

Du verbe béza , être , comme auxiliaire. 

Le verbe fi^za , considéré comme auxiliaire, sert à former les verbes que j'ai désigriés 
sous le nom de verbes passifs. Pour conjuguer un verbe principal au passif, on prend de ce 
verbe le participe passé , qui, en tous les modes, temps et personnes, reste invariable , soit 
qu'on le place avant ou après le verbe auxiliaire. 

Le participe passé du verbe principal se place avant le verbe auxiliaire béza , lorsque ce 
dernier se conjugue au personnel; il se place après le verbe auxiliaire , lorsque celui-ci se 
conjugue à l'impersonnel. 

On remarquera que le participe du verbe principal ne précède , même au personnel , que 
les temps du mode indicatif du verbe auxiliaire. 

On notera enfin que tous les temps du mode indicatif, le présent excepté, prennent la par 
licule é, qui suit immédiatement le participe du verbe principal. 



Conjugaison [*) du verbe beza , 

MODE IMPÉRATIF. 

Béz karel, sois aimé. 
bézel karel, qu'il soit aimé. 
bézomp karet , soyons aimés, 
fcciit /corc(, soyez aimés. 
bézeñl karel, qu'ils soient aimés. 

MODE INDICATIF. 
Temps présent. 
Kared ounn , je suis aimé. 
karcd oud, tu es aimé. 
kared eo, il est aimé. 
kared omp , nous sommes aiméd. 
karcd oc'h, vous êtes aimés. 
kared inl, ils sont aimés. 

Temps passé imparfait. 
Kared é oann , j'étais aimé. 
kared é oaz, tu élais aimé. 
kared ^ oa , il était aimé. 
karcd é oamp, nous étions aimés. 
kared é oac h , vous étiez aimés. 
kared é oañl, ils étaient aimés. 

Temps passé parfait. 
h'ared é oenn , je fus aimé. 
Icarcd é oéz , tu fus aimé, etc. 



ÊTRE, comme auxiliaire , au personnel. 

^Voyez le verbe béza, conjugué comme verbe 
principal , au personnel. ) 
Temps futur. 
Kared é vézinn, je serai aimé. 
kared é vézi, tu seras aimé, etc. 

Temps conditionnel. 
Kared é venu, je serais aimé. 
kared évéz, tu serais aimé, etc. 

MODE SUBJONCTIF. 

Temps fulur. 
Ra vézinn karel, que je sois aimé. 
ra vézi karel , que tu sois aimé , etc. 

Temps condilionnel. 
Ra venn karel , que je fusse aimé. 
ra véz karel , que tu fusses aimé, etc. 

MODE INFINITIF. 
Temps illimité. 
Béza karet , être aimé. 

Particij)e présent. 
O véza karel, étant aimé. 

Participe passé. 
Bel karel , été aimé. 



Conjugaison du verbe béza, être, comme auxiliaire , à l'impersonnel 

MODE IMPÉRATIF. I MODE INDICATIF. 

(Comme a» personnel ). m . „ . ■^ '^?"^'' '""■''"'"• 

' ' l JUc a zo karet , je suis aimo. 



(*) Cette conjugaison peut servir de modèle pour tous les verlie; pas 



36 eiLoniA.niE 

•r«sifA#M< I» •* «1«!' 

mimzikz • -m^aimés- 

r'JUai « tj hmrn . .i-u» ft« aiBés. 
à» m si ilüit , ks SMil ain«^. 

Tcaip* passé iapirfi:: 
Mé « Mi karti , f rUis aimc- 
lc 4 AI ttrti, lu eUis ùme, c:.. 

frimeifml , é nmftTsemmel > 
Tea}>s passé pariait. 
Jfr • mi hêrti , je [as aime. 



■»rTO>\E. 

le « «> torrf , la f«s aimr , Ht. 

Tcvp* falar. 
Ur a Da<! i«rr< , j« «erai aine 
.r a rc±i i«>Y(, tu ttrunrnè , eu 

TciBpt caodiUaatK-L 
}fi a rt karri, je serai» aimé 
;. 3 Tt kar€l , tn serais aune . etc 

■0»t SCWOM-nF. 

, Obbc aa penatmel ' - 

■MK UUT-MIir- 

. C iBoat an persnnoel /. 



r>k rerbf kaont . atoo , (vaMM 



v.iae aaxuiaire . sert à foroker ce qu'on appelle les teiMfis 
:> temp» composes d'en xerbe pHocipal , on prend de ce 
:-: tCDJODrs îmmDable , soil qu'on le place avant en après le 



Le > 

cùBpesL- 

vetbie îr 

verbe aui...— _-;. 

Le participe passé dn verbe principal se place avant le Terbe aasiliaire luumt , lorsqoe ce 
demief se ccinjQgoe an personoel ; il se püùee après le verbe aaxilûire , lorsque oelsi-et se 
coBJvgae à rimpersonnel. 

fftMJvf aù<a (*} in rcrit taoBt , a¥«b , c«aiai« aitriüùrt , «a perMiuul 

Teaps fatsr. 
Knrtë en iisi , faarai aàmté- 
iarti c: pèzo, ta anras aimé, elc. 

Tea^ eaadiLÑknnd. 
Eerfi m hé , famnie eiasé. 
tard li pi , ta «erais aime , eic. 

■ODE STBJOCnr. 

Te«ps f star. 
R'am hizô barri , qne fate aime. 
r'az piz-j Itartt, qne bi aies aiaic , etc. 

Temps («BcKtieoQel. 
Ram Ifft karet , que j'eusse aimé. 
r'azpéft karti. que tn eussei aimé ,etc. 

■(H>E IM'LMIU. 

Temps lUimilé. 
Bêza iartt, avoir aimé. 

Psticipe |w«sem. 
O reza iartt , ayant aimé. 

ParlJcipe passé. 
B:i iarct. eu 



n «'y a point dlmpéntif an r— -^=- ■•- 
vobe tmomtj parce qœ l'imper 
tj>s)oiirs une acâon , elc , qui l - 
Gwepkssèe, tandis que ce caœp.ir ccriç-e 
■■e adioa , etc. , qui est acconplie. 

■OSE rsBtCAxa. 
Temps présent. 
^areâ em 9és , f ai aimé. 
tarti ër'h riz , tu as aimé. 
kÊTtd f* ieis , il a aimé. 
tarti AoB riz , wsms avons aimé. 
karrâ ^•r'fceâs, toos aves «om^ 
imrei ki deû, fis Mit aimé. 
Ten^ passé iaipvfzit. 
Fcrr^ tm iôm , j'avais aimé. 
iartd és^M, tu avais aimé^ etc. 
i Ftyes le rer^ kaout, eo^ugué romeme rerfte 
p r imâfal , a p e nov teL ) 
Temps passé parSûl. 
lL2re4 tm Me', j'ess aimé. 
kartë c fâé, tn eus aÏEsé , et : 



Camgmgmttm im rrrbe kaoBi , «vois , ameme auxUiairr , à Fimpertoiutel. 

E n'ja point de mode impératif. ] c'Aon TuK'k eiz iard, tous avez aime 

ki ko ieû: imrtt, us ont aimé. 
TeBfs passé îfjilaîl . 
Mt em hô» iartt , j'avais aine. 
u iz fôa hartt, tn avais aimé, etc. 
Toyts U vtrie bont, emjugmé comme rrrir 
pi-inf^l , « Tmftnem»cl. ' 



Teaqis prëseot. 
Mi cm riz kmrH, fâ aimé, 
te éck risharti, tn as aimé. 
hài ai étés faret, 3 a aimé. 
■î ima ri: iartt , sons avons aimé. 



DCeOecaaï^aisinpeat senîr de wmliSe ponr les teaips composés de Uns les verbes. 



Temps pasië parfait. 

iîé tm bôékarel, j'eus aimé. 
té éz poé karel, tu eus aimé , etc. 

Temps futur. 

ñJéem bézô karet , j'aurai aimé. 
U'ézpézôkaret, tu auras aimé, etc. 



LIVRE PREMIER. 

Temps conditionnel. 
if/« em bé karel, j'aurais aimé. 
léézpi karet, la aurais aimé, etc. 

MODE SCBJO>CTIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE rsnvmp. 
(Comme au personnel.) 



Du verbe ober, fube, comme auxiliaire. 
Le verbe ôber , considéré comme ausiliaire , sert à confirmer l'action ou l'état énoncé pat 
le verbe principal. Cet auxiliaire accompagne les verbes actifs et les verbes neutres. 

Pour conjuguer ainsi un verbe principal , on prend de ce verbe l'inGnilif , qui reste tou- 
jours immuable. Après cet infinitif, on met immédiatement la particule a , suivie du verbe- 
ôber, qui se conjugue au personnel seulement. 

Le verbe ôber , employé comme auxiliaire , n'a que les temps du mode indicatif. Les mod«> 
impératif, subjonctif et infinitif suivent la conjugaison du verbe principal, au personnel. 
f Voyez plus loin la conjugaison des verbes actifs et des verbes neutres réguliers. 
Conjugaison du verbe ôber, faibe, comme auxiliaire. 

Voyez le verbe ôber , conjugué comme verbe 



MODE WDICATlr. 

Temps présent. 

Karoud '] a rann , j'aime. 
karoud a réz , tu aimes. 
karoud a ra , il aime. 
karoud a réomp , nous aimons. 
karoud a rit , vous aimez. 
karoud a réoñt , ils aiment. 

Temps passé imparfait. 

Karoud a réann, j'aimais. 
karoud a réez , tu aimais , etc. 



principal ou personnel. 
Temps passé parfait. 
Karoud a riz , j'aimai. 
karoud a rézoud, tu aimas , etc. 
Temps futur. 

Karoud a rinn , j'aimerai, 
^'arouti a K , tu aimeras , etc. 
Temps conditionnel. 
Karoud a rafenn , j'aimerais. 
karoud a rafez , tu aimerais , etc. 



Des Verbes principaux. 

Les verbes principaux se divisent , comme je l'ai dit plus haut, en verbes actifs , en verbes 
passifs et en verbes neutres. 

Comme j"ai déjà donné la manière de conjuguer les verbes passifs , en traitant du verbe 
auxiliaire béza "• , je me contenterai , dans cet article , de présenter les verbes actifs et les 
verbes neutres à l'analyse de la conjugaison. 

Avant de conjuguer un verbe, il est nécessaire de remarquer que quelques-uns sont régu- 
liers , et d'autres irréguliers. 

Il n'y a qu'une classe de verbes réguliers en breton , et la conjugaison d'un de ces verbes 
peut servir d'exemple pour tous les autres. Quant aux irréguliers , je les ai rangés dars une 
liste alphabétique qui montre assez clairement leur déviation de la manière de conjuguer les 
verbes réguliers. 

De la formation des temps des Verbes principaux actifs et neutres , au personnel. 

Tous les temps des verbes principaux, au personnel, se forment de la seconde personne 
de l'impératif , qui est en même temps , dans tous les verbes réguliers , le substantif radical , 
principe de l'action ou de l'état du verbe. 

De Kdn (***) , chaste , on forme : 

1' Le temps présent du mode indicatif, en ajoutant ann. Exemple: ka> ann, je chante. 



(*) Celle manière de conjuguer est particulière à la langue bretonne ; elle lui est. en même temps, 
d'un usage très-ordinaire, puisque tous les \erbes actifs et neutres sont susceptibles de prendre 
l'auxiliaire ôber. Karoud a rann , sii;nifie mot à mot en français , aimir js f>is , etc. 

(»*)i\. B. La conjugaison des verbes passifs , aumojen de cet auxiliaire, n'est pourtant pas la seule; 
ils se forment régulièrement en ajoutant à la racine du verbe conjugué à l'impersonnel , 1" an présent 
de l'indicatif, er. Ex.: »t a cinfr.je suis aimé, etc. 2 à l'imparfait et au parfait , ed.Ex. : «t * 
«»a ed , j'étais ou je fus aimé , etc. 3° au futur , or. E\. : mS a car or , je serai aimé , etc. l" au condi- 
tionnel, fed. Ex. : ur. a cutijed, jeserais aimé, etc. 5 à l'infinitif, ideur Ex. : Karideur, cire aimé. H. \. 

(*•*) Kàn , considéré comme substantif, sijniBe chaxt. C'est ainsi que dibab , choisis , seconde per- 
sonne de l'impératif, signifie en même temps chou. 



38 GRAMMAinE BRETONNE. 

2, Le temps passé impaiTail du mode indicatif, en ajoutant enn. Exemple : Kii enu , je 
chantais. 

3' Le temps passé parfait du mode indicatif, en ajoutant iz. Exemple : kan iz , y; chantai. 

4' Le temps futur du mode indicatif, en ujimiant mn. Exemple : kam inn, je chanterai. 

5u Le temps conditionnel du mode indicatif, en ajoutant /Win , zenn ou jenn. E\i;mple : »a:i 
l'enn , kan if nn , kan jenn , je chanterais. 

G' Le teni|)S illimité du mode inlinitif , en ajoutant u. (*) Exemple : ban a , chanter. 

7' Le participe passe , en ajoutant et. Exemple : kan cl, chanté. 
Obnervations. 

Les temps du mode subjonctif n'étant que la ré|)étilion des temps du mode indicatif précé- 
dés de la particule ra , |)euveiit et doivent être regardés comme formés de l'impératif. On 
observera seulement (jue U particule ra , signe du subjonctif, fait changer la lettre initiale 
miiaJjle de forte en faible. Exemple : ra ganiiin, que je chante, pour le fulur; ra ganfenn , 
que je chantasse , pour le conditionnel. 

Un remarquera que l'inûnitif n'est pas toujours terminé eu a i il se termine encore en i , 
comme meul j, louer, donnerdcs louanges , uwAtc'Hi, laver , etc. ; en out ('*), comme kar 
oui , aimer , kav oui , trouver , etc. ; en cl , comme sév cl , lever , henv el , nommer , etc. ; 
en al, comme pella al, éloigner, laka al , mettre , etc. Je ferai observer que les deux 
dernières terminaisons appartiennent particulièrement aux verbes irréguliers , dont je vais 
parler incessamment. 

Quant au participe présent, il ne diffère de l'inûnitif que parce qu'il est précédé de la par- 
ticule 0. Exemple : d kana , chantant. 

Conjugaison d'un verbe actif, au personnel. 



MODE lUPËRATIF. 

A' (in , chante. 
kancl , qu'il chante. 
kanomp , chantons. 
kanil , chantez. 
kaneñt , qu'ils chantent. 

MODE IKDIC.ITIF. 

Temps préseul. 
Kanann, je chante. 
kanez , tu chantes. 
kdn, il chante. 
kanomp , nous chantons. 
kanit{"^] , vous chantez. 
katioñl , ils chantent. 

Temps passé imparfail. 
Kancnn , je chantais. 
kancz , tu chantais. 
kané , il chantait. 
kanemp , nous chantions. 
kanec h ou kanac'h, vous chantiez. 
kaneñl , ils chantaient. 

Temps passé parfait. 
Kaniz , je chantai. 
hanzoud ou kanjotid, tu chantas. 
kanaz , il chanta. 

kanzomp ou kanjomp , nous chantâmes 
kanzoï ou kanjol, vous chantâtes. 
kanzoñl ou kanjoñl , ils chantèrent. 

Temps futur. 
Kaninn , je chanterai. 
kani , lu chanteras. 
kanô , il chantera. 
kanimp , nous chanterons. 
kanol , vous chanterez. 
kaiiiñt , ils chanteront. 



Temps conditionnel. 
Kanfenn , je chanterais. 
kanfez , tu chanterais. 
kanfc , il chanterait. 
kanfemp , nous chanterions. 
kanfec'h ou kanfac'h , vous chanteriez. 
kanftñt, ils chanteraient. 
Ou bien kanzenn , kanzez , kanzé, kan- 
zemp , kanzech ou kanzac'h, kanzeñl. 
Ou enûn kaytjenn , kanjez, kanjé , kan- 
jemp , kanjcc'h on hanjac'h , kanjeñl. 
MODE Subjonctif. 
Temps futur. 
Raganinn, que je chante. 
ra gani , que tu chantes. 
ra ganô , qu'il chante. 
ra ganimp , que nous chantions. 
ra ganol , que vous chantiez 
ra ganiñl , qu'ils chantent. 

Temps conditionnel. 
Ra ganfenn , que je chantasse. 
ra ganfez , que tu chantasses, 
ra ganfé , qu'il chantât. 
ra ganfeinp , que nous chantassions. 
ra ganfec'h j 

ou j que vous chantassiez. 

ra ganfac'h ) 
ra ganfeñl , qu'ils chantassent. 

MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 
Kana , chanter. 

Participe présent. 
O kana, chantant. 

Participe passé. 
Kanet, chanté. 



(*i Anciennement o//. Dans le dialecte de Tréguier , an , dans celui de Vannes , ein. H. V. 
(*') El pai' abus en et. II. V. 

(*"') I) Le Pelletier remarque (Dict, préf. p. 14) qu'on dit aussi kanouc'h ou kanoc'li, ce qui est plus 
réf^nlier , il en est de mèmee» Galles. 11. V. 



Livnr, PREMir.R. 



39 



Conjugaison d'un vcriie neutre , au persotinel. 

MODE EUPÉBATIF. 



Dalé (*) , larde. 
dalcet , qu'il tarde. 
daUomp , tardons. 
daléit , tardez. 
dalécñl , qu'ils tardent. 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 

Daîéann, je tarde. 
daléez , tu tardes. 
dalè , il tarde. 
daléomp, nous tardons. 
daléit, vous tardez. 
daléoñt , ils tardent. 

Temps passé imparfait. 

Daléenn, je tardais. 
daléez , tu tardais. 
daléé , il tardait. 
daléemp , nous tardions. 
daléec h , vous tardiez. 
daléefU , ils tardaient. 

Temps passé parfait. 

Daléiz , je tardai. 

dalézoud ou daléjoud , tu tardas. 

daléaz , il tarda. 

dalézomp ou dniéjomp, nous tardâmes. 

dalézot ou daléjot , vous tardâtes. 

dalézoñt ou daléjoñt , ils tardèrent. 

Temps futur. 

üaléinn , je tarderai. 
daléi , tu larderas. 
daléô , il tardera. 
daléimp , nous tarderons. 
daléol , vous tarderez. 
daJ^iñf, ils tarderont. 



Temps conJilioDiiel. 
Daléfenn , je larderais. 
dah'fez , tu tarderais. 
daléfé, il tarderait. 
daléfemp, nous larderions. 
daléfec'h ou dah'fac'h , vous tarderiez. 
daltfeñl , ils t,Trderaient. 

Ou bien dalézenn , dalézez , dalézé , 

dalézemp , dalézec'h ou dalézac'h , 

dalézeñl. 

Ou cnOn daléjenn , dah'jez , daléjé , 
daléjemp, daléjec'h ou daléjac'h , d<i- 
léjeñl. 

MODE SCBJONCnF. 
Temps fulur. 
Ra zaléinn , que je tarde, 
ra zaléi, que tu lardes. 
ra zaléâ , qu'il tarde. 
ra zaléinip , que nous tardions. 
ra zaléol , que vous tardiez, 
ra zaléiñl, qu'ils tardent. 

Temps conditionnel. 
Ra zaléfenn, que je tardasse. 
ra zaléfcz , que tu tardasses. 
ra zalcfé , qu'il tardât. 
ra zaléfemp , que nous tardassions. 
ra zaléfec h "j 

ou \ que vous tardassiez. 
ra zaléfac'h ) 
ra zaléfcñt , qu'ils tardassent. 

MODE INFIMTIF. 

Temps illimité. 
Daléa {**), tarder. 

Participe présent. 
O taléa, tardant. 

Participe passé. 
Daléct , tardé. 



lie la formation des temps des Verbes principaux , Actifs et Neutres , à l'impersonnel. 

On conjugue les verbes principaux , à l'impersonnel, en prenant de chaque temps du mode 
indicatif, dans les verbes personnels, la troisième personne du singulier, que l'on fait précé- 
der d'un des pronoms personnels et de la particule a. 

On remarquera que la particule ofait changer la lettre initiale qui la suit de forte en faible. 

Tous les temps des verbes principaux , à l'impersonnel, se forment régulièrement de la 
seconde personne de l'impératif, ainsi qu'il suit : 

De /l'an , chante , on forme : 

1° Le temps présent du mode indicatif , sans rien changer à la terminaison du radical , mais 
seulement en le faisant précéder du pronom personnel et de la particule a. Exemple : mê a 
gdn , je chante. 



{*) Cette conjugaison peut aussi servir d'exemple pour tous les verbes réguliers dont le radical e>l 
terminé par une \ojelle. 

(**) On dit aussi ttali'oul et daU'i ; ils sont réguliers l'un et l'autre , selon les dialectes. On dit en- 
core, mais par abus, da/e. 



4o cuAMMAinr nnnTONNE. 

2" Le lemps passi; imp;irrait, cn ajoutant é. KxcoiplL- : mé a can é . jc chaolais. 
3' Le lcin|>s passé parlait , cn .ijoutaiit ui. Exemple : nté a ga.n a: , je tliantai. 
4" Le temps futur, en ajoutant o. Exemple : mé a can ô , je chanterai. 
S" Le temps conditionnel, cn ajoutant fc , zé ou je. Exemple : mé a ma fé , mé a uam zé ou 
mé a OAN je, je chanterais. 

Les autres modes et temps se forment et se conjuguent comme au personnel. 

Conjugaison (Tun verbe actif, à l'impersonnel. 

MODE lUI-ËHArll''. 



(Comme au personnel.) 

UODE INDICATIF. 

Temps présent. 

Mé a gdn , je chante. 
té a gdn , lu chantes. 
héñ a gdn , il cliante. 
ni a gdn , nous chantons. 
c'houi a gdn, vous chantez. 
hi ou hiñi a gdn, ils chantent. 

Temps passé iiuparfail. 

Mé a gané , je chantais. 
té a gané , tu chantais. 
héñ a gané , il chantait. 
tii a gané , nous chantions. 
c'houi a gané , vous chantiez. 
hi a gané , ils chantaient. 

Temps passé parfait. 

Mé a ganaz , je chantai- 
té a ganaz , tu chantas. 
héñ a ganaz , il chanta. 
ni a ganaz , nous chantâmes. 



(•'houi a ganaz , vous chanlûles. 
lu a ganaz , ils chantèrent. 

Temps futur. 

Mé a ganô , je chanterai. 
lé a gani'i , tu chanteras. 
héñ a ganô , il chantera, 
ni a gano , nous chanterons. 
c'houi a ganô , vous chanterez. 
hi a ganô , ils chanteront. 

Temps conditionnel. 
Mé a ganfé , je chanterais. 
lé a ganfé , tu chanterais. 
héñ a ganfé , il chanterait. 
ni a ganfé , nous chanterions. 
c'houi a ganfé , vous chanteriez. 
hi a ganfé ^ ils chanteraient. 

Ou bien mé a ganzé , lé a ganzé , etc. 

Ou enOn mé a ganjé , té a ganjé , etc. 

MODE SUBJONCTIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE L>'FI>'IT1F. 

(Comme au personnel.) 



Conjugaison d'un verbe neutre , à l'impersonnel 

MODE IMPÉRATIF. 

(Comme au personnel.) 



MODE INDICiTIF. 

Temps présent. 
Mé a zalé , je larde. 
lé a zalé , tu tardes. 
héñ a zalé , il tarde. 
7u a zalé , nous tardons. 
c'houi a zalé, vous tardez. 
hi ou hiñt a zalé , ils tardent. 
Temps passé imparfait. 
Mé a zaléé, je tardais. 
lé a zaléé , tu lardais. 
héñ a zaléé, il lardait. 
71} a zaléé , nous lardions. 
c'houi a zaléé, vous lardiez. 
hi a zaléé , ils tardaient. 

Temps passé parfait. 
Me a zaléaz , je tardai. 
lé a zaléaz , lu lardas. 
héñ a zaléaz , il tarda. 
ni a zaléaz , nous tardâmes. 



c'houi a zaléaz , vous tardâtes. 

hi a zaléaz , ils tardèrent. 
Temps futur. 

Mé a zaléô , je tarderai. 

té a zaléù , tu tarderas. 

héñ a zaléô , il tardera. 

ni a zaléô , nous tarderons. 

c'houi a zaléô , vous tarderez. 

hi a saléô , ils tarderont. 
Temps conditionnel. 

Mé a zaléfé ,\e. tarderais. 

lé a zaléfé , lu tarderais. 

héñ a zaléfé, il tarderait. 

ni a zaléfé, nous larderions. 

c'houi a zaléfé , vous tarderiez. 

hi a zaléfé, ils tarderaient. 

Ou bien mé a zalézé , té a zalézé 
Ou enfin mé a zaléjé , té a zaléjé , 

MODE SOBJCNCTlr. 

(Comme au personnel. ) 

MODE INFINITIF. 

(Comme au personnel.) 



, etc. 
etc. 



Observal'tons. 
On conjugue aussi les verbes actifs et neutre; en les faisant précéder de l'iDÛnilif 



béza , 

ÈTRK 



LIVRE PREMIER. 4' 

ÊTRE, qui reste invariable dans tous les temps et personnes où il est employé. Après bé:a , 
on met immédiatcmcnl la particule c ou dz , qui est suivie du verbe principal au personnel. 
Exemple : bcza é kanann , je cliante (mot à mot être je chante) , béza é laléann , je tarile ; 
béza c Icané, il chantait ; béza é talée , il tardait ; béza é kanot , vous chanterez ; bésa é taléot . 
vous tarderez , etc. 

On conjugue encore les verbes actifs et neutres d'une autre manière , c'est en prenant de 
ces verbes l'infinitif seulement , qui reste toujours immuable. Après cet infinitif, on met im- 
médiatement la particule a, qui est suivie <lu verbe ôftcr, faire , conjugué au personnel. 
Exemple : kana a rann , je chante (motà mot , chanter je fais) ; daléa a rann , je tarde ; Avi- 
na a remp , nous chantions ; daU'a a rcnip , nous tardions ; kana a réaz , il chanta ; daléa a 
réaz , il tarda , etc. {Yoyes le verbe ôber, faire , employé comme auxiliaire. ) 

Des verbes Irréguliers. 

Il y a quelques verbes qui ne suivent pas la règle ordinaire des conjugaisons , et pour i c 
sujet on les appelle verbes irréguliers. Les uns s'éloignent de la règle générale dans plu- 
sieurs de leurs temps; les autres n'éprouvent d'irrégularités que dans le temps illimité du 
mode infinitif. L'irrégularité des premiers est due probablement à l'usage fréquent dont ils 
sont dans le discours. Je conjuguerai de ces verbes tous les temps irréguliers. Quant aux se- 
conds , je me contenterai d'en donner une liste , qui montrera au premier coup d'œil l'impé- 
ratif ou radical, la première personne du temps présent de l'indicatif , et l'infinitif , avec 
la traduction en français. 



Conjugaison des verbes 
Du verbe 

UODE IMPÉRATIF. 

Kéa ou lié, va. 

Aet , éat ou éet , qu'il aille. 

déomp , allons. 

kit ou {( , allez. 

aeñt, éañt ou écñt, qu'ils aillent. 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 

Ànn {') , je vais. 

éz , tu vas. 

o, il va. 

éomp , nous allons. 

il , vous allez. 

éoñl, ils vont. 

Temps passé imi>arfait. 
Êenn , j'allais. 
éez , tu allais. 
éc, il allait. 
éemp , nous allions. 
éec'h , vous alliez. 
éeñl , ils allaient. 

Temps passé parfait. 
/2 , j'allai. 

ézoud ou éjoud , tu allas. 
éaz , il alla. 

ézomp ou éjomp , nous allñmes. 
ézol ou éjol , vous allñtes. 
éioñi ou éioñl, ils allèrent. 

Temps futur. 
Inn , J'irai. 
i , tu iras. 
aiô ou ai, il ira. 



Irréguliers dan» plusieurs de leurs temps. 
moût, ALLER, au personnel. 

aimp, nous irons. 
éol , vous irez. 
aine, ils iront. 

Temps conditionnel. 
Afenn, j'irais. 
a fez , tu irais. 
afé , il irait. 
afemp , nous irions. 
afec'h on afac'h, vous iriez. 
afcñl , ils iraient. 

Ou bien azenn, azez , etc. 

Ou enfin ajcn», ajes , etc. 

MODE SUBJONCTIF. 

Temps futur. 

Ra'z {") inn , que j'aille. 
ra'z i , que tu ailles , etc. 

(Voyez le temps futur du mode indicatif J 

Temps conditionnel. 

fla'z afen , que j'allasse. 
ra'z a fez , que tu allasses , etc. 
(Voyez le temps conditionnel du mode indicauf 

MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 
Mont , aller. 

Participe présent. 
O vont , allant. 

Participe passO. 
Èal, éel ou et , allé. 



(*) Ce verbe est toujours précédé de la particule tis , dans tous tes temps , excepté à l'iiupéralir cl » 
l'infinif; mais j'ai été bien aise de le présenter sous sa forme primitive. 
(**)Z, précédé (l'une apostrophe, est ici pour M, particule inséparable de ce verbe. 



GllAMMAIHE BRETONNE. 



ConjugaiiOH du verbe mont, *li.eb , à l'impersonnel 
MODK ihi>ébàtif. 
(Cumule au persoiini'l ]. 
UUUE IMÜICATIF. 



'rt'iu()s [iréscnt. 
Me a ia , je vais. 
lé a ia, tu va». 
hm a ta , il va. 
NI a ia , nous alluns. 
c'huui a ia , vuus allez. 
ht ou hiñl a ia , ils vont. 

Temps passé imparfait. 
nié a ie'a , j'allais. 
h' a iéa , tu allais , etc. 

Ou bien mé a ié , lé a ié , etc. 



Temps passé parfait. 
nié a iéaz , j'allai. 
lé a iéaz , tu allas , etc. 
Temps futur. 
Méa iélâ , j'irai. 
lé a iélû , tu iras , etc. 

Temps conditionnel. 
Mé a iafé , j'irais. 
11? a iafé , tu irais. 
Ou bien mé a iazé , lé a iacé, etc. 
Ou enfin mé a iajé , lé a iajé , etc. 

UODE SUBJONCTIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE WFIMTIF. 

(Comme au personnel.) 
Observaliont. 



On conjugue aussi le verbe mont , alleb ,en le faisant précéder de l'infinitif bé:a cl de la 
particule éz. Exemple : béza éz ann, je vais ; béza éz éec'h , vous alliez ; béza éz ezomp, nous 
allâmes ; béza éz i , tu iras , etc. 

On conjugue encore le verbe mou' en ne prenant de ce verbe que l'infinitif, qui est suIti 
de la particule a, et des temps du verbe ôber , au personnel. Exemple : moñd a rann , i>: 
vais ; mond a réa , il allait ; mond a rczot, vous allâtes ; moñd a rinn , j'irai , etc. ( Voyez It 
verbe ôber, F.tiRE , employé comme auxiliaire.) 

Le verbe moiu employé avec la négation nékét, ke p.is , prend par euphonie un d devant 
chacun de ses temps. Exemple • né d-ann kél, je ne vais pas ; ne d-inn kél , je n'irai pas ; ne 
à-afenn kél, je n'irais pas, etc. 



Conjugaison du verbe dont, 

MODE lUPËBATIF. 

Ueùz (*) , viens. 
deùel , qu'il vienne. 
deùomp , venons. 
deiiit , venez. 
deùeñl , qu'ils viennent. 

MODE LNDICITIF. 

Temps présent. 
Deùann , je viens. 
deûez , tu viens. 
deù , il vient. 

( Tout ce temps est régulier.) 
Temps passé imparfait, 
Dcùenn , je venais. 
déliez, tu venais , etc. 

en est régulier.J 
Temps passé parfait. 
Deûiz , je vins. 
deùzoud ou deùjoud, tu vins, etc. 

('R est rcgulier-J 
Temps futur. 
Deùinn , je viendrai. 
deûi , tu viendras. 
deûiô ,11 viendra , etc. 

CLe reste est régulier. J 



vEMB , au personnel. 

Temps conditionnel. 

Deûfcnn , je viendrais. 
dcûfez , tu viendrais, etc. 

Cil est régulier. J 

Ou bien deûzenn , deuzez , etc. 
Ou enfin deûjenn , deûjez , etc. 

MODE SCBJONCTIF. 

Temps futur. 

Jta zeùinn , que je vienne. 
ra zeùi, que tu viennes, etc. 

Temps conditionnel.' 

Ra zeûfenn , que je vinsse. 
ra zeùfez, que tu vinsses, etc. 

MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 
Dont , venir. 

Temps présent. 
toñt , venant. 

Participe passé. 
Deüet ou deût , venu. 



(*) Deûz est ici pour deü , vrai radical de ce verbe , mais hors d'usage aujourd'hui, 



tlVRE PREMtFR. 
Conjugaison du verhe doFit, vf.mb , à l'impersonnel. 

Temps fulur. 



/|> 



MODE IMPÉRATIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Mé a zeû , je viens. 
lé a zcû , lu viens. 
héñ a zeâ , il vient, 
ni o zeù , nous venons. 
clwiti a zeâ , vous venez. 
hi ou lüñl a zeù , ils viennent. 

Temps imparfait. 
Mé a zeûé , je venais. 
Ce a zeûé, tu venais, etc. 

Temps passé parfait. 
Sîc a zeûaz , je vins. 
té a zeûaz, tu vins, etc. 



Conjugaison du verbe anavézout . 

MODE IMPÉRATIF. 

Anavez , connais. 
anavézel , qu'il connaisse. 
anavézomp , connaissons. 
anavézil , connaissez. 
anavézeñl, qu'ils connaissent. 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 

Ânavézann , je connais. 
anavézez, tu connais, etc. 

(Toul ce temps est régulier.J 
Temps passé imparfait. 

Anavézenn , je connaissais. 
anavézez , tu connaissais , etc. 

(li est régnlier.J 
Temps passé parfait. 
Anavéziz, je connus. 
anavésoud ou anavéclioud , tu connus. 
anavézaz , il connut. 
anot'(f.somj) ou anorceftomp, nous connûmes. 
anavésot ou anavéchot , vous conniites. 
anavésoñt ou anavcchoñt , ils connurent. 

Temps futur. 

Anavézinn, je connaîtrai. 
anavézi , tu connaîtras , etc. 

(Il est régulier.J 



Mé a zeûiô , je viendrai. 
lé a zeûiô , tu viendras, etc. 

Ou bien mé a zeùi , lé a ieùi , elc 

Temps conditionnel. 

Mé a zeûfé , je viendrais. 
té a zeûfé , tu viendrais, etc. 

Ou bien mé a zeûzé , té a seûzé , etc. 
Ou enfin méa sexljé, té a zeûjé , etc. 
Mode scbjonctif. 
( Comme au personnel. ) 

MODE INFINITIF. 
( Comme au personnel. ) 



CONNAÎTRE , au personnel. 
Temps conditionnel. 
Anavésfenn , je connaîtrais. 
anavésfez , tu connaîtrais, elc. 

fil est régulier.J 
Ou bien anavésenn, anavcsez , anu- 
vésé, anavésemp , anavésec'h ou ana- 
vésac'h , anavéseñt. 
Ou enfin anavéchenn , anavéchez , ana- 
véché , anavéchemp , anavéchcc'h ou 
anavéchac'h, anavécheñl. 

MODE SUBJONCTIF. 
Temps futur. 
R'anavézinn [') , que je connaisse. 
ranavézi , que tu connaisses , etc. 

fil est régulier. J 
Temps conditionnel. 
R'anavesfenn , que je connusse. 
r' anavésfez , que tu connusses, etc. 

(Il est régulier.J 

MODE INFINITIF. 

Tem])s illimité. 
Anavézout, connaître. 

Participe présent. 
Oc'h anavézout, connaissant. 

Participe passé. 
Anavézet , connu. 



Autre manière de conjuguer ce même verbe, au jiersonnd. 



MODE IMPÉRATIF. 

.inaf, anav , anao ou éné , connais. 
anavel , qu'il connaisse. 



anavomp , connaissons. 
anavit , connaissez. 
anavcñl, qu'ils connaissent. 



(*) R, suivi d'une npostroplie , est ici pour ra , signe du subjonctif. 



44 CllAMMAIHE miETOMME. 

UUOE INDICATIV. Temps conditionnel. 

Anaffenn , j<! coniiallrüis. 
anall'tz , lu cuuuailrais , etc. 

('Il est régulier J 

Ou bien anafsen , anafsez , clc. 

Ou eiilin anafchcnn , anafchez , etc. 



'J'fuips (irt^'U'nl. 

Anavunn, je cunnais. 
unavez , tu cuiiiiais. 
anav uu éné , il cunnult. 
anavomp , iiuus connaissons, 
(inavtf , vous connaissez. 
iinavoñt, ils coimaisseat. 

Temps pa^ïé imparlait. 

Anaienn , je connaissais. 
anaiez , tu connaissais. 
unaic , il connaissait. 
anaitmp , nous connaissions. 
anaicc'h , vous connaissiez, 
allaient , ils connaissaient. 

Temps passé parfait. 

Anaviz , je connus. 

(i/iat'îou J ou anuvjoud, tu connus, etc. 
(Ce temps est réguUer.J 
Temps futur. 

Anavinn , je connaitrai. 
anavi , tu connaîtras , etc. 

Cil est régulier.) 



MOKE SIHJO.^CTU-. 

Temps futur. 
R'anavinn, que je connaisse. 
r'anavi, que tu connaisses, etc. 

(H est régulier. J 
Temps coudiliormc-l. 
IVanajfcnn , que je connusse. 
r'analj'ez, que tu connusses, etc. 

[Il est régulier. ) 

MODE INnMIIP. 
Temps illimité. 
Anafoul , anavoul ou anaoul , connaître. 

l'articipc présent. 
Oc'h anaoul . connaissant. 

Participe passé. 
Anavécl ou anavel, connu. 



Conjugaison du ferle anavézout , 

MODE IMPÉRATIF. 

(Comme au personnel.) 
MODE IMDICATIF. 

Temps présent. 

Mé a anaves , je connais. 
lé a anaeez , tu connais , etc. 

Temps passé imparfait. 

Mé a anavézé , je connaissais. 
lé a anavézé, tu connaissais, etc. 

Temps passé parfait. 

Me a anaeézaz, je connus. 
lé a anavézaz , tu connus , etc. 



COMNAÎTRE , à l'impersonnel. 

Temps futur. 
Mé a anavézô , je connaîtrai. 
lé a anavézô , tu connaîtras , etc. 

Temps conditionnel. 
Mé a anavesfé , je connaîtrais. 
té a anavesfé , tu connaîtrais , etc. 

Ou bien mé a anavésé , lé a anavésé , 
etc. 

Ou enfln mé a anavécké , lé a anavéché , 
etc. 

MODE SDBJO.NCTIF. 

{Comme au personnel.) 
MODE INFINITIF. 

(Comme au personnel.) 



.'iulre manière de conjuguer 

MODE IMPÉB.ATIF. 

(Comme au personnel à la deuxième manière.) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Mé a anav , je connais. 
té a anav , tu connais , etc. 
Ou bien méa éné , lé a éné, etc. 
Temps passé imparfait. 
Mé a anaié , je connaissais. 
té a anaié , tu connaissais, etc. 

Temps passé parfait. 
Méa anavaz,ie connus. 
té a anavaz, tu connus, etc. 



même verbe , à Vimpcrsonnel. 
Temps futur. 
Mé a anavô , je connaîtrai. 
té a anavâ , tu connaîtras , ek. 

Temps conditionnel. 
Mé a anafé, je connaîtrais. 
té a anafé , tu connaîtrais , etc. 
Ou bien me a anafsé , lé a anafsé, etc. 
Ou enfin mé aanafché, téaanafché, etc. 

MODE SDBJONCTIF. 

( Comme au personnel à la deuxième manière.) 

MODE INFINITIF. 

(Comme au personnel à la deuxième manière. ) 



. LIVRE PnF.BIIEE. 

Conjugaison Ûu verbe gouzout, s.wom, au personnel. 



/i:"i 



UOOE lUI'ËBATIF. 

Gwéz , sache. 
gwczel , qu'il sache. 
gwczomp , sachons. 
gwézit, sachez. 
gwézeñl, qu'ils sachent. 

MODE INDICATIF. 
Temps présent. 
Gouzonn (') , je sais. 
gouzoud , lu sais. 
goar , il sait. 
gouzomp , nous savons. 
gouzoc'h , vous savez. 
gnuzoñl , ils savent. 

Temps passé imparfait. 
gwicnn , je savais. 
gvncz , tu savais , etc. 

Temps passé parfait. 
Gwêziz , je sus. 
gwésoud ou gwéchond, tu sus. 
gwézaz , il sut. 

gwèsomp ou givcchomp , nous sûmes. 
gwésot ou gwcchul , vous sûtes. 
gwésoñl ou gwàhont, ils surent. 

Temps futur. 
Gieézinn , je saurai. 
gicézi , tu sauras. 
gwczô , il saura. 



gwezmp , no<js saurons. 
ywlol , vous saurez. 
gwézifU, ils saurout. 

Temps conililionnel. 
Goufenn, je saurais. 
gmifez , tu saurais. 
goufé , il saurait. 
yiiufenip , nous saurions. 
gvufec'h ou gnufaeh , vous sauriez. 
youfcñl, ils sauraient. 

Ou bien ^t^ircnn, gwizez , etc. 
Ou enfin gwijen , gwijez , etc. 

MODE SCBJONCTIF. 

Temps futur. 
/}a we'îin , que je sache. 
ra wézi , que tu saches , etc. 

Temps conditionnel. 
Ra oufenn, que je susse. 
ra oufez , que lu susses , elc. 

MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 
Gouzoul OU goût , savoir. 

Participe présent. 
Oc'h ouzout , sachant. 

Participe passé. 

Gwézet , su. 



Conjugaison du verbe gouzout , 

MODE BIPÉRATIP. 

(Comme au personnel.) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Mé a oar , je sais. 
(é a oar , tu sais , etc. 

Temps passé imparfait. 
Mé a tcié , je savais. 
té a wié, tu savais, etc. 

Temps passé parfait. 
Mé a tcéza: , je sus. 
lé a tcézaz , tu sus , etc. 



SAVOIR , à l'impersonnel. 

Temps futur. 
Mé a wczô , je saurai." 
té a wczô , tu sauras , elc. 

Temps conditionnel. 
Mé a oufé , je saurais. 
té a oufé , tu saurais , elc. 

Ou bien mé a voizé , te a wizé , elc 
Ou bien mé a wijé , té a wijé , etc. 

MODE SIBJONCTU'. 

(Comme au personnel.) 

MODE INFINITIF. 

( Comme au personnel. ) 



Conjugaison du verbe gallout , pouvoir , au personnel. 

galleñl ou gelleñt, qu'ils puissent. 

MODE INDICATIF. 
Temps présent. 
Gallann (**) ou gcUann , je peux. 



MODE IMPËBATIP. 

Gall OU geJl , puisses-tn. 
galkl ou gellet, qu'il puisse. 
gallomp , puis.sions-nous. 
gallit , puissicz-vous. 



(*) On remarquera que goitz^nn est i<i pour ga'i'ziwn contracté , et qu'en construction le ^ se perd 
tians tous les temps où il se trouve précédé d'une des particules inséparables des verl>cs ann ilrit-n 
a otizonn , je sais cela. 

(**) Dans les deux modes indicatif et subjonctif du verbe i-dZ/oK/, en construction, le f se perd 



46 



GRAMMAinr DRETONNE. 



(jtüez , lu peux. 

yall ou ijetl , il |)cu(. 

gallumi) ou gellomii , in>us (louvors. 

yeltit ou (jitlit , vous pouvez. 

gatluñt ou ycUoñt, ils pcuveHi. 

Tt'iiips passé iiu|>iiTait. 
(Jellenn , je pouvais. 
ijiUeg . lu pouvais, etc. 

Tc-iii[i« passé paiTait. 
Gelliz ou ^iiji; , je pus. 
gallzoud ou gelUoud , tu pus. 
gatla: ou (/«((qî , il put. 
gallzomp ou geltzunip , nous pûmes. 
yatlzul ou gelhot., vous pûtes. 
galtioñt ou gcllzoñl , ils purent. 

Temps fulur. 
Gellinn ou gilUnn , je pourrai. 
^cHi ou jri7/i, tu pourras. 
^oHri ou (/f((o, il pourra. 
gellimp nu gillimp, nous pourrons. 
S'a//o« ou 5t7/o< , vous pourrez. 
gelliñt ou ^iV/iHf , ils pourront. 



Teuips coudiLlonncl. 
(jaltfenit ou gilifenn , je jiuurrais. 
yallfez ou (/c(//cr , tu pourrais , etc. 
Ou bien yallzenn ou gellzenn , gaUn: 

ou gellzez , etc. 
Ou cnlin galljcnn ou gelljenn , galljez 
ou gclljez. 

UOUB SUBJONCTIF. 

Ti'iup» futur, 
/fa hellinn ou ra /liJîinn , que je puisse. 
ra hclU ou rahitli , que tu puisses, etc. 

Temps conditionnel. 
/<(i hetlfenn , que je j>ussc. 
1(1 hdlfcz, que lu pusses , elc, 

MOUE INrl.MTIF. 

Temps illimité. 
Galluut ou gelloul, pouvoir. 

l'aiticipe juéseut. 
c'hallout ou <j c'helloul , pouvant. 

Participe passé. 
Gallcl ou ^eitcC , pu. 



Conjugaison du verbe gallout , 



MODE IMPÉRATIF. 

[ Comme au personnel ). 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
JUc a hell , je peux. 
lé a hell , tu peux , etc. 

Temps passé impaifail. 
Mé a hcllv , je pouvais. 
té a hellc, tu pouvais, etc. 

Temps passé parfait. 
Mé a hcllaz , je pus. 
lé a hellaz , tu pus , etc. 



POUVOIR , à X imptrtonnel. 
Temps fiilnr. 
Mé a hello , je pourrai. 
té a hello , tu pourras , etc. 
Temps conditionnel. 
Me a hellfé, je pourrais. 
lé a hellfé, tu pourrais, etc. 
Ou bien mé a hellzé , té a helhé , etc 
Ou enfin mé a helljé, té a helljé , etc 

MODE SCBJO.NCTIF. 
(Comme au pcisoniicl.) 

MODE INFINITIF. 
(Comme au personnel.) 



Conjugaison du verbe Isavout , trouver, au personnel. 



MODE UirÉRATIF. 

Kav , kaf ou kéf , trouve. 
liavel , qu'il trouve. 
kavomp , trouvons, 
tant , trouvez. 
kauent , qu'ils trouvent. 

MODE INDICATIF. 

Temps incsenl. 
Kavann , je trouve. 
kavez , lu trouves. 
kav OU kéf, il trouve. 
kavomp, nous trouvons. 
kavil ou kivil , vous trouvez. 
kavoñl , ils trouvent. 



Temps passé imparfait. 
Kavenn , je trouvais. 
kavez , lu trouvais , etc. 

Temps passé parfait. 
L'iviz , je trouvai. 
kéfsoud ou kéfchoud, tu trouvas. 
kavaz , il trouva. 

kéfsomp ou kéfchomp , nous trouvâmes. 
kéfsol ou kéfchot, vous trouvâtes. 
kéfsoñlon kcfchoñl, ils trouvèrent. 

Temps fulur. 
Kivinn , je trouverai. 
kwi , tu trouveras. 
kavô , il trouvera. 



a\wès les particules a , e ou ;■«. Comme il paraît que cette lettre était anciennement remplacée p^r 
l'aspiration c'h, qui ne se fait sentir aujoni-d'liui que très-faiblement, j'ai voulu conserver les traces 
de celle origine, et j'ai substitué au ^, après les particules, l'A simple , comme on le verra plus bas ai 
mode subjonctif et dans la conjugaison du yerhe ga/lout , à l'impersonnel. 



kafimp , nous trouverons. ^jq., 

kéful , vous trouverez. 

kafiñl, ils trouveront. " •■'■ 

Temps conditionnel. 
Kaffenn , je trouverais. 
Itafl'e: , tu trouverais , etc. 

Ou bien kafsenn , kafsez , elc. 

Ou enfin kafvhenn, kafches, etc. 

MODE SUBJONCTIF. 

Tenops futur. 
Ra givinn , que je trouve. 



REMIKII, 

1« givi, que tu trouves , etc 

i'enips conditionnel. 
lia gaffcnn , que je trouvasse. 
ra yajfez , que tu trouvasses , etc. 

MODE IKFl.MTIf. 

Temps illimilé. 

Kavoul , kafoul ou kaoul , trouver. 

Participe présent. 
kavoul , trouvant. 

Participe passé. 
Kavet , trouvé. 



47 



Conjugaison du verbe kavoul, tbouvrr , à V impersonnel. 



MODE IMPÉRATIF. ' ""'^ < 

(Comme au personnel.)' ■ '"'■'-'•''• 
MODE INDICATIF. 
Temps présent. 
Mé a gav ou nie' a géf , je trouve. 
lé a gav ou lé a géf, tu trouves, elc. 

Temps passé impartail. 
Mé a gavé , je trouvais. 
té a gavé, tu trouvais, etc. 

Temps passé parfait. 
Mé a gavaz , je trouvai. 
It a gavaz, tu trouvas , etc. 



Temps futur. 
Mé a gava , je trouverai. 
té a gavô, tu trouveras , etc. 
Temps conditionnel. 
Mé a gaffé, je trouverais. 
lé a gajlé , tu trouverais , etc. 

Ou bien mé a gafsé, lé a gafsé , elc. 
Ou enfin mé a gafché , té a gafché, etc. 

MODE SUBJOiVXTIF. 

(Comme au personnel ) 

MODE I.ilFI.MTIF. 

(Comme au personnel.) 



Conjugaison du verbe dléout , devoir , au personnel. 



MODE IMPÉRATIF. 

DU, dois. 
dléet , qu'il doive. 
dléomp , devons. !'■"■■ 

dléit , devez. ,; " 

d(tfñ<, qu'ils doivent. 

MODE IMDICATIF. 

Temps présent. 

Dléann, je dois. 
dléex , tu dois , etc. 

Temps passé imparfait. 

Dlienn , je devais. 
dliez, tu devais, etc. 

Temps passe parfait. 

Dliiz, je dus. 

dlézoud ou dhijoud, tu dus. 

dléaz , il dut. 

dlézomp ou dléjomp , nous dûmes. 

dlézol ou dtéjul, vous diMes. 

dlézoñl ou dtéjoiil , ils durent. 

Temps futur. 

Dliinn , je devrai. 



dlii , tu devras. 
dléâ , il devra. 
dliimp , nous devrons. 
dléot, vous devrez. 
dliii'il , ils devront. 

Temps condilior.nil 
Vléfenn,]^ devrais. 
dléfez , tu devrais, elc. 

MODE SliBJO.NCTIF. 
Temps futur. 
Ra zliinn, que je doive. 
ra zlii, que tu doives, etc. 
Temps condllioniicl. 
Ra zléfenn , que je dusse. 
ra zléfez , que tu dusses, etc. 

MODE INFINITIF. 

Temps illimité. 
Dléout , devoir. 

Participe présent. 
Iléoul , devant. 

Participe passé. 
Dléet, dû. 



4S 



GU.VMJIA.iaE ÜRETONNE. 

Conjuyaiion du verbe dlt-out , uevoib , à iimpertonnel. 
Il' a zléaz , tu dus , etc. 



MODK IMPËHillI'. 

((.'oiimic dii (ursoniiel. ) 
MUDB IXDICATII'. 

Temps présent. 

lUé a f") zlé, je dois. 
té a lie , tu dois. etc. 

Temps passé imparfait. 
ilfJ a zUé , je devais. 
lé a zlu, lu devais , etc. 

Temps passé parfdil. 
iWt- a zléaz , je dus. 



Temps luLur. 
Mé a zléô , je devrai. 
té a zUo, tu devras , etc. 

Temps conditionnel. 
Mé a zléfé, je devrais. 
té tt zL'fé , tu devrais, etc. 

MODE Sl'BJOMCTIF. 

(Comme au personnel. ) 

MODE IMFIMTIi''. 

( Comme au personnel. ) 



Conjugaison du verbe lavarout 

MODE IMPÉBATIF. 

Lavar, dis. 
lavaret , qu'il dise. 
lévéromp , disons- 
livirit , dites. 
lavareñt , qu'ils disent. 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Lavarann , je dis. 
lèverez , tu dis. 
lavar , il dit. 
lévéromp , nous disons. 
livirit , vous dites. 
lèveront , ils disent. 

Temps passé imparfait. 
Lavarenn , je disais. 
lavarez , tu disais , etc. 

Temps passé parfait. 
Liviriz , je dis. 
léverzoud ou léverjoud, tu dis. 
lavaraz , il dit. 

léverzomp ou léverjomp , nous dîmes. 
léverzot ou léverjol, vous dites. 
léuerzoñt ou léverjoñl , ils dirent. 

Temps futur, 
tit'trinn , je dirai. 



, DIRE , au personnel, 
liviri , tu diras. 
lavaro , il dira. 
livirimp , nous dirons. 
léverrot , vous direz. 
liviriñl, ils diront. 

Temps conditionnel. 
Lavarfenn, je dirais. 
lavarfez , tu dirais , etc. 

Ou bien lavarzcnn , lavarzez , etc. 

Ou enfin lavarjcnn , lavarjez , etc. 

UODE SDMOKCTIF. 

Temps fntur. 
fia livirinn , que je dise. 
va liviri , que tu dises , etc. 

Temps conditionnel. 
fia lavarfenn , que je disse. 
ra lavarfez , que tu disses, etc. 

MODE INFlMrlF. 

Temps illimité. 
LayaroM* (**) , dire. 

Participe présent. 
lavarout, disant. 

Participe passé. 
Lavaret , dit. 



Conjugaison du verbe lavarout, dire, à l'impersonnel. 



MODE IMPÉRATIF. 

( Comme au personnel. ) 

MODE L>DICATIF. 

Temps présent. 
Mé a lavar , je dis. 
té a lavar , tu dis, etc. 



Temps passé imparfait. 
Mé a lavaré , je disais. 
té a lavaré, tu disais, etc. 

Temps passé parfait. 
Mé a lavaraz, ie dis. 
lé a lavaraz , tu dis , etc. 



[*) Contre la règle générale des permutations des lettres , après la particule a , on dit plus ordinaire- 
ment mé a dlé, té a dlé , etc. Mais j'ai cru devoir suivre plutôt la raison que l'usage, dans le tableau 
des conjugaisons. 

;*") Dans l'usage habituel, on dit plus souvent lavaret k l'infinitif; mais c'est un abus qui a lieu dans 
presque tous les infinitifs terminés en our, abus qui provient de l'analogie de son qui e.viste entre cette 
articulation finale et la terminaison des participes passés, qui est toujours eaet. 

Temps 



Temps fiilur. 

ili' a lavarô, je'dSrni. 

lé a lavarô , tu diras, etc. 

Temps condiliouncl. 

!Hé a lavarfé , je dirais. 
ti: a lavarfcy tu dirais , etc. 



LIVIU. PREMIER. 4q 

Ou bien mé a lavarzc , lé a lavarzé, c\c. 
Ou onfin mé a lavarjé, lé a lavnrjé, etc. 

HODE SOBJONCTIF. 

( Comme au personnel. ) 

MODE IMnNITIF. 

( Comme au personnel. ) 



Con/tty*C»on du verbe iiarout , aimer, au personnel. 



MODE IMPËRATiF. 

Kâr , aime. 
karcl, qu'il aime. 
l;aromp , aimons. 
karil ou kirit , aimez. 
fiareñl, qu'ils aiment. 

MODE I>DICAT1F. 

Temps présent. 
liarann, j'aime. 
Icarcz , tu aimes. 
kâr , il aime. 
karomp , nous aimons. 
ftaril ou kiril, vous aimez. 
karoñl , ils aiment. 

Temps passé imparfait. 

h'arenn , j'aimais. 

/farc2 ou kércz , tu aimais , etc. 

Temps passé parfait. 
Kiriz , j'aimai. 

Aarsoud ou karjoud, tu aimas. 
karaz , il aima. 

karzomp ou karjomp , nous aimâmes. 
karzol ou karjol, tous aimâtes. 
karzoñl ou karjoñl , ils aimèrent. 

Temps futur. 
h'irinn, j'aimerai. 



kiri , tu aimeras. 
karo , il aimera. 
kirimp , nous aimerons. 
kerrot , vous aimerez. 
kiriñt , ils aimeront. 

Temps conditionnel. 
Karfenn, J'aimerais. 
karfez , tu aimerais , etc. 

Ou bien karzenn, karzcz , etc. 

Ou enfin karjenn , karjez , etc. 

MODE SDBJO.NCTIF. 

Temps fulur. 
Ra girin , que j'aime. 
ra giri , que tu aimes , etc. 
Temps conditionnel. 
Ra garfenn , que j'aimasse. 
ra garfez , que tu aimasses , etc. 

MODE IMFIMTIF. 

Temps illimité. 
Karoul , aimer. 

Participe présent. 
karoul , aimant. 

Participe passé. 
Karcl, aimé. 



Conjugaison du verbe karout , aimer , à l'impcrsoJincl. 



MODE IMPÉRATIF. 

(Comme au personnel.) 

MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Mé a gdr , j'aime. 
((■ a gdr , iu aimes , etc. 

Temps (lassé imparfait. 
Mé a garé, j'aimais. 
Il' a garé , tu aimais , etc. 

Temps passé parfait. 
Mé a garaz , j'aimai. 
lé a garas , tu aimas , etc. 



Temps fulnr. 
Mé a gara, j'aimerai. 
lé a garô , lu aimeras , etc. 

Temps conditionnel. 
Mé a garfé, j'aimerais. 
té a garfé , tu aimerais, etc. 

Ou bien mé a garzé , lé a garzé , etc. 
Ou enÜD me a garjé, té a garjé,eU-. 

MODE SCBJOSCTIF. 

( Comme au personnel ). 

MODE INFINITIF. 

( Comme an personnel. ) 



(•} Les locutions françaises dis-je , dis-tu, dit-il , disont-noiit , dites-vous , disent-ils , se rendeni 
n breton de cette manière : e'm^-ct?, tf/7je-rfe, t'iné'Z-' 



-hañ, cmé-nî , émé-c'houi , tmé-z-li6. 



cn.VMMAIRE BnETONXF. 
Conjuyaisan du verbe lukaat , mettbr , au perfimfUll 
Uüue laii'ÉBArir. 



Luka , mets. 
lakaet , qu'il tnedo. 
lékéomi) , lUeUüiis. 
likit ou likiit , niüttcz. 
lakaeñt, qu'ils nicttenl. 

HOUB INDICATIF. 

Tfin|>s présent. 

Lakaann , je mels. 

le'kéez , tu mots. 

\Àka, , il met. 

le'kéutiip . nous racitons. 

likil ou tikiil, vous mettez. 

lékéoñl , ils mettent. 

Temps passé imparfait. 

Lékéenn ou It'kéann , je mettais, 
/efccei , tu mettais. 
tékéé ou Jc'fcfa, il mettait. 
lékéemp, nous mettions. 
lékéec'h , vous mettiez. 
tékéeñl, ils mettaient. 

Temps passé parfait. 

Lt&ii; , je mis. 

lékczoutî ou lilu'joud , tu mis. 

tékéaz , il mit. 

lékézomp ou lékéjomp , nous mîmes. 

lékézot ou h'kéjot, vous mites. 

lékézoñl ou Ukêjoñl , ils mirent. 



Tthip! rutui'. 

Likiinn , je mettrai. 
(iVcii , tu muKriis. 
lakaiô on fuAai , il mettra . 
lakaimp , nous mettrons. 
It'AVuJ , vous mettrez. 
<uA'a(ñ< , ils meUroot. 

Temps condilionnel. 

■ •ji' i 
Lakafenn , je mettrais. 
lukajez , tu mettrais , cte. 

Ou bien lakasenn , lakazez , tic. 

Ou enfin lakajcnn, lakajez , etc. 

MOOE SIUJONCTIP. 
Temps futur. 
Ha likiinn , que je mette. 
ra likii , que tu mettes, etc. 
Temps conditionnel. 
Ra lakafinn, que je misse. 
ra la/id/tî , que tu misses, etc. 

MODE INFI.MTIF. 

Temps illimité. 
Lakaal , mettre. 

Participe présent. 
O lakaal , mettant. 

Participe passé. 
Lékcel ou Ukéal , mis. 



Conjugaison du verbe lakaat , 

MODE IMPÉRATIF. 

( Comme au personnel ). 
MODE INDICATIF. 
Temps présent. 

Mé a luka , je mets. 
lé a laka , tu mets , etc. 

Temps passé imparfait. 
Mé a lékéé, je mettais. 
té a lékéé , tu mettais , etc. 

Temps passé parfait. 
3fé a lékéaz , je rais. 
té a lékéaz , lu mis , etc. 



METTHE , à l'impersonnel. v., - ., 

Temps futur. 
Mé a lakaio ou mé a lakai , je mettrai. 
Je a lakaio ou té a lakai, tu mettras , Jic 
Temps conditionnel. 

Mé a JaAn/(!, je mettrais. 
té a lakafé , tu mettrais , etc. 

Ou bien méa lakazé , léa lakazé , etc. 
Ou enfin mé a lakajé , té a lakajé ., etc. 

MODE SCBJOMCTIF. 
[ Comme au personnel. ) 

MODE INFINITIF. 

(Comme au personnel. ) 



TABLE 

DES VERBES DONT LE RADICAL ÉPROCVE QUELQUE IRSÉGCLARITÉ A l'iNFlNlTU? SEULEMENT. 



Berv , 
bous. 
kendalc'h , 
maintiens. 
hréd , 
crois. 



bervann , 
je bous. 
kendalc'hann , 
je maintiens. 
krédann , 
je crois. 



ISFISITIF. 

fciri-i , 
bouillir. 
kenderc'hel , 
maintenir. 
kridi , 
croire. 



liVbe premier. 



IMt'ÉRATIF. 


INDICATIF. 


i>ri.Miii 


kresk. 


krcskann , 


kriêlii , 


crois. 


je crois. 


croître. 


krôg. 


kri'igann , 


kregi , 


mords. '' 


je mords. 


mordre . 


dalc'h , 


dalc'/iann , 


den'hel , 


tiens. 


je liens. 


tenir. 


darcmpred , 


darempridann. 


daiempridi , 


l'réquenlc. 


, je fréquente. 


fréquenter. 


debr , 


dcbrann , 


dlhri. 


mange. 


je mange. 


manger. 


desk , 


dcskann , 


dlski , 


apprends. 


j'apprends. 


apprendre. 


digor , 


digorann , 


digéri , 


ouvre. 


j'ouvre. 


ouvrir. 


àvmtz , 


dmijzann , 


dimizi , 


marie-loi. 


je me marie. 


se marier. 


doug , 


dougann , 


duugen- 


porte. 


je porte. 


porter. 


gaXv , 


(falvann , 


geliel , 


appelle. 


j'appelle. 


appeler. 


gàn , 


ganami , 


génel , 


enfante. 


j'enfante. 


enfanter. 


gôU , 


gôlvann , 


gôlci , 


couvre. 


je couvre. 


couvrir. 


ffôr, 


gùrann , 


gwiri , 


couve. 


je couve. 


couver. 


gwask. 


gwàskann , 


gweskel , 




je presse. 
hanvann , 


presser. 
henvel. 


nomme.^ ^ _ , ; 


je nomme. 


nommer. 


*«'•*» ,'.;. 


harzann , 


herzel , 


résisté. 


je résiste. 


résister. 


choum , 


choumann , 


chcmel (») , 


demeuré.' 


je demeure. 


demeurer. 


tam, " 


tamatm , 


lémcl , 


ôte. , 


joie. 


ôter. 


îaosk , 


laoskan» , 


leùskel , 


lâche. 


je lâche. 


lâcher. 


io**:. .,.;„' r'-J,".^ 


loskann , 


leski , 


brûle. '"'•■/'■• ^ -«>•'«« 


je brûle. 


brûler. 


mdTv j , 


mari'an» , 


mtrvel. 


meurtf."''; " 


je meurs. 


mourir. 


med , 


î/icdann , 


midi. 


moissonoe. 


je moissonne. 


moissonner. 


perf, 


pcdann , 


pidi , 


prie. 


je prie. 


prier. 


réd , 


rédann , 


rédek. 


cours. 


je cours. 


courir , 


rd, 


rôann , 


rei, 


donne. 


je donne. 


donner. 


rôg , 


rôgann , 


régi , 


déchire. 


je déchire. 


déchirer. 


saô , 


«ai'ann , 


sévcl . 


lève. 


je lève. 


lever. 


skô, 


skôann , 


skci , 


frappe. 


je frappe. 


frapper. 


slôk , 


slokann , 


stcki , 


heurte. 


je heurte. 


heurter. 


Jaô, 


lavann , 


tével , 


tais-toi. 


je me tais. 


se taire. 


roi, 


lolann , 


teûrd , 


jette. 


je jette. 


jeter. 



(*) On dit aussi choum. à l'iiifinilif. 



J-i (WIAMMAIBJE «BÏTONNK. 

lllrLUAill^ 

'(!(*), 
couvre. 
turr , 
romps 
liô , 
tourne. 

II est encore (Im verbes dont l'inlinitir rst obsolumetit semblable à rim(ii'-ralif. Je reraai 
querai que c'est un abus ; mais , comme il est consacré J>ar l'usage, j'ai cru devoir donner ici 
une liste des verbes qui sont sujets à cette défectuostté. 





IMIIUIIF. 




tàann , 




lei , 


je couvre. 




couvrir. 


lorrann , 




terri , 


je romps. 




rompre. 


Iroann , 




tni , 


je tourne. 




tourner. 



TABLE 

DBS VBHBBS DO.^T l'|.>'F1MTIF EST SEMBLABLE A L'UIPÊDAni''. 



Àstenn , alonge. 
bain , juge. 
kas , envoie. 
kélenn, instruis. 
kémenn , mande. 
kempenn , arrange. 
klask, cherche. 
koll , perds. 
komz , parle. 
diskar , abats. 
daspuii , amasse. 
dasiuyjim , ramasse. 
digas , apporte. 
dinacli , refuse. 
dishenn , descends. 
diskouéz , montre. 
dispenn , dépèce. 
dispiñ , dépense. 
diwall , prends garde. 
cmbann , publie. 
en em glemm , plains-loi. 
espern , épargne. 
gorô , trais. 
gorlôz , attends. 
goulenn , demande. 
gourdrouz , menace- 
gourvez , couche-toi. 
c'hoari , jouo. 
lenn , lis. 
jiae'/i , nie. 
rébech , reproche. 
rén , conduis. 
sélaou , écoute. 
lamall , blâme. 
Irénen , passe. 



isDicinp. 
astcnnaiin , j'alonge. 
barnann , je juge. 
kasann , j'envoie. 
kélennann , j'instruis. 
kcmennann , je mande. 
kempenmiim , j'arrange. 
klaskann , je cherche. 
kuUann , je perds. 
komzann , je parle. 
disharann , j'abats. 
duspuûann , j'amasse. 
dustttmmann , je ramasse. 
digasann , j'apporte. 
dinac'hann , je refuse. 
diskennann , je descends. 
diskouézann , je montre. 
dispennann , je dépèce. 
dispiñann, je dépense. 
dlwallann , je prends garde. 
embaimann , je publie. 
enem glemmann^]e me plains. 
tspcrnann, j'épargne. 
gôrdann , je trais. 
gorlôzann , j'attends. 
goulennann, je demande. 
gourdrouzann , je menace. 
gourrdzann , je me couche. 
c'hoariann , je joue. 
Icnnann , je lis. 
nac'hann , je nie. 
rcbechaym , je reproche. 
rénann , je conduis. 
sélaouann , j'écoute. 
lamallann , je blâme. 
Irvménann, je passe. 



astenn , alonger. 

harn , juger. 

kas , envoyer. 

kélenn, instruire. 

ki'inenn , mander. 

kempenn , arranger. 

klask , chercher. 

kull , perdre. 

komz , parler. 

diskar, abattre. 

Jaspuñ , amasser. 

daslumm , ramasser. 

digas , apporter. 

dinac'h , refuser. 

diskcnn , descendre. 

diskouéz , montrer. 

dispenn , dépecer. 

dispiù , dépenser. 

diwall, prendre garde. 

emhann, publier. 

en em glcmm, se plairia^e. 

espern , épargner. 

gôrô , traire. , 

gorlôz , attendre 

goulenn, demander. 

jourdroui, menacer. . 

gowvez , se coucher. 

c'/ioari , jouer. 

Xenv, , lire. 

nadi , nier. 

rébech , reprocher. 

rén , conduire. 

sélaou , écouter. 

tamall, blâmer. 

Irémen , passer. 



Des verbes réfléchis cl des verbes réciproques. 

Le verbe réfléchi n'est autre chose qu'un verbe actif exprimant une action qui réfléchiîsui 
l'agent ou le sujet de la phrase. Les verbes réfléchis se conjuguent en français avec un dnuhl.^ 
pronom personnel placé devant le verbe. Nous avons , en breton, trois manières de le> 
conjuguer ; la première , en faisant précéder de la particule en em chaque personne de tous 
les temps du verbe principal. Ex. : en em uù/fonn, je m'habille fmot à mot, en se j'uabillb); 
la seconde , en prenant l'infinitif du verbe principal que Ion fait précéder de la particule «« 



(*) ï'e/ , coiVKiR, ne se dit qu'en paHanl du loil d'une- maison 



I.IVRF. PniMIF.R. 53 

nu , et ensuite Us Irnifs <Iii vttbe Cher , faire , au personnel. Ex. •• en cm wiska a ranu , 
je m'habille ( mot à nxit , en se iiaiulleh je fais , ; la troisième , en prf natit un des pronoms 
personnels , suivi de la partit iilc r»fm,cl(lela troisième personne du singulier de chaqi'c 
temps. Ex. : me en em wuk , je m'habille { n.ot à mol , moi e.n se uabille;. 



Conjugaison du vcrhc réHvchi en era wiska, s'haiiilleb. 

en cm iviskeñt , qu'ils s'habillent. 

.MODE INDICATIF. 



MODE IMPÉRATIF. 

En em wisk , habille-toi. 
en em wiskel , qu'il s'habille. 
en em wiskunip , habillons-nous 
en cm wiskil, habillez-vous. 



En em wishann , je mhabille. 
fîi em wiskez , tu t'habille» . etc. 



Le verbe réciproque est un verbe actif exprimant une action qui se passe réciproquement 
entre plusieurs agents , et , par conséquent , il ne peut être eniployé qu'avec un nom ou un 
pronom au pluriel. Pour conjuguer un verbe réciproque en breton , on emploie le verbe re- 
lléchi , en ajoutant aux trois personnes du pluriel de chaque temps ces mots : ann eit égilv , 

L'tN l'ACTBE. 

Conjugaison du verbe réciproque en em garoud ann eil cgilé , s'entb'alvier. 

MODE IMPÉBATIF. 1 MODE INDICATIF. 

En emgaromp ann eilègiU, entr'aimons- En cm garomp ann eil égilé, nous nous 
nous. I entr'aimons. 

en em garid ann eil égilé, entr'aimez- en em girid ann eil égilé , vous vous en - 
vous. 1 tr'aimez. 

en em garcñd ann eil égilé , qu'ils s'en- en cm garoud ann cil égilé, ils s'en- 
tr'aiment. 1 traiment. 



Des verbes impersonnels. 

Les verbes impersonnels proprement dits ^ qu'il ce faut pas confondre avec la conjugaison, 
à l'impersonnel , des verbes actifs , passifs et neutres , diffèrent de ces derniers en ce qu'ils i;e 
sont jamais précédés des pronoms personnels dans aucun de leurs temps. 

11 y a deux sortes de verbes imjiersonnels. 

Les premiers proviennent des verbes principaux actifs , passifs ou neutres, et répondcr.t 
aux verbes français précédés de !a particule on. Ex. : karer ou kareur , on aime (*). 

Les seconds sont formés de la troisième personne des temps des verbes héza , être , on 
l'iler , FAinE , précédée d'un nom , d'un adverbe ou d'un verbe à l'infinitif. Ex. : réd eo , il 
faut (mot à mot, nécessité est); a-walc'h co , il suffit (mot à mot , dk satiété est) ; 
c'hoarvézoud o ro , il arrive (mot à mot , arriver fait}. 

DE LA PREMIÈRE SORTE DES VERBES IMPEI'.SONNEIS. 

Conjugaison du vcrhc béza , être , comme impcrso/mel , répondant à la conjugaison du mcmr 
verbe en français , avec la particule on. 



MODE INDICATIF. 

'reai|is présent. 
I>our , voar , car ou eur , on est. 

Temps passé impaifait. 
lioad, voad ou édod, on était, on fut. 



Temps fulur. 
Boer , l'Ofi- ou rior , on sera. 
Teaips conditionnel. 
Bijcd , vijed , vccd ou vicd , on serait. 



Conjugaison du verbe mont, aller. 

MODE INDICATIF. i Temps fiiUir. 

Temps présent. £or, on ira. 

Éer , on va. I .- j-.- ■ 

' „ , ■ r ■. Teoips coiutilioniiel. 
Temps passe imparfait. 

Èed, on allait , on alla. 1 ^^d, ajed ou acd , on irait. 

(') Aorrresl le passif lésulicrile karoiil el correspoiul a» gallois kérir et au passif latin nitui. 
\oyez plus haut , p. 37. 



j4 



MODE INDICATIF. 
Temps présent. 
h'areur ou tarer , on aime. 
Temps passé imparfait 
h'ared, on aimait , on aima. 



cnAMM.viBE nnETONxr. 
Conjugaison du verbe actif karuut , iimeb. 

Temps fului'. 
h'aror , on aimera. 

Temps conditionnel. 
h'arfed ou karred , on aimerait. 



Conjugaison du verbe pasxif bcza iiarct , êthk auié 

Temps futur. 
h'ared é vior , on sera aimé. 
Temps conditionnel. 
h'ared é véed ou kared évied , on serai! 
aimé. 



MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
hiVid eur ou kared oar , on est aimé. 

Temps p.issé imparfait. 
h'aredéd-od, on était aimé , on fut aim 



MODE INDICATIF. 

Temps passé. 
Trémeneur , on passe. 

Temps passé imparfait. 
Trêméned, on passait, on passa 



Conjugaiton du verbe neutre tréménout , passer. 

Temps futur. 
Tréménor, on passera. 

Temps conditionnel. 
Trémcnfcd, on passerait. 



DE LA SECONDE SORTE DES VEBBES IMPERSONNELS. 

Conjugaison du verbe béza réd , falloir. 



MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Réd eo , il faut. 

Temps passé imparfait. 
Réd é oa , il fallait. 



Temps passé parfait. 
Réd é oé , il fallut. 

Temps futur. 
Réd é vézôy il faudra. 

Temps conditionnel. 
Réd é vé , il faudrait. 



Conjugaison du verbe béza a-walc'h , scffire 

MODE indicatif. 
Temps présent. 
A-walc'h eo , il sufQt. 

Temps passé imparfait. 
À-walc'h a oa , il suffisait. 



Temps passé parfait. 
À-walc'h a oé , il suffit. 
Temps futur. 
A-tcalc'h a vézô , il suffira. 

Temps conditionnel. 
A-waWh a vé , il suffirait. 



Conjugaison du verbe c'boarvézout , arriver fpar accidentj , échoir 

MODE indicatif. 

Temps présent. 



Choarvézoud a ra,i\ arrive. 
Temps passé imparfait. 
Choarvézoud a réé, il arrivait. 



Kazarc'h a ra, il grêle. 
Glaô a réa , il pleuvait. 
Avel a euré , il venta. 
Erc'h a raiô , il neigera. 



Temps passé parfait. 
Choarvézoud a réaz | 



ou > il arriva 

c'hoarvézoud a euré, j 

Temps futur. 
Choarvézoud a raiô , il arrivera. 

Temps conditionnel. 
Choarvézoud a rafé , il arriverait. 



Kurun a rafé, il tonnerait. 
Ueis eo , il fait jour. 
Aor é oa, il faisait nuit. 
Divézad é vézô, il sera tard. 



LlVnr. PRF.MIKR. 

-, 1 1 : . 

Comme on duil exprimer ii. v a, ii. v avait , lorsque le nom commence la phrate. 



MODE INDICATlr. 

Temps prcsciil. 
Àvel a zd, il y a du vcnl. 

iTemps passé imparfait. 
Âvel a iôa , il y avait du vent. 



Trmps passé parfait. 
Avcl a oé , i! y eut du vcnl. 

Temps futur. 
Avel a \}é:6 , il y aura du vent. 

Temps condilioiinel. 
Àvel a vé , il y aurait du vent. 



Comme on doit exprimer ii, v a , il v avait , lorsque le nojn suit le verhc. 



MODE INDICATIF. 

Temps présent. 
Béza c'seûz avcl, il y a du vent. 

Temps passé imparfait. 
Beza cz oa avcl, il y avait du ven(. 



Temps passé parfait. 
Jjéza c oc avel, il y eut du vent. 

Temps futur. 
Béza c vczô avel, il y aura du veut 

Temps conditionnel. 
Bi'za é vc avcl, il y aurait du vent. 



Comme on doit exprimer c'est, c'était, etc. 



MODE indicatif. 
Temps présent. 
Va zdd eo , c'est mon père. 

Temps passé imparfait. 
Vu zàd c oa , c'était mon porc. 



Temps passé parfait, 
l'a zâd é oé , ce fut mon père. 

Temps futur. 
Va zdd é vczô , ce sera mon père. 

Temps conditionnel. 
T'a zdd é vé , ce serait mon père. 



CHAPITRE VI. 



DES ADVERBES. 



L'adverbe est un mot qui sert à modifier ou à déterminer la signification d'un autre mol . 
ou à exprimer quelque circonstance qui en dépend. 

L'adverbe est ainsi nommé , parce qu'il s'emploie plus ordinairement pour modifier la si- 
gnification du verbe. 

Les adverbes sont ou simples ou composés. Les premiers sont ceux qui s'exprimcnl en 
un seul mot, comme kalz , beaucoup; dec'h ou diach, hier; pcll , loin; »i'.': , près, elc. 
Les seconds sont ceux qui s'expriment en plusieurs mots, tels q\XQ ècid-hrémañ , pour îe pîi- 
sent; oucli-pcim, de plus; rak-tdl , de suite, etc. 

Un peut réduire les adverbes à six espèces principales , qui sont : 

Les adverbes de temps ; 

Les adverbes de lieu ou de situation ; 

Les adverbes d'ordre ou do rang; 

Les adverbes de quantité ou de nombre ; 

l.es adverbes de comparaison ; 

Les adverbes de qualité ou de manière. 

1" Les adverbes de temps sont ceux qui expriment quelques circonstances ou rapports de 
temps j tels que : Irô-all, gwéz-all ou (jxccch-all , autrefois; Mriô ou /lûid , aujourd'hui ; 
déac'h, bier; war-c'hoaz , demain ; Irctna ou brémañ, à présent; héb-dalr, bientôt ; c-ber , 
tantôt ; hiriziken, désormais ; a-licz , souvent; a-wéchou, quelquefois; rahldl, de suite ; prp- 
pri'd ou bép préd ou pépréd , toujours ; nép-pn'd ou ncprcd , jamais ( pour le présent ) ; biskoa: , 
jamais fpour le passé) ; bt'ftcnn , jamais (pour le futur) ; neitzé , alors; abaoc , depuis ; pc- 
geil, combien , quelle durée ; hévlené , celle année ; warlénc , l'année passée , etc. 

2» Les adverbes de lieu ou de situation sont ceux qui servent à marquer la différence de* 
distances et des situations ; tels que : a»i«/T , ici : arc' , là-près ; ahoûl . lA-loin ; cnô , là-lres- 
loin ; di, 1;\ (avec mouvement) ; lost ou uéz , près ; petl . loin : araok . devant : adrè ou adrcñ . 
derrière; ébarz , dedans : crméaz , dehors ; warclwrrc , dessus ; diddn ou dinddn , dessous : 
ouc'h-krech ou d'a'nn-nec'h ou war-laez , en-haut; d'ann-lraoû, en-bas; drc-hotl , par- 
tout . etc. 

3" Les adverbes d'ordre et de rang sont ceux qui expriment comment les choses sont or- 
données ou arrangées les unes à l'éganl des autres, sans attention an lieu: tels que: dii- 
jcñJa , en premier lieu ; ti'ann-rfi'rc; , à la lin ; fcéô-cil-lrd, alternativement ; (rd-t'-fni . lour- 
à-tour ; irô-war-drô , tout autour ; mcskc-mesk, péle-mèle; kcvrel, ensemble, etc. 



56 GRAM.MAinE BRETONNE. 

4° Les aJvcrbfs Je ({uantilé ou de nombre soiil ceux qui servent à marquer quelque quan - 
lit^' ou nombre que ce soit , ou le prix et la valeur des choses ; tels que ; péd , combien en 
parlant de l,i i|uantitéj ; pê-gé,neñl , combien 'en p.irlant de la valeur) ; kalz ou meùr ou t- 
Uii , bcauci)U|) ; nvbiiil , peu ; némeùr , guère ; a-walc'h, assez ; ré , trop ; kémtnl , autant , etc. 

5' Les adverbes de comparaison sont ceux dont on se sert pour exprimer la comparaison 
que l'un fait d'une chose à une autre, suivant quelque qualité ou quantité ; tels que : èvH , 
C4)mmc ; ével-henn , de même , comme ceci ; évelsé , de même , comme cela ; er c'hiz-man , 
ainsi , de celle manière-ci ; er d'hissé , ainsi , de cette manièrc-IÀ ; ivéz ou ivé , aussi ; ktr 
{ devant les consonnes ) , kcnn [ devant les voyelles ) , si : mui ou muioc'h , plus ; oucli-pffiii , 
de plus; gwàz ou ywasoc'h , pis; gwcll ou gwcUoc'h, mieux ; gweU-ouc'h-well, de mieux en 
mieux ; nébeiHoc'h , moins ; peùz ou /10^02 , presque ; war-drô , à peu près , etc. 

ti" Les adverbes de qualité ou de manière sont ceux qui expriment comment ou de quelle 
manière les choses se font. Les adverbes de celte dernière espèce sont en très-grand nombre. 
Ces adveibes se forment , soit en faisant précéder l'adjectif de la particule <;'; , soit en mettant 
la préposition gant, avec , devant le substantif métaphysique. Ex. : <■; fur ou gañl fumez . 
sagement; l'z bniz ou gañl brazder , grandement ; éz buan ou gañl buander, promptemcnt ; 
éz gutrek ou gant gnrrtyez , lentement, etc. (') 

Il y a quelques adverbes qui ont des com|)aralifs et des superlatifs. Ex. : kalz , beaucoup; 
mui ou muioc'h. plus; ar muta, le plus; ncbeûl, peu ; n<'6cii<oc'/i ^ moins ; ann nébeiita,lc 
inoins ; mdd, bien ; gwelt ou gwdloc'h , mieux ; ar gwella, le mieux ; gwall ou fait , m.il ; 
gicàz ou gwasoc'h , pis ; ar gwasa , le pis , etc. 



CHAPITRI' VII. 



DES PREPOSITIONS. 

Les prépositions sont des mots indéclinables qui expriment les dilTérenls rapports de.s 
noms , des pronoms , des verbes et des adverbes , et qui no peuvent s'employer sans régime ; 
elles gouvernent , en breton , ce qu'on appelle le cas objectif. 

Il y a deux sortes de prépositions : les préi)ositions simples, qui s'expriment on un seul 
mot , comme gaTa , avec ; évil, pour; dré , par, etc. ; et les prépositions composées, qui 
s'expriment en plusieurs mots , comme dré ann abég da, à cause de; enn drô da , à l'entour 
de ; rak-ldl da, vis-à-vis de , etc. 

Table des Prépositions simples, 
évil , pour. 



A, de. 

bété j bétég , jusques. 

keñt , auparavant. 

da, à. 

dré , par. 

dreist , par-dessus. 

'•' i 

fium , l dans , en. 

er , el ,\ 
énep , contre. 
estr , de plus. 



gant , avec. 

goudé, après. 

hep , sans. 

némét , hors, hormis. 

néz , proche 

ouc h , 

out , ouz, 

rak , devant 

war , sur. 



I de, à , auprès , contre. 



.1 ba oé , depuis. 

a barz , avant. 

a-henn , dans , dans l'espace de. 

a ddl ou adalek , depuis. 

a dré da , derrière. 

a-drcûz da , au travers , à travers de. 

a-dd da, de coté. 

a-mep da, contre. 

a-hcd , le long de. 

a-iz da. au-dessous de. 

a raok da , devant. 

aùz da , au-dessus de. 

a-:iabarz , par-dedans. 

a-ziavéaz , par-dehors. 

a-:iouc'h da, au-dessus de. 



Table des Prépositions composées- 

daré da , prêt à , près de. 

di a geñl , auparavant. 

di ddn , sous , dessous. 

digañt, de , d'avec. 

di ouc'h , selon, d'après. 

di ràk , en présence de. 

diwar , de dessus. 

diwar-benn , touchant, par rapport à. 

dré ann dbeg da, à cause de. 

ébarz , dedans. 

é biou , à côté, au-delà. 

é'-kcil , pendant, durant. 

é-kichen , à côté , auprès. 

é kcñver , envers, à l'égard de. 

é-kreiz , au milieu de. 



(*) Souvent on se conlenle de l'adjectif, sans préposition. E%. : Moud a réa k\er araok. fl s'avaa- 
eait rapidement. Kaer est ici pour éi kaer. II. V. 

é-hars 



é-hars , auprès de. 
é-leac'h, au lieu de. 
eñdra , pendant que. 
enn-déeun , même. 
é-pdd, pendant, durant. 
é-slcoaz , en comparaison de. 
d-tdl , auprès de. 
é-ti , chez. 
é-luuez , parmi. 
être, entre, 
c Irézé , é Irézcg , vers. 
é-lrô , autour de, environ. 
enn dro da, à l'entour de. 
enn tù-mañ da , cn-decà de. 



LIVRE PREMIER. 

enn lii-hoñd da, au-delà de. 
cr-méaz eûz a , dehors de. 
eùz a, de. 

ouch pcnn , outre, de plus. 
pcH di ouc'h , loin de. 
rag-cnep da, vis-à-vis de. 
rak-tdl da, en face de. 
siHu a-niaii , voici. 
séCu a-zé, voilà (près). 
sélu a-hoñl, voilà (loinj. 
ti'isl da , près de. 
war-drô da, autour de. 
war-c'horré , au-dessus de. 
war-lerc'h , après. 
Observations. 



.57 



Dans la table des prépositions composées , j'ai séparé souvent tous les mots qui concou- 
rent à former chaque préposition. J'ai pensé que ce moyen donnerait plus de facilité à eii 
saisir les différeuts membres. Mais je crois devoir prévenir qu'en breton , comme en fran- 
çais, l'on ne sépare pas toujours en construction les différents mots dont on se sert pour 
former une préposition composée. Par exemple, a la oé , depuis, quoique composé de « 
préposition , de pa conjonction , et de oé temps passé parfait du verbe beza , être , s'é- 
crira en un seul mot en construction , abaoé. On écrira encore sans séparation abarz , 
abenn , addl, adalck , adré , araok , diageñl, diddn , digañl, diouc'h, dirak, ébarz , éln, 
élrézé, ouc'hpenn, etc. 



CHAPITRE YIII. 

DES CONJONCTIONS. 

Les conjonctions sont des mots indéclinables qui expriment diverses opérations de notre 
esprit , et qui servent à lier les membres ou parties du discours. 

Les conjonctions se divisent , comme les prépositions, en simples et en composées. Les 
conjonctions simples sont celles qui s'expriment en un seul mot , comme ha devant les con- 
sonnes , hag , devant les voyelles , et , p^, ou ; pa , quand , etc. Les conjonctions composées 
sont celles qui s'expriment en plusieurs mots, comme kouls-houdé , cependant ; /(:er-ft€ñ( 
ma, aussitôt que; pélra-bennag ma, quoique, etc. 

Table des Conjonctions simples. 
Ârré , encore. 
lézet , soit. 
kémeñt , tant. 



hôgen , mais. 
c'Iwaz , encore. 
ia , oui. 
ivéz , aussi. 
ma , que. 
ma , mar , si. 
na , nag , ni. 
nann , non. 
pa , quand. 
pè , ou. 
rak , car. 



heñt, plus tôt. 

ker , ken , aussi , si, tant. 

kouls , aussi bien que. 

égvl , que. 

éla , donc. 

ével , comme. 

évil , pour que. 

gwcil , mieux. 

ha , hag , et. 

Table des Conjonctions cotnposécs 
Â-heñd-aU , d'ailleurs , du reste. 
a-vcc'h à peine. 
ad arré , encore. 
bézcl pévézet , quoi qu'il en soit. 
kémcñt ha ma , en tant que. 
ken-nébeùt, non plus , pas plus. 
ker kcñtma , aussitôt que , dès que. 
ker kouls ha, aussi bien que. 
kouls koudé, cependant , néanmoins , tou 

tefois. 
da-lavaroud-co , c'est-à-dire. 
da-ouzoud-eo , c'est à savoir, savoir. 
da-vihana , au moins , du moins. 



daoust pé , soit que. 

dré ma, parce que. 

dré-zé , c'est pourquoi. 

é-léacli ma , au lieu que. 

é-pdd ma , pendant que , tant que. 

cnn-divcz , enfui , à la lin. 

enn etir gér , en un mut. 

er vdd , mais. 

ével ma , ainsi que. 

évelsé, par conséquent , ainsi. 

l'vil-guir, à la vérité , en effet. 

l'rit tna , afin que , pour que. 

gant ma , pourvu que. 

8 



58 



goudêholl , apr^s tout , au surplus. 

guudé mu, après que. 

ha ma , quand ni^nie. 

héb-arvar , sans doute. 

mar-té-zé , jicut-étrf. 

na-mui-nammz , ni plus ni moins. 

né ki'l, ne, ne pas, point. 

tiànét ma , sinon que. 

out'h penn , de plus , en outre , d'ailkurs. 



BRETONNE. 
pé gemeñlbenndg ma , encore que. 
pénaoz, que. 
j)é ra(j , pourquoi. 
pé lid-hennày ma, nonobstant que, bien 

que , quoique. 
rak ma , d'autant que , attendu que , par- 
ce que. 
iak-ae , t'est pour(|Ui)i , parlant. 
seul ou *ii( ma , à mesure que. 



Observations. 

l'ar la raison énoncée plus haut , en parlant des prépositions , j'ai séparé , dans la table de» 
conjonctions composées , tous les mots ([ui concourent à former cbaque conjonction. Mais 
je préviens que , conformément à l'usage , on peut écrire en un seul mot : adarré , herkeñt , 
kerliouh . koulskuuilé ou kouskoudé , martézé , ouc'hpcnn , pégémeñl, pérah , pétra , etc. 



CHAPITRE IX. 

PARTICULES. 

Ad ou as marque le redoublement ou la répétition de l'action : adûber , refaire ; askoucza , 
retomber. 

Amavi an désigne l'inexécution de l'action ; am marque encore la privation : amzeñt , déso- 
béissant ; amc'houlou , ténèbres , privation de la lumière. 

I>i ou dis ou diz marque la destruction ou l'opposé de l'action : dibenna , décapiter ; dis- 
ncùda , éfilcr ; dizobcr , défaire. 

Êz ou az placé devant un adjectif dont il fait partie, lui donne une signification diminu- 
tive : ézwcnn , blancbdtrc ; azvélen , jaunAtre. Éz placé devant un adjectif, mais sans en faire 
Ijartie , lui donne la force du superlatif et sert d'adverbe : éz brdz , grandement , très -grand ; 
éz fur, sagement, très sage. 

Kcm, particule, la même que le cum des Latins , le com des Français et le syn des 
Grecs. Elle signiGe avec, ensemble .- kemmeski , mélanger, mêler ensemble ; kember, con- 
Uuent , qui coule , qui coule ensemble. 

Pcùr marque le complément ou la perfection de l'action : peûr-ôber , achever , accom- 
plir ; pcûr-zibri, achever de manger, manger entièrement. 

Il existe beaucoup d'autres particules du même genre , que l'usage peut faire connaître. 



CHAPITRE X. 

DES INTERJECTIONS. 

Les interjections sont des mots qui expriment quelque mouvement subit de joie, de dou- 
leur, de crainte, d'aversion, d'encouragement, etc. , tels que : 



lia.' ha! 

ai , aiou , ai Doué ! aï ! ah mon Dieu ! 

aou aou ! ouf! 

ai-la, daû d'ézhi .' allons , courage ! 

ac'hd , ôc'hô ! hé ! hc bien ! 

ac'han-la ! hé bien donc ! 

ac'h , fech, faé , foei .' fi , fi donc ! 

allaz .' siouaz .' hélas ! 

mdd ! bon ! 

lec'h , diwall! gare ! 



M ! ho ! 

gwaé , ia da ! ouais, oui da ! 

péoch ! paix ! 

grik , si ! silence , mol ! 

aô , aô ! holà , hé ! 

braô , braô ! bravo , vivat ! 

gicâ , gwàz da , malheur à. 

hoUa-la ! attention ! 

asa ou arsa ! çà ! 

haraô ! haro ! 



Les jurements, les imprécations et les emportements sont aussi ud« sorte d'inter- 
jections. 



n.-y DO PREUIER LITEE. 



LÏVRE SECOSU. Sg 



LIVRE SECOND 

CONTENANT LA SYNTAXE KT LES EXERCICES. 

CHAPITRE PREMIER. 

DE LA CONSTRUCTION DES ARTICLES. 

Nous avons vu, dans la première partie de cet ouvrage , que les Bretons n'ont que deux 
articles, l'un défini ann, ar ou al, qui répond aux articles français lb , la, les, et l'autre 
indéfini cmm , eur ou cul, qui répond aux mots français in, une; mais nous n'avons point 
encore parlé des particules qui accompaj^nent ces articles- 

1" (*) Edz ann, eûz ar ou eu: al désignent le second cas des noms au singulier comme au 
pluriel, lorsque ces noms se déclinent avec l'article délini. Ils répondent au mot français 
DU, DE LE, DE LA, DES, et au génitif des Latins. 

EXEMPLES : 

Eur penn eûz ann ti a zû kouézcl , 

un bout de la maison est tombé. 

Trémèned hon eûz ann hanter cftz ar goañv , 

nous avons passé la moitié de J'hiver. 

Màd eo hada war ann diskar eûz al lûar , 

il est bon de semer au décours de la lune. 
i'^ Eûz a cunn , eûz a eur, cdz a eul désignent le second cas des noms au singu- 
lier seulement , lorsque ces noms se déclinent avec l'article indéûni. Ils répondent aux 
mots français d'uN , d'uNE. 

EXEMPLES : 

Débred en deûz ann drédéren eûz a eunn aval , 
il a mangé le tiers d'une pomme. 
Evid ann daloudi'gez eûz a eur sh6ed , 
pour la valeur d'un écu. 

Ar c'hein eûz a eul léstr a zô kuzed enn dour , 

la quille d'un vaisseau est cachée- dans l'eau. 
3' Vann , d'ar , d'al, pour da ann , da ar , da al, désignent le troisième cas des 
noms au singulier comme au pluriel , lorsque ces noms se déclinent avec l'article déiîni. 
Ils répondent aux mots français au , a la , aux , et au datif des Latins. 

EXEMPLES I 

Raid eunn drâ-l^ennâg d'ann dén-zé , 

donnez quelque chose à cet homme-là. 

Kasid va zaé d'ar c'héméneur , 

portez mon habit au tailleur. 

Rôit gwclcn d'al Icttéou , 

donnez de la lavurc aux veaux. 
4" D'cunn , d^eur , d'eul , pour da eunn , da eur , da cul , désignent le troisième cas 
des noms au singulier seulement , lorsque ces noms se déclinent avec l'arlicle indéfini. 
Ils répondent aux mots français A un , a une. 

EXEMPLES : 

Rùid cunn lamm hara d'eunn lâd kéaz , 

donnez un morceau de pain à un père malheureux. 

Taolid ann askotirn-zé d'eur cVif , 

jetez cet os-li à un chien. 

Kasid ann éd-mañ d'eul labouz-benndg , 

portez ce blé-ci à (]uclquc oiseau. 
Je reviendrai sur ces espèces d'articles , en traitant des prépositions. 
Je passe à l'emploi de l'article délini. 

(*) Voyez ce que j'ai dit , dans la première partie , au sujet des différentes formes Je l'article a'i/i 
<|ui ne prend ni genre ui uoiuiire. ' 



Go GRAMMAIRE BRETONNE. 

5" Si la personne ou la chose dont on parle n'esil dcüigoéc que généralement , le suljstan- 
(if prend l'article. 

BXEMFLB» : 

Ar roué a zd lilañv , 
U- rui est malade. 
Ann U a zd brdz , 
la maison est grande, 
Ar c'hézeg a tô gwerxet , 
les chevaux sont vcimIuü. 
0" Si la pcrjüiine uu la chose dont on parle est désignée d'une manière distincte , le 
substantif ne prend point l'article. 

EXEMPLES : 

Roué Brô - Zao: a xô klafw , 
le roi d '.Angleterre est malade. 
Il va zdd a zô brdz , 
la maison de mon père est grande. 
Kèzeg (') hô preûr a z6 kaer , 
les chevaux de votre frère sont beaux. 
7" Les noms propres de pays , de provinces , d'Iles , etc. , ne prennent point d'article. 

EXEMPLES : 

Hr6-C'hall a xô eur vrd binvidik , 
la France est un pays riche. 
Breiz a zô leùn a borsiou mijr , 
la Bretagne est pleine de poris de mer. 
Énez Eûsa a zô dimallet gañd ar e'herrek , 
nie d'Ouessant est défendue par les rochers. 
8» L'article indéfini ne peut s'employer qu'avec les noms au singulier seulement. 

EXEMPLE : 

Eur marc'ha xi'i kréoc'h vgcd cunn dvn , 
un cheval est plus fort qu'un homme. 
L'article indéfini et l'adjcclif numérique étant écrits de même en français , il faut bien 
prendre garde de les confondre en breton. Quand dn ou une est article, il se rend en 
breton , comme on l'a déjà vu, par eunn , eur ou eul ; quand il est adjectif numérique , 
on l'exprime |)ar unan. Lorsque un od i'ne est employé pour spécifier le nombre , on doit 
le regarder toujours comme adjectif numérique. Ainsi dans la réponse à ces questions : 
Combien y a-t-il de diecx'/ on dit en français un, et en breton , unan. Combie.n de maisons 
* cet homme-la? il en a une; unan en deûz. 

Exercices sur le chapitre précédent. 
( f es chiffres indiquent le numéro de la règle.) 

Eunn dam 1 eiiz ann éd a zô breinct. Une partie du blé est pourri. 

Ar gwella 1 eûz ar c'hézeg a zô klañv , Le meilleur des chevaux est malade. 

E-pdd daou zévez 1 eùz ar zizun né ro Pendant deux jours de la semaine , il ne 

nétra, fait rien. 

Ar vihana 1 eûz al Icuéou a zô bel tagcl Le plus petit des veaux a été étranglé par 

gand ar bleiz , le loup. 

Rôidd'in ann hanter i etiz a cunn dorz l'ara. Donnez-moi la moitié d'une Iourte de pain. 

Ar c'holl 2 eftz a eur skôcd a zô eur c'holl La perte d'un écu est une grande perte 

brdz évil meùr a hini, pour plusieurs. 

Dré ann nerz 2 eùz eul loc'h é lakafcd ar Par la force d'un levier on ferait marcher 

ménésiou da gerzout, les montagnes. 

lAvirid 3 d^ann lôcr dond warc'hoaz , Dites au couvreur de venir demain. 

Kasid ar c'hrésiou-zé 3 d'ar géménérez , Portez ces chemises-là à la lingère. 

Rôid ann aval-man 3 d'al laouéna. Donnez celte pomme-ci au plus gai. 

Viskouézid ann drâzé k d'cunn dén kôz , Montrez cela « une personne âgée. 

Dimézid hô mdb li d'eur c'hrég fur , Mariez votre fils o une femme sage. 

Rôid argroaz-man k d'eul léanez , Donnez cette croix-ci à une religieuse, 

5 Ar môr a zô brasoc'h égéd 5 ann douar , La mer est plus grande que la terre. 

(*) Par cuplionio pour kezek. Quand la Icltre A-, précédée d'une voyelle, termine un mot, el que le 
mot qui suit commence par un k ou une voyelle, on change élégamment celle lettre en g. H. V. 



LIVBE SECOND. 



5 Al lôar a zo hihanoc^h évid 5 ann luvl , 

5 Ar mévcl a zô cet huit, 

6 Mûr h'crné a zô peskéduz-brds , 
6 Douar Léon a zô éduz , 

6 Matez va zdd a zô marô, 

1 Molénez a zô war-hél leir liv diouc^h 
Koñk , 

7 tùiez Vdz a zâ rag-éncp da Roskuf. 
Pétrà hoc'h ctU-hu{*) (jwñcd enn li-zè? 8 

£unD daol , s cur gwélé hag 8 eul laouer. 
Pégémcñd a rôol-hu d'é-omp? l)ék skùed a 

Tûinn d'é-hoc'h , hag unan dVid mdb , 
Klévcd em cûz pi'naoz hô pna pn'ned cur 

vioc'li ; UDan am eùz préned ivi'z. 



La lune csl plus pelile qne le soleil. 

Le valet s'en est allé. 

La mer do Cnmouaille est Irès-poissonneusc. 

La terre de Lcüm est abondante en blé. 

La servante de mon père csl morte. 

Molène est à la distance de trois lieues du 
Conquet. 

Li\e de IJas est vis-à-vis Roscoff. 

Qu'avez-vous vu dans cette maison? Lne 
table, un lit et une auge. 

Combien nous donnercz-vous? Je vous don- 
nerai dix écus , et u« à votre fils. 

J'ai oui dire ((ue vous aviez acheté «n« 
vache; j'en ai aussi acheté une. 



CHAPITRE II. 

DE LA CONSTRUCTION DES NOMS. 

1° Le substantif, lorsqu'il est sujet , se met généralement devant le verbe. 

EXEMPLES : 

Ar gwîn o zô marc'had màd rpar-drô da Haris , 
le vin est à bon marché aux environs de Paris. 

Ar roué a vlcû ar rotiañlélcz, liag ann dén divvar ar méaz a c'hounid ann douar, 
le roi gouverne le royaume, et le paysan cultive la terre. 
2» Il est cependant permis, et même il est quelquefois élégant, do placer le sujet après 
le verbe neutre. 

EXEMPLES : 

Enn dinaô ctl: ar nu'nez éz oa eur waz , war aod pchini cdo tiik cunn dén fur. 
Au pied de la montagne , il y avait un ruisseau , sur le bord duquel était la maison- 
nclle d'un sage. 
3° Dans les narrations , le sujet se met aussi après le verbe , quand il est placé au mi - 
lieu d'une phrase. 

EXRHPLES : 

Kased em cûz , émé ar mével , hô pioc'/i d'ar marc'had , 
j'ai envoyé , dit le valet , votre vache au marché. 
4" La place du cas objectif ou régime est généralement après le verbe , lorsque le sujet 
est un nom de personne ou de chose. 

EXEMPLES : 

I Ar c'fii en dcùz lazrd ar c'hàz, 

I le chien a tué le chat. 

5^ Lorsque le sujet est un pronom , le régime précède le verbe , quand ce dernier est au 
personnel. 

EXEMPLES : 



Ta brcûr a werz hé zanvez , 
mon frère vend son bien. 



Eur sléréden a wélann , 
je vois une étoile. 

6" Mais si le verbe est .'i 

Mé a wi'l eur sléréden , 
je vois une cloile. 



I Paou wenneg a c'hounczii , 

I Vous gagnez rffu.r sous. 

l'impersonnel , le régime se place après. 

EXEMPLES : 

I C'houi a c'hounid daou wcnnek , 

vous gagnez deux sous. 



7" En français, lorsque deux substantifs se suivent immédiatement, on fait procéder le 
dernier i)ar la préposition be ; en breton , on n'em|)loic aucune préposition devant ces noms. 

EXEMPLES : 

Kt lann « zô klañv gañd ar gounnar , 
le chien de Jean est malade de la rage. 

(*) iirîi est ici pnr euphonie pour cûz. Lorsque, dan» Ifs phr.ises iBterro);ali\rs , les pr-onoras 
. personnels hi'n , hu , hi , ht suivent le verbe , il csl élégant de changer la lettre faible de ce dernier 
en forte. 11. V. 



CnAMMAIRK BHRTdKNE. 

Kuiin t( duiiar a zavinn el Uors , 

]f bùtirai une maison de tcrrv dans le jardin. 

Dour \!\r a rri mdd fvil /lenderc'hel al iiuu , 

l'eau Je mer est bunne puur conserver la couleur. 

Id da brenna dôr ar porz , 

allez fermer la porte de la cour. 

Exercices sur hs nt/mt substantifs. 



Ann 1 héol a rô hé 4 c'hnulou d'al loar, 
Va 1 itnien deùz gréai sével à liez kaer , 
End é oé ywasted eur 2 ruaim brdz cùz ar 

vrézélidi , 
Déac'h é varvaz ar 2 vaniin , hirio eo mard 

ar 2 verc'h , 
Hiskôaz , éméz 3 h.iii, né tvéliz kémeñd ail, 
l'a zetlul é kéar , émé 3 lio t;"id, deui d'am 

g te é tout , 
Kôid /i lu) tiiuni d'in , lia bézomp a-unan , 
l'rénit i va fark , mar kirit ; né két pell 

diouc'h hocli hini , 
5 Ar gwîn o yaruiid Iwll enn ti-mañ , 
5 llù mâb a ylérann 6 (f«i'a, 
ilé a glév 6 hô merc'li ô kana , 
C'houi a éné 6 va c'hoar liéiia , 
Likid évez , terri a réod c> liù kouzouk , 
Uéz" é kanninn G hô mâb, mar gra giJab 

ac'hanoun , 
7 (Irég Pêr a zô eur gwall (') vaouiî , 

7 Loaiou kôat n'eûzkéné-ti hôpreùr, 

Eur 7 c'bi dour ont eûz lazcd hiriô, 
7 Trùad ar vouc'lial am cùz torred 6 faouta 
keùncùd , 



Le soleil donne sa lumière à la lune. 

nton p^re a fait b.^lir de belles m.iisons. 

Là fut détruite une grande jiarfte des guer- 
riers. 

Hier mourut <a vtère, aujourd'bui est morte 
la fille. 

Jamais , dit-iJ , je n'en vis autant. 

Quand vous viendrez en ville, dit votre 
père , venez me voir. 

Donncz-mui lamain , et soyons d'accord. 

Achetez mon champ , si vous voulez ; il 
n'est pas loin du vôtre. 

Ils aiment tous le vin dans cette maison-ci. 

J'entends gémir votre fils. 

J'entends chanter voire fille. 

Vous connaissez ma sœur ainée. 

Prenez garde, vous vous romprez le cou. 

Je battrai votre fils, s'il se moque de moi. 

La femme de Pierre est une méchante 

femme. 
11 n'y a que des cuillers de bois chez votre 

frère. 
J'ai tué aujourd'hui un chien d'eau (loutre). 
J'ai rompu le manche de la cognée en fen- 

danl du bois. 



CHAPITRE III. 

DE h.\. CONSTRUCTION DES ADJECTIFS. 
1» En breton , l'adjectif suit généralement le substantif. 

EXEMPLES : 

Eur zaé wenn a zô mdd évid ann hañv , 
une robe blanche est bonne pour Tété. 
Likid hô merc'h é-li eur marcltadour pinvidik , 
mettez votre fille chez un négociant riche. 
2" L'adjectif se place quelquefois avant le substantif, el alors ce dernier , quoique même 
du genre masculin, change sa lettre initiale de forte en faible. 

EXEMPLES : 

Eur (**) c'hôz varc'h hoc'h cùz gwcrzed d'in , 
vous m'avez vendu un mauvais cheval. 



Eur (***) c'hrenn vleiz en deùz lazed er diiâad , 
il a tué un jeune loup dans le bois. 



(*) Le mot gn'g signifie femme mabiêe, et le mot mnouez , en construcliou vaoucz , signifie femms , 
par opposiiion à lioiume. 

(**) Kùz , dans sa vraie acception, signifie viekx , et alors il suit toujours le substantif ; ici c'est un 
tenue de mépris , et il a le sens que l'on attache en français aux mots piivBB , mêciunt , placés avant 
le substantif. . 

("*) Krenn signifie roxd , coüht, et alors il suit le substantif ; ici il est pris dans le sens de E.iTBt 

TErlT ET GBA.ND j Kl IllÈS-JEUNE .NI TKÉS-VItUX. 



3'' Les comparatifs et superlatifs précèdent très-souvent les subslanlifs. 

EXEMPLES : 
Moanoc'h dcn eo cgèd kc vrcûr , j l'uroc'h grég eo égéd lu- mamm , 

11 est plus mince que son frère. ' elle est plus sage que sa mère. 

Mol pour mot : plus mince personne est que son frère ; plus sage femme est que sa mère. 
Ar gwcUa tàd cm cûz anavczcd, eo hoc'h hini , 
le meilleur père que j'ai connu , c'est le vôtre. 

4" TocT, quand il est adjectif et joint à un nom pluriel , se rend en breton par hoU , pri- 
ccdé de l'article ann ; comme ann hoU diid , tous les hommes ; il se place inditTéremment 
avant ou après le substantif. 

Mais, lorsqu'il est joint à un nom au singulier, on l'exprime parpt'6, qui signifie caigrE. 

EXEMPLES : 

Ann lioll dûd a zû marvuz ; hôgen péb dén a choañlabéva peu , 
tous les hommes sont mortels; mais tout homme désire vivre longtemps. 
S" On ne met ni holl ni péb devant les nombres cardinaux ; on remplace cet adjectif par 
des pronoms personnels. 

EXEMPLES : 

Hon daou éz aimp , vous viendrez tous les trois. 



nous irons tous les deux. 
IIô tri c téûol^ 



Hô fevar iñd bct , 

ils ont été tous les quatre. 



Mot pour mot : nous deux irons ; vous trois viendrez; eux quatre ont été. 
Outre les adjectifs cités à la règle deuxième , il en est encore un assez grand nombre 
qui doivent ou qui peuvent quelquefois précéder le substantif. Ce sont guatl, mauvais, 
méchant ; hcvélep , tel , semblable ; gour ou gor , petit ; berr , court ; briz , mélangé , demi ; 
hihan , petit; dis 1er , de peu de valeur ou de conséquence; gwcz, sauvage ; (/icir , vrai, 
véritable; hir , long; Wuei , semblable ; w^i-f;, nouveau ; holl, tout ; pe!<, long , éloigné ; 
Ireùz , de travers , qui traverse , et plusieurs autres. 

EXEMPLES : 

il y a des coloquintes dans son jardin. 



Eur gwall varo en deù^ lét , 
il a eu une mauiaise mort. 

Biskôazna wéliz eunn hévéleb amzer , 
je ne vis jamais un tel temps. 
Id dré ar ^onr-heñt, 
allez par le petit chemin. 

Ar berr alan a zô gañt-hañ, 

il a la courte haleine. 

Eur briz kaner eo , 

c'est un pauvre chanteur. 

Bihan boaz eo ar bara , 

le pain est peu cuit. 

Né kéd eunn dister drâ , 

ce n'est pas une chose de peu de valeur. 

Gvéz-irvin a zo enn hé liorz , 



Gwîr laéroun int , 

ce sont de vrais voleurs. 

Eunn \nT-hoal eo hag a zô dibaot , 
c'est une longévité qui est rare. 
Ann hével-fionn en , 
c'est la peine du talion. 

Chi'iu ann névez-c'/iancr, 

voilà le noMiYa«-né. 

Na anavczit két hé holl-c'AoiIoii(/, 

vous ne connaissez pas sa toute-puissance. 

VeU-amzer zô abaoé , 

il y a ^on^temps depuis. 

Dré ann Ireùz-hcnt ounn deùct , 

je suis venu par le chemin de traverse. 



De la construction des Noms de nombre- 

DES KOttS DE NOMBRB CARDINACX. 

Après les noms de nombre cardinaux, les substantifs auxquels ils se rapportent se metttnt 
toujours au singulier. 

EXEMPLES : 



Daou vâb , deux fils. 
Tri dén , trois personnes. 
Pévar marc'h , quatre chevaux. 
Pcmp park , cinq champs. 
C'houec'h ti , six maisons. 
Seiz bloaz , sept ans. 



Eiz dañvad , huit brebis. 

Naô miz , neuf mois. 

Dék bioc'h, dix vaches. 

Vgeñl Icô , vingt lieues. 

Trégoñt skôéd , trente écus. 

Pemzék kañt dén, quinze cents hommes 



Je ne connais qu'une exception h celte règle , c'est en parlant des quatre-lcmps , que l'on 



64 CUAMMAIBE BIIKTONNF.. 

désigne par a/m daouzék-détiuu ( mpt à mut, les dovzb jours). Celle irrégularilû u été saiii 
doule iiitruJuitu duiis U langue par un rédacteur du catéchisme peu instruit des règles d<; 
la grammaire (*). 

La construclion el le rang des nombres ordinaux dans le discours n'ofTrant aucune difficul- 
té , on ne pourrait que répéter ici ce qui a été dit li la première partie. 
Exercices sur les Adjectifs. 

Né wiennkèd ho pda eur mdb 1 brà/. Je nesavais pas que vous aviez un i/rand fils 

Eur rerc/i 1 vilian am eiiz ivé , J'ai aussi une petite fille. 

Eur vaouez 1 goaut a denn war-n-ézhi ann Une jolie femme attire sur elle tout les 



2 boll zellou, , 
Uii preür en deilz eur 2 gwall baotr , 
2 Kdz vàger al liorz a zô diskarel, 
S Uravoc'h amzer a ra hiriô éiid déac'h , 

î Brasoc'h véreüri hoc'h eûz e'vid-oun , 

î Krisa mdb am edz gwéled eo , 

Nékéd ar ré a gomps armuia a zd ar i gwi- 

ziéku tûd, 
Ann ti hoU dùd iaouañk a dlé kerzoud évid 

diwall ar vrô , 
Ar gwt'z 4 lioll a zô gôlôed a zeliou , 
i Péb dén ko: a dléfé rei aliou mdd , 

Hô péva a rinn 5 hô taou, mar kirit héza 

fur , 
Êad iñd 5 ho zrt war ar méaz , 
BrémaFi eur bloaz é oamp klañv hoii 

pemp. 



regards. 

Votre frère a un méchant garçon. 
Le t'ieux mur du jardin est abattu. 
11 lait un plus beau temps aujourd'hui 

qu'hier. 
Vous avez une plus grande ferme que moi. 
C'est le fils le plus dciiatun' que j'aie vu. 
Ce ne sont pas ceux qui parlent davantage 

qui sont les plus savants. 
Tous les jeunes gens doivent marcher pour 

défendre le pays. 
Tous les arbres sont couverts de feuilles. 
Tout homme âgé devrait donner de bons 

conseils. 
Je vous nourrirai tous les deux , si vous 

voulei être sages. 
Ils sont allés tous les trois à la campagne. 
Il y a un an que nous étions malades tous 

les cinq. 



CHAPITRE lY. 

DE L.\ CONSTRUCTION DES PRONOMS. 

Des pronoms personnels. 

Le pronom personnel doit être considéré comme sujet et comme régime. 

1° Quand le pronom personnel est sujet, il se place avant lé verbe, si le verbe est à l'impersonne I. 



Mé a wélô ann drd-zé , 
je verrai cela. 
Té as pczô bara , 
tu auras du pain. 
Héñ en dcùz gréât , 
U a fait. 

Hi é deûz gréât, 
elle a fait. 



Ni a gané , 
nous chantions. 

C'houi hô pézô kig , 
vous aurez de la viande. 

Hi hô deûz débret, 
ils ont mangé. 



2" Si le verbe est au personnel, le pronom sujet ne s'exprime point, ou plutôt il suit 
la personne du verbe dont il fait partie intégrante. 

EXEMPLES : 

Hô c'hôar a garann , 
j'aime votre sœur. 
Allez é kanez , 
lu chantes souvent. 



Da grcisteiz é leinomp , 
nous dinons à midi. 



Mar kirid , é teûot , 

si vous voulez, vous viendrez. 

Warc'hoaz éz aiñt , 

ils iront demain. 



Bara a zébr , 
il mange du pain. 

3ü Le pronom sujet ne s'exprime pas non plus , si le verbe, toujours à l'infinitif , prend les 
temps du verbe ôbcr , faire , au personnel. 



(*) On ne met le pluriel à la fia des noms de nombre que quau J on fait suivre ces noms de la pié- 
jiosilion a , des. Ex. : Ann trégoñlk Vrétoned, les trente Bretons ; à la lettre , les trente des Brelons 
ou d'entre les Bretons. H. V. 

EXEMPLES : 



LIVRE SECOND. 



t,^ 



EXEMPLES ■ 



Karoud a rann M c'hùar , 
j'aime votre sœur. 
L'aïia a réz allez , 



(u chantes souvent. 
Dihrl a ra bara , 
il mange du pain. 



4' Quand le pronom personnel est régime et qu'il est gouverné par un verbe , il se place 
ordinairement avant le verbe. 



EXEMPLES 



Eô làd en dcùz va clièlcnncl , 
votre père m'a instruit. 

Ta brcûr as vuigù , 
mon frère le nourrira. 
Va c'hi hcñ diwallâ , 
mon chien le défendra. 

Va c'hi hé diwallô , 



mon chien la défendra. 

Va c'hôar è deûz hor gwclet , 

ma sœur nous a vus. 

Tfé kréy hù karô , 

votre femme tous aimera. 

Eùz ann heñd fall ho zenninn , 

je les retirerai de la mauvaise roule. 



5» Il y a cependant une autre manière d'exprimer les pronoms personnels à l'objectif, et 
alors ils se placent après le verbe. 

EXEMPLES : 



Ho tdd en deûz kélenned ac'hanoun . 
votre père m'a instruit. 
Va breûr a vagô ac'hanod, 
mon frère te nourrira. 
Va c'hi a ziwallô anézhañ , 
mon chien le défendra. 

Va c'hi a ziwallù anézhi , 



mon chien la défendra. 

Va c'hôar é deûz gwéled ac'hanomp , 
ma sœur nous a vus. 

IIô krég a garô achanoc'h , 
votre femme vous aimera. 
Eùz ann heñd fall é tcnninn anézhô , 
je les retirerai de la mauvaise route. 



6" Quand le pronom personnel est régime , et qu'il est gouverné par une préposition , il se 
place toujours à la suite de la préposition. 

EXEMPLES : 

Ann li-mañ a zô d'in , 
cette maison-ci est à moi- 

Êma dira-:-oud , 
il est devant loi. 
Lammel em eùz dreisl-baïi , 
j'ai sauté par-dessus lui. 



Kouézed eo war-n-omp , 
il est tombé sur nous. 

Leina a rinn 5'an-^-hoc'h, 
je dinerai avec vous. 

En em ganna a rcaz ou(-bô , 
il se battit contre eux. 



"7" J'ai djt, dans la première partie , que le pronom français soi se rendait en breton par 
han ou héñ hc-unan , dont le pluriel est hù ou hint hô-unan .- il me reste à indiquer ici la 
place de ce pronom , lequel est toujours régi par une préposition qu'il suit immédiatement. 



Pép-hini évil-ban hé-unan , 
chacun pour soi. 

AV zoug kéd a lienn icar-n-hafi hé-unan, 



il ne porte pas de linge sur soi. 
Né zigasiñt nétra gafil-hô ho-unan 
ils n'apporteront rien avec eux. 



8' Lorsqu'en français plusieurs pronoms personnels se rencontrent devant un verbe, il est 
d'usage de les résumer en un autre pronom au [iluricl , lequel régit le verbe au pluriel. En 
breton, ce pronom pluriel ne s'exi)rime point, et le verbe est toujours h la troisième per- 
sonne du singulier. 

EXEMPLES : 



C'houi , h(j tdd ha mé, a lenn ar galleg , 
vous, votre père et moi , nous lisons le 
français. 



m , hé c'hôar ha (é, a gâr kana, 
elle , sa sœur et toi , vous aimez à chan- 
ter. 



9° Dans plusieurs phrases où l'on emploie en français les pronoms personnels , on se sert 
en breton des pronoms possessifs. 

EXEMPLES : 



Trouc'ha a rit va biz , 
Vous me coupez le doigt. 
Skuiza ra da ziou-skouarn , 



il te fatigue les oreilles. 
Terri a rid hé ircac'h , 
vous lui rompez le bras. 



GG 



CRAMMAinn nBETONNE. 



Exercices iur les 

1 M(i (1 gasô va mével d'hù li warc'hoaz , 

Dcac'h hor boé eiiz hé f/elou , 

1 M^' am eüi gwerzel lild eiiz vaéd , 

Hi) c'Iiôar a 2 garaaii a yniz va c'haloun , 

Abrdd é 2 leiiiiiub hirio , rak-té né zalêit 

két , 
ñloñd a 3 rcoñd d'ann eûreùd , 
l.cnn a 3 rtd héd ann deiz , ré eo , 
Liiñva a 3 réz kéd unn nôz , ha né 2 licllcz két 

kousket , 
Va zdd en deûz 4 va alied da ôber éveUé , 
Mé 4 hô kdr hag k lii) karo kül ha ma vé- 

vinn , 
Uùinamin é deüz 4 hor cluised amañ , 
Ar mével a wéUi 5 anézhañ warc'hoaz. 
Va c'hùar a chalv 5 ac'harioinp. 
Al louzou-mañ a vira 5 ac'hanoc'h diouc'h 

ann dersien , 
Gri'ad en deûz ann drd-zé évid-6 oun, 
lied ounn gañl-6 hañ war ar méaz, 
(Irvell eo gañd ann di'n laoaroud drouk anéz- 

7 hañ hé-unan , égel né d-eo lével war- 

n-7 haû hé unan , 
Choui ha me a 8 iclù da Vrést , 
m , lé ha mé o 8 oa cnn iliz , pa zeùaz ar 

glao , 
Urondued hoc'h eûz 9 hé vréac'h hag 9 hé 

sourn , 
Terri a réaz 9 va gdr gañd lié vdz. 
f)evi a réoi 9 hô pléâ gañd ar gouîou , 



pronom» perionneli. 

J'enverrai demain mon valet chez vous. 
AoM« eûmes hier de ses nouvelles. 
J'ai vendu une partie de mon lilé. 
J'airae voire sii-ur de tout inuti cu-ur. 
Nous dînerons de bonne heure aujourd'hui. 

ainsi ne lardez pus. 
Ils vont à la nuce. 
Vous Usez tout le jour, c'est trop. 
Tu gémis toute la nuit , et lu ne peux pa^ 

dormir. 
Mon père m'a conseillé de faire de même 
Je vous aime et vous aimerai tant que je 

vivrai. 
Voire mère nous a envoyés ici. 
Le valet le verra demain. 
Ma scpur nous appelle. 
Ce remède - ci vous préservera de la 

fièvre. 
Il a fait cela pour moi. 
J'ai été avec lui h la campagne. 
On aime mieux dire du mal de «o» , que de 

n'en point parler du tout. 

Vous et moi , nous irons à Brest. 

Elle, toi et moi, nous étions dans l'église, 

lorsque la pluie vint. 
Vous lui avez meurtri le bras et la main. 

Il me rompit la j'ambe avec son bâton. 
Vous vous brûlerez les cheveux avec la 
chandelle. 



Des pronoms possessifs. 

Il y a deux sortes de pronoms possessifs , les pronoms possessifs conjonctifs et les pro- 
noms possessifs absolus. 

Le pronom possessif conjonctif doit être considéré comme sujet et comme régime. 

t" Quand le pronom possessif conjonctif est sujet, il se met toujours , avec le nom de la 
personne ou de la chose possédée , avant le verbe. 



Va moéréb a zâ hâz , 
ma tante est vieille. 
IIô saé o zô toull, 
votre habit est percé. 



Da verc'h a zô koañt , 

ta fille est jolie. 

Hé dâd a zô klanv , 
son père est malade. 



2'' Quand le pronom possessif conjonctif est régime , il se place après le verbe . si le 
verbe est à l'impersonnel. 

EXEMPLES : 



Mé a gdr hô c'hôar, 
j'aime votre sœur. 
Hi a wcrzô hé zi , 



elle vendra sa maison. 

Mé a lazô da gî , 
je tuerai ton chien. 



3° Il se place encore après le verbe , si le verbe, toujours à l'infinitif, prend les tem|)s 
du verbe ôber , faire , au per.<!onnel. 

EXEMPLES : 



Karoud a rann hô c'hôar , 
j'aime votre sœur. 
Gwcrza a rai hé zî. 



elle vendra sa maison. 
Laza a rinn da gi . 
je tuerai ton chien. 



4' Mais si le verbe est au personnel , le pronom possessif conjonctif régi se place avant le 
verbe. 



Hô c'h6ar a garann , 
j'aime votre sœur. 
lié zî a werzô , 



LIVRE SECOND. 
EXEMPLES : 



oIIp vpndra sa maison. 
l)a gi a lazinn , 
je tuerai Ion chien. 



5-T Quand mon , ma , mes sont à roljjectif et régis par la préposition française a , on renJ 
ces pronoms en breton par arn , précède de la préposition (la. Ainsi, au lieu de dire da rnn 
sdd , ou da va zdd , a mon pisbe , on dira , par une transposition de lettre , d'am zdd. 



Livirid d'am zdd dont aman , 
dites o mon père de venir ici. 

Kasid ann drd-mañ d'am mamm. 



exemples 



portez ceci à ma mère. 

Ann drâ-zé a :â d'ara breûdeûr , 

cela est à mes frères. 



6' Lorsque TON , ta, tes, sont de même régis parla préposition française a , on les ex- 
prime par az , précédé de la préposition da. Ainsi , au lieu de dire : da ta ddd , ou da da 
dàd , A TON PÈHE , on dira par euphonie , d'az tdd. 



Eunn drd-hcnnâg a dlêann d'az tdd , 
je dois quelque chose à ton père. 
Eunn aval a rôinn d'az c'hoar, 



je donnerai une pomme « ta sœur. 

R('d eo rci kclcn d'az mipien , 

il faut donner de l'instruction à les fils. 



Quant aux autres pronoms, ils n'éprouvent aucun changement, quoique précédés de la 
])réposition da. 

Les pronoms possessifs absolus tiennent lieu des noms , et sont gouvernés par des verbes 
ou des prépositions. Ils ne prennent point de genre et se placent avant ou après le verbe, 
selon qu'ils sont sujet ou régime. 

7' Lorsque le pronom possessif absolu est employé comme sujet, il se place toujours avant 
le verbe. 

EXEMPLES : . 

HÔ ti a zô brdz , va hini a zô c'hôaz brasoc'h , 
votre maison est grande , la mienne est encore plus grande. 
Va breûr a zô bihan ha da hini a zô ivcz , 
mon frère est petit , et le tien l'est aussi. 
Hô pugalé a zô klam , va ré a zô iac'h , 
vos enfants sont malades , les 7niens sont bien portants, 
Hô mere'hed a zô gwdn , va ré a zô kré , 
vos filles sont délicates, les miennes sont fortes. 
8" Lorsque le pronom possessif-absolu est régime , il se place après le verbe ,si le verbe 
est à l'impersonnel. 

EXEMPLES : 

Sélu hon daou varech ; mé a gèmcr va hini , c'houi a grmérô hoc'h hini , mar kiril , 
voilà nos deux chevaux ; je prends le mien , vous prendrez le vôtre , si vous voulez. 
Likid hô saéou , mi a lakai va ré , 
mettez vos habits , je mettrai les miens. 
9" Mais si le verbe est au personnel, le pronom possessif absolu se place avant le verbe. 

EXEMPLES : 

Sélu hon daou varc'h; va hini a ghnirann , hoc'li hini agémcrot, markiril, 
voilà nos deux chevaux; je prends le viien , vous prendrez le vôtre , si vous voulez. 
Likid hô sacou , va ré a likiinn , 
mêliez vos habits, je mettrai les miens. 
10 En français, on se sert quelquefois du pronom possessif absolu pour exprimer, 1" ce 
qui est drt à une personne , comme : cuacun doit avoir le sien ; '2 les parents ou les gens de 
quelqu'un : il a été en boute , mais il est maintenant parmi les siens. 

En breton , ce pronom n'est jamais employé dans un tel sens : on met à sa place le 
pronom possessif conjonctif joint au nom. 

exemples : 

Pép-hini a dlé haoud hé drâ , 
chacun doit avoir le sien. 

lied co enn hcñd , hngen ('ma bréma é-touez hé drtd . 
il a été en route, mais il est maintenant parmi les sicn^. 
Mot pour mol : chacun doit avoir sa chose. Mais il est maintenant parmi -<fi gens. 



(;8 



C. n V M.M A 1 RU" DREÏONNE . 



Ejercices tuT les 
t Va tid u zti éad d'ar marc'had , ha 1 va 

mamiu a zô er gi'ar , 
1 Ua vàb ha i (la vcic'hcd a zô éed da c'hoa- 

ri el Uorz , 
1 lluii wdé a î(i ré vihan ànd duou , 
SIé a wct bemdéz 2 hù preûr Itag 2 liô c'hôar. 
Si a biénù 2 h6 II hag 2 lio park, p'AJ 

gicerzot , 
lit a viré 2 va danvez , épdd ma oann cr- 

méaz cùz ar vrô , 
Ukcoud a rann 3 da c'hùar 6 kana , 
Kéltnn a rinn S va màb, pa vézù deùd da 

bemp ploaz , 
h Hù paolred a skuizod oc'h /«> c'hdt ré aliez 

en heñd , 
à Va mamm a gasaund , ha né ouzoñl kél 

pérdg , 
Livirid 3 d'am mcvd Ad* ur zaoud d'ar 

peiiri , 
(îwerzed en deùz hé varc'h 5 d'am brcùr , 
Da vatnm a râ da zéna G d'az c'hôar vihan , 
Pa vézo kresteiz, é kasi hé lein « d'az tàd , 

Èd kaer hoe'h eûz ; hôgcn 7 va hini a zô 

c'hôaz kaéroch , 
Va màb a zô'iaouankoc'h évid 8 hoc'h hini, 

hag évelsé 7 hoc'h hini a zô kôsoc'h, évid 

S va hini, 
Diou loden hoc'h cùz gréât; 9 va hini a gé- 

mérann, hag 9 hoc'h hini a roann d'é-hoc'h, 
Lavaroud a heltann pénaoz. mar en défépép- 

hini 10 hé drà , é venn pinvidik , 
Né kél béd digémérel màd gand 1 hé dûd , 
Ann hotl a dléeur da garoul, hôgcn 10 hé 

dûd di-eisl-lwll , 



prononn pottetiift. 

Mon père est allé au marché , et ma mire 

est ù la inaisiin. 
Ton fih et tet fiUet sont allés jouer dans !<■ 

jardin. 
Nuire lit est trop petit puur deux. 
Je vois tous lesjours vulre frère el vulretœur. 
Nous aciièlerons votre niainon vl votre champ, 

quand vous les vendrez. 
Elle gardait mon bien pendant que j'étais 

hors du j)ays. 
J'entends lu *n»ur qui chante. 
J'instruirai mon fils , quand il aura atteint 

cinq ans. 
Vous fatiguerez vos garçons , en les en- 
voyant trop souvent en route. 
Ils baissent ma mère, et ne savent pas pour- 
quoi. 
Dites à mon valet de mener les vaches au 

pAturage. 
Il a vendu son cheval à mon frère. 
'l'a mère donne à tcter à la petite sœur. 
(Juaiid il sera midi , tu porteras à diner à 

ton père, 
l'ous avez de beau blé } mais le mien est 

encore plus beau. 
Mon fils est plus jeune que le vôtre , et , 

par conséquent, le vôtre est plus âgé que 

le mien. 
Vous avez fait deux parts : je prends la 

mienne , et je vous donne la vôtre. 
Je puis dire que, si chacun avait le sien , je 

serais riche. 
Il n'a pas été bien reçu par les siens. 
On doit aimer tout le'monde , mais surtout 

les siens. 



Des pronoms démonstratifs. 

On a vu , dans la première partie, quelle est la manière d'exprimer les différents pronoms 
démonstratifs ; il reste à indiquer ici , par des exemples , la place qu'ils doivent occuper dan» 
le discours. 

1^ Ce . CET , CETTE , CES , lorsqu'ou parle d'une personne ou d'une chose qui nous touche 
ou qui est entre nos mains, s'expriment par l'article or ou ann, que l'on met devant le 
substantif , et mañ ou ma , que l'on met par forme d'enclitique immédiatement après le sub- 
stantif , tant au singulier qu'au pluriel. 

La particule mañ ou ma (,*) répond à la particule française ci, qui se place de même après le 
substantif. 

EXEMPLES : 

■ce chien'ou ce chien-ci est méchant. 



Ann <(-mañ a zô d'am zâd , 

cette maison ou cette maison-ei est à mon père. 

Ar c'/it-ma o zô drouk , 



Ar merc'hcd-man a ko koañt , 
ces filles ou ces filles-ci sont jolies. 



2' Ce, cet, cette, ces, lorsqu'on parle d'une personne ou d'une chose qui est devant 
nous ou près de nous , s'expriment par l'article ar ou ann, que l'on met devant le sub- 
stantif, et zé immédiatement après, tant au singulier qu'au pluriel. 

La particule zé (**) répond à la particule française la. 

EXEMPLES : 

Livirid d'ar c'hrég-ié doftd aman , 1 Ar lôger-ié a zô daré da gouéza , 

dites à cette femme ou à celte femme-(à de ce mur ou ce mur-ià est sur le point de 
venir ici. | tomber. 



(*) Contraction de aman ou ama, ici. H. V. 
(**) Contraction de azé ou care , là. 11. V. 



LIVRE SECOND. 6ç) 

Ann dùd-zé a zôpinvidik , ce$ gens ou ces gcns-/à s<inl riches. 

3" Ce, cet, cette, ces , lorsqu'on parle d'une personne ou d'une chose qui est hors de 
notre vue ou éloignée, s'expriment par l'article ar ou ann, que l'on met devant le sub- 
stantif, et hoñl immédiatement après , tant au singulier qu'au pluriel. 
I.a particule hoñl (♦) répond encore à la iiarliculc française i.a. 

Exemples : 

ce cheval ou ce cheval-/« est fort. 



Ann H-hoñta z6 c'hùazpcll, 

celle maison ou celte maison- W est encore 

loin. 
Ar marc'h-hoûl a zo krc. 



Ar c'heriouhoul n'tnt hi'l kaer , 
CCS villes ou ces villes -ià ne sont pas 
belles. 



4" Ce est placé quelquefois , en français , devant le verbe être , comme : c'est moi. — c'est 
iNE bonne cuose. — CE SONT DE VIEILLES NODVELLEs. PouT rcndrc CCS phrascs en breton , 
on n'emploie point le pronom démonstratif; il faut seulement faire une inversion , et mettre 
le nom avant le verbe. 

EXEMPLES : 

c'est une bonne chose. 



Mé co, 
c'est moi. 



Kélou kûz iñl , 

ce sont de vieilles nouvelles. 



Eunn drd vdd eo, 

Mot pour mot : moi est. Une chose bonne est. Nouvelles vieilles sont. 
5' Quelle que soit la longueur de ces sortes de phrases, le verbe être s'y place toujours 
le dernier. 

EXEMPLES : 

Ann dm hoc'h ciiz gwded aman eo, \ Ar pinridika marc'hadourien eûz a ge'ar iûl , 

c'est la personne que vous avez vue ici. | ce sont les plus riches marchands de la ville. 

6" Ce est quelquefois suivi de qui ou de qce. Ces deux mots, quand ils peuvent se tourner 
par i.\ CHOSE Qii , LA CHOSE QCE , sc rendent par ar péz. 

exemples : 



Ar péz a ra drouk d'in , 
ce qui me fait mal. 
Ar péz a gasaann armuia, 
ce que je déteste le plus. 



Ar péz a zû mdd a garann, 
j'aime ce qui est bon. 

Ar pé^am eûz gwcled a lavarann , 
je dis ce que j'ai vu. 



7" Mais si ce qci, ce que peuvent se tourner par quelle chose , on les traduit alors par 
pétra. 

EXEMPLES : 



Setu pétrâ a ra drouk d'in , 

voilà ce qui me fait mal. 

Sétu pétrâ o gasaann ar muia , 



voili ce que ]e déteste le [ilus. 
A'J ouzonn két pélrA a liviril , 
je ne sais pas ce que vous dites. 



8° Cb QUI et CE QUE sont souvent suivis de ce , mis avant le verbe être , au second mem- 
bre de la phrase ; on n'exprime jamais , eu breton , le second ce. 

EXEMPLES : 

Ar péz a zô kaer , eo ar môr , i Ar péz a gdr, eo ar gwin, 

ce qui est beau , c'est la mer. I ce qu'il aime , c'est le vin. 

9' Ce qui et ce que , mis après le mot tout, se rendent par kémeûd. 

EXEMPLES : 

Kémeñd a zv enn H-rnañ a zô d'in , l Kémércd hoc'h cùz kémend cm bon , 

tout ce qui est dans celle maison-ci est à moi. | vous avez pris tout ce (/mc j'avais. 
10" Ceut et CELLE se traduisent par ann hini , pour les deux genres. 

EXEMPLES : 



Ann hini a dlé d'é -hoc'h a zô éat kuit , 
celui qui vous doit s'en est allé. 

Ann hini hoc'h eûz rôed d'in a zô /a(J, 



celui que vous m'avez donné est mauvais. 

Ann hini o zô kaer né kéd utô mdd, 
celte qui est belle n'est pas toujours borne. 



11" Ceux et celles se traduisent par ar ré, pour les deux genres. 
(*) Coiilraelion de a-liciil ou lahoiil , i.K-n/i!,. 11. V. 



^o 



Ar ré a sd /lir a vér prll , 

cfttj- qui sonl sages viveiil iDii^teinps. 

Ar ré /loc'/i eûz gwñed aman a zû marô , 



CIlAMMAinE nnP.TONNK. 
EXEUPLHS : 

ceux que vous avez vus ici sont mortS' 
Ar rc- a glaskid a zii lec'hel kuU , 



celles qui! Vous clicrcliez se sont échappée». 



12' Celui-ci se rend par hé-mañ , celle-ci par hoa-mañ , cl CELi-ci , celle» ci , par ar 
ré-mañ , pour les deux, (jenres. 

EXKHPLES : 

//() kézek a zd kaer , hôyeit hé-man a sd haéroc'h , 
vos chevaux sont beaux, mais celui-ci est |ilus beau. 
Hc c'hùar héna a anavézann , ha né anavézenn kéd hou-mañ , 
Je connais sa sœur ainée , et je ne connaissais pas celle-ci. 
Diskuuézil gtcéléou ail d'in , ar ré-mañ a z6 kalel, 
nionlrez-moi d'autres lits , ceux-ci sont durs. 
Kalz a iVV hdc'h eà: , guierzid ar ré-inan d'in , 
vous avez beaucoup de poules, vendez-moi celles-ci. 
13" Celcila (présent ou près de nous) se rend par hcn-nez ('), celle-la par houn nez , 
et cEDx-LA , CELLES-LA , par ur ré-zé , pour les deux genres. 

EXEMPLES : 

Kémcrid licn-nw. écid-hoc'h , ha rôid cgilé d'hô preûr , 
prenez celui-là pour vous , et donnez l'autre à votre frère. 



lloun-nez eo a vézô va grég , 
c'est celle-là qui sera ma femme. 

Kasid ar ré-zé d'hô lùd, 



portez ceux-là à votre père. 

Ar ré-zé a zô ré vrâz , 
celles-là sont trop grandes. 



14° Celi'i-la (absent ou loin de nous) se rend par héñ-hoñl , et celle-la , par houn-hwi , 
cl CECi-LA CELLES-LA , par uc ré-hoût, pour les deux genres. 

EXEMPLES : 

Jd do glask hcñ-hont, ha digasil-hén gan-é-hoc'h , 
allez chercher celui-là , et emmenez-le avec vous. 
Lavaroud a rcod da houn hoñt doñd warc'hoaz , 
vous direz à celle-là de venir demain. 
Fa zcùi ar ré-hr,ñt , éz inn gafit-hô, i Ar ré-hoñt a zô fall, 

quand ceux-là viendront, j'irai aveceux.j celles-là sont mauvaises. 

13° On exprime ceci par ann drà-man , cela (près de nous), par ann drd-zé , et cela 
( loin de nous ) , par ann drâ-hont. 

exemples : 



Pégemeñd cwerzil-hu ann drà-man ? 
combien vendez-vous ceci? 
Rôid ann drà-zc d'ho mamm, 



donnez cela à votre mère. 

Né brérànn kéd ann drâ-hont hiriô , 

je n'achèterai pas cela aujourd'hui. 



Exercices sur les pronoms démonstratifs. 



1 Ai;n daof-man a zô ré vihan évid c'houec'h 
dén, 

1 Ar park-mm nékcl teilcd awalc'h évid la- 
kaat gwiniz , 

l'égémend é werzot-hu d'in l ar gwéz-raaû ? 

2 Ar marc'h-zé a zô ré zammct, 

2 Ar mésiou-zà a zô gôlôed a éd , 
S Ann e'os(i^-hoñt a gdn braô , 

Galvid i ar pjac'ft-hofit , ha livirid d'ézhi 
doñd aman , 

3 Ar vreùdeür-hoñinenem, garant kél kalz , 
Piou a zô azé? Mé k eo , 

Piou a skô évelsé? 

Va c'hcnderv 4 eo, 

Ar vrasa anczhô hoU 5 eo , 

Ar c'hréva gourénérien cùz ar rrô 5 iñt , 



Cette table-ci est trop petite pour six per- 
sonnes. 

Ce charap-ci n'est pas assez fumé pour met- 
tre du froment. 

Combien me vcndrez-vous ces arbres-ci '.' 

Ce clieval-(à est trop chargé. 

Ces campagnes ià sont couvertes de blé. 

Ce rossigno!-ià chante bien. 

Appelez celte fille- (o , et dites-lui de ve- 
nir ici. 

Ces frères-!à ne s'aiment pas b?aucou[). 

Qui est là '/ C'est moi. 

Qui est-ce qui frappe ainsi? 

C'est mon cousin. 

C'est le plus grand d'eux tous. 

Ce sonl les plus forts lutteurs du pays. 



(*) Hen-nez el /lotin-rtez sont ici , par une transposition , pour hé-zé , hou-zé , à moins cependant 
que la finale ne soit le mol nez , pnucat. 



LIVRE SECOND. 



7' 



6 Ar péz a zô téar né bad két , 
6 Ar péz a lavarann d'é-hoc'h a zô gwîr , 
Rôid d'in 6 ar péz a gerrol , 
Sétu 7 pétrâ a glevann iemdez , 
Livirid d'in 7 pétrâ a dUiann da ùber , 
Ar péz a skuiz ann holl , 8 eo ann amser 
fall , 

Kémcfid en dûa en deûz Icolled ô c^hoari , 

9 Kémtfid a wcrzeur aman a z6 nidd , 

10 Ann hini hocli eu: rôcd d'in a zô gwel- 
loc'h ivid 10 ann hini cm bôa araok , 

Gwell co gan-('n 10 ann hini a zô fur , évid 
10 anii hini a zôpinvidik, 

10 Ann hini c deùz lavared ann drd-zé dV- 
hoc'h a zô ntr gaouiadez , 

11 Ar ré a gdr lenn a gdv hcrr ann amzer , 

N'em cûz kct gwéled llarré a c^hoitlcnnil, 
Sétu azé mercliel , hôgcn né kid 11 ar ré 
o glaskil , 

12 Ilé-mafi a zô gvicUoc'h évid 15 hcn-ncz. 
12 Ilou-mañ a zô ré gôz , hag 13 houn-ncz 

a zô ré iaouañk , 

Eùz a di va breûr é Icû 12 ar ré-mañ, 
Kléved tm cùz éz oo merc'hed koañl er vrô- 

mañ ; hôgcn 13 ar ré-zé né d^iñl két , 

Ma né zcù kéd 14 hen-hoñd hiriô , ézéod 

warclioaz d'hé di, 
Kased cm cùz 14 houn-hoñd kuil, 
Id da lakaad li ar ré-hoñd warann heñt , 
Likid éocz ouc'ft 15 ann drâ-mañ , 
P'hô pézô gréad 15 ann drâ-zé , ezéodda 

leina , 

Ar mével a zô éad da glask 15 ann drâ hofit, 



Ce qui est violent ne dure pas. 

Ce que je vous dis est vrai. 

Donnez-moi ce que vous voudrez. 

VoilA ce que j'entends tous les jours. 

Dites-moi ce que je dois faire. 

Ce qui fatigue tout le monde , c'esl le mau- 
vais temps. 

11 a perdu au jeu tout ce qu'il avait. 

Tout ce qu'on vend ici csl bon. 

Celui que vous m'avez donné est meilleur 
que celui que j'avais auparavant. 

J'aime mieux celui qui est sage , que ce- 
lui qui est riche. 

Celte qui vous a dit cela est une men- 
teuse. 

Ceux qui aiment à lire trouvent le temps 
court. 

Je n'ai pas vu ceux que vous demandez. 

Voilà des Olles, mais ce ne sont pas celles 
que vous cherchez. 

Celui-ci est meilleur que celui-là. 

Celle-ci est trop vieille , et celle-là est trop 
jeune. 

Ccux-ei viennent de chez mon frère. 

J'ai ouï dire qu'il y avait de julies femmes 
dans ce pa>s-ci; mais celles-là ne le sont pas. 

Si celui-là ne vient pas aujourd'hui , vous 
irez demain chez lui. 

J'ai renvoyé celle-là. 

Allez mettre ceux-là sur la route. 

Faites attention à ceci- 

Quand vous aurez fait cela . vous irez 
dîner. 

Le valet est allé chercher cela. 



Des pronoms inlerrogal'ifs . 

1" Qri interrogatif , lorsqu'il ne peut pas se tourner en français par leqcbl , laquelle, 
LESQUELS , LESQUELLES , sc Tend en breton par piou , pour les deux genres et pour les 
deux nombres. 

EXEMPLES : 

Piou eo hen-nci'l I qui est cette femme-là? 

9uj est celui-là V Vwu eo ann dùd-hoñl :■' 

Piou eo ar vaoues-hoñl ? ! qui sont ces gens-là ? 

Mol pour mot ■■ qui est les gens-là V 
2° Lorsque le pronom interrogatif qui peut se tourner en français par lequel , l.\qcellf. , 
LESQUELS , LESQUELLES, On l'exprimc au singulier par p^/ii«(, et au pluriel par pcVÎf, pour 
les deux genres. 

EXEMPLES : 



Péhini ac''hanoc^h hô laou'l 

qui devous deux (en parlautàdeux hommes)? 

Péhini ackanoc'h hô liou ? 

3o Qdk et Quoij lorsqu'ils servent à interroger, se rendent par (*) pé ira 

EXEMPLES : 



qui de vous deux (en parlant à deux femmes ? 
Péré adianoch-hu lioll? 
qui de vous tous î 



Pé trA a liviril-hu ? 
que dites-vous ? 
Pé trà a raimp-ni ? 
que ferons-nous? 



Eûz a bé trà é komzil-hu.' 
de quoi parlez vous? 
Da bé trA eo mdd ann drdzé 
à quoi est bon cela? 



(*)0e pronom, quoique composé de deux mots bien dislincts, peut s'écrire en tin seul , connue on a 
pu le voir à la pafte C*J, n° 7. 



^a (iitAMM.vinF BnnTON.>(r.. 

Mül pour mot : quelle chose vous dites-vous'.' quelle choie nous ferons-nous? de quelle 
chose vous parle: -vous? à quelle chose est lionne la chose-là? 

4" QuKL , uuKLLE , QUELS cl QUELLES , Se rendent par pé ou pébez , qui ne prennent ni 
{{cnrc ni nombre. 

EXEMPLES : 

1*6 hanô hoc'h eüs-hu ? (' ; 



quel nom avez-vous ? 

É 1)6 géar é citoumit-hu ? 

dans quelle ville dumcurez-vous? 



Pébez gwin a évimp-nt ! 
quel vin boirons- nous? 
Pébez parkou a uerzô-lti ? 
queli champs vendra-t-ellc? 



5 ' Lequel , laquelle , s'exprime par pèhini , et lesquels , lesquelles par péré , pour les 
deux genres 

exemples : 



Péliini am'zhô eo? 
lequel d'entre eux est ce ? 
Péhini eo ar toella'} 



laquelle est la meilleure ? 

Péré a gémérol-hu eûz ar ré-zi holl? 

lesquels prendrez-vous de tous ceux-là? 



Exercices »ur les pronoms inierrugalifs. 

1 Piou am galv ? Qui m'appelle ? 

Va 1 biou eo ann drd-man'l A qui est ceci ? 

1 Piou eo ann diou Mac h iauuañk-zé'} Qui sont ces deux jeunes lilles-là ? 

2 Péhini ac'hanomp hon Iri eo ar vrasa'! _ Qui de nous trois est le plus grand ? 

2 Péhini ac'hanoc'h hô tiou a iélô gañl-han ? Qui de vous deux { en parlant à deux fem- 

mes ) ira avec lui? 

ï Péré anézkô a zeûi d'hô U'? Qui d'entr'eux viendront chez vous? 

3 Pétra en devis lavared hô Idd war gc- Qu'i dit votre père à ce sujet ? 
nieñl-sé'} . . ^ . 

5 Pétra hoc'h eûs-hu gréad abaoé n'cm cdz (?u'avez-vous fait depuis que je ne vous 

hi) kwclet? ai vu. 

(iañt 3 pélrâ é réoi-hu eur zaél Avec quoi fercz-vous un habit .' 

É 4 pé Icac'h hoc'h eûs-hu kavedann drdzel En quel endroit avez-vous trouve cela? 

Da II bé zen é werzol-hu hô kazek ? A quelle personne vendrez- vous votre ju 

ment ? 

4 Pébez lien a brénimp-ni ? Quelle toile achèterons-nous ? 

à Pébez pesked eo ar ré wella'i Quels poissons sont les meilleurs .' 

5 Péhini eo ar vihana eûz hô preûdeûr? Lequel est le plus petit de vos frères ? 
5 Péhini eùz hô ziez a zô d'tskareû Laquelle de leurs maisons est abattue ? 
5 Péré hô pésô-hu ? Lesquels aurez-vous ? 

Des pronoms relatifs. 
l' Lorsque les pronoms relatifs qui , que , sont précédés d'un des pronoms personnels ou 
possessifs , au commencement d'une phrase , ils s'expriment par péhini au singulier , et 
péré au pluriel pour les deux genres. 

exemples : 

C'houi péhini a oa ker pinvidik, pénaoz hoc'h eûs-hu kolled ho tanvez ? 
vous qui étiez si riche, comment avez-vous perdu votre fortune? 
Va zàd péhini o gdr hé vugalé, hô c'hclenn abréd, 
mon père , qui aime ses enfants , les instruit de bonne heure. 
Hé di péhini a oa ker kaer , a zô bcd diskarel gañd ar gurun, 
sa maison , qui était si belle , a été abattue par le tonnerre. 
Hô preûdeûr péré a c'hounid kalz , a dléfé hô maga, 
vos frères , qui gagnent beaucoup , devraient vous nourrir. 
Ta c'hôar péhini hoc'h eûz gwélet bihan , a zô brdz brémañ , 
ma sœur, que vous avez vue petite , est grande à présent. 
2" Lorsque le pronom relatif qui est précédé d'un des pronoms démonstratifs celui, celle, 
ceux , celles , il ne s'exprime point en breton. 

exemples : 



Ànn hini a gdn azé , a zô breûr d'in , 
celui qui chante là est mon frère. 



(*) Voy. la note p. Gl. 



Eunn 



LIVRE SECOND. 75 

Eunn ounner em eùz gwélel, hùgen né kid ann liini a zù liollet , 
j'ai vu une génisse, mais ce n'est pas celle qui est perdue. 
Ar ré a leiné déac'h aman a zô lud laoaen, 
ceux qui dînaient ici hier sont des gens gais. 
3" Quand les pronoms relatifs qui, lequel, laoctlle , lesqcels , lesquelles sont gou- 
vernés par une préposition , tous ces pronoms se rendent par péhini pour le singulier 
et péré pour le pluriel. 

exemples : 
Ann dén cfit a béhini hoc h eiiz komzed d'in a zô deûd aman , 
l'homme donl^ de q%d ou duquel vous m'avez parlé est venu ici. 
Guiélcd cm cûz ar merc'hcd cûz a bcré é c'houlennae'h kélnu , 
j'ai vu les femmes dunl, de qui ou desquelles vous demandiez des nouvelles. 
Ckélu ar wézen ouc'h péhini é oé sUigel , 
voilà l'arbre auquel il fut lié. 

Anaoud a rit-hu ar vaouez da béhini em eûz gwerset va zil 
connaissez -vous la femme à qui ou à laquelle y d.\ vendu ma maison ? 
4" Quand les pronoms relatifs qui , que , sont précédés d'un nom avec l'article indéfini au 
singulier , ou sans article au pluriel , on peut les omettre eo breton , ou les remplacer par 
la conjonction ha ou hag. 

EXEMPLES : 

Anaoud a rann eunn dén a gdr Doué , ou bien hag a gâr Doué, 

je connais un homme qui aime Dieu. 

Séiu lûd né garann kél , ou bien hu né garann két , 

voilà des gens que je n'aime pas. 
Le pronom relatif est très-souvent sous-entendu en breton. Il n'y a point de règle pour 
cette suppression, cl cela dépend esseutiellemcnt du gortt. On peut retrancher le relatif par- 
tout, excepté dans les cas où l'omission rendrait le sens de la phrase équivoque ou imparfait. 
Voyez les exemples suivants. 



Va breûr eo en deAz hô kalvet , 
c'est mon frère qui vous a appelé. 
Diskouczid d'in ann éd hoc'h eùz da werza , 



montrez-moi le blé que vous avez à vendre. 
Rôid d'ézhan ar ré a gerrol , 
donnez-lui ceux que vous voudrez. 



Komzed em eûz d'é-hoc'h anézhañ , 
je vous en ( de lui j ai parlé. 
N'em eûz mui a ézomm anézhi. 



5' Le pronom français en, relatif de la personne et signifiant de lui, d'elle, d'eux , 
d'elles, se rend par' anézhañ , ane'i/ii, pour le singulier , et anézho, pour le pluriel. 

EXEMPLES : 

je n'en (d'elle) ai plus besoin , 

Klévcd cm eûz é: oac'h ar pcnn anézhô , 

j'ai entendu dire que vous en étiez le chef. 

G' En, relatif de lachose et signifiant de cela , se rend par eùz ann drd-zé , ou bien cù: 
a gémeñl-sé. 

exemples : 
Rei a rinn d'é-hoc'h eùz ann drâ-z6 , 1 Komzid d'ézhan cûz a gément-sé , 

je vous en donnerai. I parlez-lui-en. 

7 ' En , relatif du lieu et signifiant de la , s'exprime par ac'hanô. 

EXEMPLES : 

Ac'hanô ounn , / Ac'hanô é Icù , 

j'en suis. i il en vient. 

Exercices sur les pronoms relalifs. 

Ui 1 péhini a oa kcr Icré araok , a véz klañv Elle qui était si forte auparavant, est sou- 

alicz hrcmuñ , vent malade à présent. 

Va mamm 1 péhini a zù deûd aman hiriô , Ma mère, qui est venue ici aujourd'hui, vous 

Il ra hé goure' hémcnnou d'é-hoc'h, fait ses compliments. 

IIô c'hoarézed 1 péré a wélann allez , a gar- Vos sœurs, ^«r je vois souvent, désireraient 

fé éz afac'h d'hô zi, que vous allassiez chez elles. 

.Inn hini 2 a 20 (àr a gomz nébeût , Celui qui est sage parle peu. 

Ann hini 2 né glco kvd a zô kcr rcûzeûdig Celui ^ni n'entend pas est aussi malhou- 

hag ann hini 2 «e icel kél, rcux que celui qui ne voit pas. 



74 CRAMMAinE BnrTONxr. 

Ar ré 2 ho deùi lavnfei ann drd-té d'é- Ceui qui vous ont dit cela avaient envie .le 

flofV» , hô dàa c'hoant d'hà tuuella. vous lroin|ior. 

Sélu eur vaouex i gafil péhiiii é kanenn Vuilà une femme aifc laaueU» ic vuudrai 
beva , 



vivre. 



Gwélfd hoc'h eus hu ar bugel i eùz a Lébi- Avez-vous vu l'enfant dont on parle tant 

iJl f komzeur kémend aman ? jd ? 

AV anavhann kéd ar man'hadour S da Lé- Je ne connais pas le marchand ù ijui vous 

hiiii huc'h etlz ywerzed hâ kazek . avez vendu voire jument. 

hurmevel em eùz /i hag a :ù krc. J'ai un valet i/ui est fort. 

£,ur verdi hoc'h eiis It liag a z6 kaer meùr- Vous avez une fille nui est extrcmemcnl 

héd l,ellp. 

bunn drà a uuzonn k liag a zouéxô ann Je sais une chose qui étonnera tout le 

'"'''> monde. 

A em eùz nàrd da lavaniud 5 anézlii , Je n'ai rien à en ( d'elle) dire. 

Tri em eùz dt'bred 5 anézhô , _ J'en (d'eux) ai mange trois. 

Leiz eunn arc'h a zô i anézlian , 11 y en (de lui) a plein un coffre. 

Roid eunn nébeùd 6 eûz ann drâ-zé d'ho Donnez-en un peu à votre sœur. 
c bôar , 

Pélrd a réoi hu 6 eûz a gémefil-sé? Qu'en ferez-vous '/ 

liid eo d'm kaoud ti eùz ann drà-zé , 11 faut que j'en aie. 

i^azàd-koz a ioa 7 achano. Mon grand-père en était. 

'_ Achanô é leùc , pa hoc'h en cm gavcl 11 en venait, lorsque vous l'avez reneon 

ganl-han, jr^. 



Des pronoms indéterminés. 

1' Tout, lorsqu'il est employé dans le sens de todte chose, se rend en breton i.ar 
pep-tra- ' 

EXEMPLES : 

Kolled eo ^éç-Uà gañl-hañ , i A'ased e deiii pép-trâ <J'*^2<, 

Il a tout perdu. j elle a tout emporté chez elle. 

2" ToDT LE MONDE sc rend , en général , par ann holl ou ar héd holl. 

EXEMPLES : 

Ann holl o\i ar béd holl a lavar é vézù eur goañ ién , 
tout le monde dit qu'il y aura un hiver froid. 
Ann holl ou ar béd holl er goar , 
tout le monde le sait. 

3* Mais lorsque toit le monde peut se tourner en français par chacun , on le i^nd 
en breton par pép-hini. 

EXEMPLES : 
Pép-hini a dlé kerzoud évid diicall hé vrô , 
tout le monde doit marcher pour défendre son pays. 
Pép-hini en deûz béd hé lôd , 
tout le monde a eu sa part. 
4> Chaque s'exprime par pép. 

EXEMPLES -- 

Pép trâ en deûz hé amzer , ] Pép dén en deiiz hé voasiou , ■ 

chaque chose a son temps. | chaque homme a ses habitudes. 

3" Chaccn , CHACUNE sc traduisent par pép-hini ou péb-unan , pour les deux genres. 

EXEMPLES : 

Pép-bini ou péb-unan a gav mdd ar péz a ra , 

chacun trouve bien ce qu"il fait. 

Pép-hini ha gâr hé bdr , 

chacun aime son semblable. 

Eur zaé em eûz préned évit pép-hini cite hô c'hoarézed, 

j"ai acheté une robe pour chacune de vos sœurs. 

6' Chaccn,- CHACUNE suivis dc ex ou une s'expriment par péb a hini ou néb a unan 
pour les deux genres. 



tlVRE SECOND. 73 

EXEMPLES : 

Pcb a hini ou péb a unan hon eûz bel, 
nous avons eu chacun un. 

Viou hillig hoc'h eûz , rôil péb a hini d'é-omp , 
vous avez deux poêles , dunncz-nous-en chacun une. 
7" Mais si la chose est désignée , on em|iloic ■péb a seulement suivi du substantif. 

EXEMPLES : 

Péb a aval ho jiézô , 1 KasU d'czhô péb a varc'h , 

vous aurez chacun une pomme. | envoyez-leur chacxtn un cheval. 

8» Un autre , UNE autre , d'autres se rendent eti breton par eunn ail, des deux genres , 
pour le singulier , et ré ail , pour le pluriel. 

exemples : 

lien-nez a zô fall , kémérid eunn ail , 
celui-là est mauvais , prenez-en un autre. 
P'ho pézû débred houn-nez , hô pézô eunn ail , 
quand vous aurez mangé celle-là , vous en aurez une autre. 
Va boulou a zô ré vihun , réd co d'ih Jcdoul ré ail , 
mes souliers sont trop petits , il faut que j'en aie d'autres. 
9' L'ArTRE se traduit par égilé , pour le masculin , èbén , pour le féminin , ou bien par 
ann hini ail , pour les deux genres. Les autres , autuli , se rendent par ar ré ail. 

exemples : 
Hé-mañ a zô évid hô prcûr ., hag égilé ivid-hoch, 
celiri-ci est pour votre frère , et l'autre pour vous. 

Uou-tnañ a rôann d'c-hoc'h j hag ébén a virann évid-oun , 
Je vous donne celle-ci , et je garde l'autre pour moi. 
Na rit lîi'd d'ar ré ail ar pcz né garrac'h kéd a vé gréad d'é-hoc^h , 
ne faites pas aux autres ou à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit. 
10° L'un l'autre , l'une l'autre , se traduisent par ann eil égilé , pour le masculin , ann 
eil ébén , pour le féminin. 

exemples : 

En em c'hourdrouz a rifoñiann eil égilé, 1 En em gasaad a réeñd ann eil ébén, 
ils se menacent l'un Vautre. \ elles se haïssaient l'une l'autre. 

11» L'un et l'autre, l'une et l'autre s'expriment par ann eil hag cgilé , pour le mas- 
culin , ann eil hag ébén , pour le féminin. Les uns et les autres , les unes et les autres 
se rendent par ann eil ré hag ar ré ail, ou bien ar ré-^mañ hag ar ré-hoñt, pour les deux 
genres. 

EXEMPLES : 

Ann eil hag égilé a lavar kémcñl-sé , 1 Ann eil hag ébén a zô dimézet , 
l'un et l'autre le disent. | l'une et l'autre sont mariées. 

Ann eil ré hag ar ré ail , ou bien ar ré-maû hag ar ré-hoñt a zô mdd , 
les uns et les autres sont bons. 

On exprime assez souvent ces pronoms pluriels par le singulier , et c'est même plus 
conforme à l'usage. Ainsi l'on peut dire -. ann cil hag égilé a zô mdd , les uns cl les au- 
tres sont bons : 

12' Quelque , quelques se rendent en breton par bemiàg. Ce pronom s'unit au nom qui 
le précède, lequel nom est lui-même précédé de l'article indéCni eur , eunn ou eut. 

EXEMPLES ; 

Eur l'^-bcnnàg a wclann ahoñl , 1 Raid eunn drà-bennàg d'in , 

je vois quelque bateau là-bas. | donnez-moi quelque chose. 

Quelques et le nom qui le suit , quoiqu'un pluriel en français, se traduisent on breton 
comme s'ils étaient au singulier. 

EXEMPLES : 

Kémérid eunn ai'a2-bennâg, 1 Ew xoczen-henn^ç, cm eûz diskarct , 

prenez quelques pommes. | j'ai abattu quelques arbres. 

15" Lorsque quelque est suivi de qde et d'un verbe , on l'cxpriiue quelquefois par fégc- 

mcñt-bennüy , et quelquefois par péger-bennâg. 



"jG r.nAMAlAIRE BRETONNE. 

Quand il y a un substantif entre quelqi e cl que, giEL^i'E est rendu par péfjémeñt-benndg 

PcgémtM'itlicniiAg a wir cm bùa, | Pëgi'mcnt-bennAg « vadou en deûz , 

quelque droit que j'eusse. ( quelque liicn qu'il ail. 

Quand il y a un adjoclif entre ql'ëlqob et olk , qi KLyiE se traduit par péger-henmig. l't- 
qev se idacc avant l'adjectif, qui csl suivi de benudy. 

KXE1II>LEÜ : 

IVger /ur-bennAg tTU, J l'égor piniidi/i-bennâf; ounn, 

quelque sages qu'ils soient. | quelque riclie que je suis. 

14°Qi;klqc'in , qlelqu'lxe , QDELQiiES-f.NS , ocBLOUKS-LNEa s'expriment par Ufuin-ftennay 

on bien eunn hinibenndy pour le singulier , eur ré-benndy pour le pluriel , sans distinction de 

genre pour l'un ni pour l'autre nombre. 

EXEMPLES : 

Unan-bcnnâg a su azé, 
il y a quelqu'un là. 

Galvid unan-beunûg, ou bien eunn hloi-benoâg eùz hô merc'hed , 
appelez quelqu'une de vos filles. 

Itùid d'in eur rc-bennâg eûz hô mêdèricn , hag é rdinn d'é-hoc'h eur ré-faennâg eùz ta 

c'houizêri'zed , 
donnez-moi quelques-uns de vos moissonneurs, je vous donnerai quelques-unes de 
mes blanchisseuses. 
Au lieu de eur ré-bcnnàg , on peut se servir encore de hiniennou , lôd , dam , corarao : 
GwéUd em eûz hiniennou , ou lôd, ou dam eùz hd tûd, 
j'ai vu quelques-uns de vos gens. 

io" QoicoNQCE , lorsqu'il est sujet , se rend en brelon far piou-benndg , ou nép , ou nép 
piou-bennàg ou kéneñd-hini. 

EXEMPLES : 

Piou-bennâg , ou nfp, ou nép piou-bennâg , ou kémcnd-hini a c'hoania béva peti , 

hen-nes a dlé béza fur, 
quiconque veut vivre longtemps doit être sage. 

l'iou bennàg en em gann aéneb hé vr6 , hen-ncz a zô eunn dén digaloun, 
quiconque se bat contre sa patrie est un lâche. 
Si QUICONQUE est régime , on ne se sert que de nép ou néb. 

ESESIPLES : 

Lakaad a rinnklaouslrc gant néb a gara, 1 Ilé-mañ a zô da néb lier magô , 
je parierai avec quiconque voudra. | celui-ci est à quiconque le nourrira- 

16" Accus , ADcuxE se traduisent par nép-hini , ou hini é-be'd, ou hini. 

EXEMPLES :, 

i\'e»ft eu: kavel nép hini , ou bini é-béd , ou hini eûz ar ré a glaskenn , 
je n'ai trouvé aucun de ceux que je cherchais. 
Ac anavézaim hini é-béd, ou hini eûz hô c'hoarczcd, 
je ne connais aucune de vos sœurs. 
17' Personne signifiant nol , pas cn , se rend en breton par dîn é-béd, ou simplement dén 

EXEMPLES : 

N'eûz dén é-béd ou dén , i N'en eûz gwéled dén é-bed , 

il n'y a personne. \ je n'ai vu personne. 

18' Plusieurs , un grand nombre , s'exprime par lies ou mcûr a. On remarquera que ie 
substantif qui suit ces pronoms ne prend pas le pluriel en breton. 

exemples : 
Lies dén, i Meùr a wéach , 

plusieurs personnes. j jjtoieur* fois. 

ETcrcices sur les pronoms indéterminés. 

i Pép-trâ a zô mdd évid-hoc'h , Tout est bon pour vous. 



Anii dcn-zc né hell tével war ntlrd , lava- 
roud a ra 1 pip-trâ , 

2 Ann holl a dec'li dioud ann düdgaouiad, 

Nc hillcur kél béza karet gañd 2 ann lioll, 

S Pcp-liini o lavaraz ar •pei en doa ktéved 
u>ar gnneñl-sé, 

S Pc[i-lii a rvaz hc ali din , ha n'en em ga- 
va: kéd dauu anézhô héñvel , 

Réd co rei da k bcp hini ar pcz a zo dléed 
d\'zhañ , 

4 Pcp-liirii cn deùz gréad hé gcnnig diouc''h 
hé zanvez , 

Situ daou baotr , rôid cur gwcnnek da 
k bép hini , 

Daau rarcVt cm cüz , kémcril 5 péb a hini 
ane'zhv , 

N'en dva nnnct Iri skocd , hag é rôaz 5 pcb 
a unan d'c-omp , 

IIô mamm a hrénô d'é-hoc'h 6 péb a zaé 
névez , 

P('b a di a zô digicézed d'ézhô , 

niar kavid hen-nez ré vrdz , é roinn 7 cunn 
ail d'é'hnch , 

Ar ganaouen-zé né kél koañt , kanid 7 cunn 
ail, 

Ar viou-mañ a zô hrein , id da nlask 7 rc- 
ail, 

Ar gwin-man a z6 màd aicalc'h, hvgen 
3 égilé a oa gwclloc'h. 

Né kéd houn-tiez em eûz goulenned, 8 é- 
bén eo , 

Dam a zô dcùd dré aman , S ar ré ail a zô 
èed dré ahoñl , 

En cm elüaza a réod 9 ann cil cgilé , 

En cm ziwall hon ciiz gréad ann eil égilé , 

10 Ann cil hag égilé a zô marô, 

10 Ann eil hag ébén eûz hô mcrc''hcd a zô 
iaouañk-brdz , 

10 Ann eil ré hag ar ré ail a zô drouk , 

Eur vaouez- Il bcnnâg em eiiz gwéicd cnn 
hé di , 

Eunn dciz-li bennàg éwiol kémcñl-sé , 

12 Pégémentbennâg a ézommou cn deilz , 
co laoïien bépréd, 

12 Pégémenl bennàg a chlaô a rai , éz inn 
d'Ao kwélout , 

12 Péger gwiziek-hennlig oc'A , ê kéffol 
c^hoaz gwiziékoc'h fvid-hoc'h , 

12 Péger iîaer -bennàg eo , né kél kaérocli 
èvid hé c'hôar , 

13 Unan-bennàg o zô dcùd aman d'hôkou- 
lenn ; gwéled hoc'h eds-hén ? 

Kasid 13 iinan-bennâg eu: hô milisien da 
di va brcur , 

Id da veûzi 15 eur ré-bennàg eûz ar c'hi- 
sier-:é ? 

14 Piou-bennñg en deûz anavézed hô tdd , 
hen-nes a lavarô pénaoz oc^h hcñvel oul-hañ , 

li Pioii-bfniiàg askéi gañd ar c'hlézé , hvn- 

ncz a vézô skôcl gañd ar c'hlézé , 

14 Néb a espern hé zéc'hed , a cspcrn hé 

iéc^hed , 
En cm ganna a rinn ouc'h 14 néb a garô , 
Né oa 15 hini eûz ar varnéricn a-éncp d'in. 
Né anavézann 16 hini ébéd cùz hôpugalé , 



SECOND. 77 

Cet hommc-là nc peut rien taire , il dit 
loul. 

Tout le monde fuit les menteurs. 

On ne peut pas être aimé de loiU le monde. 

Tout le monde dit ce qu'il avait a|)pris à te 
sujet. 

Tout le monde me donna son avis , et il nt 
s'en trouva pas deux semblables. 

Il faut donner à chacun ce qui lui est dû. 

Chacun a fait son offre selon sa fortune. 

■N'oilà deux garçons , donnez un sou à 
chacun. 
J'ai deux chevaux, prenez -cn chacun un. 

11 n'avait que trois écus , et il nousen donn;: 
à chacun un. 

Votre mère vous achètera à chacune une 
robe neuve. 

11 leur est échu à chacun une maison. 

Si vous trouvez celui-là trop grand , je vous 
cn donnerai un autre. 

Celte chanson-là n'est pas jolie , chantez- 
en une autre. 

Ces œufs-ci sont pourris , allez en cher- 
cher d''aulres. 

Ce vin-ci est assez bon , mais l'autre était 
meilleur. 

Ce n'est pas celle-là que j'ai demandée , 
c'est l'autre. 

Une partie est venue par ici, les autra 
sont allés par là. 

Vous vous blesserez Tun l'autre. 

Nous nous sommes défendus ('«n l'autre. 

L'un et l'autre sont morts. 

Vune et l'autre de vos filles sont trcs- 
jeunes. 

Les uns et les autres sont méchants. 

J'ai vu quelque l'emmo chez lui. 

Quelque \oüT vous saurez cela. 
Quelques besoins gw'il ait , il est toujours 
gai. 

(>Hc((/ue pluie qu'il fasse , j'irai vous voir. 

Quelque savant que vous soyez , vous trou- 
verez encore plus savant que vous. 

Quelque belle (/«"elle soit , elle n'est pas 
plus belle que sa sœur. 

Quelqu'un est venu ici vous demander; la- 
vez-vous vu'/ 

Envoyez quelqu'une de vos servantes chez 
mon frère. 

Allez noyer quelques-uns de ces chats-là. 

Quiconque a connu votre père , dira que 
vous lui ressemblez. 

Quiconque frappera de lépée sera frappé 
de l'épée. 

Quiconque ménage sa soif, ménage sa 
santé. 

Je me battrai avec quiconque voudra. 

Il n'y avait aucun des juges contre moi. 

Je ne connais aucun de vos enfant.-. 



^S CftAMMArUE BRETONNE. 

Néoa 16 ilén é-béd enn ti. Il n'y avait personne k la maison. 

Na livirid da 1« zcii ar péz hoc'k eut Ne dites à penonni: ce que vous avez cn- 
tdévet, tendu 

CUAPIÏRE V. 

DU VEltBE. 

Je ne ferai puiut d'article particulier sur l'usage des particules a ou e , qui prétèdeul ur- 
dinairenieiit les verbes , sur les deux manières d'envisager le verbe , en persnnnel cl en 
ini|icrsonnel , ni sur les personnes du verbe ; toutes ces matières ont été sufUsammcnt dé- 
veloppées dans le cinquième chapitre de la première partie. J'invite le lecteur, avant de 
passer outre, à relire plusieurs fois ce qu'il contient. 



Du nombre dans les verbes, 

1 ' Si le verbe est à l'impersonnel , ce qui a toujours lieu lorsque le sujet , nom ou pronom , 
commence la phrase , il ne prend point de nombre, c'est-à-dire que sa terminaison , tant 
au singulier qu'au pluriel , reste toujours la même. 



nié a lenn , 
je lis. 

Va bredr a lenn , 
mon frère lit. 



C'/totti a lenn , 
vous lisez. 

H(i c'hoarézed a lenn , 
vos sœurs lisent. 



2" Quoique le sujet soit composé de deux ou i)lusieurs noms ou pronoms réunis par la con- 
jonction ha ou hag (et) , quand bien même un de ces noms serait au pluriel , si le verbe est 
■\ l'impersonnel, il reste toujours au singulier. 

EXEMPLES : 



Va zdd ha va breûr a zô klanv , 
mon |)èrc et mon frère sont malades. 
Choui, hi hag héñ a vézù pinvidik, 



vous , elle et lui , vous serez riches? 
Va tnalez ha va mévcllou a év gwin , 
ma servante et mes valets froivcnt du vin. 



3' Si le verbe est au personnel, ce quia lieu lorsque la phrase commence par un adverbe, 
une préposition , etc., ou lorsque le régime précède le verbe , ce dernier prend le nombre. 

EXEMPLES : 

ils viendront après dîner. 



Warc'hoaz éz aimp é kéar , 
demain nous irons en ville. 
GoudéUin é teùifit. 



Gévier a lèveront, 

ils disent des mensonges. 



4" Si après le sujet , au pluriel , suit un verbe avec une particule négative, le verbe prend 
le nombre. 

EXEMPLES : 

Hô pugalé né lélaouont kéd ar péz a lavarann d'ézhô , 
vos enfants n'écoulent pas ce que je leur dis. 
Va faolred né garoût kéd ar mur, 
mes garçons n'aiment pas la mer. 
5° Lorsque deux noms ou pronoms, quoiqu'au singulier, sont précédés l'un et l'autre de 
la conjonction na ou nag (ni) , le verbe qui suit se met au pluriel. 

EXEMPLES : 

Na va mdb , na va merc'h né d-ifit brdz , 1 Na e'houi, na mé né ouzomp kana, 
ni mon (ils, ni ma fille ne sont grands. | ni vous ni moi ne savons chanter. 
6" Lorsque l'on conjugue le verbe , en faisant précéder les temps de l'indicatif , de l'infini- 
tif béza, ÊTBE, alors le verbe prend le nombre. 

EXEMPLES : 

Béza é kanit ré gré , 1 Béza é liviriFit ar wirionez , 

vous chantez trop fort. | Us diront la vérité. 

7' Lorsque l'on conjugue le verbe, en employant du verbe principal l'infinitif seulement, 
suivi du verbe au.\iliaire ober , faire, ce dernier prend le nombre. 



LIVRE SECOND. 
EXEMPLES : 

Pidi a réeñt Doué a grciz hù c'haloun , ( Dofid a rézoñl ahréd. 



79 



Us priaient Dieu de tout leur cccur. I ils vinrent de bonne heure. 

Remarque. Lorsque le sujet et le régime sont des noms tous les deux, on peut et Poti 
doit changer l'actif en passif , pour éviter l'amphibologie. 

Si j'ai à traduire cette phrase : les gens de la campagne aiment Dieu, et que je dise, 
ann ddd diwar ar viéaz a gdr Voué, ou bien : Doué a gdr ann dûd divar ar miaz , on peut 
entendre que c'est Dieu qui aime les gens de la campagne , aussi bien que l'on peut croire 
que ce sont les gens de la campagne qui aiment Dieu. 
Pour éviter toute ambiguïté , je changerai l'actif en passif , et je dirai : 
Doué a zô Itarel gañd ann dùd diwar ar méaz , 
Dieu est aimé des gens de la campagne. 

Exercices sur le nombre dans les verbes. 



Choui a 1 gouské c'hoaz , pa ounn héd cnn 

hô ti , 
Ann déñved a 1 ghr ar géol herr , 
Ar gwéz a 1 oa aman , a 1 zô bel trouc'bcd 

daou vloaz zô , 

Ar c'hazarc'h hag annerc'h a 2 c'hûlôé ann 

douar , 

Té , da vrcûr ha mé a 2 iélô war ar 

méaz , 

Ar gwin hag ann édou a 2 vézô mdd er 

bloaz-mañ , 
Déac'h ho 3 meûlent , hiriô é 5 lavaroñd 

droug ac'hanoc'h, 

Gañl-hañ cz 3 éot, mar kiril, 

I)ré-vôr é 3 teùjoûd , hag é 3 listrùjond 

dré-zouar , 

Va méucllou né h réoñt ftcd arpéz a lavarann 

d'ézhô , 

Ar merc'hed né k garoñt ked ann dùd diga- 

loun, 
Ar vein U n'int kéi kalcd er vrâ-mañ , 
Nag hô làd, nag hô mamm né & oañt kôz pa 

5 iñt marvet , 
Nag héñ, nag hi né 5 d-ifit bel pell 

klañv , 
Béza é C selzoñd ouz-in hep lavaroul gér , 
Béza é 6 talc'himp mâd bélég ar inarô , 
Béza é i) viot touellct, ma né 7 likid évcz, 
Kouéza a 7 rézoud ann cil ivar égilé , 
Mcrrela 7 raimb holl eunn deiz-bcnndg , 
Dléoud a 7 rid d'in daouzék skoéd. 



Vous dormiez encore, lorsque j'ai été chez 
vous. 

Les moutons aiment l'herbe courte. 

Los arbres qui étaient ici ont été coupés il ) 
a deux ans. 

La grêle cl la neige couvraient la terre. 

Toi , ton frère et moi nous irons à la cam- 
pagne. 

Le vin et les blés seront bons cette année. 

Hier ils vous louaient , aujourd'hui ils di- 
sent du mal de vous. 

Yous irez avec lui , si vous voulez. 

Us vinrent par mer , et «V» retownirenl 
par terre. 

Mes domesliqucs ne font pas ce que je leui 
dis. 

Les femmes xC aiment pas les lâches. 

Les pierres ne«on( pas dures dans ce pays-ci. 

Ni votre père ni voire mère n'étaient vieux 
lorsqu'ils sont morts. 

Ni lui ni elle n'ont été longtemps ma- 
lades. 

lis me rcgardcrenl sans rien dire. 

Nous tiendrons bon jusqu'à la mort. 

ToHi .sfrer trompé , sivows ne prenci ganic 

Ils lumbcrenl l'un sur l'autre. 

Nous mourrons tous un jour. 

Vous me devez douze écus. 



Des temps du verbe. 

En français , le temps présent du mode indicatif ne s'exprime que dune manière , comme 
JE v.\is ; mais , en breton , ce temps peut être exprimé de quatre manières différentes ; sa 
voir : par la première personne du présent de l'indicatif, précédée de la particule é ou .i 
par la troisième personne , précédée du pronom personnel et de la particule a ; par la prc 
raièrc personne, précédée de l'infinitif du verbe béza , être , et de la particule é ou f: . 
et enfin par l'inCnilif, suivi de la particule a et du présent du verbe vbcr , faire, à la pre- 
mière personne. 

Je vais : ézann , méa ia, béza éz ann, moñd a rann. 

Quoique ces quatre manières soient rendues en français par le même mot , il faut faire la 
plus grande attention à ne pas en confondre l'usage en breton : car , quoiqu'elles puissent 
être quelquefois employées indistinctement , sans changer beaucoup le sens , cependant l'ap 
plication n'en est presque jamais inditTérente. 

1» On emploie , par exemple , la première manière , lorsque l'on commence la phrase p .i 
le régime , par un adverbe ou une préposition. 



'>0 CnAMMAinE DnETOWKE. 

EkEllfLKS : 

Va VriUl i-t ann , | Aliez vi ann war ar méaz , 

je vais à lircsl. | je laù souvuiil à la cain|)agne. 

2" On se sert de la sccüiidc, lursquc la phrase cummence |)ar le pruiioin , ce qui :i tuujuur 
lieu toutes les fuis qu'il est ex|tri(ué. 

EXEMPLES : 

Mé a ia da Icina é kéar, I Mé a ia àa dl va c'hefiderc , 

je vais dincr en ville. I je vais chez mou cuusin. 

3° Eufin la troisième cl la quatrième manière s'emploient indidëremment, lorsque l'on 
veut donner une conlirmation plus forte à l'état ou à l'action du verbe. 



Béz'éz ann da glask ar c'hézek, 
je vais chercher les chevaux. 
Béz' éz ann da Yonlroulez , 
je vais h Morlaix. 



Moud a rann d'ar marc'kad , 
je vais au marché. 
Moud a rann gañd ann dûd-zê, 
je vais avec ces gens-là. 



4' La ni6me règle que j'ai [«osée pour les verbes neutres peut s'appliquer au temps présent 
des verbes actifs. Ainsi l'on peut exprimer de quatre manières, en breton, le mot j'aime. 
J'aime : a ijarann , mé a gàr , bcza é karann , kaioud a rann. 

Je ferai observer seulement que, si c'est le régime qui commence la phrase, le verbe sera 
précédé de la particule a; et si c'est un adverbe ou une préposition , il prendra la particule c. 

EXEMPLES : 

Hô mcrc'h a garann , i Meùrbéd é karann hô merc'h , 

j'aime votre tille. ( j'aime beaucoup votre lillc. 

Le reste comme pour les verbes neutres. 

5 Cette règle s'étend à toutes les personnes du présent de l'indicatif. 

Vous aimez : agaril, c'hoiii a gdr , bézaékarit, karoud a rit. 

6' Elle s'applique aussi à l'imparfait, au parfait , et enfin à tous les temps du mode in- 
dicatif, dans toutes les personnes, {^roycz les Conjugaisons.) 

Exercices sur les temps du verbe. 



Skuiz-bràz ounn , eûz a di va breûr 1 é 
Icùann , 

Né rinn két kalz a heñd hiriv , ré vtian i é 
luTzann , 

2 Mé a ra goab anczhv hoU , 

2 Mé a jouram aman daou vloaz zô , 

2 Mé a drémen bcmdcz dirdg hô li , 

3 Béz' é vévann gwella ma 1 hellann, 
S Béz' é savann kerkcñt a ma eu deiz , 

3 Kréna a rann pa hô 1 kwélann ô c' hourin , 
3 C'hoarzin a rann oc'/t hô klévoud ô komz 

cvelsé, 
Ann drd-mañ 4 a rôann d'é-hoc'h évid hô 

poan, 

])ré-hull h é klaskann anézhañ , 

Il Mé a gélenn va mdb vaunan , 

à Béz' é anavézann ar vaoucz-:é pell zô , 

i AnaouJ a rann ivé ar gwâz a zô gañt-hiy 

Hô matez 5 a c'halvit , ha n'éma kéd aman , 

5 Héñ a goU kalz war hé varc'hadowez , 
5 Béz' é c'horlôzomp aclianoch abaoé krcs- 
leiz , 
5 Sélaou a réoûd ar péz a lévéromp, 
yébcüdGac'ho\i\tinueni\,hiigcmeùzbctkalz, 
ij Mé a wélaz hô tdd déac'h. 
Goudéwarclioaz 6 éz ainip d'ann eàreûd, 
'j Eva ha kana a raimp béUg ann nôz , 



Je suis très -las, je viens de chez mon 
frère. 

Je ne ferai pas beaucoup de route aujour- 
d'hui , je marche trop vite. 

Je me moque d'eux tous. 

Je demeure ici depuis deux ans. 

Je passe tous les jours devant votre maison. 

Je vis le mieux que je peux. 

Je mt lève aussitôt qu'il fait jour. 

Je tremble quand je vous vois lutter. 

Je ris en vous entendant parler aiosi. 

Je vous donne ceci pour votre peine. 

Je le cherche partout. 
J'instruis mon fils moi-même. 
Je connais celte femme-là il y a longtemps. 
Je connais aussi l'homme qui est avec elle. 
Vous appelez votre servante , et elle n'est 
pas ici. 
Il perd beaucoup sur sa marchandise. 
Nous vous attendons depuis midi. 

Ils écoutent ce que nous disons. 
Je demandais peu , et j'ai eu beaucoup. 
Je vis hier votre père. 
Après-demain nous irons à la noce. 
Nous boirons et nous chanterons jusqu'à la 
nuit. 

Dasfurn 



LIVRE SECOND. î^l 

5 Daslamm a razeñd ann éd, mavé deûd ar Ils ramasseraient le blé , si la sécheresse 
zéc'kor. était venue. 



Des nlodes du verbe. 

On a donné une courte analyse des modes , dans la première partie ; on fera bien de la 
relire, avant de passer aux leçons suivantes. 

1' L'impératif français demande que devant les troisièmes personnes, au sinsrnlier et au 
pluriel. Celte particule ne s'exprime point en breton. Ces deux personnes se forment du 
radical du verbe, en ajoutant et pour le singulier, et cñt pour le pluriel. 

EXEMPLES : 

Deûet, mar hdr , hùgen deûed àbréd , 
qu'il vienne, s'il veut, mais qu'il vienne de bonne heure. 
Lavareñt pélrd hù deùz vzomm , hag é ve'zô rced d'ézhô , 
qu'ils disent ce dont ils ont besoin , et on le leur donnera. 
2" Quand la particule que commence la phrase en français , et qu'elle exprime exclama- 
tion , imprécation, etc., elle se rend, en breton , par la particule ra, et le verbe qui 
la suit se met au futur. 

EXEMPLES ; 

Ravarvinn, ma em eus lavarel hèneñt-sé ! 1 Doué ra virô va zAd ! 

que je meure , si j'ai dit cela ! I que Dieu préserve mon père ! 

3" On emploie en français le subjonctif précédé de la conjonction qce , après le verbe 
DiuE, à l'impératif; en breton , la conjonction ne s'exprime point , et le verbe se met à 
l'infinitif. 

EXEMPLES : 

Livirid d'ézhan mont, | Lavar d'as prcùrlihan lésc\ , 

dites-lui qu'iZ aille. \ dis à ton petit frère qu'Use taise. 

!^" Lorsque la conjonction q[ie est précédée d'un nom ou d'un participe , et suivie d'un 

verbe au présent du subjonctif, cette conjonction se rend , en breton , par é ou éz , et le 

verbe se met au conditionnel. 

EXEMPLES : 
C'hoant em eûz é teufé , 1 Souézed ottnn é vé c'at huit , 

j'ai envie qu'il vienne. | je suis surpris qu'il s'en soit allé, 

5' Quand la conjonction que est précédée d'une préposition, et suivie d'un verbe au 
présent du subjonctif, elle se rend par ma , et le verbe se met au futur. 

EXEMPLES : 

Evil ma hellimp komz out-hañ , 1 /{ kult hép m'ho kwélô, 

pour que nous puissions lui parler. | allez-vous-en sans qu'il vous voie, 

t)° Le participe présent, qui , en français , est terminé en a>t, se traduit, en breton , par 
l'inGnitif précédé de la particule d ou oe'h. 

EXEMPLES : 

Hèñ kaved em eûz 6 striva , 1 Hô gwéled en deûz oc'li en em vriata , 

je l'ai trouvé écrivant. I il les a vus s'emhrassant. 

7' L'infinitif, précédé de la particule ü ou oc'h, est encore employé pour exprimer les 
temps du verbe français à la troisième personne , lorsqu'ils sont précédés du relatif Qn. 

EXEMPLES : 

£«!• gwaz a wélann ô trouc'ha keâneùd , I Eur vaoues a glévc i5 kana , 

je vois un homme qui coupe du bois. | il entendait une femme qui chantait. 

Exercices sur les modes du verbe. 

1 Bézel pé né vézet iét deûd , é leinimb Ou'ii^oit venu ou gu'i7 ne le «oi( pas, nous 

ével kefu, dînerons tout de même. 

1 È\cïii kcvKñd ha ma kiriñt , gant naves- Qu'ils boivent tant qu'ils voudront, pour- 
vinlkét, vu qu'ils ne s'enivrent pas. 

2 Ra vezinn kannel, ma né d-eo gwir ann Que je sois ballu , si cela n'est pas vrai ' 
drd-zcJ 

2 Ra vévù l'a mamm peu c'hoaz ! Que ma mère vive encore longtemps ! 

Livirid d'hô c'hùar 3 en em wiska , Dites à votre soeur qu'elle s'habille. 

Livirid d'éihi 5 doñd d'am c'havoul goudé, Diles-Iui qu'elle vienne me trouver après 



Oi CltAMUAIRE BRETONNE. 

N'em eût ki'd a aoun 4 ô vé krévoc'h évid- Ju n'ai pas peur qu'il soU plus fort que 

/lOc'A , vous. 

Souézed eo 4 éz afcnn d'hô U , Il est élorint- que j'aille chez vous. 

Nos é véiô aharz 5 ma z-éut huit. Il sera nuit avant que vuus parliez. 

Gani 5 m'am bi'iî> bépréd pê-a-drd da véva , Pourvu que j'aie toujours de quoi vivre , je 

né c'houlennann km, n'en ilornaude pas davantage. 

Ar géar 6 A véza kéméred , ar vn'zélidi a La ville étant prise , les soldats pillèrent 

wasldz pép-lrd , tout. 

Lazcd e oé ti oc'h en cm ganna évid hé vrô , Il fui lue en combattant pour sa pairie , 

Unan-benniig em eùz gwéled 7 6 tond dré J'ai vu quelqu'un qui venait par ici. 
aman , 

Klévoud a til-hu hù c'hôar 7 oc'Ii huanadi? Entendez-vous voire sœur qui toup'ire ? 



Des verbes impersonnels. 

L'impersonnel il fact s'exprime diversement en breton , selon les différentes acceptions 
dont il est susceptible. 

1' Il f.vut est quelquefois suivi , en français , du subjonctif avec qdh. Il se rend alors par 
rcd eo (mot à mot , nécessité est); le sujet du verbe est précédé de la préposition da , et le 
verbe se met à l'infinitif. 

EXEMPLES : 

Réd eo d'in ûbcr ann drd-zé , il faut que je fasse cela. 

Mot pour mot : nécessité est à moi faire la chose. 
Réd eo d'hô prcûr doñd aman, il faut que votre frère vienne ici. 
2, Pour exprimer les autres temps de l'impersonnel il faut , on observera que le verbe 
béza seul se conjugue, le mot réd, qui le précède, restant invariable. On remarquera 
aussi que tous les temps , excepté le présent , prennent la particule é avant le verbe. 

EXEUPLES : 

Réd é oa d'am zdd komz out-hañ , I Réd é vézô d'id mont huit , 

il fallait que mon père lui parlât. 1 il faudra que tu t'en ailles. 

3„ Quand il faut est suivi de l'infinitif en français , on l'csprime encore par réd eo , et le 
verbe se met à l'infinitif. 

EXEMPLES : 

Lavaroud a rid éz oc'h hreñv , red eo gwélout ,1 Réd eo kas ann drd-zé gan-é-hoc'h , 
vous dites que vous êtes fort, il faut voir. | il faut porter cela avec vous. 
4" Lorsque il fact est suivi d'un nom, cet impersonnel se rend par zô ézomm; mais ces 
doux mots se placent après le nom. 

EXEMPLES : 

Bara zô ézomm h'iriô , (7 faut du pain aujourd'hui. 
Mot pour mot : pain est besoin aujourd'hui. 
Eur mardi zo ézomm évil moñd da géar , U faut un cheval pour aller en ville. 
5' Toutes les fois que il fact signifie avoir besoi.n, et que ces deux mois se trouvent sé- 
parés par un pronom, il faut se traduit par kaoud ézomm; mais alors il cesse d'être imper- 
sonnel en breton , et il se conjugue dans toutes ses personnes. 

EXEMPLES : 

£ttnn (î em eùz ézomm , 1 Be'^'/ioc'/ieiir fe'mendAam'hoc'heûz ézomm. 

il me faut une maison , I vous avez tout ce qu'il vous faut. 

6° Quand il fact peut se tourner en français par il est dû , on l'exprime en breton par 

eo ou sô dléet. 

exemples : 

Grid ann drd -zé ével ma eo dléet, faites cela comme il faut. 

Mot pour mot : faites la chose-là ainsi qu'il est dû. 

Pégcmeñd a zô dléet d'é-hoc'h évid ann drd-zé .' combien vous faut-il pour cela ? 

7 L'impersonnel il y a se rend , en breton , de deux manières , lorsqu'il est suivi d'un 

nom en français. On l'exprime par la troisième personne du verbe béza, être, précédée de 

la parliciile à, et alors le nom se place le premier ; ou bien par l'infinitif béza , suivi de la 

particule cz , et du présent de l'indicatif du verbe kaout , avoir ; dans ce cas , le nom se place 

le dernier. 



LIVRE SECOND. 83 

EXEMPLES : 

Eul lézcmi a zù diwar-henn kémeñt-sé , 1 Unan-hcnndg o zù enn foi H , 
il y a une loi là-dessus. | il y a quelqu'un chez vous. 

Ou bien : béz' éz eftz cul lézcnn diwar-benn kémeñl-sé. 
Bcz' cz eûz unan-bcnndg cnn /ici li. 
8" Pour exprimer les autres temps de l'impersonnel ii. y a , on prendra la troisième per- 
sonne singulière de chaque temps, avec la [larticule qui lui convient. On remarquera, pour 
la seconde manière , que , quoique l'on se serve de la troisième personne du verbe kaoui , 
pour le présent, on emploie , pour les autres temps , les troisièmes personnes du verbe léza. 

EXEMPLES : 

Eut gwa: a oa aman déac'h , hag en dôa c'hoant da gomz ouz-hoc'h , 
il y avait un homme ici hier qui désirait vous parler. 
Béz' 6 vézô glaô hcb-dalc , il y aura de la pluie bientùt. 

9" Quand il y a est employé pour exprimer la distance , ou pour désigner un espace de 
temps , on se sert de préférence de la première manière. 

EXEMPLES : 

Eiz léô a zù eûz a Goñk da Eùsa , 1 Daou vloaz a zù t' ni'ounn aman , 

il y a huit lieues du Conquet à Oucssant. | il y a deux ans que je suis ici. 
10° Il est ou c'est se traduit toujours par la troisième personne singulière du présent de 
l'indicatif du verbe béza, 

EXEMPLES : 

Mail eo moñd d'ar parle , 1 Na ge'méril kcd ann drd-zé , d'in eo , 

il est temps d'aller au champ. I ne prenez pas cela , c'est à moi. 

11" L'impersonnel c'est change avecle nombre en français; mais , en breton , il ne change 
ni pour le nombre ni pour le temps. 

exemples : 

Ar varc'hadourien eo a zopinvidik, | Hômoérébeoa lavaré kémeñl-sé , 

ce sont les marchands qui sont riches. | c'était votre tante qui le disait. 
12" L'impersonnel il fait se rend, en breton , par le verbe béza , à la troisième personne 
du singulier de chaque temps. 

exemples : 



Deiz co, déomp kuil, 

il fait jour, allons-nous-en. 

Tomm oa ar zizun Irémdnet , 



il faisait chaud la semaine passée. 
Nôz é \ùiiS pa zislrôinn d'ar géar , 
il /ira nuit quand je reviendrai à la maison. 



Exercices sur Us verbes impersonnels . 

i Réd eo d'in préna eur vinc'h , Il faut que j'achète une vache. 

i Réd eo d'hô krég dont gan-é-hoc'h , Il faut que \otro femme vienne avec vous. 

2 Réd é oa d'ézhan tévcl, Il fallait qu'il se tùt. 

2 Red é vczô d'é-hoc^h komz oul-hô , // faudra que vous leur parliez. 

3 Rédeoôftcr ar mdd évid anndrouk, Il faut faire le bien pour le mal. 

S Réd eo plcga ar wézcn é-pdd ma eo H faut plier Tarhre pendanl. qu'il est 

iaouañk, jeune. 

Teil li zôézomm évillcaoul gwiniz mdd, Il faulda fumier pour avoir de bon froment. 

Kig 4 zô ézomra évil lein, Il faul de la viande pour dinar. 

Eur zaé nécez 5 am eûz ézomm da-bcnn ann II me faut un habit neuf pour la noce. 
eùreùd , 

Eur skocd 5 hoc'h eûz ézomm c'hoaz , hag ho II vous faut un écu encore , et vous aurpj 

pézci awakli , assez. 

Béz' en dcùz brémañ kémcñd ha m'en 5 deûz 11 a ù présent tout ce qu'if lui faut. 
ézomm , 

Itikcnn né rai ann drd-zé évelmaei) G diéet, Jamais il ne fera cola comme (7 faut. 

Mé a garré gouzout pégémcñd G a zô dIéet Je voudrais savoir combien il lui faut, 
d'ézkan , 

Eur bleiz 7 a zô cr vrô , Il y a un loup dans le pays. 

Eunn li 7 a zô da tcerzaamañ, Il y a une maison A vendre ici. 

7 Béz' éz eûz kalz a avcl hiriô, Ily a beaucoup de vent aujourd'hui. 

Eur vaoucz 8 a o6 lazed war ann heñt , Ily eut une femme tuée suric chemin 



84 cnAMMAinr cnETOiiNr. 

Arné s a vizé, ma 8 vizé nébeùtoc'h a /< i/ aurait de l'urage, u'it i/ arat< muinsil< 

avel, vent. 

8 Bcz' é vczA kalz a Jild enn edreùd , Il y aura beaucoup de monde à la noce. 

Ouc'h-penn kañi léd 9 a zù eùz a Vràt da II y a plu» de cent lieues de Brest à 

Haii$, l'aiiB. 

üéij blua: 9 zii abaoé m'hoc'h anavézann , Il y a dix ans que je vous connais. 

Pell 9 zô abaoé né kéd deûd d'am zi , Il y a longtemps qu'il n'est venu chez moi. 

Ditézad 10 co. disliôomp d'ar géar , Il est tard , retournons 5 la maison. 

Va biou eo ar park-sé? dam zdd U eo. A qui est ce champlà? c'etl à mon père. 

//(5 pugaU 11 co o ra ann irouz-zé , Ce sont vos enfants qui font ce bruit-là 

Ilôc'hôar li eo a ganô dayeñla, Ce tira votre sœur qui chantera la pre- 

mière. 

/en 12 eo , réd eo ober tdn, Il fait froid , il faut faire du feu. 

Deiz 12 é oa a-vc^acVi , /)a ounn en cm lékécd II faisait à peine jour quand je me suis mis 

enn heñt , en route. 



Des Exclamations. 

1 ' QuEt , suivi d'un substantif , se rend par pébez, qui ne prend ni genre ni nombre. 

EXEMPLES : 

Pébez reûz ! quel malheur ! 
Pébez mao«e« .' quelle femme! 
Pébez tùd ! quels gens ! 

2 Si QDEt est suivi d'un adjectif et d'un substantif , qiel ne s'exprime point en breton . 
l'adjectif se met au superlatif, sans article^ et il ne prend ni genre ni nombre. 

EXEMPLES : 

Brasa dén ! quel grand homme ! 

Koafita plac'h! quelle jolie tille 1 
Kacn gwéz .' gue/« beaux arbres! 

3' QiE DE se traduit, en breton , par hag a, pour le pluriel comme pour le singulier. 

EXEMPLES ; 

Hag aboa)i em eùzbél! 1 Hag a loéned hoc'h eûz .' 

que de peine j'ai eue ! I que de bêtes vous avez ! 

4 Qde de , suivi en français d'un nom au pluriel, peut se traduire , en breton, par (*) a 
bcd ; mais le nom se met toujours au singulier. 

EXEMPLES : 
A béd loen hoc'h eûz ! | A béd bugcl koañt ! 

que de bêtes vous avez ! | que de jolis enfants ! 

5" Que , suivi d'un nom ou pronom , et d'un verbe neutre , s'exprime par "péger devant 
une consonne , et pégen devant une voyelle. 

EXEMPLES ' 



Peger fcfaJit) ounn-mé .' 
que je suis malade! 
Pégen aounig co hûmàb.' 



que votre fils est peureux ! 
Péger buan é kerz-hi ! 
gu'elle marche vite ! 



6' QoE . suivi d'un nom ou pronom , et d'un verbe actif, se traduit par pégémeñt , ou bien 
par na devant une consonne , et nag devant une voyelle. 

EXEMPLES : 

Pégément é likid ac'hanoun da gréna ' I Pégémend é Jcaré ar vaouez-zé hébugalé! 
que vous me faites tremblei ! | que cette femme-là aimait ses enfants ! 

Ou bien : na c'houi alaka ac'hanoun da gréna! Nag ar vaouez-zé a garé hé bugalé! 



(*) A béd est ici pour a pèd, mot pour mot , de combien. C'est un idiome particulier à-Ja langue 
t)retonne. 



LIVRi: SECOND. 85 

7" Que , suivi de tin , se rend par jivrdff otî pé évil Ira. 

EXEMPLES : 

Pcràg ou pê cvit Ira m' hellann-mé kcl\ Pérkgrié zeûac'h-hukél kcfUoc'h ! 

mervel ! que ne Tcniez-vous plus tül ! 
que ne puis-je mourir I | 

Exercices sur les exclamalions. 

i Pébez koll évidroun / Quelle perte pour moi ! 

1 Pébez gauuiadez ! Quelle menteuse ! 

1 Pébez brôiou am eûz gxcelel .' Quels pays j'ai vus! 

2 Gwasa paolr! Quel méchant garçon! 
2 Bihana bioc'h! • .,,,;, Quelle petite vache! 

2 Üwella peskcd. ■ ■ ' '1 Quels bons poissons! 

3 Ilag a amzer a golUc! '• »a-''"' Que de temps vous perdez! 

5 llag a diez a z6 béd sacedamañ dbofié! Que de maisons on a bâties ici depuis ! 
U A béd soé é dcûz ! Que de robes elle a ! 

4 A béd Ird.vâd hor bézo ! Que de bonnes choses nous aurons! 
^ Véger pinvidig é rd , ma karfi!! Çit'il serait riche, s'il voulait! 

5 Pégen écun eo ar tcézen-zé ■' Que cet arbre est droit! 
r. Péger kré é kdn-héñ ! Qu'iï chante fort ! 

6 Pégémeñd é efikrézid hô lâd ! Que vous chagrinez votre père ! 
e Pégémeñd énec'hann drd-zé ac'hanoun,' Que cela m'inquiète! 

6 Nâg hi a gâr hé mamm ! Cruelle aime sa mère ! 

7 Vérâg né lavarac'h-hukéd ann drd-zé d' in! Que ne me disiez-vous cela ! 

7 Pé évit trà néra-hi kéd ar péz etn eûz la- Que ne fait-elle ce que je lui ai dit ! 
vared d'czhi ! 

7 Pérâg né wérzil-hu kéd hô U , évit prcna Que ne vendez-vous votre maison pour (m 

cunn ail .' acheter une autre! 



Des Interrogations. 

Les phrases interrogafives qui ne commencent pas par un des pronoms interrogalifs 
prennent ordinairement à leur place la conjonction ha ou hag. 

i° Si le sujet est un pronom personnel et que le verbe soit un temps simple , la conjonc- 
tion commence la phrase , le pronom suit, et puis vient le verbe. 

EXEMPLES : 

Ha c'houi a gomzl 1 Hag hî a zebr? 

parlez-vous? I mange-t-elle? 

2° Mais si le verbe est un temps composé , on peut omettre la conjonction. Le participe 
commence la phrase, le pronom suit , et puis vient l'auxiliaire, qui est suiii du même pro- 
nom répété. 

EXE.MPLES : 

Lcined hocli eùs-hu ? 1 Kaned en dcüs-héñ ? 

avez-vous dîné.' I a-t-il chanté? 

3° Quand le sujet est un nom , et que le verbe est sans régime , le nom termine la phrase 

BIEUPLES : 

Ua klameo hô prcûr? 1 lia deùd ce ra zdd? 

votre frère est-il malade? I mon père est-il venu ? 

4" Lorsque le sujet est un nom de personne, et que le verbe a pour régime un pronom ou 
un nom de personne, on change l'actif en passif, pour éviter toute amphibologie. 

EXEMPLES : 

Ha karcd {'] ef-hi ra c'hôar gañd hô prc«r?| Ha maged é viot-hu gañd hô mamm ' 
votre frère airae-l-il ma sœur? | votre mère vous nourrira-t-ellc? 

5" Si la phrase est négative et interrogative en même temps, que le sujet soit un pronom 
et que le verbe soit à un temps simple, la conjonction la commence, la négative n^ suit , 
puis vient le verbe , ensuite le pronom , qui prend après lui la négative két. 



(*) E/esl ici pour eo, troisième personne ilti présent de l'indicalif tin verbe béza , irni 
|UC l'on dit Inditférciiimeul k/tj', A /te ou k/co , kcocte. 



E. C'est ainsi 



86 fiRAMMAIKK BHETONNF. 

lia né tjomzit-hu kél ' i lidné zeiiohéñ kél.' 

lie parlez vous pas ? | ne vit'iiilia-t-il pas ? 

0' Mais si le verbe est un temps composé , on peut uraellrc la ciinjonclion ; la négatire 
ne commence la phrase , lo pronom suit, puis vient l'auxiliaire , qui est suivi du môme pro- 
nom répète , lequel prend a|)iés lui la négative kél , ensuite vient le parlicipc qui finit la phrase. 

EXEUPLES : 

N'hoc'h cùzhu két, komzel? 1 N'ein eiizmé két ijalvet ? 

n'avez-vous pas parlé ? | n'ai-je pas apjtclé ? 

7' Si la phrase est négative t^t interrogativc en mi'^me temps , que le sujet soit un nom , et 
que le verbe soit sans régime , la conjonction commence la phrase , ensuite viennent la néga- 
tive né , le verbe , la négative kél , l'adjectif ou le participe , et enfin le nom. 

KXKMl'LES : 

lia né d-eo kél klañv lann , 1 Ha né d-eo kél deûd ho kcñderv ." 

Jean n'est-il pas malade ? I votre cousin n'est-il pas venu? 

8' Lorsque la [)hrasecsten mémo temps négative et interrogativc , on emploie quelquefois 
la conjonction négative na , au lieu de ha ou hay. 

EXEMPLES : 

Na pa zUtrdann ouz hoc'h, n'am gorluzot-hu kél , 

yuand je retourne vers voos, ne m'attendrez-vous pas? 

Nag hé-mañ a hellô obcr gwell ? 

Celui-ci ne ponrra-t-il pas mieux faire? 
Cette locution est surtout familière en Tréguier , où on l'emploie même dans le c;is où 
il n'y a en français aucune négation exprimée. 
9' Mais si le verbe a un régime, on change l'actif en passif. 

EXEMPLES : 

fia rCé d-ounn-mé kél karcl gañd hô mamm ? 
votre mère ne m'aime telle i)as? 
na né d-cf-hi kél karel va c'hôar gañd ho prfùr ? 
votre frère n'aime-t-il pas ma sœur ;' 

Exercices sur les inlerrogalions. 
1 Ha clioui a iélo :' Irez-vous :' 

1 Ea ni a lavarfé ann drâ-zé, ma né vé kél Dirions-nous cela , si ce n'était pas vrai .■' 
gwir ? 

2 Pcûr-cliréad éz pézô-lé dbred ? Auras-tu fini do bonne heure ? 

2 Gwersed é deûs-hi hé zi t A-t-ellc vendu sa maison ;' 

3 Ha brdz co hô merc'h^ Votre fille est-elle grande ? 

3 lia diskarcd co ar gwéz ? Les arbres sonl-ils abattus :' 
U Hag anavézeduunn-mé gañd ho c'hôar? Votre sœur me connait-elle ;' 

4 Ha mired é vézô hi ar valez gañd da ddd? Ton père gardera-t-il la servante ? 
/i Ha né évit-hu kcd a win f Ne buvez-vous pas de vin? 

i Ha ne zeùfé-hi kél , ma vélavared d'ézhi? Ne viendrait-elle pas , si on le lui disait.'' 

5 N'hoc'h eûs-hu kél kléved unan-henndg ? N'avez-vous pas entendu quelqu'un ? 

6 N'hon eûz-ni kélgorlôzelpcll awalc'ht N'avons-nous pas attendu assez longtemps;' 

7 Ha né dco kél laouen ho mcrc^h f Votre fille n'est-elle pas gaie ? 

7 Ha né d-co kél glazed hévdb?^ Son fils n'est-il pas blessé? 

8 Ha né véziim-mé kél kannel gañd hô Idd , Votre père ne me battra-t-il pas , si je 
mar choumann aman ;' reste ici ;' 

8 Ha né oé-hi kél krôzel va c'hôar gañd hô Votre mère ne gronda-t-elle pas ma saur? 
mamm i' 



Des Négations. 

i" Quand ne est suivi ou précédé d'un des pronoms indéterminés personne , aocdn , bien , 
il se rend , en breton , par né , qui commence toujours la phrase. 

eseuples : 
Né wélann dén , je ne vois personne. 
Né zeûiô hini , aucun ne viendra. 

Né rimélrd, vous ne faites rien. 



, LIVKE sr.CONU. 87 

2" Si ^E est suivi de pas , ne se traduit par né, et pas par hél- Ces deux mots , ainsi que 
dans le français, sont séparés par un verbe. 

EXEMPLES : 

Né zchrann két kalz a gih , 1 Né zevinn kéd abarz ann nôz , 

je ne mange pa* beaucoup de viande. | je ne viendrai 7)0* avant la nuit. 
S'Quelquefoisaulieu de ni', on emploie, dans ce cas et dans quelques autres, la parlicnlc na- 

EXEMPLES : 

Ma na goll IcH , s'il ne perd pas. 

Ma na d-eo kél héñ , si ce n'est pas lui. 

Pa na zehril Ju'l, puisque vous ne mangez pas. 

4" Lorsque né et kél sont séparés par le verbe héza , à la troisième personne du présent 
de l'indicatif, la négation né se confond avec eo, et au lieu de dire ne «0 két, il n'est pas, 
on dit : né kél, par euphonie. 

EXEMPLES : 

Ann drd-zé né két mdd , 1 llé-mañ né két eur mardi buan, 

cela n'est pas bon. | celui-ci tiest pas un cheval vif. 

On peut direaussi : atin-drà-zénè d-eo két mdd. Ué-mafi né d-eo kéd eur inarclt buan. 
5" Quand ne est suivi de qce , ^E s'exprime par né , et qpe par némél. 

EXEMPLES : 

Né Ta némét kana , 1 N'«m eûz némed daouvével, 

il ne fait que chanter. | je n'ai que deux valets. 

6" Si le QUE qui suit ne est employé au lieu de qcoi ou quelle chose, il faut le rendre 
p«r pétrâ. 

EXEMPLES : 

Né ouzoñt pétrâ da ôber, 1 Né wié pétrà da lavarout , 

Ils ne savent que faire. | il ne savait que dire. 

7" QiE NE, qu'il ne, qu'elle ne, qu'ils ne, qu'elles ne , s'expriment par na , parti- 
cule négative qu'on ne peut, en ce cas, remplacer par né . et après laquelle on met ordi- 
nairement le verbe au conditionnel. Les muables changent régulièrement après cetto 
particule. , . -(,);,,.) 

exemples : 



j'ai peur qu''Hs ne viennent à se perdre. 

Gant na gémerré nemeiir , 

pourvu qu'il n'en prît pas beaucoup. 



Likid cvcz na damallac'h va zàd , 

prenez garde que vous n'accusiez mon père. 

Aoun em eûz na zeùeñl d'en cm golla , 

8 ' Quand ne est suivi de plds , ne se rend par né, et pios par mut. 

EXEMPLES : 
Né hellann roui kerzout , 1 Né livirinn mui nétrà , 

je ne puis plus marcher. I je rfe dirai plus rien. 

9' Non plus , pas plds s'expriment par kcn-ncbetU. 

EXEMPLES : 

Ne oar kél Icnn ken-nébeùt, 1 Né két pinvidik , ken-nébcùt ha me , 

il ne sait pas lire non plus. | il n'est pas riche , pai ])!i(s que moi. 

10° Ni s'exprime par la particule na , qui, dans ce cas, ne produit pas de mutations 

EXEMPLES : 

Na kik , na peskcd , ni viande, ni poisson. 
Na dour , ua gwln , ni eau , ni vin. 
Na gwenn , na dû , ni blanc , ni noir. 
11" Jamais se traduit , en breton, de trois manières , selon le temps du \erbe qui le suit 
ou le précède. 

Si le verbe est au présent , jamais s'exprime par népréd ou nép-tro ; si le verbe est an 
passé , il se rend par biskoaz , et, si le verbe est au futur, par bisvikcnn , birvikenn on 
bikenn , qui est aujourd'hui le plus en usage. 

EXEMPLES : 

Népréd ou nép-tro m' ronn kémeñt-sé , janiaii je ne lais cela- 
Biskoaz né riz kémeñt-sé , jamais }<• ne lis cela. 

Bikenn né rinn kémeñl-sc , jamais je ne ferai icl.i. 



88 



Gn\MM\ii\i: nni;toN.\K. 
Exercices sur ki Ségalions. 



1 N'en» eüz ftjoeii déu é-bcd er gnir, 
1 Né ua hiiii é-bcd càz ar ré a glatlié, 

1 Né véio gréai néird héO-z-hoc'h, 

2 Né garann kéd aim dûd-zé , 

2 Ne d-inn kéd war ar méaz , mar gra glaâ, 
i Né kéd gwir ar ]>éz a liiiril. 
Ho preàr U né két ker kùz ha mé , 

4 Né gomz néméd ouz-hoc'h , 

5 N'en diùz goulennet néméd dck skoéd , 

5 Né ouzonn pélrâ du éva évit terri va zé- 
c'hed , 

6 Né wiemp pétri da 6ber évid hé zic'hla- 
c'hari , 

8 N'en em zarcmpràhmp mui abaoé neûzé, 

8 N'en de/iz mui a éd da werza , 
Né gar kéd ar gtein , 9 ken-nébcftd ha mé, 
Né két koaût, 'J ken-nébeùd hag hcc'hùar , 
Eunn dén fur né dlé 11 néprcd lavaroud ar 

péz en deüz klével c (i ar ré ail, 

11 Biskoaz n'em eûz gwélet kaéroch 

marnez , 
11 Bikcnn né hellô lével, 



Je Hdi trouvé piTsniiiie à la maison. 

Il n'y avait aucun de ceux qu'il cherchait. 

Un ne fera rien sans vuuü. 

Je n'aime pas ces gens-là. 

Je n'irai point h la campagne, s'il pleut. 

Ce que vous dites n'est pas vrai. 

Vutre fière n'est pas si Agé que moi. 

Il ne parle gu'à vous. 

Il n'a demandé que dix écus. 

Je ne sais r/uc boire pour étancher ma soit. 

Nous ne savions 5«« faire pour le consoler. 

Nous ne nous fréquentons plus depuis ce 
temps. 

Il n'a plus de blé à vendre. 

11 n'aime pas le vin, non plus que moi. 

Elle n'est pas jolie , non plus que sa sœur. 

Un homme sage ne dnh jamais dire ce qu'il 
a entendu chez les autres. 

Jamais je n'ai vu une plus belle femme. 

Jamais il ne pourra se taire. 



CHAPITRE VI, 

DES ADVERBES. 

L'adverbe a été amplement expliqué dans la première partie : il me reste cependant quel- 
ques remarques à faire sur la place qu'il doit occuper dans la phrase. 

1 ■ Lorsque l'adverbe est simple et qu'il est employé avec un adjectif , il se placn le 
premier. 

EXEUFLGS : 

Ré vrdz oc' h, 1 (iwall domm eo, 

vous êtes trop grand. I il fait «m-chaud. 

2' Mais si l'adverbe est composé, il se place après l'adjectif. 

EXEMPLES : 

Kaer meùrbédeo liômerch, 1 Poaz awalc'h eo arc'hik, 

votre fille est (rès-belle. I la viande est assez cuite. 

Pour connaître la place de l'adverbe, par rapport au verbe, on se rappellera qu'il y a 
quatre manières de conjuguer. 

3'^ Lorsque le verbe est au personnel , l'adverbe, soit de temps , de lieu , d'ordre , etc. , 
se place le premier. 

EXEMPLES : 

Uiriô éz innwar ar méaz , [ vous mettrez le blé dehors. 

j'irai aMJourd'/iut à la campagne. Béb-eil-trô e Aïznoñi , 

Er-raéaz é lékéod ann éd , ' ils chantent alternativement . 

4' Lorsque le verbe se conjugue à l'impersonnel , ou par l'infinitif béza , avec les temps du 

verbe principal , ou enfin par l'infinitif du verbe principal avec les temps du verbe ôber , 

alors l'adverbe , quel qu'il soit , suit le verbe. 

EXEMPLES : 

Mé a iélô hiriô war ar méaz , I vous mettrez le blé dehors. 

j'irai aujourd'hui à la campagne. ^(j„„ ^ réoùt beb-eil-tro, 

Béza é lékéod ann éd er-méaz , | ils chantent alternativement. 

Exercices sur les Adverbes. 



1 Kenn trcùd eo, né hell két kerzout, 
1 Gwall zroug eo hô ki , 



Il est si maigre , qu'il ne peut pas marcher. 
Votre chien est «rès-méchant. 

Bràz 



LIVRE SECOND. H9 

Urdz 2 c-leiz eo va zi , Ma maisun est suiftsamment grande. 

Gmzieg 2 awalc'h iñd évid ho oad , Ils son! attez instruits pour leur âge. 

5 Pell ounn bel klañ , i brémaû ounn J'ai été ionjtcmps malade, à présent je suis 
iac'h , Lien portant. 

3 War-c'horré hô c'héfot , Vous les trouverez dessus. 

î Mesk-é-mesk é oañl., lis étaient péle-mclc. 

S Kalz hoc'h eûz rùcd d'in , Vous m'avez donné beaucoup. 

3 Ével-sé t- rdot, mar kirit, Vous ferez de même , si vous voulez. 

Mé a lavaraz ar wirioncz d'hhan h neûzé. Alors je lui dis la vérité. 

(J'houi a lakaiO hé-tnañ k araok, Vous mettrez celui-ci devant. 

Vêz' é réod eur c'hars 4 trù-war-drù , Vous ferez une haie tout autour. 

Meùli a réoñl à ré hô viarc'hadourcz , Ils vantent Irop leur marchandise. 

Doñd a réod à ivéz gan-c-omp , Vous viendrez aussi avec nous. 



CHAPITRi; VII. 

DES PRÉPOSITIONS. 

1 ' Les prépositions françaises du , de la , des , ne s'expriment point en breton , si elles 
sont employées généralement. 

EXEMPLES : 

Rôil bara dHn , donnez-moi du pain. 

Trouc'hit kîk d'czhan , coupez-lui de la viande. 

Kércñd atn cûz cr ger-mañ, j'ai des parents dans celte ville-ci. 
2" Mais si les prépositions dû , de la , des , spécifient la chose dont on parle , en tout ou 
en partie , on les rend , en breton , par cûz ar ou cûz ann. 

EXEMPLES : 

A léhini eùz ar pcsiced hô pézo-hu ? eûz ar zilien , 
duquel des poissons aurez-vous i' de l'anguille. 
Dibrid eûz ar c'hreiz, mangez du milieu. 
3" Lorsque de suit un adjectif, on le traduit par a. 

EXEMPLES : 

Ann aval-mañ a zô leûn a zour , j Ar park-zc a zô golôed a e'd , 

cette pomme-ci est pleine d'eau. | ce champ- là est couvert de blé. 

4' Quand la préposition de est suivie d'un nom de personne ou d'un pronom personnel, 
elle se rend par digañl, digañd ou digan. 

exemples : 
Ann drâ-mañ em eûz héd digañd hô Idd, 1 N'em bczô nHrâ digañl-hi . 
j'ai eu ceci de votre père. | je n'aurai rien d'elle. 

5' Quand la préposition de est précédée de l'adverbe loi.n , elle s'exprime par diouc'h , 
dioul , dioud ou diouz. 

exemples : 
Êadjopcll diouc'h kéar, il est allé loin de la ville. 
Moud arin» pcUdioui-hô, j'irai loin d'eux. 
Choum ara pell dioui- in, il demeure loin de moi. 

6" Lorsque de est précédé de plcs , et suivi d'un adjectif numérique , on ne l'exprime 
point en breton. 

EXEMPLES : 

Ouc'h-penn ugeñl skôéd em eûz, I Ouc'h-penn pei/ucar vloaz c dcùz , 

j'ai plus de vingt-écus. | elle a plus de qninie ans. 

7' Lorsque la préposition de est précédée d'un verbe au passif, elle se rend par jañt ou gañd. 

EXEMPLES : 

A'ared eo gañd he zdd, | Kasced iñt gant ann holl , 

elle est aimée de son père. | ils sont haïs de tout le monde. 

8" De se traduit encore par gañl ou gañd , lorsque cette préposition peut se tourner eu 
français par a cause de, avec, par. 



r)0 GRAMMAIRE BRETONNE. 

EIBHPI ES : 

Oteéla a ra gañii ar gounnar , I Mervel a rai gañd ann naoun, 

il pleure de rage. I il mourra de faim. 

9" Dk, entre deux substantifs , servant h indiquer la matière dont une chusc est faite , 
ne s'eiprime puiiit en bretua. 

EXKUPLES : 

Uigasid aman ar skudel bri , 1 kémérid ai loa yoat, 

ap[)urtez ici l'écuelle de terre. | prenez la cuiller de bois. 

10" Quand la préposition française a est suivie d'un nom de personne ou d'un pronom , 
elle se rend , en breton , |)ar du ou par d' avec une apostrophe 

EXEMPLES : 

RiUd ann drd-z(' du Vari , | Ar clii-mañ a zô d'in , 

donnez cela à Marie. I ce chien est à moi. 

11» Quand la préposition a marque le lieu et qu'elle suit un verbe qui n'exprime pas le 
mouvement, elle se traduit par c , enn ou er. 

EXEMPLES : 

ils sont au marché. 



Choum a ra é Hrést , 
il demeure à Brest. 



Leina a rann é (ou enn) kcr , 
je dine à la ville. 
Ema iñd er marc'had , 
12" Mais si le verbe ex|)rime le mouvement, la préjiosition a se rond par da , excepté 
devant ker , ville , ou elle se traduit indiiféreinment par da ou par é ou enn. 

EXEMPLES : 

ils sont allés à Paris. 



Ueùd eo é ( ou enn ker , ou da ger , 
il est venu à la ville. 



Hloñd a rann da Wéned, 
je vais à Vannes. 
Éad iñd da Baris , 

13' Lorsque la préposition a marque la distance , elle se traduit par icar-héd , ou sim ple- 
ment par héd , et quelquefois on ne l'exprime pas du tout. 

EXEMPLES : 



War-héd (ou héd) diou léô diouc'h Kemper, 

ou bien : 
Diou léô diouc'h Kemper , 



à deux lieues de Quimper. 
War-héd (ou héd) eunn laol méan , 
à un jet de pierre. 



14' Quand la préposition a exprime un temps précis, elle se rend [lar da ou pur a-benn. 

EXEMPLES : 

Da gresteiz é leininn ,' 1 A benn eunn dervez-bennàg goudé-zé, 

je dînerai à midi. J à quelques jours de là. 

15' La préposition a entre deux nombres égaux , s'exprime par ha ou /ic.17. 

EXEMPLES : 

L'nan hag unan iñd deùt , j Daou ha daou éz aiñl kuil , 

ils sont venus un à un. | ils s'en iront deux à deux. 

I60 a , entre deux nombres inégaux , se rend par pc. 

EXEMPLES : 

Pemp pé c'houec'h kañt a vézo, 1 Naô pé tég em eûz gwélel , ' 

il y aura cinq à six cents. | j'ai vu neuf à dix. 

17' Lorsque la préposition a peut se tourner en français par avec, elle se traduit, en bre- 
ton , par gant ou gañd. 

EXEMPLES : 

Kémâ-oul pcsked gafid ann higen , 1 Ann drd-zc a zô gréai gañd ann nadoz , 

prendre du poisson à l'hameçon. ' cela est fait à l'aiguille. 

18' A se traduit aussi par a, qui , en breton , signifie de , mais seulement dans ces deux 
phrases ou autres semblables : 

EXEMPLES : 

Trôid a zéou , 1 A gleiz éz éot , 

tournez 'à droite. I vous irez à gauche. 

19 ' La préposition par , lorsqu'elle marque le lieu , ou qu'elle est suivie d'un nom de 
chose inanimée , se rend par dré. 



LIVRE SECOND. qi 

BXBMPLES : 

1(1 dré oie,- mé a iélô drc aman, I Pégémeñd a râcur d'é-hoc'h dré zcrvez î 

allez par là ; j'irai par ici. I combien vous donne-t-on par journée':' 

20' Mais si la prcposition par est suivie d'un pronom ou d'un nom de personne, ou de 
chose animée, elle se traduit par gañl ou gañd. 



EXEMPLES 



Gant-ft( em cùz kldved aim drd-:è , 

je l'ai appris par elle. 

ann tî-zc a :ô bel savei gañd ho Idd, 



cette maison-là a été bâtie par votre père. 
Al leùé a z6 bel tagcl gañd ar bleiz , 
le veau a été étranglé parle loup. 



21 " Lorsque la préposition chez suit un verbe qui n'exprime pas le mouvement , ello se 
rend par é li ou cnn H (mol à mot, en maison). 

EXEMPLES : 

Bcd ounn c-lî va breür , i Né oa dén enn hé di , 

j'ai été chez mon frère. | il n'y avait personne chez lui. 

22 > Quand la préposition chez suit un verbe qui exprime le mouvement, elle se traduit 
par da di (mot à mot, a maison ^ 

EXEMPLES : 

Moñd a rann da di va c'hôar , I W da di hô moércb , 

je vais chez ma sœur. I allez chez votre tante. 

23" Lorsque la préposition en marque le lieu et suit un verbe qui n'exprime pas le mou- 
vement , elle se rend par c ou cnn. 

EXEMPLES : 

A"t zcbreûr hél kalz a vara é Brô-Zaoz , 1 Choum a réoñd enn ker, 

onnemangepasbeaucoupdepaincnAngleterre.l ils demeurent en ville. 

24' Mais si la préposition en suit un verbe qui exprime le mouvement , elle se rend par 
da , excepté devant le mot hcr. vtile, oq e.ie;î traduit par enn. 

EXEMPLES : 

Ead eo da Vrô-C'hall , 1 Moñd a rinn enn ker , 

il est allé en France. | j'irai en ville. 

25" Voici se rend par iélu ou sélu aman, plusieurs prononcent chélu. Cette préposition 
précède toujours son régime, en breton. 

EXEMPLES : 

Sétu mé (ou) sétu mé aman , 1 Sétu aman va zâd , 

me voici. 1 voici mon père. 

26" Voila se traduit aussi par sélu ou bien par sélu azé , si c'est auprès : sétu ahoñt si 
c'est un peu loin , et sélu énô , si c'est à une distance indéterminée. 

EXEMPLES : 

Sélu nié , 



me voilà. 

Séfu azc ann li em eûz prénel , 

l'OiVà la maison que j'ai achetée. 



Sélu ahoñd cur park hag a zô gldz , 
voilà un champ qui est vert. 
Sétu énû pélrd eo , 
voilà ce que c'est. 



Exercices sur les Prépositions. 

Likid 1 g-nin lear ann daol, Mettez du vin sur la table. 

Prénit 1 lien évid-omp , Achetez de la toile pour nous. 

Gu'CTzid 1 avalou O'in, Vendez-moi des pommes. 

Dispcnnid ar iar-:é , ha rôid 2 eùz ann as- Découpez cotte poule-là, et donnez de /'aile 

kcl dliô mamm , à votre mère. 

Gnudé-zé é kémcrrod 2 eûz ar c'horf évid- Après cela , vous prendrez du corps pour 

hoc' h, vous. 

Dcûd éz eûz cul léstr karged î a varc'ha- Il est arrivé un vaisseau chargé de mar- 

dourez , chandises. 

Ann daou varc'h-man a zô sammed î a Ces deux chevaux-ci sont chargés (fe sel. 
c'hoalen , 

Eunn drâbennàfi em bé:ô tt digañt hañ , J'aurai quelque chose de lui. 

Dék skôéd em cüz béd 4 digañd va manwi , J'ai eu dix écus de ma mère. 



9^ 



(illAMMAlRE BRETONNE. 



Em' ounn bréma pell & (lioue'h vabro, 

fell é m'koe'h 5 dioul-Ai , 

Va c'haroud a ra jia c ma piil i diüuz-in , 

•> Ouc'h-pciifi kañd dañiad hun tiJr , 

<i Ouc'li-peiin dég vluaz ha c'houec'h-ugeñd 

é ua lann-Gôzer, pa eo marvet i: Knñk. 
Mai yrid ann drâ-zé , (' viul lamaUel 7gañt 

ImIz a diid , 
116 marc h a zôc^hoañtéet 7 çafid annhoU, 
Slià a ra 8 gafid ar vàz a bip tù , 
Lammoud a réeñt H gafid al lévénez , 
Ann li-mafi a xâ 10 da lier, 
Livirid 10 d'arn matez duñd da aoza koan , 

Déach em eùz knañed II enn ker, 
11 E Koñh ounn ganet , 
Vac'hàara sô éadii da Yoñtroulez , 
Fa zriiudii eun ker, deûd H i'am zi , 

Kouézéd eo ar gurun 13 war-hijd cul Ivd 
diouc'h ker , 
lî War-hcd dmi gamed ac'hann eo écl , 
14 A-benn hañler-nôz é véziñd dislroet , 

14 A-benn ann deiz keñta eus ar bloaz éz 
inn d'hô kwéloul. 

En cm likit tri li ha Iri, pc pévar 15 ha 

pévar , 

Seiz 16 pé fi; bloaz zô ahaoé, 
femzék 16 pé c'houézek dén évézimp , 
Ead ihd d'en cm ganna 17 gañd ar c'hlézé, 
Va matez a oar ncza 17 gafid ar wcrzid, 
Berroc'h eo ann heñd 19 dré v6r cgéd 19 dré 

iouar , 
Ar c'hlénved-zé a zù deûd d'ézhanld dré 

zarvoud , 
Likid évez na vec'h givélet 20 gañd unan- 

bcnnâg , 
Kalz a wéz a zô béddiskaret 20 gañd ann 

avel , 

Gwin màd a éveur 21 é-tî hô tâd, 
N'ho kaveur kéd allez 19 enn hô tî , 
iloñd a rinn ar ziznn a zcù 22 da dî va 

mamm-gôz, 

P'az-eod 22 da dl ho klniterv , gril va gour- 

c'hémennou d'vzhl, 

liézeTc kaer a gaveur 22 c Breiz , 
Moñd a raiñd 2i d'an» Ilali, 

15 Sétu aman ar péz hô pùa kollet , 
13 Sétu aman hugalé va breùr , 

26 Sétu azé ann heiil berra, 

26 Sétu ahoûd al loar ô sével , 

26 Sétu énô pélrà en deàz lavarcd d'in , 



Je suis à présent loin de mon pays 

Vous ôles loin d'elle. 

Il m'aime quand il est loin de moi. 

Nous avons plus de cent moutons. 

Jean-Causeur a\aii plus de ci'nt trente ans, 
lorsqu'il est mort au Conquot. 

Si vous faites cela , vous serez blâmé (ii 
plusieurs. 

Votre cheval est envié de tout le monde 

Il frappe du bâton de tous côtés. 

Ils sautaient de joie. 

Cette maison-ci est à Pierre. 

Dites ù ma servante de venir préparer le 
souper. 

J'ai soupe hier à la ville. 

Je suis né au Conquet. 

Ma sœur est allée à Morlaix 

yuand TOUS viendrez à la ville , venez chez 
moi. 

Le tonnerre est tombé à une lieue de la 
ville. 

Il est allé à deux pas d'ici. ^ 

Ils seront de retour ù minuit. 

J'irai vous voir au premier jour de l'art. 

Mettez -vous trois à trois, ou quatre à 
quatre. 

Il y a sept à huit ans depuis. 

Nous serons quinze à seize personnes. 

Ils sont allés se battre à l'épée. 

Ma servante sait filer au fuseau. 

Le chemin est plus court par mer que 
par terre. 

Cette maladie lui est venue par accident. 

Prenez garde d'être va par quelqu'un. 

Il y a eu plusieurs arbres abattus par le 
vent. 

On boit de bon vin chez votre père. 

On ne vous trouve pas souvent chez vous. 

J'irai la semaine qui vient chez ma g.-and - 
mère. 

Lorsque vous irez chez votre cousine , faites 
lui mes compliments. 

On trouve de beaux chevaux en Bretagne. 

Ils iront en Italie. 

Voici ce que vous aviez perdu. 

Voici les enfants de mon frère 

Voilà le chemin le plus court. 

Voilà la lune qui se lève. 

Voilà ce qu'il m'a dit. 



Nota. Quant aux prépositions et aux autres particules qui , se trouvant à la suite des 
verbes bretons , en changent la signification , je renvoie le lecteur au tableau qui suivra le 
chapitre suivant. 



CHAPITRE VIII. 

DES CONJONCTIOSS. 
1" Encore , lorsqu'il signifie de plus , se traduit par c'hoaz. 

EXEMPLES • 



Béca a raid c'hoaz pelt , 
il vivra encore longtemps 



Eunn drâ-hennàg a zô c'hoaz , 
il y a encore quelque chose. 



LIVHE SFCOND. g3 

'2' Mais si encore signifie dehechef, il s'exprime par arré ou adarré. 

eXEMHLES : 

Deûd eo hiriô adarré , 1 Fa zdd a z6 klañ adarrc , 

il est encore venu aujourd'hui. | mon père est encore malade. 

V Lorsque encore est suivi de que, il se rend par pcgémeñl-bennüy , et qi e se tra- 
duit par ma. 

EXEMPLES : 

Pégémeñt-bennâg ma eo pinvidik , né kèl gwiskel mdd , 
encore qu'il soit riche, il n'est i)as bien habillé. 
Pégémeñt-bennñg ma klemmll , n^em eûz kéd adruez ouz-hoc'h , 
encore que vous vous plaigniez, je n'ai pas pitié de vous. 
4' Acssi, lorsqu'il signifie pareillement, se traduit, en breton , par ivéz ou ivé. 

EXEMPLES : 

Hô preùr a zô iac'h , hag hô e'hôar ivé , 1 Mar kiril moñd war ar méaz , éz inn ivé , 

votre frère est bien portant, et votre sœur a«sst.l si vous voulez aller à la campagne, j'irai au^si. 
5' Lorsque aussi exprime comparaison , on le rend par ker devant les consonnes , et kenn 
devant les voyelles. 

EXEMPLES : 

AV kél ker gwizieg hag hé dâd, 1 Béd ounn enn hé di kenn aliez ha c'houi . 

il n'est pas aussi savant que son père. I j'ai été chez lui aussi souvent que vous. 
6" Donc , lorsqu'il commence la phrase , se traduit par rak-sé ou ikcl-sé. 

EXEMPLES : 

Rak-sé eo réd vber ar ptiz ci livirlt, i Ével-sé né ouzoñt pélrd a lévéroñl , 

donc il faut faire ce que vous dites. ' donc ils ne savent ce qu'ils disent. 

7" Lorsque donc vient à la suite d'un verbe, il s'exprime par éCa , ou plutôt par Ua, !.i 
voyelle é s'élidant dans la prononciation. 

EXEMPLES : 

Deùd éta d'am gtvéicml , i PéCrd a rinn mè '(a goudé-zé'i 

venez donc me voir. I que ferai-je donc après celai* 

8' La conjonction et se rend par ha devant les consonnes , et hag devant les voyelles. 

EXEMPLES : 

Hô merc'h a zô iaouañg ha koañl , 1 Ann H hag ann arrrbeûri zo da werza, 

votre fille est jeune el jolie. ' la maison et les meubles sont à vendre. 

9' La disjonctive ni s'exprime par na devant les consonnes , et nag devant les voyelles. 

EXEMPLES : 

A'eûz na drouk , na mâd da lavaroud anéxhan, 
Il n'y a ni mal , ni bien à en dire. 
A"^^ garann nag ann cil nag égilé, 
je n'aime ni l'un ni l'autre. 

10 Mais se traduit par hôgen ou par crvàd. On remarquera seulement que ce dcrniiT 
mot ne commence jamais un corps de phrase. 

EXEMPLES : 

llogen pcirà a lavarô hômamm ? 1 Ilé^mañ a zô brâz awalc' h, éyilé cr-\ àâ né dcokit . 

tnat« que dira votre mère? I celui-ci est assez grand, mais l'autre ne Test pas. 

Il" Que , entre deux verbes, s'exprime par pénaos. 

EXEMPLES : 

Kléved em eu: pénaoz é oac'hdcûl , j Gouzoud a rann pénaoz oc'h pinvidik . 

j'ai .appris que vous étiez arrivé. I je sais grue vous êtes riche. 

12„ Que, lorsqu'il exprime comparaison , se traduit par égvl ou éii(. 

EXEMPLES : 

Uihanoc'h ounn égét-/iflw , I Gwiziekoc'h eo évid hé vr^iir, 

je suis plus petit que lui. | il est plus savant que son frère. 

Nota Voyez plus haut, à l'article modes du verbe , et h celui exclamation , les différentes 
manières de rendre la particule française que. 



O^ GRAMMAIRE BRETONNE. 

i:) La particule ou conjonction si se rend di; trois manières différentes en breton. Si sVx- 
Itrimi; par mar ou ma , au commencement d'une phrase. On se sert de ma , lorsque le mot 
qui suit commence par une des consonnes l, n , v ; on emploie mar devant les autres lettres 



EXEMPLES : 

«(j'étais riche, j'aurais de heaux chevaux. 
Mar kiriddnñd anuiñ , é viod diyimérel mdd , 
si vous voulei venir ici , vous serez hien reru. 
Mar ytllann , éz inn hirid d'/id (i , 
si je puis, j'irai aujourd'hui chez vous. 



Ma livirid d'in mond, éz inn , 

si vous me dites d'aller, j'irai. 

Man<? rit nt'trd, é valant yaûd ann naoun, 

si vous ne faites rien, vous mourrez de faim 

Ma vennpinvidilc , em hé kézik kaer , 

U ■ Si , après un verbe , se traduit par ha ou hag 

EXEMPLES 

Livirid d'in ha dimézed eo hô choar , 1 
dites-moi si votre sœur est mariée. | savez 

15" Quand si est employé pour t.i.nt , tellement, il se rend par ker ou kenn. 

EXEMPLES : 

Ker gwiîicg eo , ma oar pép-lrd , 
il est si savant qu'il sait tout. 
Kenn iskiz co, ma ra ann hnll goab anézhañ , 
il est si extraordinaire que tout le monde se moque de lui. 
10" La conjonction ou se rend par pé. 

EXEMPLES : 



Gouzoud a rit-hu hag hi a :i) iac'h bréma'f 
savez-vous si elle se iiorle bien à [)résentV 



Kôid d'in ann eil pé éyilc , 
donnez-moi l'un ou l'autre. 



Réd eo dibri , pc éva , 

il faut manger , ou boire. 



Exercices sur les Conjonclions. 



Rôil 1 c'hoaz eur skocd d'in , hag em bézij 

awak'h , 
Livirid 1 c'hoaz ann drâ-man dczho, 
Moud a rcol-hu 2 adarré cnn ker warchoazi 
Komz a rinn out-han 2 adarré diwar ho 

penn, pa héi'i gwclinn , _ _ 

3 Pégémcût-bennâg ma oand daou , n em 

bôa ked a aonn ra-z-hô , 

3 Pégémcñt-benuâg ma choum pell a- 

c^hann , cz inn d'hc di , 
Hô marc'h a zô gwcrzel , ha va him h ivc, 
Va mével a zù Uan , ha va matez h ivé , 
N'ounn kél 5 ker brâz ha c'houi ,^ 
Né két S kenn lomm hiriô ha déac'h, 
G Bak-sé n'/toc'/i eùz gwir é-béd war ann 

drd-zé, , 

6 Evelsé ne dleann mui netra d e-hoc li , 

üwerzil 7 'ta hô pioc'h din , 

Lavared en deùz 7 'ta d'é-hocli doñdaman'! 

Va marc'h a zô mdd 8 ha kaer , 

Ann tàd 8 hag ar mdb a zô marô , 

\nn dcn-zé n'eo 9 na brdz , 9 na bihan , 

K'cin eùz kaved cr ger , 9 nag ar vamm , 

9 nag ar verch , 
10 lUgen pétrâ en deùz lavarcl , pa en dciiz 

klévct kcmeñl-sé '■' 
Uou-mañ a rôann d'é-hoc'h, éhén 10 er-vad 

a virann évid-oun, 

Lavaroud a réer dré-holl 11 pénaoz éz id da 

zimézi . 

Gouzoud a ra 11 pénaoz ékarann hévercli, 
Va rrid a z6 kôsoch 12 égéd hoc'h-hini, 
Ar ré-mañ a zô (jwelloc'h 12 cvid ar ré-all, 
a Ma lenn ann drd-zé, évézô souézel, 



Donnez -moi encore un écu , et j'aurai 
assez. 

Dites-leur encore ceci. 

Irez-vous encore en ville demain i" 

Je lui parlerai encore de vous , quand je le 
verrai. 

Encore qu'ils fussent deux , je ne les crai- 
gnais pas. 

Encore qu'il demeure loin d'ici , j'irai 
chez lui. 

Votre cheval est vendu , et le mien aussi. 

Mon valet est malade et ma servante aussi. 

Je ne suis pas aussi grand que vous. 

Il ne fait pas aussi chaud aujourd'hui qu'hier. 

Donc vous n'avez aucun droit là-dessus. 

Donc je ne vous dois plus rien. 
Vendez-moi donc votre vache. 
Il vous a doncdit de venir ici? 
Mon cheval est bon et beau. 
Le père el le fils sont morts. 
Cet homme-là n'est ni grand ni petit. 
Je n'ai trouvé à la maison ni la mère , ni 
la fille. 
Mais qu'a-t-il dit, quand il a appris cela .' 

Je vous donne celle-ci ; mais je garde l'au- 
tre pour moi. 
On dit partout que vous allez vous marier. 

Il sait que j'aime sa fille. 
Mon père est plus âgé que le votre. 
Ceux-ci sont meilleurs que les autres. 
5'il lit cela , il sera étornc. 



13 Ma né gavil kéd anczhañ, é leûot war 

ho kiz , 
lî Ma l't enn kcr , é leûfé (Thor gwñoul , 
1') Mar gwélil M moéréb , gril vagourc'hé- 

mennou d'éxhi, 

Kléved hoc'h cüs-hu là ha rùcd en deüz hù 

preûr eûz hé gélou^ 

Me a garfé gouzoud ià hag héñ a zeûid , 
15 Kerskuizoann, ma kouézcnn hêpkamcd, 
15 Kcnn ncc'hcdco, mané uarpéini dauber. 



LIVRE SECOSD. f)5 

Si vous ne le trouvez pas , vous vous en 
retournerez. 

S'il était en ville, il viendrait nous voir. 

Si vous voyez votre tante , vous lui ferez 
mes compliments. 

Avtz-vous appris si votre frère a donné de 
ses nouvelles? 

Je voudrais savoir s'il viendra. 

J'étais si fatigué, que je tombais à chique pas. 

Il est si inquiet, qu'il ne sait que faire. 



NoTi. Je ne ferai point de chapitre particulier sur la syntaxe des interjections. Je pense 
qu'on ne peut, avec exactitude , les appeler parties du discours , puisqu'elles ne sont jamais 
nécessaires ñ la construction d'une phrase. Dans le fait , ce ne sont pas des mots , mais 
seulement des sons qui, n'étant assujettis à aucune règle, sont employés uniquement à la 
volonté de celui qui parle. 

Cependant, comme on a assigné un rang aux interjections dans presque toutes les gram- 
maires , j'ai donné, dans la première partie, une liste de celles que l'on emploie ordinaire- 
ment dans la langue bretonne. ( Voyvz le chapitre IV de la première partie. ; 



LISTE DES VERBES QUI SONT SUIVIS DE PARTICULES. 



MODE 


PARTICULE 

qui suit 


EXEMPLES. 


TRADUCTION 

( 


I.NFI.NITIF. 


LE VERBE. 




DES EXEMPLES. 


Askouéza 


é 


askouézed eo é klémed. 


il est retombé malade. 




da 


ann li-mañ a z6 d'in , 


cette maison-ci est à moi. 1 


Béza 


enn kers 


ann drd-zéa vézô en hô kers , 


cela vous appartiendra. 




' gant 
gan 


va breür héñ e'hasô gañt-/iañ , 


mon frère l'emportera avec lui. 


Kâs 


kasit gan-é-hoc'h , 


emportez avec vous. 


da 


va c'hâs a ra d'ann aluzen , 


il me réduit à l'aumône. 


huit 


mé hô kasô kuit , 


je vous renverrai. ' 




1 gant 


hé géraéroud a ra gañl-hi, 


elle le prend avec elle. 




i gañd 


kémcred é viol gafid va zdd , 


vous serez pris par mon père. | 


Kémérout < 


gan 


hô kéméroud a rann gan -en , 


je vous prends avec moi. i 


digañt 


kémérid hen-nez digant-Zia/i, 


prenez celui-là de lui. ! 




digañd 


kéraérid atm drd-zé digañd hô Idd, 


prenez cela de voire père. ' 




k digan 


kémérid ann drâ-mañ digañ-éñ , 


prenez ceci de moi. 


Klemm 


g and 


klemm a ra gnñd héboan. 


il se plaint de son mal. 




ouc'h 


komz a rinn ouc'h ho indb , 


je parlerai à votre fils. 




oui 


komzid out-/iañ , 


parlez-lui. j 




ou: 


komz rann ouz-hoc'h , 


je vous parle. ' 




gant 


komzed em eûz gañt-/ti, 


j'ai causé avec elle. 


Komz ^ 


gaïid 


komz a rinn gañd hô mamm., 


je causerai avec votre mère. 




gan 


komz a rinn gan-é-hoc'h , 


je causerai avec vous. 




eùz 


komzed ctn ciiz eûz ann drd-zé , 


j'ai parlé de cela. 




a 


konu a rinn a 'nézhañ, 


je parlerai de lui. 




ac'h 


komzed hô deùz ac'h-an-hoc'h, 


ils ont parlé de vous. 


1 


eu: 


kouézed eo eûz va dourn , 


il m'est tombé de la main. 


A ouéza 


war 


kouézed eo war ann douar , 


il est tombé à terre. 




war 


küucza a réol war-n-oun , 


vous tomberez sur moi. 




é 


kregi a rézoñl é kemeñd a ioa , 


ils se saisirent de tout ce qu'il y 


Kregi 






avait. 




i enn 


ar chléñved a z6 kroged cnn-hañ, 


la maladie l'a atteint. 


L'réna 


1 gañd 


kréna a ra gafid aoun , 


il tremble de peur. 


Kridi 


é 
l da 


mé a ç;réd é Doué , 


je crois eu l>ieu. 




né grcdann kéd li id , 


je ne te crois pas. 


Derchel 


da 


derchel a rann d'am gér , 


je tiens à ma parole. 




■ eûz 


derc hel a ra eûz hé mamm , 


elle tient de sa mère. 


Disgouézoul 


\da 


diou loden a zigouéz d'i'n , 


il me revient deux parts. 


Diskenn 


j gand 


diskonn a ra gand ar mène: , 


il descend la uionL^giie. 


\ diwar 


diskcnned co diwar varc'h , 


il est descendu de cheval. 



o^ 



CIlAUItàlU BBETONNE 



MOUK 

l.ltl.llTII'. 



PABTltüLE 

(|ui iiiit 



Ditkoutz 
Dislrei 



da 

gañd 

I da 



Dont 



da 
l ujar 
) tear lerc'h 

(war (jti 
a benn 
kuii 
Diuuk pidi I gañt 
En em dcnna I kuit 

iouc'h 
oui 
ou: 
I eùz a 



Eneniglcmmi 

En em hanta 

En cm lakaal 

En em unani 

Enem virout 

En em ziwall 

Enébi 

Eùreùji 

Evésaal 

Goulcnn 

Gounid 

Gourenn 

Harza 

Lakaal 



il trou t 



Sloñt 



ac'h 
a 

\ war 
a-dà gant 
a-cneb da 
gant 
ouc'h 
ouc'h 
uuc'h 
oud 
ouc'h 
digañt 
war 
ouc'h 
ouc'h 
kévret 
évez oucli 

ouc'h 
diouc'h 



Ober 



Pellaat 



war 

araock 

war-Urc'h 

kuii 

ébarz 
I er-méaz 
' kévret gant 

war gil 

war giz 
V é-biou da 

g and 

goab eùz 

goab oc'/i 
goab a 
neiiz da 
van eiiz 
penn da 
diouc'h 



diskuuL'zid ann hiñd d'unn den- 
té, 
ho tiskouez a ra gafid or biz , 
dbtrùed eo d'hé voaaiou kiz , 

pa vézo dt'iVi ila zaou vloaz , 

dofid a rinn war drdad , 

dofid a ra war lerc'h, 

dofid a rann war va c hlz , 

duñd a réod a-beno anézki , 

deùd eo kuil , 

druuk-pidi a ra gañl-A(, 

en cm dentiit kult, 

en cm ganna a rinn ouc'h hâ 

preùr , 
en em ganna a riz oul-hañ , 
en cm ganna a réod ouz-in, 
en cm glcmm a réer eûz a gé- 

mcnt-sé , 
en em glemm a réer eùz hô màb , 
en cm gleram o ra ac h an-hoc'h , 
en em glemm a rinn a 'nézhañ, 
en cm harpilwar hd pdz, 
en em likid a-dù gañt-/iañ, 
en cm lékéad co a-éncbd'in, 
en em unani o rinn gañt-fto, 
en cm virid ouc'h ar péc'hcd , 
en em ziwallid ouc'h kémeñl-sé , 
énébi a ra ouc'h ar redz , 
eûreftjed eo oud hé ginilerf, 
cvésaad a ra ouc'h t'a c'hoar , 
goulennid ann drâ-zé digaûi-hô , 
gounid a ra warAe vreùr, 
gourenn arinn ouc'h hé-mañ , 
ar c'hi a harz ouc'h al loar , 
ho Iakaad a rinn kévret , 
likid évez ouc'h ar péz a Uvirit, 

mirid ouc'h hô mdb da zibri , 
Doué rhon mirô diouc'h drouk, 

ar chcüncüd a zô cad é ludu , 

mond a rinn war varc'h , 

raond a raiñd araok , 

moud a raimp war- lerc'h , 

mond a rinn kuît hiriô , 

éad eo ébarz , 

càdeo er-méaz, 

mond a rcol kévret gant-ftari, 

mond a ra war hé gil , 

mond a ra war hé giz , 

éad co é-biou dm , 

pélrd réoi-hu gañd ann drd-zé ' 

na rit &f< goab eûz hô tàd, 

goab a ra ac'h an-oun, 
goab a rid a 'nézhi , 
ôber a ra neûz da zibri , 
né ra van eûz a gémeñl-se , 
ôber a ra penn d'hé vretlr , 
pellaad a rid diouc'h ann heñd , 



m.lüLCTIO> 

üi.-. i]iEai'Lt->. 



munirez le tliemia i cethiJin- 

me-là. 
il vous montre au duigt. | 

il est re('<nibé daus tvi vieilles 

habitudes. I 

quanil il aura atteint deux ans. 
je viendrai à pied, 
il suit, 
je reviens. 

vous en id'elle) viendrez à bout. 
il s'en est venu. i 

il la maudit. I 

retirez-vous, 
je me battrai contre votre 

frère, 
je me battis contre lui. 
vous voui baltrez contre moi. 
on se plaint de cela. 

on se plaint de votre fils. 

il se plaint de vous. 

je me plaindrai de lui. 

appuycz-vûus sur votre bàtuo. 

prenez parti pour lui. 

il a pris parti contre moi. 

je me joindrai à eux. 

évitez le péché. 

gardez-vous <ie cela. 

il se roidit contre le malheur. 

il a épousé sa cousine. 

il observe ma sœur. 

demandez-leur cela. 

il surpasse son frère. 

je lutterai contre celui-ci. 

le chien aboie à la lune. 

je les rassemblerai. 

faites attention à ce que vous 

dites, 
empêchez votre flis de manger, 
que Dieu nous préserve de 

mal ! 
le bois est réduit en cendres, 
j'irai à cheval, 
ils précéderont, 
nous suivrons, 
je partirai aujoord hui. 
il est entré, 
il est sorti. 

vous l'accompagnerez, 
il recule, 
il retourne. 

il a passé auprès de moi. 
que ferez-vous de cela ? 
ne vous moquez pas de votre] 

père, 
il se moque de moi. 
vous vous moquez d'elle, 
il fait semblant de manger, 
il n'en fait semblant, 
il résiste à son frère, 
vous vous éloignez du chemin 







LIVRE SECOND. 


97 


MODE 


PABTICULE 

qui suit 

LE VEllUE. 


EXEMPLES. 


Tradcction 


I:(F1MIT1F. 




DES EXtJII'LFS. 


iPidi 


gañd 


rcd co pidi gaful ar ré varû , 


il faut prier pour les morts. 


Poki 


(la 


poki a réaz Ain , 


il me balsa. i 


Rusia 


gaiid 


rusia a rafcnn gafid ar véz , 


je rougirais de honte. | 


; skci 


gant 


skoit gaîd-han , 


t'rappcz-lc. 1 


war 


skci a récûr war ann 6r , 


on frappe à la porte. | 




oiic'h 


sellid ouc'h ann drà-man , 


regardez ceci. 


1 


Are 


selluud a ra dré doull ojm ôr , 


il regarde par le trou de la 
porte. 


Selloul 


oitc'h-krec'h 


sellid ouc'h-krec'h , 


regardez en haut. 




ouclilraoñ 


sellid ouc'li-traou , 


regardez en bas. 


( 


aziouchda 


sellid a-ziouc'h dV-/»oe'ft, 


regardez au-dessus de vous. 




a-zindilii 


sellid a-ziiidân-/ioc'/t, 


regardez au-dessous de vous. 


\ 


piz ouc'/t 


sellid piz ouc'h ann drd-zé , 


examinez cela. 




gañl 


sével a rinn gañt-A», 


je la soutiendrai. 


Sével j 


dreisl 


sével a ra drcist ar ré ail , 


il surpasse les autres. 




a-éuep da 


sével réoñd a-énep d'in , 


ils se déclarent contre moi. | 
on heurte à la porte. 1 


Slehi ! 


icar 


steki réer war ann or. 




ouz 


na stokit kcd ouz-in. 


ne me iieurlez pas. 1 




diouc'h 


tec'houd a ra diouc'h hé énéhour , 


il fuit son ennemi. 


Tec'hmt 


dioul 


lec'hid diout-/u', 


éloignez-vous d'elle. 




kuil 


tcc'hed eo kiiît , 


il s'est échappé. ; 




ganà 


tenna a ra gañd ar warck , 


il tire de l'arc. 


Tenna ^ 


icar 


tcnnit war hé skouarn , 


tirez-lui l'oreille. 




a-drcH 


teniiid ann drd-zé adréfi , 


retirez cela. 


Tével 


[ war 


ne hcll tével war nélrd , 


il ne peut rien taire. 


Tôslatxt 


\ ouc'h 


tôstaid ouc'li ann (an , 


approchez-vous du feu. 




war 


nékét troel war ann lu mdd , 


il n'est pas tourné du bon côté. 


1 Trei 


ouc'h 


trôld ouc'h hô mnmm , 


tournez-vous vers votre mère. 




gant 


trei a réaz gañt-W , 


il se déclara pour elle. 




drd 


Irémen a riyin dré hô li , 


je passerai chez vous. 


\ 


war 


tréménomp war gémcñl-sé , 


passons là-dessus. 


Trctncii 


araok da 


Iréméned co araok d'in , 


il a passé avant moi. 




a-dreùz da 


tréménid a-drcAz d'ar c'hoad , 


traversez le bois. 




dreisl 


trémen a ra dreist ann holl , 


il surpasse tout le monde. 



EXERCICES SUR LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS 

DE LA LAHGUE BRETONNE. 

Le thème suivant est extrait de la Bible et traduit littéralement du latin. J'ai mis sous 
chaque mot breton le mot français qui y a rapport, afin qu'en comparant le mot à mot 
avec la traduction , le lecteur fût plus à portée de juger du génie des deux langues. 
CVoir à la suite du thème l'analyse des deux premiers versets. ' 

BUEZ RUTH, 

VIE (de) HDTH. 

KENT A PENXAD, 

PREUIEIl CDAPITRE. 



Enn amzer cur barncr , pa c'hourc'hémcnné ar varncrien (*), 
Enletempsun juge quand (**) commandait les juges, 
e'hnarvézaz naounégez er vrô. Eunn éién a guitaàz Bethléem 
arriva famine en le pays. Un homme qnitta Bethléem 



Pans le temps des juges, 
sons le gouvernement de l'un 
d'eux, il survint une famine 
dans le pays, l'n homme 



(*) Les particules cet a , qui précèdent ordinaircDienl les vcfhes dans toutes leurs personnes, ne 
sauraient être traduites eu français. 

(*') tes verbes bretons ne prenant point le nombre , lorsqu'ils sont précédés du sujet , nom ou 
pronom , j'ai mis dans la traduction le verbe au singulier , pour mieux faire ressortir le génie «les 
deux langues. 

i3 



r)8 CillAMMAIRE DRrTONJTF 

Juda , éiid moñd é brô ar Voabitcd , gañd hi e'hré(j hag hét^ 
Juda, pour aller tn pays les Moabites, avec sa feuinie et ses 

tatm vdb. 
deux ril8. 

EUinéUk a réad cùz hé-mañ , ha Noémi eiiz hé c'hréy . 

Eliiiiélech on faisait de celui-ci , et Nuéiiii de sa feoiiuc : 
hé zaou vàb a oa hanvel , unan anézhô Mahalon , hag égilé Cité- 
»es deux lils était UDmmé, un d'eux Mahalon, et l'autre tlié- 
lioK. Génidig é oañl eùz a Efrala é Uéthléem Juda. t.ad 
liun. Natifs étaient de Eplirata en Bethléem Juda. *) Allé 
é brô ar Voabiled é choumzoñd énô. 
en pays les Moabites restèrent là. 

EUméltk privd Noémi a varraz , hag hi a joumaz gant hé 

Elimélech époux Noémi mourut, et elle resta avec ses 
mipien. 

ûls. 

Ar rc-mañ a géméraz évit gragez merc'hedMoahitézed, unan 

Les ceux-ci prit pour femmes filles Moabites , une 
hanved Orfa, hag ében llulh. Choiim a rézoñd énô dég vloaz 
nommé Orpha, et l'autre Ruth. Demeurer firent là dix ans. 

Ilô daou é varfsoñl , da lavaroud eo , Mahahn ha Chélion 
Eux deux moururent, à dire est, Mahalon et Chélion; 
ha Noémi en cm gavaz diwertdeüz hé daou vdb hag eùz hé fricd 
et Noémi se trouva privé de ses deux fils et de son mari 

Sével a réaz c'hoant enn-hi da guitaal brô ar Voabiled , évid 
Lever fit envie en elle à quitter pays les Moabites, pour 
àislrei d^hé hini, g and hé diou verc'h-haer ; rûk kleved 

retourner à son celui , avec ses deux filles-belles ; car entendu 
dévôa pénaos en dûa atm Aoirou selled a drue: ouch hé 
avait comment avait le Seigneur regardé de pitié contre ses 
düd ha rôed boéd d'ézhô. 
gens et donne alimenta eux. 

IFor gémeñl-sé é kuitaaz ar vrô bcll-zé , gañd hé diou verc'h- 

Sur autant-là quilla le pays loin-là, avec ses deux lillcs- 

kaer:hag ô véza é penn ann heñd évid distrei é douar Juda, 

belles: et en être en tète le chemin pour retourner en terre Juda, 

É lavaraz d'ézhô • Id da di hô mamm ; ra rai ami Ao- 

Dit à elles : Allez à maison votre mère; que fera le Sei- 

Irua trugarez enn hô kéñver , ével ma hoc h cûz gréad é- 

gneur miséricorde en votre côté, ainsi que vous avez fait en 

kéñver ar ré zô marô hag em clxénver-mé. 

côté les ceux sont morts et en mon côté moi. 

Ra rai d'é-hoc'h kaond ar péoc'h é H ar priédou a si- 

Que fera à vous trouver la paix en maison les époux qui é- 
gouézô gan-é-hoc'h ; hag é pokaz d'ézhô. Ar ré-mañ enn eur 
cherra avec vous j et baisa à elles. Les celles-ci en 
c'harmi en em lékéaz da wéla . 
crier se mil à pleurer , 

Hada lavaroul ■■ Kéomp gan-é-hoc'h da gaoud hô prôiz. 

Et à dire : Allons avec vous à trouver vos pays. 

Hou-mañ a lavaraz d'ézhô ■■ Il war hô kiz , va merc'hed, 
Celle-ci dit à elles : Allez sur votre retour, mes filles , 



abandonna ncthlécm Juda , 
pour SI- retirer dins le pa>s 
li-s Moabites, a\ec sa femme 
et «es deux fils. 

Celui-ci se nommait Elimé- 
lech , et sa femme .Noémi : ses 
leux fils s'appelaient, l'un 
Mahalon, et l'autre Chélion. 
Us étaient natifs d'Ephrata 
en lielhléem Juda. Etant en- 
trés dans le pays des Moabi- 
tes , ils y restèrent. 

Elimélech , époux de Noé- 
mi, mourut, et elle resta 
avec ses fils. 

Ceux-ci prirent pour fem- 
mes des filles Moabites , une 
nommée Orpha , et l'autre 
Ruth. Us y vécurent dix ans 
avec leurs femmes. 

Ils moururent tous deux, 
c'est-à-dire , Mahalon et Ché- 
lion : et Noémi se trouva pri- 
vée de ses deux fils et de son 
mari. 

Il lui prit envie alors de 
quitter le pays des Moabites, 
et de retourner dans sa pairie 
avec ses deux belles-filles ; 
car elle avait appris que le 
Seigneur avait jeté un œil de 
pitié sur son peuple, et qu'il 
lui avait donné des vivres. 

Elle abandonna donclelieu 
de son pèlerinage avec ses 
deux belles-filles : et s'étanl 
déjà mise en route pour re- 
tourner en la terre de Juda, 

Elle leur dit : Allez chez 
votre mère ; que le Seigneur 
soit miséricordieux envers 
vous, delà même manière que 
vous l'avez été envers ceux qui 
sont morts et envers moi. 

Qu'il vous fasse rencontrer 
le repos dans la maison des 
époux qui vous écherront ; et 
elle les baisa. Celles-ci se mi- 
rent à crier et à pleurer. 



Et à dire : Allons avec vous 
parmi vos compatriotes. 

Noémi leur dit : Retour- 
nez , mes filles ; pourquoi ve- 



(*; Les participes ne prenant ni genre ni nombre en breton, jai dû mettre celui-ci au singulier. 



LIVRE SECOND. 

do bélrd é Icûil-hu gan - éñ ? Ha choaz é lougann-me 

à quelle chose venez vous avec moi? Et encore je porlc - moi 

mipien em c7u!t> , évil ma hclfac'h gédal priédou digañ- 

flls en mon ventre, pour que puissiez espérer époux d'avec 

ml 

moi i' 

It war hô kiz , va mcrc'hcd , hag il huit ■ ràg a 
Allez sur votre retour , mes filles , et allez quitte : car de 
vrémañ ounn kuazet gand ar gûzni, ha didalvez ékeñver ann 
présent suis consumé avec lavieillcssc, et inipuissanlen côté le 
dirm'zi. Jfag é helfenn zo-kcn héza brazézcd ha gwilioudi etiz a 
mariage. Kt pourrais est-lant être grosse et accoucher de 
vipien enn nôz-maii. 
fils en la nuit-ci. 

Marc'hoantaU géJal hélé ma léùint brà: hag cnn 
Si voulez attendre jusqu'à ce que viennent grands et en le 

oad da zimézi , keñtoch é viod dei'tt koz égél na vioddimc- 
âge à marier, plus avant serez venu vieilles que ne serez ma- 
ecl. Na rit kcd ann drâ-zc ^ va merc'hed 'ràg hA klacliar a 
rié. Ne faites pas la chose-là, mes filles : car votre douleur 
ioask ré war va c'iialoun, ha dournaun Aoirou a zù saced 
presse trop sur mon cœur , et main le Seigneur est levé 
war-n-oun. 
sur moi. 
En cm lakaad a rézoñd a névcz da c'harmi ha da ivéla ; 
Se mettre tirent de nouveau à crier et à pleurer ; 
Orfa ahokaz d'hê mamm-gacr hag a z-caz kuil ,■ Rulh ajoumaz 
Orpha baisa à sn mère-belle et alla quitte; Rulh resta 
gand hé mamm-gaer. 
avec sa mère-Lelle. 
Noémi a lavaraz d'ézhi .- Chélu hô c'hoar a z6 dislrôeddagaoud 
Noémi dit à elle: Voilà votre sœur est retourne à trouver 
hé hrôiz hag lié dnuéou ; il gañl-hi. 
ses pays et ses dieux ; allez avec elle. 

flou-mañalavarazda Noémi : Na zavil kéd em éneb évil 
Celle-ci dit à Noémi : Ne levez pas en mon contre pour 

va lakaad davoñd dlouz-hoc'h , lia d'hû kuilaal ; ràg é pé 
me mettre à aller de près vous, et à vous quitter ; car en quel 
léac^h-bennàg ma z-éod, éz inn ivé, hag cl léac'hmac'houmod, 
lieu quelque que irez, irai aussi, et en le lieu que resterez , 
e e/ioM»»iinrt ivé. Ilû lùd a vézô va zûd , hag hô 'loué a vézô va 
resterai aussi. Vos gens sera mes gens, et votre Dieu sera mon 
Doué. 
Dieu. 

Ann douar hô ligéinérô goudé hô marô , amgwélô ô vcrvcl , 
l.a terre vous recevra après voire mort, me verra en mourir, 

hag enn hañévczinn douarel. Ra rai ann Àolrott kémeñl-.ié 
elen[*)lui serai enterré. Que fera le Seigneur autant-là à 

d'in,hagnucli-pcnn, mar gcllnélrà ail néméd ar marô va ran- 

moi , et contre tète , si peut rien autre sinon la mort me sépa- 

tirt diouz-hoch. 

rer de contre vous. 



99 
ncz-vous avec moi?Porlc.je 
encore des fils en mon sein , 
pour que vous soyez dans le 
cas d'attendre des époux de 
moi ? 



Retournez sur vos pas , mes 
filles , et allez-vous-en ; car je 
suis déjà consumée de vieil- 
lesse, et je ne suis plus pro- 
pre au mariage. Et pourrai-je 
môme devenir grosse et ac- 
coucher de fils cette nuit; 



Si vous voulez attendre 
qu'ils soient devenus grands , 
et en âge d'être mariés , vous 
serez plutôt vieilles que ma- 
riées. Ne faites pas cela , mes 
filles ; car votre douleur pèse 
trop sur mon cœur, et la 
main du Seigneur est levée 
sur moi. 



Elles se mirent de nouveau 
à crier et à pleurer ; Orpha 
baisa sa belle-mère, et s'en 
alla : Rulh ne voulut point se 
séparer de sa belle-mère. 



Noémi lui dit : Voilà votre 
sœur qui est allée retrouver 
ses compatriotes cl ses dieux , 
allez avec clic. 

Celle-ci dit à Noémi : Ne 
vous élevez pas contre moi 
pour me forcer à m'éloigner 
de vous et à vous abandon- 
ner ; car en quelque lieu que 
vous alliez , j'irai aussi , et en 
quelque lieu que vous vous 
arrèücz, je m'arrêterai aussi. 
Votre patrie sera la mienne. 
et votre Dieu sera mon Dieu 

La ferre qui vous recevra 
après votre mort , me verra 
mourir et me servira de sé- 
pulture. Qu il m'en arrive au- 
tant, et plus, do la part du 
Seigneur, si rien autre chose 
que la mort peut rae séparer 
de vous. 



(•) be xao\. douar èlunl du genre raasciili:), j'ai cru devoir tiMiliiirc ici le pronoia qui lient sa pl.icr 
par LUI , (Hioicpie le mot tehiu: soit féiniiiiii. Celle ohservilion servira d'avti'libsiiuent poiir to'iiilj 
cours de ce Ihèine. 



lUO CIlAMMAinE iinrTorCNE. 

Noémi '<(* 6 u'f7ou< pénaoz é dôa Rulh lékéad enn lu' fenn 
Noémi donc en voir comment avait Uuth mis en sa léte 

moñd d'hé /mil, né harpaz kén nul ht, ha né hé aliaz 

aller h la suivre , ne résista plus contre elle, et ue la conseilla 

kén da zistrei élrézéy hé zûd, 

plus à retourner vers ses gens. 

O vi'za en tm lékéad enn hefid hô diou , éz éjoiid da Vé- 
En être se rais en le chcinin elles deux , allèrent à Be- 

Ihlécm. Kerkeûd fia ma en em gnfsoñd é kéar , ann hoUu 

thléem. Aussi avant que se trouvèrent en ville, le tout 

gumzaz anézhô ; hag ar vierc'hed a lavaré .- Houn-nez eo Noémi. 
parla d'elles; et les femmes disait : Celle-là est Nuénii. 
Uou-mañalavaraz d'czhô : N'am hanvit hé l Noémi fdala- 
Cellc-ci dit à elles : Ne me nommez pas Xoémi ( !i 

varoud eo, kaerj, hôgen va hafivil Hlara fda lavaroud co , 
dire est belle) , mais me nommez Mara ( à dire est 

c'houcrôj, rdg ami Ilull - C'halloudck en deûz va c'hargcd a 
amère ) , car le Tout -Puissant a me rempli de 

c'houervder, 

amertume. 
Leiin ounn éat kuid, ha goullU en deuzva digasedann Ao- 
Pleine suis allé quitte, et vide a me ramené le Sei- 

Irou. réidg Ua am hanvit-hu Noémi , tué péliini en deû: 

gneur. Pourquoi donc me nommez-vous Noémi, moi laquelle a 

ann Aoliuu lloll-C'halloudck mézékéed ha glac'harell 
le Seigneur Tout-Puissant humilié et affligé? 
DoM a réaz Ua Noémi gant Rulh ar Toabilez hé mcrc^hkaer , 
Venir fit donc Noémi avec Ilulh la Moabite sa Klle-bclle, 
eûzar vrû bell-zéjhag é tistrôa: da Téthlécm, er préd ma 
de le pays loin-là ; et retourna à Belhléera , en le temps que 
édod vidi ann heizou hcñla. 
on était en moissonner ics orges premières. 



Nuémi voyant donc que 
Kulh s'olistinait à vouloir la 
suivre , ne la < uiilraria pas 
davantage , et ne l'engagea 
plus à retourner vcis U» 
siens. 

S'élant mises en route tou- 
tes deux , elles allèrent à Be 
llilcem. Aussitôt qu'elles fu- 
rent cnirées en ville, tout le 
monde en parla ; et les fem- 
mes disaient : C'est là Noémi. 

Celle ci leur dit : Ne m'ap- 
pelez pas Noémi ( c'est-à-dire 
belle), mais appelez-moi Ma- 
ra (c'est-à-dire amère J, carie 
Tout -Puissant m'a remplie 
d'amertume. 



Je suis partie pleine , et le 
Seigneur m'a ramenée vide. 
Pourquoi donc m'appelez-vous 
Noémi , moi que le Seigneur 
Tout-Puissant a humiliée et 
affligée ? 

Noémi partit donc de ce 
pays éloigné, avec Ruth la 
MoabLte sa belle-fllle , et elle 
arriva à Belhléera dans le 
temps où l'on commençait à 
moissonner les orges. 



EIL PENNAD. 

SECOND CBAPITBE. 



Elimelek , pried Noémi, en dôa eur c'hâr , dén galloudegha 
Elimélech, époux Noémi , avait un parent, homme puissant et 
pinvidik-brâs , hanvel Booz. 
riche grandement, nommé Booz. 
Ha Ruth ar Voabitcz a lavaraz d'hémamm-gacr .• Mar gour- 
Et llulh la Moabite dit à sa mère-belle : Si com- 

chcmennid d'in , éz iiin d'ar park , hag é lastuminn ayin la- 
mandez à moi , irai à le champ, et ramasserai les 
mouézcnnou a joumô war lerc'h ar védcùricn , é kémcñl 
épis resteront sur arrière les moissonneurs , en autant 
Icac'h ma kavinn digémer mdd digaûd ar pcnn-liégez. Noé- 
lieu que trouverai réception bonne d'avec le chef maison. Noé- 
mi a Jai'aroi d'e'rAi .• It, vamcrc'h, 
mi dit à elle : Allez , ma fille. 

War gémeñt-scézéaz ,hag é pcnnaouéwar lerc'h ar vcdcû- 
Sur autant-là alla, et glanait sur arrière les moisson- 
rien. En em gaoud a réaz pénaoz ar park-sé en dôa évid aotrou 
neurs. Se trouver fit comment le champ-là avait pour maître 
unan cùz a géreñd Elimélck, hanvel Booz. 
un de paren's Elimélech, nommé Booz. 



Elimélech, époux deNocmi, 
avait un parent nommé Booz , 
homme puissant et riche. 

Et Ruth la Moabite dit à sn 
belle-mère ; Si vous me l'or- 
donnez , j'irai au champ, et 
je ramasserai les épis qui res- 
teront après les moissonneurs, 
partout où je serai bien reçue 
par le chef de famille. Noémi 
lui répondit : Allez , ma fille. 



Elle s'en alla donc, et se 
mit à glaner à la suite des 
moissonneurs. Il arriva que le 
champ où elle fut d'abord 
avait pour maître un des pa- 
rents d'Elimélech , nommé 
Booz. 



LIVRE SECOND. I f > I 

Ué-mañ a zeûé cûz a VéiMccm ^ hag à lavaraz dur védeû- i Celui-ci venait de Kelhléem, 
Celui-ci venait de llelhléera , et dit à les raoisson-!et il dit aux moissonneurs 

rien •• Doué ra vézô gan-é-hoc'h. Ilag ar ré-hoñd a lavaraz d 

neurs : Dieu que sera avec vous. Et les ceux là dit à 

z-hañ : Mdd-ôbériou Douéd'v-hoc'h. 
lui ; Bienfaits Dieu à vous. 



Que Dieu soit avec vous. Et 
ceux-là répondirent : Que Dieu 
vous bénisse. 



lia îiooz a lavaraz da cur pnotr iaouañk , pdhini a ioa v pcnn 
Et Uooz dit à un garron jeune , lequel était en tête 
ar vcdcüricn • Eùz a hé léac'hcoar j)tac'hiaouañg-:é'} 
les moissonneurs : De quel lieu est la fille jeune-là? 

Eur Voabitez eo, cmé-zhañ, hag a zù dcûl gañlNoémi , eu: a 
Une Moabite est, dit lui, et est venu avec Nûémi , de 

vrô ar Voahitcd. 
pays les Moabitcs. 

Goulcnnel é deûz heûl.a ar védcûrien , ha dasCum ann 

Demandé elle a suivre les moissonneurs, et ramasser les 

lamouézcnnou a joumô cnn hô zilcrcli : hag a zalcg goulou- 

épis qui restera en leur arrière ; et depuis lumière- 

dciz bêlé vrémañ , éina er park , héb béza dislrôed d'ar 

jour jusqu'à présent, est en le champ, sans être retourné à le 

gcarptnnad é-héd. 
logis bout aucun. 

Ha Iiooz a lavaraz da Rulh : Sélaouil, ra mrrc'h , né d-il lied 
Et Booz dit à Rulh : Ecoutez, ma fille, ne allez pas 
enr^ eur park ail dabennaoui, nané d il kél kuil acliann 
en un champ autre à glaner, ni ne allez pas quitte d'ici,- 
hôgcn en cm likil kévret gant' va merclied. 
mais se mettez ensemble avec mes lillce. 

Hag hcûljd ar védeûrien. Rakkémennedcmcitzd'ampaotrcd 
Et suivez les moissonneurs. Car ordonné moi a à mes garçon 
né razé hini droukd'é-hoc'h ; ha mar koc^h cûz séclied, id da 
et si vous a soif , allez à 
eüzann dour a év ra faolrcd. 
trouver les "pots, et buvez de le eau que boit mes garçons. 

Ilulh oc'ti en cm deûrel war hé genou hag v pidi war hé daou- 

Ruth en se jeter sur saboucheet en prier sur ses ge- 

tin, o lavaraz d'ézhaii; Eùz a hélrà é tcà kémeñl-sé dHn, 

noux, dit à lui : De quelle chose vient autant -là à moi, 

makaoann digémcr mdd digan-é-hocli , hag é leûid d^am a- 

que trouve réception bonne d'avec vous , et venez à me con- 



Et lîooz dit à un jeune gar- 
çon qui était à la léte des 
moissonneurs : D'où est cette 
jeune fille? 



ne ferait aucun mal à vous; 
gaoud ar pûdou , hag évld 



naoud , ha mé marniez divrôel ? 
iiaitrc, et moi femme dépaysé i' 

llooz a lararaz d'ézhi ■ h'iévcd em ei'iz kémefid hocVi ei'iz gréad 
Uooz dit à elle: Entendu moi à autant vous a fait 
éMñvcr hé mamm-gaer goudémarô hô pried; ha pénaoz 
en côté votre mère- belle après mort votre époux; et comment 
liac'hcùz kuUéad hô kérrñd hag ann douar é péhini or' h gancl , 
vous a quitté vos parents et la terre en laquelle êtes né, 
hag oc^h dciUl é louez liid ha né anaiaeVi liéd araok. 
et êtes venu en milieu gens et ne connaissiez pas avant. 

Ra iUu'ih'i Doué war-nhorli ar mâdhocli eùz gréad, ha ra 

Que rejettera Dieu sur vous le bien vous a fait , et que 

rôi ann A trou , Doué Israël , eur gôbrar rràsa d'é-hoc^h , 

donnera le Seigneur , Dieu Israël , un gage le plus grand à vous, 



C'est une Moabite , dit-il , 
qui est venue avec Noémi du 
pays des Moabiles. 



Elle a demandé à suivre 
!cs moissonneurs et à ramas- 
Ics épis qui resteront 
après eux ; et depuis le ma- 
tin jusqu'à présent , elle est 
au champ , sans qu'elle soit 
retournée au logis un seul 
instant. 

EtEonz dit à Rulh : Ecou 
lez , ma fille , n'allez pas gla- 
ner dans un aulre champ, et 
ne vous en allez pas d'ici; 
mais joignez-vous à mes filles , 



El suivez les moissonneurs, 
car j'ai ordonné à mes gar- 
çons qu'il ne vous fût fait 
aucun mal: et si vous avez 
soif , allez où sont les pots , et 
buvez de l'eau dont boivent 
mes gens. 

Rulh, sejetant à genoux, la 
face contre terre , lui dit ; 
D'où me vient cette faveur? 
Lt'où me vient cette bonne ré- 
ception , et comment se fait- 
il que vous me connaissiez, 
moi qui suis une femme 
étrangère :' 



Booz lui répondit : J"ai ap- 
pris tout ce que vous avez 
tait à l'égard de votre belle- 
mère , après la mort de vo- 
tre époux ; je sais que vous 
,ivpz qnillé vos parents et la 
terre où vous êtes née, pour 
venir au milieu de gens que 
is ne connaissiez pas au- 
paravant. 

Que Dieu vous rende le 
bien que vous avez fait , et 
que le Seigneur Dieu d'israi-l 
vous donne une récompense 



loa cn.vMM.vinr nnFTONNi . 

pa oe'h deiid dhé t/aoud, ha d'en cm dturel dinddn Uéziou 
puisiiue éles venu à le trouver, et à se jeter 1 -ss.mi, s, - ,leux 
afkel. 
silcs. 
Hulh a tavaraz d'ézhan ; IHijémer mdd em eu: béd diyan-é- 
Rulh dit à lui : Héce{)liün lionne moi a eu d'avec 

hoc'li , aolrou ; va dicklac'haredlnic'heùzhakomzedUuc'heùz 
vous , seigneur ; me décbagriné vous a et parlé vous 
ouc'h kaloun ho matez , pêUini né kéd hcñvel ouz unan 
vers cœur votre servante, laquelle n'est pas semblable vers une 
l'iiî bô inerc'hed. 
lie vos filles. 
/7u Booz a lavaraz d'êzhi : Pa vczô préd dibri , deûd 
Et Booz dit à elle : Quand sera temps manger , venez 
innañ , ha dibrit bara, ha soubid hii kénaouad cr gwin-cgr 
ici , et mangez pain , et trempez votre bouchée en le vinaigre 
Chouki a réas 'la é kichcyi ar védeiirien : kéméroud a réaz 
Asseoir Gt donc en proche les moissonneurs : prendre fit 

iùd évil /il ; dibri a réaz awalch , hag é lastumaz ar 
bouillie pour elle ; manger fit assez , et ramassa le 
choumadur. 
reste. 

Neùzé é savaz ac' hano da zaslum a névez pcnnou éd. lidgen 
Alors selcva de là à ramasser de nouveau letes blé. Mais 
lioozac'hourc'hémennaz d'hé diid rnn cuUavarout . Ua pa 
Buoz ordonna à ses gens eu dire : El quand 

c'hoantafé midi gan-é-hocli , na virit kéd oui hi. 
voudrait moissonner avec vous, ne gardez pas contre elle. 

ToUt zô-kén a sévri , lôd eûz hoc'h hordennou , ha 
Jetez est autant de intention , partie de vos gerbes , et 
stlapil hô war hô lerc'h , éviC m'ho dasCumâ , hép ru 

éparpillez-les sur voire arrière , pour que les ramassera sans rou 

sia , hag héb béza tamallct gañd dén. 

gir , et sans être blâmé avec personne. 

Choum a réaz '(a da bennaoui er park bclég ann abar- 
Rester fit doue ù glaner en le champ jusqu'à le soir ; 
daez; hag ô véza kanned ha dournc( gañdeur wahn ar pcnnou 

et en être battu et frappé avec une verge les <[■■ 
é dôa dastumel, é kavaz eûz aheiz , war drô ar meñd eùz a 
avait ramassé , trouva de orge , sur tour la mesure de 
cunn EFHi , da lavaroud eo. Cri asiellad. 
un ephiyk dire est , trois boisseaux. 

Goudé béza hô sammel , é tislrôaz é kéar , hag ho diskouézas 
Après être les charj^é , retourna en ville , et les montra 
d'hé mamm-gacr. Kennig a réaz ivé hag é rôaz d'ézhi ar chou 
à sa mcre-belle. Offrir fit aussi et donna à elle le 

madur eùz hé hocd , eûzabéhini é dôa debred awalclt. 
reste de son repas , de lequel avait mangé assez. 
Hag hé mamm-gaer a lavaraz d'ézhi ■ E pé léac'h hoc'h eùs- 
Et sa mère-belle dit à elle : En quel lieu vous a- 
hu pennaoued hiriô , hag é pé léac'h hochcih-hu mé- 
vous glané aujourd'hui , et eu quel lieu vous a-vousmois- 
detl Ra vézû meiUcd ann hini undeùzbél iruczouz hoc'h. Rci 
sonné'/Quesera loué le cehiiil a eu pitié vers vous. Donner 
a réaz Ruih da anaoud d'ézhi é li biou é oa béd ô vi- 
lit Kulh à connaître à elle en maison qui était été en mois- 



dcs plus grandes, puisque 
vous éles venue le trouver et 

vous mettre ■lOus sa protee- 
liuu. 

Kutli lui dit : Vous m'avez 
bien accueillie . seigneur ; 
vous m'avfz consulte , et wut 
avez parlé au cœur de voire 
servante , quoique je ne res- 
semble pas à une de ^os 
filles. 



El Booz lui dit : Quand il 
sera temps do manger , venez 
ici , mangez du pain , et 
trempez vos morceaux dans 
le vinaigre. Elle s'assit à coté 
des moissonneurs ; elle prit 
de la bouillie ; elle en mangea 
suffisamment et mit le reste 
de côté. 



Alors elle se leva de là pour 
aller de nouveau glaner. Or , 
Booz donna des ordres à ses 
gens , en disant : Quand liien 
même elle voudrait moisson- 
ner avec vous, ne l'en em- 
pêchez pas. 

Jetez même , tout exprès , 
une partie de vos gerbes, et 
éparpillez les derrière vous, 
afin qu'elle les ramasse sans 
rougir , et sans que personne 
ne puisse la blâmer. 

Elle resta donc à glaner 
dans ce champ Jusqu'au soir ; 
et, après avoir frappé et bat- 
tu avec une verge les épis 
qu'elle avait ramassés , ellc 
trouva d'orge , environ lame- 
sure d'un éphi , c'est-à-dire 
trois boisseaux. 



Elle les emporta , s'en re- 
tourna en ville , et les mon- 
tra à sa belle-mère. Elle offrit 
aussi et donna à Noémi les 
restes de son repas , dentelle 
avait mangé suffisamment. 

Et sa belle-mère lui dit : 
Où avez- vous glané aujour- 
d'hui , et où avcz-vous mois- 
sonné? Que celui qui a eu 
pitié de vous soit béni. Ruth 
lui fit connaître chez qui elle 
avait moissonné , et elle lui 
dit que le maître de la mai- 
son se nommait Booz. 



LIVRE SJCüND. 

di , hag é lavaraz pcnaoz ar gwàz-zé a ioa hanrel llonz .\ 

sonner , et dit comment le homme-là élail nommé Booz, 

Noémi a lavaraz d'ézhi : Ra rai ann Aolrmi mdd-ôbcriou d'iz- 
Nocmi dit à elle : Que fera le Seigneur hienfails à 

hañ ; rag mired en dcûz ann hhélcp Irugarez évil ar ré 

lui ; car gardé il a la môme miséricorde pour les ceux 
varâ , ével en dôa béd é liéñvcr ar ré véO ; hag é lava- 

raorts , comme il avait eu en tolé les ceux vivants; et dit 

raz c''hoaz ■ Ann dén-zé az6 kdr d'é-omp. 
encore : Le liorame-là est parent à nous. 
Kém<mncd en deûz dioaz d'in, éiné lluUi, en on unani 
Kecommandé il a encore à moi , dit lluth , se joindre 

gañd ar védeùrien , bêlé ma vézo méded hé hull éd. 

avec les moissonneurs, jusqu'à que sera moissonné son tout blé 
Hémamm-gacr a lavaraz d'ézhi : Gwell eo d'éhoc'h , ra merc'h. 
Sa mère belle dit à elle : Mieux est à vous , ma Olle 

movd da vidi gañdhé rerc'hed , enn aounnérajéunan-beii- 
Mer h moissonner avec ses filles, en la peur ne ferait nn-qnel- 

ndg droug d'éhoc'h cnn eur parg ail. 

que mal à vous en un champ autre. 
En em unani a réaz 'la gañl merc'hcd Jiooz ,• hag éz éa: da vi- 
Se joindre fit donc avec filles Bdoz ; et alla à mois- 
di gant hô , télé ma taatiimzond annhei: hag ar gwitiiz 

sonner avec elles, jusqu'à que ramassèrent le orge et le froment 
er soliérou. 

en les greniers. 



io3 



iVoémi lui dit ; Que le Sei- 
gneur le bénisse,- car ilacoiv- 
servé pour les morts le même 
attachement qu'il portait aux 
vivants ; et elle lui dit en- 
core : Cet homme-là est no- 
tre parent 



Il m'a ensuite recommandé, 
dit Rulh , de me joindre aux 
mois onncurs, jusqu'à ce que 
tout son blé soit récolté. 



Sa belle-mère lui dit : Il 
vaut mieux, ma fille, que 
vous alliez moissonner avec 
SCS filles . de peur que quel- 
qu'un ne vous fasse du mal 
dans un autre champ. 

Elle se joignit donc aux 
filles de Booz, et elle alla 
moissonner avec elles, jus- 
qu'au moment où l'on ramas- 
sa dans les greniers l'orge et 
le froment. 



TRÉDÊ PENNAD. 

TnOlSlÈME CHAPITRE. 

Pa oé dislrôel liuth da gaoïU hé mamm-gacr , Noémi a 



Quand fut retourné Uuth à trouver sa raère-belle , ^'oémi 
lavaraz d'ézhi .■ h'iask a rinn habasJcded d'id , hag az likiinn da 

dit à elle : Chercher ferai tranquillité à toi , et te mettrai à 
véza crvâd. 
être bien. 

Ar Booz-zé, gañl plac'hcd péhini oud en em unanel er park , Ce Booz, aux filles duquel 

Le Booz-là , avec filles lequel tues se réuni cnlechamp, 'lu t'es jointe dans le champ, 



Rulh étant revenue trou- 



ver sa belle-mère , Noémi lui 
dit : Je chercherai le repos 
pour toi , et ferai en sorte 
que tu sois bien. 



a zô kàr-nés d'é omp , hag enn nôz-mañ é nizô hé heiz 
est parent-proche à nous , et en nuit-ci vannera son orge 
el leur. 
en la aire. 

Enemtcalc'h éla, cnem lard gañtlouzou c'hoiiézvdd, gwisk 
Se lave donc, se graisse avec plantes odeur bonne, vêts 
da gaéra dihd , ha diskenn d'allciir. N'enem zlikouézkét da 
tesplusbeauxliabits, et descends à la aire. Ne se montre pas à 
Vooz , kén n'en dévézù debrel hag ével. 
Booz , que ne aura mangé et bu. 

Ha p'az ai da gouska , évésa al léac'h é péhini é kouskâ .• 
Et quand ira à dormir, remarque le lieu en lequel dormira ; 
moñd a ri tH , hag é tizôlôi ar bailcn war-zii ann Ireid; en em 
aller feras là , et découvriras la couverture vers les pieds; se 
deûrtl a riéno, hag é choumi. Neûzé héñ hé-unan a lavarô d'id 
jeter feras là , el resteras. Alors lui lui-un dira à toi 

pélrâ a dléi d(t âber. 
quoi devras à faire. 



est notre proche parent, et il 
vannera cette nuit son orge 
dans l'aire. 



Lave -toi donc, parfume- 
toi avec des huiles de sen- 
teur , mets tes plus beaux ha- 
bits et descends dans l'aire. 
Ne te montre pas à Booz qu'il 
n'ait mangé et bu. 

Et quand il s'en ira pour 
dormir, remarque le lieu où 
il dormira : tu y iras et lu dé- 
couvriras la couvorlure du 
ctMé dos pieds ; tu le jelteras 
là cl lu y resteras, .\lors il te 
dira lui-même ce que tu de- 
vras faire. 



io4 (;n vuMAiRE Diiinjs.Nr . 

llaHutha tavaraz d'ézhi . Obéra linn kémcñd a c'Iwun'Itc-' 
Et Uutli dit à flic : l'aire Icrai autant que coinman- 

inennt d'in. 
deras à moi. 

Hay hi a zishennaz (Tut leur , liag a réaz kémeñd é déa hé 
Et elle descendit à la aire, et lit autant elle avait sa 
mamm-gaer gourc'hémcnnet d'ézhi. 
mtrc-belle commandé ù elle. 



Et Uuth lui dit : Je lerai 
tout eu que tu me comman- 
deras 



El elle descendit dans 
l'aire , et elle fit tout ce que 
sa belle-mère lui avait corn 
mandé. 



Ha pa en dùé liooz debrcl lutg l'vet , ha pa enemgavaz Et quand Booz eut mant/ 
Et quand il eut Booz mangé et l)u , et quand se lrou\;i et bu, et qu'il fut devenu 
tauuénoch. cz éazda gouskaé-harz ctir bern malanou : ha Uuth p!us gai , il alla dormir pn 5 



plus gai , alla à dormir auprès un tas gerbes : et Hulli 

1 zeùaz didroiiz , ha goudé béza dizôlôel ar ballentcar-ziiann 

vint sans bruit, et aprc-s être découvert la couverture vers les 

Ireid, en em daolaz énô. 

pieds, se jeta là. 

Tlachcluivar-drôhaHler-nù: é oé spoxmlcl, ha nec'het Booz , 
Et voilà autour moitié-nuit fut épouvanté, cl inquiet Booz, 
pa wciaz eur vaouez gourvézet oud hé dreid. 
quand vit une femme étendue contre ses pieds. 

Hag héñ a lavaraz d'ézhi .■ Piou oud-dé'! Hag hi&lavaraz ■ Mé 
El lui dit à elle :Quies-tii-toi?Kt elle dit • Moi 

eo Ruth da valez ; astenn da hallen icur da valez , v 

est Rulh la servante; étends la couverture sur ta servante, en 

lézam'az oud kàr-nés d'ézhi. 

être que tu es parent proche à elle 

Va mcrch , émé-z-hañ , bcnniged oud gañd ann Aolrou, ha:] ann 
Ma fille, dil-il , béni tu es avec le Seigneur, et 
divvza irugarez-mañasô dreist ar c'heùta; û vdza née' h 
dernière bonté-ci est au-dessus la première ; en être tu 
eûz két heûlicl paolred-iaouañk, na ré-baour , na ré-binvidik 
n'as pas suivi garçons jeunes, ni des pauvres , m des riches. 
N'azpcz kéd a aoun éla ; ôber arinn kémcñdéch etiz lavarrl 
N'aie pas de peur donc ; faire ferai autant tu as dit 
d'in- rdg annhdlaoar cm c'héar pénaoz oud eur vaouc: 
à moi ; car le tout sait en ma demeure que tu es une femme 

fur. 

sage. 

Nanac'hann kél é venn kâr-nés d'id; hôgeneunn ail a 
Ne je nie pas que je sois parent-proche à toi ; mais un autre 

;() c'hoa: nésoc'h. 

est encore plus proche. 

Diskuiz c-pdd ann nôz , ha pa vézô deùel ar beûré., mar 
Délasse-loi pendant la nuit , et quand sera venu le matin , si 

lell d'ézhaû da serchel dré ar gwir a géreñliez , gwell-a-zé; 

veut à lui te tenir par le droit de parenté , mieux de cela ; 



d'un las de gerbes; et Uu'h 
vint sans bruit, et ayant de- 
couvert la couverture du coté 
des pieds , elle se jeta là. 



Et voilà que vers minuit 
Booz fui épouvanté et trou- 
blé , quand il vit une femme 
couchée à ses pieds. 

El il lui dit : Qui es-tu'.' 
Et elle lui réjiondit : Je suis 
I\ulh ta servante : étends ta 
couverture sur ta servante, 
parce que lu es son proche 
parent. 

Ma fille, dit- il, le Sei- 
gneur le bénisse; celle der- 
nière bonté de la part sur- 
passe la première ; parce que 
tu n'as pas été chercher des 
jeunes gens ni pauvres , ni ri- 
ches. 

M'aie donc pas peur ; je fe- 
rai tout ce que tu m'as dit: 
car tout le monde sait chez 
moi que lu es une femme 



Je ne nie pas queje:>ois 
Ion proche parent ; mais il y 
en a un autre plus proche que 
moi. 

Repose-toi pendant la nuit, 
et quand le malin sera venu . 
s'il veut te retenir par le droit 
de parenté, tant mieux; et 
s'il ne le veut pas , moi je le 
prendrai sans aucun doute ; 
vive le Seigneur ! dors jus- 
qu'au matin. 



ha ma na fell kél d'ézhan , mé az kéinérô héb arvar c-béd . bco 
et si ne veut pas à lui , moi te prendra sans doute aucun : vi- 

eo ann Aolrou ; kousk bélég ar bcûré. 
vantest le Seigneur; dors jusque le malin. 

Hag hi éla a gouskaz oud hé drcid a-héd ann nôz. Sével a 
Et elle donc dormit contre ses pieds de-long la nuit. Lever 
réai alarz ma hellé arindiidenem anaoul ann eil égllé ; 
fit avant que pouvait les gens se connaître le second l'autre;! sent se connaître les uns les 

ha 



Elle dormit donc à ses pieds 
toute la nuit. Elle se leva 
avant que les hommes pus- 



LIVRE SECOND. Io5 

ha Booz a lavnras d'czhi .- Dhcall na oufii dén é lautrcs ; et Booz lui dit: 
et Booz dit à elle : Garde que ne saurait personne que Prends garde que personne 

fiii deùet aman. 
tu suis venu ici. 

Hac'hoazélavaraz: Àslenn ar iallcn a zô icar-n-oud^ 

Et encore il dit : Etends la couverture qui est sur toi, 
lia dalc'h-hi gañd dazaou zourn. Ilag lU 6 vcza hé astcnnct hag 
et tiens-lù avec les deux mains. Et elle en ôlre la étendu cl 
hc dak'hel , Booz a vcñtaz c'houcac'h boézeUad hciz, hag hô léhCaz 
la tenu, Booz mesura six boisseaux orge, et les rail 
war^i-ézhi ; hag hoa-mañ éz caz da géar gañd hé bcac'h , 

sur elle ; et celle-ci alla à ville avec sa charge, 

Hag éz caz da gaoul hé mamm-gacr , péhini a lavaraz d'ézhi: 

Et alla à trouver sa mère-belle , laquelle dit à elle : 
Pélràéc'h eûz- té gréai , t'O merc'hl ha Rulh a zanévcUaz d'ézh 
Quoi as-lu-loi fait, ma lille? et Rulh raconta à elle 

kémefid en doa gréai Boos cnn hi; c'héncer. 
autant il avait fait Booz en son côté. 

Hag hi a lavaraz ■■ Chélu c'houéac'h boézeUad hçiz en deiiz réel 

Et elle dit : Voilà six boisseaux orge il a donné 
d'in, ô lavarout : N'a fell kél d'in é lislrôfez gouUûélrézé 
à moi, en dire : Ne veut pas à moi que tu retournes vide vers 
da vamm-gaer. 
ta mère-belle. 

Ha Noémi a lavaraz d^ézhi : Gorloz,famcrc'h, lien na wélimp Et Noémi luidit : Attends 

Et Noémi dit à elle : Attends , ma ülle , jusque ne voyons ma fille , que nous voyions où 



ne sache que lu sois venue 

Et il ajouta : Élends la 
couverture qui est sur loi , et 
liens-l.'i des deux mains. Et 
llulh l'ayant étendue et te- 
nue , Booz mesura six bois- 
seaux d'orge, et les mil sur 
elle ; et celle-ci s'en relourna 
en ville avec sa charge , 

Et alla trouver sa belle- 
mère, qui lui dit : Qu"as-lu 
fait , ma fille ? et Rulh lui ra- 
conta tout ce que Booz avait 
fait pour elle. 



El elle ajouta : Voilà six 
boisseaux d'orge qu'il m"a 
donnés , en me disant : Je ne 
veux pas que lu l'en retour- 
nes les mains vides vers ta 
belle mère. 



ar penn eûz ann drà-man ; rdg ann dén-zé nabaouézâ kél kén 
le bout de la chose-ci; car le homme-la ne cessera pas jusque 
n'en dévézo kasel dabcnnlcémendcn deûzlavarel. 
ne il aura envoyé à bout autant il a dit. 



aboutira ceci; car cet hom- 
me-là ne s'arrêtera pas qu'il 
n'ait accompli tout ce qu'il a 
dit. 



PÉVÂRÊ PENXAD, 

QUATRIÈME CHAPITRE. 

Sooz a biñaz éta da borz-héar , hag a azézaz énô. Ha pa 
Booz monta dans à porte ville, et s'assit là. El quand 
tvélaz ù voñd é-bioii ar clidr-zé eûz a béhini hon eûz homzct keñt, 
vil en aller outre le parenl-lù de lequel nous a parle avant, 
é lavaraz d'ézhanfOc'h hé c'hcrvel dré hé hano : Distrô eunn 
il dit à lui , en le appeler par son nom • Détourne un 
nébeûl , hag azez aman. Haghéñ a zislrôaz hag a azézaz. 
peu , et assieds-toi ici. Et lui se délourna et s'assit. 
Ha Booz 6 kéméroul dék dén eùz a hénaoured kéar , a 
El Booz en prendre dix hommes de les aînés de la ville, 
lavaraz d'ézho ; Azézit aman. 
dit à eux : Asseyez-vous ici. 

Pa oé azézel ar ré-tnañ , é komzas ével-hcnn oud hé 
Quand fut assis les ccu.x-ci , il parla comme-ci contre son 
gdr : Noémi péhini a Z(i dislrôcl eûz a vrô ar VoabiCcd , a 
parent : Noémi laquelle est retourné de le pays les Moabites , 
icerzô lôd eilz ar bark Elimélck hor breûr ; 
vendra partie de le champ Elimélech notre frère ; 

Fcllelem eûz é kkfchcz kémcrilsé , ]uig hé lavaroud d'id 
Voulu j'ai que entendisses autant-là, et le dire ù loi 
dirdg ar rc holl a zô azézel aman, hag a zô hvnaourcd va 
devant les ceux tous qui est assis ici, et est les aînés mon 



Booz monta donc à la porte 
de la ville , cl s'y assit. El 
quand il vit passer ce parent 
dont nous avons parlé aupa- 
ravant , il lui dit en l'appe- 
lant par son nom : Détourne- 
loi un peu , et viens l'asseoir 
ici. Et celui-ci se détourna et 
s'assit. 

Et Booz ayant pris dix 
hommes dos anciens de la 
ville, leur dit : Asseyez-vous 
ici. 

Quand ceux-ci furent assis , 
il parla à son |)arent do cette 
sorte : Noémi , qui est reve- 
nue du pays des Moabites , 
doit vendre une partie du 
champ d'Elimélech , notre 
parent ; 

J'ai désiré que tu enten- 
disses ceci , et j'ai voulu le le 
dire devant tous ceux qui 
sont assis ici , et qui sont les 

i4 



io6 



cnAMMAinn nnr.TONNr. 



fobl. Mar ftll d'id kaoudar parli-zé dré ar (jwir a gérvñüez , 
peuplt.'. Si vcul à tui avoir le tharap-là par k- droit de parenté , 
pri'n-héû , ha daU'h-hén. Hàgen ma na feil kél d'id , lavar-héîi 
achète-le , et tiens -le. Mais si ne veut pas à tui, dis -le 

d'in , évit ma tvézinn pétrd a dlcann da ôber ; râk n'cùz kdr 
à raoi , pour que je saurai quoi jeduis à faire; car ne a pa- 
all <!-bcd ncmed-oud , péliini eo ann nùa , ha mé 
rent autre en-monde sinon toi , lequel est le plus-proche, et moi 
pvhini co ann til. Ilag héñ a lavaraz .- Mé a hrénô ar park. 
lequel est le second. Et lui dit: Mui achètera le champ. 
Ha Boo: a laiaraz d'ézhan : P'as pézâ prénel ar park eûz 
Et liooz dit à lui : Quand tu auras acheté le champ de 
a zourn ^oémi , é rañki ivé kéim'rout Itulh ar Voabitcz , péhini 
la main Noémi , devras aussi prendre Uulh la Moabite, laquelle 
a Zij bel grcg ann hini marô, évit ma ligaii a-névez ha 
u été femme le celui mort, pour que amèneras de nouveau 
nô da gâr enn hé zigouéz. 
nom ton parent en son héritage. 

Hag hé-mañ a lavaraz • Ar gwir a géreñtiez a zilézann ; râk 
m lui-ci dit: Le droit de parente j'abandonne ; car 

«tt dléannkél mouga néstcd va c'hércntiez. Kéiner va gwir , 
ne dois pas éteindre postérité ma parenté. Prends mon droit 
té, ar gwir a zHézann agaloun-râd. 
toi , le droit que j'abandonne de-cœur-bon. 
Hôgcncur c'hiz kùz é oa enn Israël é-touezar gèrent, pénaoz 
Mais un usage ancien était en Israël j>armi les parents , que 
via lilczé unan-bcnndg hé icir da cunnall, évit ma vijé 
si abandonnait un-quclque son droit à unautre,pourqueserail 
stardann dilcz é tennéann dén hé volez évid hé rei 
ferme le abandon tirait la personne sa chaussure pour la donner 
à'hé ffâr ■ houn-nez é oa ann desténi eûz ann dilez enn 
à son parent : celle-là était le témoignage de le abandon en 

Israël. 

Israël. 
Booz a lavaraz éta dite gâr : Tennda votez. Uaghéñhé 
Booz dit donc à son parent : Tire ta chaussure. Et lui la 

zennaz rdktûl eûz hé droad. 
tira aussitôt de son pied. 

Ha Boo: ô komza oud ann hénaoured hag oud ann holl : 
Et Booz en parler contre les aînés et contre le tout ; 
Teslou oc^h , émé-z-hañ , hiziô pénaoz ,lcémeñda zôbétda 
Témoins Êtes, dit-il, aujourd'hui comment autant a été à 
EUmélek, ha da C'hélion , ha da Vahalon a zù d'in, pa 
Elimélech , et à Chélion , et à Mahalon est à moi , puisque 
em eus hébrénel digañl Noemi, 
j'ai le acheté d'avec Noémi , 

Ha pénaoz é kémérann da c'hrég Ruth arVoabilez, grég 
Etcomment je prends à femme Ruth laMoabile, femme 
Mahalon, évil ma tigasinn a-névez hanô ann hini a zô marô 
Mahalon,pour que j'amène de nouveau nom le celui est mort 
c«îi hé zigouéz , gañd aoun na vé kollel hé hanô enn hé dirgez , 
en son héritage , avec peur ne fût perdu son nom en sa famille , 
é-loue: hé vreUdcûr hag hé bobl. C'houi, émé-vé, a zô testou 
parmi ses frères et son peuple. Vous dis-je , est témoin 
eiî: a gémeñl-mañ. 
de autant-ci. 



incicns de mon peuple. Si tu 
veux avoir ce champ par le 
Iroit de la parenté , achète-le 
.'t (;arde-le. Mais si tu ne le 
veux pas, dis-le-moi , pour 
que je sachece ([uc j'aiù faire; 
car il n'y a point d'autre pa- 
rent que toi qui es le plus 
proche, et moi qui suis le 
second. Et il lui répondit 
J'achèterai le champ. 



Et Booz lui dit : Quand lu 
auras acheté le cham[) de la 
main de Noémi , il faudra 
aussi que tu épouses Itulh la 
Moabite, qui a été la femme 
du défunt , afin de faire re- 
vivre le nom de ton parent 
dans son héritage. 

Et celui-ci lui répondit : 
J'abandonne le droit de pa- 
renté ; car je ne dois pas 
éteindre la postérité de ma 
famille. Prends mon droit , 
toi, le droit que j'abandonne 
de bon ctcur. 

Or , il existait une ancienne 
coutume en Israël , parmi les 
parents , que si l"un cédait 
on droit à l'autre , pour va- 
lider la cession , celui qui se 
démettait de son droit ôtait 
sa chaussure pour la donner 
à son parent : c'était là le 
témoignage de la cession eri 
Israël. 

Booz dit donc à son parent: 
Ote ta chaussure. Et il l'ôla 
aussitôt de son pied. 

£t Booz adressant )a pa- 
role aux anciens et à tout le 
monde : Vous êtes témoins, 
dit-il, aujourd'hui que tout 
ce qui a été à Elimélech, à 
Chélion et à Mahalon , est à 
moi , puisque je l'ai ache e 
de Noémi ; 

Et que je prends pour fem- 
me Ruth la Moabite, femme 
de Mahalon , afin que je fasse 
revivre le nom du défunt dans 
son héritage , de peur que son 
nom ne se perde dans sa fa- 
mille, parmi ses frères et son 
peuple. Vous êtes , dis-je, té- 
moins de ceci. 



LIVRE SECOND. 

Ann holl Vohl a ina oui porz-hcar , hag ann ymoured 

Le tout peuple qui était contre porte-ville, et les aines 
alavaraz-M azô Icstou. Ua lakai ann Aolrouar c'hri'jtnan. 

dit : Nous est témoins. Que molle le Seigneur la l'enunc-ci , 
péhini czaennda dt , héñvd out Itachcl ha Lia, pé- 
laquclle va en ta maison , serahlalilo à Itachel et IJa , los- 
ré hi'i deûz savel li Israël , hit ma vézo cur slwuér a 
quelles ont levé maison Israël , pour que sera un exemple de 
fumez cnn Efrata, ha ma é dcvézô cunn hanôkaer è Bethléem. 
sagesseen Epluala.ctque elle aura un nom beau dans Jlelhléem. 
na zeûi ivé da di ével li Fares, péhini a 

Que viendra aussi ta maison comme maison l'Iiarès, lequel 
chanaz Tamar da Juda , gnñd ar wcnn a ri'ii ann Aoirmt 
enfanta Tliamar à Judn , avec la race que donnera le Seigneur 
d'id dinud ar placli-iaouank-mañ. 
à toi de la fiile-jeune-ci. 

BnùT. a gémàraa éta Uiilh, hag aaimtsas gañt-hi ; moñd a réaz 

Booz prit donc Uulh , et se maria avec elle ; aller fit 
d'hé cliavoul, hag ann Aolruu hé lékéaz dacñgéhcñia{*]hada 
à la trouver , et le Seigneur la mil à concevoir et à 

c'héncl eur mdb. 
enfanter un fils. 

Hag ar c'hragcz a lavaraz da Noémi : Bcnniget ra vézé ann 
El les femmes dit à Aoérai : Béni que sera le 

Aolrou, péhini né két fellel d'ézhan é vé da diégez hép nés- 

Seigiieur , lequel ne pas voulu à lui que fût ta famille sans pos- 

l.ed, nag é vé knllcl hé lianô enn Israël; 

téritc, ni que fût perdu son nom en Israël ; 

Évil m'az pézo eur màb da zic^hlac'hari da galoun , ha da 

Pour que tu auras un flis à consoler ton cœur , et à 

vaga da gôzni ; ràg ganet eo gañd da verc'h kacr , péhini 

nourrir ta vieillesse ; car engendré est avec ta fille-belle , laquelle 

fls kâr; ha kalz eo give.lloc'h d'id , égél m'az pé sciz mdb. 

te aime ; et beaucoup est meilleur à loi, que si tu avais sept fils. 
Ha Noémi ù véza hémérel ar hugcl hcl lékéaz war hé barlen ; ha 
Et Noémi en cire pris le enfant le mit sur son giron; et 

né oa , némél-hi, oc h lié vaga, hag oc'h hé zougen. 

neétail, sinon-elle , eu le nourrir, et en le porter. 
Ar gragez hé amézégézed en em laouénéé gañt-hi,ôlavarotU 
Les femmes ses voisines se réjouissaientavec elle, en dire 

Eur mdb a zô ganel da Noémi ; hag hi a c'halvaz anézhañ Obed ; 
Un fils csl né ;\ Noémi; et elles appela lui Obed 

hen-nez a oé làd Isai , Idd David. 
lui-là fut père Isaï, père David. 
Chcluamaii nésied Fares .- Fares acV>anaz["''F.iron:Esrona 
Voici ici postérilé l'iiarcs: l'Iiarés engendra Esron; Esron 

c'hanaz Aram ; Anima e'hanaz Aminadab; Aminadab a c'hanaz 

engendra Aram ; Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra 

Nahason ; Nahason a clianaz Salmon ; Salmon a c'hanaz liooz 

Naliason ; Nahason engendra Salmon ; Salmon engendra lîooz ; 

Booz a c'hanaz Obed ; Obed a c'hanaz Isai ; Isai a c'hanaz David. 

BoozcngendraObcd ; Obed engendra Isaï; Isaï engendra David. 



lO'y 

Tout le peuple qui éiait à 
la porte , et les anciens répon- 
dirent : Nous en sommes lé- 
moins. Que le Seigneur rende 
celle femme , qui entre dans 
la maison , semblable à Ra- 
chcl et à Li.), qui ont établi 
la maison d'Israël , afin qu'elle 
suit un exemple de saaessc 
dans E|)hra(a, etque son noni 
soit célèbre dans Belhléem. 

Que (a maison devienne 
aussi comme la maison de 
l'harès , que Thamar enfanta 
.'» Jnda , par la postérité que 
le Seigneur te donnera de 
celte jeune fille. 

Booz prit donc Rufh , et 
l'épousa; il lalla trouver, ef 
le Seigneur la fil concevoir et 
enfanter un fils. 



Et les femmes dirent h 
Noémi : Béni soit le Seigneur 
qui n'a pas voulu que ta fa- 
mille fût sans postérité , ni 
que son nom fut perdu en 
Israël ; 

Afin que tu aies un fils 
pour consoler ton cœur, et 
pour nourrir la vieillesse ; 
car il est né de la belle-fille , 
qui t'aime et qui est beau- 
coup mieux pour toi que si tu 
avais sept fils. 

Noémi ayant pris l'enfant , 
le mil sur son giron , et il n'y 
avait qu'elle qui lui donnât à 
manger et qui le portât. 

Les femmes, ses voisines, 
se réjouissaient avec elle , en 
disant : Il est né un fils à 
Noémi; et elles l'appelèrent 
Obed ; c'est lui qui fut père 
d'Isaï , père de David. 

Voici la poslérilé de Pha- 
res : Phares engendra Esron; 
Esron engendra Aram ; Aram 
engendra Aminadab ; Amina- 
dab engendra Nahason ; Na- 
hason engendra Salmon ; Sal- 
mon engendra Booz ; Booz 
engendra Obed ; Obed engen- 
.dra Isaï ; Isaï engendra David. 



(*) l.e verbe cñgéhcñla , qui a le doid)Ie sens de cONcr.voin et de ENCKMnnE» , ne s'emploie pliis (|iie 
dans le second sens ; pour ciwci-.viiin , on dit généralemeiil Joñl da it'za (toiigvrez. H. V. 

(**) La remarque qu'on vient de faire s'applique aussi A gi'riF/{pnr ahiis pour gnna inusité) , qui 
.signifie à la fois esge.vdber et f..nfantei\ : on ne s'en sert pins h.ibilnellcracnt qu'en parlant des femmes 
et .in sens d'ENUATER: quant au verbe SMce^tonER, qui convient aiulioiumcs, il se rend par ciiséhtñta. 
IL V. 



108 CnAHMAIRE BnETONNE. 



ANALYSE DES DEUX PREMIERS VERSETS DE LA VIE DE RUTH 



Enn , pré|)osilion ; amzer, subslanlif singulier; eur , article indtTini de tuut genre ; Lar- 
uer, subslanlif singulier; pa , adverbe et conjoiiction ; c'hourc'hànetiné, troisième personne 
singulière de l'imparfait de riiidicatif du verbe gnurc'hémenni ; ar, article défini de tout 
genre et de tout nombre; varnérien, substantif pluriel, venant de barner , par la règle des 
permutations ; é , particule qui i)récède ([Uelqucs temps et personnes dans les verbes ; c'Iuiar- 
vi:zaz , troisième personne singulière du pailail de l'indicatif du verbe c'huarvézoul : nauuné- 
f/cz, substantif singulier; cr , préposition, pour é ar ; vrù, subslanlif singulier, venant de 
brô , par la règle des permutations ; eur,n , article indéfini de tout genre ; dén , substantif 
singulier; a , particule qui précède quelques temps et personnes dans les vftrbes ; guilaai , 
troisième personne singulier du parfait de l'indicatif du verbe huitaal ; Bi'thUcin Juda , nom 
proiire de lieu ; écit , piéjiosilion et conjonclion ; muñU , verbe neutre à l'iiiOiiitif , c, pré(>o- 
sitioii ; hiù , subslanlif singulier,- ar , article défini de tout genre et de tout nomlirc; Voabi- 
tcd , nom propre de peuple au pluriel , au lieu de MoubUed , changement dû à la règle des 
permutations; yaîid , conjonition et préposition ; lié, pronom possessif conjonctif de tout 
genre et de tout nombre ; chn'g , substantif singulier , venant de greg , par la règle des per- 
mutations ; hag , conjonction ; hé , pronom personnel ; zaou, nom de nombre cardinal, ve- 
nant de duuu , par la règle des permutations ; vàb, substantif singulier, venant de mdb , par 
la règle des permutations. 

Elimélek , nom propre d'homme ; a , particule qui précède quelques temps et personnes 
dans les verbes; réad, troisième personne de l'imparfait du veibe dôcr , taire , lorsqu'il est 
précédé en français de la particule on ; eiii o , particules ou (irépositions qui tiennent lieu du 
génitif; hé-man , pronom démonstratif; ha, conjonction; Noémi, nom propre de femme ; 
eùz , particule ou i)réposition ; hé, pronom possessif conjonctif ; c'hrég, substantif singulier , 
venant de grég , par la règle des permutations ; hé , pronom possessif conjonctif ; zaou , nom 
de nombre cardinal, venant de daow,par la règle des permutations ; vdb , substantif singu- 
lier , venant de mdô, parla règle des permutations; a, particule qui précède quelques temps 
et personnes dans les verbes ; oa, troisième personne singulière de l'imparfait du verbe béza, 
être : hanvet , participe du verbe heiivel , nommer ; unan, nom de nombre cardinal ; anézJuJ , 
pronom personnel pluriel; Mahalon , nom propre d'homme; hag , conjonction ; égilé , pro- 
nom indéterminé ; Chélion , nom propre d'homme ; ginidig , adjectif; é , particule qui pré- 
cède quelques temps cl personnes dans les verbes; oañl , troisième personne plurielle de l'im- 
parfait du verbe bcza , être; cùz a, particules ou prépositions qui tiennent lieu du génitif; 
Efrala , nom propre de lieu; i, préposition; L'('(/i(('em Juda , nom propre de lieu ; éad , 
participe du verbe bcza , être ; é , préposition ; hrô , substantif singulier ; ar, article défini de 
tout genre et de tout nombre; Voabilfd , nom propre de peuple, au pluriel , au lieu de Moa- 
biled, changement dû à la règle des permutations ; é, particule qui précède quelques temps 
et personnes dans les verbes; c/iOMm;o»id, troisième personne plurielle de l'imparfait de 
l'indicatif; énô, adverbe de lieu. 



Ï.VBLE DES MATILRES. 



Inlroduclion. ... ....:.;....•.•.. . Il';'; ' ij 

De l'alphabet .'. Tb.\ 

De la prononciation des voyelles Jb. 

Delà prononciation des consouues. , ., Ib. 
Observations sur les consonnes. <ki:j*.,j3| 

Des diphthongucs ..j.,.. /J '-'Ib.' 

Exemples des diphthongues. ....... l .'.' 4! 

Des lettres nicbiles, dites inùâbles , oii 
sujettes à permutations- ■ > Ib. 



Partitules après lesquelles les lettres ini- 
tiales se changent 6 

Permutations des lettres après les pro- 
noms possessifs 9 

Permutations des lettres après les pro- 
noms personnels régis 10 

Permutations des lettres après difTérentes 
parlicnlcs et quelques noms de nombre. H 

Derrfîèrts oliscrvatiuns sur les permuta- 
tions des lettres 12 



I,I«BE PnEMISR. 



Analyse des parties du discouns 

Chapitre premier. Des iirlicks 

Chapitre deuxième. Des noms. » . 

iJéclInaisons des noms propres, ,,,,.., 
De la manière de former le pluriel des 

noms •••. . . . 

Des pluriels terminés en ou. - 

Des pluriels terminés en lOD ........ 

Observalioris sur les différentes terminai- 
sons du pluriel 

Des pluriels des noms hétéroclites.;... 
Exemiiles des noms hétéroclites avec leurs 

pluriels. .:..'.......'.'. ...;;. 

De la manière de connaître le genre des 

noms .....-.•.•..'. . . 

Observations sur les gonf65.i. Ji •■••i .'ü. . 

Des diminutifs .'.lU. .*.' 

Chapitre troisième. Des adjectifs. ..... 

Du comparatif 

Du superlatif. ^. . 

Exceptions. . ... ;.. ; . 

Observations -sur les comparatifs el les 

superlatifs 

Des noms de nombre cardinaux. ..... . 

Table des nombres cardinaux 

Des noms de nombre ordinaux 

Table des noms de nombre ordinaux. . . 

Chapitre quatrième. Des pronoms 

Des pronoms personnels 

Exemples des pronoms personnels à la 

première personne 

Exemples des pronoms personnels à la 

seconde personne 

Exemples des pronoms personnels à la 

troisième personne 

Du pronom personnel soi , se 

Des pronoms possessifs 

Exemples des pronoms possessifs con- 

jonctifs 

Exemples des pronomsposscssifs absolus. 

Des pronoms démonstratifs 

Des pronoms inberrogatifs 

Des pronoms relatifs 

Des pronoms indéterminés 

Chapitre cinquième. Des verbes 

Observations 

De la personne 

Du nombre 

Du temps 

Du mode 



13 
14 
/6. 
15 

Jb. 
Ib. 

17 

Ib. 

' 19 



/6. 
Ib. 

Ib. 

24 

Ih. 
Ib. 

26 

Ib. 
Ib. 

Ib. 

Ib. 
Ib. 

27 
Ib. 
Ib. 
Ib. 

Ib. 

28 
Ib. 
Ib. 

29 
16. 
Ib. 
Ib. 



Des verbes auxiliaires • 

Conjugaison du verbe béza , êtbe , au 
personnel 

Conjugaison du ^eibebéza.tTBE, à l'im- 
personnej 

Observations 

Conjugaison du verbe kaoul , Avom , au 
personnel 

Conjugaison du verbe Jiuoul , Avoin , à 
l'impersonnel 

Observations 

Conjugaison du verhe éber , fiibb, au 
personnel 

Conjugaison du verbe ober , faisb , à 
l'impersonnel 

Du veibe léza , être, comme auxiliaire. 

Conjugaison du verbe Liza , être , com- 
me auxiliaire, au personnel 

Conjugaison du verbe l(';a, être, com- 
me auxiliaire , à l'impersonnel 

Du verbe AnouJ, avoir, comme auxiliaire. 

Conjugaison du verbe kaoul, avoir, 
comme auxiliaire au personnel 

Conjugaison du verbe kaoul , avoir , 
comme auxiliaire à l'impersonnel... 

Du verbe tifcer, faire, comme auxiliaire. 

Conjugaison du verbe obcr , faire , com- 
me auxiliaire 

Des verbes principaux 

De la formation des temps des verbes 
principaux actifs et neutres au per- 
sonnel 

De kàn , chante 

Observations 

Conjugaison d'un verbeactif au personnel. 

Conjugaison d'un verbe neutre au per- 
sonnel 

De la formation des temps des verbes 
principaux, actifs et neutres, à l'im- 
personnel 

De kdn , c^\^TE 

Conjugaison d'un verbe actif , à Timper- 
sonnol 

Conjugaison d'un verbe neutre , à l'im- 
personnel 

Observations 

Des verbes irréguliers ' 

Conjugaison des verbes irréguliers, dans 
plusieurs de leurs temps 

Du verbe moñl , aller . au personnel. . 



/*. 

31 
Ib. 

32 

33 
Ib. 

Ib. 

• 4 
35 

Ib- 
Ib. 

30. 

n. 
Ib. 



Ib. 
Ib. 

41 

Ib. 

Ib. 



I lO 



TVCLF. Di; L\ GUAMArAinE. 



Conjugaison du verlie mont, Ai.Ltu, à 

l'impersonnel &2 

OhservalioM'i Ib. 

Coujiigaisun du verbo 4ioñ( , vb.mb, au 

|iersuiinel Ib. 

Conjugaison du verbe dont , vemb , à 

limpersotinel /iS 

Conjugaison tlu verbo anavdzuul , con- 

N.iirni; , au pcisunnel Ib. 

Autre manière du conjuguer ce même 

verbe au personnel Ib. 

Conjugaison du verbe anavéiout , con- 

NAiTiii'. , à l'impersonnel /j/i 

Autre manière de conjuguer le môme 

verbe à l'impersonnel Ib. 

Conjugaison du verbe gouzoul, savoib, 

au personnel 45 

Conjugaison du verbe gouzoul , savoir, 

à l'impersonnel Ib. 

Conjugaison du verbe gallout, podvoir, 

au personnel. Ib. 

Conjuj;aison du verbe gallout , pouvoir , 

à rimpersonnel /iG 

Conjugaison du verbe kavoul , trocveh , 

au personnel /6. 

Conjugaison du verbe kavout , trouver , 

à l'impersonnel ti7 

Conjugaison du verbe dléoul^ devoir , au 

personnel Ib 

Conjugaison du verbe dléout , devoir, à 

l'impersonnel 4S 

Conjugaison du verbe lavarout , dire, 

au personnel Ib. 

Conjugaison du verbe lavarout, dire , à 

l'impersonnel Ib- 

Conjugaison du verbe karout, aimer, 

au personnel 49 

Conjugaison du verbe karout , aiuer, à 

l'impersonnel Ib. 

Conjugaison du verbe laftaat , mettre , 

au personnel 50 

Conjugaison du verbe lakaal, mettre , à 

l'impersonnel ■ Ib. 

Table des verbes dont le radical éprouve 

quelque irrégularité à l'infinitif seule- 
ment Ib. 



Taille <U-s verbes dont l'inGnilif eslscm- 
blalfie à l'impératif 

Des verbes rélléeliis et des verbe» réci- 
proques 

Conjugaison du verbe rédécbi in em 
Wiska , s'ilADILLEft 

Conjugaison du verbe réciproque «n em 
garoud ann ell éyilé , s'entr'aimer. . . . 

Des vurbes impersonnels 

De la première sorte des verbes imper- 
sonnels. Conjugaison du \crUe heza^ 
^tbr , comme impersonnel . répon- 
dant à la conjugaîson du mémo verbe 
en français , avec la particule on. . . .' 

Conjugaison du verbe mont, aller.. .. 

Conjugaison du verbe actif Aarout , aisirr. 

Conjugaison du verbe passif <i«2a kartt, 

ÊTRE AIMÉ .' ,i 

Conjugaison du verbe neotre Iréménoul, 
PASSER. r 

De la scii/indo sdrte <tes verbes impersori- 
nels. Conjugaison du i/erbe btzaréd^i 
F.VILOIR .........'...:... • 

Conjugaison du verbe béza awal<fh/ 
SI tTiRE .'.......,..... .... 

Conjugaison dti verbe c'hoarvc'zout , M'-' 
BiVEB (par accident) , échoir '. 

Conitpe on doit exprimer il v a , il y., 
AVAIT, Igrsquç le ifom cppmcijce I^ 
plirasc . . . . . . . . ... . ............. ; .^1 

Comme on doit einprimer il ,t a , v, .ï. 
AVAIT , lorique.Ie.noiii suit le verbe. . . ^ 

Comme on doit exprimer c'est , c'était, 
etc 

Chapitre sixième. Des adverbes 

Chapitre septième. Des prépositions. . . . 

Table des prépositions simples 

Table des prépositions composées. . . . .. i 

Observations 

Chapitre huitième. Des conjonctions. .. 

Table des conjonctions simples 

Table des conjonctions composées. . . ■ 

Observations 

Chapitre neuvième. Particules. ; 

Chapitre dixième. Des interjections. . . . 



à2 
Ib. 

S5 
Ib. 

Ib 



Ib 

Ib. 

5/| 

itb. 



■là. 

I 
fi. 

A', 



,^55 

.*• 

/6. 
ib. 

5« 
/6. 
Ib. 

57 
Ib. 
Ib. 
Ib. 

Ib. 

Ib. 



I.IVBE SECOXD. 



Chapitre premier. De la construction des 

articles 59 

Chapitre deuxième. De la construction 

des noms , . 61 : 

Chapitre troisième. De la construction 

des adjectifs C2 

De la construction des noms de nombre. 

Des noms de nombre cardinaux 63 

Chapitre quatrième. De la construction 

des pronoms. Des pronoms personnels. 6i 

Des pronoms possessifs 66 

Des pronoms démonstratifs '. . 6S 

Des pronoms interrogatifs 7i 

Des pronoms relatifs 72 

Des pronoms indéterminés "i 

Chapitre cinquième. Du verbe 78 



(i'si'rnonoi^ 



Du nombre dans les verbes. 

Des temps du verbe 

Des modes du verbo. 

Des verbes impersonnels. . . . 

Des exclamations. ......... 

Des interrogations ...... . . . .'.'i . .' . . . '' ' 

Des négations ....■.....;..... 

Chapitre sixième. Des adverbes 

Chapitre septième. Des prépositions. . . . 

Chapitré huitième. Des conjonctions. . . . 

Liste des verbes qui sont suivis de parti- 
cules 

Exercices surles'principales difficultésdè' 
la langue bretonne. 

Analyse des deux premiers versets de la 
vie de Rulh.'. ..'.■..'. 



TI\ DE LA T.tBLE. 



DICTIONNAIRE 

BRETO^-FRiV^OAIS. 



A 



A, lettre vojï'llc, la première de l'alpliabet 
breton. Elle, «o prünonco comnie en frafiçais. 
A , i)articule. Elle a plusieurs usages: 
1° Elle vaut la piéposiliou française de. 
JÏMîin aval leûn a zonr , une pomme pleine 
d'eau. Eur parle gùlôcd a éd , un champ cou- 
vert de \M. Kalz a tara , beaucoup de pafji ; 
t2o Elle se met devant un verbe , dans toutes 
ses personnes (mais au mode indicatif seule- 
ment), quand ce verbe est précédé d'un nom 
ou d'un pronom , soit sujet ou régime. Doué a 
zô mâd, Dieu est bon. Un .cluiar a (jarann , 
j''airae votre sœur. Dnns ce casj cette parti- 
cule ne saurait se traduire en français ; 

3° Elle sert encore à former plusieurs mots 
composés, tels que nftaoc/, depuis, pour « pa en', 
mot à mot, de QtUNO fut; ahréâ , de bonne 
heure, à temps, pour a prcd , mot à' mot , 
DE TEMPS; lujrtnn, tout à fait , entièrement, 
pour a lircnn, mot à mot, de rond ou de cocbt. 
4" Indiquant la direction , elle répond à la 
préposition française a. A (^ïcfr, à gauche. II. V. 
On remarquera que la particule a fait tou- 
jours charger, de fiîrtc en faible, la lettre 
initiale du mot qui suit. Voyez la Grammaire 
bretonne. En Vannes , c. 
A. Voyez Ha. 

A-BENN OU ArENN , adv. cl prép. Directe-' 
nient. Tout droit. A bout. Au bout. Dans. 
Dcomb abenn , allons tout droit. Pond ahcnn 
eu: a eunn rfrà, venir à bout dune chose , 
réussir. AlcT,n eur iloaz em j'wc/ot, vous me 
verrez dans un an, ou au bout d'un an. Ce 
mot est composé de la particule a, de, et de 
prnn , télé , bout , etc. 

A-BOÉz-PE^N. Façon de parler advcrliiale. A 
pleine tète. A cor et à cri. De toute sa force. 
Galved cm ciîi a-hcéz-pnin , j'ai appelé à 
pleine tète, de toute ma force. Ce mot est 
composé de la parlicule a, de jiocz , poids , 
et de penn , tète. 

.^-ERÉD on ABr.f.D , adv. et adj. De bonne 
heure. A temps. Précoce. IIAlif. Abrédiz-inn, 
j'irai de bonne heure. Per alrcd iñt , ce sont 
des poires hâtives. Ce mol est composé de la 
particule a , et de prêd , temps , heure , etc. 

A darzou.'Vdah/., adv. Perpendiculairement. 
Aplomb. Ar rôgcr-^i' vc li('( saved adarz , ce 



mur n'est pas bâti d'aplomb. Ann héol a skôé 
adarz uar lion pfnnou , le soleil donnait per- 
pendiculairement sur nos têtes. Ce mol est com- 
posé delà particule a , et de tarza, darder. 

ADoèd. Voyez A-zolg. 

A-DREÙz ouAdreCz , adv. et adj. A travers. 
De travers. Entravers. Indirectement. Latéra- 
lement. Qui est de travers. Indirect. Latéral. 
De plus, en bloc. Tout ensemble. Adrcùz hag 
a/n'ci, à tort età travers. Sclledendeùz adreùz 
ouz-in , il m'a regardé de travers. Kouizedeo 
adrcûz war-n-oun, il est tombé en travers 
sur moi. Nag a-écun nag adreûz , ni directe- 
ment, ni indirectement. Dciid eo cnô dré ami 
heñd adreûz, il est arrivé là par une voie in- 
directe. Ce mot est composé de la particule 
a , et de (reiii , travers. 

A-DREiz-PEN.-s. Façon de parler adverbiale, 
ou plutôt sorte de préposition. Tout au tra- 
vers. JUo»ld a réoñl a-drcûZ'pcnn d'ar parkou, 
ils vont tout au travers des champs. Ce mol 
est compose de la parlicule a , de Ireùz , tra- 
vers , et de peym , tète , etc. 

A-ÉEiN, adv. et prép. Directement. Tout 
droit. Deûd co a-ceun d'in, il est venu direc- 
tement à moi. Ce mot est composé de a , par- 
ticule , et de éeun , droit. 

A-ÉNOu. Voyez Ac'hanô. 

A-FEÛR, conj. A mesure. A proportiüii. A- 
fcùr ma icerzor ann vdou, à mesure que l'on 
vendra les blés. 

A-GÎL , adv. A reculons. En arrière. N'hcl- 
Ul-hu kél kerzoud a-gil! Ne pouvez-vo;is 
pas marcher à reculons ? Ce mut est composé 
de la particule a, et de kil , revers , etc. 

A-couÉz ou A-(ivvÉz , adv. Devant; en pré- 
sence de : à la lettre au su de ( de « au , cl de 
gwrz , pour gii:rzcl,s\\). Lagadeuc écrit agot: 
En Galles, cnn gwiz. V. ac'hoez. II. V. 

A-OREKN ou AGREKN,adv. Entièrement. loulà 
fait. Totalement. Absolument. Formellement. 
Tout court. Kollcd co agrenn. il est entièrement 
ou tout à fait perdu. Ne fcH kcd d'in agrenn , 
je ne le veux pas absolument. Ann drd-zi' en 
dcüz lavarcd d\'-hoc'h agrenn , i! \ous a dit 
cela formellement. Ce mol est composé de la 
particule a , et de krcnn , rond , court , etc. 
A-iunz, adv. cl prép. D'auprès. Des cu»i- 



rotis de. À-harz kiar é («iIiima , je viens d'ao- 
pris de la ville. 

A iif'.DoiiAiifin, pré|>. Pi;ii(1arit. Durant. Totil 
le lourde. Gwilidé deti: aliéd ttnn no: , ulle ;> 
pleuré durant la nuit , ou tmit le iDn;^ do la 
nuit. On dit aussi /le'rf, sans prùposiliuii , — . <st 
warliéd. H. V. Voyez llfiü, premier artiiU, 

A-iiEÑu-Ai.r.. Faron de parler adverbiale. 
D'ailleurs. D'autre part. De plus. Oulie cela. 
.Vu reste. Au fond. En effet.— Autrement. H. V. 
Màd awalc'h eo a-heñdall , il est assez lion 
d'ailleurs. Ahend-atl é tléid cur sicôcd d'in , 
outre cela , vous me devez un écu. A-hcftd-aU 
{■!> Uz'mk , de plus, il est paresseux. Ce mot 
est composé de la particule a , de heñl , che- 
min , et de ail , autre. 

A-iioÑr Voyez Auo.ñt. 

A-c'ii\.>() Voyez Ac'ii.iNii. 

A-c'morin, adv. A califourchon. J.imhc 
deçà , jambe delà. Moñd war varc'h a- 
c/iaojad, aller i cheval à califourchon. Ce mot 
est composé de la particule a, et Ae.gaohul. 

.V-c'iiÈM)i; , adv. De bouche. De parole. 
Verbalement. A-c'hènou en deùzité zeskedd'iii , 
il me l'a appris de bouche , verbalement. Ce 
mot est composé de la particule o, et de ge- 
nou , bouche. 

A-c'iiiN , adv. A reculons. En arrière. A- 
clUn ézéiiñt. Ce mot est composé de la parti- 
cule a, et de gin, revers , envers , opposé. 

.\ c'houdé-vêz ou Ac'HouDÉvÉz.Façon de par- 
ler adverbiale. Depuis. Depuis ce leraps-là. iV'em 
eùz kélkitmzcd oiU-hañ ac'houdévé: ,]& ne lui ai 
pas parlé dopuis.Ce mol est composé de la part. 
a ,dc goudé , après, et de béz , troisième per- 
sonne du prés, de l'indicatifdu verbe béza, être. 

A-c'houen , adv. et prép. A la renverse. Sur 
le dos. Kow'za a rèaz a-c hoiœn ou a-c'lioucn hé 
groc'licn, il tomba à la renverse. 

A-iocL, adv. Volontairement. De son plein 
gré. Volontiers. Moñd a riz di a-ioul , j'y allai 
volontairement. A-ioul-vrdz , avidement. — .1 
inul-vdd, de grand cœur. H. V. 

A-HPU.. Voyez Ispil. 

A-isTRiBit-. Voyez Istribit.. 

A.-ÎZ , adv. et prép. Dessous. Au-dessous. 
A-iz hô Ireid , au-dessous de vos pieds. 

A-r.KS-sÉ ou Alksé , adv. De ce lieu. De là. 
De là où TOUS êtes. lid alésé , allez-vous-en 
de là. Tec'hid alésé, ôtez-vous de là, fuyez 
de ce lieu-là. Cet adverbe peut se composer de 
la particule a , de léz , près, proche, et de se 
nu -(/, là. Il peut encore être composé de la 
particule a , de lec'h ou lé, lieu , et de se , là. 

A-i.iEZ. Voyez Aliez. 

A-M.i. Voyez Ama. 

A-R.\OK ou Ar.aok , adv. et prép. Avant. 
Devant. Auparavant. Au-devant. Rédaraok, 
cours devant. Deûd eo araok d'in , il est ve- 
nu au-devant de moi. Araog ann deiz, avant 
le jour. Hors de Léon , arok. 

A-RAToz , adv. Exprès. Expressément. A 
dessein. Avec intention. Sciemment. Avec ré- 
flexion. A-ratoz em eùz hé lavaret, je l'ai dit 
avec intention, à dessein, exprès. 



Al; 

A HÉ/.. V.ivel nt:/.. 

A-lvDK. Vnyez A-inoK. 

A-ti , adv. et prép. Dessus. .Vu-dossus. A-ûz 
hi) penn , au-desnus de \otre tète. 

A-v.iu ou Av.ii>,adv. Tout de bon. San» 
feinte. Scriouscniunl. Adi'isein. Auddeo é ra 
i/oaAac'^iiioc'A, c'esitoutde bon qu'il se moque 
de vous. Avdd é komzann ouz-hoc'h , je vous 
parle sérieusement, (^et ailverbi- est composé 
dcrt.etdemud, bon. — l'Iacé après un ou plu- 
sieurs mots, il signifie (pielquelois MAIS. II.V. 

A-véac'h ou AvfiAc'ii , adv. A |)eine. Diffici- 
lement. Avéac'h ho sélaou , à peine vous 
écoute-t-il. Avéac'h ma hcU baie, à peine 
peut-il marcher. Cet adverbe est composé de la 
particule a , et de hear'h , faix , fardeau. 

A-vÉPHÉD. Voyez BftPRÉD. 

A-visKOAZ. Voyez Uiskoaz. 

A-VRÉ-MA. Voyez Dr^ma. 

A-wALC'u ou AwAi-c'ii , adv. .Assez. Suffi- 
samment. .-liuaJc'/i /tocVt eiii debret, VOUS avez 
mangé assez. Cet adverbe est composé de la 
particule a , et de gwalc'h , satiété , suffisance. 

A-wéc'hou ou Awéchou , adv. Quelquefois. 
De foisà autre. Parfois. .-IuiJc/k)!* éz-ann dite 
rfi, je vais quelquefois chez lui. Cet adverbe est 
composé de la particule a, et de gwéac'h , fois. 

A-ZÉ. Voyez Azé. 

A-zevri , adv. Exprès. Expressément. A 
dessein. Tout de bon. Sérieusement. Avec in- 
tention. Avec réllexion. N'en deùz kéd hé 
c'hréada-sevri, il ne l'a pas fait exprès, avec 
intention. /7a komz a ril-hu a-zevril Parlez- 
vous sérieusement? Cet adverbe est composé 
de la particule a , et de deçà , réffcxion , inten- 
tion , etc. 

A-ziABARZ , adv. et adj. Du dedans. Par-de- 
dans. Intérieurement. De l'intérieur. Interne. 
A-ziabarzéUd, il vient du dedans, par-dedans. 
Ann droug a zô a-ziabarz , le mal est interne. 
Ce mot est composé de la particule a, et de 
diabarz , dedans. Voyez Ebarz. 

.4.-ZIAVÉAZ , adv. et adj. Du dehors. Par-de- 
hors. Extérieurement. De l'extérieur. Externe. 
A-ziavéaz é leà an irouz-zé , ce bruit là vient 
du dehors, de l'extérieur. A-ziavéaz iñl, ils sont 
externes. Ce mot est composé de la particule a 
et de diavéaz, dehors. Voyez Méaz. 

A-ziNDAN, adv. et prép. Dessous. Au-des- 
sous. Par-dessous. Tlé wéloud arann a-zindàn, 
je le vois au-dessous. Hé daoled en deùz a-zin- 
ddn hé c'hâr, il l'a jeté par-dessous la jambe. 

A-ziouc'h ou Aziouc'h et .\ziodt ou Aziout , 
adv. et prép. Dessus. Au-dessus. Par-dessus. 
Sellid azinucli , regardez au-dessus. Ema a- 
ziouc'h hé benn , il est au-dessus de sa tète. 

A-zisPiL. Voyez Dispil. 

A-zistribil. Voyez Distribil. 

A-zoùG ou .•VzoùG , ou .\Dof a , prép. Durant. 
Pendant. Azoûg ann dcisiou-ma , durant ou 
pendant ces jours-ci. Voyez Doùg. 

Ab ou Ap , pour wi(î6 ou mdp , fils. Ce mot 
ainsi contraclé ne s'emploie qu'en composi- 
tion , dans quelques noms de familles. .16- 
lann , ab-Gra'l, ab-Iven , ab-Olicr , sont des 
surnoms 



surnoms fort communs en Uretagne :il n'y a 
pas de (ioule qu'ils ne soient pour mdb-Iann, 
mdb-Gratl , etc. , et qu'ils ne signifient fils de 
Jean, fils de Grall , etc. 

Aba, adv. et i)rép. Dejjuis. Aha gom:, de- 
puis qu'il parle. Aba ma eo hir ann dci: , de- 
puis que les jours sont longs. Ce mot doit ôlre 
composé de la particule a, et de pa, quaml. 
En S'annes , abé. On dit aussi abaoé à peu près 
dans le même sens. 

* Abad , s. m. Abbé , celui qui possède une 
abbaye. On donne aussi ce nom à tout hom- 
me qui porte un habit ecclésiastique, quoiqu'il 
n'ait point d'abbaye. l'I. abaded. 

'Abadez, s. f. Abbcsse , supérieure d'un 
monastère. l'I. éd. 

Abaf, adj. et s. m. Etourdi. Etonné. Timi- 
de. Stupide. jS'iais. Benêt. A7tn dîn-iaouank- 
zé en deiiz doari abaf. ce jeune homme a l'air 
étourdi , étonné. Ho choara zô abaf oinn né- 
heût , vofre sœur est un peu timide. Eunn abaf 
n'eo lu'n, ce n'est qu'un stupide. Pour le plur. 
du substantif, afta/cd. .46a/' s'emploie aussiau 
lieu de abafder. 

Abafdeü, s. m. Etourdissement. Etonne- 
ment. Timidilé. Stupidité. Niaiserie. AV /ic/- 
Icur kêd lié donna eùz hc abafder , on ne peut 
pas le retirer de son etourdissement, de son 
étonnemcnt, de sa stupidité. Ann abafder a 
zéré oud eur plar'h-iaouank , la timidité con- 
vient à une jeune fille. 

Abafi, V. a. et n. Etourdir. Etonner. Ren- 
dre stupide. Intimider. Niaiser. S'étourdir', 
etc. Part, abafel. Abafi a réod anézhañ, vous 
l'étourdirez, vous le rendrez stupide. Vaaba- 
fed en deûz gañd hé zell , il m'a intimidé par 
son regard. Abafi a ra buan, il s'étourdit vile. 

Abalamoi'r, prép. A cause de.... Pour 
l'amour (\c... Abalamour da Zoué, à cause de 
Dieu. Abalamour d' in , h cause de moi. 

Abaoé (de trois syllabes a-ba-oc), adv. et 
prép. Depuis. Abaoé déac' h ounn klaû ,]esws 
malade depuis hier. Abaoé neûzé né ra mxii 
nétra , depuis ce temps-là il ne fait plus rien. 
Ce mot est cdmposé de la particule a, de, pa, 
quand , et de oé , fut. Voyez Aba. 

Abahdabz, s. m. Soir. Soirée. Vêprée. PI. 
abardaéswH. E-trù ann abardaez , sur le soir, 
vers le soir. Ann abardaéshni a zâ hir bréma , 
les soirées sont longues à présent. On dit aussi 
pardaez , dans le même sens. Ce mot est com- 
posé de o, de, de par , pour ;)fijr, particule 
servant à indiquer l'achèvement , le complé- 
ment, la fin d'une chose, et de doc:, pour 
deis ou déz , jour; «îiarrfrtc; peut donc s'in- 
terpréter à la lettre de complément de joir. 
Hors de Léon, ahardé. 

.Abardaézi ("de quatre syllab, ,abar-daé-zi', 
V. n. et impers. Devenir lard. Se faire tard. 
Approcher du soir. Part. et. Abardaézi a ra , 
il devient tard , il se fait lard , le soir appro- 
che. Voyez le mot précédent. 

Abardé. Voyez Abardaez. 

.Abarz , adv. et prép. Avant. Auparavant. 
Aiarz é teili, il viendra avant. Abarz ann 

D. B.-F. 



ÂBR 



Il li 



nôz , avant la [nuit. Abarz ma tebrinn , avant 
que je mange. 

Abask. Voyez IIabask. 

' Abatti , s. m. Abbaye. Monastère. PI. 
aballiuu.Cc mot est hibride, formé du laliii 
abbas , abbé , et du breton U , maison ; il doit 
donc s'entendre plus parliiulièrement des bâ- 
timents d'un monastère que de la dignité du 
supérieur. Ces sortes de mots ne sont pas ra- 
res parmi les Bretons. Les articles abad, aha- 
dez et abatli n'ont été placés ici que comme- 
exemples des mots hibrides. 

Abé. Voyez Aba. 

Abek , s. m. Cause. Sujet. Occasion. Motif. 
Raison. PI. ahéyou. Abeg oc'h béd d'ann 
drouk-zé , vous avez été cause de ce mal. Ih'b 
abeg é-béd , sans aucun motif. Hi'p gwirabek, 
léméraireraent, inconsidérément , contre droit 
et raison. Dré abek ou cnn abek ma , à cause 
que , parce que. War abek ma , pour que , 
afin que. Voyez Kiriek. Kiriégez. 

AbékiouAbégi, V. a. Contrefaire quelqu'un, 
ré[)élcr par dérision ses propres paroles. P;irl. 
et. Nékéd déréad abéki dén , il n'est pas hon- 
nête de contrefaire quelqu'un. 

Abenn. Voyez A-benn. 

Aber, s. f. Havre, port de mer fermé et 
silr. De plus, entrée ou embouchure de ri- 
vière. ConOuenl. PI. iuu. Kéméred oé hé léstr 
enn aber, son vaisseau fut pris dans le havre 
ou à l'embouchure de la rivière. Ar géar a 
Gemper a zô é aber slériou Odel ha Teir , la 
ville de Quimper est au confluent des rivières 
d'Odet et de Teir. 

Abbvlec'h, s. m. Abreuvoir. PI. iou (La- 
gadec). H. V. 

Abézet , part, passé du verbe abézi , non 
usité. Stupide (Lag.) IL V. 

Abie.>ner, s. m. Celui en la garde duquel 
on a mis des biens saisis par la justice. l'I. 
ien. Kumzil gañd ann abienner, parlez au 
gardien de la saisie. 

' Abostol, s. m. Apôtre, nom qui a été 
donné aux douze personnes que Jésus-Christ 
choisit particulièremenlcnlre ses disciples pour 
prêcher sa morale. PI. abostolel , et , plus or- 
dinairement , ébestel. Ann daotizég abostol , 
les douze apôtres, .ibo.ilol se dit aussi de l'é- 
pitre qui se lit ou se chante à la messe. Pion 
en detiz kaned ann abostol hirio? qui est-ce 
qui a chanté l'épftre aujourd'hui? Voy. .\viei.. 

'Abostoler, s. m. Sous-diacre , celui qui 
est promu au sous-diaconat. De plus . celui 
qui chante l'épitre à la messe. PI. ien. Kalz a 
abostolérien a zo bel gréad déac'h , on a fait 
hier beaucoup de sous-diacres. Eiinn dcn di- 
mézed eo a zo béd abostoler eiiii nfcren , c'est 
un homme marié qui a chanté l'épitre h la 
messe. Voyez .Vviéi.ek. 

* .Abostoli, v. n. Prendre le sous-diaconaf. 
De plus , chanter l'épitre à la messe. Part. cf. 
Abostoled eo va breùr , mon frère a pris le 
sous -diaconat. Abostoli a rai enn oféren-hréd, 
il chantera l'épitre à la grand'racssc. Aoyrx 

.\V1ÈIA. 

i5 



Il/, 



ADA 



* AnogTüLiK , adj. Apnsluliiiue^ qui vient, 
qui procoile dfs ii|)(Mr(s. Ann Uctkadurez abut- 
tulik , la doctrine ;i|iiisluiique. 

Aboin , s. m. C.i'uttiii , excrément de che- 
val. l'I. cd. H. V. 

Adol'.na, V. a. Ramasser du crottin. Part. 
tt. H. V. 

Abba.nt , s. f. Suurcil , le poil qui est en ma- 
nière d'arc au-dessus de l'œil. l'I. abrañtou. 
l'I. duel, et plus usité, diou-abrañl. Hé ziim- 
abrañt a zo dit , ii a les sourcils noirs. Voyez 
!\Iol]R^:^N. Golbuon. 

Ak. Viiyez Hak. 

Ak. Voyez 11a«. 

Aket ou Akeu, s. m. Assiduité. Appli- 
cation. Üiligcnce. Exactitude. Ponctualité. Ma 
n'hoc'h eüz kéd a akel , né zeakot nétrd , si 
vous n'avez pas d'assiduité, d'application, vous 
n'apprendrez rien. Ann aked é pép ira a zi\ lal- 
vouduz, la diligence en toutes choses est utile. 

.\kéta()ü ou AüÉTAou , adv. Tantôt , au 
passé, par exemple, quand on parle après- 
midi de ce qui s'est fait au matin. £do ama 
akélaou ou agétaou , il était ici tantôt. On dit 
aussi égétaou et ergefUaou : ce dernier est 
peut-être le meilleur, venant de kcñta , 
premier, et pourrait se traduire littéralement 
par CCS mots : dans les preuiebs , en sous- 
entcndant moments. 

Akéti, V. n. Etre assidu, diligent. S'ap- 
pliquer. Part. et. Né akéiil kéd awalc'h, vous 
n'êtes pas assez assidu , vous ne vous appli- 
quez pas assez, lléd eo akéti , mar fcÙ d'é- 
hnc'h gounid ctinn drà , il faut être diligent , 
si vous voulez gagner quelque chose. 

Akétcz ou Akédüz , adj. Assidu. Appliqué. 
Ponctuel. Exact. Studieux. Diligent. Akétuz 
Ira: co hô mdb , votre fils est très-appliqué , 
fort studieux. 

Aklocéten, s. f. Fer d'aiguillette. PI. 
ttklouclennou. Kolled em eûz va aklouélen , j'ai 
perdu le fer de mon aiguillette. 

Akr ou Hakr, adj. Vilain. Affreux. Hi- 
deux. Sale. Malpropre. Dill'orme. Au figuré, 
vil. Sordide. Abject. Méprisable. A'« uiien/i A-e'd 
e na kenn afcr, je ne savais pas qu'il fût si vi- 
lain , si affreux, etc. Eunn dén akr eo , c'est 
un homme vil, abject. 

Akraat, v. n. Devenir vilain, affreux, 
hideux, etc. Et au Cguré , devenir vil , ab- 
ject , etc. Part, akréel. Akraad a ra bcmdez , 
il devient tous les jours plus vilain , plus 
affreux. 

Aerded, s. m. Vilenie. Difformité. Sale- 
té. Malpropreté. Au figuré, abjection. Bas- 
sesse. Mépris. N'hdtann kél boazadiouc'hann 
akrded anézhañ , je ne puis m'accoutumer à 
sa vilenie, à sa difformité. Né anavézU kéd hé 
hoU akrded, vous ne connaissez pas toute son 
abjection, sa bassesse. 

* Aktor, s. m. Comédien, acteur. PI. ien 
(Lag.) Aujourd'hui, aktour. H. V. 

* Aktorez , s. f. Comédienne, actrice. PI. 
cd. H. V. 

Ad ou As ou Az. particule qui, dans les 



AKZ 

compoiiH , sert à mar(|uor le redoublement ou 
la répétition de l'action : ùber , l'aire; aUôber, 
refaire. Kvuésa, tomber; azkouézUy relüm- 
ber , etc. 

An. Voyez IIad. 

AiiA. I erine enfantin poitr dire adieu. 
En parlant à un enfant, l'un dit : déumb ada , 
allons nous promener, allons adieu. 

Ada. ^'o)ez Mada. 

An il. ou Adai.kk , prép. Depuis. De. Adal 
ou adaleg ar penn bttég aun Ireid , depuis la 
télé jusqu'aux pieds , ou bien , di^ la tète aui 
[lieds. Adaleg ur gwélcd bélég al lein , de 
fond en comble , du haut en bas. 

A dan. Voyez Dinuàn. II. V. 

AiiAN , s. m. Selon Le Pelletier, c'est un 
oiseau assez semblable au hibou, et, suivant 
le père Grégoire , c'est le rossignol. Pour 
moi, j'en connais le nom, sans savoir au 
juste l'oiseau qu'il désigne. V\. éd. — Unie 
donne en général à tous les oiseaux de nuit ; 
c'est peut-être adar , corrompu d'adérin , oi- 
seau , encore usité en Galles. Je lis dans un 
vieux chant populaire breton: 

Jiép nôz en. em zastum adar ,• 
SlOr-adar du-bàl hâ fleûniou. 
« Chaque nuit des oiseaux s'assemblent , des 
oiseaux de mer, au plumage noir tacheté de 
blanc.» ( Babzaz-Breiz. j H. V. 

Adan-vôb , s. m. Suivant le père Grégoire , 
c'est le même que éoslik-bàl. — Il est plus pro- 
bable qu'il est employé pour mùr-adar bdl , 

OISEAC DE MER TACHETÉ. H. V. 

Adarré, adv. Encore. Une seconde fois. 
De rechef. Kouézcd eo klañ adarré , il est en- 
core tombé malade. Livirit-hé d'ézhan adar- 
réy dites-le lui une seconde fois. On dit aussi 
arré , dans le même sens. 

Adober , V. n. Refaire. Faire encore une 
fois. Recommencer. Part, adgréal. N'hoc'h 
eùz két gréai mdd va zaé , réd eo hé adober , 
vous n'avez pas bien fait mon habit, il faut le 
réf. lire. 

Adoog. Voyez A-zodg. 

Adrë ou Adré.n, adv. et prép. Derrière. En 
arrière. A dos. Au dos. Araog hag adré , 
devant et derrière. Adré co choumet, il est 
resté derrière. Hé lékéad em eûz adré ann ti , 
je l'ai mis derrière la maison. En Vannes , 
ardrañ. Voyez Diadré. 

AdbeCz. Voyez A-DRELZ. 

Aé , s. m. Le repos du bétail pendant la 
grande chaleur. Kasidar zaoud d'ann aé , me- 
nez le bétail au repos. On dit aussi éc'hoaz , 
dans le même sens. 

Aéa (de deuxsyll. , ai-a'), v. a. et n. Faire 
ou mener reposer le bétail pendant la grande 
chaleur. Se reposer pendant la chaleur , en 
parlant du bétail. Part. aéet. Réd eo aéa ctr 
zaoud, il faut faire reposer les vaches. Aéedhô 
deûzar zaoud, les vaches ont reposé. On dit 
aussi éc'hoaza dans le même sens. 

Aedlen ouEdlen, s.f. Sapin , arbre (Corn.) 
PI. édleîinou. H. V. 

Ael, s. m. Essica, pièce de bois qui entre 



AC'H 

dans le moyeu des roues de charrelles , etc. 

PI. iou. Torrcd eo ann ad , l'essieu est rompu. 

Ai;u, s. f. Serpent. Ucptile. On comprend 
sous ce nom les couleuvres , les vipères , les 
aspics , etc. PI. acred (de deux syll , aé-rcd). 
N'eûz kéd a aéied ééïKZ Ëùsa , il n'y a pas de 
reptiles, de couleuvres dans l'ile U'Uuessant. 

Aer. Voyez Êar. 

Aeu - WiBEU , s. f. Vipère , petit serpent 
Tâvipare très-venimeux. PI. aéred-wiber.Ce mot 
doit être hibride , formé du breton acr , ser- 
pent , et du latin , vipcra. 

AÉitAoiJA.\ï (de 4 syll., a-cr-aou-añl) , ou 
AzROCAÑT ou iCROiANT, S. f. Dragom Uémon. 
Diable. PI. Aéréveñl ou czréveñt. Sañl l'aol a 
lazas pé a veùzaz cunn aéraouafit hmz é énez 
Ydz , war a lavarcr , saint Pol tua ou noya, 
dit-on , un grand dragon dans l'ile de lias. 

Akz. Voyez £az. 

Aézen (de deux syll. , aé-zen) ou Êzen , s. 
f. Vapeur. Exhalaison, /éphir. Vent doux et 
agréable. PI. aézerinou ou ézennou. Eunn aé- 
zen skañ a zdv alésé , il s'élève de là une 
vapeur légère. Ann aczen-zé a ra vdd d'in , 
ce zéphir me fait du bien. Voyez Mohen. 

Aézen>a (de trois syll., aé-zen-na) , v. n. 
Jeter des exhalaisons. Produire des vapeurs. 
Part. cl. 

AÉZENNÜZ (de trois syll. , ac-zen-nuz) , ou 
EzENNCz , adj. Vaporeux. Qui produit des va- 
peurs, des exhalaisons. Voyez Morennlz. 

Ar, s. m. Baiser, et, plus particulière- 
ment, baiser de civilité, de cérémonie. 
PI. ou. Eunn af a rôaz da bcp-hini anézliô , il 
donna un baisera chacun d'eux. Voyez Pok. 

Afa, V. n. Baiser par civilité, par cérémo- 
nie. Part. et. Apd d'hô kcnvrcilr , baisez votre 
confrère. A'oycz Poki. 

Aféden, s. f. Baisure , l'endroit par où 
deux pains se sont trouvés pressés au four. Né 
garann kéd ann aféden , je n'aime pas la bai- 
ïure. 

.4fen. Voyez Aven , premier article. 

Affal ou Affei , s. m. Rechute. Réci- 
dive. PI. ou. Ann affal ou ann affel a zô gwdz 
égéd ar c'hiénvcd , la rechute est pire que la 
maladie. Evid ann affel n'eûz néméd ar marù, 
pour la récidive, il n'y a que la mort. Ce mot 
est composé de a/' pour ad, particule rédupli- 
cative, et de fal pour fallaen, faiblesse. 

Affai.a ou Affela, V. n. Retomber. Ré- 
cidiver. Faire une rechute. Part. el. Likidéve: 
na affalac'h , prenez garde de retomber , de 
récidiver. 

Affi.bt, adj. Badin. Volage. Léger. In- 
constant. Afflcl brdz co ann déñ-zc, cet homme 
est bien léger, bien volage. Je ne connais ce 
mol que par le Hictionnaire de Lcrellelicr, 
quoiqu'il le donne comme appartenant au 
dialecte de Léon. 

.\ff(1, adv. Vite. Prompteraenl. Avec em- 
pressement. Avec diligence. Deiid affô atna, 
venez vile ici. Voyez Bdan , premier article. 

.\fO!v. Voyez Aven , premier article. 

* .iFRoiv ou Avron, s m. Aurotie, plante. 



AL ii5 

Afronen , f. Un seul pied d'aurone. PI. afro- 
nennou , ou simplement afron. Ann afron a 
zô ntâd éril lenna ann drein eûz ar goulfou , 
l'aurone est bonne pour retirer les épines des 
plaies, ((n nomme aussi celte plante louzaouen- 
ann-dréan. 

Afc. Voyez Avi. 

Agen. Voyez Aié>en. 

AcÉTAOU. Voyez Akétaou. 

AgIl. Voyez A-GiL. 

Agrenn. Voyez A-gren.n. 

Agroazen , s. f. Eglantier, arbuste. l'I. 
ajroazcnnou (Lag.) H. V. 

AnoÑT ou A-HO.NT , adv. Là , en parlant 
d'un lieu éloigné , mais que l'on aperçoit. Ema 
ahoñt , nhéñ gwéVU-hu kél :- il est là , ne le 
voyez-vous pas? Voyez IIo.ñt,Azé et Émô. 

Ac'u ou Éac'h ou Ec'ii. Terme enfantin 
pour exprimer tout ce qui est sale et que l'on 
ne doit jias toucher. Caca. Aclt ou éac'h co ann 
drd-zé, laolil hcñ d'ann douar, c'est du caca, 
c'est quelque chose de sale , jetez le à terre. 

Ac'h , s. f. Race , généalogie. PI. ou (Corn.) 
En Galles , ac'h. H. V. 

Ac'h, prép. De. Elle ne s'emploie que de- 
vant les mots qui commencent par un a. Ce 
mot se reconnaît dans quelques composés . Ac'h 
Alré co , il est d'.'Vuray , de la ville d'Auray. 
Voyez Ac'uAîiN et .\c'ha.nô. 

Ac'h! interjection. Fi! Fi donc! 

Ac'ha ou Ac'han , interj. Hé ! Hé bien ! 

Ac'halenn. Voyez Ac'uax.n. 

Ac'han. Voyez Ac'ha. 

Ac'hanenn. Voyez Ac'hann. 

Ac'hann, adv. D'ici. Id er-méaz acliann , 
sortez d ici , mot à mot , allez dehors d'ici. 
Ce mol est composé de la [)réposition ac'h , de, 
et de Tadverbe inusité ann , ici. On dit aussi 
ac'halenn ni ac'hanenn , dans le même sens. 

Ac'uANÔ , adv. De là , en parlant d'un lieu 
qu'on ne voit pas , d'un lieu hors de vue , par 
sa dislance. Dislrei a rai ac'hanô ama , il re- 
viendra de là ici. Ead éoa kuid ac'hano abar: 
ma tcüi: , il s'en était allé de là avant que 
j'arrivasse. Ce mot est composé de la préposi- 
tion ac'h, de, et de l'adverbe inusité and, 
ici , que l'on prononce énô , aujourd'hui. En 
Vannes, on dit a-énou. 

Ac'hanod , pron. porson. Toi. Te. De toi. De 
même usage que ac'haiioun. 

Ac'uanoc'h , pron. pcrs. Vous. De vous. 
De même usage que ac'hanoun. 

Ac'ha>omi>, pron. pcrs. Nous. De nous. De 
même usage que ac'hanoun. 

Ac'hanoun, pron. pcrs. Moi. Sic. De moi. Il 
ne s'emploie qu'à lobjcclif (l'accusatif des La- 
tins) , ou au second cas (legénitif\ Hôc'hoar 
a gàr ac'hanoun , votre sreur m'aime. A'oni; 
a récr ac'hanoun , on parle de moi. 

Ac'haSta ou Ac'han-ta ! iulerj. Hé bien 
donc ! 

Ac'hé. Voyez Éc'hoaz. 

Ac'HOfi. Voyez Ï'Ic'hoaz. 

Ac'houéz (de deux syllab. , a-c'houe'z) , 
adv. En public. Publiquement. Né garannh'l 



iiG 



ALC 



komz ac'houéi , je n'aime pas i parler en pu- 
blic. Je ne cdiiiiais ce mut que parle Dictiun- 
naire de Le l'ellcticr , qui l'écrit ahouét. 

At'iiLB.s. m. Kniliarras. Grossesse. ylc7»u6 
ev , elle est grosse, lin Galles , achub. 11. V. 

Ac'hloi, V. n. F.tre embarrassé Etreoccu- 
pé. litre enceinte. Ac'huhed eo ann ti , la 
maison est occupée. II. V. 

Al! inlerj. Ha ! Aïe ! exclamation de dou- 
leur. On dit aussi aiou dans le même sens. 

Ai-T.\! interj. Allons! courage! Allons donc! 

AiÉNEN ou KiÉ.NEN (de trois syllab. , en pro- 
nonçant toutes les lettres at-e'-nen) , s. f. Source 
d'cau-vive qui sort de terre. Fontaine. l'I. 
aiénennou ou eiénennou, ou simplement aien 
ou eien. Eunn aicnen a yafud éiiü , vous trou- 
verez là une source. Evit , dour aien eo , bu- 
vez , c'est de l'eau de source. Ann douarmañ 
a :ô leiln a aiénennou , celte terre-ci est pleine 
de sources. Quelques-uns prononcent criéncn. 
J'ai aussi lu agcn. Voyez M.vmmen. 

AiÉNENN.\ ou AiÉNA, V. n. Sourdrc , jaillir , 
en parlant d'une source. H. V. 

Aî.>Ez (de deux syllab., en prononçant 
toutes les lettres ai-nci], s. f. Limande ^ pois- 
son de mer. PI. éd. 

AïOD (de deux syll. , en prononçant toutes 
les lettres ai-oul. Le môme que ai. 

Al, article dcûni. 11 représente en français 
les monosyllabes le , la , les. Al ne se met 
que devant les mots qui commencent par l. 
Al lagad , Vœi\ ; al lenn , l'étang; al lislri , 
les vaisseaux ; al loar , la lune ; al ludu , la 
cendre. En Vannes, cl. Voyez Ab et A>n, 
premier aiticle. 

Al. Voyez IIal. 

Ala , V. n. Vêler, mettre bas, en parlant 
d'une vache. Part. cl. Alcd eo ar vioc'h 
zû , la vache noire a vêlé. On l'emploie aussi 
en général pour dire faire cn petit , soit en 
parlant d'une jument, soit en parlant d'une 
brebis , etc. Au surplus , rien dans ce mot 
n'annonce qu'il doive s'appliquer exclusive- 
ment à la vache. 

Alax, s. f. Haleine. Respiration. PI. ou ou 
iou. Dalc'hid hoc'h alan , retenez votre ha- 
leine. Ann alanou jleriuz a zeû peürlicsa eüz 
ann deñl, les haleines puantes viennent le 
plus souvent des dents. En Vannes, on pro- 
nonce anal ou hanal ou cnal, 

Alana ou Halana , et, par abus, Ala- 
NAT,v.n. Prendre haleine. Respirer. Part. et. 
Réd CD alana awéchou, il faut prendre ha- 
leine , respirer quelquefois. En Vannes, ana- 
Icin ou hanalein ou énalein. 

Alanad ou Halanad , s. f. Halenée , la 
durée de la respiration. Il se dit aussi , mais 
plus rarement , de l'odeur qui s'exhale avec 
la respiration. PI. ou. Kcmeñl-sê en deûz la- 
varcd enn cunn halanad, il a dit tout cela en 
une halenée. Gwall alanadou , de mauvaises 
halences. En Vannes, analad ou hanalad ou 
énalad. 

Alaodri (de trois syll., al-aou-ri), v. a. 
Pour AocBi , non usité. Dorer , garnir ou cou- 



vrir d'or. Part. et. Eurtlern alaourel , un ca- 
dre doré. Voyez Aolk. 

Alar. Voyez Abab. 

Alarc'h , s. m. Cygne , oiseau. PI. élere'h 
II. V. 

Aldaban , s. m. Sorte de plante qui se trou- 
ve parmi le blé, el que je crois être l'ivraie. 
Voyez Dbéok. 

Alek. Voyez IIalek. 

Alézon. Voyez Aluze.n. 

Alfù , 9. m. Délire. Transport. Rêverie. Ce 
mot est (lu dialecte de Cornouaille. Voyez Ai- 
TEB et Ambben. 

Alfùi , V. n. Etre en délire. Avoir le tran- 
sport. Rêver. Part, alfoel. Alfùi a ra abaot 
di'ac'h , il est en délire depuis hier. Alfved en 
deùz hèd ann nôz , il a eu le transport toute la 
nuit. Ce mot est du dialecte de Cornouaille. 
Voyez Altéhi et Ambbk.>.msi«. 

Algen , s. f. Pointe ou barbe d'une coiffe , 
qui se nouait ou s'agrafait autrefois sous le 
menton , et qui se relève aujourd'hui sur la 
tête : il y en a une de chaque c6lé. Pi. algen- 
nou. Unan eùz hoc'h algennou a zô rogel, une 
des barbes ou pointes de votre coiffe est déchirée. 

Alc'houé. Voyez Alc'uouez. 

Alc'hocédebou Alc'hocédez (de trois syll., 
al-c^houé-der) , s. m. Alouette, petit oiseau. 
PI. cd. Ann alc'houe'déred a zdv huel meùrbéd 
enn éar , les alouettes s'élèvent fort haut dans 
l'air. On dit aussi échouéder, éc'houédez , 
c'houcder et c'houédez. 

Alc'hocéein. Voyeï Alc'houéza. 

Alc'houéi.n. A'oyez Alc'iioiéza. 

Alc'hol'ez (de deux syll., al-c'houcz), s. f. 
Clef, instrument fait ordinairement de fer ou 
d'acier, pour ouvrir et fermer une serrure , 
etc. PI. alc'houésiou ( de trois syll. , al-c'houé- 
siou). Lagadcn ann alchouez , l'anneau de la 
clef. Gwaleti ou gdr ann ak'houez , la tige de 
la clef. Kolled em eùz va alc'houésiou, j'ai 
perdu mes clefs. Hors de Léon , alc'houé. 

Alc'hodéza (de trois syll. , al-c'houé-za) , v. 
a. Fermer à clef. Part. el. Alc'houézid annôr, 
fermez la porte à clef ou à la clef. En Tréguier, 
alc'houéan. En Vannes , alc'houécin. 

Alc'houézeb (de trois syll. , al-c''houé-zer), 
s. m. Serrurier. Faiseur ou marchand de clefs. 
PI. aie houézérien ou alc'houézidi. Iddadiann 
alc'houézer , allez chez le serrurier. En Van- 
nes , aJc'/ioi/e'our. 

ALc'HorÉzÉBEZ OU Alc'hocéziri , s. f. Ser- 
rurerie, métier, commerce de serrurier. 

Alc'hocilten. Voyez Aklocéten. 

Ali, s. m. Avis. Avertissement. Conseil. 
Exhortation. Persuasion. PI. aliou. Deùd ounn 
da c'houlenn alidiwar benn ann dro-î^,jesuis 
venu demander avis , conseil là-dessus. Chélu 
aliou mdd., voilà de bonnes exhortations. 

Alia , V. a. Donner avis. Avertir. Prévenir. 
Aviser. Conseiller. Exhorter. Part, aliel. Hi 
eo é deùz va alied da lavaroud ann drâ-zé , 
c'est elle qui m'a conseillé de dire cela. Hoe'h 
alia a rann davéza furoc'h, je vous exhorte à 
Être plus sage. 



AMA 

Alia, adv. Ccilufic atfirn alion riFrindanl 
au français cehtes , à la réserve que le breldii 
alla ne se dit qu'après la Dépativc. Né olia , 
non certes. — Hors de Léon , ne liait. ( A la let- 
tre , ^E PEUT, pour cri.A ^E se I'Kit.) II. V. 

Ai.lEii, s. m. Conseiller. Celui qui donne 
un conseil, un avis. PI. icn. IIv lùd a zo héd 
ato cunn alier niddévid-oun , voire père a tou- 
jours clé un lion conseiller pour moi. 

Aliébez , s. f. Conseillère. Celle qui donne 
un avis. PI. éd. 

Aliez , adv. Souvent, rréquommenf. Plu- 
sieurs fois. Doñd a ra allez d'am zi ., il vient 
souvent chez moi. Aoyez Liez. 

All , pron. indélerm. Autre. Eunn ail , un 
autre, une autre, fit all , d'autres. Ann hini 
all, l'autre. Ar ré all , les autres. Eunn drd 
all , une autre chose. 

Allaz 1 intcrj de plainte. Hélas! AUaz ! 
pégcndall o«n»i-t/ic'.'hélns! queje suis aveugle! 

Allazik. Terme enfantin pour signifier ca- 
resse. Obcr allazik , caresser ou faire des ca- 
resses à la manière des petits enfants , en pas- 
sant la main légèrement sur la figure. Gra 
allazik d'in , va màb , fais-moi des caresses , 
mon fils. Voyez Daik. 

Alli'z. Toyez Gali.cz. 

Alocber, s. m. Celui qui empiète. Usur- 
pateur , celui qui , par violence ou par ruse , 
s'empare d'un bien qui ne lui appartient pas. 
PI. ien. Eunn alouher co , c'est un usurpateur. 
Ânn alouhcricn né d-iñl morse licb aoun , les 
usurpateurs ne sont jamais sans crainte. 

Aloubérez , s. m. Empiétement. Usurpa- I 
tion. Action d'usurper. Ann li-zé a z6 deûd 
d'ézhan dré alouhénz , cette maison lui est 
Tenue par usurpation. 

Alocbi, y. n. Empiéter. Usurper. S'empa- 
rer , par violence ou par ruse , d'un bien qui 
appartient à un autre. Part. el. IIoll drd hé 
vreûr a zû aloubel gañlhañ , il a usurpé tout 
le bien de son frère. Alotibi a ra bcmdcz war va 
douar,ilerapié(etousIes jours sur mon terrain. 

Aloi^ein ou Alvein (de deuxsyll. , al-oudn 
ou al-vcin) , s. m. Plante à fleurs jaunes-pâ- 
les , qui croît parmi les blés el les gâte. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. Voyez Elvézen. 

Als , s. m. La côte de la mer , le rivage. PI. 
iou. (Corn.) H. V. 

Alter , s. f. Délire. Tiansporl. Rêverie, ^f- 
ler en dcûz Itirià , il a du délire aujourd'hui. 
En Cornouaille, atfô. En Tréguier et Vannes, 
amircn. 

Altébi, V. n. Etre en délire. Avoir le tran- 
sport. Rêver. Part. el. AUéri a ra abaoé 
déac'h , il est en délire depuis hier. En Cor- 
nouaille, alfoi. En Tréguier, ambrcnniñ. En 
Vannes , emhrenmin. 

Alcmen, s. f. Omelette , œufs battus qu'on 
a fait cuire dans la poêle avec du beurre. On 
y ajoute quelquefois le plur. viou , œufs. Grid 
d^é-omp eunn altimcn a zék vi , faites-nous une 
omelette de dix œufs. Voyez Fbitaden. 

* Aluzen, s. f. Aumône, ce qu'on donne 
aux pauvres par charité. Pl.fllu;cH)ioM. Diwar 



AMF. 117 

ann aluzen é vév , il vit d'aumônes. En Van" 
nés , alézon o'u'àJîron. 

Alzolr.n. Voyez Abzoihn. 

Am ou An , particule employée dans les 
composés SI ulemcnt. Elle désigne l'inexécu- 
tion de l'action. Elle marque aussi la priva- 
tion. Voyez les composés. 

Am , prép. polr. Ce mot ne se trouve em- 
ployé que dans les plus anciennes poésies 
bretonnes, h'alon oni luijad , cœur pour œil. 
( Barzaz-Breiz. ) 

Ama ou AmajN , adv. Ici. En ce lieu-ci. 
Dcdd ama, venez ici. Dr^ ama, par ici. Tot- 
laid ama, approchez-vous d'ici. En Vannes. 
amc7in. 

Amai. , ra. Email ' Lag.) H. V. 

Amala , v. a. Emaillcr. Part. el. H. V. 

Abialocr , s. m- Emailleur. PI. icn. H. V. 

Amalijrez , s. f. Art d'émailler. H. V. 

Amanen. Voyez Amann. 

Amanenna, V. a. et n. Etendre du beurre sur 
du pain ou autre chose. Couvrir ou frotter de 
beurre. De plus , devenir en beurre, en par- 
lant du lait qu'on baratte. Part. el. Amancnnit 
va bara, étendez du beurre sur mon pain. 
Amanenna a ra al léaz , le lait se forme en 
beurre. En Vannes , amonennein. 

Amane.nxer , s. ra. Beurrier , celui qui fait 
ou vend du beurre. PI. ien. Kalz amanenné- 
rien a zû er marc'had, il y a beaucoup de mar- 
chands de beurre au marché. 

Amanennébez , s. f. Beurrière , celle qui fait 
ou vend du beurre. PI. éd. Va amancnnércz a 
zcùl hlriô , ma marchande de beurre viendra 
aujourd'hui. 

Amann, s. m. Beurre, crème épaissie à 
force d'être battue dans la baratte. Ih'd co di- 
léza ann amann , il faut ôler le lait du beurre. 
On dit aussi amancn. En Vannes, amonen. 

Ambil, adj. Qui est le premier. Qui est à la 
tête, niarc'h ambit, cheval qui est le premier 
del'attelage.Cemotestdu dialecte de Tréguier. 

AmbleCdi, v. a. et n. Fouler aux pieds le 
blé, particulièrcmetit le sarrazin ou blé-noii, 
pour en ôter la terre qui y est attachée, ou 
plutôt une petite pellicule brunâtre qui donne 
un goût amer à la farine. Part. et. Réd eo am- 
bleûdi , aliarz kas ar gwiniz-dii d'ar vilin , il 
faut fouler aux pieds le sarrasin , avant do 
l'envoyer au moulin. 

Ambocc'hen , s. f. Baisure , l'endroit par le- 
quel un pain en a touché un autre au four. 
Voyez Afëoen. 

Ambren, s. f. Délire. Transport. Rêverie. 
N'r7i dcûz kM a amhren hirio , il n'a pas de 
délire aujourd'hui. Ce mot appartient aux dia- 
lectes de Tréguier et de Vannes. Voyez .\lter 
et Alfô. 

Ambrennein, en Vannes, et Ambrenmn , 
en Tréguier, v. n. Etre en délire. Avoir le 
transport. Rêver. Part. cJ. Voyez .Vltéri et Alfôi. 

Ambboik , s. m. Conduite. Action de con- 
duire , de guider , d'accompagner par civilité. 
I Eunn ambrouk kaer a zô gréad d'ézhan, on 
lui a fait une belle conduite. 



Ji8 À^l^ 

AuDRoua* , et , par al)us , Amohoco ou Am- 
BRuuK , V. a. Cuiiduirc par i-ivilitñ. Guidor. 
Accooipagncr. l'irt. et. Ambrouyedem eiiz lu'u 
bétéj ann eil dôr , jo l'ai tunduil jusqu'à la 
deuxième porte. 

AsiBBoiicEn, s. m. Celui qui conduit par ci- 
vilité. Ciuide. Iiilniducteur. Conducteur. IM. 
un. Eunn ambrougeV Hrdz eà , q'ist un grand 
conducteur. 

AMBnoiGÉnKz, s. f. Cètlc qui conduit par ci- 
vililL'. Conductrice. IM. cd. Àmbrouyvrezi-ohnl 
d'ar Touanes hélé kéar , elle a servi de conduc- 
trice h la reine jusqu'à la ville. 

Amen. Voyez Ama. 

Amerc'h ou Ailmurç'!! , s. m. Economie. 
Kpargnc. Ménagcijient. Jléouein cm tjà hah 
a amerc'h , il vit avec beaucoup d'(5conomi('. 
i'.o mot est du dialecte de Vannes. Voyez Es- 
l'EHN et AnnoELL. 

Amekc'hei.n ou ABMERt'rtBiN, V. ji. et n. 
Economiser.', Epargner. Mônager. Part. et. 
Réd c amerc'hein hé iéc'hed , il faut ménager 
sasanté. Amerc'hcd en dcdz éid hé vugalc , il 
.1 cconomiaé pour ses enfants. Ce mol est du 
dialecte de Vannes. Voyci Espernout et Au- 

BOELLA. ■ ' 

Amèzeu, adj. et s. m. Voisin. Qui est pro- 
che. Qui loge, qui demeure auprès. Pour le 
plnr. du subst. , amézéien (de4syll., en pro- 
nonçant toutes les lettres, a^mé-zé-len). Ta 
amézck lôsla co , c'est mon plus proche voi- 
sin. Karcdco gañd hé amézéien , il es\. a\mé 
de ses voisins. En Vannes, le singulier est le 
môme , mais on dit au plur. amizion ou ami- 
zian. 

Amézégez, s. f. Voisine. Celle qui loge, 
qui demeure auprès. PI. éd. Id da c'houlenn 
ann drà-zé digant va amézégez , allez deman- 
der cela à ma voisine. En Vannes, amézigez. 

Amézégez ou Amézégiez , s. f. Voisinage. 
Les lieux voisins. Les voisins, ^"eiir kcl pcll 
éma cmi hon amézégez , il n'y a pas longtemps 
qu'il est dans notre voisinage. Xézarcmprédann 
kél va amézégiez , je ne fnquenlepas mon voi- 
sinage. En Vannes , amézigcc'h. 

Amézégiez. Voyez l'arlicle précédent. 

Amézéia (de '(• syll., en prononçant toutes 
les lettres a-mé-zé-ia) , v. n. Voisiner. Fré- 
quenter ses voisins. Part, amézéict. ITem cùz 
7(éd amézéict kalz épàd ounn béd enn li-zé, ic 
n'ai pas beaucoup voisiné pendant que j'ai été 
dans cette maison. Voyez Amézek. 

.Vmézigez. Voy. Amézégez , prem. article. 

Amgracz , adj. (de 3 syll. , am-gra-us. ) Af- 
fable (Trég.) 

Amgroaz (de 2 syll., am-groaz) , s. f. Gralte- 
cu, fruit de l'églanlier, du rosier. Goude ar 
rozen é icû ann amgroaz , après la rose vient 
le gratte-cu. 

Amhéol ( de 2 syll. , am-héol) , s. m. Cré- 
puscule, lumière qui précède le soleil levant 
9U qui reste après le soleil couché. Réd eo se- 
vel , chélu ann amhéol, il faut se lever , voilà 
le crépuscule. Ann amhéol a bdd pell é brôioli 
ann hanler-nôz , le crépuscule dure longtemps 



AM Z 

dans les pays du nord. Ce mot est composé di 
aia, p.irlicule privative , et di; héol , soleil. 

.Vnc'iloCLOU , s. m. Ténèbres l'rivation de 
lumière. Obscurité, l'^nn amc'houhu é m'omh 
ama , nous sommes ici dans les ténèbres, dan» 
l'obscurité. Ce mol est cürai)Osé de am, par- 
ticule privative , cl de goulou , lumière. Voy. 
Tévaliex. 

Amiégkz , s. f. Accoucheuse, sage-femme, 
celle dont le métier, la profession est d'accou- 
cher les femmes. l'I. éd. Lad co ann lâd du 
gcrc'had ann amiégez , le père est allé ch<;i 
cher la s.ige-femnie. 

.Amléz , g. comm. Négligent, néRligrntc 
[0>vn.) ILV. 
Amo.>e.\. Voyez .4jians. 
A.MONENNEiN. Voyez Amanrnma. 
A.MoïKA , et, nar abus, ,\mock, y. n. Diflé- 
rer. Iteiarder. Uemcttre 'i un autre temps, 
l'art, et. Na umoukit kél pelloc'h , ne différez 
pas plus longtemps. 

Ami-aufai. ou .\mparvai. ou Ampapal, adj. 
et s. m. Lourdaud. Pesant. Lent. Maladroit. 
Pour le plur. du subst. , amparfaled. Ampar- 
fnl eo é kémend a ra , il c-t lent , maladroit 
dans tout ce qu'il fait. Amparfaled hoU iñt , 
ce sont tous des lourdauds. 

Ampart , adj. Qui est d'une taille avanta- 
geuse. Dispos. Robuste. Vif. Agissant. Actif. 
Agile. — EnCorn., corpulent. IL V. — .\mparl 
brdz eo deàd hô mdb , votre üls est devenu 
bien robuste, bien agile. 

Ami'bévan, s. ra. Insecte en général. Ver- 
mine. Béte venimeuse. Au ligure, un homme 
méchant, un scélérat, une méchante bête. De 
plus , une ñme vile. PI. éd. Kalz a ampréva- 
ned a gavcur wardrô d'al Icnn-zé , on trouve 
beaucoup d'insectes autour de cet étang. Eunn 
amprévan eo , mar boé biskoaz , c'est un scé- 
lérat, s'il en fût jamais. On dit aussi pré- 
van , mais plus rarement. • " ''.'I ^ ; 
.AjUvàb. Voyez Anvàb. H. V. '" "^' ''' 
Amzao, adj. Facile (Corn.) N'eûz'nefi'a'a 
vé ken amzaû war ar méaz , il n'y a rien de 
plus facile à la campagne. ( De am , privatif, 
et de saô , montée.) H. V. 

Amzeñt ou AmseSt, adj. Désobéissant. In - 
suburdonné. Mutin. Rebelle. Réfractaire. Ré- 
tif. Ar bugel'zé a zà gwaUamzeñt, cci enfant 
est fort désobéissant. Ce inqt est composé de 
la particule privative am, et Je sent, radical 
des mots senti, obéir, señlidigez, obéissance , 
etc. Sent a dû tenir la place de ce dernier ; 
mais aujourd'hui il ne s'emploie plus qu'en 
construction, ou plutôt dans la formation des 
mots composés. Voyez Dizeñt. 

.\MZE.ÑTiniGEZ, s. f. Désobéissance. Insubor- 
dination. Mutinerie. Rébellion. Douged eo 
ataô d'ann amzcñtidigez , il est toujours porté 
à la désobéissance. Ce mot est composé de am , 
particule privative , et de señlidigez , obéis- 
sance. Voyez Dizeñtidigez. 

Amzer, s. f. Temps. Saison. Durée dos 
choses et des personnes. PI. to«. Amzer gaer 
a ra , il fait beau temps. Kalz a amzer a grd- 



<»'.• ANA 

Itt, vous pcrdi/ Itoatironp ilr IfOQp'i. Enn nni- 
zer va ziid , du vivant de mon pire. A-atn- 
zer-c-amziir , de temps vu lenifis, par inltr- 
Talles, quelquefois. Le plur. amzt'riuu (de 3 
sjli. , am-zériou) s'emploie aussi pour men- 
strues , règles. 

Amzëkë ou AHuËnËAi) , adj. Inconvcnaiit. 
Indécent. Indu. Doslioniièle. Déréjjlé. Incivil. 
Démesuré. Excessif. Arpéz aiidazt a zo am- 
zcré , ce que vous faites-li est indécent, dé- 
shonDète. A^m dcû-zé a zv btd ariiztn! a vis- 
koaz, cet liommelà a été incivil de tout temps. 
Ce mot est composé de am , particule privati- 
ve , cl de dérc, radical des motsrf^rt'nrf , iiien- 
séant , déréadégcz, bienséance, etc. Dire a 
dû tenir la place de ce dernier, mais aujour- 
d'hui il ne s'emploie plus que dans la forma- 
tion des composés. Voyez Débéad. 

Amzérëadégez , s. f. Inconvenance. Indc- 
cencc. Déshonnêtcté. Incivilité. Eunn umzc- 
rcadégez vrdz eo , c'est une grande inconve- 
nance , une grande indécence. Ce mot est 
composé de mn , particule privative , et de 
déréadcgez , bienséance, convenance, elc 
Voyez Débéadégez. 

Amzéhéoct, v. impers. Ne pas convenir. 
N'être pas décent, bienséant,, elc. Part, «m- 
zéréct- Amzéréoud a ra kémenl-sé , cela ne 
convient pas , cela n'est pas décent. Voyez les 
mots précédents; voyez aussi Déréoit. 

Amzéri, v. n. Temporiser. Gagner ou ac- 
corder du temps. Accorder un terme , une re- 
mise. Part. el.Mdd co anizéri awcchou , il est 
bon quelquefois de tcm[)oriscr. Amzdred em 
eüz gañt-hañ hclé vràna , je lui ai accordé du 
temps jusqu'à présent. 

Amzéhier (de 3 syll. , am-zé-rier) , s. m. 
Teniporiseur. Celui qui temporise, qui difl'ère. 
dans l'attente d'une occasion favorable. PI. 
ien. Arm amzcric'ricn a zO dibaot , les tempo- 
riseurs sont rares. 

An , particule employée dans quelques com- 
posés. C'est la même que am, pour le sens. 

An. Voyez A.nn. 

A.^. Voyez HaSv. 

Anad. Voyez Anat. 

Anadbrez , s. f. Evidence , qualité de ce qui 
est évident. Certitude manifeste. Kotorietc 
Anattézeden deâz annanadurcz et'iz a gémcnl- 
se , il en a reconnu l'évidence. Voyez Anat. 

Anaf ou Anav , atlj. Heconnaissable, facile 
à reconnaître. Anaf eu choaz , il est encore 
reconnaissable. 

Anaf. Voyez IIanaf. 

Anafout. Voyez Anaout. 
Anaoodek ' do 3 syll. , a-«aoi(-dtfc) , adj. et 
s. m. Qui connaît. Connaisseur. Qui se connaît 
à , ou en quelque chose. De plus , reconnais- 
sant , qui a de la recoimaissance , de la grati- 
Mide. Pour le plur. du subst., anaoudékn (de 
4 syll. , en prononçant toutes les lettres , a- 
naou-dé-ien)- Anaoudcg eo c kalz Irùou , il est 
connaisseur en beaucoup de choses. Uiskoué- 
zid ann drd-zé da anaoudéien , montrez cela 
à des connaisseurs, jlfiaoude/i brdzounn eùz a 



'■/ANK iif, 

Qcmenl hoc'h eûz gréad évid-oun , je suistrés- 
reiMjnnaissant de tout ce que VOUS avez fait 
pour moi. VojiatA.'^AOUT. 

Afi.iOVDÈfiW. ( de A sjll. , a-naiiu-dé-yez j , 
s. f. Connai^ance, idée > notion qu'un a de 
quelque chose, de quelqu'un. De plus, re- 
connaissance , action par laquelle on reconnaît 
(pielque chose. Gratituile. Souvenir des bien- 
laits reçus. iVVm eùz anaoudt'gez é-béd eùz 
ann drd-zé, ie n'ai aucune connaissance de ce- 
la, liun .anaouddgez eùzhoi'hhuU mùd-iibériuu, 
en reconnaissance de tous vos bienlaits. A- 
nafiudi'ijez s'emploie aussi , mais rarement , en 
parlant d'une femme connaisseuse ou recon- 
naissante. Voyez -Anaout. 

Anaouë (de 3 syll., a-mi-oue),s. m.Mo- 
niloire. Anathème. £.\communication. l'I. 
awaoKf'ou. Emhanned eo hi'd ann anaoué , on 
a publié le monitoire. Warc'hoaz é lougevi 
ann anaoué , c'est demain que l'on fulmii.e 
''excommunication , qu'on lance l'anathèine. 
J'ai vu ce mot écrit aznaoué. 

Anaoiéi de 4 syll., a-na-oué-a) , y. ii 
et n. Publier des munitoires. Excommunier. 
Anaihématiser. Part, anaouéel. Né anaouéeur 
kéd évid ann drd-zé , on ne publie pas des mo- 
nitoires pour cela. Kaer liô deùz béd hé a- 
naouéa , n'f» deùz gréai vdn , ils ont eu beau 
l'excommunier , l'anathématiser , il n'a fait 
semblant. 

Anaoiein. Voyez Anaoct. 

AivAoïN, s. f. pi. Les trépassés. Lésâmes 
des défunts. Ann anauun , les trépassés. Ann 
anaoïtn idd. les âmes du purgatoire; à la 
lettre : les bons trépassés. 

Anaout , v. a. Connaître. Avoir la notion dr 
quelque chose. Reconnaître. Se remettre dans 
l'esprit l'idée d'une chose, d'une personne. 
Avoir de la gratitude, delà reconnaissance. 
Part, anavéel ou anavel. Anaoïtd a rann ho 
tùd,\e connais votre père. Anavéed en deüz 
ar péz em eùz gréad évil-hañ , il a été recon- 
naissant de ce que j'ai fait pour lui On dit en- 
core et aussi souvent, surtout en Léon, ana- 
véziiut. l'art, aiiavézcl. Quelques-uns pronon- 
cent anafoul et anavoul. En S'annes , anaouein 
(<le 3 syll. , a-na-oucin). Part, anaouéel. J'ai 
vu écrit aznaoul. 

Anap. Voyez Hanap. 

Anat, adj. Connu. Connaissable. Evident. 
Notable. Notoire. Manifeste. Public. Arpéz a 
livirid a:é a zô anat, cv que vous dites ]h cl 
connu, est évident. Anad eo argaou-zé, ce 
mensonge est manifeste , notoire. J'ai vu écrit 
aznal. 

.\nataat, v. a. et n. Rendre ou devenir évi- 
dent , manifeste , notoire, etc. l'art, analéel. 
Analced en detiz ar uirionez - zé , il a rendu 
cette vérité évidente, y^nafaad a ra bemdez hé 
fallagricz , sa scélératesse devient plus mani- 
feste chaque jour. 

Anavézoüt. Voycï Anaoct. 

jVnavout. Voyez Anaoct. 

Aks., s. m. .\ngle , rencontre de deux 
lignes qtii se coupent. Coin. l'I. ou. Je ne con- 



ij>.o ANN 

nais ce mut que par le DirtionnairedeLc Pcl- 

leliiT. Voyez Kohm , "i" ;irt. , et Koñ. 

AShKL< 'iiHii , s. 111. Kcu-fi>lk»t. Ki'u nocliirtK' 
cl errant. I.utin. l'I. ien ou cd. Gwékd a ril- 
hu ann aiVielc'ker-zé ? Voyez- vous Cf l>ii- 
follet ? AVftcUiZ a diid a gréd hiriô enn añkfl- 
l'héiien , il y a ("'" «J*-" (isrsonncs aujourd'hui 
(|ui iToieiitaux lutins. Voyez ItuoKL-.'vrtz. 

A.Sken, s. f. Afllictioii. Chagrin. Inquié- 
lude. Peine d'esprit. PI. fou. Atikhiiou brdz 
am eiiz béd er hloai tréménet, j'ai eu de grands 
chagrins , de grandes afilictions l'année pas- 
sée. En Vannes , añkin. 

A.Ské!<(I.\ (i\c'i syll. , añ-ké-nia] , v. a. Aflli- 
ger. Chagriner. Inquiéter. Part, añkéniei. 
Abaoué neùzé eo aûkéiticl meùrbéd , depuis ce 
temps-là , il est Irès-aflligé. En Vannes , añ- 
kiniein. 

A.xKÉNU'z ( de 3 syll. , añké-niuz ) , adj. Af- 
lligcant. Chagrinant. Inquiélant. Añkéniuz eo 
hé gléñvei, sa maladie est inquiétante. 

A.ÑKI.>. S'uycZ A.ÑKEN. 
A.NKO.IAT. Voyez AÑK01IN.*. 

A^KOÉ ou ASkopé (de Ü syll. , añ-koé ou 
añ-koué] , s. m. Luelle, ap|iendice charnue 
qui est à rc.Ktréraité du palais, à l'entrée du 
gosier. Saouein cnn añkoé , remettre ou lever 
la luette. Ce mot est du dialecte de Vannes. 
Voyez IIcoEN. 

A.ÑROU , s. m. pi. Mort. Trépas. Agonie. 
.\ngoisse de la mort. C'est par superstition 
que les Bretons donnent ce nom à la mort , 
n'osant pas prononcer son véritable nom. Ann 
imkou »a espern dén c-béd, la murt n'épargne 
personne. Ema enn añkou , il est à l'agonie , 
il est dans les angoisses de la mort. Quelques- 
uns prononcent eñkou , dans ee dernier sens. 
Kn Vannes, añkeu. — En Galles, añ(/cu H. V. 

A.Skol'i , V. n. Mourir. (Vocab. breton du 11= 
siècle. ) H. V. 

AnKOCN.V, ou AÑKOU.NAAT, ou A-ÑKODSA- 

c'haat, ou ASkounêc'haat , V. a. Oublier. 
Perdre la mémoire, le souvenir. Part, et ou 
t'et. N'am añkounait , ou ankounac'hail kci , 
ne m'oubliez pas. En Vannes et Tréguier , añ- 
koual ou añkout. Voyez Koi'.> et Kodña. 

Ankocnac'u ou A-Skolnéc'h , s. m. Oubli , 
manque de souvenir. Ma n'em eùz kéd hé ga- 
sed d'é-hoc'h , eo drè mkounac'h , si je ne vous 
l'ai point envoyé, c'est par oubli. Voy. Kou.n. 

Axkounac'halz ou Ankoonéc'hal'z ( do 5 
syll.) , adj. Oublieux , sujet à oublier , qui ou- 
blie facilement. 

A.ÑDEN , s. f. Raie , trait tiré de long avec 
une plume, un crayon, cle. PI añdennou. 
Voyez RoDDEN. — Lagadoc le traduit aussi par 
nonne, religieuse. H. V. 

A.Sdévrek , s. f. Monceau, tas de fumier. PI. 
añdévrégi. Hiziu ë poulc'her enn añdévrek 
ira: , c'est aujourd'hui que l'on entame le 
grand monceau de fumier. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez Bi'ktugen. 

A^UERv. Voyez EÑDEni'. 

A.ÑDRA ou Endra , conj. Tant que. Tandis 
que. Pendant que Aussi longtemps que. ^ñ- 



ANO 

dra vévinn , tant que je vivrai. Añdra ou o/î- 
dra (jitutk , pendant qu'il dort. 

\>r.v. , s. m. (lorvée , journée de travail qui? 
les >assaiix dexaicnt au seigneur du payi. 
PI. iou. h'alz a an^riuua ilf'unn, je dois beau- 
coup de corvées. 

Anéhi ou Anëbia (de 3 syll. , a-né-ria , v. 
n. Faire des corvées. Part, antfret ou anériel. 
lied ar zizun uunn béd oc'/i anéii ou anéria , 
j'ai fait des corvées toute la semaine. 

.■\néval, g', m. Animal. PI. éd. Anéval pé- 
uar-rroddffc , animal à quatre pieds. Annané- 
valed don , les animaux domestiques. En Van- 
nes, ém'cal ou énat. — En Galles, anivtl. II. V. 

Anéz, adv. etcorii. .Sans. Sans cela. Autre- 
ment. Sinon. Anéz è oac'h koUel, sans cela , 
autrement vous étiez perd u.;lne'z/iVme7l(-»e ne oa 
MC(r(u-'/tr««<, sans cela , il n'y avait rien de fait. 

Anez, s. f. Malaise (Lag.) Voyez Diez. 

Amêzha.v , pron. pers. Lui. Le. lie lai. Il ne 
s'emploie qu'à l'objectif ( l'accusatif des La- 
tins) , ou au second ras le génitif). Ho kinilerf 
a kasa anézhañ , votre cousine le hait, félrd a 
tévéreur anézhañ ? Que dit-on de lui? — En 
(!üni. et en Trég. , anchañ. En Vannes , ané- 
hoñ. H. V. 

Anëzih , pron. pers. Elle. La. D'elle. De 
même usage qucanézitan. — En Corn, et Trég., 
anélU. II. V. 

ANÉzni^,pron. person. Eux. Les. D'eux. De 
môme usage que anézhañ. — En Corn, et Trég., 
anéM. II.V. 

An.n, article défini. Il représente en fran- 
çais les monosyllabes le, li, les. Ann se met 
devant les mots qui commencent par une 
voyelle , et devant les consonnes d ,n , t. Ann 
amzcr , le temps. Ann éd , le blé. Ann iñlañ- 
vcz , la veuve. Ann déñved , les brebis. Ann 
naoun, la faim. Ann (àn,lefeu. En Vannes, 
enn. Voyez Ar et Al. 

An.n ou IIann , adv. Ici. En ce lieu-ci. On 
ne l'emploie qu'on construction, ou plutôt il 
ne sert qu'à former des composés. Voyez 
.Vc'hakn et AsiA. 

An.néan. Voyez Anméô. 

Am>éi5 (de 2 syll. , an-néô) ou Amî^et , s. f. 
Enclume , masse de fer sur laquelle on bat le 
fer et autres métaux. PI. annéôiou (de 3 syll., 
an-néû-iou) ou annéviou. Skeia réeur warann 
annéô, on frappe sur l'enclume. On dit aussi 
anvez dans le même sens. EnVannes, annea/i. 

AsneCen (de 3 syll. , an-ncû-eii) , s. f. Tra- 
me , fil conduit par la navette entre les Qls 
qu'on nomme chaîne. PI. anneûennou ou an- 
ncùou. Ré déô eo ann neûd-zé évid ann an- 
neûen , ce fil est trop gros pour la trame. 

Anneùi ou .4nneù.>i (de 3 syll. , anneû-i) , 
v. a. et n. Tramer, en parlant de la toile, 
passer la trame entre les fils qui sont tendus 
sur un métier. Part, annetiet ou anneüñet. 
Bréma eo réd anneùi , à présent , il faut tra- 
mer , faire la trame. 

A>'NEv. Voyez An.néo. 

Annez , s. m. Meuble, tout ce qui serf ^'i 
meubler, à garnir , à orner une maison, et qui 

n'eu 



AOT 

W'en fait point partie. On remploie aussi pour 
outil , instrument. PI. ou. Ti armez ou H ann 
annézou , la maison des meubles ou des outils. 
yen dcûz kcd a annézou liaer , il n'a pas de 
beaux meubles. 

Amnéza . V. a. Meubler, garnir de meubles. 
Part. cl. N'em eüz hét péadrâ annéza eunn 
U,}e n'ai pas de quoi meubler une maison. 

An.'nézeu, s. m. Faiseur ou vendeur de 
meubles, d'outils ,etc. PI. ien. Mdb ann annc- 
ze.r co , c'est le tils du marchand de meubles. 
Annézer. Suivant Le Pelletier , il se dit 
de la crasse des mains rarement lavées ; mais 
ne confondrait-il pas anndser avec ounézer ? 
Annoeb. Voyez Ounner. 
Anô ou IIa>o, adv. Là En ce lieu-li. On 
ne l'emploie qu'à former des composés. Voyez 
Ac'hanô et Énô. 

Anoded ( de 2 syll. , ayi-oucQ, ou a-noned ) , s. 
m. Froid. Froidure. Le froid, lorsqu'il saisit le 
corps de l'homme. De plus , enchifrènement , 
rhume de cerveau. Anoued am eûz , j'ai froid. 
AUsé co é Icû hoc h anoued , c'est de là que 
vient votre enchifrènement. Ce mot est du dia- 
lecte de Cornouaille et de celui de 'V^annes. 
'V^oyez Riou , Iénikn et Sifern. 

A>oiÉDiK(de 3 syll., anoucdikQ\x a-nouê- 
dik), pour A^ouÉuEK, peu usité, adj. Fri- 
leux. Sensible au froid. Anouédig eo, éc'hiz 
pa vc eûz ar c^hrcslciz, il est frileux, comme 
s'il était du midi. Ce mot est du dialecte de 
Cornouaille, delréguier et de celui deVaniics. 
Voyez RiviDiK. 

A.'HODÉDi ou Anodëdein ( de 3 syll. , an-oué- 
il, anoué-dein ou a-noué-di, a-noué-dein) , 
v. a. et n. Rendre ou devenir froid. Amasser 
du froid. De plus, enrhumer, s'enrhumer. 
Part. et. Ma anouédi a ril , vous me faites 
froid , vous me rendez froid. Anouédcin a rcot, 
vous aurez froid, vous vous enrhumerez. Ce 
mot est du dialecte de Cornouaille et de celui 
de Vannes. Voyez Kiva , Iéî(aat et Sifer.-o. 
Anooéduz (de 3 syllab. , anoué-duz ou a- 
noué-duz), adj. Qui rend ou devient froid. 
Propre à donner du froid. Kémeñl ira liñk z6 
anouéduz , tout ce qui est poli, uni, donne du 
froid , est froid. Ann avcl-zé zô anoucduz , ce 
vent-là est propre à donner du froid. Ce mot 
est du dialecte de Cornouaille et de celui de 
Vannes. Voyez Rivez. 
A.^saô. Voyez A.ÑSAV. 

ASsav ou AiNsAÔ (de 2 syll. , añ-saù), s. 
m. Aveu. Confession. Reconnaissance. Ce sub- 
stantif est peu usité aujourd'hui , mais le verbe 
qui en dérive est fort commun. Grid atm añ- 
sav-zé, ha n'ho pczô droug é-bcd, faites cet 
aveu-là , et vous n'aurez aucun mal. 

Añsavout , et , par abus , Añsav ou AivsAÔ, 
v._ a. Avouer. Confesser. Reconnaître. Part. 
ansavel. Ansavid ar wiriune: , né c'houlcnneur 
kén digan-é-hoc'h , avouez la vérité, c'est tout 
te qu'on vous demande. 
.'Vñsel, s. m. Rabot rond. PI. añseUou. 
Ant, s. m. Fosse entre deux sillons. Il se 
dit aussi d'une rigole, d'une tranchée, et même 
D.B. F. 



AOU lai 

des rides du visage. PI. añ(ou , et, par abus, 
añchou (par ch français). Rc zoun eo gréad ann 
añl (jan-c-hoch , vous avez fait la fosse trop 
profuniio. Grid eunn añl,évU herzel ouc'hann 
Idn , faites une tranchée pour arrêter le feu. 
<iôl(icd co héddi gaftd ann añlou ou añchuu , ^on 
frontestcouvert de rides. Voy. Tkes&iz. Roc- 

l-EN. 

A.NTELi.A , et, par abus. Añteil.y. a. Ten- 
dre un lilet, des lacs , un piège , tant au propre 
qu'au figuré. Bander une arme. Part. et. Id da 
añuila lindagnu, évid paka gcdon, allez ten- 
dre des pièges pour prendre des lièvres. Añlcl 
led eo ar u/arck gañt-hañ, il a bandé l'are. 
AÑTER. Voyez Hanter. 
A.ÑTÉRA. Voyez Ha-ntéra. 
A.ÑrRüNüz , s. f. , par abus pour Taoxùz. 
Mais il est aussi usité que celui-ci , s'il ne l'est 
pas davantage. Lendemain, le lendemain. 
D'ar ziil cz éaz kuid, hag afitronoz é l'islroaz, 
il partit le dimanche, et le lendemain il s'en 
retourna. Voyez Trùnôz. 

' .\.Ñv, s. m. Petit serpent que l'on dit pri- 
vé de la vue. PI. Añvou ou aiived. 
ASv. Voyez Ha.ñv. 

Anvàb , s. f. Stérile. (Vocab. bret. de 882. ) 
De an privatif et de mdb , fils. IL V. 
A.NV.iBAD , s. f. Stérilité, (id ) H. V. 
AÑVESKEN. Voyez IIa.ñvessen. 
Amvez. Voyez Annéo. 
AÑV0EZ. Voyez Ha.Svoez. 
Au. V^jyez IIaô. 
A6-A6!interj. Ilola ! Hé! 
AoD. Voyez Aot. 
AÔDER. Voyez Haôder. 
Aôi. Voyez Uaoi. 
AÔLED. Voyez Oaled. 
Ao.N. Voyez Aodn. 

Aot ou Aod , s. m. Rivage de la mer. Plage. 
Bord de l'eau. PI. oo<ou (de deux syll. , ao- 
tou ) , et , par abus , aochou (par ch français). 
]Var ann aod cm eûz hé gavcl , je l'ai trouvé 
sur le rivage. Hors de Léon , ôl ou od. Voyez 
Klañ, RiBL et .4ls. 

AÔTEN (de 2 syll., aô-len) ou Ote?( , s. f. 
Rasoir , couteau , et en général tout instru- 
ment tranchant. PI. aôlennou. Troue ha a ra 
cvcl eunn aoleri , il coupe comme un rasoir. On 
appelle fals-aôlen une faucille sans dents , une 
faucille tranchante. 

\oTRÉ (de 2 syll. , ao-lré) , s. m. Con- 
cession. Accord. Consentement. Agrément. PI. 
aotréou. Kalz aolrcou crt deiXz gréad d'hc 
vreûr , il a fait plusieurs coiuessions à son 
frère. Gañd aolrc ann hoH , d'un commun ac- 
cord , avec l'agrément de tout le monde. Hors 
de Léon , ôlré. 

AoTRÉA (de 3 syll., ao-<r<'-a), et, paratis 
AoTREN , V. a. Accorder. Céder. Concéder. Oc- 
troyer. Consentir. .\gréer.Part. aolréet.Aotréid 
d'ézhan ar péz a c'houlcn, accordez-lui ce 
qu'il demande. Hors de Léon , ôiréa ou ôlréi. 
AoTRÉADUR.s. m. .Vpproliatioii. PI. i'ok. II. V. 
AoTROu (de 2 syll. , aotrou) , s. m. Seigneur. 
Mailre. Monseigneur. Monsieur. PI. aalron- 

i6 



12 2 APO 

ncz.Ànn .lotnm Dntié , \c Seigneur , \o Sei- 
gneur l)i(.'ii. Kr ijéur éma-h-ii uiin uulrnu > 
monsieur fSt-il !\ I.i maison? Vaaotruunex iñt, 
ce sont nu'S maîtres. Hors de Léon , olrou , 
excepté en Vannes, où l'on dit etitreli. — En 
Galles , alruiju. H. V. 

Auir.oi'MA fde 4 syll. , an-trouni-a) , y. 
a. Maîtriser, (iuuverncr en niallrc. Dominer. 
Empaiinier quelqu'un , se rendre maître de 
son esprit, l'art, aolrouniel. Aolrouniet eo 
gañd lié c'hri'g , il est maîtrisé par sa femme, 
sa femme le malirisc. 

AoTBOL'siF.z(dc 4 syll. , ao-trou-tn-e:^ , s. f. 
Seigneurie. Maîtrise. Autorité. Juridiction. 
£ùz lu' aolraunu-z é talc'hami, je relève de sa 
seigneurie. Dinddn va aolrounicz e m'oc'li , 
vous êtes sous mon autorité, sous ma juridic- 
tion. Hors de Léon, ôlroniez ou Olrouniez. 

Aou-Aoïi, interjection qui marque une 
douleur subite ou la fatigtic. Ouf! 

AoUEL. Voyez Avkl. 

AoLEN. s. ('. Inspiration poélitpie. Génie 
poétique. En Galles , aicen. h'anaoticn. Chant , 
d'inspiration. ( De lidn , chant , et de aoucn. 
Ce mot est le même que av-en , rivière, ici em- 
ployé au figuré.) il. V. 

Aoii. Voyez Haôi. 

Aouid (de 2 syll., a-ouid) , s. m. Enflure 
aux mains , suivant les mis , et mal aux yeux , 
suivant les autres. Enn aouid é zou yét-han, il 
a les mains enflées ou bien il a mal aux yeux 
(Vann.) — Eidlure en général , soit aux mains, 
soit aux paupières. H. V. 

AoL-.N ou AoN, s. f. Peur. Frayeur. Épou- 
vante. Crainte. Timidité. Aoun am cùz ra- 
z-hañ, j'ai peur de lui. Gaiid aoun na zenfé , 
de crainte qu'il ne vienne. En Vannes , eùn 
(d'une seule syll.) Voyez Spocnt. 

AofNiK ou Ao:«iK (de 2 syll., aou-nik ou 
ao-nik) , pour Aoo^EK, non usité, adj. Peu- 
reux. Clraiutif. Timide. Hômàb a zô gwuU ao- 
nik , votre fils est fort peureux. Voy . Spoi'ntik. 

AouR , s. m. Or. De l'or , métal jaune , le 
plus précieux de ceux connus. Eur iak'had 
«ONT , une bourse pleine d'or. — En Galles, 
uour. En Gael-irland. et écoss. , or. H. V. 

AooRf.p.iL (de 3 syllab. , aou-ré-ddl ou 
aour-é-ddl) ,s.m. Séneçon, plante. Suivant le 
P. Grégoire , auuréddl est l'orvalc ou toute- 
bonne , et son interprétation tient, je crois, à 
la comparaison qu'il a faite de ce nom breton 
avec le nom français orvale , pour Oh-vaut , 
dit-il. C'est de là qu'il part pour expliquer 
ainsi le mot breton aourcddl .- aaur é ddl , il 
ou elle vaut de l'or. Sans contester l'origine 
du mot français Orvale, je me permettrai 
quelques observations sur l'origine donnée au 
mot breton aouréddl , par le P. Grégoire. Je 
dirai d'abord que sa phrase n'est pas confor- 
me au génie de la langue ; il fallait aour c Idl, 
ou bien aour a ddl; aucun Breton, s'il est 
instruit dans sa langue, ne dira le contraire. 
Mais si ce nom s'applique au séneçon , la dé- 
composition du mot offre un sens approprié à 
la physionomie ou au physique de la plante, 



ARB 

et , de plus, elle n'est pas en opposition avec 
kl grammuin- pour le s<iii et l'arruiiReajent des 
mots. Aouréddl , comme nom donné uu sen»- 
çoii , si-rait donc expliqué ainsi : aour lu: dût , 
son front est d'or, ou bien aonrtd ddl , pour 
anuret tdl, front doré; ce qui cotiuent par- 
fiiitenient au séneçon couvert de buutoni. 
Noyez MadrA, BAKftet Haoi oKft. 

AoijRÉDE.N (de 3syll. , a'iij-r^-dc/i ou aotir-é- 
dc'n), s. f. Dorade, poisson de mer. 11. aoiiréden- 
iied. Kunn aouréden hor bizô d'hon Um , nous 
auronsune dorade àdliier. Voy.Si-É». SkulaX: 

AoiRi. Voyez Ai.AOLRi. 

AoüBPiMA.Ñi) , s. m. Arsenic, métal qui se vo- 
latilise avec une odeur d'ail. (Corn., En frég., 
AnurlioH. II. V^ 

Aoz , s. f. Nature. Figure. Forme. Façon. 
Manière. Disposition. Pré|)aration. Arrange- 
ment. Accommodage. Etal. Humeur. Herviz 
ann aoz eùz ann Iraou , suivant la nature dej 
choses. Enn aoz-zé eo é tléod hé ùber , c'est de 
cette façon , de cette manière que vous devrez 
le faire! A'e oa kéd a aoz vdd hiriâ , il n'était 
pas de bonne humeur aujourd'hui. Ilors de 
Léon , ôz. 

Aoz , s. f. Lit, canal par où coule un ruis- 
seau , une rivière. PI. aosiou fde 2 syll. , ao- 
siou ). Ar sler a zô éad er-méaz eùz hé aoz , la 
rivière est sortie de son lit. Voyez K.4!<, 2"^^ art. 

AozA { de 2 syll. , ao-za ) , v. a. Former. Fa- 
çonner. Disposer. Préparer. Accommoder. 
Arranger. Traiter. Part. et. lié aozed em eûz 
va-unan , je l'ai formé . façonné moi-même. 
Itéd eo aoza lein , il faut' préparer le dîner. 
Uon aozed en deùz gant madélez , il nous a 
traité avec bonté. Hors de Léon , ôza. 

AozjDiGEZ (de 4 syll. , ao-zi-di-gez) , s. f. 
Action de former, de préparer, etc. Hors de 
Léon , ôzidiges. 

AozitMe2syll.,ao-ii0.s- m. Osier, arbris- 
seau. De l'osier, ^oïjifn, fém.Un seul pied ou 
une seule branche d'osier. PI. ao^ilennou , ou 
simplement aozil. Eur c'harel aozil en dcûz pro'- 
lied cvid hé vdb hihan , il a acheté un berceau 
d'osier pour son pctit-ûls. Hors deLéon, ôiU. 

A p. Voyez As. 

Apotim, s. ra. Bile. Humeur animale janne, 
amèro , dont I» sécrétion se fait dans le foie. 
Apocel (de 2 syll. , o-psue/), s. m. Auvent , 
petit toit en saillie pour garantir de la plaie 
— ou du vent ( d'où vient son noni ; ouel étant 
une contraction d'aoMfi ou d'ai'ei). H. V. PI 
ou. En em likid dindàn ann apouel, mettez- 
vous sous l'auvent. Voyez Baled. 

Aprék. s. m. Contrition ; détestation de ses 
péchés. (Lag.) Gtoir aprék, contrition parfaite. 

n.v. 

Apréka. t. n. SonfBer ; être essoufflé ; être 
contrit. Part. et. (Lag. ) H. V. 

Ar , article défini. Il représente, en fran- 
çais , les mono'^yllabes le , la , les. Ar se 
place devant les consonnes , excepté devant 
d , n , t , où l'on met ann , et devant l, où l'on 
meta?. .-Ir 6ara, le pain, ^r p«)in, la tête. Ar 
ramm,\a mire.Armerched, les filles. En Van. 



ARG 

«/■.— En Gall., ë et cr. ll.V. Voy. A>.n et Al. 

Ar. Voyeï W'xu. 

Aea. Voyez Auat. 

Akab.\d, espèce «l'adjectif. Défendu. Qui n'est 
pas permis. Qui n'est pas faisable. — Qui est 
inutile. II. V. Je ne connais ce mut emplujé 
que dans cette phrase : arabad co , il ne faut 
pas, il est défendu, il n'est pas permis. C'est 
alors une sorte de verbe iniperscHinel. 

Arabadiez, s. f. Dadiiierie. Niaiserie. Pué- 
rilité. Bagatelle.— Inutilité. ll.V. l'I. du. Jenc 
connais ce mot que par le Dict. de Le Pelletier, 
mais je trouve dans celui du P. Grégoire le 
mot rabadiez (qui, sans doute, est le même 
mot), pour signifier babiole. Voyez Mibiliez. 

ARABAnuz, adj. Badin. Niais. Puéril. — Inu- 
tile. H. V. Voyeï le mot précédent et Mibilu z. 

Abak ou Abag , s. m. Les fétus qui s'échap- 
pent du lin broyé, du fil et autres choses 
semblables. Duvet. Kaiz a arag a idv cùz al 
lin-zé , il s'élève beaucoup de duvet ou de fé- 
tus de ce lin. Voyez üdfl. 

Akadcbez , s. f. Labour , la façon qu'on 
donne à la terre, en y passant la charrue. 
— En Gallois , ar. En gaël-écoss. et irlaad. , 
ar. H. V. Voyez Abat. 

Arac'u, Voyez Arc'u. 

Ajuxl. Voyez All. 

Ahaoüz , adj. { de 2 sylL, a-raouz). Fâcheux. 
Querelleur. Contredisant. G wall araouz eo , il 
est bien contredisant , bien fâcheux. 

Arar, et, par abus , \lau , s. m. Charrue, 
machine à lai>ourer la terre. PI. ércr ou éler. 
Préned em eûz eunn arar iiccez , j'ai acheté 
une charrue neuve — En Gallois , arad. a..\. 

ARA5KL , adj. Dur. Qui i>'cst pas mùr. Il se 
dit particulièrement du lin ou du chanvre qui 
n'est pas assez roui ou attendri par l'eau. A- 
raskl eo liô lin , likil-hùñ c'hoaz enn dour , vo- 
tre lin n'est pas roui , rcmetlcz-le dans l'eau. 

Abat pour Ara , non usité , y. a. et n. Tra- 
vailler avec la charrue. Conduire la charrue. 
Labourer. Part. arcl. Ared cm cùz va fark 
abarz ar glaô , j'ai laboiiré mon champ avec la 
charrue avant la pluie. Oc h arad cma, il la- 
boure , il conduit la charrue. — En Galles, arw. 
H. V. 

Abatoz. Voyez A-ratoz. 

Abbenn , adv. Rcnrontre. Encontre. Contre. 
Moñd enn arbcim da unan bcniiàg , aller à la 
rencontre de quelqu'un ; ou aller i rencontre 
de quelqu'un , c'est-à-dire, l'affronter. En Gai., 
crbcnn. Voy. DIARBL^^■A. 11. V. 

Abboell ou Arbodfll (de 2 syll.. arhoell 
ou ar-bouell), s. m. Ménagement. Epargne. 
Economie. PI. ou. lUva a ra gañl kalz a ar- 
bocll , il vil avec beaucoup d'économie. Ce 
mot est dn dialecte de Cornouaille. Voyez Es- 
PERN et Amerc'u. 

Arboella ou ARBorELLA [de 3 syll. , ar-locl- 
ta ou ar-bouel-la ] , v. a. et n. Ménager. Epar- 
gner. Economiser. Part. et. Réd eo arboella hé 
irc'h^id, il faut ménager sa santé. Arboella a 
rcot, mar béviil l'veUc , vous économiserez , si 
^ ous vivejî ainsi. Ce mot est du dialecte ieCor- 



ARG i2'j 

nouaillc. Voyez Espebnolt et AsiEnc'nEiN 

AisnoEi.i.ER , s. m. Ménager. Econome. PI. 
ien. J'Àinn arhocller tndd co , il est sagement 
économe. H. Y. 

Ardamez , s. f. Marque ou signe pour re- 
connaître ou retrouver quelque chose. Eti- 
quette. Au figuré, observation. Examen. PI 
ardanu'siou fde i syll. , ar-da mésinu). Ma na 
Ukil Jtcd eunn ardamez war-n-ézhañ, é tézà 
hoUcl, si vous ne mettez pas une marque, une 
étiquette dessus , il sera perdu. Grid hoc'h ar- 
damez , faites votre observation. 

Aruamézi, V. a. Marquer quelque chose, 
pour la reconnaître ou la relrouver. Etique- 
ter. Au figuré , observer. Examiner. Part. et. 
Ardamézid ar zac'h zé , marquez ou étiquetez 
ce sac là. Abarz komz , ardamczid ann drd , 
avant de parler, examinez la chose. 

ARnav.v. Voyez Adré, premier article. 

'Arelaich , s. m. Arrérages f de 4 syll. , a- 
rc-la-ich ). H. V. 

AuEsi. Voyez Arm. 

Arer , s. m. Celui qui conduit la charrue. 
Laboureur. PI. icn. Eunn arer mdd «o, c'est 
un bon conducteur de charrue, c'est un bon 
laboureur. Voyez Ar.vt. 

Argad , s. m. Huée , cris pour efîrayer les 
loups , etc. Cri de dérision. De plus , agacerie. 
Irritation. Provocation. — Cri de guerre. Com- 
bat ! Bataille ! (De ar, le , et de kdd , en conslr. 
gdd , combat.) II. V. PI. ou. Eunn argad a 
glevann , j'entends une huée. Pérdg é rithu 
argadou d'i'zhan? Pourquoi lui faites-vous des 
agaceries? * 

Argaden,s. f. Course, incursion subite snrl,i 
terre de Tenncmi. Acte d'hostilité. Eunn arga- 
dencndeùz gréad icar zouar ann nn'bourien, 
il a fait une incursionsur la terre dcreniiemi. 

Argader , s. m. Celui qui agace , qui irrite , 
qui provoque. Agresseur, celui qui attaque le 
premier. PI. ien. 

Argadi , v. a. et n. Huer, crier pour ef- 
frayer les loups , etc. Faire des cris de déri- 
sion après quelqu'un. Faire des courses sur 
les terres de l'ennemi. De plus, agacer. Irri- 
ter. Provoquer. — Pousser le cri de guerre. 
II. V. Part. et. Argadcd eo bét gaiid ann 
holl , il a été hué par tout le monde. Ar- 
gadi a réeur warlerc''h ar blciz , on hue le 
loup, ou après le loup. lîcmdcz cc'h arga- 
domp icar hc zouarou , nous faisons tous les 
jours des incursions sur ses terres. Va argadi 
a ril , diwalUl, vous me provoquez, prenez 
garde. 

Argarzi, v. a. Détester. Avoir en horreur, 
en exécration. Part. cl. A béb amzer cm niz hé 
argarzcl, je l'ai délesté de tout temps. En 
Vannes, argarc'hcin. — Mé héñ argarz ou 
mltcñ argarz ! Je l'ai en horreur! quelle hor- 
reur ! il. V. 

Aegarzidigez , s. f. Détcstation. Exécra- 
tion. Abomination. Horreur. En Vannes ,ttr- 
garc'hidigcc'h. 

Abgabzuz, adj. Détestable Exérrable. A- 
bominable. Uorrible. Argaizuz bniz to ann 



I a 't ARC 

dén lé, ct:l honiuR-là est bien ilélcslable , bien 
abominable. Kn ^ anncs, aryarc'liuz. 

Ancii. , s. m. l\fciil. I,e mouvement diine 
chose qui recule, faoltd eu béd d'twn douar 
gañd aryil ar c'han , il a été jelé à terre par 
le recul de la cbarrelle. Ce mol est composé 
de ar, sur, et de kit, dos, revers. 

Ar(;iia , V. n. Reculer. Se retirer on arrière. 
De plus , dilTcrer. Hésiter. Part. el. Aryila a 
va , pa dléfé nioiid ai-aok , il recule , quand il 
de»riiil avancer. Aryileden deü; bclé vmna, il 
a dilTéré jusqu'à ce moment. 

AnciLiz, adj. Qui recule. Rétif. Rebelle. 
Mutin. Mé a yréd co argiluz hô marc'h , je 
crois que votre cheval est rétif. Argiluz coltay 
(■ ttzd , il est mutin, et le sera toujours. 

Anco.iD oa Ahgoat (de '2 <i)\\. , ar-goad) , 
s. m. La pleine terre. L'intérieur des terres. 
Le pays éloigné de la mer. Les forêts. Enn ar- 
goadc choum, il demeure en pleine terre. Ce 
mot est composé de ar pour war ou oar , sur , 
au-dessus, et de koad , bois. Argoad doit 
donc signifier , à la lettre, sin bois, par op- 
position à arvùr , scr mer. En Vannes et an- 
ciennement, argoed. 

AuGOADEK (de 3 f.)\\., ar-goa-dck], any 
Qui lient aux pays éloignés de la mer , aux 
forêts. Forestier. Eur géar argoadeg co, c'est 
une ville de la pleine terre. Ce mot est com- 
posé de la préposit. ar , pour uar ou ocr, sur, 
au-dessus; de koad , bois ; et de la terminai- 
son fA: , qui indique la possession, la situation, 
elc. En S'annes, argoédeii. 

:Argoader (de 3 svll. , ar-goa-dcr] , s. m. 
Habitant de la pleine terre ou des forêts. Fo- 
restier. PI. kn. Ann argoadi'rien a zô biha- 
7wc'h cyéd ann ariôriz , les habitants de la 
pleine terre sont plus petits que ceux des bords 
de la mer. Ce mot est composé de la prépo- 
sition ar , pour icar ou oar, sur, au-dessus; 
de/;oa(Z, bois, et de la terminaison r r , qui 
indique l'individu passif ou actif. En Vannes, 
argmklcr. 

ARUo.kDÉEEZ (de 4 S}\\. , ar-goa dé-rez ) , s. 
f. Celle qui habite la pleine terre ou les forêts. 
PI. cd. En Vannes , argoe'df're;. 
Argoat. Vojez Argoad. 
Argobraoii. Voyez Argooraoci. 
Argobroc Voyez Argolrod. 
Abgoed Voyez Argoad. 
Argoêdek. Voyez Abgoadek. 
Argoéder. Voyez Abgoader. 
Argoédérez. Voyez Argoadérez- 
Argouraoci (de 4 syll. , ar-goura-oui] , et , 
par abus, Argoilaoui , v. a. Doter. Donner 
une dot. Part, argouraouel. Gañd hé éoñlr eo 
béd argouraouet, elle a été dotée par son on- 
cle. Dans les anciens écrits on Ht argôbraoui. 
Voyez Argocroc. 

Argocred , s. m. Foret , instrument per- 
çant à l'usage du serrurier , du charpentier. 
Vrille. PI. eu. Ce mot est du dialecte de Van- 
nes. Voyez GWIMÉLED. 

Argoirod, et, par abus, ARG»rior,s. m. 
pi. Dût , le bieii qu'une femme apporte en ma- 



AKO 

riagc. ran"! les .anciens livres , on lit argif- 
brou , qui duil être, je pense, le mot origi- 
nal , quoique hors d'usage aujourd'hui. Il se- 
rait composé de ar , pour u-ar ou oar, sur, 
et de gitbrou , pi. i\e giibr , gage, récompense. 
l'éyémrnt a rôeur d'ar plae'fi-honl évid hé ar- 
gourou '! combien donne-t-on en dot à cette 
fille".' En Vanne», aryouvreù. 
Abgol'vbei). Voyez Abgouhou. 
Abgid , s. m. .\s50upi8sement. Sommeil lé- 
ger. Tenr\il héii eûz hé argud , tirei-le de son 
assoupissement. Plusieurs prononcent dar^ud. 
Voyez Mi^RED. 

Ârgidi , V. n. S'assoupir. Sommeiller. Part 
tl Argudi né m ken , il ne fait que sommeil- 
ler. Plu sieurs prononcent daryudt.Voy.MôHÉui. 
Argidiz , adj. Assoupissant. Qui assoupit 
Narcotique. So[)orilique. Arguduz eo al lou- 
zaouen-zé , cette plante est narcotique. Plu- 
sieurs prononcent t/arjudu». Voyez Môbédci 
Arglz , s. m. Dispute. PI. iou. (Lag.) H.V. 
Argwad. Voyez Arwad. 
ABGWf.z. Voyez .\Rwftz. 
Archep 'par eh français), s. m. Bière, 
cercueil. PI. ou. — En Galles, arc'h. H. V. 
Voyez Laocbr. 

Arc'h, s. f. Coffre. Huche. Arche. PI. 
arc'hiou nu irc''hier (de 2 syll. jar-c^hiou ou 
ir c'hier). Enn arc'h eo lékéal gañl-hi , elle l'a 
mis dans le coffre. Quelques-uns prononcent 
arac'h. — ^rcTi-ar-i/afon, l'estomac (Lag H.V. 
Arc'ha.nt, s. m. Argent. De l'argent. 
Arc'haûd dizùlô , de l'argent comptant ; à la 
letli'i^'; de l'argent découvert. Eul loa ar- 
chafu cm cùz prénel , j'ai acheté une cuiller 
d'argent. — Hors de Léon, argañt. En Galle», 
ariañt. En gacl-écos., argioñt. H. V. 

Arc'ha.nt HÉD , s. m. C'est le nom que 
l'on donne au quatrième essaim que jette une 
ruche ; à la lettre, essaim d'AROEXT, apparem- 
ment parce qu'il est rare. Voyez IIéd, i' 
art. Ke>t-héd. Tarv-héd. 

Arc'hanta , V. act. Argenler, garnir ou 
couvrir d'argent. Part. el. Né ddl kéd arboan 
hé arc'hanla , il ne vaut pas la peine qu'on 
l'argenté. 
Aec'ha.nti , s. m. Maison de banque H. V. 
Arc'hantiek, s. m. lîanquier. PI. Archañ- 
tiéien. (Lag.) H. V. 

Arc'he.nna, V. a. Chausser, faire ou mettre 
des chaussures. Part. et. Piou a arc'hennô a- 
c'hanoc'h .^ qui est-ce qui vous chaussera ? 

Arc'hexnad, s. m. Chaussure. Droit de 
chaussure , somme d'argent que l'on ajoute 
aux gages des domestiques , en Bretagne , 
pour leur tenir lieu de chaussure. Eur skoéd 
en deùz évid hé arc'hennad , il a un écu pour 
sa chaussure, pour son droit de chaussure 
Ce mot et le mot précédent sont des dérivés 
du radical arc'hen , qui n'est plus en usage 
que dans ses dérivés ou composés. 

* Arc'heskop , s. m. Archevêque. PI. ar- 
cheskep. \o\ci Eskop, prem. art. 

* Abc'heskopded, s. m. Archiépiscopat , 
dignité d'un archevêque. Voyez Eskopded. 



ARV 

* Arc'hesropti, s. m. Archevêché, palaiset 
uiridicliori d'un archevêque. PI. iou. Voyez 

ESHOPTI. 

Abc'iiik , s. f. Casselte. Petit coiïre. PI. 
arc'kiouigau (de 4 syll., ar-clwju-i-riou). Ar- 
e'Iiik est le diminutif régulier de arc'h. Klas- 
kid enn hoc'h arc'hik , cherchez dans votre 
cassette. Voyez Arc'h. 

Anc'iiiF.R (de 2 syll., ar-c'/iicr), s. m. Arti- 
san qui fait des coffres , etc. Bahulicr. Laye- 
ticr. PI. ien. 

Arc'hmé. Voyez Armé. 

Arc'houéré (de trois syll., ar-c'houé-ri':), 
s. m. Génie, esprit ou démon qui, selon l'o- 
pinion du peuple , accompagne toujours cha- 
que homme. PI. arthoucnou, ou mieux ar- 
e^houéiced. Ha c'houi a gréd ennarchouéréed? 
Croyez-vous aux génies familiers ? 

A ri. Voyez Ère. 

Abléc'hodein ou Abléocein (de trois syll., 
ar-lé-c'houciii ou ar-lé-ouein ) , \. a. Rafraî- 
chir un outil , alin qu'il coupe ou perce mieux. 
Affiler. Part. arWhouel ou arlcnucl. Red é 
arléchoucin er fuie h , il faut rafraîchir ou af- 
filer la faux. Ce mot est du dialecte de Van- 
nes. Voyez GouLAZA, deuxième article. 

A«UK0N, s. ni. Rouget, poisson de mer 
fort délicat. PI. éd. Je ne connais ce mot que 
par le Dict. du P. Grégoire. Voyez Meirùz. 

Abm ou Arem, s. m. Airain. De l'airain. 
Kalz a listri ann ou arem en deùz , il a beau- 
coup de vases d'airain. 

Arm , s. m. Arme. PI. ou. En Galles, a»T. 
En gael-ccos. et irl. , airm. H. V. 

Arma , v. a. Armer. Part. cl. En Galles , 
orru. En gaël-écos. , armaich. En Gaël-irl. , 
armaim. IL V. 

Armé , s. f. Armée. PI. ou. En gaël-écoss. 
et irland. , arm. H. V. 

Armé ou Arc'hmé, s. m. Saxifrage ou casse- 
pierre , plante. Enn arme a :v mdd dé zebrein, 
I a casse-pierre est bonne à manger. Ce mot est 
du dialecte de Vannes. Voyez ïorr-véan. 

Armel ou Arvel , s. m. Armoire. PI. ion. 
En Galles , armnri. En gaël , armer. L'armoire 
servait primitivement à serrer les armes ; de là 
son radical celtique , arm, airain. IL V. 

Armerc'u. Voyez Amkrc'h. 

Armôr. Voyez Arvor. 

Ar.'van. Voyez Arné. 

Arnanuz. Voyez Arnéüz. 

Abné ou Arnéo ou Arnev , s. m. Orage. 
Temps d'orage , de tonnerre. Chaleur d'orage. 
Eur givatl arné a zô héd déac'h , il y a eu un 
fort orage hier. En Vannes , aman ou aman. 

Arnéuz , adj. Orageux. Qui produit des 
orages. Sujet aux orages. A rncuz co ann amzer, 
le temps est orageux. En Vannes , arnanuz ou 
arnanuz. 

Abnod, s. m. Essai. Epreuve. Commence- 
ment. PI. ow. b'alz arnodou cm cùz gréât, j'ai 
fait beaucoup d'essais , plusieurs épreuves. 

Arnoui , V. a. etn. Essayer. Eprouver. Com- 
mencer. Part. cl. Arnodid ann tôk-zc , es- 
saye» ce chapeau-là. Arnodi a rinn hirio , je 



ARW 1 1.'; 

commencerai aiijourd'hui. 

Aros , s. m. Poupe , la partie de «lerricrc 
d'un vaisseau. PI. aro»iou f de trois syll. , a- 
ro-siou). lU slrec'h é hé aros , sa poupe est 
trop étroite. Ce mot est du di.ilectcdc Corn, et 
de Vannes. Voyez Diadbé. 

Abouad. Voyez Abwad. 

Arouarf.k. Voyez Arwabf.k. 

Arouésils, adj. caractéristique, qui caracté- 
rise. H. V. 

Aboi'kz. Voyez Abwez. 

Ar(h;éz-wenn , s. m. Blanc seing , signature 
apposée sur un papier laissé en blanc, il. V. 

Arouézi. Voyez Arwézi. 

Arrë , aJv. Encore. De rechef. Ce mol est 
le même que ndarré; mais son expression est, 
je crois, moins forte. 

Arrébei RI , s. m. pi. Meubles. Tout le mo- 
bilier en général. Giccrzid d'in hoc'h arrc- 
beùri, vendez-moi vos meubles. 

Arréval , s. m. Mouture, la provision or- 
dinaire qu'on porte à moudre au moulin. Mé 
kéd deiid choaz ann arréval eûz ar vilin , la 
moulure n'est pas encore venu du moulin. Le 
Pelletier écrit airéval , mais je ne l'ai jamais 
entendu prononcer de même. Voyez Maladen. 

* Arrez ou Errez , s. m. Arrhes, argent 
donné pour assurance de l'exécution d'un 
marché. Gages. Ce mot n'est pas breton , au 
moins je ne le crois pas tel; mais je l'ai porte 
pour faire voir, par son dérivé, la facilile 
qu'ont ceux qui parlent celle langue à former 
les verbes des substantifs, même dans les 
mots qu'ils empruntent des étrangers. — Ce- 
pendant , il est à remarquer que le verbe de ce 
substantif existe en gaël-irland. et ccos. H. V. 

* Arrëzi ou Errezi, V. a. Donner des ar- 
rhes , des gages. Part. et. Arrézi a vézô réd , 
il faudra donner des arrhes. Voyez le mot pré- 
cédent. — En gaël , arra. H. V. 

* Arriagon, s. m. Archidiacre , ecclésias- 
tique qui a une sorte de juridiction sur les cu- 
rés. PI. cd. Je ne place ce nom ici que pour 
faire connaître les changements que les Bre- 
tons, comme tous les autres peuples, font 
subir aux mots étrangers. Voyez Diagon. 

■ Abru, s. m. Arrivée, action d'arriver. 
Le temps où une personne arrive en quelque 
endroit. Arrivage, abord de bateaux ou de 
marchandises. On dit aussi erru , dans le mê- 
me sens. 

* Abrdoct ou Ebrugut, V. n. Arriver. 
Aborder. Survenir. Part. cl. Arruoud a rai 
gnudé warc'hoaz , il arrivera après-demain. 

Arsal. s. m. Envahissement. Assaut. De 
ar , sur , et de sal , saut. IL V. 

Absala, v. n. Envahir. Assaillir. ( Lag. )H.V. 

AiisALOüR , s. m. Assaillant, qui attaque vi- 
vement. Agresseur. PI. ien. IL V. 

Arsanal, s. m. Arsenal , magasin d'armes. 
PI. 0». ( De ar , le , et de sanal , grenier.) Eu 
Galles, arsanal. IL V. 

ArsaO. Voyez Arzaô. 

Abvar, s. m. Doute. Incertitude. Irrésolu- 
I lion. Conjcclure. Soupçon. Suspicion. Pi. iou. 



ra6 ASIi 

Heb arvar , saiH doule. Enn arvar , dans lo 
doulc. War-n-éiltañ eo kouézed annarvar , le 
souproti c»t tomlti- sur lui. Ce mot est rom- 
posr de la pn'p. «r, pour war uu oar, sur , c( 
de mdr , qui , lui-mt'me, signilie (lnutc. Arinir 
s'onipluiu aussi eoHimc adj. Yoy. Abvauiu. 

AiivAiiA, s. m. Hcsif de paiti. l'I arvaraou. 
IliiiU ann arvarazé d'ar paour , donnez ce 
reste de pain au pauvre. Ce mot est formé de 
ar , pour war ou our , sur , et de bara, pain. 

Ahvari , V. a. et n. Douter, avoir de» doutes. 
Conjecturer. Etre incertain, irrésolu. Soup- 
çonner. Pari. tt. Arvari a réeur ciiï ann drtl- 
té , on doute de cela. Arvari a ra atô , il est 
toujours irrésolu. On dit aussi dans le même 
sens, béza enn arvar , élre dans le doute. 

AiivABLz , adj. Douteux. Incertain. Irréso- 
lu. Indéterminé. Clonjectural. Soupçonneux, 
.^rroruj eo ha c'/ioui a vévô pell, il est dou- 
teux si vous vivrez longtemps. Arvaruz eo 
bépréd ann di'n-Uont , cet iionime est toujours 
irrésolu. Né garann kéd ann dùd arcaruz,je 
n'aime pas les gens soupçonneux. On dit aussi 
arvar , dans le même sens. 

Abvkst, s. m. Spectacle , tout objet qui atti- 
re les regards, l'attention, qui arrête la vue. De 
plus, contemplation. Attention. Observation. PI. 
ou. Eunn arvesl kaer eo , c'est un beau spec- 
tacle. Arrestou màden deiii gn'ad d'tn diicar- 
benn liànenl-sé, il m'a fait de bonnes obser- 
vations là dessus. 

Arvksh , V. a. et n. Regarder avec atten- 
tion. Observer. Considérer. Contempler. Part. 
et. Pell zô éc'k arveslann ac'hanoc'h, il y a 
longtemps que je vous observe. 

Arvbstiao (de (rois syll. , ar-ves-liad] , s. 
m. Spectateur, celui qui est présent à un 
spectacle. Observateur. PI. arvestidi Kalzar- 
vesiidi a ioa , il y avait beaucoup de specta- 
teurs. EurtH arvesliadbrdz eo, c'est un grand 
observateur. 

Arvkz , s. f. Façon. Mine. Air. Apparence. 
Eunn di'n a arvez vdd oa , c'était un homme 
de bonne mine , de bonne façon. Voyez Doa- 
KÉ et NeCz. 

ARvôn , s. m. Terre ou côte maritime. Tout 
pays voisin de !a mer ou dominant sur la mer. 
PI. !ou. Ann arvôr , la marine. Enn arvôr é 
ckoum , il demeure au bord de la mer , sur la 
côte. Ce mot est composé de ar, pour war ou 
oar, sur, au-dessus, et de môr , mer. Ainsi 
arvôr ou armàr signifie , à la lettre , sun mer, 
par opposition à argoad , sur bois. 

Arvôrad ou Arvôriad (de trois syll. , ar- 
vû-riad), s. ra. Habitant du voisinage de la 
mer. PI arvôri: ou arvoridi. Ann arvôriz a zô 
peùrvuia brasoc'h cge'd ann argoadérien , les 
habitants des bords de la mer sont, pour la 
plupart , plus grands que ceux de l'intérieur 
des terres. Ce mot est composé de ar , pour 
war ou oar , sur, de mûr , mer , et de la ter- 
minaison ad , servant à indiquer l'habitant 
d'un pays, d'une ville, etc. 

Arvôradez ou Arvôriadez (de 4 syll. , ar- 
vô ria-dez ) , s. f. Femme qui habite le voisi- 



.\SK 

nage ou les bords de la mer. PI. éd. On dit 
aussi aroürel. PI. nrvôrelled. 

AuvùitKK, adj. Maritime, qui tient à la mer. 
Qui est sur le burd de la mer. Eur géar ar- 
viirey eo , c'est une ville maritime. Ce mot est 
composé de «r, pour war ou oar, sur, de 
mor , mer, et <le la terminaison ek, qui indi- 
que la situation , la possession , etc. 

Arvôbki.. Voyez Arvoraorz. 

Arvôuiau. Voyez Ahvôhad. 

Arvôhiauez. \'oyez AhvoBadez. 

AnwAD ou Arvna/. ou ABOL'AD'de deotsyll., 
ar-ouad) , s. m.Tanaisie, plante. Ce mot est 
composé de ar , sur , et de gwad , sang , ou 
gwazien , veine. Les médecins l'ordonnent 
pour purifier le sang. 

Arwarek ou AnvAREK , ou Aroiiarek ( de 3 
svl. , ar-ouarfft), adj. et s. m. Oisif. Oui ne fait 
rien. Tec'hed alô diuuc'h enn dild arouarek , 
fuyez toujours les gens oisifs. Ce mot est du 
dialecte de Vannes, et se compose de ar , sur , 
et Atgwarek , pour gorrek , lent, etc. Voyez 

DiDAI.VEZ. 

Abwaréckc'h on Arvabégkc'b (de 4 syll. , 
ar-wa-ri-gec'h), s. f. Oisiveté, état de celui 
qui est oisif. Enn arwarégec'h ezou mamm d'enn 
hnll drougiéetl, l'oisivetéestla mère de tous les 
vices. (]e mot est du dialecte de Vannes, et se 
compose de ar , sur , et de gwarégec'h, pour 
gorre'gez, lenteur, etc. Voyez Didalvédigez. 

Arwéz ou Arocéz l'de 3 syll. , ar-ouéz) , s. 
f. Signe. Signal. Enseigne. Indice. Marque. 
.■Ittribul. Symbole. Marque ou tache naturelle 
qu'on a sur la peau. — Pavillon d'un navire. 
H. V. PI. arü«ésiou(dc trois syll., ar-oué-sio«). 
Rôed en deiiz ann arouéz-zé d'in évid hé 
anaout , il m'a donné ce signal , celte marque , 
pour le reconnaître. Ann ar-ouéz-zé a zô deùt 
gañl-hañ er béd , il a apporté cette marque 
en venant au monde. Voyez Plcstrem. 

Arwézet , adj. Marqué au corps de quel- 
que signe. Voyez Plcstrennet. 

Arwézi ou Arouézi (de trois syll. , ar-oué- 
zi),v. a. Signaler. Marquer. Désigner. Indi- 
quer. Noter. — Arborer un pavillon H. V. 
Part.ef. Hé arouézcd em eûz d'éhoc'h , je vous 
l'ai signalé , indiqué. 

Arwézinti ou Arouézixti. Le même que 
arwéz. 

Arwézcz ou Arocéz, adj. Remarquable. 
Notable. Considérable. 

Arz. Voyez Harz. 

Arza. Voyez Habza. 

Arzaô ou Arsaô (de 2 syll., arsad) , s. 
m. Repos. Cessation. Relâche. Pause. Trêve. 
Loisir. Station. Suspension. PI. arzaviou (de 
trois syll. , ar-za-viou). Meùr a arzaô en deûr 
gréât, il a fait plus d'une pause, plus d'une 
station. Ce mot est composé de ar , sur , et de 
saô ou sav, lever, état de celui qui est de- 
bout. 

Arzaô-vrézel , s. m. Armistice. Trêve. 
Suspension d'armes. Torred co ann arzaô- 
vrézel , la trève^est rompue. Ce mol signiGe , à 
la lettre, relâche de guerre. 



ÂSK 

Abzaôiou Absaôi (dc (rois syll. , ar-zao-i), 
V. n. Kcposcr. Se reposer. Cesser. Faire re- 
liche. Kaiieunc pause, une stalion. Avoir du 
loisir Part, arzavet. Réded aicalc'h hocli eûz; 
arzaûit bréma , vous avez assez couru ; repo- 
sez-vous actuellement. Arzaûcd eo ar c'Itdn, 
le chant a cessé. 

Abzel , s. m. Jarret, la partie du corps hu- 
main qui est derrière le genou, et qui lui est 
opposée. l'I. duel daou-arzcl. Aulre [i\. , ar- 
zellou. Né hallann kél pléya va daou-arzcl , 
je ne puis pas plier les jarrets. Voyez Ja- 

RITEL. 

Akzourn, et, par abus, Alzoi'rn et AzorRN, 
s. m. Poignet, rcndroit où la niain se joint 
au bras. PI. duel daou-arzoïin. Autre pi., ar- 
zourniou. uilcc'hed co bi'l va arzourn , j'ai eu 
le poignet démis. Ce mot est composé de or , 
sur, et dc dourn , main. 

As. Voyez Ad. 

AsA ou Arsa, interjection pour exciter et 
encourager à faire quelque chose. Çà.^^a ou 
arsa , déomp gañl-lii .' Cà , commençons ! 

AsBLÉo (de deux syll., as-bl<!ô) , s. m. Poil 
follet, le menu poil qui croit sur les joues et 
sur le menton, avant la barbe. Duvet, la me- 
nue plume des oiseaux. AsbU'ô zû ouc'h hé hel- 
gez , il a du poil follet au menton. Ce mot est 
composé de as ou de ad, particule réduplica- 
tive , et de bléô , poil, cheveu. On dit aussi 
marbléô , dans le même sens. 

AsBLÉVER , adj. Duveteux. 11 se dit des oi- 
seaux qui ont beaucoup de plumes molles et 
délicates proche de la chair. On dit aussi jnar- 
blévelt , dans le même sens. 

AsK , s. m. Entaille. (îoehe. Incision. Gnd 
eunn ask aman , laites une entaille ici. 

ASKA , V. a. Entailler. Faire une entaille, 
une incision. Ré zoun eo askel gan-é-hoc'h , 
VOUS l'avez entaillé trop profondément. Le 
verbe est moins usité que le substantif. 

Askel , s. f. Aile d'oiseaux eï de quelques 
insectes PI. duel, diou-askcl. On dit aussi, mais 
rarement , askellou et cskcl. Torred co hé as- 
kel , il a l'aile cassée.^ denn ashel , à tire 
d'aile. 

Askel-groc'heis, s. f. Chauve-souris, sorte 
d'oiseau nocturne qui a des ailes membra- 
neuses. PI. cskel groc'hcn. Ce mot signifie, à 
la lettre , aile de teac. Voyez Lôgôden-zall. 

.•\sKELLEK, adj. Ailé. Qui a des ailes. McVi'c» 
askclleg a zù aman , il y a ici des fourrais ai- 
lées. On dit aussi eskcUek et eskellct. 

AsKËHËROUT, V. a. Reprendre. AskémérU 
/ici mâd , reprenez votre bien. H. V. 

AsuLÉ. Voyez Askuë. 

AsKLEiiDEN ou AsKLoÉDEN (de trois syll. , 
as-kicù-dcn ou as-kloé-den) , s. f. Copeau , 
celai de bois tombé sous la hache. PI. asA/cii- 
dcnnoH , ou simplement askkiid ou askhéd. 
Likid cunn dournad asklciid cnn Idn , mettez 
une poignée dc copeaux au l'eu. Ce mot est du 
dialecte de Cornouaillc. Voyez Skoli'EN. 

AsKOAN ou Atkoan (de deux sjli. , as-koan), 
f.f. Hcveillon. Collation. Petit repas que l'on 



ASK 127 

fait après le souper , lorsque l'on veille tard. 
— Dessert. II. V. PI. fou. Askoan hor lézù 
hdnûz , nous aurons réveillon celte nuit. Ce 
mot est composé de as ou dc ad , particule ré- 
duplicative, et dc koan , souper, le repas du 
soir. 

AsKOAMA ou AsKOA.NA ( dc Irois syll., 04- 
koa-nia), v. n. Faire réveillon, collation. 
Faire un petit repas au milieu dc la nuit. Part. 
askoavkl ou askuañet. Askuanied h"n ni; 
déac'h , nous avons fait réveillon hier. Ce mol 
est composé de as , particule réduplicative , el 
de koania , souper , prendre le repas du soir. 

AsKoL , s. m. Chardon, plante dont il y 
a plusieurs espèces. Du chardon. Askolcn. Fé- 
minin , un seul pied ou une seule plante dc 
chardon. PI. askulennou ou simplement a.i/io/. 
Ce mot est composé de as, pour azen, âne. 
et de kanl ou kol , herbe , généralement par- 
lant, ou chou. Ainsi askol peut se traduire 

par HERBE ou CHOU DE l'ÀXE OU DES ÂNES. 

AsKOLEK , s. f. Chardonnièrc, lieu où il 
croit beaucoup de chardons. PI. askoléijou. 

AsaoLERiz, s. m. Chardon-notre-danie , 
plante. A la lettre , charbon pa.n.vcbé ou bi- 
garre. 

AsEotBOAD, s. m. Houx, arbrisseau. Du 
houx. A la lettre, chardon-duis ou chardon 
DE FORÊT. Voyez Rélkn. 

AsKOL-DÙ , s. ra. Caméléon noir ou char- 
donnelle, i)lanlc. A la lellre, chardon-noir. 
On la nomme aussi louzaouen-ar-pabaour , 
herbe du chardonneret. 

AsKOL-r.ARÔ, s. ra. Chausse-trappe, espèce 
de chardon , plante. A la lettre, chardon - 

HIDE. 

AsKOL-G*EïiN , s. m. Caméléon blanc ou Ca- 
roline, plante. A la lettre, chardos-blanc. On 
la nomme aussi touzaouen-ar-voscn , herbe de 
la peste. 

ASKORN. Voyez ASKOCRN. 

AsKOUÉz (de 2 syll.. as-kouéz) , s. m. Re- 
chute , seconde ou nouvelle chute. Récidive. 
PI. askouésiou [de trois syll. , as-kouésiuu,. 
Gwâz eo ann askoucz égéd arc'hknvcd, la re- 
chute est pire que l;r maladie. Ce mot est 
composé (le as , particule réduplicative, et dc 
kouéz , chute. En Vannes, askouéc'h. 

AsKOUÉzA [ de trois syll. , as~koué-za ) , v. n. 
Retomber, tomber encore. Faire une rechute. 
Récidiver. Part. et. Askonézed co klon , il est 
retombé malade. S'cuz néméd ar niaro érid 
ann hini a askouézo , il n'y a que la mort pour 
celui qui récidivera, l^e mot est compose dc 
as, particule réduplicative. et de Aoue'ia, 
tomber. En Vannes , askouéc'hein. 

AsKoURN, s. m. Os, partie du corps dc l'a- 
nimal , loquclle est dure , compacte cl soutient 
les autres parties. On le dit aussi en parlant 
des noyaux de quelques fruits. PI. cskcrn. As- 
kuurn licvréac'h a zô lorrcl, il a l'os du br.is 
cassé. Ar c'hig-zc a ^o /cilii a cskcrn , celle 
viande est [ilcine d'os. Torrid ann askourn- 
poloz-mañ, hag é roocJ ar voiden d'in , cassez 



'•i8 



AST 



ce noyau do prune , et vous m'oii donnerez 
l'amande. Hors de Léon , lukurn. 

AsKOL'ioi , V. a. et n. Dssilicr , ctiaof^er en 
us. S'ossilier , se changer en os. l'art, el. iVar 
a lavareur , hé avu a ioa aikountel , d'a- 
)irè.s ce que l'un dit , il avait le fuie ussilié. 
Ar migoiirn a itiJ allez du askourna, les car- 
tilages se changent souvent en os. Hors de 
Léon , ashorna. 

AsKouRMEK , adj. et s. m. Qui a de gros os. 
Celui qui a de «ros os. l'our le plur. du subst., 
askournéien. hrenn hag askournek eo , il est 
trapu et il a de gros os. Hors de Léon , as- 
kornek. 

AsKOüRNÉGEz , s. f. Celle qui a de gros os. 
PI éd. Ëunn askournégez eo , elle a de gros 
os. Hors de Léon , askournégez. 

AsKOLBNuz , adj. Osseux. Qui est de la na- 
ture des os. Qui a beaucoup d'os. Ann tavmi 
kik-mañ a :ô askournui brdz , ce morceau de 
viande a beaucoup d'os. Hors de Léon , as- 
koi-nuz. 

AsKRt: ou .VsGKÉ , et , par abus , Asklé ou 
AsGLÊ , s. m. Sein. L'intérieur des habits sur 
la poitrine. — Dans les anciens livres , il sigiii- 
lie conscience, niaisalorsil estférainin ; askrc 
c'hlan diogel hé berc'hen , celui qui a la cons- 
cience pure est sans crainte ; à la lettre : co.'m- 

SCIENCE PORE SA>S CRAINTE , SUN PROPRIÉTAIRE. 

H. V. Ué guzed en deùz cnn hé askré , il l'a 
caché dans son sein. 

AsKRÉ.vD ou AsGRËAu , S. m. La plénitude du 
sein. La plénitude de la partie de l'habit sur 
la poitrine. l'I. ou. Eunn askréad avalou en 
deùz kaset gañl-hañ , il a emporté plein son 
sein de pommes. 

ÂsBRÉE, s. m. Qui a un fort giron. (Lag.) 
PI. askréien. H. V. 

AsKRivA. V. n. llépondre à une lettre. Part. 
et. Askrived am euz d'ézhan, je lui ai répondu. 
H. V. 

AsDiBR, S. m. Coussinet d'une selle, pour 
soutenir une valise, un porte-manteau. PI. 
ou. Roged eo ann asdibr , réd eo hé c'hrial , 
le coussinet est déchiré , il faut le coudre. Ce 
mot est composé de as , particule réduplica- 
tive , et de dibr , selle. 

AsDUiizi , s. m. Second mariage, secondes 
noces. PI. asdimiziou. Eunn asdimizi en deùz 
gréai , il a fait un second mariage. Ce mot est 
composé de as , particule réduplicative , et de 
dimizi , mariage. 

Asdimizi, v. n. Se remarier. Passer à de 
secondes noces. Part, asdimézel. Asdimizi a 
rai , a grédann, je crois qu'il se remariera. Ce 
mot est composé de as , particule réduplica- 
tive, et de dimizi , marier, se marier. 

AsDÔ, s. ra. OEuf couvi, œuf que l'on met 
dans le nid d'une poule pour la faire pondre. 
Likid eunn asdô d'ar iar zù , mettez un œuf 
couvi à la poule noire. Ce mot est composé de 
iiî , particule réduplicative , et de dôi ou dozvi, 
pondre. 

AsDHÉZEN, s. f. Crémaillon, petite crémail- 
lère qui s'accroche à uue plus grande. Ce mot 



atf. 

est curopusé de ai, particule réduplicati\e , 
et de drézen , crémaillère. 

AsuL'AAT , V. a. et n. Itrunir , rendre ou de- 
venir brun. Part, asduéel. 

AsuLÊ. Voyez Askbë. 
AsGUÉ. Voyez Askré. 

Asi.AVABOiT, V. a. Uedire. Part. et. Lavared 
hag aslavared am eùz té u'é-huc'h. Je vous l'ai 
dit el redit H. V. 

AsLôüE^.^A , V. a. Subdiviser , diviser en 
deu.Y ou en plusieurs parties , la partie d'un 
tout déjà divisé. Ce mot est composé de as , 
particule réduplicative, el de Uidenna, par- 
tager. 

AsMOAzouT ou AzNOAZA (dc 3syll. , as-noa- 
zout) , V. n. Offenser. Choquer. Part. el. As- 
noazed hoc'k eùz d'ézhaii, vous l'avez offensé. 

Aspi.EO , s. m. IJalustrade , assemblage 
de plusieurs baluslres. Toute sorte de clôture 
qui est à jour , à hauteur d'a|)pui. l'I. ou. Eunn 
asplfd zù diràg ann li , il y a une balustrade 
devant la maison. Ce mot est du dialecte de 
Cornouaille. Voyez Kael. 

AsRA>N , s. f. Subdivision , division d'une 
des parties d'un tout déjà divisé. Second par 
lage. — Analyse. H. V. PI. ou. Eunn asrann 
a vézô , il y aura une subdivision, un second 
partage. Ce mot est composé de at, particule 
réduplicative , cl de rann , partage. 

AsRANNA, V. a. Subdiviser, diviser en plu- 
sieurs parties la partie d'un tout déjà divisé. 
Faire un second partage. — Analyser. H. V. 
Part. el. Réd eo asranna , il faut subdiviser, 
faire un second partage. Ce mot est composé 
de as , particule réduplicative , et de ranna , 
partager. 

Asrec'h, s. m. Affliction. Chagrin. Tris- 
tesse. C'est le même que rec'h; mais il a un 
peu plus de force d'expression, étant composé 
pe as , particule réduplicative. 

Asrec'bi , V. a. Le môme que Tcc'hi. |Voye2 
le mot précédent. 

AsREc'ucz, adj. Lemèmequerec'/iui. Voyez 
Asrec'h. 

AsREi , V. a. Redonner, donner une se- 
conde fois. Part, asrôel. Ce mot est composé 
de as, particule réduplicative, et de rei , 
donner. 

AssÉvEL , V. a. Relever. Part, assavel. H. V. 

AssoTAAT , V. a. Abêtir, rendre, devenir 
bête. Part. et. {De as , ledupUcative , et de 
sotaat, s'hèbéter (Lag.) 11. V. 

AsTAL, s. m. Discoiilinualion. Interruption. 
Cessation pour un temps. Ann aslalzé a ra 
gaou ouz-in, cette interruption me fait tort. 

AsTAOL (de deux syll. , as-iaol), s. m. Con- 
tre-coup , répercussion d'un corps sur un au- 
tre- PI. (OU. Ann asUwl en deùz skôcd cmpenn, 
le conire-coup m'a frappe à la tête. Ce mot est 
composé de as , particule réduplicative , et de 
taol , coup. 

AsTEL,s. f. Certaine mesure pour les grains 
contenant un demi-boisseau ou environ. Pi. 
aslellou. Diouch ann aslel é werz hé éd , il 
vend son blé au demi-boisseau. 

ASTEILAD , 



ATA 

AsTiiLAD , S. f. Le conlcno d'un demi-bois- 
seau. PI. ou. Gañd eutm aslellad gwinix cm 
bé:o aicak'h , j'aurais assez d'un demi-bojg- 
scau de froment. 

AsTENN, s. m. Allonge, pièce qu'on met à 
un habit , à un meuble , pour l'allonger. M. 
asiennou. Emm aslenn zù enn ho taé , il y a 
une allonge à votre robe. 

AsTENNA , et , par abus , Astf.nn , v. a. et n. 
Allonger , faire qu'une chose soit ou paraisse 
plus longue , plus clendui/. Etendre. Prolon- 
ger. Proroger. Allonger, croître en longueur. 
Part. et. Aslcnnidhô lourn, allongez ou éten- 
dez la main. Al louzou-zc c<j cH dciiz astcnncd 
hé vucz , c'est ce remède qui lui a prolongé la 
vie. AV aslenn kél kalz brciiM , il n'allonge 
pas beaucoup actuellement. 

AsTENNADu» , s. m. Allongement, action 
d'allonger, d'étendre. Prolongation. Proroga- 
tion. Extension. 

AsteCzi. V. a. Anéantir. Part. «<. Yoy. Telzi. 
H. V. 

AsTiNVA , V. n.Rciwendrc racine. Part. el. 
H. V. 

AsnzErv , v. a. Recommander. Exhorter. 
Exciter. Intercéder. Part. cl. Aslized cm eüz 
k/mcl-sé d'chon , je lui ai rccummandé cela. 
Jin em aslizcin, se recommander. Ce mot est 
du dialecte de Vannes. Voyez Eubédi. 

AsTÔ. Voye: Asdô. 

AsTosiM on AsTOMMET, adj. cl part. Ré- 
diaulK , chauffé une seconde fois, i'eskcd as- 
tomm né kél ré vdd , du poisson réchauffé n'est 
pas très-bon. Ce mot est composé de as , par- 
ticule rcduplicalive , et de Icmim, chaud. 

AsTOMUA , V. a. Réchauffer, chauffer une 
seconde fois. Chauffer ce qui était refroidi. 
Part. et. Astommid ar rouicn, réchauffez la 
soupe. Ce mot est composé de as , particule, 
et de loimna , chauffer. 

AsTU. 'S'oycz AsTuz. 

AsTiD ou AsTUT, adj. Chétif. MiscraLle. 
Vil. Méprisable. Use. Gwall aslud eo ann 
dén-zé , cet homme-là est bien chétif , bien 
misérable. Aslud co hé zaé,soa habit est usé. 

AsTODDKB , s. m. Chétiveté, état de celui 
qui est chétif, misérable, vil , méprisable. 
Usure, état de ce qui est usé. 

AsTUT. Voyez Astdd. 

AsTrz', s. m. Vermine. De la vermine. Tou- 
tes sortes d'insectes nuisibles et incommodes, 
comme sont les poux, les puces, les jiu- 
naiscs , etc. GOlôcd eo gañd ann asluz , il est 
couvert de vermine. Hors de Léon , aslu. 

AsTOZi, V. a. et n. Remplir de vermine. Se 
couvrir de vermine. Part. cl. Héuélé a zô as- 
luzcl dré hé Uzircgcz, son lit est rempli de 
vermine par sa négligence. Asluzi a ra gañd 
al louxdcr , il se couvre de vermine par sa 
malpropreté. Hors de Léon , aslui. 

.VsTnzuz , adj. Sujet à la vermine ou propre 
à Cil donner. Hors de Léon , astuuz. 

AsvERR, s. m. Contre-marque, seconde 
marque apposée à un ballot de marchandises , 
à de l'argenterie, etc. PI. ou. Likid cunn as- 



AVA 



lûQ 



oerk war-n-ézhañ , mettez-y une contremar- 
que. Ce mot est composé de at , particule ré- 
duplicative, et de merk, marque. 

AsvEBKA , T. a. Contre-raarquer , apposer 
une seconde marque. Part. et. 110 cltuU aréol, 
ma n'hô asverkil kél , vous les perdrez , si 
vous ne les contre -marquez pas. Ce mot est 
composé de CM , particule, et de mcrka , mar- 
quer. 

AsvôuER , s. f. Conire-mur, mur b;Ui le 
long d'un autre pour le furtiticr. PI, iou. 
Eunn asvùyer en dcûz saved évil skoazia ar 
c''hraou , il a fait bâtir un contre-mur pour 
soutenir l'étable. Ce mot est composé du as , 
particule réduplicative , et de môger , mur , 
muraille. 

AsvoGÉniA (de quatre syll. , as-ràgé-ria) , 
v. a. Contre-murer, faire un contre-mur. Part. 
asvôgériel. Réd é vézô asvôgcria ann ii, il 
faudra contre-murer la maison. Ce motesl com- 
posé de as , particule réduplicative, et de mo- 
géria, murer. 

At. Voyez Had. 

Atahin , s. m. Chicane. Dispute. Que- 
relle. ÎS'oise. Klask e ra alahin oc'li enn hoU, 
il cherche noise à tout le monde. Ce mol est 
du dialecte de Vannes. Voyez IIesrin. 

Atahinein , v. a. Agacer. Irriter. Chica- 
ner. Provoquer. Chercher noise. Part. ei.JIfc 
aiahincin é ra alô , il m'agace sans cesse. Ce 
mot est du dialecte de Vannes. Voyez IIes- 
kina. 

Atahisérkc'h , s. m. Agacement. Action 
d'agacer, d'irriter , de chicaner. Ce mot est 
du dialecte de Vannes. Voyez IIeski.>ërez. 

Atahinocb, s. m. Celui qui agace, qui 
cherche noise, etc. Chicaneur. Querelleur. 
Ettn alahinourion n'i'/it karet géd dén, les chi- 
caneurs ne sont aimés de personne. Ce mot 
est du dialecte do Vannes. Soyez 1Ieski>'er. 

Atahintz , adj. Agaçant. Irritant, etc. 
Er pcc'h é léred azé a zo alahinu: . ce que 
vous dites-là est agaçant. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez IIeskinl'z. 

Ataô , adv. Toujours. Continuellement. 
Sans cesse. En tout temps. Ataô cm eùz hé 
wélcd évehé, je l'ai toujours vu de même. 
Hors de Léon , atô. — En Galles , r((<i. H. V. 

Atersein, v. a. etn. Rechercher. Faire des 
perquisitions. S'enquérir. S'informer. Part et. 
Kaer em cûz béd alcrscin , n'em cùz kaet né- 
(rû, j'ai eu beau faire des perquisitions, je 
n'ai rien trouvé. Ce mol est du dialccle de 
Vannes. Voyez E.nrlaski. 

Atii., s. m. Terre chaude. Terre cultixéeet 
fertile. Terre *n rapport. yi(i( n'en deii: kén 
enn hé rércùri, il n'a que de la terre en rap- 
port dans sa ferme. Ce mot est du dialecte de 
Cornouaille. 

Atiz, s. m. Persuasion. Instigation. Sug- 
gestion. Conseil. Gañd hoc'h aiiz cm eùz hé 
c'hréal, je l'ai fait à votre instigation , par 
votre conseil. Voyez .411. 

Atiza, v. a. Persuader. Instiguer. Ex- 
citer. Pousser ïi. Conseiller. Part. e(. C'hotii eo 



1 3.. AVE 

Iwc'h eàz va aiiud da ôber ann drd-zé, c'est 
\uus qui m'avez iustigué ou puuüsé à Taire 
culu. Voyez Alia. 

Ati/ku , s. m. Inslif;ateur. Celui qui 
cuuseille, qui (lersuade. Celui qui puusse à 
luire queUjue chose Je mauvais. — l!out-eii- 
Jraiii , qui excite à la joie. 11. V. l'I. ien. Ati- 
tfiien a yaveur dié-hoU , ou trouve des insti- 
gateurs partout. Voyez Alieh. 
At6. Voyez Ataù. 

AriiiiD , s. m. (jravois ou gravas, menus 
débris d'une muraille démolie. Ordures. Ba- 
layures. — Kuines. II. V. l'I. alréduu ,el , par 
abus, alrcj'oij. Taulid ann ulréduu irinéuz , 
jetez les gravois dehors. Le singulier est peu 
usité, \oyez Dar. 
Au. Voyez .\vi'. 
Av. Voyez ll\ô. 

Aval, s. m. Pomme, fruit. IM. ou. N'hel- 
li'ur két miroud ann avalou héclénè , on ne 
peut pas conserver les pommes celte année. 

AvAL-bERÙ , s. m. Noix de galle , ou pomme 
de chêne. Ann avalou-derô a zù tndd da Uva é 
dit , les noix de galle sont bonnes pour teindre 
en noir. 

AvAL-DoiAB , s. m. Pomme de terre , légu- 
me farineux. PI. avaloii-duuar. Quoique cette 
plante ne fût pas connue de nos pèies , j'ai 
cru devoir lui donner place ici , avec d'autant 
plus de raisons que le nom par lequel on la 
désigne est pur hnton , et qu'il était déjà 
commun à la truffe et à l'aristoloche. Likid 
avalou-douar da boaza cl ludu lomm , met- 
tez des pommes de terre à cuire sous la cen- 
dre chaude. 

AvAL-TANN. Le même , pourla signilication , 
q\icaval-derô , lann étant , aussi bien que derf 
et dcro, un des noms que l'on donne au chêne. 
AvALEN , s. f. Pommier , arbre qui porte les 
pommes. PI. avalcnnou ou avalcnned. N'euz 
két kalz a vlcàn etin avalenned , il n'y a pas 
beaucoup de Heurs aux pommiers. Ce mot est 
peu usité ; on dit plus ordinairement givézen 
avalou, arbre de pommes. 

AvALEN.NEK , S. f. Pommeraie , lieu planté de 
pommiers. Verger. PI. uvalenncgou. Id da 
glask ho tdd cnn avaknnek , allez chercher 
votre père dans la pommeraie. 

AvAMA ou AvAMAÑ , adv. D'ici. De ce lieu- 
ci. l'ôstcit avama , approchez-vous d'ici. Ce 
mot est du dialecte de \ annes. Voyez Ac'ha>n. 
AvAÑK , s. m. Bièvre , animal amphibie : 
c'est une espèce de castor. — Il désigne aussi 
ce dernier animal , dans les anciens poëmcs , 
et le crocodile , ainsi que tout monstre amphi- 
bie. H. V. PI. éd. Kalz a avañked a bakcur 
ama , on prend beaucoup de bicvres ici. 
AvDEii. ^ oyez Haodek. 
AvÊ , s. m. Attelage. Charrette avec tout 
son équipage. Harnais. PI. avéieu (de trois 
syll. , a-vé-ieu). Deti avé kaer en deûz , il a 
deux beaux attiljiçes. Ce mot est du dialecte de 
\annes. Voyez Tex.v, deuxième art., et Stern. 
AvÉEiN , et , par abus , Aven , v. a. Atte- 
ler. Harnacher. Enharnachcr. Virl. avéet.Deùd 



.\ZK 

de avéein er e'hiick , venez atteler les che- 
vaux. Ce mut est du dialecte de Vannes. Voy. 
Steuna. 

An EL, 8. f. Vent, air en mouvement. Du 
vent. Au ligure, vanité. Orgueil. PI. ou. Ann 
avel a zô ién hiriô , le vent est froid aujour- 
d'hui. Ltdn eo hé benn a avel, il est plein de 
vanité. Eu l'réguicr et en Vannes , aouel (de 
deux syll. , a-ouel ). — En Corn. , ael. Eu 
Galles, awel. Avelviz, vent du nord-est. 
Avel-gécrel , vent du raidi. Avel-vOr , vent 
d'ouest. Avel-f/iealarn , vent du nord. /Ivcl- 
skañv , brise. Vent doux ; vent qui fait germer 
et Ueurir ( Lag. ) H. V. 

AvELtit, adj. et s. m. Venteux. Exposé au 
vent. Sujet aux vents. Au ligure, vain, quia 
de la vanité. Orgueilleux. Evaporé. Léger. 
Dissipé. Pour le pi. du suhst. , avéléien. Avi- 
Ivk brdz eu /ici ti , votre maison est fort expo- 
sée au vent. Ar piz a zô avéiek, les pois sont 
venteux. Gwall avélcg eo ann dén-zé , cet 
hommelà est bien vain , bien orgueilleux. On 
dit aussi avéluz , à peu près dans le même 
sens. 

Avélen , s. f. Hernie. Descente , en parlant 
des boyaux. PI. avélennou. Eunn avélena lô 
deùd d'ézhaâ , il lui est survenu une hernie. 
Hors de Léon , aouélen — et aélen. H. V. 

Avélennek, adj. et s. m. Qui a une hernie, 
une descente. Celui qui a une hernie. Pour 
le pi. du subst. , avélennéien ou avélennéged. 
Ann avéiennéienné dU'ont kélmoñd war varech, 
ceux qui ont une hernie ne doivent pas aller 
à cheval. 

AvÉLi , V. a. et impers. Eventer , exposer 
auvent. Venter, faire du vent. Part. et. EmI 
eo da avéli hé benn , il est allé s'éventer la 
tête. Auéli a ra kalz er vrù-mañ, il vente 
beaucoup dans ce pays-ci. En Tréguier , 
aouéUñ (de trois syll. , a-oué-liñ). — En t^orn., 
aéla. En Vannes, aouélein. H. V. 

AvÉLDZ. Voyez Avélek. 

AvE.N, s. f. Rivière. Fleuve. V\. avenrmu.W 
est peu usité aujourd'hui , excepté dans quel- 
ques noms de lieux.— En Tréguier, aouen. 
En Corn. , aen et aon. Autrefois , avon. H.V. 
Voyez Ster. 

Aven , s. f. Mâchoire, l'os dans lequel les 
dents de l'animal sont emboîtées. PI. duel 
dioti-aven. Autre plur. , avénou. Uiléc'hed eo 
hé aven , il a la mâchoire démontée. Voyesi 
Karvan , prem. art., et Javed. 

AvÉNAD , s. f. Soufilet, coup sur la joue, 
sur la mâchoire. PI. ou- Ildid cunn avcnad 
d'ézhan , donnez-lui un soufilet. Voyez Kar- 
VANAÜ, Skolarnad et Javéuao. 

AvÉNEs , adj. et s. m. Celui qui a une grosse 
mâchoire. Pour le plur. du subst. , avénéitn. 
Voyez Karvanek et Javédek. 

AvÉNÉGEZ , s. f. Celle qui a une grosse mâ- 
choire. PI. éd. Voyez Karvanégez et Jaté- 

DÉGEZ. 

Avi. Voyez Haoi. 

' AviEL, s. m. Evangile, la loi et l'his- 
toire de Jésus-Christ. Cette partie des évan- 



ÂZI 

giles que le praire lit ou chante à la messe. 
PI. ou. Ann drà zé a lenneur cnn aviel , on lit 
cela dans ['('vangilo. l'iou en dcùz haned ann 
aviel hirio ? Qui est-ce qui a chante l'évan- 
gile aujourd'hui? Voyez Abostol. 

* AviÉr.A, V. n. Chanter l'évangile ii la 
messe. Part. el. Avie'la a rai va breûr enn ofé- 
ren-hrcd, mon frère chantera l'évangile à la 
grand'mcsse. Voyez AnosTOLi. 

* AviÉLEB, s. m. Evangéliste. Diacre. De 
plus , celui qui chante l'évangile à la messe. 
Pl.ten. Aviélcr en pell zii , il y a longtemps 
qu'il est diacre. Aviéler é vézù disûl , il chan- 
tera l'évangile dimanche. Voyez Adostoleb. 

Aviez , s. f. Avives, maladie des chevaux , 
dans laquelle les glandes de la gorge sont en- 
flées. Ann aviez a zô gañd ho marc'h , votre 
cheval a les avives. 

Avon. Voyez Aven , prem. art. 

*AvocLTn , s. m. Adultère. PI. ien. Ce mot 
qui est roman , n'a pas d'équivalent breton ; 
il faut le remarquer à l'honneur de celle 
langue. H. V. 

* AvooLTHEZ , s. f. Adultère. PI. éd. H. V. 

* AvocLTRi , V. n. Commetlre un adultère. 
Part et. H. V. 

* Avoi'LTniEz , s. m. Crime d'adultère ; vio- 
lation de la foi conjugale. II. V. 

AvREK. Voyez IIavbek. 

AvBON. Voyez Akron. 

Atu , s. m. Foie , un des viscères de l'ani- 
mal. Ann avu , le fuie. Droug avxi en deùz , il 
a mal au foie. En Vannes, au ou eu (de deux 
syll.) Voyez Èlaz. 

Awalc'h. Voyez A walc'h. 

Az. Voyez Ad. 

Az. Voyez Azen. 

Az.AouEz (de trois syll. , a-za-ouez) , s. f. 
Attention. Prévenance. Soin. Pensée obli- 
geante. Egards. Considération. — Respect. 
H. V. N'en deùz azaoucz é-bcd Md dén , il n'a 
de prévenance, d'égards pour personne. 

AzÉ , adv. Là , en parlant d'un lieu près de 
soi. É ma azé , kémeril-hcñ , il est là , prenez- 
le. Voyez Zé, Ama.ñ, Ahoñt , Ènô , D! , pr. art. 

AzEL. Voyez Kzkl. 

Azen, s. m. Ane, animal domestique qui 
a de grandes oreilles. Bourrique. Il se dit figu- 
rément d'un esprit lourd et grossier , d'un 
ignorant qui ne sait pas les choses qu'il doit 
savoir. PI. azéncd ou <!zcn. Ken hir eo hé zis- 
liouam éveln' eunn azen , ses oreilles sont aussi 
longues que celles d'un une. I/o ntiib né vézô 
biken néméd eunn azen , voire (ils ne sera ja- 
mais qu'un Ane , qu'un ignorant. Azengornelc, 
ignorant fieffé. 

Azéner, s. m. .Xnior, celui qui conduit un 
Ane ou des Anes. PI. l'en. 

AzÉNEZ, s. f. Anesse, la femelle d'un 
Ane. Bourrique. PI. éd. Lcaz azéncz a ge'mer 
bemdez, cvil hc c'hiénvéd , elle prend tous les 
jours du lait d'Anesse, pour sa maladie. 

AzÉNiK , s. m. Anon , le petit d'un âne , 
d'une Anesse. PI. azéncdigou. 

AzENNÉKEz , s. m. Anerie , grande igno- 



B\D 



l^ r 



rance de ce qu'on devrait savoir. Faulc cau- 
sée par cette ignorance. 

AzEÙ.EU ^le trois syllab. , a-zen-ler) , s. 
m. Ador.iteur. Sacrificateur. Celui qui oEfrc 
un sacrifice. PI. ien. Je ne connais ce mot que 
pour l'avoir vu dans des livres anciens ; ado- 
rer est le seul en usage aujourd'hui pour le 
substantif , et adori , pour le verbe. — En 
Galles , on écrit addñler, qu'on prononce azo- 
ler; mais l'orthographe de ce mol indique 
qu'il est le même que le substantif moderne 
adorer (du latin adorare) , les lîretons chan- 
geant continuellement r en r.. II. V. 

AzEÙLi (de trois syllab. , a-:eii-ii) , v. a. 
Adorer. Faire un sacrifice. Sacrifier. Part. e(. 
Voyez le mot précédent et Kééla. 

AzEÙLiDiGEZ (de cinq syllab., a-zeû U-di- 
gez], s. f. Adoration. Sacrifice. J'ai trouvé 
dans des livres anciens méan-azcûlidigez , 
pour autel , à la lettre , pierre de sacbificr 
ou d'adoration. Voyez Azkller. 

AzELLUz ,adj. Adorable, digne dèlrc adore. 

AzÉzA, V. n. S'asseoir. Se placer sur un 
siège. Part. et. Quoique ce mot soit très-usi- 
té, je ne le crois pourtant pas breton d'ori- 
gine, et je ne l'ai mis ici qu'à cause de son 
composé diazez , que je n'ai pas cru devoir 
négliger. Voyez Chodkkin et Koazè. 

AzÉzoD,s. f. pi. Assises; assemblée solennelle 
de juges ; juridiction criminelle. En Galles, 
Gorzézou. Voyez Diazézou. H. V. 

AziABARZ. Voyez A-ziabarz. 

Aziavéaz. Voyez A-ziavéaz. 

AZIÑDAN. Voyez A-ZI.Ñ DAN. 

AzioicH. Voyez A-zioi'c'ii. 
AzNAouT. Voyez Anaoct. 
AzNAT. Voyez Anat. 
AzoïRN. Voyez .\rzourjj. 
AzDANN. Voyez ASBANN. 



B 



B, Icltro consonne, la seconde de l'alpbabet 
breton. Elle se prononce comme en français. 

ISabie , s. ra. Petit enfant à la nourrice. 
H. V. 

Babouina, V. a. Couvrir d'ordures. Part, e ». 
( Lag. ) H. V. 

Babouz , s. m. Bave, salive qui découle de 
la bouche. De plus, légère ordure. Scc'hidar 
babouz d'ar bugel-zé , essuyez la bave de cet 
enfant. Eur babouz a zô enn hô lagad , il y a 
une ordure dans votre œil. Voyez (jlaocrkn. 

Babocza , v. n. Baver, jeter ou laisser tom- 
ber de la bave. De plus, batarder. Part. tt. 
Ar rugalé vihan hag ar gdzidia vabouz aliet, 
les petits enfants et les vieillards bavent sou- 
vent. Ar merc'hcd-honl né réoñl ncméd babou- 
za , CCS femmes - là ne font que bavarder. 
Voyez Glaouri. 

Babouzek , adj. el s. ra. Baveux. Bavenr. 
De plus , bavard. Pour le plur. du subsl. , ba- 
bouzéien. Né gareur kcd ar vabouzéien , on 



i32 TWC. 

n'aime pas les bavcurs ou les bavards. Voyez 

Gl.AOlllKK. 

llAnoi zÉcr/ , s. f. Baveuse. De phis , bavar- 
de. l'I. (■(/. Eur raboiizéges eo chnaz ar pla- 
c'hik-honl , celte petite fille est encore une 
baveuse. Kal: buhouzcgézed z6 er géar-mañ , 
il y a luMucoup de bavardes dans celle ville. 

Vü)CZ Gl.AOLBÉUBZ. 

L.iDoizÉiiHz, s. m. Action de baver, de 
bavarder. Havanlagc ou bavardcrio. 

Badu, s. m. Guigne , espèce de cerise douce. 
Babucn , f. , une seule guigne. PI. bahucnnou 
ou sinipleinenl babu. Eleiz a vabu a zù bel 
warUité , il y a eu beaucoup de guignes l'an- 
née dernière. 

Baul'ek , adj. Abondant en guignes. Cou- 
Tcrl de guignes ou de guignier». 

Baulem , s. f. Cluignier , arbre qui porte des 
guignes, des cerises douces. l'I. balui:nnuu ou 
babuenned. E via ar blcüñ er babucnned , les 
guigniers sont en (leur. On dit aussi et même 
plus ordinairement gwczcn-vubu , arbre de 
guignes. 

Bak. Voyez Bac. 

Bakol , s. m. Un des os du derrière de la 
tète du cheval , opposé à l'encolure. l'I. 10«. 
En Vannes, bajol ou bachol (par ch fran- 
çais j. 

Bad , s. m. Étourdisscment, action d'étour- 
dir. Situation, étal de celui qui est clourdi. 
Niaiserie. Havardcrie. Eblouissement. Etun- 
nement. On dit aussi badires , dans le même 
sens. 

Bada ou B.iDAoci fde trois syll. , ba-da-oui], 
V. n. Etre étourdi , ébloui, étonné. S'étonner. 
De plus, badaudcr, faire k badaud. Ce verbe 
se prend aussi au sens moral , pour dire parler 
en étourdi , indiscrètement. Part, badet ou 
badaottel. Baded ounn oc h hô Mcvout , je suis 
étonné de vous entendre. Jiada ou badaoui a 
ril, vous parlez en étourdi. Ne réoñl némcd 
bada héd ann dciz , ils ne font que badaudcr 
tout le jour. 

Badala , v. n. Cailler, re.spirer en ou- 
vrant la bouche involonlairemorii. Part. el.î\c 
ra némél badala, il ne fait que bàiUcr. En 
Vannes , Badatein. Voyez Dic'hénaoli ft Dis- 
lé vi-gén. 

Eadalen. s. f. Dague , poignard. Vl.Baüa- 
lennou (Lng.) II. V. 

Badalébez, s. m. rüüllement, action de 
bâiller. Dalc'hed hù padaljre: , ma,- gellet, 
retenez votre bâillement , si vous pouvez. Ce 
mol est du dialecte de Corn. Vovez Dislé- 

VÉREZ. 

Babaouer. Voyez Bades. 

BADAODÉnBZ. Voyez Biadérez. 

Badaoui. Voyez Bad\. 

BiDER ou Badaousr (de trois svll. , ha-da- 
mer], s. m. Etourdi. Badaud. Niais. Qui s a- 
muse à tout et admire tout. PI. ien. E Paris è 
wcteur Icalz a vadérien , à Paris , on voitbeau- 
foup de badauds. 

Badérez ou Badaocérez (de quatre syll.. 



ba-da oué-rez) , s. f. Etourdie. Badaude. Celle 
qui s'amuse h tout et admire tout. PI. éd. 

BARfinr.z. Voyez Bai». 

' Bahkz, s. r. Baptême , celui des sept sa- 
crements de l'Eglise par lequel on est fait 
chrétien. Ce mot est [)eu ou point usité seul : 
on le retrouve cependant dans le» composés 
divadez et yourvadez.- — En Galles , fccrfez et 
badd. En gaël-écos. , 6a. Quoique ce mot et 
ses dérivés soient empruntés dans un sens au 
grec , ils ne le sont pas d'une manière abso- 
lue , puisqu'ils ont pour racine le c(lli(|ut 
badd, bain , immersion. H. V. Voyez Badi- 

SIA>T. 

' Badèzi ou Badêz* , V. a. et n. Baptiser, 
donner , conférer le bapti'fne. Faire des bap- 
têmes. Part. et. lli'i preùr eo en deùz vabadé- 
zet, c'est votre frère qui m'a baptisé. Uni eo 
a vadézù héd nr zizun, c'est lui qui baptisera, 
(lui fera les baptêmes toute la semaine. En 
Vannes, badnin.V.n Tréguicr, badéiñ. 

* Baoisiañt (de trois syll. , ba-di-siañt) , 
s. f. Baptême. Ce mol, le même que badez , 
est plus usité, quoique sa terminaison soit 
moins dans le génie de la langtic lirelonne. 
PI. ou. Ar vadisianl en deiiz bel, il a eu le 
baptême. Kalz badisiañlou az6 bêd hiriô , il y 
a eu aujourd'hui beaucoup de baptêmes. — 
Hors de Léon , badiañt. H. V. 

Bag ou Bak, s. f. Bateati. Barque. Canot. 
Chaloupe. PI. bagou ou bagcier[(ic trois syll., 
ba-gé-ier). E bàg é teùiiil , ils viendront en 
bateau. — En gaël.-ccos. , bak. H.V. 

IjÀg-éar , s. f. Aérostat , cspèee de balk)n 
au moyen duquel on peut s'élever dans Tair. 
PI. Bagou-éar. II. V. 

BÀG-T.iN , s. f. iîateau à vapeur. PI. Bagou- 
Idn. ( A la lettre B.vteau de peu. )Ce mot , on 
le conçoit , est récent en breton , mais régu- 
lièrement formé d'éléments celtiques. H. V. 

Bag-treiz, s. f. Bac, grand bateau plat 
servant à passer les voitures d'un bord de ri- 
Tière à l'autre. 11 se dit de tout bateau de pas- 
sage. PI. bagou-treiz. Enn lu ail é ma ar vag- 
Ireiz , le bac est de l'autre côté. 

Baga, V. a. Embarquer, mettre dans une 
barque, dans un navire. Part. et. Bagid ar 
gicin , embarquez le vin. En cm vaga , s'em- 
barquer. Voyez Léstra. 

Bagad , s. f. Batelée. La plénitude d'un ba- 
teau. La charge d'un bateau. On l'emploieaussi 
pour troupe. Troupeau. Assemblée confuse et 
sans ordre. Attroupement. PI. ou.Diou vagad 
pcsked hon eüz ■pakel , Tions avons pris deux 
batelées de poisson. Ann houidi a ia atô a va- 
gadou , les canards vont toujours par troupes. 
Eur i-agad snovd , un troupeau de bêles à 
cornes. — Bagad-marclwgmen , brigade , 
corps de troupes. H.V. 

Bagéa , et, par abus, Bagèai , v. n. Con- 
duire un bateau. Se promener en bateau. Na- 
viguer par divertissement. Part, bage'el. Deüd 
da ragea gan-m , venez vous promener en 
bateau avec moi. 

Bagéer, s. ra. Batelier, celui qui conduit 



BAL 

un bateau. PI. Un. Eur bagnr mâd «o , c'est 
un Ijoii liateliiT. 

BAuÉÉnF.z , $. m. Action d'aller en buteau 
ou (le conduire up bateau, 

BicfiÉREZ , s. f. lîalelicre, celle qui conduit 
un bateau. PI. cd. Ma ne ma kéd ar bagéercr 
gi'ar , livirid d'ar vagcérez üvñil ama , si le ba- 
telier nlest pas à la maison , diles à la ijatc- 
Iji re de venir ici. 

lUr.iK . s. f. lîatelct. Bachot. Pelit bateau. 
— Nacelle. Yole. II. V. l'I. Ingottifiou- Kalz 
bagouigoH a wélannah<jHl,io vois là-bas beau- 
coup de batolels , de petits bateaux. 

Bauol, adj Saip. Dispos. Itobustc. Bien 
portant. Vigoureux. Bagol eo ann dén-iaou- 
añk-zé , ce jeune liomniiecst saifl , vigoureux. 

Hkhf.d, s. m. Sanglier ; po4c wuvngc. l'I. ou. 
H. V. 

BiHED , S. f. Coupf coup de boutoir de 
sanglier. PI. ou. (Coro.) H. V. 

Bauédi, V. a. Donner des coups; battre. 
Part. Baht'de(. Ce mot est du dialecte de Cor- 
iiouaillc. En Galles, bacddi. H. V. 

Bachol (par ch français). Voyei Bakol. 

Bâc'h , s. f. Croc, instrument h pointes 
courbées. Grand hameçon. PI. iou. H se dit 
plus particulièretnenl du croc, instrument de 
labourage. — En Vannes , bâton. II. V. On 
dit aussi divac'h , dans le même sens. 

B.vc" H , s. f. Lieu renferme , sans air ni cjar- 
té. Prison. Cachot. PI. iou. Sri: miz uunnbi'd 
er l'dcVi, j'.ii été sept mois au cachot. 

Bach. Voyez Baz , prem. art. 

Bac'ha , V. a. Renfermer,. Mettre en prison, 
au cachot. Emprisonner. Part. cl. Mfir pc: 
kèmércd , é vézô bac'het , s'il est pris , il sera 
emprisonné. 

BAc'uADun, s. m. Etat de celui gui est in- 
carcéré. H. V. 

Bachei.n , V. a. et n. Déconcerter. Rompre 
les mesures prises. Faire perdre contenance. 
Se déconcerter. Ulcbacliel hou âéz, ils m'ont 
déconcerté. liac'hcin e ra rahUH , il se décon- 
certe de suite. Ce mot est du dialecte de Van- 
nes. Voyez Divabc'ha. 

Bac'hêbéz , s. m. lucarcération, action d'in- 
carcérer. H. V. 

Bac'hiKjS. f. Crochet. Agrafe. PI. Isc'ftioKî- 
90t4 (de 4 S5II. , ba-c'hiou-l-çou'). C'est le di- 
minutif de bac k , prem. art. 

Bac'hiSôda, V. n. Se livrer àdes jeux d'en- 
fants. Badiner. (Du gallois /lac'/i , enfant, pe- 
tit*, diminutif bac'li'ik , inusité en bretun , el 
de naodda ou uùdda, agir , dont le .sub^staïUif 
»eüz s'est seul conservé en Arraoriuue. 1 
II. V. 

Baun (de deux syll. , en prononçant. toutes 
les lettres, baï-an] , adj. et s. m. Alezan, de 
couleur fauve , tirant sur le roux. Il ne se dit 
qu'en parlant des clicvaux. Un cheval alezflu. 
l'our le plur. du substantif, haiancj. Vnou 
varc'h baian tu dalz prend , il a acheté deux 
chevaux alezans. Likid ar baian oiid ar c'harr, 
mettez le cheval alezan à la charrette. 



BAL 



i33 



BAiziKCdc deuxsyl'. , en prononç-.jit toutes 
les Uttres, bai-zik,, adj. Jaloux, comme une 
mère l'est de son cnf.ml, s'impaticnlant de 
son absence. On donne celte épilbètc à celles 
qui caressent trop leurs eufants. De plus, zé- 
lé , qui a du zèle, de l'ardeur , de la ferveur. 
Aé unavézann kéd a vamm ker laisig hag lit, 
je ne connais pas de mère aussi jalouse qu'elle. 
Al' /lélbaisig a\calc'h ann dén iqouankfé , ce 
jeune bonmie n'est pas as^z ïêlé, il na ps- 
assez d'émiilitioD. 

Bajol. Voyrz Bakol. 

Bai. , s. m. Bal- Danse. Ce mot ne s'emploie 
guère seul , mais on iioiume Jial-Gtrné ;hal 
de CornouaiUo) . une danse particulière aux 
Bretons , qui consiste .i tourner d'abord en 
rond, en se tenant tous par la main , el ."i se 
séparer ensuite deux .i deux , au refrain , pour 
sauter l'un devant l'autre. Quelquefois , au 
lipu de tourner en se lenanttous par la main, 
on fait le rond en se tenant deux à deux par 
le bras , pour sauter l'un dev.ant l'autre , au 
rtfrain. — En gaël, bal. II. V. 

CiAi. , s. m. et adj. Tache ou marque blanche 
au front des chevaux , vache , chiejis, etc. De 
plus , celui qui porte celte marque. Panaché. 
l'our le |)lur. du suhst. , bahd , lur.^qu'll est 
question de choses animées, et itahu, quand 
on parle de la tache elle-raèoie. Eur bal bi- 
han en deùzenn hé d(U,i\ a une l.icheblandic 
au front. Ar mar.c'k bal a zô hlah . le cheval 
qui a une m.irque blanche au front est ma- 
lade. iJa_/(on l'écrit communément bail] al 
\in nom de famille fort çnuimun en Bre- 
tagne. 

Bai., 5. m. Baquet, cuvier sans anses. Pl. 
ou. LiJUdùavr es bal, mettez de l'eau dans le 
baquet. En Vannes, balvk. Voyez B.ir.AZ. 
Cèol. 

BAun, s. m. La plénitude d'un baquet, 
d'un cuvier sans anses. Pl. ou. Awalc'h a véxô 
gañd daou valad , il y aura assez de deux ba- 
quet' pleins. Voyez Barazad. 

Bai-aen, s. f. Balai, instrument scrvajit à 
nettoyer , à ôter les ordures d'une chambre, 
dune rue . etc. Pl. balacnnou- Id da bréiia cur 
ralaen mi», allez acheter un balai Ae crin. 
Le mot balam , comme le français ualai lui- 
même, me seoibLe venir de baian, genêt , 
d'autant que cet arbuste e.'t coipraunémeut 
eraplojé à cet usage. Voyez Bala.n Sivur^ÉLCN. 

Balafen ou Balaven , s. f. Papillon, insccle 
vûlr.nt à ailes poudreuses. Pl. bahtfennou ou 
balafctmcd. On le dit aussi, au ligure, au 
sens de volage, inconstant, etc. Il y a une 
espèce de petit scarabée qu'un nonime bala- 
ftitinik-Doué , petit papillon de Dieu. Qucl- 
(|uiis-uns prononcent iitaUifoi, au lieu de ùo- 
lafcn. 

Bala>-, s. ra. Genêt, arbuste. Du gcndt. 
Halancn , f. , un seul pied de genêt. /; ma ar 
bleiiñ iT baian , le genèl est en fleurs. Quel- 
ques-uns prononcent banal. — Dans les vieux 
livres , bnnazi JI. V. En Vannes, Lcnal ou 
bonal. 



Bii.tMUK, adj. Abondant cn gsiKit. 

ÜAi.A>RK , s. f. Lieu planté dcgeii(»l. — tîc- 
iictaic. II V. Pl. balani'ijnu o\i bdtanéier. Quel- 
ques-uns prononcent banakk. V.u Vanne.", 
hruah'k ou bonalek. 

llu.AVEM. Voyez BiLlI'K.'y. 

ItiiniM^ , V. a. Altérer, causer la soif. Part. 
balbéel. Er tjwin ê en déz hé valbéel, c'est le 
vin qui l'a altéré. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Séc'hédi. 

TiM.uËzec'ir , adj. Qui est habituellement al- 
téré. Qui a souvent soif. (",e mot est du dia- 
letlc de Vannes. Voyez Séc'iiêoik. 

• Ualdouza ou Bal30iéza (de Irois sylliili., 
bal-bouij-za) , v. a. et n. Bredouiller. Bar- 
bouiller. Salir. Balbutier. Parler mal ou mal 
à propos. Part. et. lier mézeg é oa , n'en deiiz 
gréât ncinétbalbouza, il était si liimleux , qu'il 
n'a fait que balbutier. Voyez Daboiza. 

• Baldouzer. s. m. Brcilo\iillcur , celui 
qui bredouille , qui balbutie. Pl. ien. tur bal- 
bouzer n'eo kén, ce n'est qu'un bredouilleur. 

• .' Baldouzërf.z, s. m. Bredouiliemeiit , 
action de bredouiller, de b.ilbulier. Eur gauii 
brdz a ra oal-hañ arbalbouzérez , le bredouil- 
lemcnt lui fait très-grand tort. 

Baliî , s. m. Marche, mouvement de celui 
qui marche. Action de marcher. Promenade. 
— Procession. Marche guerrière. H. V. 
Uaou zervez balé zô , il y a deux journées de 
marche. Déomp da ôber eur balé , allons faire 
une promenade. tVarvaiê, debout , levé. War 
valé é ma bréma, il est debout actuellement, 
i! se lève , il n'est plus au lit. Voyez Kerz. 

Baléa ou B.ILA, et, par abus , Balé, v. n. 
Marcher. Cheminer. Promener. Se promener. 
Part, baléel. Skuiz ounn , né hellann mui baléa 
ou balé , je suis las , je ne puis plus marcher. 
Haléed hoc'h etiz kalz hiriô , vous vous êtes 
beaucoup promené aujourd'hui. Voyez Ker- 

ZOfT. 

Baléaden, s. f. Promenade. Action de ce- 
lui qui se promène. Pl. baléadennou. Da ôbcr 
rur valéaden eo éal , il est allé faire une pro- 
menade. Voyez Balé. 

Balek, s. ra. Opposition. Sorte de dégoût 
pour quelque chose. lialeg am eûz ô voñd di , 
j'ai de la répugnance à aller là. Ce mot est du 
dialecte de Cornouaille. Voyez Èrez. 

Baied, s. ra. Auvent, petit toit en sail- 
lie pour garantir de la pluie. Pl. ou. Ce mot 
est du dialecte de Cornouaille. Eur baled en 
dettz saved aziouc'h ann or , il a construit un 
auvent au-dessus de la porte. Voyez Apocel. 

Baléer , s. ra. Marcheur. Promeneur. Pl. 
icn. Eur baléer kaer eo , c'est un fort mar- 
cheur , un grand promeneur. Voyez Keezer. 

Baléérez, s. f. Marcheuse. Celle qui mar- 
che eu se promène peu ou beaucoup. Pl. cd. 
Eur valéérez vihan oc'h , vous êtes une petite 
marcheuse. Voyez Kebzérez. 

Balcg , s. m. Saillie ou avance d'un bâti- 
ment. Pl. ou. Eô li en dcûz eur baleg brdz war 
ca hini , votre maison a une grande saillie sur 



la mienne. On dit aussi balir , dans le mtint' 
sens. 

BàLftoi , v. n. Saillir , en ternie d'architec- 
ture , s'avancer en dch(jrs , en parlant d'un 
balcon , d'une corniche , etc. Part. et. Voyez 
Ualiba. 

Ualéui , V. a. .\voir de la répugnance pour 
quelque chose , de l'antipathie pourquel(|u'un. 
Uégoilter , donner de l'éloigneraent. Part. et. 
(le mot est du dialecte de (Cornouaille. 

Balégi'z , adj. Saillant , qui avance , qui sort 
en dehors, qui fait saillie, en parlant d'un 
bAlimetit. Voyez Dai.iruz. 

liii.F.i , S. f. Macreuse , oiseau de mer. Pl. 
éd. Huiez est tout simplement le féminin de 
bal, prcm. art. Ce mot pourrait donc se tra- 
duire ainsi : celle qui a u.nb taciib ou mabqub 
DLANCUE. Voyez Galdl'. 

Balc'u , aïij. et s. m. Fier. Allier. Hautain, 
l'anfaron. Arrogant. Isirouche. Hagard. Etour- 
di. — Orgueilleux. H. V. Pour le plur. du 
substantif, baie' lied. Ilalc'li eo hé lagad , il a 
l'icil hagard. Italc'h brdz eo ann dén-iaouañk- 
zé , ce jeune homme est bien étourdi. Àr bal-_ 
c'hed n'int karet gañd dén , les gens fiers et 
arrogants ne sont aimés de personne. Halc'h 
est un nom de famille fort commun en Breta- 
gne. 

Balc'iiaat , V. a. et n. Rendre ou devenir 
fier, arrogant , farouche. Part, balc'héet. 

Balc'hder , s. m. Fierté. Hauteur. Fanfa- 
ronnade. .\irogance. Etourderie. — Orgueil. 
H. V. Leûn eo a valc'hdcr , il est plein d'ar- 
rogance. 

Balc'hez , s.f. Femme fièrc , hautaine, ar- 
rogante , étourdie. Pl. éd. Voyez Balc'u. 

Bali , s. f. .4.1lée plantée de grands arbres , 
qui conduità une maison, .\venue. Pl. ballon. 
È penn ar vali é kéfod ann ti , au bout de l'a- 
venue, vous trouverez la maison. 

Balir. Voyez Baleg. 

Baliba , V. n. Saillir. En terme d'architec- 
ture , s'avancer en dehors , en parlant d'un 
balcon, d'une corniche, etc. Part. «(.Voyez 
Baléga. 

Ralibcz, adj. Saillant, qui avance, qui sort 
en dehors , qui fait saillie , en parlant d'un 
bâtiment. Voyez Balégdz. 

' Balisen , s f. Valise , long sac de cuir. 
Pl. Balisennou. H. V. 

Ballin. Voyez Pallin. 

Balok , s. m. Baquet. Cuvier. t)e plus , men- 
ton , la partie du visage qui est au-dessous de 
la bouche. Pl. balogeu. Ce mot est du dialecte 
de Vannes. Voyez Bal, deu.îième article , et 
Helgez. 

B.tLTiM. Voyez Batalm. 

Baméi.i , V. a. Enchanter. Ensorceler. En- 
dormir par des contes. Tromper. Part. eJ. Ba- 
med é oé , il fut ensorcelé. Pérak baméin ané- 
hoñ , pourquoi l'endormir par des contes , le 
tromper. Ce mot est du dialecte de Vannes. 
Voyez BoÉUA , Toüella et Strôbi.nella. 

Bamérec'h, s. m. Enchantement. Ensorcel- 
lement. Action d'endormir par des contes , de 



BAO 

tromper. Dré hamcrcc'h é ra liémcñt-sé , voar 
i larcr , d'après ce que l'on dit , il fait tout 
cela par enclianlcmcnt. (x' mot est du dialecte 
de Vannes. >ojez Uoéméiiez, Toueli.éhez et 
Sthùui.nel. 

JiAMooR, s. m. Enclianleiir. Sorcier. Celui 
qui endort [lar îles contes. Tiorapeur. ['\.iun. 
Ne gn'der némeûr hiriv cr bamourum , on ne 
croit guères aux sorciers aujourd'hui. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. Voyez Coémeb et 

TOIELI.ER. 

Bamol'rez , s. f. Encliantercsse. Sorcière. 
Fco.1'1. f(J. Tec'hein é réer dioul-IU l'vclpé vé 
eur bamourez , on la fuit comme si c'était une 
sorcière. Ce mot est du dialecte de Vannes. 
Voyez BoÉMÉKEZ et Tolellérez , deuxième 
art. 

BiNAL. Voyez Balan. 

* Banel, s. f. Venelle, petite rue élroitc 
et longue. Petit chemin. PI. hanellou. Trûid 
a gleiz dré ar vanel , tournez à gauche , par la 
venelle. V'oycz Ilù et Strévt. 

Bangolnel , s. f. Pompe , machine qui sert 
à élever l'eau ou autres llnides. 1*1. bafigou- 
nellou. Né zcù kéd a zour cùz ur vañgouncl , il 
ne vient pas d'eau de la pumpe. Ce mot est du 
dialecte de Cornouaille. Voyez Rinot'L. 

BaSgoi'nella , V. a. et n. Pomper, élever, 
puiser avec une pompe. Faireagirune pompe. 
Part. et. Réd eo bafigounctla ann dour hoU , 
il faut pomper toute l'eau. BañgonncUtd cm 
eûz épàdann nôz , j'ai pompé tonte la nuit. Ce 
mot est du dialecte de (Cornouaille. Voyez Ki- 
BomA. 

Jîa.ngounemer , s. m. Pompier, celui qui 
fait ou qui fait agir des pompes. PI. icn. Ann 
làn a zâ cnn H , id da glask ar vañgounellérien , 
le feu est à la maison, allez chercher les pom- 
piers. Ce mot est du dialecte de Cornouaille. 
Voyez ItinoL'LËR. 

Baniéloub , s. m. Gonfalonier , celui qui 
porte le gonfalon, la bannière. PI. iox. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. Kn Galles , ban- 
nihiz. II. V. 

Bann , s. m. Jet. Jetée. Rejet. Pousse. De 
plus , rayon. Aile de moulin à vent. Echeveau. 
PI. ou. Enn cur bann eo dcûclbélég ama , il 
est venu jusqu'ici en un seul jet. lianiwu hir a 
zû oud ar gwéz-zé., ces arbres ont de longues 
pousses. Torrcdeobann a/'i'iiin-awl, l'ailedu 
moulin à vent est rompue. Voyez les articles 
suivants. 

Bann-uéoi, , s. m. Rayon de soleil. PI. lan- 
nou-héol. Mar Icii cur batiii-luvt, éz inn crméaz, 
s'il vient un rayon de soleil , je sortirai. Voyez 
Saézen. 

Bann-Id, s. m. Airée de blé, la quantité de 
gerbes qu'on met en une fois sur laire. Dm 
bann-id hon éz c'hoac'k de ztirnfin , nous 
avons encore deux airoes de blé à battre. Ce 
mot est du dialecte de Vannes. V'oyez LeO- 
niAD. 

IJann-neûi) , s. m. Echeveau de fd. PI. ban- 
nmt-neùd. iJibunid ar bannou-ncùd-via , lié- 
videz ces échevcaux-ci. Voyez Kuden. 



Banna , V. a. et n. Jeter avec violence. Je- 
ter haut ou loin. Rejeter. Repousser. Exclure. 
Bannir. De plus, tomber, verser, en parlant 
d'une charrette , etc. Part. cl. Hanned co bi'd 
oud ar roger , il a été jeté conlre la muraille. 
lianna a rai ar c'harr , la charrette versera. 
Voy. TuiLA. 

IfAN.NAC'ii. Voyez Banné, premier article. 

BaNiVé, s. m. Cioutle, l'n pcMi de boisson. 
Coup à boire. Ttait. lii peu . même sans égard 
au liquide, puisque l'on dit cur banné làn , 
un |)eu de feu. PI. bannéoix. Raid d'in eur ban- 
né dour, donnez-moi une goutte d'eau. Ecil 
cur banné gwin , buvez un coup de vin. A van- 
néou , goutte à goutle , par gouttes. Banné a 
encore la signilication de gouHe. , dans le sens 
métaphori(iue, pour dire très-peu ou point 
DU TOUT. Ae viélann banné , je ne vois goutte , 
je ne vois pas du tout. i\é giev banné, il n'cn- 
lend goutte. En Tréguier , bannec'h. En Cor- 
nouaille et \'aiines , bannach. Voyez Bërad et 
Iaken. 

RanmS, s. m. Taie, pellicule ou tache blan- 
che qui se forme quelquefois sur l'œil. PI. ou. 
Ar banné a zô war hé lagad, il a une taie sur 
l'œil. Voyez (Ilazen et IAvennen. 

Baisnec'h. Voyez BA^^É , premier arlicle. 

BA^^Él(EZ , s. m. Action de jeter avec vio- 
lence, de rejeter, de repousser, etc. Rejet. 
Répulsion. Voyez Ran.na. 

Bannier , et, par abus, BANMEL(de 2 syll., 
ban-nicr , ban-niel) ,s. m. Bannière , enseigne 
de guerre. Drapeau. Etendard d'une église , 
d'une confrérie. PI. ou. Eur bannier ho detiz 
kolled enn cmgann , ils ont perdu un drapeau 
dans le combat. Uanniérou ar vreûriez a tô 
pounncr , les bannières de la coiilrérie sont 
lourdes. — En Galles , banniar. 11. V. 

Ba.nô ou Banv , s. f. 'l'ruie qui a des petit» 
cochons. PI. banved ou binvi. l'réned cm evz 
ar vanii gañd hé môc'h munud , j'ai acheté la 
truie avec ses petits cochons. Voyez Groll , 
premier article, et Gwiz. 

Banv. Voyez le mot précédent. 

* Bainvez , s. m. Banquet. Festin. Régal. 
Repas magniljque. PI. banvésiou (de 3 syll. , 
han-vé-.iiou). lialz a dùd a vézñ crbanvez , il 
y aura beaucoup de monde au banquet. 

" Banv<;za , v. n. Faire festin. Se régaler. 
Part. cl. Ranvéza a réuñd hiriO , ils se réga- 
lent aujourd'hui. 

Bao ÜU Bav , s. m. Engourdissement causé 
par le froid. Au figuré, engourdissement d'es- 
prit. Stupidité. Timidité. Ar boO avir na bléq 
hé viziad , l'engourdisscriK'nt l'eiiipèche de 
plier les doigts. A'e goltô bikcnn hé rai'i . il ne 
perdra jamais sa stupidité, sa limiilite. Vovcz 
Rava. 

Raol. Voyez Paol. 

Raotou Vaot, s. f. Torluc, nnimal amphi- 
bie renfermé dans une boite osseuse. PI. éd. 
On le dit aussi pour voilte , arcade ; mais alor.'i 
son pUir. est en ou. h'ilihaola ici màdoudar 
c'/ilfiu'('d-riir , la chair de tortue est boniii> 
pour le scorbut de mer. üiou raol zO en", hé 



i3(; 



;au 



di , il y a deux voûtes daiiii sa maiüun. Voyez 
lioi.z 

U.iuTi ÜU V.ioTA f de 2 syll. , bao-la ou vao- 
ta],v a. et m. Voûter. Arquer. Sevoftter. Se 
courber. S'arquer. Ue plus, marcher très- 
lenleiueiit , à pas de tortue. P:u'l. et. Ucd eo 
baota ar c'haO , il faut voûter la cave, l'évàij é 
vaoliC-hu évelsé ? Pourquoi vous courbez-vous 
ainsi ? Né oar két teeisout , né ra uénuil bauta , 
il ne sali pas marcher, il va à pas de tortue. 
Voyez Uoi.ïA et Khoumua. 
B\oT.». Le mèoie que liivâ. 
BAorEK on Vauteu (do i syll., bao-lek , , 
ailj. et s. m. Voûté. Qui a une voûte. Courbé. 
Qui baisse le dos. Qui marche à pas de tortue. 
Lent. Tour le plur. du subst. , baoléien (de 3 
syll., biw-té-ien). Bauléicn iñd hô duou ; \\s 
sont voûlés, courbés tous les deux. AV két kcr 
hiiniek ha c'Iwui , il n'est pas si lent que vous 
dans sa marche. Voyez Kiiolhh et Uoi.zek. 
B.toii)UÉ. N'oyez B.tBft. 
liAOL'ih (de "■! syll., ba-o\iik), s. m. Nasse, 
in^trumellt d'osier servant à prendre du pois- 
son. Mannequin. PI. baouiyou. Mar hor bé 
eur bwniig aman , é pakfcmp pesked , si nous 
avions une nasse, nous prendrions du pois- 
son. N'oyez Kiuel. 

U.ioz , s. f. Litière qu'on met à pourrir dans 
les chemins, pour en l'aire du fumier. Le lieu 
où se place cette litière. PI. ino.îjou (de2 syll., 
bao-siou). Réd eo sécel ar vao: a zirag ann or, 
il faut enlever la litière qui est devant la porte. 
Ar c'harr n'kellô két Ircmcnn dré ar vaoz, la 
charrette ne pourra pas passer par le lieu où 
l'on a étendu de la litière. Voyez Karden , 

GotSI.iDEX et SiRÉOUED. 

B.iR, s. ra. Sommet. Cime. Comble. Faîte. 
Branche. PI. barrou. Bdr ar menez , le som- 
met, la cime de la montagne. /Jarrou gwéz , 
des branches d'arbre. Dur est encore le 
comble , lorsque l'on parle de la mesure des 
grains , etc. Daou vdr ségal , deux combles de 
seigle. — Muzttl bdr , mesure comble. Uo Ic- 
vénez a vézô bdr, votre bonheur sera à son 
comble. II. V. Bdr est de plus une grappe de 
raisin , un essaim d'abeilles en un seul tas. 
Groupe. Eur bdr gwcnan , un essaim d'abeil- 
les. Eur bdr lùd, un groui)e de monde, de 
gens. Bdr se dit aussi de tout ce qui arrive 
subitement, avec impétuosité et violence. Ac- 
cès. Barrou lersien , des accès de Cèvre. Bdr 
a encore la signiûcation de balai , si on y ajou- 
te le nom d'un arbuste propre à cet usage. Bdr 
balan, balai de genêt ; 6dr bézo , balai de 
bouleau. Enfin, fcdr s'emploie dans le sens 
de lustre, éclat, fleur. Bdr ann oad, la fleur 
de l'âge. 

Bar-amzer, s. m. Coup de vent. Ouragan. 
Hafale. Tourbillon. Grain. PI. barrou-amzer. 
Ar bdr-amzer en deiiz hon taoled warannaod, 
le coup de vent, l'ouragan nous a jetés sur 
la côte. — On dit généralement bdrrad-amzer, 
hors de Léon. H. V. On dit aussi bdr-avel , 
dans le même sens. Voyez Azel. 
B.ÀR-ANN-TÎ ou Bàr-tî, S. m. Enseigne d'une 



nui 

boutique. Buuchou de cabaret. PI. barrou-U. 
Diibdr-U ann Kéol aour , à l'enseigne du soleil 
d'or. 

B.in-ABNft, s. m. Ora^çe. Tempi5le. l»l. bar- 
rou- arné. l'ell é oamp c'hnaz tùz ann douar pa 
eu dt-ùd ar bdr-umé , nous étions encore loin 
de la terre quand l'orage est survenu. 
Biu-AVEL. Vciycz Bàu-ajizer. 
Bàh-klé\véd , s m. Accès Attaque subite 
et violente de maladie qui dure peu de temps, 
telle que l'épilepsio, l'apoplexie, etc. PI. bar- 
ruu-kléñvéd- lUcùr a vàr-klcnvéd en dcût bel , 
il a eu plusieurs accès^ plusieurs attaques de 
sa maladie. 

B.iR-Koc.N.>Aa , s. m. Accès de rage. PI. liar- 
rou-kounnar. Réd eo laza ar c'hi , eur bdr- 
kounnar en dcdz bel , il faut tuer le chien, il 
a eu un accès de rage. 

BÀit-GLAÔ , s. m. Ondée, grosse pluie qui 
ne dure pas longtemps. Giboulée. PI. barruu- 
glao. Choumomb aman kén na véz'i tréméned 
ar bdr-glaô , restons ici jusqu'à ce que l'ondée 
soit passée. — Hors de Léon, bdrrad-glaô. 
II. V. _ 

B.VR-DOÜB BENNIGET , Àspefsoir , goupillon 
P'jurjetter de l'eau bénite. Asperges. H.V. 

B.ÎR-LÉVÉ.NEZ , s. ra. Enthousiasme, émotion 
extraordinaire de l'àme. II. V. 

Bàr-selber, s. m. Brosse, ustensile fait de 
poil de cochon ou de sanglier, servant à net- 
toyer. Vergeltc. Epoussette. Pinceau. PI bar- 
rou-skuber. Tréménid ar bdr-skubcr war va 
zaé , passez la brosse sur mon habit, brossez 
mon habit. Voyez Paloueh. 
B-VR-TÎ. Voyez B-Ïr-ann-tï. 
Bara , s. m. Pain. Du pain. PI. baraou. Ba- 
ra gwenn , du pain blanc. Bara gwiniz , du 
pain de froment. L'ara ségal , du pain de 
seigle. 

Bara-ansetx , s. m. Pourpier sauvage, 
plante. A la lettre, pain des oiseaix ou des 
VOLAILLES. On dit aussi bég-anncvn. 

Bara-a>n-hoüc'h, s. ra. Brionne ou cou- 

leuvrée blanche , plante. A la lettre , pain de 

POURCEAU. On la nomme aussi gwlnicH-ioenn. 

Bara-brazed , s. m. Pain de fine fleur de 

froment. Echaudé , gaufre. (Lag.) H. V. 

Bara-Kan , s. m. Hostie, pain-chant, pain 
d'autel. H. V. 

Bara-kockod, s. m. Alléluia', plante d'un 
aciJe agréable au goût. En quelques endroits 
on la mange en salade. X la lettre , pai.n de 
coccoc. 

Bara-Kocn , s. m. Pain grossier ; à la 
lettre , Pai.n de cuie.ns. 

Bara-Dic'hoell, adj. Azyme , pain sans le- 
vain. H. V. 

Baraa, V. a. etn. Boulanger, pétrir duj)ain 
et le faire cuire. Part. et. Baraa mdd a réeur 
er rrô-mañ , on boulange bien dans ce pays- 
ci. Ce verbe est peu usité , on dit plus ordi- 
nairement ôber bara. 

Barad, s. m. Trahison, action de relui qui 
trahit, l'erfldie. Pi. ou. Je ne connais ce mot 

que 



BAR 

que par le petit Diclionnairc du P. Maunoir. 
Voyez T0CE1.LÉRF.Z et Tiildaiiuéhez. — En 
(iallps, Brad. h. V. 

UARADoun , S. m. Traître. PI. icn. En Gal- 
les , bradmir. Voyez Tridard. II. V. 

IUraer , s. m. Boulanger , celui qui fait ou 
Tend (lu pain. V\. icn. A'ahhaméiieii ])invidik 
a wdlcur , on voit beaucoup de boulangeib ri- 
ches. Z/aracr est un nom de famille assez com- 
inun en Brel.igne 

Baraérf.'z , s. f. Roulangerio , lien où l'on fait 
le |)ain. PI. ou. h'a.iid ar hlcûd-man d'ar va- 
ravrcz , portez ce blé-ci à la boulangerie. 

1Jaraérez,s. f. Boulangère, celle qui fait 
ou vend du pain. l'I. cd. Llvirid d''ln péUac'h 
c chouin hô paradrcz, dites-moi où demeure 
voire boulangère. 

Bauaz , s. f. Baquet , cuvier à anses. PI. 
hwaznu ou barasiou. Le.'iz eur varaz zô anc- 
zhañ , il y en a plein un baquet. Voyez Bai. , 
deuxième article. 

Barazad , s. f. La plénitude dVn baquet i 
anses. PI. ou. Diyasid cur varazad zc.ur , ap- 
|)ortcz plein un baquet d'eau. Voyez Balad. 

Barazhr , s. m. Faiseur de barattes, de ba- 
quels. Tonnelier. PI. ien. Kasid ann drà-man 
lia di ar harazer , portez ceci chez le faiseur 
lie baquets. Barazer est un nom de famille 
fort commun en Bretagne. 

Barbaod , s. m. C'est la béte imaginaire dont 
on menace les petits enfants en Bretagne. 
C'est le loup , l'homme noir , etc. , des autres 
pnys. Ma na davez licl , é c halvinn barbaou , 
si tu ne te lais pas , j'appellftrai la bête. 

* Ba«k , s. m. Barque , bateau , petit navire 
qui sert au tr.msport des marchandises. PI. 
barkoH ou barkamted ou barkéicr. Ré rilian co 
arbark zé cvid nrpdz cm ciiz da lakaad ebarz, 
cette barque est trop petite pour ce que j'ai à 
y mettre. 

Barra , v. a. Kionner. Surprendre. Trou- 
bler. Jeter dans l'admiralion. Part. cl. Barkel 
hrdz ounn bel ô klevoul kémeñl-sé, j'ai clé 
étonné en apprenant cela. Je n'ai jamais vu 
employé de ce verbe que le participe. 

Barrana , v. n. Disputer sur le prix d'un 
objet. Part. cl. II. V. 

Barerd. Voyez Barc.ed. 

* Bardel, s. f. Mardelle ou margelle, 
grande pierre ronde et percée qui couvre tout 
le bord d'un puits. PI. bardellou. Eur rardel 
(jaer em cùz Ickéad ôbcr , j'ai fait faire une 
belle mardelle. 

* Bardf.î, , s. f. Barricade. Barrière. Retran- 
chement. PI. bardellou. Bardellou hô det'tz sa- 
vcd êpcnn ann lient , ils ont établi des retran- 
chements au bout du chemin. Voyez Sparl. 

Kl.OLED. 

•Bardeii.a , V. a. P.arrieader. Retrancher. 
Klablir un retranchement. Elever une bar- 
rière, des barricades. Part, cl. RédcobardcUa 
ann or , il faut barricader la porte. 

Baré nu Baoi'uiié (de 2 syll. , baou-dr-I] . s. 
m. .Séneçon , plante médicinale. .Ir guuniklcd 



VAS 1 .37 

a gdf hah ar baré, les lapins aiment fort Je 
séneçon. Voyez .\olréual. 

Bahged, s. ra. Buse, oiseau ilc proie , pe- 
sant et paresîeu.x. Au ligiiré, homme slnpide, 
lent, fainéant, sot. V\. bargéded. Ead co va 
dubé gañd ar barged , la buse a enlevé mon 
pigeon. Né rézo bikcn néméd crtr barged, ce 
ne sera jamais qu'une buse, un sot. 

Bakgède.n ou Bargoiéden ( de 3 syll., bar- 
goué-den) , s. f. Nuage devant le sob il. P|. 
bargédcnnou. Eur vargédcn a zû war an7i liéol, 
il y a un nuage «levant le soleil. 

IJAHCÉnKR, s. m. Badaud. Mnsard. Celui qui 
s'arrête d'une façon niaise à regarder ce qui 
se passe. PI. ien. Kalz bargédérien a zù cr 
géar-mañ , il y a beaucoup de musards dans 
celte ville. Voyez Lugcder. 

Bahgédérez , s. m. Action , discours de ba- 
daud, (le musard , de niais. 

Rargëdëhez , s. f. Badaude. Musarde. 
Niaise. PI. cd. 

Bargédi,v. n. Badaudcr. Faire le badaud, 
le musard. S'arrêter d'une façon niai.<c à re- 
garder ce qui se passe. Part. et. Ann hanter 
etiz hé amzer a goll 6 vargédi , il perd la moi- 
tié de son temps à badauder. 

Bargen. Voyez Bergen. H. V. 

Bargouéden. Voyez Bargëden. 

Barlafanoü. Voyez Palafa>od. 

Barlen, s. f. Ciiron , l'espace qui est de- 
puis la ceinture jusqu'aux genoux, dans nne 
personne assise. Le sein. La partie du lablier 
qui se trouve au-dessus des genoux. l'I. bar- 
lennnou. Hémàb a ioa war hé bartcn , son fils 
était sur son giron, sur ses genoux. 

Barlen ou Varlen, s. f. Verveine, plante 
à laquelle les anciens et les Gaulois particu- 
lièrement attribuaient de grandes propriétés. 
On la nomme aussi louzaoucn-ar-groaz et 
roazik. 

BARL^^■^■AD, s. m. La plénitude du giron , 
du sein. Ce qu'une femme peut porter dans son 
tablier enirc les genoux. PI. ou. Eur rarlen- 
nad avalûu a zigasann d'é-hoc'h , je vous ap- 
porte plein mon giron de pommes. 

Baulochoü (par ch français), s. m. pl.Jc 
ne connais l'usage de ce niol que dans cette 
phrase : mond war hé varlochon , aller sur 
les deux mains ; marcher comme les ruls-de- 
jatle. C'est une façon de parler triviale. 

Barn , s. f. Jugement, décision prononcée 
en justice. Justice. Condamnation. Sentence. 
Arrêt. Barre. Juridiction , — Censure , critique 
littéraire. II. V. PI. ou ou iou. Eur gwiill varn 
en deùz dougel , il a rendu un jugement 
injuste. Né kcd eûz ho par» , il n'est pas de 
votre juridiction. 

Barna ou PiARxouT, et. par abus, B*rn , 
V. a. Juger, rendre un jugement , un ar- 
rêt. Prononcer une senlenoe. — Juger un 
ouvrage d'esprit. H. V. Part, barùct. \a 
varnit kcl , ma ne fcll kcd dé-hoc'h béza bar- 
net , ne jugez pas , si vous ne voulez pas être 
jugé. — Ilarned co bel d'ar marô, il a été eon- 
dauiué à mort. II. V. 

18 



i38 



BAZ 



lUiiNÉüioF.z OU Barmdigkz , s. f. L'acliuii 
de juger , (Je jiruiioncer une sentence. 

Uaunkk , s. m. Juge, celui (|ui a le droit et 
l'aulurile de juger , de rendre la justice aux 
(larliculiers. — (k-iiseur, critique, celui qui juge 
des ouvrages d esprit. En dalles , bariwur. 
H. V. PI. l'en. liarner eu Itanvet gañd ar roué, 
il est nommé juge parle roi. 

li.tiiù , s. m. liarbe, poil du menton et du 
dessus des lèvres. PI. barvou. IJir eu hé varù , 
il a la bulbe longue. Ou ililaussi Oaifuubarv , 
mais baiô est le plus usiié. 

it.iitOL'KU. ^■oyez IJ.vkveb.. 

LiKR. Voyez ü\k. 

V.iKR.i, V. a. Combler, remplir un vaisseau 
par-dessus les bords. Uemplir un creux. Part. 
et. N'huc'h eii.' kél barred ar boézel , vous n'a- 
vez pas comblé le buisseau. Réd eu barra ann 
touU-zé , il faut combler ce trou. Voyez H.iu. 

B.iRUA , V. II. Se grouper, se réunir en for- 
aie de grappe, en parlant des abeilles. Pari, 
eî. liarred eu ar gwénan uud ar wézen ava- 
lou , les abeilles sont groupées contre le pom- 
mier. 

B.4HRÂD, s. m. Le raémc que bâr , lorsque 
celui-ci exprime ce qui arrive subitement et 
avec violciue. Darrad ne s'emploie pourtant 
que dans les composés. Uarrad-arné , orage , 
tempête. Barradgtaô , ondée, giboulée , etc. 
Voyez Bàb et ses composés. 

B.VRRiD, s. m. Astuce. Finesse. Ruse. Bar- 
rad ann dén -:é a zô brdz , t'asiuce de cet bom- 
me est grande. Ce doit être le même que 
harad. 

B.vRDADi'z, adj. Astucieux , qui a de l'as- 
tuce , de la linesse , de la ruse. Eunn dén bar- 
raduz eu, c'est un lioiume astucieux. 

Barras, s. m. Cloison faite de mortier, de 
torchis. PI. 011. Voyez Speùr. 

Babrek, adj. Qui a beaucoup de branches. 
Qui est couvert de grappes. Ar gwéz-mañ a 
zô barrck brdz , ces arbies-ci sont bien braii- 
chus. Né kél ker barrek ar winicn hévléné ha 
warléné , la vigne n'est pas aussi couverte de 
grappes cette année que l'année dernière. 
Voyez Bâr. 

» Barren , s. f. Barre , pièce étroite et lon- 
gue , de bois, de fer, etc. Levier. PI. barrcn- 
nou ou barrificr. Digasid eur varren houarn 
aman, appporlez ici une barre de fer. Voyez 

Sl'ARL. 

• Barre.nna , V. a. Barrer , fermer avec une 
ou plusieurs barres. Garnir , fortifier d'une 
barre. Barricader. Part. et. Barrennid ann ôr, 
barrez la porte. Voyez Sparla. 

' Barrez, s. f. Danse de théâtre. Ballet. PI. 
harrésiou { de 3 syll., bar-ré-siou). 

Bars. Voyez Bakz et Lbarz. 

Barv. Voyez Barô. 

Barvek , adj. et s. m. Barbu , qui a de la 
barbe. Celui qui a beaucoup de barbe. Pour le 
plur. du subsl. , barvéien (de 3 syll. , bar-vé- 
ien ]. Gwall varvek eo écid eunn dén iaouañk , 
il est fort barbu pour un jeune homme. Ar 
varvéien a zô kréoclt égéd ar ré ail , war a lé- 



BIv\ 

véreiir , les gens qui ont beaucoup de barbe 
sont, dit-on, plus forts que les autre*. Uof» 
de Léon , barouek ( de -2 syll. , bar-ouek). 

Barvéi.kz , s. f. Barbue, lille ou femme qui 
a de la barbe. PI. éd. N'eùz nélrddivatôoc'b 
éijéd eur ruriégc: , il n'y a rien de plus laid 
qu'une lille qui a de la barbe. Hors de Léon, 
baruuéycz (de 3 syll. , bar-oué-gez . 

•Bahver, s. m. Barbier, celui qui rase, 
qui fait la barbe. PI. ien. N'eûz kéd awak'ha 
varvérkn aman , il n'y a pas assez de bar- 
biers ici. 

Iîauz , s. m. Poëte. Musicien. Joueur d'in- 
strument. Celui qui fait métier de chanter pu- 
bliquement et aux assemblées, ou d'y décla- 
mer des vers. Barde. PI. éd. Il est peu usité 
aujourd'hui; maison le retrouve dans les li- 
vres ou les manuscrits anciens. Barz est un 
nom de famille fort commun en Bretagne. 

Bakzenne.n , s. f. Verrou de porto ou de fe- 
nêtre. Targette. PI. barzennennuu. Serrid ar 
varzennen , fermez la targette. 

Barzenne.n-span , s. f. Espagnolette , ferru- 
re des fenêtres. PI. Barzennennott-spañ. H. V. 

Barzez , s. f. Femme qui fait ou déclame 
des vers. Musicienne. PI. éd. Mar d-eo bar- 
zez , livirid d'ézhi Uana , si elle est musi- 
cienne , dites-lui de chanter. 

Barzonek, s. m. Poésie. Poëme. Morceau 
de musique. — Bardit. IL V. V\. bar zone g ou. 
Kanil pélennid d'é-utnp /lô parzunek , chantez 
ou lisez-nous votre poëme. Ce mot est pen 
usité aujourd'hui , je ne le connais que par 
les anciens écrits en langue bretonne. 

* B.is , s. m. Bat, selle d'une bêle de som- 
me. PI. ou. Ré vihan eo ar bas évid hô marc'h, 
le bat est trop petit pour votre cheval. 

Bas, s. m. Pâle préparée pour faire des 
crêpes. Ce mot est du dialecte de Cornouaille. 
Voyez ToAz. 

* Basa, v. a. Bàler, mettre le bât sur une 
bête de somme. Part. cl. Basil va marc'h, ma 
z-inn kuil , bâtez mon cheval , que je part*. 

Basa, v. a. Basa viou , battre des œufs 
dans un vaisseau , avec une verge ou un petit 
bâton , pour en faire une omelette ou tout au- 
tre mets. Part. et. 

Basrik ,s. m. Scrofulaire , plante employée 
contre les humeurs scrofuleuses, les écrouelles. 
Je crois que c'est la petite scrofulaire. Arbas- 
kig a zô mâd évid hé zroug , la scrofulaire est 
bonne pour son mal. Voyez LoczAOüEN-DBOua- 

AR ROÜÉ. 

* Baser, s. m. Bàtier , artisan qui fait des 
bâts pour les bêles de somme. PI. ien. 

* Basin, s. f. Espèce de grand plat rond ou 
ovale. Sorte de plat large et profond , dont s« 
servent les apolhicaires et les chimistes. .Ba- 
sine. PI. ou. Voyez Pt.iD, deuxième art. , Disk 
et Kaoter. 

Basta ou Bastout , V. n. SufTire. Satisfaire. 
Pourvoir , fournir aux besoins. Part. et. Ann 
nébeûd am eùz a vait dHn, le peu que j'ai me 
sullit. AV heil kéd ann dén-hofu basta da bép 



BEG 

Ird, cet Iiommc ne peut suffire, satisfaire à 
tout. 

* lUsTAitD, adj.ct s. m. TÎAlanl. Enfant il- 
légitirüc. Fils naturel. V[.baslarürd , cl , iilii§ 
communcraciit , bhlcrd. Peùiiidsa ar rhlerd 
a zo lioañl, en général , les bâtards SDnl d'une 
jolie figure. 

* Bastardez,s. f. Râlardc. Fille illégitime, 
naturelle. PI. baslardihcd ou hcsierdczcd. Eur 
vaslardcz vilian é dciiz , elle a une petite fille 
natureüe. 

•Bastaroiez, et, par abus, BASTAriMAcii 
( par ch français) , s. f. Uàtardise, élat de ce- 
lui qui est bâtard , enfant naturel. Ar (jwir a 
vaslardicz , le droit do bfttardise, droit du rui 
deFr.ince de succéder aux b;itards. 

Baster , s. m. Pourvoyeur , celui qui est 
charge de fournir. PI. icn. II. V. 

Bastidic.f.z , s. f. Surtisance , ce qui suffit , 
ce qui est assez. Jlor baslidiijcz hon eùz aiié- 
shañ , nous en avons notre sullisance. Voyez 
GwALc'ii , deuxième article. 

Bastodt. Voyez Basta. 

Bastroijif.in , V. a. Parbouiller. Souiller. 
GStcr. Kmlirouiller. Part. et. UaslroxiUd édcûz 
ht'.daouarn , elle s'est barbouillé les mains. Ce 
niot est du dialecte de Vannes. Voyez Stla- 

BASTRocLKn, S. m. Barbouilleur, celui qui 
barbouille , qui souille . etc. Celui qui peint 
grossièrement. PI. ion. Ce mol est du dialecte 
de Vannes. 

Bastuz, adj. Suffisant, qui suffit. Né Jcà 
basluz ann drà-zc , cela n'est pas suffisant. 

Batalm , s. f. Fronde , tissu de corde avec 
quoi on lance des pierres. PI. ou. Hé ziskarcd 
en deùz gañd eunn laol balalm, il l'a renversé 
d'un coup de fronde. Quelques-uns prononcent 
ballajn. 

Batalma , V. n. Fronder, se servir de la 
froflde. Lancer des pierres avec une fronde. 
Vavt.el. IlaCalma a ra a bouéz hé zivrcc'h, il 
fronde à tour de bras. 

Batalmad,s. f. Coup de fronde. PI. ou. Eitr 
batalmad en dcùz béd war hé ddl , il a reçu un 
coup de fronde sur le front. 

Batai.mer , s. m. Frondeur , celui qui se 
sert de la fronde. PI. icn. Eur batalmer brâz 
eo , c'est un grand frondeur. 

Bataraz , s. f. Massue, bûton noueux et 
beaucoup plus gros par un bout que par l'au- 
Irc. PI. ou. Névalé nrpréd héb héviilaraz , il ne 
marclie jamais sans sa massue. 

Bav. Voyez Bao. 

Bava ou Bavi , v. a. et n. Engourdir , ren- 
dre comme perclus. Endormir une partie du 
corps, en sorte qu'elle soit presque sans mou- 
vement cl sans sentiment. S'engourdir. — 
Celer. H. V. Part.ef. liaved eo hé c'hdr gañd 
ar riou, le froid lui a engourdi la jambe. 

Bavédik ou Bavidik, adj. Engourdi. Au fi- 
guré, slupide. T\m\iie. Aé kél bavidik hôvtdp 
héna , voirc fils aîné n'est pas engourdi . n'est 
pas timide. 

Bavi. Voyez Bava. 



BEL 



■^0 



Bavidik. Voyez Bavédik. 

B.Àz , s. f. Bâton , long morceau de bois 
qu'on peut tenir à la main , servant à divers 
usages. Pl.6isier(dc 2syll. , bi-sicr ^. Lurtdz 
a zanu benn , un bâton à deux bouts. — Eur 
prnn-bdz , Un casse-tète , à la lettre , ln niTo.> 
A TÈTE , c.à-d. , à gros boni. II. V. Eunn taol 
hdz , un coup de bâton. En Vannes, bdc'h. 
PI. bic'hicr. 

* I5ÀZ , adj. Peu profond. Peu creux. Qui est 
près de la superficie. Ulé a grédé c oa bdz ann 
doiir aman; hôyen doun eo , je croyais que 
l'eau était peu profonde ici; mais elle l'est 
beaucoup. 

Bàz-kannérez , s. f. Battoir, palette en 
bois servant à battre le linge pour le laver. 
PI. bisier-kannérez. 

H.vz-DOTU , s. f. Crosse , bàfon crocliu pour 
jouer au jeu de la ciosse. PI. bisicr-dotu.Tor- 
red eo va bdz-dolu , ma crosse est rompue. 

B.iz-iÙD , s. f. Bàton gros et court, qui sert 
à mêler la bouillie sur le fi'U. PI. biiier-iod. 
Ar vdz-iûd a zâ devel , le bâton qui servait à 
mêler la bouillie est brûle. Ce mot est compo- 
sé de bdz , bàton , et de iôd, bouillie. 

B.iz-LOAEK , s. f. Béquille, sorte de bâton, 
qui a parle bout d'en haut une petite traverse, 
sur laquelle les vieillards, les infirmes ou les 
estropiés s'appuient pour marcher. PI. bisier- 
loaek. Né hell rmd balé néinéd gañd eur vdz- 
loaek , il ne peut plus marcber sans béquille. 
Ce mot est composé de bà: , bâton, et de 
loaek , adj. dérivé de loa , cuiller , et pouvant 
signifier qui a la forme de cciller. Je ne con- 
nais ce mot loaek employé que dans le com- 
posé bdz-loack. 

B.iz-VALAN, s. ra. et f. Entremetteur, en- 
tremetteuse , celui ou celle qui fait métier de 
former des mariages , de faire, pour les jeunes 
gens, la demande aux parents, des jeunes 
filles en mariage. PI. bisier-balan ou bdz-va- 
lancd. Digémérel mdd eo béd ar bdz-vainn, 
rentremettcur a été bien reçu. Ce mot est 
composé de bdz , bàton, et de balan , genêt, 
apparemment parce que les personnes qui se 
chargent par état de ces sortes île commis- 
sions se distinguent en portant une canne de 
cet arbuste. Lorsqu'ils ont réussi dans leur 
mission, les nouveaux mariés leur doivent au 
moins une paire de bas à coins jaunes. 

Bazad , s. f. Coup de bàton. PI. ou. iiañd 
eur imzad en dcùz lazed ar r'/ii , il a tué le 
chien d'un coup de bâton. Le plur. bazadou 
exprime ce qu'on entend en français par bas- 
tonnade , volée de coups de bàton. N oyezB.iz, 
pri'mier article. 

Bazata, v. a.Bâtonner. Battre. Frapper du 
bàlon. Donner des coups de bâton. Part. et. 
Dalc'hed ho deùz al lacr enn ti , hag hô deii: 
hi vazatct kié, ils ont retenu le voleur dans 
la maison , et l'ont bàtonné d'importance. En 
rm vazata , se battre à coups de bàlon. Voyez 
Uvz , premier article. 

Bazataer , s. m. Donneur de coups de bà- 
lon. Celui qui aime à donner des coups debâ- 



i/|') MM 

ton. l'I. icn. Voyez Uiz , jiiomicr article. 

UàzkaSv , s. f. Tiéleaii riiiicLire ( de Idz , \A- 
toii , i-l lie Auiii', (iiuil ). Sans plur. W'ar ar 
vazkanv éina , il est sur IfS hcleiuix fuiiùbies. 
Hors do l.i'oii , bazkaoñ. II. V. 

UÂzoït ou l'izouii , s. m l)iiri(|uicr. PI. ien. 
(Vocab. du \' siècle.) Hc bùz nu pdz, monnaie, 
el de our pour (/our , liouiuiu. 11. V. 

BizouLE.N , s. f. lialtaiit , espèce ae marteau 
qui pend dans le milieu d'une cloche , el qui 
la frappe pour la faire sonner. l'I. bazuuUniiuu. 
Baztiulen arc'hlûc'h brà: a zd kmu'zel, le bat- 
tant de la grosse clotlie est tombe. un dit aussi 
bazoul. l'I. ou , et alors il est masculin. 

15k, s. m. liélemenl, le cri des moutons 
PI. bfiuu f de -2 syll. , en prononçant toutes les 
lettres, be-iau). lie ann déñved a gleiunn , 
j'entends le bêlement des brebis. 

Bé. Voyez 15éz. 

Bé.vc'u, s. f. Faix. Fardeau. Cliargc. Poids. 
Au figuré , peine. Difliculté. il. iou. Evr 
léac'h gvol, un faix d'herbe. /iuc béac'hbniz 
a zô Cad diwar ru c'hein , je suis déchargé 
d'un grand fdrdeau. lidac'h a vt'zo yuud hi, 
il y aura de la peine , de la dilTicuUé. Hors 
de Léon , bec'h. 

Beac'h-penn , s. m. Casse-tête , ce qui de- 
mande une grande contention d'es[irit. II. V. 

Bék ou Bég , s m. Bec, la partie qui lient 
lieu de bouche aux oiseaux. La pointe de cer- 
taines cho.ics. De plus , bouche , en parlant du 
cheval , etc. Museau. Visage. — Embouchure, 
ouverture d'un canon cl de la partie de cer- 
tains instruments de nuisiqnc que l'on met 
dans la bouche pour en jouer ou pour en 
sonner. H.V. PI. bégou. Mclen eo hôvég, il a 
le bec jaune. ISég ar ijarrek , la pointe du 
rocher. licg-ouc h-vég , tête à tète , bouche 
à bouche. Gañd ar bcg ha gañd al lemm , 
d'estoc et de taille. — Hors de Léon , bék a 
encore la signilicalion de genou , bouche de 
l'homme. Un poète bien connu a dit : 
.Vf-' droite' hô ma zt'i'xl em Ock , 
Kl ni (tiziski ar bri'zoïitk. 
Je couperai ma langue en ma bouche , avant 
d'oublier le breton. H. V. 

Bék DOUAR , s. m. Pointe de terre. Cap. 
Promontoire. PI. bégou-douar. Kalz bc'gou- 
douar zô du drémen ac'hann di , il y a beau- 
coup de caps à passer d'ici là. Voyez Mit*, 
deuxième article , et Penn. 

Béka ou Békat , V. a. et n. Becqueter. 
Prendre ou piquer avec le bec. Donner des 
coups de bec. Se battre à coups de bec. Part. 
et. Béka a ra enn dourn , il vient becqueter 
dans la main. On dit aussi békéla , dans le 
même sens. 

Békéd , s. m. Brochet , poisson d'eau douce. 
PI. békédcd. Eur békéd kaer hù deûz pakel , 
ils ont pris un beau brochet. 

Békéta. Voyez Béka. 

Béd , s. m. Monde , l'univers , le ciel et la 
terre , et tout ce qui y est compris, La terre , 
le globe terrestre. Ar béd , le monde. Le genre 
humain. Le siècle. 2'rdf d eo ar béd (li évil 



lu , le monde est renversé piilc pour p61e. 

B^.ueL. Voyez Pézki. , premier article. 

BEuêliiii. Voyez PEzéliaü, 

Béuiz , s. m. |>1. Ar bédiz , les gens du 
monde, du siècle. Le monde. Le genre hu- 
main. Les habitants de la terre. Les mondains. 

IlÉu-ANNEVN , ». m. Pour(iicr sauvage , 
plante. A la lettre . bkc des volailles. On dit 
aussi bara-ann-ein. 

Bëua , V. a. Faire une pointe à un pieu, à 
un outil , etc. Part. et. Héd eo béga va fait , 
il faut faire une pointe à ma faucille. Vo^ez 
ItEh. 

Bégau, s. m. Becquée. Plein le bec. Ce 
qu'un oiseau prend avec le bec pour donner 
à ses pi tils. De plus, bouchée. PI. ou. Ué 
vrdz bégad hoc h eûz rôed d'htl liibé , vous 
avez donné une trop grande becquée à votre 
pigeon. A végadou, par becquée, par bouchée. 

Bégaui , V. a. Donner la becquée à un oi- 
seau. Part. et. 

BEgaiî, s. m. Mélisse ou citronnelle , plante. 
On la nomme aussi louzauuen-ar-ijaloun. 

Bëgkk, adj. Qui a un grand bec. Pointu , 
qui a une pointe aiguc. l'éger bégeg eo al la- 
bouz-zé .' comme cet oiseau a le bec grand ou 
gros ! Nékél bégeg atvak'h ar werzid-mañ , ce 
fuseau n'est pas assez pointu. EnVann. , bégek 
a, de plus , la signification de beuét, déniais. 

Bêgek, s. m. Beccard, femelle du saumon, 
ou espèce particulière de saumon , ainsi nom- 
mé , parce qu'il a la tête fort pointue. PI. bé- 
géien ou bégéged. 

Bëgel , s. m. Nombril, creux qui est au 
milieu du ventre de l'homme et de la plupart 
des animaux. C'est aussi le nom que l'on 
donne au zeste d'une noix. PI. iou. Duñd a réa 
ann dour bétég hé végcl , l'eau lui venait jus- 
qu'au nombril. 

Bëgélia. Voyez Bëgia. 

BEgéliad (de 3 syll., bé-gé-Uad) , s. m. 
Bedaine. Gros ventre. Ventre avancé comme 
celui d'une femme près d'accoucher. PI. ou. 
Né garfenn kél kaoud eur bégéliad écel-t-han , 
je n'aimerais pas à avoir une bedaine comme 
lui. 

Bégéliek (de 3 syll., bé-gé-Uek), adj. et 
s. ra. \ eniru. Pansard. Qui a un gros ventre, 
un ventre avancé. Pour le plur. du substantif, 
bégéliéien [ de 4 syll., bé-gé-Ué-ien). Bégéliek 
co deùd a névez zô, il est devenu ventru de- 
puis peu de temps. Bégéliéien iñdhôdaou, ce 
sont deux gros ventres. 

Bégéliéhez. Voyez Bëgiérez. 

Bëgia ou Béia (de 2 syll., en prononçant 
toutes les lettres, bé-ia), et, par abus, Bfi- 
GiAT ou Béiat , V. n. Bêler, crier comme les 
brebis , les chèvres, etc. Part. et. Bégiaa ra 
ann oan , l'agneau bêle. On dit aussi bégélia. 

Bégiëkez ou Béiérez (de .\ syll. , en pro- 
nonçant toutes les lettres, bé-ié-rez', s. m. 
Bêlement, action de bêler. On dit aussi bégi- 
liérez. 

Bégin , s. f. SoufQet , instrument à vent 
pour allumer le feu. Il se dit plus parliculiè- 



BER 

rcmcnl d'un soufflet de forge ; — de plus, i7 
signifie deui! ,mais alors il isl niasciiliii. U.V. 
Pi. eu. Le naolestdu dialeclede>aniies;ailleurs 
on dit mégin. 

Hec'h. Voyez Béach. 

Lec'iie^ , s. f. Coructlc, cocfTe. PI. bec'hcn- 
nou (Lag.) H. V. 

Bëc'uia (de 2 syll. , lé-chia), v a. el n. 
Charger. Accabler. Peser. Etre pesant. Etre à 
charge. Pari, béc'hiel. lié léc'lded ounn , je 
suis trop chargé. Bc vécliia ara , il l'accable. 

Béc'hiuz ( de 2 syll. , bé-clùuz ), adj Pesant. 
Lourd. Accablant. Onéreux. Qui est à la char- 
ge. Gwall béc'hiuz eo , c'est bien lourd , bien 
pesant, bien accablant. AV ci'co Aet i^c'/iiuj 
bràz , ce ne sera pas très-onéreux. 

Béia. Voyez Bégia. 

Bëiérez. Voyez Bégiérez. 

Bel. Voyez Pézel , premier article. 

Bel, s. f. Combat. Bataille. Pl. ou. iLag.) 
En Galles, bel. H.V. 

Béla , V. n. Coraballre (Lag.) Part. ei. 
En Galles , béla. H. V. 

Belk , s. m. Petit bout de chevron sur la 
couverture d'un bâtiment. Pl. ou. On dit aussi 
dans le même sens berr-kébr , à la lettre , 

COCBT CnEVBOX. 

Bêlek , s. m. Prêtre, celui qui a l'ordre et 
le caractère du sacerdoce. En général , tout 
ministre de culte. Pl. bcléicn (de 3 syll. , en 
prononçant toutes les lettres, bclc-icn). Ar 
béleg en dcii: ho limézel, le j)rétre qui vous a 
marié. Kah béle'ien a zo marô warléné , il est 
mort beaucoup de prêtres l'année dernière. 
Bélek , et son diminutif béléyik , sont des noms 
de famille fort communs en Bretagne. — Bèlck- 
juzev, lévite, prêtre juif. Ausone nous apprend 
que Béleck est synonyme de Druide et qu il 
signifie Mimstre de Bel , ouBélen , dieu des 
anciens Bretons. En Galles , baélok Eugaél, 
bailek. IL V. 

Bélek , s. m. Petit poisson de mer , qui est 
une espèce d'éperlan, et qui est connu en 
Basse-Bretagne , où il n'est pas rare , sous le 
nom de petit-prêtre. Pl. béU'ien. Prênil bv- 
léien évid hor c'hoan , achetez des éperlans pour 
notre souper. 

Bélek , s. m. C'est un des noms que l'on 
donne à la bergeronnette , oiseau qui fré- 
quente les bords de l'eau. 

Bélégi, V. a. cl n. Ponncr la prêtrise. Or- 
donner prêtre. Se faire prêtre. Prendre l'or- 
dre de la prêtrise. Part. cl. Hélègcd eo bédar 
zixun drémincl , il a été ordonné prêtre la se- 
maine dernière, llélégi a rai, mur gell, il se 
fera prêlre, s'il peut 

Bélégiez, et , par abus , Bélégiach (parcft 
français ) , s. f. Prêtrise. Sacerdoce. Le carac- 
tère de prêtre calliolique. 

Bêler , s. ra. Cresson d'eau. Kals a vcler a 
zù tcar diù d'ar fvuñleun , il y a beaucoup de 
cresson autour de la fontaine. 

Belc'ii , s. m. Graine de lin encore sur sa 
lige, ou plutiM baie de lin , l'enveloppe de sa 
graine, — etbaicen général. ILV. Uclc'hen, 



BER 



i4> 



fém. , une seule baie de lin avec sa graine, lléd 
co teniia ar belc'h , abarz lakaad al lin erin 
dour , il faut oler la graine, avant de mettre le 
lin dans l'eau. Le P. Grégoire écrit polc'h et 
Lulc'b , mais l'usage , au moins en Léon , est 
pour bck'h. 

Belciiloré, s. m. Baccalauréat, premier 
degré universitaire. Ce mot, comme le latin , 
est composé de belc'U , baie , et de loré , lau- 
rier. IL V. 

Belc'uloréocb , s. ra. Fiachelier , promu 
au baccalauréat. ' Lag ) II. V. 

Béli , s. f. Pouvoir. Puissance. Autorité. 
Souveraineté. Dignité — Dans les vieux li- 
vres , il signifie souvent bailli, nom d'anciens 
cifîicicrs publics qui vient dn celtique. En 
Galles , il veut dire dévastahon. En Irlande 
et Ecosse , où il s'écrit Bailli , il équivaut au 
français. IL V. Vré hcvéU , par sa puissance. 
y hoc' h eûz béli é-béd war-n-oun , vous n'avei 
aucun pouvoir , aucune autorité sur moi. 
Bêliad. Voyez Pézéliad. 
Bell , s. f. Soûle , sorte de jeu de balle po- 
pulaire en Bretagne. (Lag.) Lue seule souie , 
ifei/cn. Voyez Mell. IL \. 

Bélôst ou Bilost , s. m. Croupière, mor- 
ceau de cuir rembourré que l'on passe sous la 
queue d'un cheval. Croupion, extrémité du 
bas de l'échiné. De pins , |iénultièmc, avant- 
dernier. Pl. ou. Raid ann askcl d'in , liamirid 
ar bclost évid-hoc'h, donnez-moi l'aile et gar- 
dez le croupion pour vous. Àr bilosl édù , il 
était le pénultième. 

Bêloir, s. m. Batailleur, combaltant. 'Lag.) 
Pl. ic«. j5e7our est un nom commun en Bre- 
tagne. IL V. 

Béliz, adj., qui aime les batailles (Lag.) 
U. V. 

Bemdez ou Bemdiz, adv. alj.et s. m. Cha- 
que jour. Tous les jours. De tous les jours. 
Ouvrable. J)'a7u zi é teù bemdez , il vient tous 
Us Jours chez moi. Hé dil.ad bemdez a ioa 
gaül-hi, elle avait ses habits de tous les jours. 
IMusieurs prononcent pemdez. War ar pemdtz 
ou bien d n/in dcisiou pcmdez, aux jours uu- 
vrablcs. Ce mot est composé de pcb ou bép ou 
béb , chaque , et de deiz ou déz , jour. 

Bem.noz , adv. Chaque nuit. Toutes les nuits. 
Bemriàz éz ann erméaz , je sors toutes les 
nuits. Ce mot est composé de pcb ou bép ou 
béb , chaque , et de noz , nuit. 

Bén , s. m. Taille. Ce mot no s'emploie ja- 
mais seul , mais on dit mcan-béH ou viéan- 
hénérez , pierre de taille. 

Béna, V. a. Tailler. Il se dit particulière- 
ment en parlant des pierres , et l'on y ajoute 
communément le plur. mein, pierres. Béna 
mcin , tailler de la pierre ou des pierres. 

Bëmazez , s. m. Architecture. Ce mot s'em- 
ploie particulièrement pour l'architecture reli- 
gieuse et peut avoir été introduit par les croi- 
s.ides , car on dit bcnays , pour architecture , 
en arabe. H. V. 

Bén.azézeb , s. m. .\rchitecle. Pl. im. U.\. 
' Be.ndel, s. m. Mo\eu , celte partie dumi- 



i.Vi 



1]i:r 



lieu (le la roue où l'on emliultc \va rjicü , et 
dans le creux de liiqtiellc entre l'essieu. PI. 
iou. On y ajoute presque lnujiiuru , soit le mol 
rùd, roue , soit Icuint karr, charrette. Ueñdcl- 
rùd , beñdA-karr. (juelqucs-uns écrivent et 
prononcent pendel. 

* Di:.ÑoEM ou Me.^dem , s. f. Vendange, 
récolte des raisins pour faire du vin. Je ne 
donne pas ce mut comme breton; je ne l'ai 
placé ici que pour faire voir avec quelle faci- 
lite les Bretons donnent à un mol étranger 
un faux air du pays, par le seul cliangemeiit 
delà lettre initiale; car. après l'arlicle , ils 
prononcent ar veiidftn , la vendange. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. On dit aussi bcñdc- 
mein , pour vendanger. 

BËiHKn ou l{ft,\EQ-MKiJ(, s.- m. Tailleur de 
pierres. PI. bcnéricn ou bénérien-rein. — Dans 
le Dictionnaire de Lagadec , écrit au w siè- 
cle, ilsignilie de plus , sculpteur. II. V. 

Béuërez.s. m. La taille , l'action de tail- 
ler, en parlant des pierres. — Sculpture (Lag. 
H. V. 

Béni ou Bim, s. f. Bobine , espèce de fu- 
seau sur lequel on dévide du fil , de la laine , 
etc. r.'est aussi celle petite canelle ou bobine 
placée au milieu de la navette d'un tisserand. 
i'I. hi'niou ou biniou. Ré a neùd hoc' h eùz lé- 
kéal war ho péni , vous avez mis trop de Cl 
sur votre bobine. Voyez Kanel. 

Bémid ou BIM.4Ü , s. f. Bobine couverte de 
fd , de laite , etc. , ou plutùt le fil que contient 
une bobine. PI. ou. Rôid eur vc'niad c'hhian 
d'in. donnez-moi une bobine couverte de laine. 

Be^m.àk ou BEXN.iG. C'est un mot qui s'a- 
joule, en forme d'enclitique , au.'s noms , aux 
pronoms et mémo aux adverbes. Eunn drd- 
bennàk , quelque chose, l'iou-benndk , qui- 
conque , qui que ce soit. Pégémeñt-benndk 
ma, combien que, quoique. Eunn daoust'k 
vloaz -benndg , zô abaoé , il y a environ douze 
ans depuis. 

Bkn.naz. Voyez Bennoz. 

Benmga. Voyez Binnisien. 

* Bennoz ou Brnnaz, s. f. Bénédiction. 
Remerciement. — Inauguration , consécration 
d'un monument , etc. II. V. PI. hcnnosiou (de 
3 syll. , ben-no-sinii ). En remerciant d'un 
bienfait , d'une aumône , on dit : bennôz Doué 
d'é-hoc'h , que quelques-uns prononcent 
bcnnaz Toué d'i-hoch, bénédiclion de Dieu à 
vous. Va hcnnoz gan-é-hoc'h , je vous remer- 
cie ; à la lettre, ma bé.nédiction avec vois. 
(]e mot n'est pas dans le génie de la langue 
bretonne; mais s'd vient du latin uenedic- 
Tio, comme tout l'annonce, on avouera qu'il 
s'est bien altéré, l'.n Vannes , beniioc'h — 
En Galles où l'on dit bendis , il se rapproche 
encore plus du lalin. H. V. Voyez Binmsien 
et Trugarez. 

* Be.ñs ou Bes , s. . Vesce , espèce do 
grain rond et noirâtre, dont on nourrit les pi- 
geons. La plante qui porte ce grain , et qui , 
coupée en vert, sert à nourrir les chevaux. 
Voyez Cu.tnoÑg. 



nF,[\ 

■ Beñt ou Me.Ñr , s. f. Menthe , p'anle ara-- 
matiqtie. 

" Bent-kî ou Mkñt-kI , s. f. Menlhe san- 
vage , plante. A la lettre , mkntuh de ClllK^. 

■ Hknto.mk, s. f. Bi'-toine , plante. 
Bknvek, s. m. Outil. Inslruinonl de travail 

et de miisi(iue. 11 binvinu ou binvijou ou bi- 
niou. Itdid va brnvek d'in, ma z-inn d'ar 
park, dotinez-moi mon outil , que j'aille au 
champ. A ()atz a vinviou c c'huari , il joue de 
beaucoup d'instruments. 

IJéO ou Bév , adj. Vivant. Qui vit. Vif. Ac- 
tif. Prorapt. lim co bel pnkid arbleiz, le loup 
a élé |)ris vivant. Ar ré véohag arré vnr^, les 
vivants et les morts. Jiéô-buézck, vif, tout 
vif, plein de vie. En Vannes , béix ou bév. 

lîÉii, s. m. Vif. Le vif. [.a partie vive. La 
chair vive. Trouc'hed en deùz héc'hdrbélégar 
béa, il s'est coupé la jambe jusqu'au vif. 

1;èo. Voyez IlÉzô, premier article. 

BftoDER (de 2 syll. , béñ-der) , s. m. Etat de 
ce qui est vivace. Vivacité. Activité. Ardeur. 
Promptitude. Leùn co a véoder, il est plein de 
vivacité , d'ardeur. 

Bi';oL , s. f. Cuve, (^uvier. Grand vaisseau 
servant à placer le linge pour la lessive , à 
faire le vin , etc. PI. iou. Nékélbrdz awalc'h 
ar véol-mañ, évid ann dilad hoc'h eùz da la- 
kaad ébarz , cette cuve n'est pas assez grande 
pour le linge que vous avez à y mettre. Voyez 

KiBBL. 

Béolia (de 3 syll. , lé-o-lia), v. a. Encu- 
ver , mettre dans une cuve. Part, béoliet. 
Xhoc'h eiiz kén néméd ann drd-mañ davéolia, 
vous n'avez plus que ceci à encuver. 

Béoi.iad ( de 3 syll. , bé-o-Uad ) , s. f. Cu- 
vée , ce que peut contenir une cuve. PI. ou. 
Diou véoliad vrdz a zilad a zô da walc'hi bép 
kouéz , il y a deux grandes cuvées de linge à 
laver chaque lessive. 

Béon, s. m. Etrape, espèce de petite fau- 
cille qui sert à couper le chaume, la bruyère, 
etc. PI. iou. 

' Bêôtez , s. f. Bette ou poirée , plante pota- 
gère. Béôtézen, une seule feuille ou un seul 
pied de bette ou poirée. PI. béôlézennou ou 
simplement bcôtez. Ih'ôlcz a lékéod er zouben, 
vous mettrez des bettes ou de la poirée dans 
la soupe. 

Réouein. Voyez Piéva , premier article. 

Béouen. Voyez Béven. 

Brouin. Voyez Bevi.n. 

liÉPRÉD OU PÉpnÉD , a Iv. Toujours. Sans 
cesse. ContinuelleraLMit. En tout temps. En 
toute occasion. A-iéprcd, (\s tout temps. ñ«- 
préd é kdn , il chante toujours. Ca mol est 
composé de pép ou bép , chaque , et de préd , 
temps, heure. En Vannes, berpéd. Voyez 
Atao. 

BÉit, s. m. Broche, ustensile de cuisine , 
où l'on passe la viande qu'on veut faire rùlir. 
On donne encore ce nom à plusieurs outils 
qui ont la forme d'une broche. PI. iou. Ten- 
nid ar bér diouc'h ann Idn , ôtez la broche 
du fou. Le plur. bériou se dit aussi , au figu- 



BES 

ré , des pointes ou douleurs aiguës que l'on 
sent dans les entrailles ou dans le côté. Voyez 

PlSTKÎ. 

liÉn. Voyez Bëradcd. 

BftiiA, V. n. Ciiulcr. S'écouler. Fluer. Dis- 
tiller. Part, el- Va gwâd a vné , mon sang 
coulait. liera a ra ar skudel , l'écuelle coule. 
En Vannes, fciVci'»!. Voyez Divéra. 

Bébad , s. m. Goutte, parcelle de liquide 
qui tombe. PI. ou. IS'a mil ncméd cur hérnd 
d'ézhan , ne lui donnez qu'une goutte. ll'''rad . 
ainsi que banné , a encore la signilication de 
goulle, dans le sens métaphorique , pour dire 
très-peu ou point du tout. A'e wél bcrad, il ne 
voit goutte; ne glcv bérad , il n'entend goutte. 
Voyez r.AKNÉ. 

Béraden, s. f. Le même que Hébad. 

Eéradl'r , s. m. Action de couler. Ecoule- 
ment. Fluidité. Liquidité. Ce mot , qui n'est 
qu'un dérivé, remplace presque toujours le 
radical hér , qui ne s'emploie guère qu'en con- 
struction. N'en deûz hcl halz a véradur ann 
dour-zé , cette eau n'a pas beaucoup d'écoule- 
ment. 

Berboell (de 2 syll. , Icr-hoell), s. m. In- 
constance. Légèreté. Trop grande facilité à 
changer d'opinion, de conduite, dégoûts , 
d'affections. Etourderie. — .abrupt. Escarpé. 
H. V. Hcvcrbocll a ra gaou brdz oul-hañ , son 
inconstance lui fait grand tort. Ce mot est com- 
posé de bcrr, court , ctde poeîi, retenue, arrêt. 

Berboeluk (de 3 syll. , ber-boellik) , adj. 
et s. m. Inconstant. Volage. Léger. Etourdi. 
Pour le plur. du suhsl. , berboelùg éd. Beibocl- 
lig eo, hag é vézô héd hé vucz , il est et sera 
inconstant toute sa vie. BerbucUik est ici pour 
herboelkk , adj. possessif non usité. La termi- 
naison dimiiiutivc qu'on lui a donnée sert à 
caractériser davantage le peu de solidité d'une 
tète volage. Voyez le mol précédent. 

Berdkr, s. m. Etat de ce qui est court, 
de ce qui a peu de longueur, lîrièveté, le peu 
de durée de quelque chose. Pé vcrn ar berder 
anéshañ , gañl ma vézô léô , qu'importe son 
peu de longueur , pourvu qu'il soit gros. 
Voyez Berr. 

Béred, s. f. Cimetière, lieu destiné à en- 
terrer les morts. PI. iiriyou, et , par abus, 
bMjou. Béd ounn warhrc'h ar cltorf bclég 
or véred , j'ai suivi le corps jusqu'au cimetière. 
— Anciennement bézrcd. IL V. 

Bergen , s. m. De deuxatis. Eur c'hôlêbcr- 
gen . un taureau de deux ans (Lag.) Ce mol 
est altéré du celtique bac'hgen , encore exis- 
tant en gallois , cl en Bretagne dans le nom 
propre bargain , qui signifie jeunet. H.V. 

Béria (de '2 sjll ,bé ria), v.a. et n. Em- 
brocher. Mrtirc en broche. Donnerdes coups 
de broche ou de tout autre instrument pointu. 
Piquer. Au ligure , causer des pointes ou dou- 
leurs aiguës dans les entrailles ou dans le c^^- 
»c. Part, béried. Pr,'d eo bMa ar c'hik, il est 
temps d'embrocher la viande. Béried ounn héd 
héd ann nvz , j'ai ressenti des douleurs aiguës 
dans le côté toute la nuit. Voyez iJÉu. 



BES 



• 4^ 



I BfeRUD (de 2 syll. , bé-riad), s. m. Brochée, 
I la quantité de viande qu'on fait rOtir à la fois 
à une broche. PI. ou. h'alz a dtid a vézo da 
/un, eur bériad brdz a ina oud ann tdn, il y 
aura beaucoup de monde à diner , il y avait 
une grande brochée au feu. Voyez Bëb. 

Béhidigez Le même que bérâdur. 

' lÎKBJEz, S. m. Vtrger, lieu clos et planté 
d'arbres fruitiers. PI. ou. Ué a wéz a zô enn hù 
perjez, il y a trop d'arbres dans votre verger, 
— En Galles , berlann et pcrlajin. Le mot ar- 
moricain , quoique ancien , car il est cité par 
L.igadec, est donc hybride. H. V. 

Berlé Voyez Creli.é. 

ÜEKLiu. Voyez Iïrëoiim. 

* Berlinen, s. f. Berline, voiture s\ispendue 
à quatre roues, inventée à Berlin. H.V. 

Bermann. Voyez Bhéma. 

Bern, s. m. Monceau. Amas. Tas. Meule. 
Pile. PI. iou. Izélaad a ra ar bernheùneùd , 
le tas de bois à brûler baisse. 

Berna, et plus ordinairement Bernia ( de 
2 syll. , ber-nia), v. a. Amonceler, .\mas5er. 
.4ccumuler. Entasser. Empiler. Mettre en 
meule. Part, bernet ou berniet- Ar c'hùlô ni 
kél bernet c'hoaz , la paille n'est pas encore 
amoncelée. 

Bernaddr ou BERMAniB ( de 3 syll. , ber- 
nia-dur) , s. m. Action d'amonceler , damas- 
ser, etc. Amoncellement. Accumulation. En- 
tassement. 

liERMA. Voyez Berna. 

BERNmiGEZ, s. f. Le môme que bcrnadur. 

Bernoct , V. imperson. Importer. On n'em- 
ploie de ce verbe que l'infinitif, avec les di- 
vers temps du verbe auxiliaire ofccr, faire, à 
la troisième personne du singulier, ou bien la 
troisième personne du singulier des divers 
temps de l'indicatif du même verbe bernouC. 
Bernoud a ra , il importe. A'é vern kél , il n'im- 
porte. Pé vern d'é-hoc'h'! Que vous importe'.' 

Bérô ou Berv, s. ra. Bdullloii , celle partie 
de l'eau ou de quelque autre liqueur qui s'é- 
lève en rond au-dessus de sa surface par l'ac- 
tion du feu. Ebullition. Houillonnemènt , l'é- 
tat d'une liqueur qui bouillonne. De plus , 
bouilli , viande cuite avec de l'eau. C'hoaz eur 
bérO pé zaou, hag é vézô poaz , encore un 
bi)uillon ou deux, et il sera cuit. laehusocVi 
a ar rôsl égéd ar béni , le rôti est plus sain 
que le bouilli. Bérô s'iiiipluie aussi comme 
adjectif, et signifie bouillant, qui bout. Doue 
berii, de l'eau bouillante. 

Bkrpéd. Voyez Bëpiiëd. 

Berr, adj. Court, qui a peu de longueur, 
qui a peu de durée. Bref. Berr ha létS , court 
et gros, liuez verr ha nnid , vie courte el 
bonne. Tcnna d'ar blouzen verr , tirer ,i la 
courte paille. E berr gomsiou, en peu de pa- 
roles. Berr est un nom de famille fort com- 
mun en Bretagne. Voyez Krenn. 

Bkrr-ai.an ou Berr-iiaian , s. ra. Courte 
haleine, uiflîculté de resi>irer. Asthme. Si le 
mot alan ou /la/nn est étranger à \.\ langue 
bretonne (et j'ai f eine à le croire) , lecoiupo- 



1/,/, 



BEIJ 



lé berr-alan eit au moins hybride, car on ne 
contestera jias au mol berr, court , son origine 
brcloiiiio. Ar liiir-iilau a zù (jahl-hai\ , il cat 
asliimatiquu , il a de l'aslliiue , de la difticuite 
à respirer. 

UkiiK'Alanek ou Ueiib-raianek , adj. et s. 
m. Asiliniatiquc. Celui qui a de la dii'liculté à 
respirer, l'uur le plur. du subst. , bcrr-ata- 
néicn. Ar verr-alanéun a vév }>ell , ivar a Ic- 
véreur , les asilinialiques vivent lunglcnips , à 
ce qu'où dit. Voyez le mot précédent. 

liBUR-ALAM, V. a. et n. Avoir ou causer de 
l'asthme , la courte haleine. Devenir ou ren- 
dre asthmatique, l'art, et. Uerr-atuni ami , ma 
na laka évez , il deviendra asthmatique , s'il 
ne prend garde. Ann dnt-zè vo en deùz hù 
fierr-alunel , c'est cela qui vous a rendu asili- 
niatiquc, qui vous a causé de l'asliinie. 

IIerr-dadiz, apj. Passager, qui est de peu 
de durée. ( e mot est composé de berr , court, 
et de padu: , durable. 

KiiKU-KÊOR. Voyez Belk. 

13iiuu-wÈL, adj. et s. m. Myope , qui ne voit 
que de très-près. Né wienn kéd é oa berr-wél 
liij prcùr , je ne savais pas que votre frère (ùt 
myope. Ce mot est composé de berr , court, 
et de «'('7, troisième personne de l'indic. du 
verbe gwéloul., voir. 

Uerr-vvéled , s. m. Myopie , état de ceux 
qui ont la vue courte. N'eiiz nélrd da àbcr 
oud ar hcrr-wétcd , il n'y a rien à faire contre 
la myopie. Ce mut est composé de tcrr, court, 
et Ac(jwèUd, vue. 

Berr-wéloijt , V. n. Regarder de près , 
avoir la vue basse ou courte. Part. et. H. V. 

ÜKRRAAT, V. a. et n. Accourcir. Raccour- 
cir. Se raccourcir. Kendre ou devenir court. 
Abréger. Rogner. Part, berréel. lierraid hij 
saé , ré hir co , raccourcissez votre robe , elle 
est trop longue, lieiréed eo al lien-zé ô rond 
enn donr , celte toile s'est raccourcie en la 
mettant daiis l'eau. Red è vézd d'é hoc'h ber- 
raad ho paléaden , vous serez obligé d'abré- 
ger votre [)romcnade. Voyez Khenna. 

Berraduh, s. m. Accourcisseraent , action 
d'accourcir. Kaccouicissemeiit. Abréviation. 

Berradurez , s. f. Le même que bcrradur. 

Berrder. \ (lyez Berder. 

Berree , adj. et s. m. Court. Il se dit prin- 
cipalement en parlant du besoin d'argent , du 
peu de moyens d't'xistence. Pour le plur. du 
subst. , berréien. Kaer en deùz àbcr , bcrrcg 
en ataô, il a beau faire, il est toujours à 
court. 

Bersidigez, s. f. Le môme que bcrradur. 

Berrüz , adj. (Jui accourcit, qui raccourcit. 

Bebt. Voyez BreCt. 

Bertein. Voyez Breùtaat. 

Bertodr. Voyez Breltaer. 

Bércz , adj. Coulant. Qui coule. Fluide. 
Liquide. (Courant. Ann Jour hay al léaz a zâ 
bérxtz , l'eau et le lait sont coulants , liquides, 
lluiJcs. En Vannes, binis et birom. | 

Berv. Voyez Bérô. 

Bervaden, s. f. Ce mot s'emploie dans le 



BEV 

même sens que le mol fci'ni , dans son ar.rep- 
tion propre. PI. brrrudennott. Diou pé deir 
Inrvadenu vézô awab'h, deux ou trois bouil- 
lons suflironl. lierraden est encore une petite 
lessive faite à la liAtc, en faisant bouillir le 
linge dans un bassin ou autre vase. Eur ver- 
raden a raimp , évit gorlozi ar c'houéz , nous 
ferons bouillir un peu de linge , en attendant 
la lessive. Voyez Koctz 'de 2 syll. ) 

lîEiivADin , s. m. Action de bouillir. Bouil- 
lonnement. L'élat d'une liqueur qui bouillonne. 

Hervi. Voyez Biiivi. 

lîKRViuiu. Voyez BiRviniK. 

lÎERZ , 3. m. Üéfense. Prohibition. A énebhé 
verz , contre sa défense. Herz s'emploie en- 
core dans le sens de commandement, ordre , 
etc. Solennité. 6'oiit'( bcrz , fête de commande- 
ment, d'ordre; fête gardée, chômée. En 
Vannes, 6erc'/i. Voyez le mot suivant. 

Berza, V. a. Défendre. Prohiber. Part, et. 
Herzed eo ar (jwin oul-hañ , le vin lui est dé- 
fendu. Berza s'emploie aussi dans le sens de 
célébrer , solenniser , chômer. Berza eur 
gouél , célébrer, soleniiiser une fétc; c'est, 
peut-être , défendre le travail cejour-là. Ainsi 
l'on a donné au mot français cnôMER (qui vient 
naturellement du breton t/toum, rester 1, la si- 
giiilication de fêter, célébrer. EuVanacs,, 
bcrc'liein. 

Bes. Voyez Be.ns. 

Besk , adj. Ecourtc. Sans queue , en par- 
lant des chiens , des chevaux , etc. A'i' besk hu 
kaz diskouarneln'ifU mddnémcd da zibri bocd, 
chien sans queue et chat sans oreilles ne sont 
bons que pour manger, pour consommer de la 
nourriture : c'est un proverbe breton. Besk, 
sép;iré et en construction, se dit encore en 
(larlant de la privation de tout autre membre; 
mais alors on ajoute le nom du membre qui 
manque. Comme bcsicorn, poiu besk-korn , 
sans cornes ou à qui on a coupé les cornes; 
bcstéod , pour bcsk-lcod, sans langue, h qui 
on a coupé la langue. — Besk-skouarn , mo- 
naut, qui n'a qu'une oreille. il.V. 

Ijeska ou Besiu, v. a. Ecourter. Couper la 
queue. Priver d'un membre quelconque. Part. 
et. Pérag hoc'h eùz-hu beshcd ho ki'! Pour- 
quoi avez-vous écourté voire chien'? Pourquoi 
avcz-vous coupé la queue à votre chien'/ 
Voyez le mot précédent. 

fîESKEL, s. f. Biais. Ligne oblique. Guin- 
gois. Travers , ce qui n'est pas droit. Obliqui- 
té. Sillon plus court d'un champ qui n'est pas 
exactement carré. PI. bcskcUou. Eur beskel zO 
enn hcTu-zé , il y a un biais dans ce chemin- 
là. Bcskellou zô er park brâz . il y a des sil- 
lons courts dans le grand champ. Voyez 
Trôidel. 

Besselia , V. a. et n. Biaiser , rendre ou 
devenir déblais , de travers. Donner du biais. 
Au figuré, n'agir pas sincèrement, l'art, el. 
Réd V vczô beskella ho Uklcn , il faudra biaiser 
votre jupe, lui donner du biais. Na veskelt 
kH , il ne biaise pas, il agit sincèrement. Voy. 
Trôidella. 

Bezuelles , 



BEZ 

Beskei.i.f.k , adj. Dc biais. De puinjrois. De 
travers, (ihliquc. Qui a des sillcins plus courts 
que les aulrcs , en parlant d'un champ qui 
ifcst [las exactement carré. Au figuré , qui 
n'agit pas a\ec sincérité, licskellcg eo ho kicc- 
lé , voire lit est de biais. VeskcUeg eo cnn hé 
gnmsiou hag enn hé ôhhinu , il est peu sincère 
et dans ses i aroles et dans ses actions. 

Béski'n , s. f. Ué , petit instrument dont on 
se garnit le bout du doigt pour rouiire. (Jud- 
ques [lersoiines se couvrent le doigt du milieu 
en entier d'un doigt de gant ou de toute autre 
peau. l'I. hcikcnnuu. N hellann kél grial, an- 
kounac hécd em eu: va bésken er géar , je ne 
saurais coudre, j'ai oublié mon dé A la mai- 
son. Ce mut est composé de béz ou biz doigt , 
et de kcnn , peau , cuir. 

Bésken. Voyez Gwésken. 

Béskk.nna. Voyez Gwéske.nn.i. 

lÎESKi. Voyez Beska. 

Beskorn, adj. Sans cornes ou à qui on a 
coupé les cornes. Ce mot est composé de besk, 
écourté , et de korn , corne. 

Beskorna, V. a. Déboîter ou rompre ou scier 
les cornes à un animal. Part. el. Voyez le mol 
précédent. 

Beskoil. Voyez Biskoul. 

* Beskount, s. m. Vicomte. Pi. éd. Hors de 
Léon, licskoñl. C'est un nom hybride Irès-com- 
muD en llrctagne, qui a pris au xiii" siècle la 
place de son équivalent celtique mac'lUiei-n 
(dans la basse latinité, tyranniis infirmus] , for- 
mé de»Hac"A,dont le sens est exactement celui 
de bcsk, en composition, et de Ucrn , qui 
répond au litre de comte. H.V. 

* Beskuuntez, ?. f. Vicomtesse. PI. éd. 
Hors de Léon , Beskoñtcz. IL V. 

* Besboumélez , s. f. Vicomte (Lag.) Ce 
mot , formé de besk et de knunlclez , signilic 
COMTÉ i.MPARFAiT, à la lettre, écoukté ou privé 
d'un uembre. (Voyez Besk. ) IL V. 

JJÉsiA (de :2 syll. , bé-sia),v. a. Mettre dans 
la tombe, dans le tombeau , dans un sarco- 
phage. Enterrer. Part, bésiel. — Hors dc Léon, 
béia. H. V. Gañl kalz a lid eo bel bésiel , on 
l'a descendu dans le tombeau avec beaucoup 
de solennité. Voyez Béz. 

Bésiad (de 2 syll., bé-siad), s. m. Le con- 
tenu d'une tombe, d'un tombeau, d'un sarco- 
phage. Dp plus, enterrement. Sépulture. PI. ou. 
Enn eur bésiad iñl bel lékéad hô daou . on les 
a mis tous les deux dans la même tombe , dans 
le même sarcophage. Eur bésiad luier a zii 
krvad d'ézhan, on lui a fait un bel cnlerremenl. 

Bésiek (de '2 syll. , hc-sier) , s. m. Fos- 
soyeur, celui qui creuse les fosses pour les 
morts. PI. ("en. Liririd d'ar bésic.r tuulla ar 
béz , dites au fo'^snyeur de faire la fosse. 

r>ESTÉon (de 2 syll. , bes-téod) , adj. et s. m. 
Sans langue on h qui on a cou|)é la langue. 
Bègue, qui bégaye, qui a peine à parler, qui 
grasseyé. Pour le plur. du subst. , bcstéodcd. 
Ilesléod ind ho diou, elles sont bègues l'une et 
1 autre. Voyez Bksk et Gak. 

Bbstéode/. (.de 3 syll., bes-léo-dez) , s. f. 



BI.\ 



1^5 



Femme bègue, qui bégaye , etc. PI. cd. Kncr é 
dévézo ôber, hcsléodez é vézô héd hé buez , elle 
aura beau faire, elle sera bègue toute la vie. 

JîESTÉODEZ , et , par abus , Bestëodach ' [lar 
ch français), s. f. Bégaiement , l'action de bé- 
gayer. Bredouillement. Grasseyement. 

Bf.stéodi de 3 syll. , bes-léo-di) , v. n. Bé- 
gayer. Bredouiller. Prononcer avec peine. 
tirasspyer. Parler gras. Prononcer certaine» 
consonnes et principalement les r avec diffi- 
culté. Dire un mot pour un autre , comme il 
arrive aux gens ivres. Part. et. Brsléndi a ra 
hé vreûr , son frère bégaie, h'araézi: hag ar 
ré diwar drâ a vcstéod hoU , les habitants de 
Carhaix et ceux des environs grasseyeni tous. 

JîESTL , s. f. Fiel , liqueur jaunâtre et amère 
qui se sépare dans le foie ; c'est la même 
chose que bile. A'er c'houéro eo évcl ar vestl , 
c'est aussi amer que le fiel. Quelques uns 
écrivent et prononcent gwcstl, et , en con- 
struction , wcsU. 

Bét. Voyez Béd. 

Bété devant une consonne, et Bétég de- 
vant une voyelle, prép. Jusque ou jusques. 
Jusques à. Jusqu'à. BéiéBrésl ind éat , ils sont 
allés jusqu'à Brest. Bélég aman eo deùt gan- 
éñ, il est venu jusqu'ici avec moi. 

Béu. Voyez Béù. 

BeOein. Voyez BeCzi. 

Becf, s. m. Bouvreuil , oiseau delà gros- 
seur d'une alouette , dont le plumage est en 
général d'un gris dc fer , et dont le niAle a 
de plus le ventre rouge. PI. éd. — Hors de 
Léon , Icufik. H. V. Voyez Pabaolr. 
^ Beulké ( de 2 syll. , beulké] , adj. et s. m. 
Slupide. Hébété. D'un esprit lourd et pesant. 
Sot. Etourdi. Imbécille. Né ouienn kédé oa ker 
beulké, je ne savais pis qu'il fiU si stupide. 
Pour le plur. du subst. , bcuikéien ou beulkéed. 
Bcutkéien ou beulkéed inl holl, bràz ha bihan , 
ce sont tous des étourdis , grands et petits. 

Bbdlkéa, v. a. Ilébèter, rendre bète sta- 
pide. l'art, beulkéet. 

Heüleéérez , s. m. Action d'hébéler , de 
rendre bète, stupide. Imbécillité. Stupidité. 

Beùré (de 2 syll., beii-ré] , s. m. Malin 
la première partie du jour. .Ir beùré , le ma- 
lin. .Idaleg ar beùré bélég ann iwz , depuis le 
matin jusqu'au soir. Il s'emploie aussi adver- 
bialement. Beùré ou beùré mdd é sdv ataô , il 
se lève toujours matin ou de grand matin. Ce 
mut est du dialecte de Tréguier et de celui 
de Vannes. —En Galles, Bore. IL A'. 

Bki'réek ou Belréiz de 3 syll., beû-ré-ek 
ou beù-ré'Uz) , adj. Matinal, qui se lève ma- 
tin. //() tnéouel né két beùrcek atralc'b ,\iiirc 
valet n'est pas assez matinal. Ce mot est du 
dialecte dc Tréguier et de celui de Vannes. 

BeCrévez (de 3 syll. , bcù-ré-vez , s. f. Ma- 
tinée . tout le temps compris depuis le point 
du jour jusqu'à iniili. PI. heùrérésiou. Afeùr u 
veùrévez en deùz Iréméiied éno écil nélrà il a 
passé là plusieurs matinées pour rien. Ce'mol 
est des dialectes de Tréguier el dc Vannes. 

Beùz (d'une seule syll.), s. m. Buis, àr- 



i/,G 



BIL 



brisseaii lotijours vert. Du liuis. lirùztn ou 
gwêz<:nreû. , U'in. , un seul plant ou uni! 
seule lirAiiilu- de Ixiis. Kalz a cciiz a zû er 
c'Iiiiud-zé , il > .1 hcuucuup de l)uis d.iiis celle 
furèl. Eur yrib brùz , un |jei|;ne de buis. 

Bel'z uu Kki/ik, s. m. (iriniaud. On ap- 
pelle ainsi par mépris, dans les collèges, les 
écoliers dis biisses (lassos. l'I. beùzedou beà- 
zédiyuu. Utùzed niñl Ac'n c'/toaz , ce ne sont 
encore que des grimuuds. 

Beizadk.> , s. f. Action de se noyer. PI. 
ou. H. V. 

BicrzEii (de 2 sjll. , leû-zek), adj. Sujet 
aux inondaliuns , aux déljordenienls. litùzttj 
eo ar vrô-zé , cepajs est sujet aux inonda lions. 

lÎEi^zEL (de deux sjllali. , htiù-zd) , s m. 
Bouse, üciitc de bicuf ou de vache. Bouse 
préparée avec de la paille hachée , que Ton 
fait sécher au soleil , et dont on se sert pour 
chauffage. Ar beûztl a zo tiidd uudar llciiimou 
gwcnan, la bouse est bonne contre les piqûres 
d'abeilles. A'a zeveiir nêmêl beùzel aman, on 
ne brûle ici que de la bouse. En Vannes, 
bouzel ou buuzil. 

Belzf.nnek. Le même que Bei'zid. 

Btizi (lie 2 syll. , bcù-zi i. v. a. el n. Noyer, 
faire mourir dans l'eau ou dan< quelqu'autre 
liqueur. Inonder. Submerger. Se noyer, mou- 
rir dans l'eau ou dans quelqu'aulrc liqueur, 
l'art, el. Arabad eo beùzi ar c'hi bihan-zé, il 
ne faut p.is noyer ce peut cliien-là. Tri ugcfu 
Icer a zô bel beiized cnû yañd ar mûr, il y a eu 
là soixante villages submergés par la mer. 
Beîîzi a rai, il se noyera. 

Beizie. Voyez Belz , deuxième article. 

BEÎziDide 2 S) 11. , beii-zid] , s f. Lieu plein 
ou couvert de buis. l'I. ou. On dit au>si beCt- 
zennek , dans le même sens. — Il répond au 
vieux mot français blssière. H. V. 

Bév. Voyez Béô. 

Béva , v. n. Vivre. Etre en vie. Etre vivant. 
Se nourrir, conserver sa vie par le moyen des 
aliments. Part. el. h'afil vloaz évéïô, il vivra 
cent ans. Léca est aussi employé activement 
et alors il signifie nourrir. Alimenter. Susten- 
ter. Faire vivre. Kalz a diid en deùz da ve'va, 
il a beaucoup de monde à nourrir. En Vannes, 
bt'ouein (de 2 syll. , hë-ouein\ 

Béva, et, [lar abus, BftvAÑs, s. m. Vie, ce 
qui regarde la nourriture et la subsistance. 
Nourriture. Vivres. Arbéva, la nourriture, 
les vivres. Xé h'I kcr ar béva er ger-mañ , la 
vie n'est pas chère dans celte ville-ci. Voyez 
Buez. 

Béva, s. m. Etre , ce qui est, ce qui existe. 
Existence , étal de ce qui existe. 

Déven , s. f. Lisière , l'extrémité de la lar- 
geur d'une toile , d'une étolTe. Bord. Frontière. 
Limites. Bornes. PI. bêvennou. Guàz eo ar vi'- 
ven égèd ar vèzéren , la lisière est pire que le 
drap ; c'est un proverbe breton. ]Var révcn 
Erô-Chall é clioum , il demeure sur la fron- 
tière de la France. En Vannes , béouen ou 
biouen (de 2 syll. . bc-ouen ou bi-ouen). Voyez 
Lézen , article premier. 



UU) 

Bévemnêrez , s. m. Litnitatioii. Détermina- 
tion, .^eti'jn de borner. 

liftvKM.M ou JlÉVEMNA , V. 3, Limiter. Don- 
ner di'S litnilc?. Ijorner. Wellrc des borne». 
Terminer. Border. Part, et Hi-d é vézii bécen- 
ni hii madou , il faudra limiter vus possessions, 
vos biens. Uro-Zaoz a zà bévenned a bèp (ù 
gañd ar mor , l'Angleterre est bornée ou bor- 
dée de tous cotés par la mer. Ncincz LftZEN.Nl. 

Bévknnlz , adj. Limitatif, qui renferme 
dans des liornes certaines. 

Bévéiiez, s. f Vive, poisson de mer. PI. éd. 

Bénèkez, s. f. Orpin ou reprise, plante vi- 
vace. On la nomme aussi /ouzauuen-sañ(-/cinn, 
herbe de Saint-Jean. 

Levez, s. f. Bienf<iit. Faveur. Je ne connais 
ce mot employé que dans cette phrase : bévet 
eo l'rit-lian, c'est bienfait pour lui. 

Bévézek , s. m. Dépensier , qui dépense 
excessivement, Dissipateur. Prodigue. l'I. ien. 
Eur béeczer ar brasa eo deùd a-néve:z6, il est 
devenu grand dissipateur depuis peu. 

Bévézi , v. a. et n. Dépenser. Dissiper. Pro - 
diguer. Consumer. Détruire. Part. et. Bévézed 
en deiiz hé holl vadou , il a dissipé toute sa 
fortune. Voyez Tbéza. 

ISevi.n , s. m. Chair de bœuf ou de vaelie. 
On nomme aussi bevin la partie maigre de la 
viande de porc, lievin frésh a vézô da Itin, il 
y aura de la viande fraîche de boeuf à dîner. 
Gwell eo gan-éñ etinn lamm bevin égéd eunn 
lamm tard, j'aime mieux un morceau de mai- 
gre qu'un morceau de gras. En Tréguicr et 
Vannes, beouin (de 2 syll , be-ouin j. 

Béz , s. m. Fosse à enterrer un corps mort. 
Tombe. Tombeau. Sépulcre. PI. bésiou (de 2 
syll. , bésiou). Tec'hid diwar béz va zdd, re- 
tirez-vous de dessus la tombe de mes parents. 
Hésiou kacr a zô aman , il y a de belles tombes 
ici. Hors de Léon , on prononce bé au sing. En 
Coriiouaille , on dit au plur. béiou; en Trég. , 
béio : en Vannes , béifù [ de 2 syll. , en pro- 
nonçant toutes les lettres , bé-iou , bé-io , bé- 
icu. — En Galles, béz. H. V. Voyez Bësia. 

Béz-skrîo ou BÉZKRin , s. m. Epilaphe, 
inscription sur un tombeau. PI. bez-skrijou ou 
bézkrijou. H. V. 

Béz. Voyez Biz , premier article. 

Béza , v. n. et auxil. Etre. Exister. Apparte- 
nir. Part. bel. Birvikenpinvidik né vézô, il ne 
sera jamais riche. Béza , ha béza bel , né d'ini 
kéd eur c'hément, on ne peut pas' être et avoir 
été. Ann li-zé a zô d'in , celte maison eit à 
moi. En Tréguier , on dit béañ ; en Corn. , bé- 
zout et boni . et en Vannes , bout. Le participe 
est partout le même. 

Béza.ño, adj. et s. m. Présent. Qui est dans 
le lieu dont on parle. Celui qui est présent. 
Pour le plur. du subst. , bézañded. Bézañd é 
oann , pa eo bel lavaret kéineñl-sé , j'étais pré- 
sent quand on a dit cela, h'éméred en deùz 
ann hanvou eùz ann holl bézañded , il a pris 
les noms de tous ceux qui étaient présents. 

Eéza-ns, s. m. Présence, existence d'une 
persoune dans un lieu. Hé vésañs énô a ioa 



fJIV 

mùd, sa présence 6tait utile dans cet eniJroit. 
Ce mot et le précédent sont évidemment de 
cutnpusitioii moderne ; leur terminaison n'est 
pas dans le génie de la langue I)ret(inne ; — 
mais leur racine béza est celtique. H. V. 
Ué/kl. Voyez I'ézf.l. 

I)É/IAD. Voyez liÉSUD. 

Bëzik , S. f. Tombellc , petite tombe. l'I. 
Bézouiijoxi. 11. V. 

Utii^ ou BiziN, s. m. Algue, varech , sorte 
d herbe qui croit contre les rochers dans la 
mer, et qu'elle jette quelquefois sur ses bords. 
Cette plante est plus connue, dans les pro- 
vinces maritimes , sous le nom de cofcjio.N. Uc- 
zincn ou bizincn, fém. , un seul brin ou une 
seule branche d'algtie. PI. bézinennmi ou sim- 
plement liczin. Ar bczin a zô indd da dber IcH 
ha da ôber Idn , l'algue sert à faire de l'engrais 
et à brûler. En Vannes, bccliin. 

Bézi.na ou IÎIZI.N.4 , V. n. Cueillir ou cou- 
per de l'algue ou goémon sur les rochers ou 
sur le bord de la mer. Part. cl. Da vîziiia iñd 
éal , ils sont allés couper de l'algue ou cueil- 
lir du goémon. En Vannes, héc'hinein. 

Lézi.nek ou Bizi.neb , s. m. Celui qui va 
cueillir ou couper l'algue ou le goémon sur les 
rochers, etc. PI. icn. En Vannes, bcc'hinour. 

litziNÉREz ou Bizi.NÉHKZ, S. m. L'action de 
cucillirou découper l'algue ou goémon sur les 
rochers , etc. En Vannes , hccliinérech. 

Bézô , s. m. Bouleau , arbre. tSt'zvcn , fém., 
un seul arbre ou une seule branche de bouleau. 
PI. bézvennou , bczfenncd ou simpieraent 6c;:d. 
Muioc'h a vézô éged a zéro a zô er clioad- 
»ioñ, il y a plus de bouleaux que de chênes 
dans ce bois- ci. En Corn, et Trég. , ito , 
béouen ( de 2 syllab. , bé-oucnj ; en Vannes, 
qccù , béeùen { de 2 syll. , bc-eiicnj,— Le bou- 
leau est , chez les nations breloiincs , le sym- 
bole de la réussite , de la victoire ; autrefois , 
il servait à couronner les banles vainqueurs 
dans la lice poétique : au ligure, il signiüe 
couronne: faveur ; réponse favorable liézô am 
hua c'hoanl da gahoul, je voulais une réponse 
favorable ; à la lettre, du bol'leau. H. V. 

lîÉzô. Aflirniation. Si. Si fait. Cela sera. Né 
vézô kéd , émé c'houi ; bézô , vous dites que cela 
ne sera pas-, si, si, si fait. Bézô cs\, la troi- 
sième personne du temps futur du verbe bé- 
za, Èlre. II signifie, à la lettre, il sera. Hors 
de Léon , bù. Voyez E6. 

Ijézou. Voyez Bizou. 

Bezven. Voyez Bézô , premier article. 

Bézvodd, s. ni. Liseron on liseret, plante qui 
montcen tournant et s'attacheaux autres plan- 
tes en ligne spirale. On la nomme aussi Tkùel. 

BiAN ou IJiiniN , adj. ( l'/i ne se prononce pas, 
excepté en Vannes , où l'on pourrait écrire et 
prononcer bic'han ). Petit, qui a peu d'éten- 
due , peu de volume dans son genre. Modi- 
que. Médiocre. Hnid euiin lamm bian d'm , 
donnez-moi un petit morceau. Eur vcrc'h ri- 
han é deilz hél , elle a eu une petite tille. .\u 
comparatif, bianocli ou bihanoc'h , plus petit. 
Vc' kél bi moc'h évid-oun , il n'est pas plus pc- 



BLE 



1^7 



lit que mol. .\u superlatif, biana ou hihana , 
le [dus petit. Ua liana , au moins, pour le 
moins. Ar biliana anézkôeo, c'est le plus pe- 
tit d'entre eux. Ilian ou biltan , et son dimi- 
nutif bianik ou hilianik , sont des no:ns de fa- 
mille fort communs en Bretagne. — En Gal- 
les , lichin. II. V. 

J)IA.NA ou BlIIANA. VoyCZ BllN. 

BiANAAT ou lîiuANAAT , v. a. et II. Rapetisser, 
rendre ou devenir plus petit. Diminuer. Part. 
bianécl. Ré é vianaid anézhañ , vous le rape- 
tissez trop. JUhanaad a ra ar bcrn éd , le las 
de blé diminue. 

]!lA>DEIt ou BlUANDER, S. m. PctilCS^C. PcU 

d'étendue , peu de volume. M<)dicilc. Arbian- 
dcr CÜZ hé vend a zô ahek ma sell ann hoU 
oul-hañ , la petitesse de sa taille est cause que 
tout le momie le regarde. On dit aussi biartez, 
dans le même sens. 

BiAMK ou lîiHAMK , adj. C'cst Un diminutif 
du précédent bian. Fort petit. Extrêmement 
petit. A vihanil: , dés l'enfance; mot à mot, de 

FORT PETIT. Voyez lîIAN. 

r)iANoc'ii ou BiiiANOCH. Voycz Bian. 

* Biblian , s. f. Bibliothèque. PI. ou (Lag.) 
IL V. 

* BiBLUNODR, s. m. Bibliothécaire. PI. ien 
(Lag.) II.V. 

* BiBLioGRAFiAEZ , S. m. Bibliographie , 
science du bibliographe. H. V. 

* BiBLiOGRAFOL'R , S. m. Bibliographe , ce- 
lui qui est versé dans la connaissance des li- 
vres. PI. icn. II. V. 

' BiKBLOK , s. ra. Bilboquet , instrument de 
jeu. PI. liikblogou. ( Vann. ) 11. V. 

BiKE.NN, adv. Jamais (par rapport au futur\ 
Bikcnn né rinn kémcñt-sé , jamais je ne ferai 
cela. Da vlkcnn , h jamais , pour jamais. Voyez 
BisKOAz , Nêpi'.éd et Kamjied, 2' article. 

BÎD , s. m. As, point seul marqué sur un 
des côtés d'un dé , ou sur une carte. PI. ou. 
Voyez lîORN. 

Biden. Voyez Pide.n. 

BiDÉô ( de 'J syli. , bidéô ] ou Bidev, s. m. 
Gall'e, perche avec un croc de fer ^ deux 
branches, dont l'une est droite et l'autre 
courbe, à l'usage des bateliers. PI. bidéviou 
(de 3 syll. , bi-dé-viou). Eunn taol bidéô en 
deiiz héd war hé benn , il a reçu un coup de 
gaffe sur la tète. Voyez Goaf. 

Bidéô , s. m. Collecteur. PI. frf. (Lag.; II. V. 

BiDÉviA (de 3 syll. , bi-dé via ), v. a. Gaffer, 
accrocher avec une gafTo. Part, bidévict. Ma 
n'endéfé kélva bidéciei,é oannbeùzct , s'il ne 
m'avait pa^ accroché avec s.i gaffe, j'étais noyé. 

' BiEL, s. f. Vielle , instrument de musique. 
PI. bidlou. Je ne crois pas ce mot ancii'n bre- 
ton, mais je l'ai mis ici, ainsi que ses dérives, 
pour faire voir avec quelle facilité on substitue 
une lettre labiale à une autre de même nature. 
* r>iELi.k, V. n. \'ii'lli>r, jouer de la vielle. 
Part. et. Voyez le m il précédent. 

' Bikllj:r, s. m. Vielleur , joueur de vielle. 
PI. ien. 
BiuÔFEK, adj. et s. ra. Venlru. Pansu Qui 



i48 



BLE 



a un gros ventre. Pour le plur. du subsl. , bi- 
gôftien. AV kél ken bigofek hag hé vreiir , il 
ii'esl pas si veiilru que sun frcri'. I.e l'ellclicr 
prétenii c|u'il (audrait écrire ii7(/fJ/"('fc ,- mais, 
sans adopter l'explication que le 1'. Mauiioir a 
donnée de ce composé , je m'en ticni à sa ma- 
nière de récrire, conforme d'ailleurs h celle 
du P. Cirégoirc , d'autant plus que je l'ai tou- 
jours entendu proiiuticer bigñfek. 

BiuoFËGEz, S. f. Femme qui a un gros ven- 
tre, ri. éd. 

IiiGOR.NEN , S. f. Limaçon de mer , coquillage 
bon à manger. PI. bigorned ou bigornou. Un 
le nomme aussi melfèden vùr. Uigorned en 
deùz atai'i Iciz hé c'hodellou , il a toujours les 
poches pleines de limaçons de mer. En Ijre- 
tagnc , on donne en français à ce coquillage 
ie nom de digoiinrad. 

BiGHii , V. n. Uraconner , chasser furtive- 
ment sur les terres d'autrui. Part. lligriel.H.\ . 

BiGRiEB , s. m. Braconnier , celui qui 
chasse furtivement sur les terres d'autrui. PI. 
ien. H. Y. 

BniAN. Voyez Tïia^. 

' lîiLEN, adj. et s. m. Roturier, qui n'est 
pas noble. Douar bilcn, terre roturière. Vén 
bilen ou simplement bilcn, roturier, personne 
roturière. Pour le plur. du subst. , lUenned 
ou tûd bilen. 

BiLi , s. m. Galet , caillou rond , plat et poli 
que la mer pousse sur quelques rivages. Bi- 
lien, {., un seul de ces cailloux. PI. biliennou 
OU simplement bili. h'alz a vili a daul ar môr 
war ann aud mañ , la mer jette beaucoup de 
galets sur cette cote. On nomme aussi bilien 
une balle de fusil , de pistolet ; mais on y 
ajoute le mot ploum , plomb , bilieyi-bloum. 

BiLiBAiNN , s. m Sorte do jeu d'enfants, sur- 
tout des petites filles, qui jettent en l'air un 
gallet ou petit caillou rond , et qui , avant 
qu'il soit retombé, en prennent un autre et 
le jettent à son tour, et en même temps re- 
çoivent de la même main celui qui a été jeté 
le premier. Dans quelques provinces éloignées 
de la mer, on se sert pour ce jeu d'os de 
pieds de moutons , et on*le nomme le jeu des 
OSSELETS. Bilibann est composé de bili , gallet 
ou caillou , et de baiin , jet. 

Bilien. Voyez Bili. 

* BiLÉTENN , S. f. Numéro , au tirage de la 
conscription. PI. ou. 11. V. 

* BiLÉTENNiK , s. f. Bulletin , suffrages par 
écrit. PI. Bilclennouigou. H. V. 

BiLÔsT. Voyez Bélost. 

lîiNDÉDOD , s. m. pi. Balance à peser de l'ar- 
gent. H. V. 

BiNDÉDÉREz , S. m. Balancier , pièce qui 
balance et règle le mouvement de quelqu'un ou 
de quelque chose. PI. ou. H. V. 

Bixi. Voyez Bém. 

Bim.aoca (de 4 syll, , bi-ni-a-oua) , v. n. 
Jouer de la musette , de la cornemuse. Part. 
biniaouet. Biniaoua a ra ével eur miliner , il 
joue de la musette comme un meunier. 

BiMAOuER (de 4 syll., bi-ni-a-over) , s. m. 



BLE 

Joueur de musette, de cornemase. PI biniaoué- 
rien de 3 syll. , bini-<l-nué-riei\). IHnidituérien 
iiid hô duDU , ce sont deux joueuri di' musette. 

• KiM.M , s. m. Venin. PI. ou. II. V. 

• lliMXA , V. a. )''.nvenimer , infecter de ve- 
nin. Part. (■(. II. V. 

' lii.M.Mi/ , ailj. Venimeux II. V. 

HiMoc, s. m. pi. Muvette. (^irrie'iiuse. Cet 
instrument thami)élre, fort commun eu lireta- 
gne, est composé d'un sac de cuir , sae'h-hi- 
niuu : d'un porte-vent , ar zulel ; d'un chalu- 
meau , al tévriad ; et d'un gros hourdon , ar 
c'horn-boud. Danu viniou aiézôd'annedreûd, 
il y aura deux musettes h la noce. Ce mot 
n'est autre que le plur.de benvek , instrument. 

• Bn.MsiEN ( de 3 syll. , bin-ni-sien ] ou BiN- 
MGKN , l'un et l'autre par abus pour IIinmgi 
ou Benmga, non usités, v. a. Bénir. Donner 
la bénédiction. — Inaugurer, faire l'inaugu- 
ration d'un monument, etc. II. V. Part, bin- 
niget ou bennigel. E m'cur ô vinnisien ann 
dnur , on est à bénir l'eau. Né kéd c'hoaz hin- 
niged ar bara , le pain n'est pas encore béni. 
En Vannes, bennigein. Voyez Beîinoz. 

BiNNiziKNBENN , S. f. Rclevaillcs , cérémo- 
nies après les couches d'une femme. H. V. 

Bioc'h on Buoc'h ou Bl'c'h, s. f. Vache, 
béte à cornes , la femelle du taureau. PI. bio- 
c'hcd ou buoc'hed , bioc'henned ou buoc'hen- 
ned. Plusieurs emploient le mot saout , com- 
me plur. de bioc'h, vache; mais c'est un 
abus. Aled é àeùz ar vioc'h zû , la vache noire 
a vêlé. Voyez S.aoüt. 

BioNEN, s. f. Tire-lire ou esqnipot, espèce 
de petit tronc dans lequel on met des pièces 
de monnaie pourfaire un petit amas d'argent. 
PI. bionemwic. Né kél leûn ar vionen , la tire- 
lire n'est pas pleine. 

Biohc'h, s. m. Cervoise ou petite bière, 
boisson faite d'orge et de houblon. Biorc'h hor 
bézo da éva , nous aurons de la petite bière 
pour boisson. 

lliouiL (de 2 syll. , bi-ouil), s. m. Petit mor- 
ceau de levain pour mettre dans la pâle que 
l'on destine à faire du pain. Rved eunn tainm 
biouild'ein de lakein enn loez, donnez-moi un 
morceau de levain pour mettre dans la pâte. Ce 
mot est du dialecte de Vannes. Voyez Goell. 

BÏR , s. f. Flèche , trait qui se décoche avec 
un arc ou une arbalète. Dard. Partie d'un clo- 
cher qui est en pyramide. PI. birou ou biriou. 
A dennou bir eo bel lazel , il a été tué à coups 
de flèches. Né m'omp kél pell mui , bir ann iliz 
a uiélann , nous ne sommes pas loin désormais, 
j'aperçois la flèche de l'église. Voyez Saez. 

Birc'hoiidik ( de 3 syll. , bir-c'houi-dik), s. 
m. Pépie , maladie des oiseaux , causée parle 
manque d'eau, par une eau sale, par une 
chair corrompue. Elle consistedans une petite 
peau blanche ((ui vient au bout de la langue. Ce 
mot est du dialecte de Vannes. Voyez Pifid. 

BiRvi pour Bervi, non usité, v. n. Bouillir. 

Bouillonner. Pétiller. Etinceler. Part, bervet. 

Birvi a ra ann dotir , l'eau bout. Ué choad a 

\ verv , son sang bouillonne. Hé zaoulagad a 



/ 



verve, ses yfux pétillaient. En Vannes, ttr- 
c'houcin { de 2 sj II. , lirr-r'hovtin ]. 

BiBviKKNN , que l'on prononce aussi hiroui- 
kenn (de 3 syll. , Inr-oui- kenn) , en 1 rcg. , et 
birrhouihenn , en Vann. Lemfmc que hikeiin. 

iJiiiviuiK pour IjERVidik, non \isilé, adj. 
Bouillant, qui bout. \if. l'clulanl. l'étillanl. 
Ardent d'humeur , de lempérampiil. Jiirridig 
eo ann den-hoTH , cet homme-lïi est ( bouillant , 
pétulant. En Vannes, herc'lwvidik de 3 sjll., 
her-c'lwui-dik). 

BiRviDiGEz, s. f. Bouillonnement , état d'une 
liqueur qui bouillonne. Action de bouillir. De 
plus, pétillement. Pétulance. Vivacité. 

liis , adv. Voyez Biskoaz et Bikf.nn. 

BisHEiLEK , s. m. Biscornu, irrégulier. Mal 
bâti , mal fait. 11. V. 

Biskoaz , adv. Jamais (par rapport au passé). 
Biskcia: né riz kcmrñt-sé , jamais je ne fis cela. 
A viskoas , de tout temps. Voyez Bikenn , Né- 
PRÉD et Kammfd , troisième article. 

BiSROLL ou Béskocl, S. f. Chenille , iosccte. 
PI. biskouled. Golocd co ar gwèz a v ii koule d , 
les arbres sont couverts de chenilles. On dit 
aussi biskoulen, au singulier. Le nom de bis- 
koul se donne encore à une espèce de pana- 
ris , dont il sort ordifiairemcnt un morceau de 
chair qui a la forme d'une cheniWe. Arvisknul a 
xôépcnnhé viz, ila un panarisau bout dudoigt. 

BisviKENN , adv. Le même que birvikenn et 
bikenn. 

BiToczEN ou BiTOusiEN ( de 3 syll. , bi-lou- 
rien), s. f. Il exprime la même partie que piden. 

BiTRAK ou BiTiiAf; , S. m. Espèce de petite 
grive. PI. bilragcd. Quelques-uns prononcent 
^M;i(i'a.';. 

BiviK-DoDÉ, s. m. Espèce d'escarbot de la 
grosseur et delà forme d'une lentille , maisdc 
couleur rouge, avec quelques petits points 
noirs , ayant les ailes extérieures d'écalIle cl 
des ailes de mouches repliées dessous. PI. bi- 
viged-Doué. Les Bretons qui parlent français 
nomment ce volatile petite vache dd pondiei'. 

lïiviDiK, adj. Vivifiant, qui vivifie , qui ani- 
me. Vivace, qui a en lui des principes d'une 
longue vie. En parlant des plantes, il se dit 
de celles qui portent des llcurs plusieurs an- 
nées de suite sur les mêmes tiges , et sans 
être transplantées. Bividig co al louzaoucn-zé, 
cette plante est vivifiante ou est vivace. 

BiviDiGEz , s. f. Vie. Subsistance. Moyen de 
gagner sa vie. Vivres. Mœurs. De plus , vivi- 
licalion. Enn amzcr-mnfi né deùz bividigez é- 
béd , en ce temps-ci il n'y a aucun moyen de 
gagner sa vie. 

KiviDiGÉzA , V. a. Avitailler, mettre des vi- 
vres dans une place , dans un camp , dans 
un vaisseau. Part. et. H. V. 

Biz, s. m. Doigt, partie de la main ou du 
pied de Ihomme. La dent d'un croc, etc. PI. 
biziad. Ar biz mctid , ou simplement ar meiid, 
le pouce ; ann eilbiz ou /»'2 ar iorf , l'index ; 
ar biz krciz , le doigt du milieu ; ar pévaré 
biz on biz ar hizou , le doigt annulaire; ar 
biz bihan , le petit doigt. Vrovg em eûz cm 



BLO 149 

b fr, j'ai mal ao doigt. Hors de I éon , béz. 

• Biz, s. m. Nord-est, lèvent qui souffle 
entre le nord et l'est. /lretwz,vent du nord-est. 

BizeC. Voyez Bizou. 

IJiziK-HA-BiziK , adv. Buta but. Egalement. 
Sans avantage. A la lettre , petit doict et 
PETIT DoiKT. Voyez Biz, premier article. 

BiziN. Voyez BftziN. 

Bizou, s. m. Anneau avec chaton. Bagac. 
PI. bizéicr { de 3 syll. , bi-zé-ier). t.ur bizou 
amir en deûz rôcd d'in , il m'a donné une ba- 
gue en or. Hors de Léon , bézou , excepté en 
Vannes, où l'on dit bizeù. Vojez Gwai.e> , 
deuxième article. 

Bizoirc'h , s. f. Chevrette, femelle du che- 
vreuil. PL éd. Voyez Iourc'hez. 

Bla. Voyez Bloaz. 

* BlaSk, adj. Délicat. Faible. Mod. Débile. 
Gtcall vlañk eo ann dén-iaouañk-zé , ce jeune 
homme est bien délicat, bien faible. 

lÎLASAAT. Le même que btaza- 

Bi.Àz , s. f. Goût , un des cinq sens , celui 
par lequel on discerne les saveurs. Saveur PI. 
blasiuu { de 2 syll. , bta-siou). Màd co ar vlâz 
anézhañ , le goût en est bon. Dibril , mar ki- 
vid eunn drd-bennàg d'hô pldz , mangez, si 
vous trouvez quelque chose à voire goût. 

Blaza , V. a. Goûter, discerner les saveurs 
par le goût. Tàter d'un aliment, d'une bois- 
son. Savourer. Part. cl. N^em rùz kéd hé via- 
:ct , je ne l'ai pas goûté. lUazed mdd en, il est 
d'un bon goût, \oyez Ta.nva , premier art. 

Blazékez , s. m. Savourtment. Action de 
savourer, de goûter. 

Blazc'hoarc'h ( de 2 syll., blaz-c'hoarc'h'^, 
s. m. Souris. Sourire. Ris modeste. Action de 
sourire. Co mot est du dialecte de Vannes. 
N'oyez Moisc'hoarz. 

Blazc'hoarcbein (de 3 syll., blaz-choar- 
c'/ieiH) , V. n. Sourire, rire sans éclater et 
seulement par un léger mouvement delà bou- 
che et des jeux. Part. el. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez Moischoarzin. 

JîLÉ, adj. Délicat. Faible. Mou. Débile. 
Choummed eo blé abaoé hé glciiréd, il est res- 
te faible depuis sa maladie. Ce mot est du 
dialecte de 'Iréguier. Voye» Blàkk el GwÀji. 

Blé. Voyez Bloaz. 

Blêd. Voyez Bleûd. 

Blëuen ou Bléc'hen. Voyez Plégen. 

Bleiz , s. m. Loup, animal sauvage el car- 
nassier. PI bleizi ( de 2 sjll. , blei-zi ). M'ciii 
bleiz é-béd é lirô-Zaoz, il n'y a p,is de loups en 
Angleterre. Hors de Léon , blei , en prononçant 
toutes les lettres. — En tialles,b/(JÙ. H. V. 

Bleizbroc'ii , s. m. Hyène, quadrupède 
carnassier. PI. Illeizi-broc'h. Au féminin , 
bleizez-vroc'b. H. V. 

lÎLKiz-GARô, s. m. Loup-garou, homme que 
le peuple suppose être sorcier et courir les 
rues el les champs transformé en loup. PI. 
bltiiigarô. A la lettre : loup féroce , rude. 
Voyez Dén-vlkiz. 
i Blkiz-v6r , s. m. Roussette, poisson de 
1 mer que l'on nomme aussi en français chien 



i5o 



non 



üe mer. PI. hUUi-mor. Mol à mol , loi i- de 
MKR. Voyez TouL. 

IkKiZA (de 2 syll., en pronom.aiiUoules 
les lellres, hlei-zu) , v. n. Lotivetcr , lucUre 
bai , en parlant de la louve, l'arl. t(. 

Ulkukz (de 2 syll., en prononçant loutcs 
les ktires , hki-zez ], s. f. l-ouve , la fenielle 
lu louji. IM. bleizizcd. Luriitise: m endeü: 
Mzel , c'est une louve qu'il a tuée. 

Dleizik (de iisyll., en pronoiieiint lou'cs 
les lettres , blei-zik ) , s. m. i.ouvotcao , |>Ltil 
loup qui est encore sous la mère. l'I. bUui 
yuu ou likiicditjûu. 

liLÉJk , et, par ;ibu» , T.léjai. , v. a. Beu- 
gler. Meugler. Mugir, l'ait. H. UU'ja a ra ur 
vioc'h ével pa é defé koikd hé leûc , la vaclie 
beugle comme si elle avait perdu son veau. 

l',i.Éj.kDEN, s. f. Jïeuslcmcnt, cri du bœuf, 
du taureau , de la vache. Meuglement. Mugis- 
sement. PI. tiléjadennou. un dit aussi btéjérez. 

Bléjérez, s. m. Action de beugler, de 
meugler, de mugir, lîcugleracnt, etc. 

Hlén. Voyez ISun. 

Bi.éS\ ou Blém.i '<\c2s)\\.,bU'-nia),y. a. 
Conduire. Mener, (iuider. ( .crer. Régir. Gou- 
verner. Part. et. .1/1» tàd eo a vléùé ar c'harr , 
c'est le père qui menait la charrette. Yablé- 
ñied hô deùz a-dreùz d'ar viénésiuu , iis m'ont 
guidé à travers les montagnes. N'houbUnâkél 
peUamzir , il ne nous gouvernera pas long- 
temps. Voyez Uén.\. 

liLÉ.NADCR ou llLÉ.NUDon (de 3 syll., blé- 
niadur) , s. m. Action de conduire, de me- 
ner, do guider, de gouverner. Conduite, 
(ïouvcrnemerit. 

JÎLÉNEN, s. f.Ame.Pl.fî«n«nnou(Lag.)II.V. 

DLftÑER ou Blé.nieu ( dc 2 syll. , blé-nier), 
s. m. Conducteur. Meneur. Guide. Régisseur. 
Gouverneur. — Général U.V. l'I. icn Faziuz 
eo aim heht , kémérid eur blcñcr , il est facile 
de s'égarer dans ce chemin, prenez un guide. 
lilénier eo béd hanvcl gand ar roué, il a été nom- 
mé gouverneur par le roi. On appelle marc'h, 
bléncr, le cheval qui est en tôle de l'aUelage. 

BlÉMER-G.\OD-GKÉOENOU F.ILSKRÊDEN, S. m. 

Hérésiarque , auteur d'une hérésie , chef d'une 
secte hérétique. P. Bléñérkn. En Galles , 
blaénour gcouyrédcn. II. V. 

Hlé-Nérez ou Blémérez. Le racme que 
Méñadur. 

Blekchod ( par ch français ) , s. m. pi. Ex- 
trémités. Bouts. Uknchou aiin daouarn , les 
exirémités des mains. Bkñchou ann irùd ,\cs 
bouts des pieds. Voyez BriivcnEN. 

i'.LENC'HODEl.N. VoyCZ UlEI -NI. 

ISle.vc'hooe.n. Voyez Blein. 

Bi.Éô, s. m. Cheveu. El en général poil , sur 
quelque partie du corps qu'il se Iruuve. Bk- 
ven , fém. , un seul chi'vcu , un seul poil. PI. 
blé>}ennou, ou simplement bkô. Eur vkven 
am eùz kaved emzoubcn , j'ai trouvé un che- 
veu dans ma soupe. Gôlùed co a vléô , il est 
couvert de poil. — Bkô peürzü , des cheveux 
d'ébènc. ïl. V. Kn Vannes et Tréguier , 
LU'ouen (de '2 syll. , blc-oucn). 



BOE 

Blê6t* (de 2 syll. , bléàla], v. a. Prendre 
aux cheveux. Saisir par le» cheveux. PI. et. 
En cm vkiila , se prendre aux cheveux. Uk(>- 
Ud anézltañ, prenez-le par les cheveux. Ea 
em vkàta a rézuñl niklàl , ils se prirent aux 
cheveux sur-le-champ. 

Bl(:uu.ic'ii<iu BL.koi;.4c'ii. s. m. llorripilation, 
frisson qui fait dresser les cheveux (dc biéù , 
cheveux), f N'annes. ,i II. V. 

J)i.(iou£K. Voyez Blévek. 

IIi.ftoiiKc'li Voyez Uloavez. 

Blëoue.n. Voyez Bi,é6. 

Bi.ËHiu Voyez BiiËoi.iu. 

Iti.ÊiiDi.tDi.u , s. ni. lieniDulagc , action du 
remmidro les C(jut( aux. 11. V. 

Bi.EÙD (dune seule syll.), s. m. Farine , 
grain réduit en poudre. Digasil bküd kerck 
d in , cnvoyez-mui de la faiine d'avoine. En 
Vannes , bkd. 

Bi.kCu A.NN ÉAR , s. f. Atomcs. .\ la kllre, 

FAIUNE DE l'aIII. 11. V. 

HleOua ( de -2 syll. , bkù da) , v. a. Réduir i; 
en farine. Enfariner. Couvrir de farine. Part. 
et. Blcûdil mdd ar pcsked , abarz hé lakaal 
war ann Ida , couvrez bien le poisson de fa- 
rine , avant de le mettre sur le feu. 

ULEtuEii. (de -2 syll. , bkù dek i , adj. Fari- 
neux , qui est blanc de farine. Qui lient de la 
nature de la farine. Bkùdeg holl eo hô tôk , 
votre chapeau est tout blanc lie farine. Ann 
avalou-douar-mañ a zù bkddck , ces pommes 
de terre sont farineuses. 

liLKLDEi! (de 2 syll. , bUù-der] , s. m. Fari- 
nicr, marchand de farine. PI. icn. 

Bleld-liii , s. m. Paillette , parcelle de mé- 
tal. 11. V. 

Bleù.ñ , s. ra. Fleur, production annuelle 
des végétaux, et qui ordinairement est rem- 
placée par un fruit. Bkùñen ou bküñcen ou 
blcâzvcn, fém., une seule lleur. PI. bkùñen- 
710U ou bkàniou , ou simplement bküñ ou 
blcûfio. Tréménedeo arbkdñ, la lleur est pas- 
sée. Eur vh'ànen a zù kouézed eûz ar tvézcn , 
il a tombé une lleur de l'arbre, üisul-bkùñiou , 
le dimanche des rameaux ou des (leurs. Bküñ 
s'emploie aussi pour menstrues , règles , mois. 
En Vannes, bléfw , bknc'houcn. 

JiLEÙ.NKK ou Bleù.nvek ( de 2 syll. , bkùñ- 
ek ou bkwi-vek] , adj. Fleuri. Qui porte des 
fleurs. Qui a beaucoup dc fleurs. 

Rleùnen. Voyez Bleln. 

Bi.EÙÑ-NÉvEz , s. m. Primevère , plante qui 
flourit avant le printemps, lue seule. bXed- 
ñeno\ibkuz-ven-nécez. PI. Bküñ-néccz. Bo- 
ked-kz , m. PI. Bokédou-Uz. (Corn) En 
Vannes , 6ofct'd-a-/joue, m. Brialkn, f. PI. 
Briallo [ Trég. ) En Galles , briallu. II. V. 

IjLEi.Ñt ou Blel.ñvi ou Bi.Ei.Nu (dc 2 syll , 
bkùñ-i, bküñvi ou bkiiñ-ia) , v. n. Fleurir. 
Pousser des fleurs. Se couvrir de fleurs. Part. 
hküñel , bledñvet ou bkûukl. Né két choaz 
bkûned ar gwéz , les arbres ne sont pas en- 
core fleuris. En Vannes, bknc'houein (de 2 
syll , bkñ-chouein). 

Ui.ÉVEK , adj. Chevelu. Velu. Qui a beau- 



BOL 

CODp de rhfvonx ou i!c poils. JiUveg iñd hù 
dnou , ils sont chpvfliis lims I(>st1<>ux. Etir zat 
vlhek en dcûz Ivki'ad da ober, il sVsl fait faire 
un hnbitlmil velu. Hors de Léon , bli!oUek(de 
2syll.,fcM-oup/.-). 

lîi.tVEN. Voyez I>LÉÔ. 

Blîm ou üLi.Ñ , adj. Vif. Dispos. Ah-rlc. 
Eveillé. Ce mot est du dialecte de Tréguicr. 
Voyez lîÉo, premier arlirlc. 

^lÎN, s. m. iioul. Exlréraité. PI. eu. Dal- 
c'hct-lwn dré enn dcii i//n , tenez-le par les 
deux bouts. Ce mol est du dialecte de \ annes. 
— En Tréguicr, bien ; en Galles, blaen. H.V 
Voyez 1'E^N. 

ÏJli.ngadel , s. m. Clignement. Action de 
cligner, de bigler, de guigner. l'I. eu. Er 
bliñgndel en dez gri'd d'ein , il m'a fait un cli- 
gnement. Ce mot est du dialecle de Vannes. 

l'iiNGEiN , V. n. Cligner, fermer l'ceil à de 
mi. Piigler. Guigner. Loucher, avoir la vue 
de travers. Part. et. Ne tar k<'d rfeu c'fii'r hcb 
bliñgein , il ne dit pas deux mois sans cligner. 
Ce mot est du dialecte de Vannes. Voyez 
GwiLc'ii.\ , deuxième arlicle. 

Bli.ñchen (par ch , français), s. f. Cime. 
Sommet. Sommité. Bout. Éxircmité. Pointe. 
PI. bliñchenniiu. JSliei) gwélil-hu kcd uar 
bUñchen ar mène: ? ne le voyez-vous pas sur 
la cime de la montagne. Voyez Lein , 1"' art. 

* Rlioi'z , s. m.Ecorce de l'avoine moulue. 
Je ne connais ce mot que par le liictionnairc 
de l.c Pelletier. Voyez Usien 

Bi.izEN, s. f. An. Année. /V6 i/iïfn , cha- 
qne année. Enn dei:-nia penn blizen , aujour- 
d'hui ou d'aujourd'hui en un an. >oyez Bloaz 
et Bloavez. 

Elizir , a<Ij. Délicat. Difficile. Qui ne mange 
pas de tout. Qu'il n'est pas aisé de contenter. 
Ker blizig en , na ouzetir pe'ird rei d'ézhi da 
zibri , elle e.'t si délicate , si difficile , qu'on ne 
sait ce que lui donner à mangi r. 

TÎLOA. Voyez Bioaz. 

Bloasiad (do -2 syll. , blna-siad) , adj. cl s. 
m. Agé d'un an. Celui qui est âgé d'un an. 
Pour le plur. du s\ibst. , bhazidi. Eur bugel 
bloasiad é deûz , elle a un enfant d'un an. ,lr 
vloazidi zôkiH na wéllFil kél kéineñl-sè , ceux 
qui n'ont qu'on an ne verront même pas cela. 

rÎLOAVEz ;de2 s)ll. , i!oa-rfr),ou Blavez , 
S. m .Année. l,a durée d'un an. PI. bloaiésiou 
ou blave'siou ( de 3 syll. , bloa-vê-siou ou bUi- 
vc siou]. nioarezmdd d'é-hoc'h digañd Doué, 
je vous souhaite une bonne année de la pari 
de Dieu. A rhavez e hloavez , d année en an- 
née. En Vannes, /)i'éoi(ec7t. PI. eti. 

I'loaz , s. m. Au, le temps que le soleil mol 
à parcourir le zodia pic , et qui est composé 
de douze rriois. PI. bUnisiou (de 2 syll. , blua- 
siou). E pàd eur bloaz ounn choumet gañt- 
ho , j'ai demeuré un an avec eux Duouzék 
vloaz krenn , douze ans accomplis. En Corn. , 
on dit blita , pi. bloaio; en Irég., bla , pi. 
blttio : en Vatmes, biné et blc , pl. bléicu. — 
En Galles, blihiez. II.V, 

rÎLOAZiEK (de 2 S)\\., bloa-siek), adj. An- 



BOR 1 5 1 

nuel. Qui dure or. an. Qui rcvienl tous les ans- 
Eul louzanuen vloazieg eo, c'est une plante 
annuelle. Lnr gwir bloazitk ,\in droit annuel. 

*Bloka, s. f. Grappe. Tout assemblage de 
grains. Pl. mi. 11. V. 

Ptôn, adj Mou. rendre. Délicat. Xékétblâd 
awatc'h héman , celui-ci n'est pasasscz tendre. 

Blooa, v. a. et n. Ani'illir. .4llendrir. S'a- 
mollir. S'attendrir. Part. tl. Ué liôda a re'àd 
A-elsé, àcccUc façon \ous l'amollirez. Bloda n 
rai gañdannamzer,'\\s:Mi ndi ira avec le temps. 

liLODADCR , s. m. Amolli.'-sement. Attendris- 
sement. Action d'amollir, d'attendrir. 

BLÔDDEn , s. m. Mollesse Délicatesse. Ten- 
dreté. Tendresse. Et.'.t des corps mous, tendres. 

Dloc'h, adj et adv. Tool. Tout onlier. To- 
tal. 'tout ensemble. Totalement Entièrement. 
Ilhc'h , pé nélrd , loul ou rien. Ce mot est du 
dialecle de Vannes. — Dimirjutif ft/oc'/ii/;. Les 
N'annetais sont surnommes ft/or'Ai/r parce qu'ils 
r<jnt souvent ;\ la bouche. IL V. Voyez iloLt. 

]'to>EK , s. m. Sain -doux. Oing. Graisse 
de porc fondue. Woncf/cn , fém , une masse 
ou un pain de cette graisse. Likid eunn tamm 
blvncg er zouben , mettez un morceau de sain- 
doux dans la soupe. En Vannes, bronnek cl 
hronnvgen. 

JJlonek-vôr, s. m. C'est un pgisson de mer 
ressemblant à une pelilc raie , mais sans eon- 
sislance : il semble llotter plitiol que nager. 
BUmégen-rôr , f. , un seul de ces poissons. 

PiLONEK zEnô, S. m..\nhiir, le bois tendre 
et blanc qui est entre l'écorcc et le tronc. 
Voyez Gmiñen et Gwenn-goad. 

JJLo.Ns ou Blo.nsadlr, s. m. Meurtrissure. 
Contusion. Marque livide d'un coup donné 
sur la rhair. Pl. ou. Meûr a rions en deûz uar 
^' gorf, il a plusieurs meurtrissures sur le 
corps. En Vannes, i(osc'rfc7i. Vojez Kbo.ndu. 

ISlo.vsa , v. a. Meurtrir, faire une ou plu- 
sieurs cuiilnsions. Part. et. liloñsed holl eo hé 
vnrscd , sa cuisse est toute meurtrie. En Van- 
nes , biosein. 

Blcnsadir. Le même que bloñs. 

Blo.nséhez. Le même que bloñs. 

PiLcNTEK, s. ra_. Lochede mer, poisson gias 
et délicat V\.bloñU'ged. On dit aussi loñtek. 

Blosaat, v. a. et n. Emolter, briser les 
molles de lerre avec une herse, un rouleau . 
etc. Part, blnséet. Ce mot est du dialecle de 
Vannes. Voyez Diboclouuenna. 

]ii.osEiN. Voyez Ijlo.nsa. 

r)LosÉnKc'ii. Voyez Blo.ñs. 

lîLoiÉ , s. m. Peloton , espèce de boule que 
l'on (orme en dévidant du lil , de la l..ine , 
etc. Pl. bloitémi. Réd eo pràta eur btom' ncùd 
glnan , il faut acheter un peloton de laine. Le 
P. Grégoiie ccril ploué ; pour moi , je ne puis 
décider lequel est le radical, mais j'ai tou- 
jours enleiidu prononcer bloué. — Hors de 
Léon , hloé. IL V. Voyez Pkllbn. 

lÎLoiÉA, v. a. Pelolonuer, melire en pelo- 
ton. Part, bloui'el. lialz a neiid hoc'h eûz 
c'hoaz da vlouéa. vous avez encore beaucoup 
de lil à pelotonner. 



l5; 



BOT 



Bluuuuhn , ü. va. i'.'vil un des iiunis que 
l'on donne au liouvilluu , au jeune bœuf. PI. 
cd. Voyez KoJEN et Kn^;^^feiK^.^. 

Iiu>U(,'u , adj. Sans noil. Sans l)arbe. Nu. 
DécouvtTl. l'ui'. Nit- Èd bluuc'h , Idé dont 
l'épi est sans barlic et le prain à déiuuvcit , 
Lie net, sans ordures. Dcn-iauuuñk blvuc'k, 
jeune hoiuinc sans liatbc. Voyez Gi.\>. 

IlLon , V. a. lîlàuier. Rfiirocbcr. Part. 
blvuci. liloui eunn Jeu eiiz /itrocii, bliimcr un 
honnie de ce qu'il mange, lui repiocher sa 
nourrituie. Le mol el l'exemple donnés sont 
tirés du Dictionriaire de Le l'ellelier; mais je 
ne crois pas bluui dans l'usage actuel , ou il 
appartient ù un autre dialecte que celui de 
Léon. Voyez Tamallolt. 

Lô. Voyez 13éz6 , deuxième article. 

lîoAn. Voyez Bouzab. 

lîoAZ , S. m. Coutume, llaliitudc. Usage. 
— Accoutumance. IL V. PI. Luasiou (de 2 
syll. , boa-siuu). Uuaz ar vro co , c'est la 
coutume du pays. Iluasiuu fait en deiiz kcnié- 
red abaoé éma ciiO , il a pris de mauvaises 
habitudes depuis qu'il est là. En Vannes , buéz. 

lîoAz ou boAZFT (de '2 syll. , fcoa-ict ), adj. 
Accoutumé. Habitué. /<ua: co da éva gwin, il est 
habitué à boire du vin. Voye» le mol précédent. 

UoAZA (de 2 syll. , boa-za) , v. a. et n. Ac- 
coulumer. Habituer. S'accoutumer. S'habi- 
tuer- Part. el. Boazid abréd /ici pugalé da bidi 
Doue , accoutumez de bonne heure vus en- 
fants à prier Dieu. Boaza a ril-ha aman'! 
Vous habituez-vous ici V On dit aussi en ein 
roaza, pdur s'habituer, s'accoutumer. En 
Vannes, boézcin. 
BoKED-LÉz. Voyez Bleü.v-kévez. 

BoKD, s. m. Sorte d'oiseau de mer sembla- 
ble, à peu de chose près, au cormoran. PI. 
bokued. Ce mot est de l'usage de Cornouaille. 

BÔD, s. m. Touffe. Buisson. Trousseau. Il 
se dit en général de l'assemblage de certai- 
nes choses , comme arbres , llcurs , cheveux , 
plumes, etc. — et même de maisons, dans les 
vieux auteurs, et alors il sigiiilie village. ILV. 
PI. ou. Iloden s'emploie aussi dans le même 
sens que bôd, mais il en dillère un peu dans 
l'usage, en ce que seul il désigne un buis- 
son , une touffe quelconque, et que hod de- 
mande après lui le nom do la chose qu'on veut 
designer. Ilôdgéot , touffe d'herbe ; bôd spern , 
buisson d'épine ; bôd gwial, trousseau de ver- 
ges. — Bôd maé , le Mai ; l'arbre qu'on a cou- 
tume de planter en Bretagne en cérémonie au 
retour du mois de mai. IL V. Voyez Boden et 
RnciiEN. 

BôD-RÔz-GwÉz. V^oyez Agroazen. H. V. 

BoDA ou BÔDENNA, V. 3. Réuuir en touffe, 
en buisson , en trousseau. Part. cl. Bodid ann 
dri'z-zé, mettez ces ronces en buisson. 

BùDAD , s. m. Le même que bôd. 

BÔDAD ou Bodad-glah, s. m. Giboulée. On- 
dée de pluie subite. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Bar-glaô. 

BoDEK et BÙDENNER, adj. Touffu, qui est 
en formede buisson. Buissonneux'. Couvert de 



luni 

buissons , de bosquets. lU'tdtk ou bndtnneh t<> 
UHii duuar-mañ , celte (erre estbuissunneusc, 
couverte de bosquets. 

BouEN , s. r. Buisson. Bosquet. Bocage. Bou- 
quet. Toull'e d'arbres PI. biidennou. Bodennou 
kuañl a wi'z a z6 war dro d'hi di , il y a de 
jolis bosquelis autour de sa maison. Voyez BÔD. 

BÙDEN>A. Voyez Bôua et Bùdunni. 

B(5dem.nek. Voyez Iîooek. 

Bi'ii>e.>'.iii ou B6uEN>\ , v. n. Fourmiller. 
Abonder. Etre en grand nombre. Part. el. Bù- 
denni a réuñd a bép là , ils fourmillent de 
tous les côtés. 

BÔDRÉA, v. a. Giiétrer, mettre des guêtres 
à quelqu'un. Part, bodréel. Ln cm vodréa, se 
guêtrer , mettre ses guêtres. 

BùuBËou , s. m. pi. tiuêlres, sorte de chaus- 
sure ou de ba.s de toile ou de drap que por- 
tent les gens de la campagne. Likid lu) p'i- 
dréoa , ha kil kail , mettez \oi guêtres et allez 
vous-en. Ce mot ne s'emploie point au singu- 
lier. Voyez Thik-uelzuu. 

BÔDVÉLE.N ou Bciu-vÉLEN, S. (U. Mal quI 
vient au bétail sur la tête, entre les cornes. 
C'est une tumeur remplie d'une humeur jaune. 
Klañ eo va hioc'Ugund ar bôdviicn, ma vache 
est malade d'une tumeur à U tête- i'.e mot est 
composé de bôd , toutïe , et de mclen , jaune. 

BoÉ , s- f. Bouée , morceau de bois ou de 
liège , ou baril vide attaché à un cordage au- 
dessus d'une ancre , el servant à marquer l'en- 
droit où elle est. PI- iou. H. V. 

BoÉo ou BoLÉD (l'une seule syll.', , s. m. 
Nourriture. Aliment. Vie. Pâture. Appât. \- 
morce. PI. boéduu , et, par abus , bot'jou (de 2 
syll., boédou ou hoéjou). Bocd màd hô deùz 
énô , ils ont là une bonne nourriture. Gounid 
hé voéd , gagner sa vie. Boéd argounnar , boéd 
ar groug , sont les injures les plus fortes que 
puisse proférer un Breton. Il veut dire par là : 

PUISSE -TU DEVENIR LA PÂTURE UE LA RVÜE, DE 

LA potence! — Le dernier répond au français 

GIBIER DE POTENCE. H. V. 

Boéd-Kounfizet , S. m. Conûture. En 
Galles , Koftzbuued H. V. 

BoÉD-uouiDi, s. m. Petite herbe fort mince 
qui croit dans les eaux vives qui n'ont pas d'e- 
coulement , et que les canards aiment beau- 
coup. Kalz a vodd-houidi a zo war ann dour- 
mañ, il y a beaucoup d'herbe aux canards sur 
cette eau-ci. Ce mot est composé de boéd., 
nourriture, et de houidi , pi. de Aouad. ca- 
nard. Je ne connais pas le nom français de 
cette plante. 

* BoÉD-RABÉzEN, S. f. Betterave , plante et 
racine bonne à manger. PI. boéd-rabcz. 

Boeder ou Boéduz ( de 2 syll. , boé-dek ou 
hoé-duz), adj. Alimenteax, nouriissant. Qui 
sustente, qui nourrit beaucoup. .4r fd hag ar 
péz a zo boéJck , les fèves et les pois sont ali- 
mentenx , nourrissants. 

BoÉOEN ou BouÉDEN ( de 2 syll. , boéden ou 
boucden), s. f. Moelle, substance molle qui 
se trouve au milieu des arbres et des plantes. 
On le dit aussi, mais rarement , en parlant des 



BOC 

0». De plus , germe. N'eu: hét kalz a vocden 
er gwézmañ , il n'y a pas beaucoup de moelle 
dans ces arbres-ci. Voyez Mél. 

BoÉDKN-BENN , S. f. Ccrvciiu. Ccrvellc. A la 

lettre , MUELLK DE TÈTK. VoyeZ lÏMl'ENN. 

J5oÉDEN-vi , S. f. Le germe d'un œuf. 

BoÉDE.NNEK 1 de 3 syll. , boc-den-nek] , adj 
Moelleux , rempli de moelle, particulièreuicnt 
en parlant des arbres et des plantes. ^rfcrof h a 
iô boédennek, le jonc est moelleux. Voy.MÉLEK. 

BoÉDiiz. Voyez üoédek. 

BOELLEN. Voyez BofZELLF.N. 

BoËMA , V. a. Charmer , produire un effet 
extraordinaire par charme, par un prétendu 
art magique, l'art. c(. (Coni. ) M. V. 

BoÉMEK , s. m. Celui qu'on prétend avoir 
le pouvoir de charmer par magie. Magicien. 
PI. ie)i. ( Corn. ) IL V. 

BoÉMÉiiEz, 9. m. Charme ; magie ; action de 
cl)armcr par magie. ( Corn. ) II. V. 

BoËMÉuEz , s. f. Celle que l'on croit avoir 
le pouvoir de charmer par magie. Magicienne. 
(Corn.) H. V. 

• BoÉsT ou BoÉSTL ( d'unc seule syll.), s. 
m. Boite , sorte du.stensile fait de bois fort 
mince ou de carton avec un couvercle , et ser- 
vant h divers usages. PI. ou. Eut boésl prenn 
en deùz rùed d'in , il m'a donné une boite de 
bois. Voyez Klose.n. 

* BoÉsTAD ou BoÉsTL.VD ( dc 2 Syll. , Loés-tad 
ou boés-lUid), s. m. Le contenu d'une boîte. 
Plein une boite. PI. ou. Kasil gan-é-hoc'h eur 
boéslad amann, portez avec vous plein une 
boite de beurre. 

EoÉTi ou BouÉTA ( de 2 syll. , hoéla ou houé- 
la), v.a. Alimenter. Nourrir. Sustenter. Part. 
cl. Kalz a dûdcndcùi da vocla, il a beaucoup 
dc monde à nourrir. 

BoÉTEL. Voyez Bôtel. 

BOÉTELLA. Voyez BOTELLA. 

BoÉz. Voyez Boaz. 

BoÉzKiN. Voyez Boaza. 

Boézei. , de 2 syll. , boé-zcl), s. m. Boisseau, 
sorte de mesure pour les clioses solides, les 
grains, etc., dont la grandeur varie suivant 
les pays. PI. boczellou. Né kél leùn ar buczcl , 
le boisseau n'est pas plein. 

BoÉZELLAD ( de 3 syll. , boc-zel-lad ) , s. m. 
Boisselée , la mesure d'un boisseau. PI. ou. 

Bôc'h , s. f. Joue, lu partie latérale du vi- 
sage de l'homme qui est au-dessous des tem- 
pes et des yeux, et qui s'élend jusqu'au 
menton. PI. duel dtrùc'h pour dioubôc'h. 
IHvôcli rùz cdcùz , elle a les joues rouges. 

Boc'ii. Voyez Boir.'ii. 

Boc'ii-Ri'z, s. f. Uouge-gorgc, petit oiseau 
à gorge rouge. PI. bik'h-ruzcd. On dit aussi , 
avec le diminutif, bôchik-niz , \i\. bôc'hédi- 
gou-rûz. Bùcli-rùz signilie , i la lettre , joue 
ROUGE. — En Corn. , Bokliiî, contraction de 
boc'li-rùzilc. II.V. 

Bûc'ii-ziviEM, s. f. Sorte de poisson de mer 
ressemblant à la dorade. PI. bôc'h-zivicnncd. 
Bôc'lh-zivien signifie, à la lettre, joue de 

FRAISE OU DE COULEUR DE FRAISE. 

D. B. F. 



BON 



i53 



Bôc'had , s. f. Soufflet , coup da plat ou du 
revers dc la main sur la joue. PI. ou. Eur tô- 
c'had a rùaz d'ézhan, il lui donna un soufflet. 

Bôr.'iiAL. Voyez Bolt'hal. 

Boc'hata, v. a. Souflleler, donner des soof- 
(Icts , donner des coups sur les joues, sur les 
màehoirs. Part. el. Voyez Karva.mta. 

Boc'iiEK , adj. et s. m. Joufllii , qui a de 
grossesjoues.iMoullard.Pour leplur. dusubst., 
b(Jc'héien [iie 3 syll., bdc'hé-ien). l'éger bo- 
c'heg eo hô mdb ! Comme votre lils est 
jouiïlu ! 

BoLOE , s. m. Sorte de poisson de mer , de 
la figure d'une aljlette , mais ayant le ventre 
plus gros. PI. bologed. 

* BoLOD , s. m. Pelote, balle à jouer. Eleuf , 
balle du jeu de [)aurae. — Balle de fusil. Bou- 
let de canon. H.V. PI. ou. Ré déo eo ar bolod- 
mañ, cette balle est trop grosse. 

BoLODi , v. a. et n. Balloter. Jeter ou pous- 
ser une balle. Jouer à la paume. Se jouer de 
quelqu'un. Part. cl. Gouzoud a ril-hu boloJi , 
savez-vous jouer h. la paume. Bohded ounn 
bel gañl-hi, elle m'aballoté, elle s'est jouée 
de moi. 

Bolodérez, s. ra. Ballottage, action de bal- 
lotter dans une élection. H. V. 

BoLos. Voyez Polos. 

Bolosek. Voyez Polosek. 

BoLz ou Volz , s. f. Voûte. Arcade. Tom- 
beau. Tombe élevée. PI. bolsiou {de 2 syll., 
bol-sioii). üiwidn ar volz é tréménol , vous 
passerez sous la voûte , sous l'arcade. IJoUiou 
kaer a zô cnñ iUz-man, il y a de beaux tom- 
beaux dans celte église. Voyez Baot. 

BoLZA ou VoLZA , v. 3. et n. Voûter. Arquer. 
Se voûter. S'arquer, l'art, el. Bulza a rcodann 
or, vous arquerez la porte. 

BoLZEK , adj. Voûté. Courbé. Arqué 

BoLZENj s. f. Crevasse. Lézarde. Ventre 
dans une muraille qui menace ruine. PI. bol- 
zennou. Eur volzen a ivélann er vogrr-zé ,](• 
vois une crevasse à ce mur. Voyez Skarr. 

BoLZENM , v. a. Crevasser. Lézarder. Faire 
ventre, en parlantd'un mur quicrève. Part. cJ. 
Bolzenncd eo hô U , votre maison est lézardée. 

BoM , s. m. Toute élévation en général. Il 
se dit plus particulièrement de la levée de 
terre que fait le soc de la charrue. PI. Lomoii 
ou bémen. IJaou vom douar a zavol , vous fe- 
rez deux élévations ou levées de terre. 

* BoMDARD, s. f. Bombarde ou hautbois, 
instrument à vent. PI. ou. (Jand ar vombard 
c choari , il joue du hautbois. 

* Bombarda ou BoMnAiiDi, v. n. Jouer dc la 
bombarde ou du hautbois. Part. <•(. L'nan- 
benmig a gUvanii o i'o»i/)(irda, j'entends quel- 
qu'un jouer du hautbois. 

» Bo.MBARDER , S. Hi. Joucur de bombarde, 
de liaulbois. PI. ien. Eur boml>ardir lui') eur 
liiuianurr a ioa enn cùreiid , il y avait un 
joueur de hautbois et un joueur de corne- 
muse ;"» la noce. 

ItoM-MCu , s. m. Tirc-d'aile , baltement 
prompt et vigoureux que fait un oiseau, quan.'l 



iBi 



nos 



il vüle vite. Enn ciir bom-uich, k lired'aiie. i 
Bon IL. Voyez lliLAN. 

BONALKK. Voyez lÎALA.NEK. 

BoÑuii. , s. m Tninblc , espèce (le peuplier 
à feuilles" très-mobiles. Uondilen, (. ,_ un seul 
pied (le tremble. PI. boñdilennou , bondUou ou 
simplement biiñdil. Je ne eonnais ce nom d'ar- 
bre que par le Kiet. (leLe l'ellelier.Voy. Elô. 
Bo.vniiASK, s. m. Espèce du grive, oiseau. 
PI. éd. Voyez Drask. 

Bo.Nr.oBs ou ISoi.vGOHS , s. f. Butor, oiseau 
(le proie , qui ne vit que de poisson. Pi. éd. 
Itoñgors se dit aussi d'un homme slupide, 
lourd, maladroit. 

Bo.>N , s. m. Borne. Limil». PI. eu. Ce mot 
ne s'emploie f;uères seul ; on y ajoute ordinai- 
rement le mol men, pierre. Men-bnnn , pierre 
de borne , pierre bornale. Le mot bonn est du 
dialecte do Vannes. Voyez C.aiu, premier 
article , et I.ézen , premier article. 

BoNNEi.N, V. a. etn. Borner, placer des bor- 
nes. Etablir des limites. Part. el. Ce mol est 
du dialecte de Vannes. 

» BoRN , adj et s. m. Borgne, qui n'a qu'un 
œil. Pour le plur. du subst. , borned uu bor- 
nficfi. Uorn eo , hag hé vreùr a zô kamm, il 
est borgne et son frère est boiteux. On nomme 
aussi born un as dans les cartes. Voyez Bio. 

* Borna ou Borma [ de 2 syll., bor-nia) , v. 
a. et n. Eborgner. Rendre ou devenir borgne. 
Part, bornei ou borniet. Borniet eo bel gand ar 
vrêac'h, il a été cborgné par la pelilc-vérole. 
' BoH^EZ ou BoRMEz (de 2 syll. , bor-niez), 
s. f. Femme borgne, qui n'a qu'un œil. PI. 
éd. Droug eo ével eur vornez, elle est méchante 
comme une femme borgne. 

BoROD , s. m. Uèverie. Radotage. Fadaise. 
Niaiserie. PI. ou. Né oar lavaroul némél bo- 
rodou, il ne sait dire que des rêveries , des 
niaiseries. Ce mot est du dialecte de Cor- 
nouaille. Voyez Rambré et Sorc'hen. 

BoBoDER , s. m. Rêveur. Radoteur. Conteur 
de fadaises , de niaiseries. PI. ien. Borodénen 
iñd hô daou, ce sont deux radoteurs. Ce mot 
est du dialecte do Cornouaille. 

BoRODi, V. n. Radoter. Dire des extrava- 
gances, des fadaises, des niaiseries. Part. et. 
Borodi a ra héd ann dei: , il radote tout le 
jour. Ce mot est de l'usage de Cornouaille. Le 
P. Grégoire explique bnrodi , par étourdir , 
rompre la tête par des discours ennuyeux, 
importuns. 

iîoRuiK. Voyez Bôc'h-riz. 

BORZÉVELLEK OU BORZAVELIEK , S. Hl. GrOSSe 

grive. PI. borzéveiiéged ou borzavellégcd. 
Quelques-uns prononcent morzévellck. 

Bos. Voyez Bosen. 

* BosARD, s. m. Brion ou ringeof, pifice en 
partie droite et en partie courbe qui 6nit la 
quille vers l'avant du vaisseau. PI. ou. 

BosRARD, s. m. Tique, insecte noirâtre qui 
s'attache aux oreilles des chiens , des bœufs , 
etc. Voyez Teijreùgen. 

BosKOCN, s. m. Criblure , ordures sépa- 
rées du blé par le crible. Ce mot n'est en 



BOU 

usace que dans le Ras - Léon. Voyez L'sie?i 

BosKN , J>. f. Peste , maladie é|)i(lomiqut et 
contagieuse. Digased en diàz ar voien ertrâ, 
il a introduit , apjiorté la peste dans le pays. 
On dit aussi boi , raasc. Ar bos , la peste. 

BosEN.NE?! , g. f. Stérile ( Lag. ) H. V. 

Bosemnuz ou Bosuz , adj. Pestilentiel , in- 
fecté de peste. Contagieux. Eur c'hlénvéd bo- 
seiinu: a zo gañl-hañ, il a une maladie pesti- 
lentielle. Bosuz eo anndersien-zé , cette fièvre 
est contagieuse. 

BoTAoï'KB ou B0DTAOCF.R (de 3 syll. , lo-la- 
ouer ou bou-la-ouer) , s. m. (!elui qui fait de» 
chaussures. PI. icn. Bolaouer-ler , cor Aonmer , 
faiseur desouliers. /?o(aoucr-prfnn , sabotier, 
faiseur de sabots. Voyez Botez. 

BoTAoci ou BoiîTAOt'i (de 3 syll. , ho-ta-oui 
ou bou-laoui ), v. a. Chausser , faire ou Met- 
tre une chaussure. Part, bolaouel ou bou- 
laouet. Id da gavoul ra c'héré; bolaoui mdd 
a ra , adressez-vous à mon cordonnier, il 
chausse bien. En em volaoui , se chausser. 

* BÔTELOuBoÉTEL (de 2syI1., bôc-lel), s. m. 
Botte, faisceau, assemblage de plusieurs cho- 
ses de même nature, liées ensemble. PI. bô- 
lelloH.Bôtelfoenn, botte de foin.Voy. Hobden. 

• BÔTELLA ou BÔÉTELLA (de 3 S5II. , bÔé-Ul- 

la), V. a. Botteler, lier en bottes.' Part. et. 

BoTEZ , s. f. Chaussure en général. Boiei- 
ler , soulier , chaussure de cuir; botez-prenn 
ou hotez-koaC, sabot, chaussure de bois. PI. 
bolou , et, plus ordinairement, boulou , et , 
selon quelques-uns , bouléier (de 3 syll. , bou- 
lé-ier). Boulou-lrr , des souliers ; boulou-prenn 
ou boutou-koal , des sabots. Voyez Botaoci. 

BouAR. Voyez Boczar. 

Bol'araat. Voyez Bouzaraat. 

BocAREiN. Voyez Boizara. 

BoTOD.N , s. f. Bouton d'habits. PI. ou. H.V. 

BoTouNA , v. a. Boulonner , arrêter ïin vê- 
tement au moyen des boutons. Part. et. Botou- 
nil hé vragoti d'ar paolrik-zé , boutonnez la 
culotte de cet enfant. H. V. 

Bock , adj. Mou. Tendre. Délicat. Sellil pi- 
ger bouk eo , voyez comme il est mou. Voyez 
Blôd et GwAE. 

BocKAAT, V. a. et n. Amollir. Attendrir. 
Rendre ou devenir mou , tendre. Part, bou- 
kéet. Boukéed eo abaoé déac'h, il est devenu 
plus mou depuis hier. 

BoDKDEB, s. m. Mollesse. Délicatesse. Ten- 
dreté. Etat des corps mous, tendres, délicats. 

BouD, s. m. Bourdonnement, bruit sourd 
et confus. Murmure. Pélrâ eo ar boud-zéaglt- 
ra/m.^ Qu'est-ce que ce bourdonnement, ce 
murmure que j'entends? 

BocDA , et, par abus, BocoAt, v. n. Bour- 
donner , faire un bruit sourd. Murmurer. 
Corner.Tinter, en parlant des oreilles. Part. et. 
Ar géliénen-zéavoudkré, cette mouche bour- 
donne bien fort. Gouzoud a ril-hu pérdg é wu- 
doñ(.'Savez-vous pourquoi ils murmurent? 

BoroAL , s. f. Vesse, ventuosilé sans bruit. 
PI. iou CLag.) H. V. 

BocDÉDÉo, s. m. C'est le nom que le peu- 



BOU 

pic donne an prétendu jdif erbant , qu'il croit 
cuurir sans cesse par le monde , sans commu- 
niquer avec personne. On donne le raônie 
nom aux personnes qui restent rarement dans 
la maison. 

UouDER, s. m. Celui qui bourdonne, qui 
murmure. PI. ien. 

IJODDEE, s. m. Joueur de serpent des églises. 
PI. ien. H. V. 

Bouderez j s. m. Action de bourdonner, de 
murmurer, de corner , de tinter. 

bouuÈHEz, s. f. Celle qui bourdonne, qui 
murmure. PI. éd. 

BouDiK, s. f. C'est un des noms que l'on 
donne aux fées , aux sorcières , aux enchan- 
teresses. PI. boudiged. Lacarcd eitj d'in é oa 
gwékl boudiged aman, on m'a dit qu'on avait 
vu des fées ou des sorcières ici. Voy. KoniUK. 

BouÉD. Voyez Boéd. 

BouédEjN. Voyez Boéden. 

Bouéc'h , s. f. Voix , son qui sort do la bou- 
che de l'homme et qui exprime les sensations, 
les aflcctions, les pensées. 11 se dit aussi de 
certains animaux. Au figure , suffrage. Opi- 
nion. Avis. Bruit. Réputation. PI. ien. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. Voyez MouÊz , pre- 
mier article. 

Boüéta. Voyez Boéta. 

BoDGEN,s. f. Joue. PI. divougcn.XoY. Bôc'ii. 

BoLGENiNEK , adj. ct S. m. Joufflu , qui a de 
grosses joues. 

Boicii (par ch français), s. m. ToulTo. Tou- 
pet. Bouquet. Assemblage. PI. ou. N'en deù: 
ncinéd eur bouch bléù war gern hé benn , il n'a 
qu'une loufTc ou un hmiquet de cheveux sur 
le sommet de la lèle. Voyez Bôd. 

BoccH. Voyez Boiu. 

BoccuAD l par ch français) , s. m. La quan- 
tité de quelque chose servant à former une 
touffe , un bouquet. PI. ou. Eur bouchad rei'm, 
une touffe de crin. A vouchadou, en touffes, 
en bouquets. 

BoLCHEK(par ch français), adj. Qui est en 
forme de touffe, de tou[iet. Bioc'h vouchek , 
vache dont les cornes se joignent par la pointe. 

BüUcinK-GAVa , s. m. Barbe de bouc ou barbe 
de chèvre, plante. Ce mot est composé de 
houchilc, diminutif de bouch, touffe, et de 
gavr , chèvre. 

Bouc'ii, s. m. Bouc, bêle h cornes, qui est 
le mile de la chèvre. PI. éd. Flerittz co cvel 
eur boucli, il est puant comme un bouc. En 
Vannes , boc'h. 

Bodc'hai, , s. f. Cognée , outil de fer acéré, 
plat et tranchant, llaclie. PI. boHc^haliou , et , 
plus ordinairement, houc'hiU. Jlors de Léon, 
boc'hal. 

BoDc'HAL-AnM , S. f. Fraucisquc , arme des 
anciens Franks. Hache d'armes. PI. ftouc'Atli- 
ann. En Galles, bouklarf. IL V. 

Booc'nALA , V. a. Travailler avec la cognée, 
avec la hache. Equarrir. Charpentcr. l'art. 
et. 

Bouc'iiALEn, s. m. Equarrisseur, ouvrier qui 
fait métier d'équarrir , do travailler les bois 



BOU i55 

en fnrôts. Charpentier. PI. ien. Voy. Kalvez. 

BoLc'uAi.feRF.z , s. m. Action de travailler 
avec une cognée , une hache Action de char- 
pentcr , d'équarrir. Equarrissagc. 

liouj ou BoLCii ( par ch français ) , s. f. Fau- 
cille à long manclte , pour couper les branches 
d'arbres. PI. ou. — Hors de Léon , kouj. II.V. 

* BoLL , s. f. Boule , corps rond en tout sens. 
Globe. Sphère. PI. ou. L hxiri bouhu a ra 
bcmdez , il joue tous les jours à la boule. 

Boi'i.-sKAo, s. m. Hièble, plante (pii est une 
espèce de sureau. Iloul-skaven , f . , un seul 
pied d'hièblo. Ce mot est composé de houl, 
boule , ou de boull , transparent, et de skao , 
sureau. 

Boulas , s. f. Bourgeon , boulon qui pousse 
aux arbres. PI. ou. Débred eo ar voulus gañd 
ar zaoud, les vaches ont mangé le bourgeon. 
Voyez Egin et Bro.ns. 

BuoLASA , v. n. Bourgeonner, se couvrir de 
boutons, en parlant des arbres, etc. Part. et. 
A-bréd é voulus ar gwé: er vrô-mañ, les ar- 
bres bourgeonnent de bonne heure dans ce 
pays-ci. 

BocLDER, s. m. Transparence , qualité de ce 
qui est transparent , diaphane. Voyez Bouli. 

Boulc'h, s. m. Entamure, premier mor- 
ceau que l'on coupe d'un pain. Brèche. Inci- 
sion. Commencement. PI. iou. Ilôid d'in ar 
boule h eûz ar bara , donnez-moi l'entamure 
du pain. Eur boulc'h bihan hô deùz gréad er 
vdger , ils ont fait une petite brèche à la mu- 
raille. Uen-nez a vézô ar boulc'h , ce sera-là le 
commencement. 

Boulc'h ou Boclc'heï , adj. ct s. m. Bec-de- 
lièvrc , celui qui a , de naissance , une fente à 
la lèvre. Pour le plur. du subst. , bimlc'hed ou 
boulc'hélen. Eur mdb boule' hek édcùz, elle a 
un fils bec-de-licvre. 

Boulc'ha, V. a. Entamer, ôter une petite 
partie d'une chose entière. Faire brèche. Com- 
mencer. Part. el. Bouk'hid ar bara frcsk , mar 
kirit , entan]ez le pain frais, si vous voulez, 
/youic'/t da ^«naoucn, commence ta chanson. 

Boulc'hek. Voyez Boulc'u , deuxième ar- 
ticle. 

Boulien, s. f. Taon, mouche qui persécute 
les chevaus et les bêtes à cornes en été. PI. 
bouUenned ou simplement boulL Eur voulien a 
zô i!ad é skouam va marc'h , il est entré un 
taon dans l'oreille de mon cheval. Voyez Kê- 

LIÉNEN-ZALL. 

* BouLj , s. m. Mouvement, degré de vi- 
tesse d'un corps qui se meut. Agitation. Er 
boulj hag er galon , le mouvement du cœur. 
Co mot est du dialecte de Van. Voy. Fi.ñt. 

* BouLjEiM , V. a. et n. Mouvoir. Itemner. Se 
mouvoir. Bouger. Part. et. Ne vouljel két , ne 
remuez pas. Ce mot est du dialecte de Vannes. 

BouLL, adj. Transparent. Diaphane. .Vu tra- 
vers de quoi l'on voit les objets. Clair, .inn 
éar, ann dour . ar gwcr a z6 boull, l'air, 
l'eau, le verre sont transparents. Voyez 
Splamn. 

BouLLAAT, V. a. et n. Rendre ou devenir 



i56 



BOU 



clair, transparent, diaphane. Clarifier. l'art. 
bouUéet. 

Soi'LLEN, s. f. Fille 011 fomnie de mauvaise 
vie. Couillsaiie. l'roslilure. l'I. boullenned. 
Voyez Strode.> oI Loi doiiien. 

• lioDLovABD, s. Di. lioulevarl. Hcmparl. 
Uastiuii. l'I. ou. Ce mot (s'il est breton) doit 
venir de pnuU, fosse ou fossé , et de gward , 
garde , défense. 

• ISdüMBAitnADDR, s. m. Bombardement, ac- 
tion de jeter des bombes. H V. 

• UdiMDiRDi, V. a. Bombarder, jeter des 
bombes. Part. cl. H. V. 

• Boc.MBÉZEN, s. f. Bombe, machine d'artil- 
lerie , boule de fer creuse , remplie de poudre. 
Vl.bountbez. H. V. 

BoD.ÑGORg. Voyez Bo.ngobs. 

BoL.ÑT. s. ra. Bonde , bouchon de bois ou de 
licge qu'on enfonce avec force dans l'orilice 
d'une barrique pour la fermer. Bouchon de 
bouteille. PI. ou. H.V. 

Bou.^TA ou Br.ÑTA, T. a. Pousser , faire ef- 
fort contre quelqu'un ou contre quelque chose, 
pour l'ôter de sa place. Itepousser. Heurter. 
Choquer. Part. et. Ker lire en deûz va boun- 
tet , ma ounn houézed d'ann douar , il m'a 
poussé si fort, que j'en suis tombé à terre. 
Voyez LcsKA. 

BoUiVTÉREz ou Bdñtérez, S. m. Action de 
pousser, de repousser, de heurter, etc. Voyez 

LUSEÉREZ. 

Boi'BAS ou BorRLAs , s. m. Cartilage, partie 
blanche, dure, élastique, qui se Irouvesur- 
tout aux extrémités des os. Voyez MlG0CR^ et 

GWGO.ÑS. 

BocRASDZ ou BoüBLASüz , adj. Cartilagineux. 
Qui est de la nature du cartilage. Qui est com- 
posé de cartilages. Voyez Migournoz et Gri- 

GO.NSCZ. 

BousBELL ou BoüRBELLEE , adj. et S. Hi. Ce- 
lai qui a de gros yeux sortant de la tête. Ce- 
lui qui a la manie de beaucoup ouvrir les 
yeux, four !e plur. du subst. , bourbelléien. 
Voyez Lagadek. 

Boi'BBONEN. Voyez Bocrbooen. 

BoranoiXLA , v. n. Fouir ou fouiller la ferre 
ou la boue, à la manière des porcs, des san- 
gliers. Part. et. BourbouUed holl eo va fark 
gand ar môc'k, les porcs ont foui ou fouillé 
tout mon champ. Voyez Türia. 

Bocrboünen , s. f. Pustule , petite tumeur 
qui s'élève sur la peau. Ampoule. Bouton. 
Ebullition , éruption de taches rouges sur la 
peau. Bouillonnement. PI. bourbounennou ou 
simplement bourboun. — Hors de Léon, fcowr- 
bon. H.V. Eur voiirbouncn a zô sacet war hé 
vréac'h , il s'est élvc une pustule sur son bras. 
On dit aussi burbuen et c'houczipcn. 

Bodrboc.nemva, V. n. Se couvrir de pustules, 
de boutons. Etre en ebullition Part. et. Bonr- 
bounenned holl eo hé gorf , il a le corps tout 
couvert de boutons. On dit aussi burbuenna et 
c^houézigenna. 

BooRBouTEN , S. f. Blaircau ou taisson , petit 
animal sauvage à quatre pieds. Fleriein é ra 



BOU 

rel er vourbouten , il pue comme un bhffeau. 
(!e mot est du dialecte de Vannes. Voyei 
Broc'ii et Lorz, deuxième article. 

BoLBn , s. m. Tromperie. Finesse. Rose. 
Malice. Astuce. Farce. Facétie. Attrape. PI. 
ou. Leün eo a vourd ar vaouez-zé, celle femme 
est pleine d'astuce, de malice. Eur bourdn'eo 
kén , ce n'est qu'une farce. — Voyez Bbad et 
Bahad. II. \ . 

Bolhda , V. n. Tromper. Rujer. Plaisanter. 
Part. f(. 

BocBDüz , adj. Astucieux , qui a de l'astuce. 
Trom|)eur. Uourduz brdz eo, il est fort astu- 
cieux , il est bien trompeur. 

* BotRc'n , s. f. Bourg , gros village , et , 
suivant quelques-uns, cite. PI. iou. Va am- 
brouged en deùz bélég ar vourc'h , il m'a ac- 
compagné jusqu'au bourg. Voyez GwIk. 

* BocRc'uiz , adj. et s. m. Bourgeois , habi- 
tant d'un bourg, d'une cité. V\. bourc'hisien 
(de 3 syll. , bour-c'hisienj. Eieleur bourc'hit 
eo gwisket , il est habillé comme un bourgeois. 
Bourc'hiz est un nom de famille assez com- 
mun en Bretagne. 

BocRc'ui/.fccEZ , s. f. Bourgeoisie , qualité de 
bourgeois. Droit de bourgeoisie. 

* Boijrc'hizez , s. f. Bourgeoise , celle qui 
habite un bourg, une cité. PI. ed- Da eurvour- 
e'hizcz binvidik eo dimézel , il a épousé une 
bourgeoise riche. 

BocRLAS. Voyez Bocbas. 

BoiRH ou BorRRÉ, adj. Qui n'est pas cuit. 
Bara bourr oubourré, pain qui n'est pas bien 
cuit. Ce mot est du dialecte de Vannes. Voyez 
Mioc'h. 

Bourra, v. n. S'accoutumer. S'habituer. Se 
faire à une chose. — Se plaire en quelque lieu. 
H. V.Part. et. N'hellann két bourra dinut-hañ, 
je ne puis pas m'accoutumera lui. A'a vourrci 
bikenn diouc'h ho toaré , il ne se fera jamais 
à votre manière d'être. Ce mot est du dialecte 
de Cornouaille. Voyez Boaza. 

BotRBÉ. Voyez Bourr. 

* BocrréA (de 2 syll., bour-réô), s. m. 
Bourreau , l'exécuteur de la haute justice. Au 
figuré, homme cruel, inhumain. PI. tourr^- 
vien I de 3 syll. , botir-ré-vien ). Gand ar bour- 
réô eo hasel er mraz a géar , il a été chassé de 
la ville par le bourreau. 

* BoüRRÉvEZ , s. f. La femme du bourreau. 
Au figuré, femme cruelle , inhumaine. PI. ed. 

* Bodrrévia (de 3 syll. , bour-rè-via 1 , v. a. 
Bouircler. Tourmenter. Torturer. — Martyri- 
ser, faire souffrir le martyre. H. V. Part. 
bourréviel. Bourrcvied eo béd é kéit ma eo 
choumed éiré hô daouam , il a été tourmenté, 
torturé tout le temps qu'il est resté entre leurs 
mains. 

BoDTA, V. n. Se corrompre. Commencer à 
pourrir. Se gâter, en parlant de chair ou d.e 
poisson cuit. Rancir , devenir rance. Part. et. 
Bouted eo ann lamm leûé , le morceau de veau 
est gâté , commence à se corrompre. Boula a 
rai arc'Wj-?HÔc'ft, le lard rancira. Voy.BREi."*A. 

BoüTADüR , s. m. Etat de la viande cuite qui 



BOU 

se g&te , qui se corrompt. Itancitsurc. l\anci- 
dite. 

BoDTAoïJF.R. Voyez BoTAOUEn. 
BouTAOui. Voyez Botaoli. 
BouTEK , s. m. llolte , sorte de panier qu'on 
porte sur le dos avec des bretelles. l'I. huulé- 
gou. Eur bouleg a zougé war hé gein, il por- 
tait une hotte sur le dos. 

BooTÉGAD , s m. [lottéc , 1.1 plénitude d'une 
hotte. Plein une hotte, liur bouligad avalnu 
Mti eûz prénel, j'ai acheté une hottéede pom- 
mes, 

BouTÉOER , s. m. Uolteur, celui qui porte 
une hotte. 1*1. ien. 

BoDTÉGÉREZ ,s. f. Ilûttcuse , Celle qui porte 
une hotte. PI. cd- 

BoUTET, adj. et part. Corrompu. Qui com- 
mence à pourrir. Gûlé , en |)arlaot de chair ou 
de poisson cuil. Rancc. Kili bottted hoc h eiiz 
rôcd d'in , vous m'avez donné de la viande 
gitée. 

BocTiN , adj. Commun. A quoi tout le mon- 
de participe. En commun. Banal. Eur fourn 
boulin co , c'est un four commun , banal. /Jou- 
lin en pép Ird eñlrc-z-hô , tout est commun 
entre cu.^c. Boulin é vévoñl , ils vivent en com- 
mun. 

BouzAR , adj. et s. m. Sourd. Qui nn peut 
entendre. Pour le plur. du subst. , bouzarcicn 
ou iûd vouzar. Bouzar co choumed , abaoc 
eo bélklañ , il est resté sourd depuis sa mala- 
die. Laoucnusoc'h eo ann dallcd , l'géd ar 
vouzaréien , ou bien laouêiuisoclt co aim dûd 
zall , cgM ann dûd vouzar , les aveugles sont 
plus gais que les sourds. En Vannes et Tré- 
guier , bonr ou bouar. 

BouzABA, v. a. Picndrc sourd. Assourdir. 
Part, el- Va houzara a raiñl, ils me rendront 
sourd. En Vannes, houarein. 

BouzARAAT , V. n. Devenir sourd. Part. &ou- 
zarcct. liouzaraad a rai , nCem etiz aoun , je 
crains qu'il ne devienne sourd. En Vannes , 
bouaraal. 

. Boi'ZAunER ou Boi'ZARDiiD, S. Hi. Surdité , 
"pCTlc OU diminution considérable du sens de 
l'ouïe. En Vannes , bnuardcd. 

BoDZAREz , s. f. Femme sourde. Femme qui 
ne peut entendre. PI. éd. Eur vouzarez co , 
komzid liuéloc'h, c'csi une femme sourde , par- 
lez plus haut. En Vannes , bauarcz. 

BoLZEi.i.Kiv , s. f. Boyau. Intestin. PI. ioM- 
zellou. Eur vouzellen c'houUô en deûz alaû , 
il a toujours un boyau de vide. Àr bouzcllou 
hô dcùz , diouclim'am eùz lenncl, sciz gwmch 
héd ann dcn, les intestins, d'après ce que j'.ii 
lu , ont sept fois la longueur de l'honinie. Le 
plur. bnuzcilou peut aussi se traduire par le 
français entrailles. Tancd co hé roxizetloii , 
il a les entrailles échauflces. En Tréguier , 
hovcUcn. PI. ftoucZJo. En Vannes , locUcn. PI. 
boelleu. 

BôvÉLEN , s. f Mulot ou musaraigne, es- 
pèce de souris champêtre. PI. bôrélcnncd. Je 
ne connais ce mot que par le Dict. de l.c 
Pelletier. Vovcz Mlnoic'u et Morzfn. 



IJK.V 1^7 

Bôz , s. f. Le creux de la main. Il n'a pas de 
pluriel. Likil-hù cm bôz, mettez-les dans le 
creux de ma main. 

BôzAD , s. f. La plénitude du creux de la 
main. Poignée. Ce que peut contenir la main 
fermée. PI. ou. Roid eur vùzad cd d'ar paour- 
zc, donnez une poignée de blé à ce pauvre. 
lîôzE.N, s. f. Plante dont la fleura la figure 
du tourne-sol, mais qui est beaucoup plus pe- 
tite. Il y en a de deux couleurs, de blanches, 
bozcn-wenn , et de jaunes , bozen-vclcn. C'est , 
je crois , l'œil de bœuf ou fausse cauiomillc. 
Brahraô, s. m. Terme enfantin. Joujou. 
Jouet d'enfant. Eur brahraô a rôinn d'choc'h, 
je vous donnerai un joujou. Je mot est com- 
posé de l'adjectif braù , beau répété ; c'est 
comme si l'on disait en français un beac beal. 
Voyez C'uoABiEL. 

Bkad, s. m. Trahison. Tromperie. PI. ou. 
Voyez Barad et Boird. II. V. 

Braé , s. f. Broie ou broyon , instrument 
propre à broyer ou briser le chanvre et le lin 
PI. braéou (de 2 syll. , braé-ou]. Ké kct slard 
awalc'h ar vraé-mañ, cette broie n'est pas as- 
sez serrée. Hors de Léon , bré. PI. brcou. 

Braéa (de 2 syll. ,brac-a), v. a. et n. Broyer, 
concasser le lin, le chanvre , etc. Part, braéet. 
Peur é vracod hô lin ? Quand broierez-vous 
votre lin ? vraca éma, il est occupé à broyer 
Hors de Léon , bréa. Part, bréel. —Voyez Pa- 

HC'UAT. 11. V. 

Braéadlr ou Braéérez (de 3 syll. , J>raé-a- 
dur ou braé-é-rez), s. m. L'action de broyer 
le lin , le chanvre , etc. Hors de Léon , bréa- 
dur , bréèrez. 

Bkaéer (de 2 syll. , braver') , s. m. Broyeur, 
relui qui l)roie le lin , le chanvre , etc. PI. ien- 
Goulenncd em eûz ar vraécricn évid warc'hoai, 
j'ai demandé les broyeurs pour demain. Uor* 
de Léon , brcer. 

Braéérez. Voyez Braéadcr. 

Braéérez (de 3 syll. , braé-c-rez), s. f. Celle 
qui broie le lin , le chanvre, etc. PI. ed Hors 
de Léon , bréèrez. 

Braga, et, par abus Bragal , v. n. Folâtrer. 
Se divertir. S'amuser. 11 signifie aussi se pa- 
vaner, marcher d'une manière fière. Se parer 
de beaux habits. Au figuré, s'émanciper, se 
donner trop de licence. Part. el. Né ra néméi 
braga héd ann deiz , il ne fait que folâtrer, se 
divertir tout le jour. Braga a ra , abaoc co 
inarô hé ddd , il s'émancipe , depuis que son 
père est mort. 

Bragéer, s. m. Celui qui aime àfolAtrer,à 
se divertir. C'est aussi celui qui aime à se pa- 
rer de beaux babils , un petit-maître. PI. ien. 

Bragéérez , s. m. Action de folâtrer , de se 
divertir , etc. Bragéérez a encore la signitica- 
lion de parure, affiquets, ajustement, etc. 
Dans ce sens , il a un plur. , brayccrczou. 

Bragéérez, s. f. Olle qui aime ;\ fulitrer , 

à se divertir. C'est aussi celle qui aime à »e 

parer, une petite maîtresse. PI.kJ. 

Bragez , s. m. Culotte, la partie du véle- 

' ment de l'honime qui couvre iW-nuis la cein- 



i58 liUA 

lure jusqu'aux geiioui. C'est la culotte courte, 
large uu étroilo. PI. braguu ou brayézékr. 
Cañd iir c'hréy é ma ar braye:, c'est la fem- 
uie qui purlc- la culotte, qui est lu maîtresse. 
Voyez I.AVtKK. 

VnkOK'i , s. ni. ricrine, la première pointe 
qui sort du grain, etc. , lorsqu'il comineiico 
à pousser. 11 n'a pas de plur. liruycz ann êd 
a wéUur er méas , le germe du lilé est déjà 
sorti. Ce mot n'est pas «n usage hors de Léon. 
Voyez Kkllid. 

IJnAüÉZA , V. a. Culotter quelqu'un , lui met- 
tre sa culotte, lui faire des culottes, l'art, et. 
Brayèzid ar buyelzé , mettez sa culotte à cet 
enfant. ISrayéza mdd a ra vac'héméner , mon 
tailleur culotte bien. En cm vragéza , se cu- 
lotter, mettre sa culoUe. Ilastid ajfij en em 
vragéza , tvid diycri ann or , dépèchez-vous 
de vous culotter, pour ouvrir la porte. 

Dragëzërez , s. m. (ierminalion , premier 
développement des parties du germe. Voyei 
Bra(;ézi et Kf.i.lidérrz. 

BiiAUÉzi, V. n. Germer, produire le germe 
au dehors. Pousser, en pnrlant des plantes et 
autres végétaux. Part. et. Bragézcdco ann ava- 
lou-douar , likilho enn douar, les pommes île 
terre sont germées , mettez-les en terre. Ce 
mot n'est pas en usage hors do Léon. 

Brai.la, V. n. Agiter. Mettre en branle. 
Part, et Likit ar chiner da vralla, luettez les 
cloches en branle. H. V. 

BuAMM , s. m. Pet , vent qui sort du corps 
par derrière avec bruit. PI. ou. Eur hramm en 
deùz loskcd dirag ann hnll , il a lâché un pet 
devant tout le monde. En Tréguier, Éromm. 
PI. brommo. 

Bramha ou BRAMMorT, et, par abus, Bram- 
MHT , V. n. Péter, faire un pet. P.irt. bram- 
met. Brammed ce' h eûz , kéa cr méaz , tu as 
pété, va dehors. En Tréguier, brommañ. 

Brammer , s. m. Péteur , celui qui pète , qui 
pèle souvent. PI. ien. 

Brammérez , s. H!. .Vction de péter. 

Bramhërez, s. f. Péteuse, celle qui pète, 
qui pète souvent. PI. éd. 

Bran, s. f. Corbe.iu. gros oiseau à plumes 
noires. PI. brini. Eur eran am eûz gwélcd hi- 
riô hay a gomz mdd, j'ai vu un corbeau au- 
jourd'hui qui parle bien. 

Bran-aot ou Bran-lodet, s. f. Corbeau à 
manteau gris. PI. brini-aol ou brini-touel. Le 
premier signifie , à la lettre , corbeau de côte 

ou DE RIVAGE , Ct le SeCOrui , CORBEAU MOISI. 

* BraSk, s. m. Branche d'arbre. PI. o\c. 
Kalz a vrañkou é dciiz ar tcczcn-mañ , cet 
arbre-ci a beaucoup de branches Quelques- 
uns donnent aussi le nom de brañk à une 
grappe. Voyez Barr . Skoi'rr. 

* Brañkee, adj. Brarnlui, qui a beaucoup 
débranches, qui abeaucoupde grappes. Ann 
dervcn-zé a zô brañl,ck meurbéd, ce chêne est 
bien branchu. 

Braj(-gwin,s. m. Brandcvin, eau-de-vie. H. V. 

Branel , s. f. Béquille , sorte de bâton qui a 

par le bout d'en haut une petite traverse, sur 



l;iu 

laquelle les vieillards ou gens infirmes s'ap- 
puient pour marcher. Loquet en bois qui sert 
h ouvrir les portes, 'l'ouriiiquet , jeu de ha- 
sard, ("/est encore le traversier sur lequel est 
appuyée la gaule de la charrue. PI. branellou. 
Se vaW mui héb hé vranelluti , il ne marche 
plus sans béqudles. Gwaïkid utir ar vranel , 
hag é liyôrù ann 6r , appuyez sur le loquet , el 
la porte s'ouvrira. Voyez Flac'h , dcu.xièmc 
article. 

Braneli.rk , adj. et s. m. Celui qui marche 
avec des béquilles. Pour le plur. du subst. , 
branelléien. Branellek cjl un nom île famille 
connu en Bretagne. 

BiiA.^sEi. , s. f. Petit berceau suspendu 
<lans l'intérieur des lits des paysans bretons, 
connus sous le nom de lits ci.us , ct servant â 
mettre! l'eiif.int pendant la nuit. PI. brauseUou. 
Ce mot , que je ne connais employé aujour- 
d'hui qu'avec cette acception , est naturelle- 
ment cependant le radical des quatre mots 
suivants. 

Bra.ñseli.a , V. a. ct n. Branler. Agiter. 
Bercer. Balancer. Etre agité. Part. el. Na vrañ- 
sellU kéd ar tcczcn-zé , ne branlez pas, n'a- 
gitez pas cet arbre. Brañsella a ra yañd ann 
avel , il est agité par le vent. Voyez IIouella. 

liKA.NSKLLAuLR , S. 01. Aciion dc branler , 
d'agiter , de bercer, etc. Branlcment. Balan- 
cement. Agitation. — Tangage , balancement 
d'un navire de l'avant à l'arrière. II. V. 

BuA.vsiGEL, S. f. Balançoire , pièce dc bois 
mise en équilibre , sur laquelle les enfants se 
balancent. Escarpolette , corde attachée à deux 
arbres ou h deux piliers , sur laquelle on s'as- 
sied , pour êtie poussé ct repoussé dans l'air. 
PI. brañsiyelluu. 

Brañsigei.la , V. a. et n. Balancer ou se ba- 
lancer sur la balançoire ou dans l'escarpolette. 
Part. et. Déomp da vrañsigeUa , allons jouer 
à la balançoire ou à l'escarpolette. 

BuAÙ ou B».AV , adj. Beau, qui plaît à rœiF. 
Agréable. Joli. Gentil. Eur plac'h vrao eo , 
c'est une belle fille, une jolie fille. Au com- 
paratif, braoc'h ou bravoc'h , plus beau, plue 
joli , etc. Braoc'h eo hé-mañ , celui-ci est plas 
beau. Au superlatif, brava, \e plus beau, le 
plus joli, etc. Ar brava am 6f';o, j'aurai le 
plus beau, ^'oyez Kaer et Koa.ñt. 

Bbaoü, s. m. Bar ou surmulet, poisson de 
mer fort délicat. PI. bra,ogcd. Voyez Drelnes 
ct Ia>n. 

Braôik , s. m. Jouet , petite bagatelle qu'on 
donne aux enfants. PI. Braôigou. H. V. 

Braoc'h. Voyez Braô. 

Braoled (de 2 syll , bra-oued), s. m. Bois- 
son. Breuvage. Né kéd mdd ,ir braoued-mañ, 
cette boisson n'est pas bonne. Ar braoucd a 
réd alaô , le trait passe toujours. A la lettre , 

L.l BOISSON COLLE TOCJOCRS. 

Brasa. Voyez Bràz. 

Brasaat, v. a. etn. Grandir. .Vgrandir. Ren- 
dre ou devenir plus grand. .Vugmenter. Croî- 
tre. .4ccro!tre. Part, brasécl. Brasaad a ra a- 
wcl-dremm, il grandit à vue d'œil. Réd cobra- 



saad ann toull, il fiiut agrandir lc Irou. Voyez 
Ubàz cl Kreski. 

Bhasder , s. 111. Grandeur. Klcnduo. PI. l'oii. 
Né anavt'zann kcd ar brasdercxiz h/ c'halloud, 
je ne connais pas la grandeur . l'élcnduc de 
son pouvoir. Dreisl péb btasdcr , démesuré- 
ment grand. Extrême. Excessif. A la lettre , 

AU DE 1.A DE ClIAQl'E GRANDELR. Lo pluf. braS- 

dériou exprime les grandeurs, les dignités, 
les distinctions, il/ar dock fur , é lec'had 
dioud ar brasdcriou , si vous êtes sage , vous 
fuirez les grandeurs. Voyez UnÀz. 

Brasoc'ii. Voyez Br.àz. 

Bratella, V. a. Trahir. Tromper (Lag.) 
Part. et. U. V. 

Bbav. Voyez Braô. 

Brava. Voyez Bbaô. 

Bravaat , V. a. et n. Rendre ou devenir 
beau, plus beau. Embellir. Orner. Part, bra- 
véct. Ile vravaad a ra gwella ma liell , il l'or- 
ne le mieux qu'il peut. Bravccd eo , abaoé 
n'em cûr hégwiiel, elle a embelli , depuis que 
je ne l'ai vue. Voyez Braô. 

Brave.ñtez, s. f. Beauté. Agrément. Gentil- 
lesse. Ornement. Embellissement. PI. braieñ- 
thiou. Ar vravcñtez anczhi a ra ma sell ann 
holl out-hi , sa beauté , sa gentillesse fait que 
tout le monde la regarde. Le plur. bravefUc- 
siou exprime certains ornements qu'on met 
sur les habits , des objets de parure , de toi- 
lette en général. Ar plac'hiaouank-zé nabrén 
ncmél braveñlcsiou, cette jeune fille n'achète 
que des objets de parure. Voyez Kaedded , 

K0A>TÉRI. 

Bravoc'h. Voyez Braô. 
Bràz , adj. Grand , qui est fort étendu en 
longueur, ou en largeur, ou en profondeur. 
Il s'emploie aussi pour gros , par opposition 
à petit. Considérable, l'cger bràz eo deûel ! 
Comme il est devenu grand! Ewvaouez vràz 
eo , c'est une grande femme. Eur marcltadour 
brdi , un gros marchand. Brdz-meurbéd, dé- 
mesurément grand , extrême , excessif. Au 
comparatif, brasoc'h , plus grand. Brasoch é 
vczô cgéd hé vreür , il sera plus grand que son 
frère. Au superlatif , brasa , le plus grand. i\V 
kéd ar brasa eo ar fura , ce n'est pas le j>lus 
grand qui est le plus sage, liraz ou Bras est 
un nom de famille fort commun en Bretagne. 
Brazdeu. Voyez Brasder. 
BhazèdouBbàz , s. m. Blé ou grain mêlé, 
dont on fait du pain de ménage. Méteil.— Grain 
moulu. H X.Uara brazéd a zébruñl,ih mangent 
dupain de méteil, du pain de grain mêlé. Ce mot 
est compose de hrdz, grand, et de éd. blé. 
Brazez , sorte d'adjectif irrégulier. Grcg- 
vrazcz , femme grosse , enceinte. lié vamm ù 
réza brazez diuar-n-ézltañ , sa mère étant en- 
ceinte de lui. Brazez , contre la règle géné- 
rale , qui veut que les adjectifs ne prennent 
ni genre ni nombre , est le féminin de brdx , 
grand. 

Brazëzded , s. m. Grossesse , état d'une 

femme grosse , enceinte. Ce mot est peu usité. 

Brazëzi , v. a. Rendre une femme enceinte. 



BRE 109 

Dans le slyle familier, engrosser. Pail. et. 
Brazézed en deùz hé valez , il a rendu sa ser- 
\antc enceinte. 

Brazou.mez , s. f. Grandeur , titre d'hon- 
neur, qualité d'un grand. II se dit particuliè- 
rement en parlant d'un évêque. lié vrazou- 
niez , sa grandeur. IIù prazouniez , votre 
grandeur. 

Rré, s. m. Peine, DifTicullé. Travail. PI. ou. 
\é kéd luh bréto deùd a-benn a gémeñlsé , ce 
n'est pas sans peine, sans difiieulté qu'il est 
venu à bout de cela. 

ItnÉ Voyez Braè. 

Rké, s. f. Montagne. PI. ou. II. V. 

Bréa. Voyez Braéa. 

Bréac'h , s. f. Bras , partie du corps humain 
qui lient à l'épaule. Bras d'une civière , etc. 
Canal ou rivière qui se sépare en deux, 
en trois. .Au figuré, puissance. Pouvoir. 
PI. duel dicréac'h ou divrec'h, au lieu de diou 
bréac'h. On dit encore au pUir. bréac'hiou ou 
bri'c'liiou (le 2 syll. , brca-c'hiou ou fcre'-c'/iiou), 
mais seulement en parlant des choses inani- 
mées. Torred en deùz hé vréac'h , il s'est cassé 
le bras. Aslcnnid hô tivréac'h, allongez les 
bras. Eur bréac^h for a zô da dreùzi , il y a 
un bras de mer à traverser. Réd eo ober bré- 
c'hiou névcz d'ar c'hravaz, il faut faire dçs 
bras neufs à la civière. A-boéz hé zivrec'h, 
à tour de bras , de toute sa force. Bréac'h 
Doué a zô en em aslcnncl war ar rcùzciidik zé, 
le bras de Dieu s'est appesanti sur ce mal- 
heureux. Hors de Léon , bree'h. 

Bréac'h , s. f. Petite vérole , maladie qui fait 
pousser des boulons au visage et par tout le 
corps, lesquels biissent ordinairement de pe- 
tits creu.x dans la peau après la guérison. Ma- 
rô eo gaûd ar vréac'h , il est mort de la pe- 
tite-vérole. Hors de Léon , bree'h. 

IjRéac'h , s. f. Vaccin , virus tiré du pis des 
vaches. Lahaad ar vréac'h , vacciner. H. V. 

Brëac'hidigez , s. f. Vaccination , inocula- 
tion failc à 1 homme pour le préserver de la 
petite-vérole. Le procédé employé pour cette 
opération. H. V. 

Bréac'h- vôB. Voyez Bbëac'u, premier ar- • 
ticle. 

Brégas, s. m. Rot, vapeur , ventosité qui 
sort de l'estomac par la bouche et avec bruit. 
Rapport. PI. eu. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez BreOokid. 

Erëgasein , v. n. Roler , faire un rot. Lâ- 
cher une ventosité par la bouche. Avoir des 
rapports. Part. et. Ce mol est du dialecte de 
Vannes. 

Bbécuen (par eh français), s. f. Brin de 
bois. Petit morceau de bois long et fiiicl. PI. 
bréchin ou bréehad. Kased en deùz hé vugalé 
da zaslumi bréchin , il a envoyé ses enfants 
ramasser des brins de bois. On dit aussi bro- 
cben, au singulier. 

Brec'h. Voyez Bbê.\c'h, premier cl deuxiè- 
me article. 

Ubec'h. Voyez BrIz. 
BHtc'BAD. Soyez Bbiad. 



i6o 



BKE 



Bbêc'hataat. Voyez Bri\ta, piem. arl. 
Bhéc'iian , ailj- SU'iili', qui ne porte point 
de finit, fnioi(iiio d(î nature ou tli^'e à en 
porter. Il s'cniploio plus pailiculièrenient en 
parlant des femmes. Àr c'Itrcy-zé a zù bré- 
c'han , tetio femme est stérile. 

IiBÉc'iiANuER , s. m. Sicrilitc , qualité de ce 
qui est stérile. Il s'emploie plus partitulière- 
ment en parlant des femmes. 
Lrëc'iii'.in. Voyez Uhizv. 
Brèc'hon. Voyez Bruzun. 
BRfec'llONEl>. Voyez Bruzl'.w. 
Bhéc'iionek. Voyez Bkézo.nkk. 
lÎREU'.'u. Voyez iiiiEiz. 
BaEf.'H-wisK , s. m. Brassard, armure qui 
couvrait le bras d'ua cavalier. l'I. ou. 
H. V. 

Breim, adj. Pourri. Putride. Gangrené. 
Eunn avalbrcinhoc'h eûz rôed rf'in , vous m'a- 
vez donné une pomme pourrie. 

Breiz-kri-n , s. m. Gangrène , mortification 
ou pourriUire d'une partie ilu corps. É ma ar 
brein-kriñ enn hé vréac'h , il a la gangrène au 
bras. On confond quelquefois ce mal avec le 
cancer ( l'elïet est à peu près le même) , et on 
le nomme kriñ-béo. Le mot breiii-kriñ est com- 
posé de brcin, pourri, et de kriñ, ce qui 
ronge. 

Buein-tCf, adj. Tout à fait pourri. 
JI. V. 

Rkeina fdc2syll. , en prononçant toutes les 
Icltrcs breina) , v. a. et n. Pourrir. Corrom- 
pre. Altérer. Se corrompre. Se gâter. Se pu- 
tTéfier. Se gangrener. Part. et. Brtina a 
rai, ma na likid évéz , il pourrira, si vous 
n'y faites attention. Breined eo hé c'hdr, ssl 
jambe s'est gangrenée. 

lîuEiNADUR. Le même que breinaüwcz . 
Bbeinadubez f de 4 syll. , en prononçant 
toutes les lettres, brei-na-durez) , s. f. Pour- 
riture , état de ce qui est pourri. Corruption. 
Putréfaction. Altération. On dit aussi brcina- 
dur et breinder , mais plus rarement. 
Bruinder. Le même que breinadurcz. 
Breiz , s. f. Bretagne. Breiz-Yeûr , Grande- 
Bretagne , aujourd hui l'Angleterre. Brciz- 
Vihan ou Brciz-Arvôrik, Petile-ürctagnc ou 
Bretagne-Armorique. Breiz- i'c bel ou Gorré- 
Vreiz , Ilaute-liretagne. Breiz-Izel ou Givcléd- 
Vreiz , Basse-Bretagne. Breiz-uc kélad , ha- 
bitant de la Haute-Bretagne, Haut-Bretoui 
V\. Biciz-Uc'héliz. Breizlzélad , habitant de 
la Basse-liretagne, Bas Breton. PI. Breizlzé- 
Us. En Vannes, ôrcic'A. Voyez le mot sui- 
vant. 

ijREizAD OU Breizîad ( dc 2 syll. , en pro- 
nonçant toutes les lettres , brei-zad ou brci- 
ziad ) , s. m. Breton , habitant de la Bretagne, 
grande ou petite. Homme né en Bretagne. PI. 
breiziz ou brcizadcd. Kaled eo hé benn évcl du 
eur Breizad , il a la tète dure comme un Bre- 
ton. Les noms de breiz, breizad, breton.^ etc. , 
viennent, sans contredit, de éri; , qui , en 
langue bretonne , signifie peint de diverses 
couleurs. C'est pour la même cause , sans 



BRE 

doute, que l'on a nommé les liabltanls primi- 
tifs de l'Angleterre Letes ou Lili, du latin le- 
tut , participe du verbe 1ère , ou de lita». par- 
ticipe du verbe Unere ou linire , qui signilient, 
l'un et l'autre , oindre , frotter d'une liqueur. 
C'est encore la même raison qui a fait donner 
le nom de l'ieli au\ Ecossais et aux Poitevin». 
Voyez BitÉro.N. 

Breizadez ou Brriziadez (de 3 syll. , brei- 
za-dez ou brei-tia dez] , 8. f. Bretonne, fem- 
me habitant la Bretagne ou née en Bretagne. 
PI. éd. Ar vreizadézed a z6 téar ha laouen , 
nid ann djrn viiia , les Bretonnes sont, en 
général , vives cl gaies. 

BiiKizuD. Voyez Breizad. 

• Bkell, adj. et s. m. Brouillon , qui met 
tout en désordre, en confusion. Prompt. Vif. 
Pour le plur. du substantif , brelléed ou brel- 
léien. AV garann héd ar vrcUéien , je n'aime 
pas les brouillons. 

• Brell , s. ni. Perche , poisson d'eau douce. 
PI. cd. 

' Brf.m.a , v. a. Brouiller , raellre les choses 
en confusion, en désordre. Part. et. Brella a 
ra kemeñd a rann , il brouille tout ce que je 
fais. Voyez Luzia. 

• Brelladcr, s. m. Action de brouiller, de 
mettre en confusion , en désordre. 

Brellé ou Berlé, s. m. Jachère, terre la- 
bourable laissée en repos et en pâturage. Fri- 
che, terre qu'on a laissée quelque temps sans 
culture. Ce mot est du dialecte de Vanne». 
Voyez Havrek. 

Brellez , s. f. Brouillonne , femme prompte, 
vive. PI. éd. 

Bréua ou Bréma.ñ , adv. A présent. Présen- 
tement. Mairitcnant. En ce moment. Brimané 
gànmui, maintenant il ne chante plus. Â-vré- 
ma , dès à présent , de ce moment. En Van- 
nes , bermann et bermcnn. 

Bre.nk, s. m. Nageoire ou aileron, partie 
du poisson qui lui sert à nager. PI. ou. Trou- 
c'ha a réod hé vrcñlwii , abarz hé lakaad da 
boaza , vous lui couperez les nageoires , avant 
de le faire cuire. Quelques-uns , et entre au- 
tres Le Pelletier, donnent à breñk la signifi- 
cation de ou'i'e de poisson ; mais je crois qu'ils 
se trompent. V'oyez Skodarn. 

Brémn, s. m. Prince. PI. éd. Eurbrénineûz 
ali'crni, un prince d'Irlande. (Barzaz-Bheiz.) 
Ilrûd ar Yrénined , l'Histoire des Princes ; 
c'est le titre d'une ancienne chronique écrite 
en Armorique. H. V. 

Bre>n,s. m. Son, la partie grossière de la 
farine. Brenncn , fém. , un brin de son. PI. 
Lrennennou ou simplement brenn. Brenn gxoi- 
niz am eûz da u'erza, j'ai du son de froment 
à vendre. 

Brenn. Voyez Broenn. 

Brenn, s. m. Roi. PI. ou. 'Ma brenn er brô- 
ni , il est roi dans notre pays. (Barzaz-Breiz.) 
H. V. 

Bren.n-hesken , s. ra. Sciure de bois ou pou- 
dre de bois scié. A la lettre , sor< de scie. 

Bre.n.nek , adj. Qui donne beaucoup de son. 



BKE 

on parlant iIcs grains. Brcnneg eo ann éd-zé , 
né ru /tel kalz a vlcùd, ce blé abonde en son , 
il ne donne pas beaucoup de farine. 

Jjbkn.mk ou Bni>NiK , S. m. Certain coquil- 
lage de mer univalve , qui s'attache aux ro- 
chers que la mer mouille. JIrcnnii/cn , fém., 
un seul de ces coquillages. Je pense que bren- 
hUc est pour bionnili, petite mamelle dont ce 
coquillage offre la forme et la ligure. 

JIrexmd, s. m. Sein, la partie du corps 
humain qui est depuis le bas du cou jusqu'au 
creux de l'estomac. Poitrine. L'ouverture de 
l'habit sur le sein. PI. ou. Gijlùid hô prcnnid, 
couvrez votre sein, votre poitrine, lié guzcd 
en deûz enn hé vrcnnid , il l'a caché dans son 
sein. Voyez Brlxhed, Kerc'uen et Askué. 

Bkenmda , V. n. Se battre comme les coqs , 
en se heurtant la poitrine. Se prendre l'un 
l'autre par la partie des habits qui couvre la 
poitrine. Part, el- 

BnENNiD.4D , s. m. La plénitude du sein , de 
la poitrine. La plénitude de la partie de l'Iia- 
bit qui couvre le sein. PI. ou. Eur brennidad 
avalou en dcia, il avait plein leseinde pommes. 

Bhenmga ou lîRiNMGA, V. n. Péchcr , ou 
plu lot détacher des rochers les coquillages 
nommés brennik. Part. et. 

Brenmqeb ou Brinmger , s. m. Celui qui va 
détacher des rochers les coquillages nommés 
brennik. PI. icn. 

BiiÉô ou Bréod , s. f. Moulin à bras. La 
moule d'un moulin à bras. PI. bréier ( de 2 
syll. , bré-ier). Kalz a vréier a wéleur é cnez 
Eùsa , on voit beaucoup de moulins à bras 
dans l'île d'Ouessant. 

Bbéô , s. f. Meule à bras pour moudre du 
grain . etc. PI. bréier. 

BréoLj s. m. Croc de fer attaché à l'essieu 
d'une charrette. PI. iou. 

Bhéolim ( de 2 syll. , bréo-lim ] , ou Brélim, 
et, par abus, Blërim, s. f. Meule à aiguiser 
des couteaux et autres ferrements PI. ou. Na 
drouc'ho kél , ma n'hen Iréménil két war ar 
vréolim, il ne coupera pas , si vous ne le pas- 
sez sur la meule. En Vannes , bcrliin. 

Bréolima (de 3 syll., bréo-li-ma) , ou Bré- 
i.iMA, et, par abus, Blérima , v. a. Émoudre. 
Aiguiser sur une meule. Part. cl. N'hoc'h eùz 
kvl bréolimel va fais, vous n'avez pas émoulu 
ma faucille. 

lixÉOLiMER (de 3 syll., bréo-U-mer) , ou 
Brélimer , et, par abus, Blèiiiukr, s. m. 
Emouleur ou rémouleur, celui qui aiguise les 
couteaux, etc. , sur une meule, (jagnc-petil. 
PI. icn. Rôil-hé d'ar brcolimer , donnez-le au 
rémouleur. 

Bréoo, s. m. pi. Magie, art par lequel on 
prétend produire, contre l'ordre de la nature, 
des effets merveilleux et sur|irenants. Sorti- 
lège. Charme. Enchantement. On dit, en par- 
lant d'un lutteur souvent vainqueur : bréou en 
deûz, il a de la magie , il est sorcier. De plus, 
naulage, prix que les passagers paient au 
mailrc d'un vaisseau, d'un bateau. Le Pelle- 
tier a porté bréou comme signifiaût goutte , 

D.B. F. 



BRE 



.6i 



maladie; mais je n'ai jamais entendu employer 
ce mot avec celte acception. 

Bréou. Voyez Bbéô. 

Brépkx.n, s. m. Bâton servant à mi"'lcr la 
bouillie sur le fou. PI. eu. Ce mol est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez Baziùd. 

BiiÉR. Voyez Brelr. 

BnËREK. Voyez Brklrck. 

Brédiac u. Voyez BREiniBz. 

Bresa , v. a. ChilTonner. Froisser. — Fouler. 
Presser. U- V. Part. cl. Gañd a rénl , na vresit 
kél va c'hoéf, quoi que vous fassiez , ne chif- 
fonnez pas ma coiffe. 

Bresk ou Bri'sk , adj. Fragile. Cassant. Aisé 
à rompre. Ar c'hréij a zù bresk évelar chars, 
la femme est fragile comme le roseau. 

Ereskadcrez , s. f. Fragiliié, qualité de ce 
qui est fragile. Facilité à se rompre. 

BitESKDER. Le même que breskadurcz. 

Breskenna ou Breski.na , et , par abus , 
Breskenn , Breski ou BBfSKiÑ , V. n. Courir 
çàct là, comme une vache piquée delà mouche. 
— Se hâter. Bondir à l'aventure. H. V. Part. et. 

]>RESKi>'A. Voyez le mot précédent. 

Brësia. Voyez Bheskenna. 

Breton ou Bréioln, s. m. Breton , hom- 
me né en Bretagne. Habitant de la Bielagne. 
PI. éd. Ar Yréluned a gdr kalz ar gwin téô , 
les Bretons aiment beaucoup le vin épais. 
Voyez Breizad, dont la forme est plus dans 
le génie de la langue. 

BuÉTONEz ou Brétocnez , S. f. Bretonne , 
femme née en Bretagne ou habitant la Bre- 
tagne. PI. éd. 

Brétugen. Voyez Burtcgen. 

Brel'd. Voyez Breît. 

BreùdeOriez (de 4 syll. , ^rcû-deii-ri-fr) , 
s. f. Fraternité , relation de frère à frère. 
Union fraternelle. A'cii; l;éd a vrcùdtùriez eñ- 
Iré-z-hô , il n'y a pas de fraternité entr'eux. 
Voyez BreCr. 

Brelgéhez (de 3 syll. , breû-gé-rez ) , s. m. 
Action de braire. Le cri des ânes. Voy. Brbi'gi. 

lÎRELGEÙD ou Breï GEÙz i de 2 Syll. , il'CU- 
gcûd ou breû-geùz) , s. m. Bot, vapeur, ven- 
tosité qui sort de l'estomac par la bouche et 
avec bruit. Bapport. PI. om. Eur brciigeùd é 
dcùz losked dirag ann holl , elle a lâché un 
rot devant tout le monde. En Vannes, brégas. 

üreOgeCdiou Brei:geùzi (de 3 syll. , breii- 
gcù-dion breû-geù-zi) , v.n. Boter, faire un 
rot ou des rots. Lâcher une ventosité par la bou- 
che. Avoirdes rapports. Part. cl. Alicz évreû- 
gcùd, il rote souvent. En Vannes, brégasein. 

PiReOgi ( de 2 sjll., brcù-gi) , v. n. Braire, 
crier comme un âne. Part. et. Hoc h azcn né 
ra néméd breùgi , votre Ane ne fait (pie braire. 
Voyez lIiN.NÔA. 

IIbklr (d'une seule syll. 1, s. m. Frère, 
celui qui est ne de même père et de même 
mère, ou de l'un des deux seulement. PI. 
breàdeùr. Eur brcùr cm bùa, hôgcn maro co , 
j'avais un fr<^re , mais il est mort. Breiideùr 
gampez , frères germains , frère de père et de 
mère. Breâdeâr a ddd ouôrcsidciir a berz Idd , 

ai 



ifi: 



BRE 



frères cunsanguins. Itriûdtûr a vamm ou 
hreùdeùr a berz niamm, frères utérins. Ureii- 
dcür gérell uu breüJeür eùz a eur c'hôfad , 
frères jumeaux. Eu \ aunes , brér.V\. brider. 

Breih-karr, s. ni. Beau-frère, le mari de 
la sd'ur ou di- la liillr-s(rur. Le frère du mari 
(lu de la feninjr. l'I. brciideùr-kaer. Urrùr- 
kacr co d'in , il est mon beau -frère. En Van- 
nes , breùrek ou bràcli. Wise/. Kakh. 

Brelr -(lÊVEL , s. m. Krère jumeau. PI. 
brexideûrgével. Voyez Gévbl, prcm. art. 

BiiKiH-LÉAit, S. m. l'rère de lait , qui a eu 
la même nourrice. PI. brcùdcùr-léaz. 

Ukei'r magbr , s. m. Frère de lait. PI. 
Ilrcùdeùr-mager. H. V. 

IjKel'r-skùlieb.s. m. Ignornnlin. De l'ordre 
des frères ignorantins, religieux de la congré- 
gation de saint Yon , qui tiennent des écoles 
éléraenlainîs. PI. brcùdcùr-skôliérien. II. \ . 

Brklrek ( de 2 syll. , breii-rck ) , adj. Fra- 
ternel , qui est propre à des frères. Eur garañ- 
tez vreùrek hà (leùz ann eil évid éijüi , ils ont 
une amitié fraternelle l'un pour l'autre. 

BuEiREK ou Bhëkrk, S. m. Frère d'un au- 
tre lit. Frère de père ou de mère seulement. Il 
se dit aussi, mais plus rarement, du beau- 
frère , mari de la sœur ou de la belle-sœur. PI. 
breùréged ou bréréged. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Ha.ñter-vreir et Breùr-kaer. 

JSrei KiEZ I, de 3 syll. , brcil-ri-ez), s. f. Con- 
frérie, association de personnes qui se réu- 
iiisscTit pour quclqu'objet de piété ou pour un 
autre motif. — Société. Académie. Corpora- 
tion. H. V. Tribu, une des parties dont un 
peuple est composé. PI. ou. Meùr a rreûriez a 
zô enn iiiz-mañ , il y a plusieurs confréries 
dans cette église. En \ amies , brériac'h. 

Brelt ou Breid (d'une seule syll.), s. m. 
Plaidoyer , discours prononcé à l'audience par 
un avocat , pour défendre le droit d'une par- 
lie. Plaidoirie. PI. breùdou, et, par abus, 
breûjou. Ué vreùd en deù: lékéad ann holl àa 
léñva , son plaidoyer a fait pleurer tout le 
monde. Le pluriel s'emploie aussi pour au- 
dience , séance dans laquelle les juges écou- 
tent les causes. Lieu où l'on s'assemble pour 
plaider. Plaids, .\ssises. Éad eo d'ar breiidou , 
il est allé à l'audience. En Vannes , bert. 

Beeùtaat (de 3 syll., breù-ta-al) , y. n. 
Plaider. Contester quelque chose en justice. 
Défendre , soutenir de vive-voix la cause , le 
droit d'une partie devant les juges. Part, breû- 
léet. Breùlaad a rai évidoun , il plaidera pour 
moi. En Vannes , bcrtcin. 

BKEÙTAEn (de 3 syll. , 6reû (a-er) , s. m. 
Plaideur, celui qui plaide par état ou qui aime 
à plaider par goût. Avocat plaidant. PI. icn. 
Brudel màd eo hé vrcûlaer , son pl.iideur a de 
la répulation. En Vannes , beriour ou berler. 
— Brcùlaer ar roué , procureur du roi. H. V. 

Bbeitaérez (de3syll., breù-laé-rez) , s. m. 
Action de plaider. Plaidoirie. En Vannes, &cr- 
térec'h 

Breitaérez (de 3 syll. , Irexl-taé-rez) , s. f. 
Plaideuse, femme qui aime à plaider. PI. cd. 



BRI: 

Eur vreùlaérez pennaduz to , c'est une plai' 
deuse obstinée. 

BuEiTAi z^de3syll.,2>r(ii ta uz'j. adj. Litigieux, 
qui est ou qui peut être contesté en justice. 

Brëva ou Bhém , V. a. Ecraser. Briser. 
Broyer. Piler. Boiupre menu. Froisser. Fra- 
casser. .\ssommer. Tuer avec une massue. 
Part. et. liréved eo gañl-hañ, il l'a écrasé, 
brisé, llii préva a rinn , ma ita davil, je vous 
assommerai , si vous ne vous taisez. 

liR^.vADCR, s. m. Action d'écraser , de bri- 
ser , de froisser, etc. 

lÎRftvi. Voyez Bbéva. 

• Bréviel, s. m. Bréviaire, livre d'ofGcedes 
prêtres. PI. ou. H. V. 

Bréviz , adj. Qui brise. Ouiéerase. Assom- 
mant. Eunn taol brévuz, un coup assommant. 

Bréz. \'oyez BhIz. H. V. 

liiiÉzÉ. Voyez Bhizi. 

Bhëzel , s. m. Guerre , différend entredeux 
princes ou deux peuples qui se i)Oursuit par 
la voie des armes. PI. tou. L)'ar brézel iñd éal , 
ils sont allés à la guerre. IS'é gomzeur a béb 
lient néméd a vri'zel , on parle de guerre partout. 

URËZEL , s. m. Maquereau , poisson de mer. 
PI. brvzUi ou Lrizili. On nomme au^si brizili 
les taches rouges qui viennent aux jambes de 
ceux qui se chauflént longtemps et de trop 
près. liri'zel, dans ces deux acceptions, vient 
incontestablement de l'adjectif i/z'iz, tacheté , 
moucheté. 

Bkézel-brû,s. m. Guerre civile. VI Brczeliou- 
brô. H. V. 

Brézélékaat, V. n. Guerroyer. Faire Li 
guerre. Part, brézélékht. Ké goz eo hréma da 
vn'ztU'kaat , il est trop âgé aciuellonneut pour 
faire la guerre. En Vannes , brézélcin. 

BllÉZÈLÉKAER. VoyCZ PlRÉZÉLIAD. 

Brézéieim. Voyez Brézélékaat. 

l'iLÉzÉLiAD (de 3 syll , bré-zé-liad] , s.m 
Guerrier, lîomme de guerre. Soldat. Militaire. 
PI. brézélidi. Eur brczéliad brdz co , c'est un 
grand guerrier. Brézélidi kaiouncg a zô a dû 
gañikañ , il a dans son parti des soldats cou- 
rageux. On dit aussi, mais plus rarement , 
dans le même sens , brézélékaer. PI. icn. En 
Vanne.'; , brezéhur. PI. ion. On dit encore 
dcri-a-vrézel. 

Brézéliek (de 3 syll., hré-zé-liek) , adj 
Guerrier, qui est propre à la guerre. Il se dit 
particulièrement des personnes, 

Bhézélidz ( de 3 syll. , bré-zé-Uuz), aAj. 
Guerrier, qui appartient à la guerre. Il su 
dit des choses. 

Brézélocr. Voyez BBÉzÉLun. 

BRÉZEI.-SAÑTEL , S. m. Croisade , ligue cou 
tre les infidèles. PI. brézéUou-sañlel. H. V. 

Brézoner ou Brézocxek , s. m Le breton, 
la langue bretonne. Le has-brelon. Ar brézo- 
neg a gnmzeur é Breiz-Veûr né d-co kéd dw- 
héracl hrdz diouc'h hini Breiz-.irvôrik , le bre- 
ton que Ion paile dans la Grande-Bretagne 
ne diffère pas beaucoup de celui de la Breta- 
gne-Armorique. En \ anncs ,bréc'honek. 

BRÉzoMiKA ou Brézol>éka , v. o. Parler 



BRI 

breton. Parler le lirelon , ou , comme on dit 
abusivement en Bretagne , bbetonneb. Part. 
et. lirhonélca a ra , échiz pa vé ganed cr vrû , 
il parle breton, comme s'il était né dans le pays. 

DuiAD , s. f. JJrasscc, ce qu'on peut conte- 
nir entre les diux bras ou plutôt suus l'un des 
bras. PI. ou. k'usid d'ar gi'yin cur vriad keù- 
ncûd , envoyez ù la cuisine une brassée de 
bois. Ile gèmêruud a rvaz a vriad , il le prit à 
brassée. En 'Vannes , bréc'liad , qui conserve 
l'origine, qui est bréac'h, bras. 

BniATA ou liRiATAAT, V. 3. Embra.^scr , 
serrer avec les bras, en signe d'amitié. Envi- 
ronner. Ceindre. Part, biuitcl ou brialc'el. Hé 
vriala stard a riiin , pa /ira gwélinn , je l'em- 
brasserai étroitement , quand je le verrai. 
A''t' hellul kéd ho hrialaal , vous ne pourrez 
pas les ceindre , les environner. En cm r^riala 
ou en cm criaiaal , s'embrasser, se serrer dans 
les bras l'un de l'autre. En cm vrialed iñd ho 
dieu , elles se sont embrassées toutes deux. En 
Vannes , bnVhalaal. Voyez Bbiad cIBréac'h, 
premier art. 

Briata, s. ra. Embrassade. Embrassement. 
Action de deux personnes qui s'embrassent. 
PI. hrialaou. lUidcur briata à'ézhan , donnez- 
lui une embrassade. 

Briatërez, s. m. Embrassement , action 
d'embrasser. 

BrIk , s. ra. C'est, dans une partie delà 
Cornouaille, une grande mesure pour les 
grains, pesant IGO livres. PI. ou. 

Brîkad, s. m. La plénitude ou le contenu de 
la mesure pour les grains nommée brik. PI. ou. 

* Briken , s. f. IJriquo , terre argileuse pé- 
trie, cuite au feu, dont on se sert ])Our bâtir. 
PI. brikcnnon. GafU brikennou eo grcal môgé- 
riou ar géar-zê , les murs de cette ville sont 
faits de briques. 

* Brikenner , s. m. Briqueticr ou brique- 
teur, ouvrier qui fait la brique. PI. icn. 

* Brikeisnëkez , s. f. Briqueterie , lieu où 
l'on fait de la brique. PI. ou. 

* BRlKE^^ÉRl ou Briken.mbi. Le même que 
brikemicrcz. 

Bri&ëzeNj 3. f. Abricot. Fruit. PI. briJee.z. 
H. V. 

Brïd , s. m. Bride , la partie du harnais d'un 
cheval qui sert à le conduire. PI. ou. Eur brid 
névez am eûz ézomm , il me faut une bride 
neuve. 

Brida , v. a. Brider , mettre la bride à un 
cheval. Part. cC. Liviril brida va marc'h , ma 
z-itin kuil , dites de brider mon cheval , que 
je parte. 

Bridol, s. f. Fronde. PI. iou. II. V. 

Briénen , s. f. Brin , chose menue , longue 
et fluette. Petit m<ureau. Fragment. Parti- 
cule. Miette. PI. brh'nennou ou simplement 
bricn. N'en deùz kit rikd d'in cur vrii^en 
anézhañ , il ne m'en a pas donné un brin , 
une miette. Voyez I'iRuxun. 

Brifa , V. n. Manger beaucoup et goulû- 
ment. Part. et. 

IhiiFAOT ou Bhiiaod ( de 2 syll. , hri-faot 



V,l\[ 



iG3 



ou Iri-fnnd] , s. m. (Irand mangeur. Gour- 
mand. Glouton. Goulu. PI. brifaolcd ou bri- 
faoded. — Le nom français naiFFAUT vient 
do ce mot breton. II. V. 

Bitîc'ii. \ oyoz Bhîz. 

Bbic'hrin. Voyez I'biza. 

Bric'hellf.in. Voyez Briza. 

Brigant , s. m. lîrigand , voleur de grands 
chemins. PI. brigañled (Trég. et Gall.j Ce nom 
était celui d'une ancienne peuplade de l'île de 
Bretagne ; il signiliait primitivement et signi- 
fie encore moiUajfnnrd, dans le pays de Galles. 
II est devenu synonyme de pillard , par suite 
des déprédations que les habitants des mon- 
tagnes avaient coutume de commettre dans les 
plaines. H. V. 

Briga.ntakz, s. m. Pirigandage. 'Voleriesur 
les grands chemins (Trég. et (iall.) II. V. 

Bbiñdala , v. a. Carillonner , sonner les 
cloches avec quelque^ sorte de mesure et d'ac- 
cord. Part. et. II. V. 

Brinbai-érez , s. m. Carillon , battement de 
cloche avec quelque sorte de mesure et d'ac- 
cord. H. V. 

Brinen , s. m. Gruau, avoine mondée, 
moulue grossièrement et séchée au four. 
Souben ar briûen hor bi'zâ da goan, nous au- 
rons une soupe au gruau k souper. En Van- 
nes, on dit grdel ou gourd. 

Brinex-lôgôd , s. m. Espèce de petite jou- 
barbe , plante que j'ai entendu nommer oreillc- 
de-souris. A la lettre , gruad de souris. 

Brinmk. Voyez BRE^^■lK. 

Brinniga. Voyez Brenmga. 

BrîzouBréz, s. f. Mêlée. Combat. Coad ha 
gwin éviz er gwallvriz, j'ai bu sanget vin dans 
la mêlée terrible. (Babzaz-Breiz.) II. V. 

Briz , ailj. Qui a des taches de diverses cou- 
leurs. Tacheté. Moucheté. Bigarré. Marqueté. 
Pommelé. Panaché. Marbré. Eur marc'h briz 
cm eûz , j'ai un cheval moucheté , pommelé. 
Briz s'emploie encore , en terme de mépris , 
dans le sens des raots français , padvre, de- 
mi, dans pauvre poète, derai- savant, etc. 
Mais alors il précède toujours le substantif 
Eur briz tick, un pauvre cultivateur: curbri: 
léanez , une demi-religieuse. Briz, que l'on 
écrit communément bris , est un nom de fa- 
mille connu en Bretagne. En Vannes , bric'h 
ou brcc'h. 

Brîz-kélennaddbez, s. f. Morale épicu- 
rienne. H. V. 

BrIz-klaSv, adj. Incommodé, un peu ma- 
lade , indisposé. II. V. 

Brîz-ki.énvéd, s. ra. Indisposition. Incom- 
modité légère. PI. briz-ktcnvt'dou. Eur bris- 
klt'ni'M n'en deùzkcn , il n'a qu'une indisposi- 
tion. 

Brîz-daoien , s. f. Caricature , image satiri- 
que d une personne. PI. briz-daoUnnou. II. V. 

Brïz-sked, s. m. Clinquant, faux-brillant. 
H. V. 

BrIz-skuivaSbr , s. m. Ecrivassier , auteur 
qui écrit beaucoup et très-mal. PI. l'en. H. V. 

Briza ou Brizella ,v. a. Peindre de «liver- 



i6A 



imi 



ses couleurs. Tacheter. Rlouclieter. Digarrer. 
Warqueler. Marhrcr. l'art, cl. Urizet ou bri- 
telUd eu dur hé di , la poitf de sa niaisuii est 
marljrée ou peinte tie diverses cuuleurs. En 
A anncs , bric hein ùu bric'hellein. Voyez Ma- 

RKI.Ll. 

ItiiUAnuii OU Uhizelladub^ s. m. Actiou de 
peindre de diverses couleurs, de tacheter, de 
nioucheter , etc. Moucheture. Bigarrure. Mar- 
queterie. iMarbrure. 

Itiii/ELLA. Voyez U1117.A. 

UKIZKLLAUlIt. \oyeZ iilllZ.kUl'R. 

ItiiizKM , S. f. lâche rousse sur la peau , 
princi|>aleuient au visage et aux niairn Rous- 
seur, Lentille. PI. brizennou ou simplement 
briz. Ar plac'h-iaouanlizc a zô yôUkd a vriz 
ou a vrizennuu , cette jeune fdle est couverte 
de rousseurs. — Hors de Léon , brien. VI. brien- 
nou H V. 

liuizK.NML'z ou Bbizen.nek , adj. Lcntilleux , 
qui est semé de taches ou de lentilles. Qui est 
sujet aux rousseurs. Gaudar blcô riiz eopeùr- 
vuia brizennuz ann. dremm , avec les cheveux 
rouges, on a ordinaiiement le visage lentil- 
leux. 

Eriz^rez, s. m. Le même que brizadur. 

Brizi , s. m. Motte de tanneur ou plutôt le 
tan pilé dont on fait les mottes à briller. N'en 
deûz kéd a yeùncùd , hag é ra Idn gant brizi , 
il n'a pas de hois, et il fait du feu avec des 
mottes de tanneurs. Le Pelletier écrit brézc , 
mais j'ai toujours entendu prononcer brizi. 

Brô, s. f. Pays. Région. Territoire. Con- 
trée. Patrie. Lieu de la naissance. PI. broiou 
( de 2syll. , bro-iou). Eiiz va bro eo , il est de 
mon pays, liant brô , liant kiz , chaque pays, 
chaque mode. Brô s'emploie aussi pour com- 
patriote, qui est du même pays. Ya brô, mon 
compatriote. Voyez Kenvroad. 

Bflù-C'iuLL, s. f. La France. Le royaume de 
France. La Gaule. A la lettre , le pays du 
gallois. E Ilrô-C hall e chuum bréma, il de- 
meure actuellement en France. 

Bro-Spa.ñ , s. m. Espagne , royaume d'Eu- 
rope. H. V. 

Bro-Zaoz , s. f. L'Angleterre. La Grande- 
Bretagne. A la lettre , le pays dd saxo.n. Da 
Vrô-Zaoz éz a , il va en Angleterre. 

Brôad , s. f. Peuple. Peuplade. Nation. Tri- 
bu. PI . ou. Mcùr a vrêad a ioa gwéchall é Brô- 
C'hall/û y avait autrefois plusieurs nations 
dans la France. 

Jjkôadek , adj. National, qui est de toute 
une nation. H. V. 

Brodiaez , s. f. Broderie. Ouvrage de bro- 
deur. (Trég. ctGalles.) Voy. Broudérez. H.V. 

Brodu , v. a. et n. Broder , faire à l'aiguille 
un dessin sur quelque élofle. La racine de ce 
vetbe et de ses dérivés est broud , pointe , 
bout piquant et aigu de tout instrument. 
( Tréguier et Galles.) Voyez Brocda. IL V. 

Brodiocr, s. m. Brodeur. Celui qui brode. 
(Tréguier et Galles.) H.V. 

Broenn , s. m. Jonc, plante aquatique. 
Jiroennen (de 2 syll., broen-nen), fém. , un 



lilUJ 

seul jonc ou une seule branche de jonc. PI- 
broennennnu ou simplement broenn. Hôknna 
zù Uùn a vrueitn , votre étang est [)lein de 
jonc. En Vannes , britin et brcnnen. 
Bkoe.n.n-vôr , s m. Jonc maiin, plante. 

Broe.nkek (de 2 syll. ,brocn-neki , adj. Plein 
ou couvert de jonc. Lôd eûz kû prdd a z6 
brocnnck , une partie de votre prairie est cou- 
verte de jonc. En Vannes, brennek. 

Broe.n.vek, s. f. Lieu plein ou couvert de 
jonc. PI. bruennégou. 

Rroéô (de 2 syll. , brôé-â] , ou Brôev (d'une 
seule syll.), s. f. Charrette longue et étroiti- , 
comme celles qui servent à transporter le vin. 
PI. brôéciuu (de 2 syll. , brôé-viou). Gañd ho 
prôcô é leiiot , vous viendrez avec votre char- 
rette longue. 

BfiÙEv. Voyez Bbôéo. 

Broez ou Brouez , s. f. Emportement. Mou- 
vement de colère qui passe vite. PI. ou. Se kéd 
hé geñla vroez , ce n'est pas son premier em- 
portement. Voyez Blanégez. 

Broéza ou Brocéza (de 2 syll., broé-za ou 
broué-za), v. n. S'emporter. Se mettre un peu 
en Colère. Part. cl. liroéza a ra évil nélrd , il 
s'emporte pour rien. 

Broézek ou Brocézee (de 2 syll. , broézek 
ou broué-zck ) , adj. et s. m. Emporté. Un peu 
colère. Qui est sujet à s'emporter. Pour le 
plur. du subst. , broézéien ou brouézéien. Broé- 
zek brdz eo hô preûr , votre frère est bien em- 
porté. Broézéien ifid hô daou , ce sont deux 
emportés. 

Bbocon. Voyez Brogonen. 

Brogo.nei.n, v. impers. Eclairer. Faire des 
éclairs. Part. et. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Luc'hédi et Darëdi. 

Bbogo.nen , s. f. Eclair, feu qui précède le 
tonnerre. PI. brogoncnnou ou simplement 
brogon. Ce mot est du dialecte de Vannes. 

Bbochem. Voyez Bbëchen. 

Broc'u , s. m. Blaireau ou taisson , animal 
sauvage à quatre pieds. PI. éd. Kcr flériuz eo 
hag eurbroc'h, il est aus.si puant qu'un blai- 
reau. Voyez Lol'z , deuxième art. 

Broc'h. Voyez Brôz. 

Brôidigez, s. f. Colonisation. Etablissement 
d'une colonie. U. V. 

Brojim. Voyez Bramm. 

r>Rô> , s. m. La saignée du cochon , la par- 
tie où le boucher a mis le couteau pour le 
tuer. Eunn tamm bron poazet icar ar glaoïi 
hor bézo da Icin , nous aurons à diner un mor- 
ceau de saignée de porc , cuit sur le char- 
bon. 

Bbondc ou Broxzd, s. m. Meurtrissure. Con- 
tusion livide. PI. ou. Gôlôed oa a vronduou , 
il était couvert de contusions Voyez BloSs. 

Brondua ou Broxzua , v. a Meurtrir. Faire 
une ou plusieurs contusions. Part. et. Bron- 
daed eo gañd ann laoitou , il est meurtri de 
coups. 

Brondiadcr ou Bronzladlb , s. m. Action 
de meurtrir, de faire des contusions. Meur- 
trissure. 



BRO 

Bronn , s. f. Mamelle , lcton , sein , la pnrlie 
glanduleuse cl charnue où se forme le lait cliez 
les femmes et cerlaines femelles des animaux. 
Trayon. — Pis. Il.V. PI. duel divronn \nnirdiuu 
bronn. On dit bronnou au plur. , lois(|u'il est 
question d'animaux à plus de deux mamelles. 
Fuoulcd eo penn hé bronn, elle a le mamelon 
ou le bout du sein gercé. Hôrcd eo lie divronn^ 
elle a les mamelles apostumées. Au ivaskiC kél 
ki'mcnl war bronnou ar «oc'/t , ne pressez pas 
tant les trayons de la vache , — les pis de la 
vache. ]I.V. Voyez Téz. 

Bronna , V. a. Donner ou présenter le sein 
à un enfant. Allaiter. Nourrir do son lait. 
Part. cl. Né deûz kél gallel bronna hé mdb , 
elle n'a pas pu donner le sein à son (ils. 

BuoNNEK, adj. cl s. m. Mamelu. Qui a de 
grosses mamelles. Qui est en forme de ma- 
melle. Pour le plur. du subst. , brunnéUn. 

Bronnek. Voyez Blonek. 

Bronnëgen. Voyez Bloxek. 

Bronnégez , s. f. Femme mamclue, qui a 
de grosses mamelles. PI. éd. 

*Bbo.ñs,s. m. Bourgeon , bouton qui pousse 
aux arbres. Broñsen, fém., un seul bour- 
geon. PI. broñseyinou ou simplement ferons. 
Tévaad a ra ar broñs er gwéz , les bourgeons 
grossissent dans les arbres. 

* Broñsa , V. n. Bourgeonner, se couvrir 
de boutons, en parlant des arbres, etc. Part. 
et. Broñsed eo ar gwéz , les arbres sont bour- 
geonnes. 

* Bronsadcr , s. m. Bourgeonnement. Ac- 
tion de bourgeonner. 

Brousgwézen -Japon , s. f. Hortensia, ar- 
brisseau du Japon. PI. brousguéz- Japon. II. Y. 

Bronzü. Voyez BRO^Dü. 

Bronzca. Voyez Brondua. 

Brol'd, s. m. Aiguillon, pointe de fer qui 
est au bout d'un bâton et dont on se sert pour 
piquer les bœufs. Pointe, bout piquant et ai- 
gu de quelque chose que ce soit. Petit piquant 
des mouches à miel , des guêpes , des frelons. 
Clou de vitriers , clou sans tète. PI. ou. Raid 
eunn taol broud d'hoc'h éjcnn , donnez un coup 
d'aiguillon à votre bœuf. Choumed eo broud ar 
wénancn em down , le piquant de l'abeille m'est 
resté dans la main. Voyez Garzou et Flemm. 

Broid , adj. Très-chaud. Ardent. Qui fer- 
mente. Ludu broud , de la cendre chaude. 

Brocda , V. a. et n. Aiguillonner. Piquer , 
soit avec l'aiguille ou toute autre pointe liiie. 
Broder. Au figuré, exciter. Part. et. A'e d-éot 
kél pell hiriô , ma na vroudil kéd hoc h éjen- 
ncd , vous n'irez pas loin aujourd'hui , si vous 
n'aiguillonnez pas vos bœuts. Aé kél bel pcll o 
vrouda hé zaé , clic n'a pas été longtemps à 
broder sa robe. /{(■ cliorreg eo ann dén- 
iaouañk-zé , broudil-héñ , ce jeune homme est 
trop lent, excitez-le. Voy. Bhodia et Flejima. 
Broi'deh, s. m. Celui qui pique, qui ai- 
guillonne. Ilrodeur. — Voyez Brodioir. II. V. 
PI. ien. 

Brocdërez , s. m. Action de piquer , d'ai- 
guillonner. Broderie — Voyez Biiouiaez. II. V. 



BRO 



iG5 



Broidéhez , s. f. Celle qui pique, qui ai- 
guillonne. Brodeuse. PI. cd. h'asid ann drd 
tnañ dar iroudércz , portez ceci à la bro- 
deuse. 

Broldiz , adj. Piquant , qui pique. Au fi- 
guré , offensant. Choquant. Kémérit-hén , né 
kél brouduz, prenez le , il n'est pas piquant. 
Urouduz bràz eo ann dén-hoñl gañd hé gom- 
siou , cet homme est fort choquant dans ses 
discours. 

Bholed, s. ra. Lissoir, instrument avec le- 
quel un tisserand lisse sa toile. PI. brouédou , 
et, par abus, brouéjuu. 

Biiois. Le même que brons. 
Brocskaol (de 2 sjll., brous-kaol ; , s. m. 
Brocoli, jet ou rejeton de chou ou de navet 
qui commence à monter en fleur et que l'on 
mange en guise d'asperges, lié galed co ar 
brnuskaol-mañ , ces brocolis sont trop durs. 
Ce mot est composé de brous ou brons , bour- 
geon , jet , et de kaol , chou ou légume. 

r.Roi'sKOAD ou Briskoad fdc -2 sjll. , brous 
knad ou brus-koad) , s. m. Bocage. Bosquet. 
Petit bois. PI. brouskuadou, et,_par abus, 
brouskoajou. Eur brou-ikoad koanl a zô adrc 
ann li , il y a un joli bosquet derrière la mai- 
son. Ce mot est composé de brous ou brons , 
jet ou bourgeon , ou de hrusk , fragile, et de 
koad , bois. 

Brolskoun , s. m. Espèce de navet fort gros. 
Brouskouncn, fém. , un seul de ces navets. 
PI. brouskonnennou ou simplement/)roM*/.ouri. 
Ce mot me semble compose de brous owbrons, 
jet, bourgeon, et àckounn, plur. irrégulicr 
de fci, chien. 

Broisgvvézen ou Bri sgwézen . s. f. Arbris- 
seau, petit arbre. Arbuste. PI. brousgwéz ou 
hrusgwéz. Kalz a vrousgwéz am eu: gwerzed 
d'ézhafi. Je lui ai vendu beaucoup djarbris- 
seaux. Ce mot vient de ferons ou brons , jet , 
ou de broust , buisson , ou enlin de brusk , 
fragile, et de gwézen , arbre. 

Broist, s. m. Ilallier , buisson fort épais 
PI. o!(. Ar mcaz-zé a zo golàed a vroustou . 
celte campagne est couverte de halliers. Voyez 
Strouez. 

Broista, V. a. et n. Brouter, manger, 
paiire l'herbe , les feuilles des arbres. Se for- 
mer en halliers , en buissons. Part. el. Mirid 
oud ar zaoud na vrouslind ar gieéz iaouank . 
empêchez les vaches de brouter les jeunes ar- 
bres, lirousla a ra ar irézen-ma , cet arbre 
prend la forme d'un buisson. 

Broi'stal , s. m. Jeune bois. Rejeton d un 
arbre émondé. Je connais, en Bretagne, des 
familles qui portent le nom de brouslal , que 
l'on écrit plus ordiinirenieiit brouslail. 

Brolstek , adj. Plein de halliers , de buis- 
sons. 

Broustek, s. f. Lieu plein de halliers, 
buissons. PI. broustégou. 

Broct-ac'h , s. ra.Chalcur étouffante , telle 
qu'on la sent dans un temps de tonnerre. De 
plus , fermentation. S/.in: ounn gañd ar brou- 
tac'h , la chaleur étouffaule m'a lassé. 



iGG 



liRU 



Bboutac'iia , V. n. Fermenter. Aigrir par la 
chaleur excessive , en [larlant ili-s liquides , el 
parliculièreineiil (les laitages, l'.irt. et. Urou- 
luc'heii co al Ukiz yañd ann arné, le lait a ai- 
gri par l'orage. Voyez Gôl. 

lîiuniTAc'iiiz , aJj. l'"crnientatif, qui a la ver- 
tu de l'ermcnter. De plus , orageux , qui cause 
l'orage. 

üuùz , s. f. Jupe, partie de rhabillcmenl 
des femmes qui descend de la ceititure jus- 
qu'aux pieds, (^otillun. l'I. ///(iiiou ( <le ^syll. , 
brà-siou). Eutin aslenn a lélcéud d'am bidz , 
vous mettiez une allonge à ma jupe. Ce mut 
est particulièrement en usage dans le dialecte 
de Cornouaille. En Vannes, on dii, broc'h. 
Voyez LôsTF.N et Gwélédkn. 

liiiÙK ou UnO(i, s m. lîruyère , petit ar- 
buste qui croit dans les terres froides et incul- 
tes, lirugen , fém , un seul pied ou brin de 
bruyère. PI. brugennou ou simplement ftnifc ou 
brûg. Uc'hel ha slañk eo ar brùg aman , la 
bruyère est haute et fournie ici. 

* BiiCd, s. f. lîruit qui se répand. Rumeur. 
Nouvelle. Au Gguré , réputation. Renommée. 
Vogue. Crédit. Estime. — Traditions; histoire 
traditionnelle ; histoire qui rapporte les évé- 
nements année par année , d'après la tradition. 
Annales. II. V. PI. nu. l'aod eo ar vrùd-zé , co 
bruit est commun, cette nouvelle est partout. 
N'en deû: kéda vrùdvdd, il n'a pas une bonne 
réputation. Ar vrûd a z6 gañl-hañ, il a la vo- 
gue. Voyez Trouz , Kel, prem. art. , et Hanô. 

* Bruda , v. a. Ebruiter. Divulguer. Pu- 
blier, rendre public. Part. el. Na vrudil kcd 
ann drd-zé , n'ébruitez pas, ne divulguez pas 
cela. 

Brdgek, adj. Couvert ou plein de bruyère. 

Brugek , s. f. Une bruyère , un lieu plein 
ou couvert de bruyère. PI. brugégou, et , par 
abus, brtigcjou. fa gafod eur vrugeg , é irôod 
a gh'iz , quand vous trouverez une bruyère, 
vous tournerez à gauche. 

Brugen. Voyez Brlk. 

BiU'CHED { par ch français}, s. f. Le sein. 
Le devant de la poitrine, et, selon d'autre , 
l'estomac : les Bretons confondant souvent l'es- 
tomac avec la poitrine. Le poitrail d'un che- 
val. Le jabot d'un oiseau. On le dit aussi de 
l'ouverture de l'habit sur la poitrine. PI. ou. 
War hé vruched en deûz skôel , il l'a frappé à 
la poitrine. Kiñed eo bruched hn marc'h , le 
poitrail de votre cheval est écorclié. Bruched 
ann dubé a zô leûn , le jabot du pigeon est 
plein. lié guzcd en deûz enn hé vruched, il l'a 
caché dans son sein. En Vannes, brusk. Voy. 

BrENMD et .\SRRÉ. 

Brüchédad ( par ch français) , s. f. La plé- 
nitude du sein , de la poitrine , de l'estomac. 
Plein la partie de l'habit qui couvre la poitrine, 
le sein. Plein le jabot, en parlant d'un oiseau. 
PI. ou. Eur vruchvdad avalou en deûz digasel 
gañt-hañ , il a rapporté plein son sein de pom- 
mes. Eur vruchédad éd é dôaar idr , la poule 
avait plein son jabot de blé. 

Brcchéta par ch français) , v. n. Se bat- 



BRlï 

trc à l.i manière des coqs , en sechocjuant li 
poitrine. Part. et. 

Buuc'iiKLi.i!iN ou Bdunkllein , V. II. Uugir , 
crier comme un lion , nu tigre, etc. Part. el. 
Ce mot est du dialecte dcN'unnes. 

Brl'c'iiki.i.ëkec'ii ou Bhu.nellêubc'ii , s. m. 
Rugissement , cri du lion , du tigre , etc. Mu- 
gissement, cri du taureau , etc. Action île ru- 
gir, etc. Ce mot est du dialecte de Vannes. 
Voyez BcsEi.LEiiKZ el KUhé&k/.. 

Bri'l , s. m. Bouillon. Flot. IH. ou. Druiou 
goada daulaz , il vomit des Ilots de sang. ILV. 

Brula , v. n. Vomir. Rejeter sans cITorl |jar 
la bouche ce que l'on a avalé. Il ne se dit que 
des petits enfants ù la mamelle. Part. el. I.ihid 
écez , brûla a ra hd pugel , faites attention , 
votre enfant vomit. Voy. ÜisTKÙRELet Daskori. 

Brulërkz , s. m. Action de vomir , en par- 
lant de l'enfant à la mamelle. 

Brulu ou Bchlu , s. m. Digitale ou ganl- 
notre-dame , plante dont les Ihîurs ont la for- 
me d'un doigt de gant ou d un dé à coudre. 
liruluen ou burluen, fém. , un seul pied de di- 
gitale. PI. brulucnnou ou simplement brulu. 
(ji'Med eo ar parkmañ gaiii ar brulu , ce 
champ est couvert de digitales. 

■* Bru-Men , s. f. Brume Brouillard épais. Âr 
vrumen a gwéz a-nébcùd-c-nébeùd , le brouil- 
lard tombe peu à peu. 

* Bru.v!en.na ouBrumenni, v. impers. Faire 
du brouillard. Part. et. On emploie aussi bru- 
menna activement, pour signifier éblouir , 
troubler la vue. Brumrnna a rai héd ann deis , 
il fera du brouillard tout le jour. Va brumenni 
a ra hôsaê ràz , voire habit rouge ra'éblouit. 

* Brümennadur , s. m. Berlue , sorte d'é- 
blouissement. H. V. 

' Brumennadurez , s. f. Eblouisscment , effet 
du soleil ou de la lumière trop forle sur les 
yeux. 

Buu.nelleim. Voyez Brdc'hellein. 

Brusk. Le même que bresk. 

Brusk. Voyez Brucued. 

Brcskadurez. Le raêrae que breskadurez. 

Brusken , s f. L'endroit de la croiUe qui a 
été fendu , avant de mettre la pâte au four. 

Brdskoad. Voyez Brodskoad. 

Brusgwézen. Voyez Brousgw'ézen. 

Bruzun , s. m. Miette , les petites parties qui 
tombent du pain quand on le coupe. Un très- 
petit morceau de quelque chose à manger. 
Fragment. Particule. Biin. Bruzunen, fera., 
une seule miellé , etc. PI. bruzuncnnou ou sim- 
plement bruzun. Daslumid ar bruzun bara di- 
war ann daol, ramassez les miettes de pain de 
dessus la table. Roid d'in eur vruzunen gik, 
donnez -moi un petit morceau de viande. En 
Vannes , bréc'hon ou berc'hon. Voyez Briënen. 

Bruzu.na, v. a. Emietler, réduire du pain 
en miette. Emier, froisser entre les doigts. 
Mettre en petites parties. Rompre menu. Part. 
cl. Bruzunid ar bara-zé , émiettez ce pain. 
Gand hé viziad en deûz hé vruzunel , il l'a 
froissé entre ses doigts. En Vannes, bréc'ho- 
ncin ou berc'honein. 



BUE 

IJni'ziMZ, adj. Friable, qui peut aisômciit 
être réduit ou poucirc. Facilo- à émicr. 

Lr , s. f. Vache, bêle à cornes. Il est jieu 
usité , mais il se trouve encore dans quelques 
composés. — El) Corn- , Bcùc'h. II. V. Vojez 
lÎKCENN et Bioc'ii. 

Blal , s. m. Buffle , espèce de bœuf sau- 
vage. PI. cd. — Korn-buul, trompette, trompe ; 
à la lettre , conNK de ihi-fif.. II. V. 

Bl v.N ou BriiAN , adj. Vite. Prompt. Vif. 
Alerte. Il s'emploie aussi comme adverbe et 
signifie vite. % iicment. l'romptemenl. Vive- 
ment, llù marc'h ne kcl ré cuan , votre cheval 
n'est pas trop vif. Itiian hrdz en ar plac'h- 
iaouañk-zé , cette jeune fille est bien alerte. 
Dciil buan aman, venez vite ici. 

Ijüan , s. m. C'est un des noms que l'on 
donne ù la belette. PI. (■(/. h'ul: a vuaned a zô 
aman, il y a ici beaucoup de belettes. \'ojez 
Kaërel. 

BüANAAT, V. n. Se hAtcr. Se dépêcher. Aller 
plus vite. Part, buanéel. îi'hellann ki'l bua- 
naal, je ne puis pas aller plus vite. 

BcANDER ou Bl•HA^DER, S. m. Vitessc. Promp- 
titude. Vivacité. Ar buaiider hoc h eûz lékéad 
lond d'am zi , la promptitude que vous avez 
mise à venir chez moi. 

BcANEK , adj. et s. m. Prompt. Vif. Empor- 
té. Colère. Pour le plur. du subst. , buanneti- 
Gwall vuancg co , il est très-erapoi té. 

Blakékaat, V. n. S'emporter. Se mettre en 
colère. Se courroucer. Part, bnanékéet. Duani- 
kaad a ra évit nclrd , il s'emporte pour rien. 

BiTA?iÉGEz , s. f. Emportement. Prompti- 
tude. Vivacité. Colère, ("ourroux. D'ar rtia- 
ncgcz co roéc , il est sujet h la colère. 

BiAEED , s. m. Vent qui , dans les beaux 
temps, tourne avec le soleil. 

LÙK ou }jùg , s. m. Petit houx, arbuste. Ce 
mot est de la Basse -Cornouaille; ailleurs on 
dit bugclcn. 

PjCé. Voyez Buez. 

BcÉEK. Voyez Biëzee. 

BcËGEz ou Buhégez , s. f. Animation. 11 se 
dit du moment où l'âme est supposée s'unir 
au corps. Vojcz Enaouiuigez. 

Bue/ ou Buhkz , s. f. ^ ie , l'élat des êtres 
qui respirent, sentent, se meuvent, etc. L'es- 
pace de temps qui s'écoule depuis la nais- 
sance jusqu'à la mort. Epdd va bucz , ha gou- 
dé va marô , pendant ma vie, et après ma 
mort. Hors de Léon , hué. 

BcÉzEK, adj. Vivant. Vif, qui a vie. Ce 
mot est , par élégance . toujours précédé de 
l'adjectif béo , qui a , à peu près , la même si- 
gnification. Ih'ô-buézck , plein de vie. En Van- 
nes , bucck. 

BdËzËGEZ , s. f. La vie. Les vivres. La sub- 
sistance. Les mœurs. — Manière de vivre. II. V. 
A'aw CÜZ nélrd kt'n ait ra buézcgcz , je n'ai 
que cela pour ma subsistance. Eunn dcn a 
vmzégcz vdd , un homme de bonnes mœurs. 

BCfi. Voyez IIi'k. 

BuGA , V. a. Fouler, presser avec les mains. 



BLG 1G7 

Part. cl. Ilugid ann dUnd-zé cnn dour , foulez , 
pressez ce linge dans l'eau. 

lîtGAu, s. m. Peiilc lessive. Au figuré, 05- 
tenlalion. Jactance. Vaiiterie. V\. du. Eur bu- 
gad a rañkimp da ôber , nous serons obligés 
de faire une petite lessive. Lcùn eo a vugad , 
il est plein d'ostentation. 

BoGADi , v. n. Faire une petite lessive. Au 
figuré, se vanter. Se glorifier. Part. et. Buga- 
di a raimb hiriô , nous ferons aujourd'hui une 
petite lessive. Bugadi a ra dirag ann huU, il 
se vante devant tout le monde. 

BuGALËAcn (parr/i français) , s. f. Enfantil- 
lage. Puérilité. Niaiserie. Jeux et discours 
d'enfants. PI. ou Eur vtigaléach n'eo kén , ce 
n'est qu'un enfantillage. Voyez PiCgel. 

BuGALÉRF.z, s. m. Enfaucc, l'âge depuis la 
naissance jusqu'à douze ans ou environ. /?« 
galérez ar béd, l'enfance du monde. Dislrci a 
ra c bugaU'rcz , il tombe en enfance. 

Bi GEL, s. m. Enfant, fils ou fille par rela- 
tion au père et à la mère. Garçon ou D'ie en 
bas âge , sans aucune relation au père et à la 
mère. Garçon, valet, ouvrier qui travaille 
chez un maître. Apprenti. Berger. Pâtre. PI. 
hiigaU. Eur bugcl bihan é drùz c'hoaz , elle a 
encore un petit enfant. Kalz arugali'lw deûz, 
ils ont beaucoup d'enfants. liugel eo béd é li va 
zdd, il a été pâtre chez mon père. Ce nom 
peut cire mis au rang des substantifs com- 
muns. En Vannes, bugul. 

BuGEL-Noz , s. m. Fantôme qui paraît ou 
que l'on croit voir pendant la nuit. Esprit fol- 
let. Lutin. PI. bugélicn-nôz. Ilugélien-nôz c 
u'éleur alicz aman, icar a lérércur , on voit , 
dit-on , souvent ici des esprits follets, des lu- 
tins. Ce mot est composé de hugcl, enfant , cl 
de nôz, nuit. Voyez A.nrelc'uer. 

r.iGÉLE.'s , s f. Petit houx, arbuste. PI. 6u- 
gélennou. On dit aussi gwégélen. 

BcGÉLENNEK , adj. (Jui cst plein ou couvert 
de petits houx. On dit aussi gwégélennek. 

BiGÉLENXEK, S. f. Licu plein ou couvert de 
petits houx. PI. bugélcnnéyou. On dit aussi 
g uégéletmek. 

Bi GELEZ , s. f. Bergère , fille qui garde les 
moutons , les vaches , etc. Apprentie, ouvrière 
qui travaille chez une maîtresse. PI. cd. Xé oa 
ki'd a vugélez gañd ann déñved , il n'v avait 
pas de bergère avec les moutons. Ar géinéné- 
rcz-:é é deiiz kalz a vugélézcd , cette coutu- 
rière a beaucoup d'apprenties. En Vannes , 
bujulcz. Voy«z Blgel. 

r.iGE>x , s. m. Peau ou cuir de bœuf ou de 
vaclio. Ce mot est composé de bù , mot peu 
usité aujourd'hui el signifiant autrefois vache , 
et de ktnn , peau , cuir. 

BuGËRF.z , s. m. .\ction de fouler , de pres- 
ser avec les mains, ^'oyez Biga. 

Bt'GUL. Voyez Bigel. 

BiJGULEZ. Voyez IUgélez. 

Bi'iiAN. Voyez Bi'an. 

lUiiftsKRivANEn , s. m. Biographe, aulcur 
d'une vie particulière. PI. icn. IL V. 



i(it) Bl K 

liiiiËskKivET, S. f. Biographie. PI- buhc- 

HOU. II. V. 

litiiK)^. Voyez I!(JEZ. 
Bcc'ii. Voyez Dioc'h. 
Buc'huoen. Voyez BuzcoEN. 

• lii'i. , s. m. Bulle , lettre du pnpe expédiée 
PII parchemin et scellée en plomb. l'I. fcu/iuu. 
H. V. 

BiiLiiL'EN. Voyez Boubboi:nen. 

Bl'i.zun , s. f. Navette, instrument de tisse- 
rand, etc. l'i. iüu. Likit neùd cr vulzun, met- 
tez du (il dans lu navette. En Vannes^ bur- 
:un et gurzur,. 

BuLzt'N , s. f. Navet, légume. PI. éd. (I.ag.) 

n. V. 

BiNSjS. m. Muid, mesure pour les liqui- 
des, les grains , le sel, etc. PI. ou. Né kêtleàn 
awalc'h ar buñs , le muid n'est pas assez plein. 

BtÑs.vD , s. m. La plénitude d'un muid. 
Plein un muid. PI. ou. Rôid iTin cur bunsad 
heiz , donnez-moi un rauid d'orge. 

Bu.ÑTA. Voyez BouÑTA. 

lîtioc'n. Voyez Bior'n. 

BuRBUEN. Le ménie que bourbounen. 

Bl'rel , s. f. Bure ou bureau , étoffe gros- 
sière de couleur brune. 

BuRc'iiELi.ËiN. Voyez Brcc'hellei:^. 

Bunc'iRiD. Voyez Burzld. 

Blirlu. Voyez Brdlo. 

BüRTüüEN OU Brétügen , S. f. Amas ou 
monceau de fumier, d'ordures , d'immondices. 
V\. burtugennou ou brétugcnrwu. Eur vurtu- 
gen gaer en deüz oud hé zôr , il a un beau 
monceau de fumier à sa porte. Voy. Teilek. 

* Bi'RTDL , s. m. Vautour. PI. éd. (Lag.) 
Voyez Bdttur. H. V. 

Burutel , s. f. Bluteau ou Blutoir , sas fin 
pour passer la farine. — Critique. H. V. PI. 
burutellou. Tréménid ar bleûd-man dré ar vu- 
rutel , passez cette farine par le blutoir. Quel- 
ques-uns prononcent brulel. 

Burl'teli.a , V. a. Bluter, passer la farine 
par le blutoir. — Au figuré , contrôler , criti- 
quer, censurer les actions , les écrits ou les 
paroles d'autrui. II. V. Vaii. el. Pérâgn'hoc'h 
eùz-hu lîét burulellcd ar bleûd.' pourquoi n'a- 
vez-vous pas bluté la farine ? Quelques-uns 
prononcent brutdla. 

Bdrutellad, s. f. La plénitude d'un blu- 
teau , d'un sas fin. PI. ou. iV'em eùz kén né- 
méd eur vurulellad vleûd da dréménoul , je n'ai 
plus que plein un bluteau de farine à passer. 
Quelques-uns prononcent brulcllad. 

BiRUTELLÉREZ , S. f. Blutcric, lieu où les 
boulangers blutent la farine. PI. ou.Er vuru- 
icUérez em eùz hé wélet , je l'ai vu dans la blu- 
terie. Quelques-uns prononcent 6ru<ei?(?rcî. 

BuRzuD , s. m. Merveille. Miracle. Prodige. 
PI. ou. Eur burzud brdz eo, c'est un grand 
prodige, une grande merveille, h'alz burzu- 
dou en deiiz gréai , il a fait beaucoup de mira- 
cles. En Vannes , burc'hud ou bere^hud. 

Blrzlduz, adj. Merveilleux. Miraculeux. 
Prodigieux , qui tient du prodige. Eunn drd 
burztiduz eo, c'est un e chose merveilleuse, rai ra- 



KAB 

culeuse.EnVaiines, burc'huduz ou berc'hudus 

lîiBZL.N. Voyez Bli.zln. 

BisELLA.v. n. Mugir , beugler , crier com- 
me un taureau, une vache, etc. Hugir, crier 
comme un lion , un tigre. Part. et. Ar vioc'h 
a gléeann o vusella , j entends beugler la va- 
che. Voyez Bléja et Ilma. 

BusELLADKN , 9. f. Mugisscmcnl, beugle- 
ment , le cri du taureau , de la vache. Rugis- 
sement, le cri du lion , du tigre. \'i. busella- 
dennou. A hé léac'h é leù ar vusclladcnnou a 
gU'iann ? d'où viennent les raugiîSements que 
j'entends? 

BisELLÉREZ , s. m. Action de mugir , de 
beugler , de rugir. 

BuTTi R , s. m. Vautour, gros oiseau do 
proie. PI. éd. Voyez uîp. 

* Bltum ou BirrcN , s. m. Tabac, plante 
originaire d'Amérique que l'on emploie à dif- 
férents usages. Ce mot est aussi nouveau dans 
la langue bretonne que la chose qu'il signifie 
Test dans l'usage. Cependant comme le tabac 
est aujourd'hui en Bretagne un olijet de pre- 
mière nécessité , je n'ai [las cru devoir passer 
sous silence le mot butum et ses dérives. Tout 
le monde sait que le tabac a eu , dans le prin- 
cipe , plus d'un nom , on l'a apfielé Nicotia.ne, 
de Meut, qui est le nom de la première per- 
sonne qui a importé cette plante en Europe ; 
on lui a aussi donné le nom de Petun , qui , 
peut-être , est son véritable nom dans la lan- 
gue du pays dont elle est sortie. C'est de ce 
dernier nom que les Bretons ont formé le mot 
buium ou butun. h'éméroud a ril-hu buluin! 
prenez-vous du tabac'.' Rôid d'in cur chorniad 
butum , donnez-moi une pipe de tabac. 

* BuTUMER ou Bdtdner, S. m. Celui qui fait 
usage de tabac, soit en poudre, soit autre- 
ment. Fumeur. PI. ien. Eur bulumer brdz eo , 
c'est un grand preneur de tabac, c'est un 
grand fumeur. 

* Bltimérez ou BuTCNÉREZ , S. f. Celle qui 
fait usage de tabac. 

" Bltu.mi ou Butuxi , V. n. Faire usage de 
tabac , soit en poudre , soit autrement. Fu- 
mer. Part. et. Bulutni a réoñd hô daou , ils 
font usage de tabac tous les deux. 

BuTU>. Voyez Butum. 

BuzcGEN , s. f. Ver de terre. Achée. PI. fe«- 
zuk ou buzug. Likid eurvuzugen oud hoc'h hi- 
gen , mettez un ver à votre hameçon. En Van- 
nes , buc'hugen. 



K 



K , lettre consonne, la troisième de l'alphabet 
breton. Elle se prononce comme en français. 

Kab, s. m. Tête. Bout. Extrémité. Ce mot 
ne s'emploie aujourd'hui qu'en construction 
et dans les dérivés. Voyez l'E.NG.AB. 

KiBEL , s. m. Coiffure en général. 
Cape, manteau à capuchon qu'on portait 
autrefois. Chaperon , ancienne coiffure 
commune aux hommes et aux femmes. Ai- 
grette 



KAB 

grcUc , huppe , toulTc de plume que porlcnl 
quelques oiseaux sur la {{•le. l'I. kabellou ou 
ki'bcl. Likid ho kabel war hô pcnn , mi4tcz vo- 
tre cajie un votre chaperon sur la tète. Eur 
r.'hahel kacr en deOz al lahous se , cet oiseau 
a une belle huppe, une belle aigrette. 

Kabel-docsek, s. m. Champignon, sorte 
de plante. Potiron, gros chamjiignon. PI. ka- 
bcUou-tousck ou kébellousck. Ar cliabel-dou- 
sck-:é né kcl mdd da zihri , ce cIiam|)ignon 
n'est pas bon à manger. Ce mot est composé 
de kabcl, chaperon, coiffure, ai de tousck , 
crapaud. 

Kabella, V. a. Coiffer , mettre un vêtement 
quelconque sur la tête, soit pour la couvrir, 
soit pour la parer. Part. et. KabetUd ho c'Iwar, 
dizùlo eo hé fcnn , coitTer votre sœur , elle a 
la tête découverte. En em gabclla , se coiffer. 
Se couvrir la tète d'une cape, d'un chaperon. 

Kabellek , adj. et s. m. Qui a un chaperon, 
uno huppe, etc. Huppé. Pourleplur. du subst., 
kabeUéicn. 

Kabellek, s. m. Alouette, oiseau (c'est 
sans doute l'alouette huppée). Ce nom con- 
viendrait aussi à la huppe, oiseau , mais j'i- 
gnore s'il lui est donné. PI. kahcllégi. Ce mot 
cit du dialecte de Vannes. VoyALc'nocÉDER. 

Kabestr , s. m. Licol ou licou , lien de corde 
ou de cuir , que l'on met autour de la tétc des 
chevaux , des ânes, pour les attacher. Bride. 
l'I. ou Rùid kabeslr d'hô mardi , lâchez le li- 
col à votre cheval. Lakaad ar cliabcslr war 
hé voué da cur réhennàg , mcltre la bride sur 
le cou ;\ quelqu'un. 

Kabestra , V. a. Brider , mettre la bride ou 
le licol â un cheval ,elc. Au figuré , dompter. 
Captiver. Réduire. Assujettir. Soumettre. Part. 
el. Id da (jabeslra vamarc'h , allez brider mon 
cheval. À'a heliol bikcnn kabeslra ann dén- 
iaouauk-zé , vous ne pourrez jamais réduire 
ce jeune homme. 

Kabita.n, s. m. Chef, capitaine. Ce mot, 
malgré sa physionomie française , pourrait èlre 
d'origine ccliique ; c'est ce que ilonnciit à pen- 
ser sa forme galloise A'airfc'n ( de /infi, chef, 
et de dén, homme), à la lettre, cuee-homue, 
el sa racine kab , communes aux dialectes bre- 
tons et gat'ls. H. V. 

Rabla , v. a. Insulter , outrager, injurier, 
part. cl. II. V. 

Kaelcz , adj. Coupable , qui a commis quel- 
que faute ou crime. — Abattu. Mélancolique. 
Triste. (Corn.) II. V. liabluz co , dioiid ann 
dour^, d'après les apparences, il est coupable. 

' Kaboun, s. m. Chapon, coq châtré. PI. 
éd. H.V. 

Kabrida , v. n. Rider son front. (De kab. 
tète , par extension , FR0^T, cl de rida, rider.") 

II. y. 

Kakao, s. m. Gcrbièrc , las de gerbes dans 
les champs. PI. ou. À gakadou éma ann éd cr 
parh , le blé est en gerbières dans le champ. 
Voyez Kalbor.1i et Kroazkl. 

Kakac'ii.s. m. Ordure, saleté. Voyez Kac'h. 
l'"n gaël-irlaudais, Aafcac'/(. II. V. 

V). n F. 



K\E iG.j 

Kaeocz , s. m. Nom injurieux que les Bre- 
tons donnent aux cordicrs et aux tonneliers, 
qui passent parmi eux pour lépreux de père 
en fils, comme descendants des Juifs disper- 
sés après la ruine de Jérusalem. — Ancienne- 
ment, lépreux. H. V. PI. knkousicn ide 3 syll., 
ka-kou-sien). Na roiô kéd hé verc'h da eur 
c'Iiakouz ,\\ ne donnera pas sa fdie à un cor- 
dier ^'())cz Korden.ner et Toneller. 

Kakoizéri , s f. Corderie, lieu où l'on fait 
de la corde. Tonnellerie , lieu où l'on f.iit des 
tonneaux. — Anciennement, léproserie. II. V. 
Dré ar yakouzéri é Iréménol , vous passerez 
par la corderie. 

Kakolzez , s. f. La femme ou la fille d'un 
cordier ou d'un tonnelier. — Autrefois , lé- 
preuse. H.V. PI. éd. Mdb enr mérer na zimesfé 
kél gañd eur gakouzez , le Gis d'un fermier 
n'épouserait pas la fille d'un cordier. 

KÀD , s. f. Combat, bataille. Déomp d'ar 
gdd , allons au combat*. (BabzazBreiz., II. V. 

Kadarn , adj. Urave. Courageux. Belli- 
queux. Martial. Ce mot ne m'est connu que 
par le Dict. de Le Pelletier , qui prétend cepen- 
dant qu'il se dit en Léon et en Cornouaillc. 

* Kadémia,s. m. Académie , compagnie de 
personnes qui s'occupent de belles lettres, de 
sciences ou de beaux-arts. H. V. 

* Kadémiad , s. m. Académicien, membre 
d'une académie. PI. kadémidi. II. V. 

' Kadémiadek , adj. Académique. II. V. 

KàdIr, s. m. Champ de bataille, .ir IVcVo- 
ncd a wéliz ôvcdi cr kddir , j'ai vu les Bretons 
moissonner au champ de bataille. (Barzaz- 
Breiz.) De Aadctde tir, terre. H. V. 

Kàdlamn , s. f. Champ de bataille , la place 
où deux armées se battent. PI. ou. (De kdd, 
et de lann , lieu. ) H. V. 

Kador, s. f. Chaise. Chaire. Siège. — Confes- 
sionnal. Trône. H. V. PI. iou. Raid eur gador 
d'ann aotrou , donnez une chaise à monsieur. 
Piñcd eo arbélegcr gador , le prêtre est monté 
en chaire. En Vannes , kadocr. — En Galles , 
kadcr. 11. V. 

Kadora, v. n. Siéger, être assis surlc trône. 
Trôner. Part. et. II. V. 

Kàdour , s. m. Combattant, guerrier , sol- 
dat. PI. ien. Mdb ar c'hddour alararé , le fils 
du guerrier disait De kdd , et de our, homme, 
pour gnur. (Barzaz-Breiz.) IL V. 

Kadram , s. m. Cadran , horloge solaire. 
PI. 0X1. Hors de Léon , kadern. II. V. 

* Kadranad, s. m. Cadenas, serrure mo- 
bile. PI. ou. H. V. 

Kaé . s. m. Haie , clôture faite d'épines , etc. 
Clos. Clôture. Enclos. Petit mur , moitié 
pierres , moitié terre , appelé fosse en Breta- 
gne. Quai, levée ordinairement roêlue de 
pierres de taille, et faite le long d'une rivière 
ou d'un canal. PI. kaéou [ de i syll. . kac-ou . 
Réd eo dber eur c'haé spcrn wardro d'ar park , 
il f.iut faire une haie d'épine autour du champ. 
h'aéou Moñlroulez niñi kél lédan, les quais de 
Morlaix ne sont pas larges. Hors de Léon , hé. 

Kaéa (de 2 syll., kaé-a) , v. a. el n. En- 



170 KAE 

tourer d'une haie. Relever la terre du fossé sur 
ou contre la haie. Faire un enclos, un quai. 
Part, liaéet. l'érdg n'hoc'h eiiz-hu kél kaéet ho 
Hors ? pourquoi n'avez-vous [)as entouré votn; 
jardin d'une liaieV fi'lrd a ra hi'i kwazed .^ 
kaéa é m'int, que font vus hommes? Ils font 
des haies , tics enclos. Hors de Léon , kda. 
En \ aunes , kécin. 

KtfiEH (de 2 syll. , kaé-er) , s. m. Fossoyeur. 
PI. IÏ71. Né kéd eur c'haéer mdd , ce n'est pas 
un bon fossoyeur. 

K.iKi. , s. f. Balustrade. Toute sorte de M- 
turc qui est à jour , à hauteur d'appui. Treil- 
lis, (irille. Claie. l'I kaélùm ou kdi. Eur ijad 
hoxiurn a zà c penn ar vali , il y a une grille 
de fer au bout de l'avenue. S'oycï Klobédkn. 

Kaur. Voyez Kéar et Keb. 
Kaeb. ailj. Beau. Superbe, ^^agnifique. 
Grand. Fort. Eunn dén kacr , un bel homme. 
Eunn amzer gaer , un lieau temps. Gwéz kacr, 
de beaux arbres. Il s'emploie aussi comme ad- 
verbe et signifie bien , beaucoup , fort , furte- 
menl. Kami kaer , chanter bien. Eva kaer , 
boire beaucoup. Skei kaer , frapper fort, for- 
tement. Au comparatif, kai'roe k (de 2 syll. , 
kaé-rnc'h), plus beau. Kaéroc'h eo hé-maft , 
celui-ci est plus beau. Au superlatif Am^ra ( de 
2 syll. , kaé-ra), le plus beau. Ar c'haéra a 
zô d'in, le plus beau est à moi. Voyez Koa.nt. 

Kaer, s. m. Gré. Bonne volonté. Dré gaer 
j)é dré hi'g , de gré ou de force. Da vdd ha kaer, 
de bonne foi , en vérité , ingénument. 

K.4ÉRA. Voyez Kaer. 

Kaéraat ( de 3 syll. , kaé-ra-atj , v. a. et n. 
Embellir. Rendre ou devenir plus beau. Part. 
kaércet. N'co kél kaéiét'd abaoé em eûz hé 
gwélcl, elle n'a pas embelli depuis que je l'ai 
vue. Ann drà-zé na gaérai kéd ac'hanoc'h , ce- 
la ne vous embellira pas. 

Kaerder ou Kaerded ( de 2 syll. , kaer-der 
ou kaer-dcd), s. m. Beauté. Magnificence. 
Embellissement. Dré hoU é komzeur eûz hé 
c'haerdcr , on parle partout de sa beauté (en 
parlant d'une femme). Voy.KÉ.NED et K0AÑTÊRI. 

Kaërel (de 2 syll. , kaé-rel ) , s. f. Belette , 
petit animal sauvage , très-vif et fort agile. PI. 
éd. Eur gaérel en deûz lazcl , il a tué une be- 
lette. Voyez K0AÑTIK et Iîi'an , deuxième art. 

Kaérei.-vràz , s. f. Martre, espèce de fouine. 
Vl kaérclled-brdz. H. V. 

Kaéroc'h. Voyez Kaer. 

Kaez , s. m. Esclave. PI. keii. ( Vocab. bret. 
de 882.) Voyez Kéaz. H. V. 

Kaézac'h ou Kézac'h. Voyez Kaézocr. 

Kaézez , s. f. Esclave. PI. éd. (Vocab. bret. 
de 88-2. ; Voyez Kaézez. H. V. 

Kaéz.nez, s.f. Esclavage.Voy.KÉAZNEz.H.V. 

K.iÉzoLR { de 2 syll. , kaé-zour) ou Kézour, 
s. m. Ordure. Immondice. Souillure. Saleté. 
Crasse. En Léon, on l'emploie aussi dans le 
sens de puberté , l'âge où l'on peut se marier 
et procréer. Gôlôed oc'h a gaczour, vous êtes 
couvert d'ordure , de crasse. Ar c'haézour ou 
ann oad a gaézour eo héñ grd klañ, c'est la pu- 
berté ou l'âge de puberté qui le rend malade. 



KAÉZùiREK'dc 3 syll., kaé-iou-rek,, ou Kt- 
ZOUBEK , adj. et s. ra. Immonde. Impur. Souil- 
lé. Sale. Oasscux. En l.éon , on donne encore 
à ce mot la sijçiiiricalion de pubère , en par- 
lant d'un garçon (|ui a atteint l'âge de puberté. 
Pour le plur. du subit. , kaéiuuréien. Sa gé- 
méril kéd ann drà-zé , haézoureg co , ne pre- 
nez pas cela , c'est sale , c'est immonde. Kaé- 
zouréien iñd ho daou , ils sont pubères tous les 
deux. 

KAÉzocRËr.EZ (de 4 syll. , kné-zou-ré-gez ], 
ou Këzoi'bégez, s. f. Ville salle , crasseuse. 
Fille p\ibère, aui a atteint l'âge de puberté. 
PI. éd. Eur gaezouréyez eo j réd eo hé dimézi, 
c'est une fille nubile; il faut la marier. 

Kafolt. Voyez Kavolt. 

Kafcn ou KiFLN , s m. Couvre-feu , coup 
de cloche qui marque l'heure de se retirer. 
L'action de couvrir le feu. L'action de couvrir 
quelqu'un qui est au lit- En A'annes, kac'hun 
ou kuc'hun. 

Kafiner ou Klfcneb ou Kafinoieh , s. m. 
Couvre-feu , ustensile de cuivre ou de fer 
qu'on met sur le feu , pour le couvrir et le 
conserver la nuit. PI. iou. Diganid aman ar 
c'hafuncr, apportez ici le couvre-feu. En Van- 
nes, kac'hunour oa kuc'hunour. 

Kafdm ou Kcflm , v. a. Couvrir le feu de 
cendre , etc. , pour le conserver. Couvrir quel- 
qu'un avec soin dans son lit. Part. et. Kafu- 
ned hoc'h eûz-hu ann idn'! avez-vous couvert 
le feu? Kufunil mdd ar lugel cnn hé gavel, 
couvrez bien l'enfant dans son berceau. En 
Vannes, kac'hunein ou kuchunein. Encm ga- 
funi , se couvrir entièrement , se cacher dans 
le lit. En em gafunit, hag é vézù lomm d'é- 
hoc'h, cachez-vous sous les couvertures, et 
vous aurez chaud. 

Kafc.mez. Le même que kafun. 

Kagal ,s. m. Crotte , fienle de certains ani- 
maux, de brebis, de chèvre , de souris , ett 
On le dit aussi en parlant d'une personne con- 
stipée. Tréméned eûz eur c'had dré aman; ché- 
lu clwaz eùz hé gagal , il a passé un lièvre 
par ici , voilà encore de sa crolte. Ce mot me 
semble composé de kac'h, excrément en géné- 
ral, et de kalel , par contraction kal , dur. 

Kahezla ou Kéezla , et , par abus, Këala , 
V. a. Annoncer , prédire. Part. et. H. V. 

Kac'h ouKaoc'h. s. m. Excrément. Merde, 
matière fécale de l'homme et de' quelques au- 
tres animaux. Fiente, excrément de bête. Or- 
dure. Lamidarchaoc'h-zéalcsé,en\e\ez cette 
merde , celte ordure de là. Kaoch tnôc'h lomm 
a zô mâd oud ar riskoul , la fiente de cochon 
toute chaude est bonne contre le panaris. Hors 
de Léon, koc'h. 
Kac'h. Voyez Kaz. 

Kac'haden , s. f. Cacade , décharge de ven- 
tre. Mauvais succès d'une folle entreprise. PI- 
kac'hadennou. 

Kac'h-mol'de?(, s. m. Expression triviale 
servant à désigner un fainéant , un vaurien , 
un imbécile, un sot. Vi. kac'h-moudenned. Ce 
mot signifie , à la lettre , chie-motte. 



KâL 

Kac'ha ou Kac'holt , et , par abus , Ka- 
c'hkt, V. n. Chier, se décharger le ventre des 
gros excréments- l'art, cl. Aa gac'hil ki'd oud 
ann 6r-zé, ne chiez i)as contre cette porte. 

Kac'hek ou Kaoc'iikk (de 2 syll., kuo-chtkj, 
adj. Merdeux. Souillé, gâté de merde, d'or- 
dure. Hors de Léon , kac'hek. 

Kac'heh,s. m. C.liieur, celui qui cliie. PI. (c«. 

Kac'hérkz, s.f. Chieuse, celle qui chicPl.crf. 

Kac'uun. Voyez Kafun. 

* Kaieu , s. m. Cahier, feuilles de papier 
réunies. PI. ("'(. 11. V. 

KÀi. ou Kai.a , s. m. Commencement ou 
premier jour du mois. Calendes, liai ou kala 
genvcur , le premier jour de janvier. Kàl mi 
kala meurs , premier mars, Kdlébrel , premier 
avril, b'alamaé, premier mai. A'di n'est point 
usité , à ma connaissance , pour les autres 
mois. Plusieurs prononcent k<!l. Voyez le mot 
suivant, et Kri.. 

KÀi.-AH-GOAN , s. m. Le premier jour de no- 
vembre. La Toussaint. Ua gdl-ar-goañ en cm 
wclitnp , nous nous verrons à la Toussaint. 
Plusieurs prononcent kclar-goañ. — Hors de 
l.oon, kalaii-yoañ. 11. V. A la lettre , cai.e>des 

ou NOUVELLE DE l'hIVER. 

Kala. Voyez Kàl. 

Kaladur, s. m. Dévidoir, machine qui 
lourne perpendiculairement et sert à mettre le 
fil en écheveaux. PI. iou. Likid annucûd war 
ar chaladur , mettez le fil sur le dévidoir. 
Voyez Estel. Dibunouer et Traouil. 

Kalai'eltui , v. a. Calfeutrer , boucher les 
fentes d'une porte , d'une fenêtre. Radouber. 
Part. cf. 11. V. 

Kalaiétacu , s. m Radoub, réparation d'un 
vaisseau eiidummagé. 11. V. 

Kalafétkr , s. m. Calfat, ouvrier qui cal- 
fate les navires. l'I. ien. 11. V. 

Kalaféti , v. a. Calfater , boucher les fentes 
d'un navire. Part. cl. II. V. 

Kalanna ou Kalannad , 3. m. Etrenne, pré- 
sent qu'on fait le premier jour de l'an. Ilôii va 
c'halanna d'in , donnez-moi mes étreniies. 
Voyez Dérou-màd et Eginad. 

Kalar, s. m. Crotte. Roue. La fange des 
rues et des chemins. Kalz a kalar a zù enn 
licñl-via, il y a beaucoup de boue, de crotte 
dans ce chemin-ci. Voyez Fañk et Sthoil. 

Kalara, v. a. Crotter. Salir avec de la 
houe. Souiller. Part. cl. Va c'halarcd hoc'h 
cùz , vous m'avez crotté. 

Kalarek, adj. et s. m. Crotté habituelle- 
ment. Qui se crotle facilement. Roueux , qui 
est sujet à la houe , à la crolte. Plein de 
boue. Pour le plur. du subst. , kalaréicn. lia- 
larcg oa hé zaé jta co deûed d'ar gcar , son 
habit était couvert de boue quand il est arrivé 
k la maison. 

Kalarbn , s. f. Femme ou fille malpropre. 
Une souillon , une salope , au propre et au li- 
gure. PI. kalarcnncd. Eur galarcn n'co kcn , 
c'est une vraie salope , une vraie souillon. 
Voyez LouDoi'REN ri Stroden, 

Kalaruz, adj. Qui crutlc facilement. Salis- 



RA.L 



171 



sant. Roueux, qui occasionne de la houe, de 
la crolte. Ann dilad gwenn a zâ kalaruz , les 
habits hlanis sont salissants. 

* Kalastr, sorte d'adj. que je n'ai vu em- 
ployer qu'avec le mot mcan , pierre. Mcan- 
kalaslr, caillou , pierre trés-dureet ordinaire- 
ment polie, et qui donne des étincelles. PI. 
mein-kataslr. Voyez Rili. 

Kalhohn, s. m. Gerhière , tas de gerbes 
dans les champs. PI. kalbornio (de 3 syll., 
kal-bor-nio \ Ce mol est du dialecte de Tré- 
guicr. Voyez Kakad et Kroazel. 

Kalken, s. f. Je n'ai jamais entendu em- 
ployer ce nom qu'en l'accompagnant du mot 
cjcñn, bœuf. Kalken-éjcnn , nerf de brriif. Le 
Pelletier croit reconnaître dans kalken la par- 
tie par laquelle le Ixeuf rend son urine. Cette 
opinion n'est pas sans fondement. Voyez Kall 
et Kenn. 

Kaled. Voyez Kalet. 

Kaléden , s. f. Durillon, espèce de dureté 
qui se forme aux pieds et aux mains , par un 
exercice violent et fréquent. Calus. Cor au 
pied. Squirre , tumeur dure et non doulou- 
reuse. PI. kah'dcnnou. Gi'ilôcd co Itv zaouarn a 
galédcnnou , ses mains sont couvertes de du- 
rillons. Gañd eur galcden co marô , elle est 
morte d'un squirre. Voyez Kalet. 

Kaléder ou Kaléded , s. m. Dureté, au 
physique et au moral. Solidité. Fermeté. En- 
durcissement. Kalcder a bcnn , dureté d'es- 
prit, pesanteur , lenteur de l'esprit. Kaléder 
a galoun , dureté de cœur, insensibilité, in- 
diflérence. 

Kalédi , V. a. et n. Durcir. Endurcir. S'en- 
durcir. Rendre ou devenir dur. Part. cl. Né 
kcd ann drd-zé en dcûz hé galédet , ce n'est pas 
cela qui l'a endurci. 

Kalet, adj Dur. Endurci. Solide. Ferme. 
Kaled co ével ar x-eln , c'est dur comme la 
pierre. Toulla bélèg ann duuar kaki , percer 
jusqu'à la terre solide. 

Kalet , s, m. Solide , corps ferme, dur , 
qui a do la cousistance. War ar c'haled é 
in'mnb aman , nous sommes ici sur le solide. 

Kalet-kléô, adj. Sourdaud. Un peu sourd. 
Qui entend avec peine. Kalel-kléà co deùed a 
névcz zô , il est devenu un peu sourd depuis 
quelque temps. 

Kalétaat, v. a. et n. Il a la même sig/iifica- 
tion que kalédi ; cependant il s'emploie plus 
ordinairement au neutre. Part, katéicct. Kalc- 
laat gañd ann laoliou , s'endurcir aux coups. 

Kalc'h. Voyez Kall et Kei.l. 

Kall ou Kalc'ii, s m. Testicules, deux 
corps glanduleux qui appartiennent au mile 
de chaque animal ( hommes et bêles) , et qui 
servent ;\ perfoclionner la matière destinée à 
la génération. l'I. duel daoïi gnll ou daou 
galc'h ; on dit aussi kallnu ou kalcliiou. On 
emploie aussi /icll , dans le même sens au sin- 
gulier; ce dernier est même plus usité que kall. 

Kalloc'h , adj. Enlier, en parlant de tout 
animal qui n'est pas (li.\lre , cl plus parlicu- 
lièrcmcnt d'un clie\al qui n'est pas hongre. 



»72 KAL 

tur marc^h kalloc'h em eüz prénel , j'ai ache- 
té un cheval eiiliiT. Vuycz Kellek. 

Kalo.n. Vuycz Kalol'n. 

Kalocn, s. f. (^œur, organe museulnix 
placé tlans la poitrine entre les pouiiioiis. Ame. 
Courage. Valeur, llravourc. Iiilrépidilé. Sen- 
timent. Magnanimité. l'I. ou. Dioug cm eüz 
tm c'Iialoun ,j'ai mal au cœur. A yaiuunvdd , 
de bun cœur. Mé lui kàr a yrciz va c'haluun , 
je vous aime de (oui mon cœur. Pidi a wir 
galoun , prier de buncci'ur. Lcân coagaloun, 
il i'.sl plein do courage. Hors de Léon , kalnn. 

IvALOiNAD, s. f. La plénitude du citur. 
Plein le cœur. La plénitude de l'Ame. i'I. ou. 
Kaluunad Itvénez , grande joie. Allégresse. 
Plein le cœur de juie. Katounad c'hlac'har , 
ou simplement kalounad . crèvc-cieur. (jratid 
déplaisir. Plein le cœur de douleur , de tris- 
tesse. Hors de Léon, hahinad. 

Kaloij>ek , adj. et s. m. (Jui a le cœurgros. 
Qui a du cœur. Courageux. Vaillant, liravc. 
Magnanime. Généreux. Homme de cœur. — 
Qui a de l'âme. H. V. Pour le |)lur. du subst., 
hahunéicn. Kalouneg eo évii eur c'hikk , il 
est courageux comme un coq. Ar GoÙaomd 
a sô kalouneg hotl , tous les Trançais sont 
braves. Né c'Iioutennann gan-cñ némél kalou- 
lu'icn , je ne demande avec moi que des hom- 
mes de cœur. Hors de Léon, kalohek. — En 
Galles , kalonok. H. V. 

Kalounékaat, V. a. et n. Encourager. Don- 
ner du courage. Exciter. Inciter. Prendre 
courage. Part, kalounékéel. Ri'd eo kalouné- 
kaad ann din- iaouañk-hoñl , il faut encoura- 
ger ce jeune homme. Kalounékait , pé oclt, kol- 
lel , prenez courage, ou vous êtes perdu. 
Hors de Léon , kalom'kaal. 

Kai.olnen, s. C Le cœur, le milieu. II se 
dit plus particulièrement en parlant du bois , 
d'un arbre. 

Kalouniez , s. f. Cordialité. AlTeclion ten- 
dre qui part du cœur. Amitié franche et sin- 
cère. Générosité. Grandeur d'àme. Magnani- 
mité. Gañl kals a galouniez en deûz va digé- 
mêrel , il rn'a reçu avec beaucoup de cordia- 
lité. Kalouniez en deûz diskouézed enn dar- 
voud-zé, il a montré de la grandeur d'àme dans 
cette circonstance. Hors de Léon , kalonicz. 

Kalocnüz , adj. Cordial. Tendre. Bienfai- 
sant. Sensible. Humain. Corroboralif. Ëullou- 
zou k'.ilounuz eo , c'est un remède cordial , 
corroboratif. Né kél ker kalounuz hag hé ddd , 
il n'est pas aussi sensible, aussi bienfaisant 
que son père. Hors de Léon , kalonuz. 

Kalocr ou Kéalolr, s. m. Emissaire. (Lag.) 
PI. ien. (De kéal , nouvelle , et de our, homme, 
pour gour.) H. V. 

Kalvé. Voyez Kalvez. 

Kalvéein , et, par abus, Kalvéat , v. n. 
Charpenter. Équarrir des pièces de bois. Tra- 
vailler en charpente. Part, kalvéet. Ce mot 
est du dialecte de Vannes. Voyez Kilvizia. 

Kalvérec'h, s. f. Charpenterie , l'art du 
charpentier. Ce mot est du dialecte de Van- 
nes. Voyez IviLvizÉRF.z. 



KAM 

Kai.vez , s. m. Charpentier, artisan qui 
travaille en charpente. l'\. kiliisien. (JuuUti- 
nid digañd ar c'hiilvez mur en deûz gréai va 
zaol, demandez au charpentier s'il a fait ma 
table. Hors de Léon , kalvé. En Vannes , il 
fait au [>lur. kctevion. Kalvez est un nom de 
famille très commun en llretagne. 

Kai.vi/ia. Voyez Kilvizia. 

Kalz, adv. et adj. Iteaucoup. En grande 
quantité. In grand nombre. Grandement. Ex- 
trêmement. Plusieurs. Kals adùd, plusieurs 
personnes. 

Kai.za , V. a. et n. Amonceler. Entasser. Ac- 
cumuh'r. Il se dit plus particulièrement des 
mottes que l'on met en tas pour brftier et en 
rép.indre les cendres sur les terres. Part. el. 
!)a gtilza iñd éat , ils sont allés brûler les las 
de moites. 

Kalzaden ou Kaizen , s. f. Amas. Monceau. 
Tas. lîloc. il se dit jjIus particulièrement en 
(jarlant des tas de mottes que l'on brûle dans 
les champs. PI. kalzadennou ou kalzcnnou. Ré 
izel eo hô kalzadennou, vos tas de mottes sont 
trop bas. Voyez Bern. 

Kai.zen. Voyez le mot précédent. 

* Kamaiiad, s. m. Camarade. Partenaire, as- 
socié au jeu. PI. éd. II V. 

Kauiilid, s. f. Cénacle, chambre où notre 
Seigneur J.-C. fit la cène avec ses disciples. 
Ce mot est formé de kambr , chambre , et de 
lid, solennité. H. V. 

Kambon, s. m. Varangue, pièce de char- 
pente courbante qui entre dans la construc- 
tion d'un vaisseau et porte sur la quille. PI. 
ou. Lékéad eo ar c'henla kambon , on a placé 
la première varangue. 

Kambolll. Voyez Kampoüll. 

* Kambr , s. f. Chambre. PI. ou. H. V. 

" Kambrélam, s. m. Chambellan, oflicier de 
la chambre du roi. l'I. éd. H. V. 

Kamkrold, s. f. Cascade. PI. ou. Ce mol est 
composé de kamm, tortueux, et de froud, 
torrent. H. V. 

Kamm, adj. el s. m. Courbe. Courbé. Cro- 
chu. Tortu. Arqué. Boiteux. Kamm eo eunn 
nébeiid ar wézen-zé , cet arbre est un peu 
courbe , un peu arqué. Kamm eo choumcd 
abaoé , il est resté boiteux depuis Fri kamm, 
nez aquilin. Eur c'hamnt , un boiteux. PI. 
kanuncd ou kamméicn. Kamm ki pa gdr , ex- 
pression proverbiale qui s'applique à ceux qui 
se plaignent souvent et sans motifs, aux ma- 
lades imaginaires. Mot à mot, chien boiteux 

OLAND IL VECT. 

Kamm. Voyez Kammed, premier article. 

Kamm-broi'd , adj. Il se dit d'un cheval seu- 
lement, lorsqu'il boite pour avoir été piqué 
d'un ou de plusieurs clous. 

Kamsi-digamm , adj. Boiteux des deux jam- 
bes ou des deux côtés. On dit aussi gaol- 
gamm, dans le même sens. 

IvAMM-DRÔiuz, adj. De travers. Déblais. 
Oblique. Indirect. Ce mot est composé de 
kamm, boiteux, courbe, et de <rô, tour. 

Kamsia , v. a. et n. Courber, rendre ou de- 



KAM 

venir coiitl)c. Boiter. Cloclicr. Kc pas marcher 
droit, l'iirl. cl. h'aniniidliô pàz, courbez viiirc 
l);'iton. h'atiima (ira kal: , il Jiuile bcaucoiif). 

Kam.mki) ou K.4MM, s. f. l'as , le mouvemiril 
que fait un animal en mettant un pied devant 
l'autre pour marcher, l.e vcsiigc, la marque 
que laisse le pied en marchant. Trace. L'es- 
pace qui se trouve d'un [lied h l'autre, quand 
on marche. Démarche, allure, manière de 
marcher. l'I. kammedou ou kaimnou , et, par 
abus, kammejuu. Da hep kammcd , à chaque 
pas. ]yar lu'â diou gmnmcd ac'luinn , à deux 
pas d'ici, h'avimed-c- kammcd, pas à ;ias. A 
xoug hé gamm , à son pas . sans se presser. 

Kaiuiiiki), s. f. Janle, [liècc do bois courbe , 
qui fait une partie du cercle de la roue d'une 
charrette, d'un carrosse, etc. PI. ow. Eut 
gammcd névc: a Ickéod d'ar rùdmañ , vous 
mettrez une jante neuve à celte roue. 

IvA.MMED , adv. Jamais ( par rr.p[iort au pré- 
sent;. V.n aucun temps. Ce mot est dii dia- 
lecte de Tréguier. 'Voyez jN^cphéd, Kikenn et 

BlSKO.U. 

Kammel, s. f. Crosse , bAlon courbé par le 
bout. PI. kammcUou. Etir gamniela ioa enn hé 
iourn, il avait une crosse à la main. Voyez 
Baz-uotu. 

Kammeli.e.n-focrn, s. f. Rouahle, ratissoire 
emmanché dans du bois. Voyez Rozel-gamsi. 

Kammëbez , s. m. Claudication , action de 
lx)iler. Voyez Kamm. 

Kammez , s. f. Boiteuse , femme qui ne mar- 
che pas droit. PI. cd. Kammczed iñd ho diou , 
ce sont deux boiteuses, ^'oycz Kamm. 

Kamb. Voyez Kampoli.l. 

* Kamp , s. m. Camp , lieu où une armée se 
loge en ordre. PI. ou. En gallois , kamp. i'e 
mot , malgré -•-a physionomie fraiçaise, peut 
ôlre celtique. Voyez Kampbnn. H.' V. 

* KampaouKampi, V. a. et n. Camper.Part. 
cl. II. V. 

* Kasjpadur , s. m. Campement , action de 
camper. Pl.JoM. H. V. 

Kasipenn, adj. Uni , poli , arrangé. (Vann.) 
Voyez Kempen.>-. II. V. 

Kampennein . V. a. Voyez Khmpenna. H. V. 

* Rampi, s. m. Intérêt, prolit qu'on relire 
de l'argent. Isure. lUi arc'hanl war gampi , 
donner ou prêter de l'argent ù intérêt. — Ce 
mot est une corruption du latin Caméra pia, 
qui indique l'origine religieuse du prêt à 
intérêt. II. V. 

' Kampier, s. m. Champion ,qui combat en 
champ-ilos.I'l.icn. (Vocnb bret. du ix'' siècle.; 
En gallois , kampour. II. V. 

Kampoez. Voyez Kosipez , deuxième art. 

Kampoilen, s. f. Boue. Crotte. La fange 
des rues et des chemins. Ce mot est du dia- 
lecte de Tréguier. Voyez Kalar et Fa-nk. 

Kampoülennek , adj. Boueux , plein ou cou- 
vert de boue. Crotté. Fangeux. Ce mot est du 
dialecte de Tréguier. 

Kampoill ou IvAsinon.!. , s. m. Vallée, es- 
pace entre deux ou plusieurs montagnes, ^'al• 
Ion, espace entre deux coteaux. Petite vallée. 



KAN ,73 

PI. OH. Ce mot est du dialecte de Corn. — .-Vn - 
cicnnement et en Gall., kamh. Voy. Trao.nien' 

* Kamps, s. f. Aube, vêlement des prêtres 
et autres ecclésiastiques à l'église. PI. iou. Li- 
lu ad eo hé gampi gañd ar üüek, le prêtre a 
mis son aube. 

KÀN , s. m. Chant , élévation et inflexion de 
vnix sur différents tons , avec modulation. .Ma- 
nière de chanter. II se dit aussi du ramage des 
oiseaux , du cri du coq , delà cigale, etc. Eur 
c'hdnkafuaouuz a çlciv/nn, j'entends un chant 
funèbre. Ua gdn ar c'hiiok , au chant du coq. 

KÀN, s. m. Canal, conduit par où l'eau 
passe. Tube. Tuyau Cyliridre. Conduit. (Gout- 
tière. ^■allon ( suivant le P. Grégoire ;. PI. 10«. 
Eur c'hdn biltan zô da dreùzi , il y a un pelit 
canal à traverser. TaulU-héñ er c'hàn, jetez - 
le dans le tuyau , dans le tube. Tec'hid a zin- 
dtin ar c'hàn . ôlez-vous de dessous la gout- 
tière. ^'oycz .4oz , deuxième article. 

Kan ou GaS , s. f. Charogne, corps d'un 
anim.il mort et corrompu. Cadavre, corps hu- 
main moit. Au figuré, femme débauchée , 
prostituée. Eur gan-bcnnàg a zô dréamañ, il 
y a quelque charogne dans les environs. Di- 
zouared co hcd ar gañ , o;i a déterré le cada- 
vre. Màp-kan est une injure très-grossière 
mais fort usitée parmi le peuple. EJIe répond 
à l'expression française, fils de pctaw. En 
Vannes , gwann. 

Ka.na, V. a. et n. Chanter, pousser la voix 
avec modulation. Il se dit aussi des oiseaux , 
etc. Part. cl. Né ra ncini'd kana hcd ann deiz , 
il ne fait que chanter tout le jour. Kléi-oud â 
rann ann aic'houcder o An«a, j'entends chan- 
ter l'alouette. Voyez (Geiza. 

KAriAii , s. m. Chanvre . plante dont l'écorte 
sert à faire de la filasse. Réd co lakaadarc'^a- 
nab da éôgi, il faut faire rouir le chanvre. 

Kanabek.s. f. Clieiieviére . champ semé 
de cherievis. PI. kanabcgou. Ürc ar ganabeg é 
Ircménol , vous passerez par la chencvière. 

Kamper , s. m. Chardonneret , petit oi- 
seau. PI. ien. Voyez PABAOrr.. 

K.i.v-K0MPi;z ou Kàx-pi.éan , s. m. Plain- 
cliant, chant uni de l'Eglise. H. V. 

Kanaoie.n (de 3 syll., ka-na-ouen) , s. f. 
Chanson , vers que l'on chante sur quelque 
air. Cantique , hymne que l'on chante en l'hon- 
neur de la divinité. PI. ianaoucntiou . Deskid 
d'in ar ganaoHcnzé , apprenez-moi celte chan- 
son. Eur ganaoHcn a gaiwur araog ha goudé 
ann oféren , on chante un cantique avant et 
après la messe. En Vannes , /.nucK. PI. ru. 
— C'est le seul dialecte où il signifie cantique : 
dans les autres, on dit kanaoiien-sañtel. hami- 
OHcn vient deAvin, chant et de noucn, inspira- 
tion. H. V. Voyez Gwerséen. 

Kanaoi'esnou-mésaèriex , s. f. pi. Bucoli- 
ques , poésies pastorales. II. V. 

Kamaou.ñ. Voyez Kraoi'N. 

KA^ASTEL , s. f. Buiïel , armoire pour ren- 
fermer la vaisselle et le linge. C'est aussi (cl 
cela est le plus ordinaire chez les Üretons) 
une espèce d'armoire ouverte au-dessus d'un 



> 74 KAN 

bulTet où l'on claie les assiettes d'élain et nu- 
lles. C'est encore un égoulloir , qui est une- 
simple caisse en treillis dans hiquelle on place 
lesccuelles cl autres pièces de vaisselle, pour 
les faire égouttcr , après les avoir lavées. l'I. 
kanaslellou. LikiU ar skitdeltou-mañ eryanuf- 
tcl, mettez ces tcuelles dans l'cgouttoir. Le 
Pelletier a mis kanestel , la capacité d'une 
charrette, lespaio qui contient la charge; 
c'est, aussi, dit-il, un tombereau. Quant à 
moi , je ne connais à ce mol ( si c'est le même 
que kanasUl} que les acceptions que je lui ai 
données [ilns haut. Voyez Listbieh. 

K*>Asrii , s. m. Le bois ou tuvau du chan- 
vre et du lin , tant en grandes parties qu'en 
petites. Kanastrtn , i. , un seul tuyau de chan- 
vre ou un brin de son buis. V\. kdnaslrcnnou. 
Taulid ar c'hanaslr-zé enn Idn , jetez ce bois 
de chanvre au l'eu. 
Ka-ñkr. Voyez KRA.^K. 
Ka.>dek, s. m. Ulancheur éclalante. Eclat. 
Splendeur. Le brillant d'une chose. Ar clam- 
der anézhañ a skuiz va daoulagad , son éclat , 
son brillant me fatigue la vue. On dit aussi 
kann , dans le même sens. 
Ka.ndekv. Voyez Kendbhf. 
Kandi , s. m. Blanchisserie ou blancherie , 
lieu où l'on blanchit les toiles, la cire, etc. 
PI. ou. Er c'handi éma va lien, ma toile est à 
la blanchisserie. Ce mot est composé de Aann , 
blanc, et de II, maison. 

Ka.ndia , v. a. et n. Tenir une blanchisserie. 
Blanchir la toile , la cire , ele. Part, kandiet. 
A'andia neiid a la bréma, il blanchit du fil 
actuellement. Voyez Gwenîsa. 

Ka.\dieb, s. m. Blanchisseur, celui qui fait 
métier de blanchir la toile, la cire, etc. PI. 
ien. 

Kandiérez, s. m. Blanchissage , l'action et 
l'elTet de blanchir la toile , la cire , etc. 

Kandiérez, s. f. Blanchisseuse, celle qui fait 
métier de blanchir de la toile, de la cire. PI. éd. 
Kaned. Voyez KelneCd. 
• Kanel , s. f. Bobine, espèce de fuseau snr 
lequel on dévide du (il, de la laine, etc. De 
plus, traquet de moulin. VI. kanellou. Likil 
gloan war ar gancl-mañ, mettez de la laine 
sur cette bobine. Voyez Béni et Strakel. 

Kanellad , s. f. Bobine couverte de fil, de 
laine, etc., ou plutôt le fil que contient une 
bobine. PI. ou. 

Ka>e>'. Voyez Kasaocen. 
Kanéô. Voyez KrSox. 
Kaner,s. ra. Chanteur, celui qui chante. 
Chantre, celui qui fait métier de chanter. PI. 
ien. Eur c'Imnermdd co , c'est un bon chan- 
teur , un bon chantre. Voyez Kiniad. 

Ka^ébez , s. f. Chanteuse, celle qui chante. 
Cantatrice, celle qui fait métier de chanter. 
PI. cd. Eur gam'rc: a glévann , yenlends une 
cha.'ilcuse , une cantatrice. 
Kaxestel. Voyez Kanastel. 
Ka.névédçn , s. f. Arc-en-ciel, météore qui 
parait dans les nues, comme une bande de 
différentes couleurs, courbée en arc. PI. ka- 



n^védennou. Livou kaer é deûz ar ganéeéden- 
:é , cet arc-en-ciel a de belles couleurs. Voyez 

(JWAUÊC-AH-GI.AÔ. 

Ka^fard, .iHj. et s. m. Homme élégant, 
fanfaron, galant. Pelit-mallrc. Pour le plur. 
du subsl. , kahfarded. Kanfurdtndrùtd abaoé 
eo bi'd é Paris , il est devenu élégant depuis 
qu'il a été à Paris. A'anfarded iñd h>oU , ils sonl 
tous petits maîtres. 

Ka.ñfarüébkz , ». ra. Klégancc, recherche 
ilans la parure. Fatuité , caractère ou manières 
d'un fat. 

Kankardez , s. f. Femme élégante. Petitc- 
maitresse. PI. ed Xé két ker kañfardez haij hé 
mamm, elle n'est pas aussi petite-maitressc 
que sa mère. 

Kamiilr^ ou KAncBt.E:*, s. f. Nuage, amas 
de vai>eurs dans l'air. Nue. Nuée. PI. kaniblen- 
neu ou kanublenneu ou simplement kanibl ou 
kanubl. (>e mol est du dialecte de Vannes. 
Voyez KoADB. 

Ka.mblek ou Kani'blek , adj. Nuageux, 
couvert (le nuages. Nébuleux, obscurci parles 
nuages. Sombre. Obscur. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. 

Kamk, s. m. Idylle, petit [)oëme dont le 
sujet est ordinairement pastoral ou amoureux. 
PI. kannuigou. En Galles , kanig. ( C'est le di- 
minutif de fcdre, chant.) H. V. 

KtME.'s (de '2 syll., ka-nien), s. f. Vallon 
par lequel passe un ruisseau. PI. kaniennou. 
Je ne connais ce mol que par le Dictionnaire 
de Le Pelletier; cependant le P. Grégoire 
donne le mot kdn comme signifiant un vallon 
entre deux montagnes. Il entend parla, sans 
doute, un vallon très-resserré. 
Kamterv. Voyez Kénitebv. 
* Kanived, s. m. 'l'oile d'araignée. Ce mot est 
du dialecte de Vannes. Voyez Gwiad-kbfxid. 
Kaxfved, s. m. Canif, instrument pour tail- 
ler les plumes. PI. ou. H. V. 

Kann , adj. Blanc. Brillant. Eclatant. 
Gwenn-kann , d'une blancheur éclatante , 
éblouissante. Voyez Gwenn. 

Kaxn ou Kan>-i,oar . s. m. Pleine lune. Àr 
gwall amzer a badô bélcg ar c'hann ou ar 
c'hann-loar , le mauvais temps durera jusqu'à 
la pleine lune. 

Kann , s. m. Batterie , querelle où il y a des 
coups donnés. Bataille, combat général de 
deux armées. Combat, action de deux armées 
qui n'est pas générale. PI. ou. Eur c'hann am 
eûzgwélel, ô loñd aman , j'ai vu une batterie 
en venant ici. Ji'ah a diid hon eùz kolled er 
c'hann-zc, nous avons perdu beaucoup de 
monde dans cette bataille. Voyez Kàd. 
Kann. Voyez Kander. 
Kanna , V. a. et n. Blanchir, rendre ou de- 
venir blanc. Laver ou nettoyer le linge. Au fi- 
guré, déclarer innocent. Absoudre. Justifier. 
Acquitter. Part. et. liannid annneùd-mañ ràk- 
Idl , blanchissez ce fil sur-le-champ. GoîTdann 
amzer è kannô , il blanchira avec le temps. 
Kanncd eobél, ila été absous. Voyez Gwex.na. 
Kanna, v. a. Battre, donner des coups. 



KAN 

Vaincre. Maltraiicr. Part. el. Ilii c'hannaaral 
hoU , il \cs hallrn tous. Kaniicd lion lüz nnn 
énebourien, nous avons vaincu les ennemis. 
Eti em i/anna , se iiallre. 

KanmÀd, s. m. Ambassadeur. Messager. 
Envoyé. Délégué. Exprès. (Commissionnaire. 
PI. kaiinadcd ou kannadou. k'asvd cvz d'ézhnii 
eurc'hannad,ou luiaenvoyéun aml>assad(iir. 
Hé gannad a z6 deiid hirid , son ex|irés , son 
commissionnaire est arrivé aiijourd'lmi. — En 
Corn. , kannader et k^menyader. En Dalles, 
kennadour. H. V. 

Kannadar-1'ab , s. m. Lépat, envoyé du 
pape. PI. kannadcd-ar-pab. l\. V. 

Kan'nada , V. a. Députer. Déléguer. En- 
voyer en ambassade , en commission. Part. 
tl. liannadcd eo héd évil ijuulcnn ar péocli, 
il a été député pour demander la paix. 

• Kannadir, s. m. Ambassade. Déjiutalion. 
Délégation. Commission. Message. Pi. iou. 
Ead eo é kannadur da Uz roui Brâ-Zanz , il 
est allé en ambassade à la cour du roi d'An- 
gleterre. Gréad cm eùz ho kannadur , ]a\ fait 
votre commission; Ce mot elle précédent tan- 
nad, quoique très-communs dans le peu d'é- 
crits connus en breton, ne conservent pas au 
moins la physionomie propre à cette langue. 
Leurs terminaisons , bien que dans le génie 
de la même tangue , ne conviennent pas ce- 
pendant aux deux mots en question, si i'un 
consulte la' valeur des terminaisons. Par 
exemple : la finale ad indique plénitude , con- 
tenance ,capaéité'; elle indique encore l'habi- 
tant d'wn pays , d'une ville, etc. , y a-t-il rien 
de semblable dans les diverses acceptions du 
mot kannad? Les substantifs en adur expri- 
ment ordinairement l'action ou l'effet du verbe 
précédemment énoncé ou sous-entendu. Ce 
cas 'se<rôncontre-t-il dans le mot kannadur ? 
— En Corn., kannad. En Galles, /icnwad. H. V. 
KAN?îHt) , s. ni. Itatleur , celui qui donne 
des cou[)s, celui qui aime à battre. PI. icn. 
— Anciennement , feoùani , surnom du comte 
de Cornouaille, Alain ; en latin ëellàtob. li. 
V. Voyez Doirnkr. 

Kan.>eii , s. m. Blanchisseur, celui qui fait 
métier de blanchir le linge. PI. ien. Voyez 
G^VE^■l^ER. 

Kannérez, s. m. Action de blanchir le 
linge , de laver, etc. 

Kannérez , s. m. Action de battre , de don- 
ner des coups. 

Kanmékez , s. f. Blanchisseuse , celle qui 
blanchit le linge. Lavandière. Buandièrc. PI. 
éd. Voyez Kouésiérf.z. 

Kannérez , s. f. Celle qui bat , qui donne 
des coups, qui aime à battre. PI. éd. 

Kannérez-nô/. , s. f. Lavandière de nuit , es- 
prit, lutin. PI. kannérézed. IL V. 

Kannérézic. -ANN-DOiR, S. f. C'cst Un dcs 
noms que l'on donne à la bergeronnette ou au 
hoche-queue , oiseau qui fréquente les bords 
de l'eau. PI. kannérézédigou-ann-dour. Ce nom 
veut dire à la lettre , pktite ratteusb ou pe- 
tite LAVANDIÈRE d'eau. ( Quojquc Ic mot bat- 



KÂN 



l-jl 



leu.ie ne soit pas français , j'ai cru devoir l'em- 
ployer, ne pouvant le remplacer, à moins 
de me servir d'une périphrase). 

' Kanol, s. f. Canal , conduit par où l'eau 
passe. — Chenal. II. V. PI. lou. h'anol-zour , 
canal d'eau. Kanol-rdr, canal ou bras de mer. 
Kanol-h , le canal d'Is ou l'iroise , la grande 
entrée du goulet de Brest. 

• Kanoi. , s. m. Canon , gro'se et longue 
pièce d'artillerie. PI. hm. Euiin Unit kanol an 
cùz klével,ya\ entendu un coup de canon. Je 
n'ai pas besoin de f.iire observer que ce mot 
n'est pas donné ici comme celto-breton , la 
chose et le nom étant inconnus à nos pères. 
' Kanolia (de 3 syll. , ka-no-Ua ; , v. a. 
Canonncr, battre à coups de canon. Part. Aa- 
voliel. Ma ri en cm rOofU kcl , é eézd kanoliel 
kcar , s'ils ne se rendent pas , la ville sera ca- 
nonnée. Voyez le mot précédent. 

' Kanolier ( de 3 syll. , ka-no-lier) , s. m. 
Canonnier , soldat dont le service regarde le 
canon. PI. ien. Kalz a ganoUèrien a zo bel la- 
zct, il y a eu beaucoup decanonnieis de tués. 
Voyez Kanol, deuxième article. 
Kanoueller. Voyez Kañtoler. 
Kañt , adj. numéral et s. m. Cent , nombre 
contenant dis fois dix. Un cent. Une centaine. 
Ouc'h-penn kañl vloaz en dôa pa eo marO , il 
avait plus de cent ans quand il est mort. Eur 
c'hafu a ion anézhô , il y en avait un cent. 
Kaiil-ha-kañl , conlaiiie |)ar centaine. 

IVA.ÑT, s. m. Cercle, (circonférence. Tour. 
Van. Le bois d'un crible, d'un tamis. Chan- 
tier. Chevalet. Kafit , exprime encore le coté 
d'un corps plat et équarri. PI. kafitou , el , par 
abus , kancliou. Né kél brdz hé gañl , son cer- 
cle n'est pas grand, sa circonférence n'est pas 
grande. lUtid d'in ho kañlccid eunn dcrvez , 
prêtez-moi votre van pour un jour. liañl hô 
krouer a zô lorrel , le bois de votre crible est 
brisé. On dit d'un madrier ou planche épaisse, 
cma enn hé gant , il est sur son coté , sur son 
épaisseur , et non sur son plat ou sa largeur. 
Voyez Kelc'h. 

Kañtal-loar , s. m. Pleine lune, f Le cer- 
cle , le disque plein de la lune.) Ce mot est du 
dialecte de Cornouaille. Voy. Kann-i.oah.II.V. 
Kañt-toitll, s. m. Millepertuis, plante ou 
herbe médicinale. Ce nom vient de /i«Ht, cent, 
et de louU, trou. 

Kanta , V. a. Placer une pièce do bois sur un 
chantier, pour la travailler. Placer un ton- 
neau dans une cave. Fixer un madrier sur son 
épaisseur. Part. et. AV két kaiilet mdd ar péz 
koad , la pièce de bois n'est pas bien placée 
sur son chantier. Voyez KaSt , deuxième art. 
Ka.ñta . V. a. Vanner , nettoyer le grain par 
le moyen d'un van. l'art, el. Voyez Ka.nt. deu- 
xième article. 

Kanten , s. f. Le fond d'un crible , d'un 
sas. PI. kañtennou. Kañlenho krouer a zô dis- 
lagct, le fond de votre crible est détaché. 

Ka.ñtenner ou Ka.vtikr ( de 2 syll. , Aoñ- 
licr), s. m. Vannier, ouvrier qui fait des 
vans , des cribles et toutes sortes d'ouvrages 



17(J 



KV\ 



cil osiiT. PI. l'en. Üiméivd é deùi hémtrclkda 
eur c'hanteitner, cllu a marié sa üllc à un 
vaiiiiirr. 

kA.ÑrB.^.NEREz, s. m. Vaiincriu, le métier ou 
la inarcliandlsc du V.inriicr. 

IVAÑTIER. V(iyeZ kA.ÑTE.IiNKR. 

'* Kañtoi. , s. f. (^han(l(.-llc , petit flaïubeaD 
do suif , de rrsiiie , etc. PI. iou. Enaouil eur 
ijafUul , allumez une cliaudellc. Voyez Gol- 

LAOlKPt. 

• Kantoler ou IvA.ÑTOLon, s. ni. Chande- 
lier, ustensile qui sert à lueltre ilo la ilian- 
dellc!. PI. iou. Likid ar c'hanlolcr-zi' war aiin 
daol , mi'tU'z ce chandelier sur la table. 

■ Ki^TOLuK - UAiiRËK, -S ui. liaiiilclaliro , 
ciiai^clier à plusieurs branches. PI. kafUolo- 
riou-barick. H. V. 

Kañtolor-sroluret , s. ra. Lustre, clian- 
ilelier de cristal ou de bronze , à plusieurs 
branches. PI. ktiñluluriou-shourrct. il. V. 

Ka.vtréa , et , par abus , Ka.Stuéai. et Ka.n- 
TRK.N , V. M. Courir çà et là. lirrer. Aller à l'a- 
venture. Roder. Vagabonder. Part. kañlrcLd. 
Kañlréed en dcAz héd aim nù: war di<j d'ann 
il, il a rôdé toute la nuit autour de la maison. 
Ka.-vtréer , s. m. Celui qui court çà et là. 
Rôdeur. Vagabond. Fainéant. Homme sans 
aveu. — .\veiiluiicr. H.V. PI. ivn. Kal: a gaû- 
irééricn a tvéleur ahaoé n'eùz mut a i rézel, on 
voit beaucoup de vagabonds , depuis qu'il n'y 
a plus de guerre. 

Kantréérez , s. m. Action de courir çà cl là, 

de rôder, d'errer. Vagabondage. A'rc'/iartJrtV- 

rcz c vécoñl , ils vivent dans le vagabondage. 

Kantuéérez . s. f. Celle qui court çà et là, 

qui rode, etc. PI. éd. 

Ka.ñtrécz , adj. .Aventureux. H. V. 
Ka.ñtved , adj. et s. m. Centième, nombre 
d'ordre de cent. Siècle, espace de temps com- 
posé de cent années, jlr c'hanlved li eo , c'est 
la centième maison. Daouc'hanvcd zô ahaoé , 
il y a doux siècles depuis. liloavez ar c'hanl- 
vvd , la centième année , la dernière année du 
siècle. .1 gafitved é kañlvcd , do siècle en siècle, 
de temps en temps. Voyez Ka.\t , prem. art. 
Rañtvéder , adj. Centenaire. De cent ans. 
Qui contient cent ans. Eur gers kañtvéder , 
une possession, une jouiss.ince centenaire. 

Kañtvloasiad (de 3 syll. , kañlvloa-siad), 
adj. et s. m. Centenaire. Qui a cent ans. Hom- 
me âgé de cent ans. Pour le plur. du subst , 
kañlvloasidi. Ar gañlvloasidi a z6 dihaod er 
rroioij totnm , les centenaires sont rares dans 
les pays chauds. 

Kañtvloasudez ( de i syll. , kanl-vloa-sia- 
dezj , s. f. Centenaire, femme âgée de cent 
ans. PI. éd. E li eur gañlvloasiadez é m'omb 
amaû , nous sommes ici chez un centenaire. 
Kanl'blem. Voyez Kamble.n. 
Kam'z , adj. Chantant, qui se chante aisé- 
ment. Ànn loun-zé a zô kanuz, cet air est 
chantant 

Kañv ou Kaoñ ou IvAOCN (d'une seule syll.), 
s. m. Deuil /affliction , douleur causée par la 
mort d'un parent. 11 se prend aussi pour l'ha- 



K\() 
bit qui marque le deuil [),• plus, conï<.>i fu- 
nèbre. El, par extension , trititcssc , ^émistu- 
mi.'iil , lamentaliou. PI. ou. E kaûo i m'ihd 
holl, ils sont tous en deuil. /Irc7iu/U' a tv Iri- 
méned dri aman , le couvui funèbre a passé par 
ici. Klévuud a lil-hu lu' yañvou'.' £nteadez- 
vuus ses gémissements? 

" Ka.ñval, s. m. Chameau , animal à quatre 
pieds, plus grand que le cheval, à long cju , 
et à deux busses sur le dus. PI. éd. 

KA.vvAoti (de 3 syll., kan-va-uui] , v. n. 
Etre en deuil. Prendre le deuil. Etre triste, 
(lémir. Se lamenter. Part, kaiivanuet. Etid lu- 
ddd eo ktiiivaoucl , il est en dtuilde son père. 
AV ra niméd kanraoui, il ne fait que géaair , 
se lamenter. En Vannes, kaFwein. Voyez 
Ka.ñv. 

Ka.ñvaouuz 'de 3 syll. , kañ-vaou-m) , adj. 
Funèbre. Lugubre. Triste. Eur c'Iuin kañ- 
vaouuz a ^rituon», j'en tends un chant lugubre. 
Ka.\véen ou Kaoñvéen, s. f. Enterrement, 
convoi funèbre. PI. Itavñvéennou. Voyez K-a.nv. 
H. V. 

KA.NVEn. Voyez Kanvaoui. 
Kañvéou ou Kañvéiol' ;' de 3 syll. , kañ-cé- 
iou ) , s. m. pi. C'est le nom que l'on donne à 
certaines parties du métier du tisserand, 
que le P. Grégoire nomme les teuplo.ns , et 
que je ne saurais indiquer autrement. 
Kanv.muen. Voyez Kefnides. 
Kaô ou Kav, s. m. Lieu souterrain. Cave. 
Caverne. Antre. Carotte. — Cellier. H. V. PI. 
kaviou. Likil-héñ er e'haô , mettez-1* à la cave. 
Al locn en cm dcnnaz cr c'hdv , l'animal se re- 
tira dans la caverne. Voyez Kéô. 

Kaoc'h. Voyez Kac'u. ii,ii)i\ io'.u 

Kaoc'hek. Voyez Kac'hek. h', m jn-iai 

Kaoc'ha , v. a. .\u propre, il signifie salir 
avec de la merde. On l'emploie aussi pour sa- 
lir, souiller, crotter. Part. el. Voyez Kac'h. 
Kaoc'hkézéka , V. n. Ramasser ducroUin. 
Part, el On dit aussi abouna. H. V. 

Kaôla ( de 2 syll. , kaô ia) , v. a. EncaTcr, 
mettre en cave. Part, kaôiel. Voyez Kava. 

IvAùiER'de 2 syll., taô-icr),s. m. Encaveur, 
celui qui encave. PI. ien. 

Kaol , s. m. Chou. Plante potagère. Kaolcn 
rde 2 syll., kao-len), f . . un seul chou. PI. 
kaolennou ou simplement fcaof. Rôilkaizaga-jl 
d'in , donnez -moi beaucoup de choux. Kaol 
s'emploie aussi dans le sens d'herbe en géné- 
ral ou de plante. Voyez les articles qui suivent. 
Hors de Léon , on dit kol et kolen. 

Kaol-dù, s. m. Brionneou couleuvrée noire, 
plante. A la lettre, cnou .noir, herbe ou plante 
NOIRE. On la nomme aussi gwinien-zû. 

Kaol-gabô , s. m. Bourrache, plante. A la 
lettre , chou ou herbe rude. 

Kaol-malô, s. ra. Mauve , plante. Voyez 
Malô. 

Kaol-môc'h, s. ra. Patience , plante. A la 
lettre, chou ou herbe de cochon. On la nom- 
me aussi Téol. 

Kvolek ( de 2 syll. , kao-lek] , adj. Abon- 
dant en chou.x. Enn eur vrô gaoleg é m'omb 



K.\0 

aman y nous sommes ici dans un pays alion- 
dant en choiix. Hors de Léon , Iwlek. 

K*0LKK(ile -2 syll. , han-lek) , s. f. Lieu 

planté de choux. PI. kaolcgou. GaMd ar mi'- 

vcl a zô er gaolck , appelez le valet qui est 

dans le jardin aux choux. Hors de Léi)n,/.o(c/c. 

Kaolkn. Voyez Kaol. 

K*oÑ. Voyez K<Ñv. 

Kaon, s. m. IJiez, canal qui conduit les 
eaux pour les faire retomher sur la roue d'un 
moulin. PI. iou. On dit aussi kdn , cl, en 
gallois , kavn et kavan. 

KioT , s. m. Colle , matière gluante cl te- 
nace. C'est aussi une sorte de bouillie de gruau 
fort claire. Id da brdna rur gwennégad kaot , 
allez acheter pour un sou de colle. Ar c'hant 
poaz mdd a helleur da rei d'ann diid klañ , la 
i)Ouillie de gniaii claire et bien cuite peut se 
donner à un malade. Hors de Léon , knl. 

Kaota (de 2 syllab. , hao-ta], v. a. Coller , 
joindre avec de la colle, enduire de colle. Part. 
et. Red eo kaoia al lien , il faut coller la toile. 
* Kaoter (de 2 syll. , /(00- <fr), s. f. Chau- 
dière. Chaudron. Marmite. PI. iou. Likid ar 
gaoler wtir ann Idn , mettez la chaudière sur 
le feu. Ce mot peut venir du précédent kaot, 
apparemment parce que la chaudière sert k 
faire la bouillie ,- ou peut-être a-t-il été formé, 
par altération , du mut français chaudière. 

Kaolad ( de 2 syll. , ka-onad ) , s. f. Tout ce 
qui arrive subitement, avec impétuosité et 
violence. Accès. Atlaque. Bouffée. Gamme. PI. 
kaouadou , et, par abus, kanuajou. Il ne 
s'emploie jamais seul. Kaouad-kk'nvéd , accès, 
attaque subite de maladie qui dure peu de 
temps. Kaoual - lersicn , accès de fièvre. 
h'aouad-glaô , ondée , giboulée. Kaottad-avel, 
bouffée de vent , bourrasque. 
Kaouan. Voyez Kaouen. 
Kaoukd ( de 2 syll. , ka-oued) , s. f. Cage à 
enfermer des oiseaux ou autres animaux. PI. 
kaouédnu , et, par abus , /faou^joi/. Likid ar 
vouak'h-:é enn cur gaoued , mettez ce merle 
dans une cage. 

Kaodèdad (de 3 syll. , ka-oué-dad), s. f. La 
contenance , la plénitude d'une cage. PI. ou. 
Eur gaouédad labousédigou en deûz digascl 
d'é-omp, il nous a apporté plein une cage de 
petits oiseaux. 

Kaouédi ( de 3 syll. , ka-oué-dl) , v. a. En- 
cager, meltre en cage. Part. cl. h'aouédid 
ann dridlmañ . encagez ces étourneaux. 

Kaouen ou Kaouan ( do 2 syll. , ka-oucn ou 
ka-ouan], s. f. Ilibun. Chathuant. (Ihouette. 
En général , il se dit de tous les oiseaux de 
nuit. PI. kaouenned. lîdn ar gaouen a gh'vann, 
j'entends le cri du hibou. En Vannes, koc'han 
ou kouc'han. 

Kaouknnez (de 3 syll. , ka-oucn-nes) . s. f. 
Kresaic, oiseau nocturne qui est une espèce de 
hibou. C'est aussi le nom que l'on donne à la 
femelle du hibou, du chat -huant, de la 
chouette , etc. PI. éd. 

Kaouga (de 2 syllab., kaou-ga], v. n. 
Abonder, avoir, être en abondance. Etre 
D.B.F. 



K.\P 177 

fréqu'înt. Venir en foule. Part. el. Je ne con- 
nais pas ce mot, ni le suivant dans l'usage 'la 
terminaison de ce dernier est même étrangère 
au génie de la langue bretonne ] ; mais je les 
ai trouvés l'un el l'autre dans le Dictionnaire 
de Le Pelletier cl dans celui du P. Grégoire. 
Voyez Fou>>A. 

Kaocga.vt (de 2 syll., kaou-gañl) , adj. 
Abondant. Fréquent, qui vient souvent. Voy. 
l'art, précédent. 

Kaocled ( de 2 syll. , kaou-hd] , adj. Ciillé. 
Coagulé. Figé. Caillebolé. Réduit en caillot. 
I.éaz kaoukd , du lait caillé. Caillebote. Gwdd 
kaoukd, du sang figé ou caillé. On dit aussi 
kaoukdel , qui est le participe du verbe kaou- 
ledi. Kaoukd s'emploie aussi substantivement 
pour signifier caillebote ou masse de lait cail- 
lé. Likil kaoukd em skudel , mettez des caille- 
botes dans mon écuelle. 

KAOcr.ÉDEN (de 3 syll. , kaou-U-den) , s. f. 
Un seul morceau ou grumeau de lait caillé , de 
caillebote. PI. kaoulédrnnou ou simplement 
kaoukd. On dit aussi kaoïdèden-gwàd, un cail- 
lot ou grumeau de sang. 

Kaoülédi (de 3 syll. , kaon-U-di) , v. a. et 
n. Cailler. Coaguler. Figer. Se cailler. Se coa- 
guler. Se figer. Part. cl. Anndomder a gaou- 
Mô al léaz-zé , la chaleur caillera ce lait. 
KaoïiUdcd eo M gwdd raklàl , son sang s'est 
figé de suite. 

Kaoui.édigez (de 4 syll. ,kanu-lédi-gez) , 
s. f. Caillement, état d'une liqueur qui se 
caille. Coagulation. Figcmcnt. 
Kaoü.ñ. Voyez Kanv. 

Kaoüt , V. a. et auxil. Avoir. Posséder. Te- 
nir. Trouver. Part. bel. Kaoul pfp Ird diouc'h 
hé c'hoanl, avoir tout à souhait. Kalz a zouar 
lia dcilz , ils possèdent beaucoup de terre. 
I>eùd d'am c'haoul , venez me trouver. En 
Vannes, kéul (de 2 syll. , /,V-«0.— En Galles, 
Kadou. A'oyoz Kavout. H. V. 

Kaout , s. m. Avoir , ce qu'on possède de 
bien. Fi c'haoud eo , c'est mon avoir. 

KAOUT-M.iD , V. a. .\gréer. Trouverbon. Re- 
cevoir favorablement. Approuver, .\utnriser. 
Permettre. Part, hcl-mdd. Mdd eo béd d'in 
hoc'h añken , j'ai approuvé votre inq\iiétude. 
h'aout-màd veut dire, !> la lettre , avoir bon. 
On dit aussi kavoul-mdd , mot-à-niot , trou- 
ver bon. 

Kaouder ou Kouder , s. m. Courage. (Lag.) 
En Galles, klcoudcr ou gh'ouder. H. V. 
Kaouz, s. m. Fromage. PI. low. H.V. 
Kaozéai. , par abus pour Kaozéa,v. n. 
Causer, l'art, kaozi'ct. Ce verbe , malgré sa 
physionomie française, est breton, car on 
trouve keùza dans le Vocal), du ix' siècle. H.V. 
K.Âp , s. m. Cape, espèce de manteau .\ 
capuchon , très-usité encore aujourd'hui par- 
mi les petites bourgeoises des vdlcs en Hrela- 
gnc. Chape, ornement d'église. PI. oh. Kémè- 
rid hô kdp , glaô a ra , prenez votre cape , il 
pleut. l't'b a gdp hô dôd . ils étaient tous les 
d>ux en chape. Voyez Km et Kadel. 
• KÀPor. Le mé:uo que K.vp. 

23 



78 



KÂR 



KipuT-SAc'H , S. m. Manli-au de «Irap noir 
fil forme (le sac , (loiit se cciuvrent les ri-iiiincs 
pour les eiitorrcmenls. Ce v^ïlcmciil csl plus 
parliculièromoiit en usage dans le Haut-Léon. 
Ne d-inn kéd d'ar véred , nem eu: kcd a <jà- 
pol-sac'K , je n'irai point au cinielicre, je n'ai 
pas de manteau de <leuil. 

KÀR , s. m. Amour. Amitié. AITeclion. Il 
n'est plus usité aujourd'hui avec ces accep- 
tions : on lui a substitué le mot karat'itez ; 
mais on le retrouve encore dans le composé 
digar , cruel, impitoyable, scvèie , à la let- 
tre , S.INS AMOUB. 

K.4R, adj. et s. m. Parent. Dans les écrits 
anciens , on l'emploie aussi pour si),'niüer ami. 
Pour le plur. du subit. , kéreñt. h'dr eo d'in , 
il est mon parent. Livirit-héi'i d'hô kéreñt , 
faites-en part à vos parents. 

' Karadi.nen, s. f. Carabine, sorte de fusil. 
PI. karabinentiou. II. V. 

* KAB.IBINENNOUR , S. m. Carabinier , soldat 
armé d'une carabine. PI. icn. H. V. 

Karadek , adj. et s. m. Aimable, qui est 
digne d'être aimé. .4imaiit , qui a le cœur ten- 
dre et porté à aimer. Allectionné. Amoureux. 
Pour le plur. du subst. , karadéien. Karadek 
bràz co cnn hon c'héFu-er , il est bien affection- 
né pour nous. On dit aussi kararuck , dans le 
même sens, — et fcaradoft,en Haut-Lco'.i.H.V. 

Karañtek. Voyez le mot précédent. 

Kara.ñtez, s. f. Amour. Amitié. Affection. 
Charité. Caresse. PI. karañlcsiou. Kalzaga- 
rañtez endeûz évidoun ,i\ a beaucoup d'ami- 
tié pour moi. Gril-hèñ dré garante z , faites-le 
par charité. Kalz karañtésiou a rcaz d'hé ddd, 
il fit beaucoup de caresses à son père. Karañ- 
icz est encore un subst. commun , servant à 
désigner un amant, une amante, un amou- 
reux, une maîtresse. l'a c'/iaraûfc; eo , c'est 
mon amant , c'est mon amante. On nomme 
aussi karañtez le fruit de la bardane et celui 
du grateron , par la même raison sans doute 
qui fait qu'on les nomme en français SERGE^Ts, 
dans le style familier. 

Karañtézcz , adj. .\imant. Affectueux. Sen- 
sible. Charitable. Humain. Compatissant. 
Anavc'zcd eo évid eunn dén karañiézuz , il est 
connu comme un homme sensible , charitable. 

* Karaouan , s. f. Caravane , troupe de mar- 
chands ou de pèlerins qui vont de compagnie, 
pour se garantir des voleurs. PI. oh. Ce mot 
est arabe. II. V. 

Karayel, s. f. Civière ou brancard dont on 
se sert pour porter le fumier. PI. karavellou. 
Ré a dcil hoc'h eûz lèkéad war ar garavd- 
mañ , vous avez mis trop de fumier sur cette 
civière. Je crois que ce mol appartient plus par- 
ticulièrement au dialecte de Trég.Voy.lvRAVAZ. 

Karavellou , s. f. pi. Je ne connais l'emploi 
de ce mot que dans cette phrase = moñd war 
lié garavellou , marcher à quatre pieds , sur les 
mains et sur les pieds ou sur les genoux; 
marcher comme les culs-de-jatte. L'est une 
façon de parler triviale qui a sans doute son 
origine dans le mot précédent. Yoy.BARLocHoc. 



Karke.n. Voyez Kalken. 

K(RKi!N> ou KAHv-KK.'ti.N, S. m Peau OU cuir 
de cerf. Ce mot est composé de kar , pour 
karv ou kard , cerf , et de kenn , peau , cuir. 

Kabuëlat, v. n. Mettre le fumier par petit» 
monceaux, de distance en dislance, sur ua 
champ, pourrépanilrcensuitc. Part. et. (^eraot 
est du dialecte de Vannes ; ailleurs on dit skit- 
la leil, épandre du fumier. Kardétai me sem- 
ble venir dt: karden. Voyez ce mut- 

Kauue.n , s. f. Litière qu'on met k pourrir 
dans les chemins pour en faire du fumier. Le 
lieu où se [ilace cette litière. PI. kardennou. A'« 
liét brein aicalc'h ar garden , la litière du che- 
min n'est pas assez pourrie. Ce mol ne se dit 
que dans le Haut-Léon. Voyez Daoz. 

Kardi, s. m. Remise, lieu prali(|ué dan» 
une ferme pour y mettre à couvert une char- 
rette el autres voitures. PI. kardiou. Urdz a- 
icalc'h eo hon c'hardi évid daou garr , notre 
remise est assez grande pour deux charrettes. 
(]e mot est composé de karr, charrette , et de 
li , maison. On écrit et l'on prononce quel- 
quefois karzi. Voyez Lad. 

Karédik , s c. Mignon, le bien -aimé, le 
favori Au fém.,amie, mailresse. C'est aussi le 
nom que les enfants donnent à leur gouver- 
nante. Va c'harédik eo, c'est ma bien-aimée , 
mon amie. H. V. 

Karéeim , V. a. Blâmer. Réprimander. Con- 
damner. Part, karéet. Ce mot est du dialecte 
de Vannes. Voyez Tamallout. 

Karet. Voyez Karolt. 

Karez, s. f. Parente. Dans les écrits an- 
ciens , on l'emploie aussi pour signifier amie. 
PI. éd. Va c'harêzed né oa kén , il n'y avait que 
mes parentes. Voyez K.àr , 1"' el 2" articles. 

Karg, s. f. Charge. Faix. Fardeau. Poids. 
Cargaison. PI. ou. Né kéd eur garg vihan , ce 
n'est pas une petite charge, un petit fardeau. 
Voyez Béac'h et Samm. 

Karga , V. a. Charger , mettre une charge , 
un fardeau sur... Part. et. Kargid ar c'harr , 
chargez la charrette. — En em garga, s'engor- 
ger , se boucher. H. V. 

Kargadub , s. f. Engorgement, embarras 
formé dans un tuyau , dans un canal , dans un 
des viscères du corps humain ou de tout autre 
animal. H. V. 

Karger, s. m. Chargeur, celui qui charge, 
qui fait et place les fardeaux. PI. ien. 

Kargébez , s. m. Chargement , action de 
charger. 

Kargdz , adj. Chargeant, qui charge. Lourd. 
Pesant. Onéreux. Au figuré, qui est à charge. 
Accablant. Ré garguz eo kémeñl-sé , cela est 
trop lourd, trop onéreux, trop accablant. 

Kargwask , s. m. Mal fort douloureux qui 
vient aux doigts , mais moins douloureux que 
le panaris. Je ne connais ce mot que par le 
Dictionnaire de Le Pelletier; mais j'y recon- 
nais pour radical , à la seconde syllabe , le mot 
gwask , qui signifie compression , étreinte. 

* Karc'hariou (de 3 syll., kar-d'ha-riou) 
que quelques-uns prononcent kabc'ualioo , s. 



KAR 

m. pi. On appelle ainsi les denx cercles de fer 
qui cnlourenl les meules d'un moulin. — En 
gallois, le singulier ftarr'/iar signifie Priso> , 
peut-tire a-t-il signifié le cercle de fer qui en- 
chainait primitivement les genoux du pri- 
sonnier. H. V. 

KiBiTEL , s. f. Etui à mcllre des épingles et 
des aiguilles. PI. kaiilellou. Eur garilrl Icwi a 
spilou en dn'i: rùed dln , il m'a donné un 
étui plein d'épingles. Quelques-uns prononcent 
karutel. Voyez Ki-aocieb et Spilcheb. 

Kak.n , s. ra. Corne , partie dure du pied du 
cheval , du bœuf, etc. Kaled eo karn ar 
inarc'h-man , la corne du pied de ce cheval 
(iSl bien dure. 

Karn, s. m. Rocher. Grosse pierre. PI. Jurn. 
H. V. 

Earka , V. n. Se former en corne, en par- 
lant des pieds des chevaux , des bœufs , etc. 
Il se dit aussi de ceux qui, en marchant dans 
un terrain gias, amassent beaucoup de terre 
autour de leurs pieds, ou qui, en marchant 
dans la neige , en enlèvent avec leurs souliers 
ou leurs sabots : c'est ce qu'on nomme botter 
ou SE BOTTER, dans quelques provinces de 
France. Part. et. Né kél karnct c'hoaz hô 
■marc h bihan , votre petit cheval n'a pas encore 
de corne aux t^kAs. Na-z-ilkéd è kveiz ann 
erc'h gañd hô pouCou-prenn , pé è karnot , n'al- 
lez pas dans la neige avec vos sabots , ou vous 
vous botterez. 

Kabnae ou Karnez , s. f. Amas de rochers , 
de grosses pierres. En Galles, karnez. H. V. 

Kabnek, adj. et s. m. Qui a de la corne aux 
pieds. Pour le plur. du sulist , karnéien. Il se 
dit aussi des hommes qui ont la peau du des- 
sous du pied dure comme de la corne. 

Karnel, s. f. Ossuaire, endroit du cime- 
tière où l'on garde les ossements. PI. iou- H.V. 

Kar>el , s. f Charnier, lieu où l'on garde 
des chairs salées. PI. iou. (Vann.) H. V. 

Karo ou Karv, s. m. Cerf, espèce de béte 
fauve. PI. karvedou kerved, et , plus ordinai- 
rement , kirvi. Diouc'h kerniel ar c'harô cc'h 
anavczeur hé oad , on connaît l'âge du cerf à 
son bois. 

Karout, et ,par abus, Karet, v. a Aimer, 
avoir de l'aflection , de l'attachement pour une 
personne , une chose. Désirer. Souhaiter. Vou- 
loir. Avoir pour agréable. — Se délecter, pren- 
dre plaisir à... Part, karet. Ar Vrétoned a gàr 
gwersiou , les Bretons se délectent à la poésie 
H. V. Karoud a raar vaouez-zé dreist-penn , 
il aime éperdument cette femme. Mar kiril-hu , 
si vous voulez , si vous le désirez. Mar kirit- 
h» , pour ainsi dire. 

Rarpkn. Voyez Karz-prenn. 

Karpbenn. Voyez Karz-prenn. 

Karr, s. ra. Charrette, voiture à deux roues 
et à deux limons on à un timon qui, ordinai- 
rement, a deux ridelle». Rouet, machine à 
roue qui sert à Bler. PI, fcirri. Kasid hô karr 
d'in , envoyez -moi votre charrette. Néza a ra 
gañd ar e'harr , elle file au rouet. 

Karr-shanvek , s. ra.Char-h-banc , voilure 



KAR 



'70 



h quatre roues , avec des bancs en travers. VI. 
kirri-skañvek. II. V. 

K\HK-T.iN , s. m. Voilure à vapeur. PI. kir- 
ri-idn. Ce mot, on le sent, n'est pas plus an- 
cien que la chose qu'il exprime, mais il est ré- 
gulièrement formé de radicaux bretons. II. V. 

Kahrad, s. m. Charretée, la charge d'une 
cliarrettc. PI. ou. l'égémcûd ar c'harrad Atii- 
nciid ? Ciimbien la charretée de bois à brûler'.' 

Karbéa,v. a. et n. Charier ou charruyer, 
transporter sur des charrettes , sur des tha- 
riots , etc. Pari, fcarrf'et. Ann drd-mah cm cùz 
c'hoaz da garréa , j'ai encore ceci à charier. 

Karréérkz, s. m. Charroi , action de cha- 
rier ou de charroyer. 

Karbee , s. f. Ecueil. Rocher dans la mer 
ou près de la mer. ï'X.kerrek. Skôcd en deiiz 
al léslrwar ar garrek, le vaisseau a donné sur 
le rocher. /,pi!n co ar inôr-mañ a gcrrek , cette 
mer est pleine d'écueils. Voy.Uoc'u et Roc'hel. 

Kabrëer , s. m. Voiturier , celui qui con- 
duit une voilure. PI. ien. H. V. 

Karrégee ou Karbéguz. Plein ou garni de 
rochers ou d'écueils. Karrégek brdz co ann 
aod-zé , celle côte est garnie de rochers. 

Kareeñt, s. m. Chemin de voilure, chemin 
où les charrettes peuvent passer. PI. karnñ- 
tou, et, par abus, karrcñchou.Cc mot est com- 
posé de karr , charrette , et de heñt , chemin. 

Karbéneb, s. ra. Charretier, celui qui con- 
duit une charrette. PI. ic?i. Ce mol est composé 
de karr , charrette , et de réncr , conducteur. 

Kabrer, s. ra. Charron, celui qui fait des 
charrettes , des charrues. PI. ien. Va c'hasid 
da di ar c'harrer, menez-moi chez le charron. 

Kabbébez , s. ra. Charronnage, ouvrage de 
charron. 

Karrieel , s. f. Rrouelle. PI. karrikellou. 

Karrieella , v. a. Brouetler. Part. et. 

Karriole.n, s. f. Cabriolet, voiture légère 
à deux roues. PI. karriolennou. H. V. 

K.tRRONs , s. m. Carrosse , voiture à quatre 
roues suspendue. PI. iou.Ce motvienlde A-an-, 
voiture, et de roñs ou roñsé , cheval. II. V. 

KiRRoÑs-A-vEBLi.N, s. m. Berline , voiluTc 
inventée à Berlin. Pi. Aarroñsiou. H. V. 

Karroxsskanv , s. m. Calèche, espèce de 
voiture à quatre roues. P\. karroiisiou. II. V. 

Karhoz , s. m. Préccinle , planche un peu 
épaisse qui lie à l'extérieur les membres d'un 
vaisseau. PI. Aarrosi'ou (de 3 syll.,fcür-ro-n'ou). 

Karctel. Voyez Kabitel. 

Kar'jz , adj. Aimable , qui est digne d'tUre 
aimé. Qui fait aimer. Gcriou kartiz na zeii kcn 
cr méttz cûz hé c'hénou , il ne sort que des pa- 
roles aimables de sa Louche. Voyez Karadek. 

Karv. Voyez Kabô. 

Karv-eenn. Voyez Karkenn. 

Karv-radkn , s. m. Sauterelle , insecte qui 
marche par sauts. PI. kiniraden. A la lellre , 
cerf de fougère. On la nomme aussi A-i/fA- ou 
Ai/ofr-radcrt. En Vannes, karvck. 

K»BVAN , s. f..MAchoirc , l'os dans lequel le» 
dents de l'animal sont eraboilécs. Pi. karra- 
non. On dit aussi ann digaivan , les mùclioi- 



i8o K\S 

rcs. Karvan eunn azen en dôa enn hé zouin , 
il avilit à la muiii une mlilinire d'Aiie. Vuyi'z 
Ja»hu et Avkm , diuxic'iue article. 

Kaiiva.n,s. f. Kiisuiiple ou ruuicau , purtiu 
lia inétitT d'un tisserand. PI. ou. 

Kauvanai), s. f. Souflk-t , cuup sur la joue, 
sur la mâchoire. IM. ou. Diuu yarvunad a roiz 
d'i'zhan, je lui donnai deux soudlels. 

Kauva.nata, V. a. Souffleter, donner de» 
eou|)S sur les joues, sur IcsniAchoires. Part. el. 
h'arvanaled co bel gañd hé ddd, il a été souf- 
lleté par son père. 

Karvankk, adj. et s. m. Celui qui a une 
grosse mâchoire. Pour le plur. du suhst. , kar- 
ram'ien. 

Kakva.nécez , s. f. Celle qui a une grosse 
mâchoire. PI. éd. 

Kakvek, s. m. Sauterelle, insec(e qui mar- 
che par sauts. PI. karvéyexi. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez Kauv-baden et Kilkk- 

RADEN. 

Karyez ,s. f. Biche, femelle du cerf, lors- 
qu'elle a eu un faon. V\. karvézed ou kervez. 
Voyez IIeizez. 

Karvik , s. m. Faon, le petit d'une biche. 
PI. karvédigou. 

Karz, s. m. Raclure. Ordures, immondi- 
ces enlevées de dessus quelque chost,-. Taolid 
ar c'Iiarz-vian er wi^'as, jetiez cette raclure, 
ces ordures dehors. 

Karz-prenn , s. m. La fourchette en bois qui 
sert à décharger le coutre et le soc de la teire 
qui s'y est amassée. PI. karz jircnnou. A la 
lettre , bois alx ordcres. Quelques-uns pro- 
noncent par abus karprcnn,karpcnn, kazprenn. 

Karza , V. a. Racler. Nettoyer. Purifier. Ra- 
moner. I! se dit plus particulièrement en par- 
lant de renlèvcment du fumier des ctables et 
des chemins , et , dans ce dernier sens , le 
verbe est neutre. Part. et. Karziiiroadva frel, 
raclez le manche démon fléau. karza é ma 
ar gicazcd , les hommes sont occupés à enle- 
ver les fumiers. Voyez Seabza. 

Karzer,s. m. Celui qui racle, qui nettoie, 
qui enlève les fumiers. Ramoneur. PI. t'en. 

Karzérez , s. m. Actiou de racler , de puri- 
fier , de ramoner. 

Kas , s. m. Haine. Antipathie. Aversion. Ini- 
mitié. Rancune. Kashé vrcûdeùr en deiiz len- 
nel war hé benn , il a encouru la haine'de ses 
frères. Kas em evz out-/iaJi , j'ai de l'antipa- 
thie pour lui. On prononce plus ordinairement 
kdz , mais je pense que A-as vaut mieux. On dit 
aussi Aasonj, dansle même sens. Voy. Kasaat. 

Kis , s. m. Mouvement, .\gitalion. Rapidi- 
té. Erre. Envoi. £nn cur c'hds arbrasa é ma, 
il est dans la plus grande agitation. Gatukalz 
a gâs é valéé , il marchait avec beaucoup de 
rapidité. Voyez Err. 

Kas pour Kasa , non usité, v. a. Envoyer. 
Faire porter. Donner ordre d'aller. Porter. 
Conduire. Part, kaset. Kasilhéñ d'am zi , en- 
voyez-le chez moi. Kasid ann drd-mañ gan- 
é-hoc'h, portez ceci avec vous. A'oy. Docge.n. 

Kas-da-besn, V. a. Finir. Achever. Termi- 



KAS 

ncr. Dikenn na hellinn lié gai-da-benn, je ne 
pourrai jamais le finir. Katïd en du-benngan- 
én , je l'ai achevé. .\ la lettre , k.nvoïeu a t6ib, 
A Bout. 

KAS-üA-(iÊr , v. a. Anéantir , réduire au 
néant , A rien. Hétruire absolument, h'asid en 
dedz hé taduuda yél , il a anéanti sa furtuiic. 
A la lettre , E^vuvEB a pas ou a I'ouht. 

Kas-oigas, s. m. Asilalion en tous sens. Il 
se dit plus particulièrement en parlant du 
|)ouls, du battement des artèr«s. A la lettre, 

E.NVOl RENVOI ou APPOHT RAPPORT. 

Kasa. Voyez Kas , troisième article. 

Kasaat , v. a. Haïr. Avoir de l'aversion , 
de l'antijiathie , de la répugnance pour quel- 
qu'un, pour quelque chose. Part, kaséet. Ka- 
iéed en ijaM ann hull , tout le monde le hait. 
■N'oyez Kas, premier article. 

Kasalz, adj. (DeSsyll.) Haïssable, qui mé- 
rite d'être haï. Odieux. Antipathique. En- 
nuyeux. Insupportable. Kasauz brdz eo W 
ioart?, sa conduite est bien haïssable, bien 
odieuse. A'o c'huui zù kasauz ! que vous êtes 
ennuyeux , insu[iportttble ! 

Kasom, s. f. Le même que kas, i" art. 

Kasoniiz, adj. Le même que kasauz. 

' Kastel , s. m. Château , maison seigneu- 
riale qui est en même temps une cs|ièce de 
forteresse. — .anciennement kéar. U.V. PI. ke»- 
Cel ou kislilli. Mar kirilkumz gañd ann aolrou, 
é ma er c'haslel , si vous voulez parler au sei- 
gneur , il est au château. Né kél kré ar c'has- 
lel-zé , ce château n'est pas fort. 

* Kastel-karr , s. m. Le corps de la char- 
rette. PI. kcslel-karr. Voyez Kldel. 

* Kastel- LÉSTB , s. m. Hune, petit plan- 
cher en saillie autour du mât d'un vaisseau. 
PI. keSlel-léslr. Voyez Kestel. 

•Kastellik, s. m. Châtelel , petit château. 
PI. keslclligou. 

' Kastilez , s. m. Groseille à grappe , ou 
petite groseille rouge ou blanche, Kastitézen, 
f. , un seul grain de groseilles k grappes. PI. 
kaslilézennou ou simplement Aas-(i/ez. Ce fruit, 
que les Hauts -Bretons nomment aussi cas- 
tilles ,en français ,doit apparemment son nom 
au pays d'où il nous est venu. Voyez Spézad. 

* Kastilez - DÛ , s. m. Cassis, petites gro- 
seille à grappes, dont le fruit est noir. Voyez 
le mot précédent. 

* Kastiz , s. m. Punition. Châtiment. Cor- 
rection. PI. ou. Eur c'hasliz ikouériuz azô réd 
da rci d'ézhan, il faut lui infliger une punition 
exemplaire. 

* Kastiza , v. a. Punir , infliger une peine. 
Châtier. Corriger. Part, et- Réd eo hé y as Usa 
kré, il faut le punir, le châtier fortement. 
Voyez GwANA. 

* Kastizer , s. ra. Correcteur , celui qui 
corrige . qui punit, qui châtie. PI. ien. 

* Kastr ou Kastr- ÉJENN , s. m. Nerf do 
bœuf. PI. kastr-éjenned. Voyez Kalken. 

* Katékiz , s. ra. Catéchisme , instruction 
sur la doctrine chrétienne. Livre qui la con- 
tient. PI. ou. H. V. 



KAZ 

• Katékiza, V. a. el n. ïaire le catéchisme. 
lnslrui^(^ EtisciKHcr. I';irt. <■(. 11. V. 

* KATÉiiizouR ou Katérismoub , s. m. C.aiè- 
cliisto, qui enseigne le caléctiisaie.Pl.ùn. 11. V. 

Kav. Voyez Kaô. 

Kava, V. a. Caver. Creuser. Miner. Fouir. 
Approfondir. Pari. et. Ar bcraduu dour a zeù 
a-benn da gava arméan ar c haleta , les gout- 
tes J'eau viennent à bout de creuser la pierre 
la plus dure. Voyez Toi lla. 

Kavaden , s f. Trouvaille. Découverte. Ren- 
contre. Invention. 1*1. kavadcnnou. Eut gava- 
den cm «liî grcat, i'ai fait une trouvaille, une 
découverte. Voyez Kavout. 

Kavade.nnolu, s. m. Inventeur. PI. icn. H. V. 

Kavala , V. a. Attaquer de [laroles. Injurier. 
Insulter. Part. et. Kavalaa laannhoU, il in- 
jurie tout le monde. Voyez IluEiiNi, FLEMsiiet 

ISEINA. 

Kavan, s. f. Corneille, oiseau que quel- 
ques-uns ont cru être la femelle du corlicau , 
mais qui en est une espèce différctile.Pl.et/.Plu- 1 
sieurs donnent aussi le nom de kavan à la 
chouette. Voyez Fraô , Bran et Kaoien. 

Kavan-v6r, s. f. Corneille de mer, oiseau. 
PI. kavaned-môr. 

Kavas, s. m. Lefourchon d'un arbre, l'en- 
droit où les branches se divisent. Voyez Gaol. 
Kavazëz. Voyez Koazez. 
Kavel, s. m. Berceau, petit lit des enfants 
à la mamelle. De plus, corbeille ou panier 
servant à divers usages. C'est encore une nasse 
pour la pèche. PI. kaveUou ou kcvcl. Likil ar 
hugel er cliavel , mettez l'enfant dans le ber- 
ceau. Leiz daim gavel a ioa anézhô , il y en 
avait plein doux corbeilles. Kalz a bêslu'd a 
su cr c'liavel,i\ y a beaucoup de poissons dans 
la nasse. Voyez Rést, premier article. 

Kavkllau , s. m. La pléuitude , la contc- 
uance (l'uabcrceau, d'un panier, d'une nasse. 
PI. OM. 

Kavolt , v. a. Trouver. P.tncontrcr. Décou- 
vrir. Inventer. Part. /fai'(<. Klaskid hag é kv- 
fut., cherchez et vous trouverez. Kavedem eùz 
ann hini a gla,^kenn, j'ai trouvé celui que je 
cherchais.' i\ en dciiz kavel nelrâ , il n'a ricu 
découvert, rien invenlé. Plusieurs personnes 
attribuent au verbe Aaout toutes les acceptions 
de kavout. 

Kavout-màd, V. a. Trouver bon. Agréer. 
Approuver. Autoriser. Permettre. Part, kdvct- 
mdd. Né gavé két viàd ar 'péz a r'wn , il n'ap- 
prouvera pas ce que je ferai. Voy.KAoi)T-MÀ». 
Kaz , s. m. Chat , animal domestique qui 
prend les rais et les souris. PI. kisier (de 2syll., 
ki-sier). Eur c'hàz diskouarncl néildl lu'lidila 
logôla , un chat auquel un a coupé les oreilles 
ne vaut rien pour priuidre les souris lin N au- 
nes , kdc'k. PI. kic'hier. 

ItAZ. Voyez Kas , premier article. 
Kaz-vùr, s. m. Chat de mer , poisson. PI. 
kisier-mùr. On le nomme aussi mùr-c'kasl. 

Kazarc'ii ou Kazerc'u , s. m. Grêle, eau 
de pluie , qui , étant congelée en l'air, tombe 
par grains. Kvlled eo atm éduu gañd ar t'/ia- 



Ki:\ i8i 

zrrc'h , les blés sont fierdus par la ;rréle. Le P. 
dréfçoiro fait venir ce mol de krd: , séelié , 
duici , el de erc'h . neige. Je n'ai rien <le mieux 
à en dire. \(>yez Grizii.. 

Kazabc'ui , v. inip. el a. Grêler, tomber de 
la grêle. Gâter par la grêle. Part. et. Kazar- 
c'hi o ra , il grêle. Kazarc'hed eo ann idou , 
les blés sont grêlés. 

Kazarc'ihiz ,adj. Sujet ou propre à donner 
de la grêle. Kazarc'huz eo ann amzer , le 
temps annonce de la grêle. 

Kazek , s. m. Jument , la femelle du cheval. 
Cavale. PI. h'zékenned. Leùn eo ar guzek , la 
jument est pleine. En Vannes , on dit kizek , 
au |ilur. Partout ailleurs qu'en Vannes , on en- 
tend par ki'zck, tout un haras, tant chevaux 
que cavales. On s'en sert aussi comme |>lur. 
irrégulier de marc'h, cheval. Kasid archèzek 
d'ar park , menez les chevaux au champ. On 
désigne encore par le nom de kazek, une par- 
tic du métier d'un lis.^eraïul , que le P. Gré- 
goire nomme jcmei.i e. PI. ann diuu gazek , 
les jumelles. Voyez Marc'h. 

Kazkk^Koad , s. f. Pivert, oiseau. PI. hé- 
zek-koad. A la lettre , jcment de bois ou de 
FORÊT. On le nomme aussi eiibeûl-koad et A"i- 
!ek-koad. 

Kazhl, s. f. Aisselle , le dessous du bras, à 
l'endroit où il se joint h l'épaule. PI. duel ann 
dinu gazel. les aisselles. Ann touU kazel , le 
gousset, le creux de l'aisselle. Kazel se dit 
aussi de l'aile d'un bàtiinenl, d'une église, 
d'une armée : dans cette acception , son plur. 
est kasèliou. 

Kazéliad ( de 3 syll. , ka-zé-Uad) , s. f. Ce 
qu'un homme peut tenir ou [)orler sous l'ais- 
selle ou sous un seul bras; demi-brassée. PI. 
01/. Digasil gan-é-hoc'h citr gazéliad keùneiid , 
apportez avec vous une demi-brassée de bois 
à briller. 

Kazerc'h. Voyez Kazarc'ii. 
Kazez , s. f. Chatte , femelle du chat , ani- 
mal domesti(]ue. PI. éd. 

Kazprenn. \ oyez Kahz-prenn. 
Kazul-verr , s. f. Dalmatique , espèce de 
tunique ecclésiastique. PI. A"a;u(ioi( -fccrr 
H. V. 

Kéa ou Ké. Voyez Mont. U. V. 
Ké. Voyez Keûz. 

Kéal. N'oyez Kel , premier article. 
Ké. Voyez Kaé. 

Kéalou. Voyez Kel, 1" art. , el Kélêieb. 
Kéar. Voyez Ker, premier article. 
Kéar-veOr , s. m. Capitale , ville principale 
d'un royaume , d'une province. 11. V. 

Kéaz ou Kez , adj. et s. m. Misérable. Mal- 
heureux. Oui est dans la misère , dans la souf 
franco. Gueux , qui est réduit à mendier. Mcn 
diant. Indigent. Pour le plur. du subsl. , kciz. 
Kéaz awalc'h lo abauc neùzé , il esl assez mi- 
sérable depuis cette époque. Truez cmiii^oui- 
/i<i , ar geiz , ils me font pitié , les malheureux! 
Kalz a geiz a xcéleur er gear-mañ , on voit 
beaucoup de gueux , de meodianls dans celte 
ville. Kéaz esl aussi un terme d'alTeclion . ri 



uS-. 



KEK 



il s'omiiloie dans li; scn» de ctiiT , c\h-t\. Ha , 
va e'héaz, pétrd hoc'li eiu-ltu gréai ." ali ! mon 
cher, qu'avc2-vi)us fait? Yn :àd kéai , mon 
cher père — Voyez Kaki. 11. V. 
Kéa/ez f de 2 »)!!. , kéazez ) ou Kè/.kz , s. 

f. Une niallieurcuse. L'iie gueuse, l ne men- 
diante. l'I. fd. Itoid lunn tamm bara d'ar <jé- 
xez-zé , donnez un moiceau de puiii à cetle 
luaiheurcusc. — Voyez Kaêzez. 11. V. 

Kêaznbz (de 2 syll., ii/aî-Hw) ou Kéznez, 

g. f. Misère. Malheur, üueuserie. Mendicité. 
Indigène e. È lu'zncz é vcv, é kezncz évarvô, il 
xil et il mourra dans la misère,— Voyez Kaez- 
.^Ez. H. V. 

Këbk , s. m. Chevron , pièce de hois qui 
sert à la couverture des maisons. Selon d'au- 
tres , solive, pièce de charpente qui porte le 
plancher. PI. ou. 

Këdra, V. a. et n. Placer ou faire des che- 
vrons, des solives. kébra ém'eur, on place 
les chevrons. 

Këbrek, adj. Plein oucouTcrlde chevrons, 
de solives. 

Kéueî( ou Kéban , s. f. Mégère, femme mé- 
chante et emportée. PI. ki'baned. Ce mot , du 
dialecte de Corn. , est le nom que portait une 
lucchante femme dont il est parlé dans la légen- 
de deS. Ronan. Voy. le Bakzaz-Bheiz. U. V. 

Kédez ou Kéded , s. f. Equinoxe, temps 
de l'année où les nuits et les jours sont égaux. 
Kédez meurs, l'équinoxe de mars ou du prin- 
temps. Kédez gwengôlû , l'équinoxe de sep- 
tembre ou d'automne. Kédez me semble com- 
posé de heit , autant , égal , et de deiz ou déz, 
jour; on sous-entend no:, nuit. Hors de 
Léon , keidcl. 

Kéd. Voyez Két. H. V 

Kébl. Voyez Kbl , premier article. 

Kééi.a , V. a. Rechercher avec ardeur. Ado- 
rer. Rendre à Dieu le culte qui lui est dû ; le 
servir. Part. et. Ho karañleza gééloñl, ils re- 
cherchent avec ardeur votre amitié. Red eo 
hééla Doué , il faut adorer Dieu. Voyez Azeùli. 

Kééleb , s. m. Celui qui recherche quelque 
chose avec ardeur. Adorateur, celui qui adore. 
PI. ien. Voyez AzEÙLEK. 

Kjéélidigcz , s. f. Adoration , action par la- 
quelle on adore. Voyez Azeilidigez. 

Kééldz , adj. Adorable , digne d'être adoré. 
Voyez AzEÙLüz. 

Kéf , s. m. Tronc, le gros d'un arbre , la 
tige considérée sans les branches. Boîte ou 
coffre qu'on pose dans les églises et autres 
lieux publics , pour y déposer les offrandes se- 
crètes. Souche , la partie d'en bas du tronc 
d'un arbre , accompagnée de ses racines. Chef 
de race. Tison, reste d'un morceau de bois 
dont une partie a été brûlée. Cep ou pied de 
vigne. Fer que l'on met aux mains ou aux 
pieds des criminels. PI. kéfiou ou kifiou ( de 2 
syll , ké-fiou ou ki-fiou). Trouc'hed eo ar wé- 
zcn , n'eûz choumel néméd ar chef, on a cou- 
pé l'arbre , il n'est resté que le tronc. Leûn eo 
ar c'héf a wennéien , le tronc est plein de sous. 
Hé-mañ eo ar chef anézhâ holl , c'est celui-ci ( 



Ki:r 

oui est la souche ou le chef de lou« les autres. 
Likldar c'héf enn Idn , mettez le tison au fcu« 
Ar c' hé flou a ioa oud hé zaïmarn haij oud hé 
dreid, il avait les fers aux mains et aux pieds. 
Voyez IvrÊiV 

KÉfALKM OU Kévai.e>, S. f. Soupc. Potage. 
Et, selon qu('U|ue>-uits , rag^oût , et même 
toute sorte de mets. Eur ijéfalen dreiit , une 
mauvaise soupe, une Koupe d'avare , une mai- 
gre chère. Voyez Soubkm et KRisrEi ue.s. 

KfiFfeLEK OU Këvéi.ek , S. m. Bécasse, oi- 
seau de passage. PI. kèféléijed ou kécéléged. 
Kenn hir eo hé vég hag hini eur c'hecéiek. 
Son bec estaussi long que ccluid'une bécasse. 

KfcrÊLEK von , s. m. (Courlis ou courlieu , 
oiseau aquatique. PI. kéféléged-mor. \ b lettre, 

BËr.ASSE UR MKR. 

Këfélin. Voyez Kéfili>'. 

Këfer ou KftvEB ou Ké.ñver ' celle dernière 
prononciation est la plus usitée aujourd'hui;, 
s. m. Proportion. Comparaison. Ciïlé. Egard. 
Considération. De plus , arpent ou journal , 
mesure de terre qui , en Bretagne , est de 20 
cordes en longueur et de 4 en largeur ; chaque 
corde de 24 pieds. C'est encore le nom que 
l'on donne au bois qui entre dans le soc d'une 
charrue. PI. liéféi ou o\i kéfériou. Vrdz ounnenn 
hô kéñver, je suis grand , en comparaison de 
vous, [laléid em c hé fer , marchez à côté de 
moi. Kéñver é kéñver, côte à côte , à côté l'on 
de l'autre. — Kéver ha fcct)«r,égal à égal. Lakal 
kéver é kéver, comparer. H. V. Ekéñver Doué, 
envers Dieu , à l'égard de Dieu. ÏVi c'héfer zo 
er park kreiz , il y a trois arpents ou trois jour- 
naux dans le champ du milieu. Torred eo ké- 
ver ann arar , le bois du soc de la charrue est 
rompu. Voyez TC et Dévez-abat. 

Référer ou KÉrvftRER, s. m. Concurrent, 
celui qui poursuit une même chose et en même 
temps qu'une autre personne. Emule. Antago- 
niste. Rival. PI. l'en. Kéférérien ihl , il sont ri- 
vaux. Oq dit aussi kévéscr , dans le même 
sens. 

Référéhez ou KÉvÉRtïKEZ , S. m. Concur- 
rence. Emulation. Rivalité. Kévérérez a zô 
élrézA, il y a de l'émulation , de la rivalité 
entr'cux. 

Këférérez ou Révérerez, s. f. Concur- 
rente. Rivale PI. éd. Chéiu ann diou générerez , 
voilà les deux rivales. On dit aussi kévézirez. 

Réfesta , V. a. Banqueter, rechercher le» 
festins. Part. et. H. V. 

Réfia fde 2 syll. , ké-fia] , v. a. Eramenot- 
ter, mettre des menottes , des fers aux mains 
d'un prisonnier. Part, kéfiet. Voyez Réf. 

Réfilin ou Réfélin, s. ra. Suivant le P. 
Grégoire , c'est le coude ; selon M. Roussel, 
cité dans le Dictionnaire de dora Le Pelletier, 
c'est la partie du bras , depuis le caude jusqu'au 
poignet ; et , selon Le Pelletier , c'est la partie 
depuis le coude jusqu'à l'épaule. Quanta moi, 
je ne puis décider lequel a raison , ce mot étant 
fort peu usité aujourd'hui. PI. duel ann, daou 
kéfilin. PI. régulier, g é/ilinou. Voyez Ilin. 
Rëfilimad ou Kêfëlinad, s m. Le P. Gré- 



KEF 

goiic donne ce mol conjme svnonjnic de ili- 
nad , coudée. l'I. ou. 

KtFlMA.ÑT ou KÉTINIANT OU RÉFNIAÑT , S. 

m. Cdiisin au qualrième degré. PI. éd. Voyez 
Kendkbf. 

Kéfinu.ñtez ou Kévinia.ñtez ou Kéfmañ- 
TBZ,s. f. Cousine au qiialricme degré. PI. éd. 
Voyez Kéniterf. 

Kéfleùëou Kévleié ou KeClé ide2 syll., 
kef-leùd ou kà'-leùé ou kcù-té) , adj. Il ne se 
dit que des vaches pleines. Bioc'h kéflcùé ou 
keùU , vache pleine, q\ii porte un veau. 

Kéfli'sk, s. m. Agitation. Emotion. Mou- 
vement. Remuement. Mohililc. TrouMc. 
limcule. Sédition. .4r c'Iiéflusk cùz ar gatoun , 
le mouvement du cœur. Kéflusk zô r'hnaz er 
vrô-man , il y a encore du trouble dans ce 
pays-ci. On dit aussi keülusk. 11 s'emploie aussi 
comme adj. , et signifie mobile, qui se meut, 
ou peut cire mû. Voyez. Lusk. 

Kéfluska , V. a. Agiter. Mouvoir. Emou- 
voir. Remuer. Troubler. Rranler. Pari. el. 
t\"am géjluskil kcl , ne m'agitez pas. On dit 
aussi /tfiKuifto. Voyez LtsKA. 

KEficsker, s. m. Celui qui agite, qui 
émeut, qui remue, qui trouble. At;italeur , 
qui excite à la révobe , li la sédition. Sédi- 
tieux. P'actieux. PI. ien. Kalz géjluskérien a z6 
er géar-mañ, il y a beaucoup d'agitateurs 
dans cette ville. 

Kefn. Voyez Kein. 

Kéfniañt. Voyez Kéfiniañt. 

KeFNIDEN ou KÉÔMDE.-<iOU KlFMDEN OU Kl- 

NiDEfi ( celte dernière prononciation est la plus 
usitée aujourd'hui) , s. f. Araignée, insecte. 
PI. kefnid ou kéonid ou kij'nid ou kinid. Eut 
ginidcn zô warhô saé , il y a une araignée sur 
votre robe. Gwiad kefnid , de la toile d'arai- 
gnée. En Vannes , kañvniden. 

Kefniden-vob. Le même que kéméner-vôr. 

Kefmden-zoiHj s. f. Ecrevisse d'eau douce. 
Voyez Géoren. 

Këfrann. Voyez Kévben. 

Kéfré. Voyez Kévbé. 

Kéfrèdeb ,s. m Un homme rêveur, pensif. 
PI. icn. Je ne connais ce mot que par le Dic- 
tionnaire de Le Pelletier. 11 ajoute que l'on 
donne aussi ce nom au plongeon , oiseau aqua- 
tique. La première signification donnée p.ir 
Le Pelletier au mot kcfréder , le rapproche 
assez , pour l'origne , du suivant , kéfridi. En 
effet, un commissionnaire, un homme affai- 
ré a ordinairement l'air pensif, l'air rôveur. 

Kéfket. Voyez Rêviiet. 

Kéfridi ou Kévridi, s. f. Commission, 
charge donnée à quelqu'un de faire quelque 
chose. Message. Députalion. Envoi d'un ex- 
près. Affaire pressante. PI. ou. Grcad cm ciiz 
bô héfridiou , j'ai fait vos commissions. A btnii 
kéfridi, tout exprès, à dessein , de propos dé- 
libéré. — En Cornouaille on prononce kéordi. 
H. V. Voyez Kanmaddr. 

Kéfridia , V. a. Négocier, traiter une affaire. 
Part. cl. H. V. 
K£r.EL ou Kécil , s. f. Quenouille, bâton 



KF.I 



i8.3 



que l'on entoure vers le haut de chanvre , de 
lin ou de laine , pour filer. Ce bâton est ordi- 
nairement un roseau. PI. iou. Eur gégelgoañt 
hnc'h fur azé , vous avez-là une jolie que- 
nouille Quelques-uns prononcent kigel. 

Këgéi.iad ou Këuiliad (de 3 syll., ké-gé- 
liad ou kc-gi-Uad) , s. {. Quenouillée, ce qui 
garnit une quenouille. PI. ou. Rôid eur gtijè- 
liad Itn d'ar jilac'h , donnez une quenouillée 
de lin .'i la servante. Quelques-uns prononcenl 
kigéliad. Voyez Iaben. 

Këqii.. Voyez Këgel. 

Kegin , s. (. Cuisine, endroit de la maison 
où Ton prépare les viandes el autres mels. 
Chère. Ordinaire. PI. ou ou iou. Treùd co ar 
gegin gan-cñ-mé , la cuisine est maigre chez 
moi. Id da zibri cunn lamm er gegin, allez 
manger un morceau à la cuisine. 

Kegin. Voyez Gegin. 

Kegina , V. n. Faire la cuisine. Apprêter les 
viandes el autres mets, l'art, et. /'/ou a gtgi- 
nô hiriù? qui est-ce qui fera la cuisine au- 
jourd'hui '.' 

Keginer , s. m. Cuisinier , celui qui fait la 
cuisine PI. ien. h'asid ar penn Icùé-zé d'ar 
c'hcginer, portez celte tête de veau au cuisinier. 

Kegimërez ,s. f. Cuisinière, celle qui fait Iji 
cuisine. PI. éd. Livirid d'ar geginérez né két 
poaz awaWh hé c'hik, dites à la cuisinière que 
sa viande n'est pas assez cuite. 

Kégit , s. f. Ciguë , plante vénéneuse. On la 
nomme aussi pempiz. 

Keida ( de 2 syll. , en prononçant toutes les 
lettres, kci-da], v. a. Egaler Égaliser. Ren- 
dre égal. Part. et. Bikenn na gcidô hé vreùr , 
jamais il n'égalera son frère, l'énaoz é keidot- 
hu al lôJennou'! comment égalisercz-vous les 
parts? Voyez Keuma el Keit , prem. article. 

Kéidel. Voyez Këdez. 

Kein, et dans les livres el écrits anciens, 
Kefn ou Kevn, s. m. Dos, la partie de der- 
rière de l'animal entre les épaules et les reins. 
On le dit aussi en parlant du dos d'un colïre, 
d'un siège, etc. De plus, la quille d'un vais- 
seau. PI. ou. Trôid hô kein, tournez le dos. 
Xé kéd Ituel awalc'h ar Kczen-ié évid ôbcr 
gant hañ kcin eul lé.ilr , cet arbre n'est pas 
assez haut pour en faire une quille de vais- 
seau. Kein-ouc'h kein , dos à dos. Kein-é-kein, 
directement opposé , tout à fait contraire. 

KEiNA(dc 2 syll. , en prononçant toutes les 
lettres /ici na), v. n. Prêter le d'os. S'efforcer 
de soutenir du dos ou par le dos. Plier sous le 
joug. Part. et. 

Keina ou Keim (de 2 sylL, en prononçant 
toutes les lettres, kci-na ou kei ni), v. n. Gé- 
mir. Se plaindre. Se lamenter. Part. et. Kcir.cd 
<■' deûz héd ann nô: , elle a gémi toute la nuit. 
Voyez Keinvan et Klehma. 

Keinek (de 2 syll., en prononçant toules les 
lettres, kei-nck), adj. et s. m. Qui a un gros 
1 dos. Qui aie dos large. Pour le plur. du subst., 
I kcinéien. Eur c'htinck co , c'est un gros dos , 
j il a le dos large. Obcr a ra hé gcinck , il fait 
\ le gros dos, il se voûte i dessein. Ktinik est 



i8A 



KF.L 



un nom de famille aMezcumiiiuii on Urulagnc. 
Kkinvan (de '2 syll. , en protKinçaiil tuules 
les letlres , kein-vaii] , s. m. (iéuiisseiiieul. 
Plaiiile Laiiieiitatiou. PI. ou. h'einvanoua ijUi- 
vann , j'enlciids dos géoiisseiueiiU. Voyeï 

Kj.l!IIM. 

KKirtvi.'^iiz (de 3 syll. , A-Wn-canii: , , ailj. 
(iémissaiit. Lamoiitablc. PlaiiUif. 

KeiT, s. r. Dui'ùc , le tem|>s (|uc'dure une 
chüse. Egalité. Longueur égaie. P.irilé. Dis- 
lance. Diimd ar geid é wéliinp mur d-eo mùd , 
h sa durée, nous jugerons s'il est bon. lùir 
geil vrdz a zô ac'hanti dl , il y a une grande 
dislance d'ici là. Keil s'emploie aussi adver- 
bialement et sigaifle tant, autant , pendant, 
durant, aussi longtemps. lieil a nui vécinn , 
tant que je vivrai. E keil-sé , sur ces entre- 
faites , l,'i -dessus. — Keii-aü iu.' il y a si long- 
temps ! II. y. V(iycz Kbida. 

Keit, s. f. l'ilipendule , plante. Ar geid n 
zâ mdd ouc'li ann droug-huel, la lilipeadulc 
est bonne contre lépilepsic. 

KtizA (de 2 syll. , keiza) ou Kéza , v. a. 
Dégrossir. Diminuer la grosseur. Oter le plus 
gros de la matière pour commencer à lui don- 
ner de la forme, l'art, et. Kcizid ann lamiii 
ko(id-ma , dégrossissez ce morceau de bois. 

Kéjei.n, V. a. Mêler. Mélanger. Brouiller. 
FalsiQcr. Frelater. Part. eC. Ce raot est du 
dialecte de Vannes. Voyez Meski. 

Kêjëkec'ii, s. m. Mélange Action démê- 
ler, de brouiller, de frelater. Ce mot est du 
dialecle de Vannes. 

Kel ou Kéel ou Kéal , s. m. Nouvelle, 
lîruit. Rumeur. Fable. Conte. PI. hélou ou Itéé- 
lou ou kéalüu ou kélaou et kéléier. Le singu- 
lier est peu usité. Kélou mdd a zô , il y a de 
bonnes nouvelles. Kélanu niñt-kén , ce ne 
sont que des fables. En Vannes , kével. 

Kel ou Kell , s. m Cloison. Séparation de 
logement. Retranchement dans les étables , 
dans les écuries. En Haut-Léon .c'est l'étable 
des veaux. — Autrefois , cabane. Ermitage. 
Cellule, petite chambre d'un religieux , d'une 
religieuse. IL V.Pl. kdiou ou kelliou ou kilt. 
Je pense que kel, employé dans ce sens , est le 
même que kael. 

Kel , conj. Si. Aussi. Tant. Autant. Kel ne 
se met que devant les mots qui commencent 
par un l. Kel leùn eo na hcll mui louñka , il est 
si plein qu'il ne peut plus avaler. Voyez Keb, 
quatrième article. Ken, premier article. 

Kéladdr , s. m. Erminctte ou herminette, 
outil de charpentier. PI. iou. 

Kéladubia (de 4 syll. , ké-la-du-ria), v. a. et 
n. Travailler avec l'erminette. Part, kéladwiel. 

Kélaoc. Voyez Kel , premier article. 

Kélaoder (de 3 syll. , ké-la-ouer) , s. m. 
Nouvelliste. Gazeticr. Faiseur de contes. Grand 
causeur. Babillard. PI. t'en. Kélaouer ar rrâ 
eo, c'est le nouvelliste du pays. 

Kélaoci (de 3 syll. , kélaoui), v. n. Pu- 
blier, débiter des nouvelles. Raconter des fa- 
bles. Part. kciaoueC. Voyez Kbl , l"' article. 

Kélasteen, s. f. Houssine, baguette de 



KFJ, 

houi pour baltre un cheval, des habits. Ba- 
guette. Verge. V\.k''laitrennoa. Mar kémérann 
iur yéliuiren^ sijo prends une houssine. Voy. 
(îwulen. 

Kr;i. vsTiiKNNA, v. a IliiU'isincr , frapper avec 
une liuussine , une baguette. Part. el. kélus- 
Irenned iñl béd a zoaré , ils ont été houssinot 
d'inipurlance. 

.KÉLA8TIIB.-4.NAU, S. f. Coup do houssina.y dc 
baguette , de verge. PI. uu. 
Këlavau. Voyez Hëlavar. 
Kéi.éier, s. f. pi. (iazetic. Journaux. Pa- 
piers publics. Yiiyez Kél H. V. 

Kfii.E.v , s. m. Houx , grand aibri^scau tou- 
jours vert. Kélennen , f. , un seul pied ou une 
seule branche de houx. V\. Icrtennenned, ou 
simplement W/cn Eurvdz kélen azouq h^prèd, 
il porte toujours un bâton de houx, fft'/enfque 
l'on écrit communément (Jaélen j est un nom 
de famille fort conna en Urelagne. 

Kéle.n , s. m. Instruction. Leçon. Enseigni;- 
mcnt. Document. .-Vvertissement. Dogme. Cor- 
rection. Doctrine. Précepte. PI. kélennon. Ké- 
lennou mdd en deùz rôed d'hé vdb , il a donné 
de bonnes leçons , de'bons préceptes i son fils. 
Me kél l'ail ho kéien , votre correction n'est pas 
mauvaise. Voyez le mot précédent. Voyez 
Ke.ñtel, premier article. 

Kélen-dal, s. m. Houx panaché, arbris- 
seau. Voyez Bal, premier article. 

Kelènen. Voyez Keliëmen. 

Kélenna ou Kélen.m, et , par abus , Ké- 
len, v. a. Instruire. EnscigJier. Dogmatiser. 
Régenter. Professer. Endoctriner. Avertir. 
Corriger. Edifier, portera la vertu. Part. el. 
Kélennet mdd eo béd enn li-zé , il a été bien 
instruit, bien enseigné dans celte maison. /f^d 
eo kélenna a-bréd arvugalé, il faut corriger 
de bonne heure les enfants. 

Kéle>naOirez , s. f. Le même que Kéle.n , 
deuxième article. 

Kélennadirez -ESKOP, S. m. Mandement, 
instruction pastorale. PI. /ci'icnnadureiou.H. V. 

Kélennek , adj. Plein ou couvert de houx. 

I^ËLENNEE, s. f. Houssalc, lieu où il croit 
beaucoup de houx. PI. kélennégou. Kélennek 
'que l'on écrit communément quclennee) , est 
un nom de famille fort connu en Bretagne. 

Kélenneu , s. m. Celui qui instruit , qui en- 
seigne. Professeur. Précepteur. Régent. Insti- 
tuteur. Dogmatiseur. Correcteur. PI. ien. Va 
gélenner héñ rôinn d'é-huc'h , ie vous le don- 
nerai pour précepteur, pour correcteur. 

Kéle.nmz , adj. Instructif, qui instruit. 
Ediliant. 

Kéler , s. m. Sorte de racine que les en- 
fants mangent toute crue et à laquelle j'ai en- 
tendu donner le nom de noix de terre. Kcté- 
ren, f. , une seule de ces racines. PI. kéléren- 
nou ou simplement kéler. 

Kéléren, s. f. Feu follet. Feu nocturne et 
errant. Lutin. PI. kélércnnou ou kélérenned. 
Eur géléren eo a wéiidazé . c'est un feu follet 
que vous voyez là. Voyez Bugel-n6z. 

Kelf, s. m. Souche , tronc d'arbre qui 

n'est 



KEL 

n'est lion qu'à brûler. PI. iou. Ce mot est du 
dialecte de Cornouaille. Voyez Kéf. 

Kklc'h , s. m. Cercle. Circonférence. Cir- 
cuit. Cerceau. Uond. PI. iou. Réd eo lakaat kel- 
c'hiou nilvez oud ar véul. Il faut mettre des cer- 
des neufs à la cuve. En Van. , kerl. Voy. Tno. 

Kelc'hek , adj. Circulaire, en forme de 
cercle. Uond, qui va en rond. 

Keli'.'hen , s. f. Collier , tout ornement qui 
se porte au cou ; cercle de fer ou de cuir qui 
se met autonr du cou des chiens. Collet, par- 
tie de rhabillemcnt qui est autour du cou. 
Carcan , cercle de fer avec lequel on attache 
un criminel par le cou à un polcaii. Cravate. 
PI. kelc'hennou. Eur gek'hcn aour em eus 
rôcdd'dzlii évid hé c'halanna , je lui ai donné 
un collier d'or pour ses étrcnnes. Kelc'hen hô 
saé a zo rùgel , le collet de votre habit est dé- 
chiré. Oud ar gclchen é vézù Ickval , il sera 
mis au carcan. Voy. Kerc'hen, premier art. 

Kelc'hemva ou Relc'henvan, s. m. Amphi- 
théâtre. PI. ou. Ce mot est formé de kelc'hen , 
cercle, et de 60» ou 6a, lieu , aujourd'hui peu 
usité. H. V. 

Relc'hu (de 2 syll. , kcl-c'hia), v. a Cer- 
cler, mettre des cercles ou des cerceaux. Cer- 
ner. Entourer. Enceindre. Envelopper. Blo- 
quer. Part, kelc'hiel. Likil kelc'hii ar varaz , 
faites cercler le baquet. A'om/i kéc liid awalc'h 
évit kclc'hia ann li , nous ne sommes pas assez 
de monde pour cerner la maison. On dit aussi 
kilia , dans le même sens. En Vannes, ker- 
lein — ^En Galles , kdc'hi. H. V. 

Kelc'hiëk (de 2 syll., kel-c'hier), s. m. 
Enchanteur. Magicien. Sorcier. Tout homme 
qui , selon l'opinion du peuple , a un pacte 
avec le diable, pour faire des malélices. PI. 
ien. Kcic'hier signifie, à la lettre , faiseur de 
CERCLES. Voyez les mois précédents. 

Kelc'houé. Voyez Kelvez. 

Kelié>en ( de 3 syll , kc-lie-nen ) ou Kelé- 
NEN , s. f. Mouche, petit insecte ailé. PI. ke- 
lien ou kclen. Eur gcliéiicn a zo kouczed el 
léaz , il est tombé une mouche dans le lait. 

Kelié>e?<-vors, s. f. Taon , monchequi per- 
sécute les chevaux et les bêles à cornes en été. 
PI. kt'lien-mors. A la lettre , mouche K^GouRDIE, 

ou ENGOURmSSANTE , OU LENTE , OU l'ARESSEUSE. 

Voyez BouLiEN. 

KELIÉ^E^-ZALL , S. f. Le même que le précé- 
dent. A la lettre, mouche aveugle. 

Keliének ( de 3 syll. , ke-lii!-nck ) ou Kelé- 
NEK , adj. Sujet aux mouches. Couvert de mou- 
ches. Keliéneg eo ar gégin-mañ , celte cuisine 
est sujette aux mouches. 

IvÉLiNA , v. n. Mettre bas. Faire ses petits , 
en parlant des chiennes, des chattes, des 
truies, etc. VaTi.eC.h'élinedco ar gazez tccHn,\i 
chatte blanche a fait ses petits. Un dit aussi Âo- 
Icnni, dans le même sens Voy. Koi.ris et Nohein. 

IvBLL , s. m. Testicule, deux corps glandu- 
leux qui appartiennent au mAlc de chaque ani- 
mal , et qui servent à perfectionner la matière 
destinée à la génération. PI. duel daou gell.On 
dit aussi kvllou. Voyez Kall. 

D. B. F. 



KEL iH'') 

Kell. Voyez Rel, deuxième article. 

Kei.léaz ou Kellez , s. m. C'est le nom que 
l'on donne au premier lait d'une vache qui 
vient de faire son veau. Je crois ce mot rom- 
posé (le /v('( pour j7f<( , fauve, et de léaz, lait. 
En effet, ce lait est d'un jaune un peu foncé, 
et j'ai lîiitcndu , dans les environs de .Nantes, 
lui donner, en français, le nom de lait bai. 

Kei.iek, adj. et s. m. Qui a de gros testi- 
cules. Pour le plur. du subst. , kctléten. On dit 
aussi /£a((oc'/(, dans le même sens.Marc'h kellek 
ou kalloc'h, cheval entier, qui n'est pas hongre. 
Kellek ( que l'on écrit communément quellec], 
est un nom de famille connu en Bretagne. 

Kellérikd , s. m. pi. Bribes, restes d'un 
repas. Graillons , graisse brûlée. H. V. 

Kellez. Voyez Kelléaz. 

Kellid , s. m. Germe , partie de la semence 
donl se forme la plante ou l'animal. La pre- 
mière pointe qui sort du grain , etc. , lorsqu'il 
commence à pousser. PI, ou. A'éma kéd ar 
c'hcllid er méaz , le germe n'est pas encore sor- 
ti. Voyez Hëgin et Bragez, deuxième art 

Kellida , V. n. Germer, produire le germe 
au dehors. Pousser, en parlant des plantes el 
autres végétaux. Part. cl. Kvllida a rai ann 
éd gañd ar glaô , la pluie fera germer le blé. 

Élellidérez, s. m. Germination , premier 
développement des parties du germe. 

Kelulik , s. m. Canif. ,Cürn.) PI. kellili- 
gou. Voyez Kamved. H. V. 

Kélorn, s. m. Baquet couvert. Vaisseau 
servant à renfermer la provision de sel au coin 
du foyer. C'est aussi le vaisseau où l'on con- 
serve la viande salée dans la saumure. PI. iou. 

Kelou. Voyez Kel. 

Reloué. Voyez Relvez. 

Relouées. Voyez Relvézek. 

Reltiai) , s. m. Celte , nom d'un peuple 
qu'on s'accorde à regarder comme un des an- 
cêtres des Bretons. V\.kcHied. Ce mot estau- 
jourd'hui peu usité en Bretagne. 11. V. 

Keltiek , adj. Celtique. II. V. 

Relvez , s. m. Coudrier ou noisetier , arbre 
ou arbrisseau qui porte des noisettes. — Au ligu- 
re, refus. Parce que la jeune (ille qui refusait 
un jeune homme en mariage lui présentait 
une branche de coudrier. H. V. Kelrézen. f., un 
seul coudrier ou une tige de coudrier. PI. kel- 
l'cicnnou ou simplement kelvez. Eurvdz kclvcz 
a zd bré.tk . un bâton de coudrier est cassant. 
En Van., kelc'houé , kelc'houéen. En Trég. et 
Corn. ,keloué,kelouéen. — En Galles, A-oIrcr , 
(de/io((, perte, et de (7 irc: , en construction, 
wez ou vez, arbre.) h'elve: am eus bel , j'ai eu 
un refus ; à la lettre, du coudrier. \\. V. 

Relvézek, adj. .Vbondant en coudriers, en 
noisetiers. Plein ou couvert de coudriers. Eu 
Vannes, kelc'houéek. En Tréguier , ksloucek. 
En l^ornouaille, kclcéek. 

Relvézek, s. (. CoUdraie, lieu plamé de 
coudriers , de noisetiers. PI. kelrczégou. Voyez 
à l'art, précédent les dilTérontcs manières do 
prononcer ce mot , suivant les dialectes. Ou 
dit aussi kilcid , en (]orn. , dans le même sens. 

24 



i8G 



KEM 



Kkm. Particule, la même que le cum des La- 
tins , le cum ou con (Jeu Français , et le si/n 
des (irecü. Il signifie avec, ensemble. Kem- 
meski , uiélaiiger, mêler enHemlile , /cembrr , 
cunllurnt , qui cuule ensemble. 

Kemiik.h, s. L Cunilucnt, l'endroit où se 
joignent deux rivières. — Compagnon. Associé. 
Caaiarade. 11. V. l'I. iou. Il est peu usité. 
Voyez AuER. 

Kemdot ou KoHBOT , S. m. Etage, espace 
entre deux planchers dans un bAtiment. Ter- 
rasse, levée de terre dans un jardin , etc. , 
faite de main d'homme. V\. kcmbutuu ou kum- 
bolou , et , par abus , kembochou ou kombo- 
chou. Enn trédé kembol é choum , il demeure 
au troisième étage. É ma ô valé war hé gom- 
bol, il se promène sur sa terrasse.— En Corn., 
komboul.En'tré^.,kamboiU. II. V. 

KEMnnô. Voyez Kenvhô. 

Këmêmbr, s. m. Tailleur d'habits. PI. ien. 
Goulennid digañd arc'hnnéner mard-eo gréai 
va zaé, demandez au tailleur si mon habit est 
fait. On donne aussi ce nom au faucheux , 
es()èce d'araignée à longues pattes , celle par- 
ticulièrement qui vit sur l'eau. Voyez Fal- 
c'hek , deuxième article. 

Kémëneb-vûr , s. m. Homard, écrevissc de 
mer.Pl. kéménérien-vâr. A la lettre, tailleur 
DE mer ou FACCHEUX DE MER. Voyez le mot 
précédent et I.égestr. 

Këménërez , s. f. Tailleuse. Couturière. Lin- 
gère. PI. cd. Kasid al lien-zé da di ar gémé- 
nére: , portez cette toile chez la lingère. 

Këmengadeb , s. m. Messager. PI. ien. De 
kémenn, message. ( Barzaz Breiz.) H. V. 

Këmenn, s. m. Mandement. Commande- 
ment. Ordonnance. Injonction. Ordre. Pré- 
cepte. Fief Message. PI. ou. N'en deûz kélseñ- 
tel oud ar c'hémennou , il n'a pas obéi aux or- 
dres , aux ordonnances. On dit aussi , et 
plus ordinairement , dans le même sens , ké- 
mennadurez. Voyez Golrc'hëmenn. 

Këmenn. Voyez Këhenna. 

Këmenna , et, par abus, Këmenn,v. a. Man- 
der , faire savoir par lettre ou par message. 
Commander. Ordonner. Enjoindre. Part. et. 
Kémennid ann drd-zé d'ézhafi , mandez-lui ce- 
la. Gril kémeñd a vézô kémenned d'é-hoc'h , 
faites tout ce qu'on vous commandera. 

Këmeknad et Kémennaddrez , s. f. Le 
même que kémenn. 

KëmenTj adv. Tant. Autant. D'égale gran- 
deur ou quantité. Kémeñd hamé, autant que 
moi. Kémeñd a dùd a zô , né hellann kél Iré- 
ménoul, il y a tant de monde que je ne puis 
passer. Kémend ha kémeñl , également , autant 
l'un que l'autre ; mot à mot, autant et autant. 
E kémend ha , en tant que. War gémeñl-sé , là 
dessus , à cesujet ; mot à mot , sur autant la. 
On emploie aussi kémeñl comme substantif. 
Kémend ail, eitr c'hémend ail , une fois autant; 
mot à mot, un autant autre. Daou gémeñd 
ail , deux fois autant ; mot à mot , deux autant 

AUTRE. 

Këmer , s. m. Prise. Capture. 



KEM 

Kémërer, g. m. Celui qui prend ,qui reçoit, 
qui acir.ple. PI. ien. 

Këmërkt. Voyez Këmërout. 
Këmëridigp.z, s. f. L'action de prendre, de 
recevoir , d'accepter. Acceptation. 

Këmëboit , et , par abus , Këmëret, v. a. 
Pri'iidre. Saisir. Kecevoir. Accepter. Part, ké- 
méret. Kémérid ann lamm baramañ, prenez ce 
morceau de pain, lia kéméroud a ril-hu hon 
kinnik ? acceptez - vous notre offre ? En Tré- 
guier , on prononce , par abus , koumer , à 
l'infinitif. V'oyez Digëmêiioi't. 

Kemm , s. m. Change , troc d'une chose con- 
tre une autre. Echange. Permutation. Choix. 
PI. ou. Gréomb eur c'/iemm, faisons un troc , 
«n échange. Pétrd a rôol-hu d'in é kemm ? que 
me donnerez- vous en échange.' On emploie 
aussi /lemm dans le sens de comparaison, pa- 
rité , égalité , différence , distinction , dispro- 
portion. N'eùz kéd a gemm eñlréz-hô, il n'y 
a pas de comparaison entre eux. Rei kemm , 
rendre la pareille. Kalz a gemm a zo , il y a 
une grande différence. Voyez Eskemm. 

Kemma, V. a Changer. Echanger. Troquer. 
Permuter. De plus, comparer. Egaliser. Dif- 
férencier. Distinguer. Discerner. Part. et. lia 
c'houi a garré kemma hô marc h oud va hini ? 
voudriez-vous troquer votre cheval contre le 
mien ? Né hellfenn kéd hô c'hemma , je ne sau- 
rais les différencier, les distinguer. 

Kehmadur, s. m. Changement. Mutation. 
Action de changer, d'échanger, de comparer, 
de distinguer , etc. 

Kbmmesk , s. m. Mélange , ce qui résulte Ae 
plusieurs choses mêlées. Mixtion. Complica- 
tion. Confusion. Alliage. Ensemble. Né gavarm 
kél mdd ar c'hemmesk-zé , je n'aime pas ce 
mélange. 

Kemhesea. Voyez Kemngsei. 
Kbmmeseadur, s. m. Action de mélanger, etc. 
Kemmesealez , s. f. Ripopée, mélange de 
différentes liqueurs, de diverses sauces , etc. 
Voyez Kemmess. 

Kemmesket, adj. et part. Mélangé. Com- 
pliqué. Confus. Embrouillé Ré gcmmeskedeo, 
c'est trop mélangé. Eur c'hlénvéd kemmeskeà 
é deàz , elle a une maladie compliquée. 

Kemmesei ou Kemmeska, V. a. Mélanger. 
Entremêler. Confondre. Falsifier. Frelater. 
Part. et. Kemmeskil-hô mai, mélangez-les 
bien. Ar marc'hadour-zé na gemmesk kéd hé 
win , ce marchand ne frelate pas son vin. 
Voyez Mesei. 

Kehucz , adj. Changeant , qui change faci- 
lement , qui est sujet au changement. Muable. 
Kempenn, adj. Arrangé , qui est en ordre. 
Agencé. Propre. Décent. Bienséant. Kempenn- 
brdz eo bépréd , il est toujours bien arrangé , 
fort décent. Voyez Dérëad. 

Kempenn.\ , V. a. Parer. Caparaçonner. if em- 
penna eur marc'h, caparaçonner un cheval. 
Kempen.net kaer eo , il est très-paré. En em 
gempenna , s'adoniser. Voy. Kempenni. H. V. 
Hempennadurez ou Kempennidigez , s. f. 
Arrangement. Ordre. Agencement. Accomrao- 



KEN 

dcment. Ajustement. Propreté. Décence. Bien- 
séance. Ann holl a anav hé gempennadurez , 
tout le monde connaît son ordre, son arran- 
gement. Gant kalz a gempennadurez en cm 
tpiik alaô, elle s'habille toujours avec décence. 

Kempenm, et, jmr abus, Kf.mpenn , v. a. 
Arranger. Agencer. Mettre en ordre. Accom- 
moder. Ajuster. Approprier. Part. et. h'em- 
pennid ann drd-mañ , arrangez ceci, mettez 
ceci en ordre. 

Kempennidigez. Le même que kempenna- 
dvrez. 

Rempiiëd, adj. Qui est ou se fait en même 
temps , dans la même saison , à la même heure. 
Contemporain , qui est du même temps. AVw- 
préd é oañl , ils étaient contemporains. l'cr 
kcmpréd iñt , ce sont des poires de la même 
saison. Ce mot est composé de kem pour kcn, 
avec , et de préd , temps. 

Ken ou Kenn, conj. Si. Aussi. Autant. 
Tant. De plus, jusque. Jusqu'à. A'fnùcJ, aussi 
bas. Ken uc'hcl, aussi haut. Né két kendoun, 
il n'est pas si profond, h'en noaz , aussi nu. 
Ken téô hag hé vrcûr eo , il est aussi gros que 
son frère. Ken na zeûi, jusqu'à ce qu'il vien- 
ne. Ken se met seulement devant les voyelles 
et devant les consonnes d , n , t. Voyez Kbr, 
quatrième art. , et Kel , troisième article. 

Kén , adv. négat. Non plus. Pas plus. Pas 
davantage. N'em eùz kén , je n'en ai pins . je 
n'en ai pas davantage. Uép-kéñ , sans plus. En 
Vannes , kin. 

Ken , particule usitée en composition. Elle 
équivaut à la préposition latine eum , avec. Ken 
s'emploie aussi comme adjectif, dans le sens 
de commun, banal, public. Voy. les composés. 

Ken, adj. Beau. Joli. Ce mot n'est plus con- 
nu aujourd'hui qu'en composition; maison 
le retrouve danslesécritsancicns.Voy.KÉNED. 

Ken-berc'uen , s. m. Copropriétaire, celui 
qui possède quelque chose parir^divis avec un 
autre. PI. ken-perc'henned. Ar c'hcn-hcrc'hcn 
eo eùz ann li-mañ . c'est le copropriétaire de 
celle maison. Voy. Ken, 3' art., etjPEiic'HEN. 

KEN-BL.4NÉDEN, S. f. Satellite, asire qui 
tourne autour d'une planète. PI. ken-planéden- 
nou. ïl.V. 

Ken-forn , s. f. Four commun , four banal , 
four public. Voyez Ken, troisième article. 

Ken-gañv , s. m. Condoléance, témoignage 
de douleur, de regrets. PI. ou. Voyez Ken, 
troisième art. , et Ka.nv. 

Ken-gañvaoui , v. n. Témoigner la part que 
l'on prend à la douleur ou au chagrin de quel- 
qu'un. 

Ken -GARAÑTEZ , s. f. Union des cœurs.. ami- 
tié réciproque. Bonne intelligence. Concorde. 
Voyez Ken, troisième article, et KahaStez. 

KEN'GwiR ou Ken-wîr, s. m. Le droit com- 
mun. Le droit ordinaire et fondé sur les ma- 
tières générales. Voyez Ken, troisième art. , 
et GwIr , deuxième article. 

KEN-I.ÈVÉNEZ , S. f. Félicitation. Congratu- 
lation. Témoignage envers ses amis du plaisir 
que l'on éprouve du bien qui leur arrive. 



KEN 187 

Voyez Kf.n , troisième article, et Lèverez. 
Kkn-nébeCtou KenébeCt , conj. et adv. 
négatif. Non plus. Pas plus Pas davantage. Né 
két iaouañk, ken-nébeüd ha tné , elle n'est pas 
jeune , non plus que moi. Na fini- két , ken- 
néheûd hapa vé marâ , il ne bouge pas , non 
plus que s'il était mort. Voyez Kén. 

Ken-ners, s. m. Secours. .\idc. Voyez 
Skoazel. 

Ken-nerza , v.a. Secourir. Aider. Part. et. 

Kenoaz , s. m. Concurrence , prétention de 
plusieurs personnes à la même chose. Voyez 
Këfërërez, prem. art. , et Ke.ndamoiez. 

Ken-ôbeb , s. m. Coopération , action de 
celui qui coo|ière. Concours. PI. iou. Voyez 
Ken , troisième art. , cl Ober , prem. art. 

Ken-ober,v. a. Coopérer, agir conjointe- 
ment avec quelqu'un. Concourir , produire un 
efl'et avec... Part, ken-c'hréal. Voyez Ken, 
troisième art. , et Ober , deuxième art. 

Ken-ôbéridigez, s. f. Le même qac ken- 
ôber , premier article. 

Ken-ôbérocb , s. m. Coopérateuf , celui qui 
coopère, qui concourt avec quelqu'un. PI. ien. 

Ken-véva , V. n. Vivre en commun. Part. 
ken-vével. Voy. Ken, troisième article, et Béva. 

Kkn-vilin , s. f. Moulin commun , moulin 
banal , moulin public. Voyez Ken , troisième 
article , et Milin. 

Ken-waller , s. m. Com|ilice, celui qui a 
part au crime d'un aulre. PI. ien. Voyez Ke."», 
troisième arliclc, et Gwam.er. 

Kkn-tnïr. Voyez Ken-gwîr. 

Këna, adv. Beaucoup; en très -grande 
quantité. En Corn. , kéna-kén. H. V. 

Kénavézô. Adieu , terme de civilité et d'a- 
milié dont on se sert en prenant congé les uns 
des autres. Ce mot est composé de ken , jus- 
qu'à ce que , de a , particule , et de bczô , en 
construction tîf'iô , troisième personne du fu- 
tur du verbe béia , être. Kénavézô pourrait 
donc se traduire par cette phrase : jisçc'a ce 
QUE SOIT, on sousentend le plaisir de tocs 
VOIR. Quelquefois on fait une phrase tout en- 
tière cl Ton dit : kénavézô ar c'hcnla gtcéled : 
h la lettre , jusqu'à ce que soit la première 
VUE , OU bien , comme nous le disons nous- 
mêmes , AU revoir. Hors de Léon, kénarô. 
Voyez KiMiAD. 

Keñkiz, s. m. Maison de plaisance déco- 
rée d'un bois ou d'un parc. PI. kcñkizou ou 
keñkisiou. On nomme ainsi les châteaux qui 
sont entourés de plusieurs bois ou bosquets. 
Keñkiz, que Ion écrit aujourd hui qucnquis , 
est un nom de famille fort commun en Bre- 
tagne. Il est traduit en français, dans les ac- 
tes , par PLESsis , DU ïlessis , le plessis. Sui- 
vant le P. Grégoire , kenkiz viendrait de kcn , 
beau , et de kiz , mode , façon. Je serais assez 
de son avis ; au moins je ne pourrais indiquer 
une meilleure élyniologie. 

Kenklao ( de 2 syll. , ken-klaô' , s. m. Elra- 
pe, instrument dont on se sert pour couper le 
chaume, les halliers, etc. PI. kenklaôiou i de 
3 syll. , ken-klaô-iou). Je ne counais ce 



i88 



IvliN 



mot que par le Dictiuiiiiairc de Le l'ellelicr. 

Kb.NUALc'ii, s. m. Maintien. Cunservatiuii. 
Cuntinuatiiin. De plus, perseM'taiice. Evil 
kéñdiiWh ar péoc'h en dcùi yical ln-inunl-sé , 
c'est |iijur le luaiiiticti de la paix qu'il a fait 
cela, (iaîil kendaU'h, avec {lerscvéraiice. 
Voyez Kk.niikuc'iiel. 

Kk.m>auali.kt , s. com. Coaccusé , celui ou 
celle qui est accusé avec d'autres. H. V. 

Kf..\uauuiez ou KEÑTiHüUEz(de 3 s^llab. , 
keñ-da-mouez ou keñ-la-muuez ), s. f. Emula- 
tion , désir d'égaler ou de surpasser ([uelqu'un 
en quelque chose de louable. Concurrence, 
prétention de plusieurs personnes à la même 
chose. /t(i/( déniaouank-honl n\n deùz lu'd 
ann distéra ktñdamuuez , ce jeune homme n'a 
nulle émulation. lîendumouez a zoélré-z-hô , 
il y a de la concurrence entre eux. A la ma- 
nière dont le V. Grégoire a partagé ce mot, il 
le croyait composé defcen, avec, elde tarnocz 
ou tainouez , tamis. Saus critiquer cette ori- 
gine , je me permettrai d'en ofl'rir une autre, 
et je ferai venir le mot kcfUamuuez de kvñla , 
premier , et de mouéz , voix. 

Kë.nuëuf ou Kü.ÑDERv , S. m. Cousin. Il se 
dit de ceux qui sont issus, soit des deux frè- 
res , soit des deux sœurs , soit du frère ou de 
la sœur , soit entin d'un oncle ou d'une tante , 
à la mode de Bretagne. PI. kiiidivvi- Ta c'hen- 
derv eo , c'est mon cousin. Ya c'hcndcrv gom- 
pez , mon cousin germain. En Vannes, /cuû- 
derf.V\. hañdiroui (de 3 syll. , kañ-dir oui ). 
Voyez Kémteuv. — En Galles, kefndcr. 11. V. 

Kë.^iiehc'hel pour Kendalc'ih, non usité , 
V. a. et n. Maintenir, tenir au même état. En- 
tretenir. Perpétuer. Conserver , garder avec 
soin. Persévérer. Persister. Se niaintenir. Se 
conserver. Part. kendalc'hel.N'Iu'n ktûdalchol 
két pell , vous ne le maintiendrez pas long- 
temps. Réd co kenderc'hel bélég ar marü , il 
faut persévérer jusqu'à la mort. A'hcUô hikenn 
kendcrc'liel , il ne pourra jamais se conserver, 
se maintenir. Ce mot est composé de ken , 
avec, et de dcrc'hel, tenir. Voyez Ke.ndall'h. 

Kenderv. Voyez Kf.>derf. 

Kexdekvia (de 3 syll. , ken dcrvia), v. a. 
et n. Cousiner , appeler quelqu'un cousin. 
S'appeler cousins. Se traiter de cousins, de 
parents. Part, kcñdcrviel. Né gdrkél kaiz keñ- 
dervia , il n'aime pas beaucoup à cousiner. 
Voyez Ke.ñderf. 

KeSderviez, s. f. Cousinage, parenté en- 
tre cousins. 

Kendrec'hi , V. a. Convaincre , réduire 
quelqu'un par le raisonnement ou par des preu- 
ves évidentes à demeurer d'accord d'une vé- 
rité , d'un fait. Persuader , porter à croire. 
Part. et. Kendrec'hed eobét war gévier, il a été 
convaincu de mensonges. Ce mot est composé 
de ken, avec , et de trec'hi , vaincre. 

Kendrec'huz , adj. Convaincant, qui a la 

force de convaincre. Kendrcc'Iiuz eo kcmeñl se, 

cela est convaincant. Voyez le mot précédent. 

Kéned ou Géned , s. f. Beauté. Agrément. 

Il ne se dit qu'en parlant du corps de l'homme 



KEN 

et de la femme. Üré huit é kumzeur eûz ac'ht- 
itçd ar plac'h-zc , on parle partout de la beau- 
té de Cette jeune tille. Vo). kAEUUUU. 

Kéjieu. Voyez KkC.nkio. 

Ké.>ëukl , s. f Tribu, une des parliebdunt 
le peuple est composé. PI. ou. H. V. 

KË^ÊUllL, s. f. Ijénération. PI. éd. II. V. 

Kê.nëouz, adj. Agréable. Beau. Joli, h'éni- 
duz eo ar vaouez-hwil , celte femme est belle , 
est jolie. 

Kénélédik. Voyez Bkôadek. II. V. 

Kënei' ou Kéneii, sorte d'adjrdil. Je ne l'ai 
entendu employer qu'en parlant des juments. 
Kéneb eo ar gazck wenn , la jument blaoche 
est pleine ou porte un poulain. 

Kenuanez, s. f. Allitération, coDsonnancei 
de mots. 11. V. 

Kénitbuv ou Kiniterv , s. f. Cousine. Pl.k«- 
niUnézcd ou kinHervézed. Dimézed eo gaftd hé 
gcnilerv , il a é[iiiusé sa cousine. En N'annes, 
kanilerv. PI. kanilerouczed (de 5 syll. , ka-ni- 
ler-oué-zed). — Enlialles, A:c/;a(cr. H. V. Voy. 
Kenuerf. 

Kenn , s. m. Peau. Cuir. Il n'a plus d'usage 
aujourd'hui en ce sens , que dans les compo- 
sés beskenn , bugenn , lalgenn , etc. Voyez 
Kroc'hkn et Ler. 

Kenn , s. m. La crasse de la tête. Les ordure» 
que l'on fait tomber en se peignant , ou qui 
s'attachent au peigne. Scorie , écume des mé- 
taux. Voyez OiiNÉzEH. 

Kenn. Voyez Ken, premier article. 

Kennig. Voyez Kinisig. 

Kenseurt, s. m. Camarade. Compagnon. 
Acolyte. PI. éd. H. V. 

Kenson , s. m. Accompagnement, en terme 
de musique. PI. lou. H. V. 

Kensoncz , adj. Consonant. H.V. 

Ke.ñt, prép. et adv. Avant. Auparavant. 
Plus tôt. Autrefois, h'enc ann deiz , avant le 
jour. £vci 7f('»( ha gondé , tout comme aupa- 
ravant. Keñléz oa deûel égcdarré ail , il é'ail 
rendu plus tôt que les autres. Ar ré geñt , les 
ancêtres ; à la lettre , les cecx ayant. 

Keñt-héd, s. m. Ar c'henl-héd, le premier 
essaim que jette une ruche. Ce mot est com- 
posé de keñi pour kcfUa , premier^ et de héd , 
essaim. Voy. Tarvbéd et Arc'hant-héd. 

Keñt-toñra, V. a. Prédestiner , destiner de 
toute éternité au salut ou à de grandes choses. 
Part. er. H.V. 

Ke.nt-to.nkadch , s. m. Prédestination , ar- 
rangement immuable d'événements que l'on 
suppose arriver nécessairement. H. V. 

Keñt-dileùri. Voyez Ke\t-toñka._H. V. 

Keñt-dileCridigez, s. f. Voyez Ke.nt-toñ- 

KADDR. H. V. 

Keñta, adj. numérique des deux genres. 
C'est le superlatif àekent. Premier. Première. 
Initial. 11 est aussi subst. Ar ré geñla , les 
premiers, les premières. Ar clieñla dén, le 
premier homme. Da geñla , d'abord , premiè- 
rement. Keñta s'emploie aussi adverbialement 
et signifie dès, aussitôt, silùt, le plus tôt. 



KEN 

Keñla mo her gwéliz, nussitùt que je le vis. 
En Vannes, kélañ. 

Ke.ñta-üwèlkd , s. m. Revoir, i)remicre 
Tcucoidrc. D'ar c'henta- (/leéled , au revoir. 
H. V. 

Kentamodez. Voyez Ke.\damui;£Z. 

Ke.ntëch. Voyez KeStiz. 

Keñtel , s. f. Leçon. Inslruclion. Enseigne- 
ment. Précepte. Correction. PI. tou. Liviridhù 
keñtel , dites voire leçon, heñlcliuu mùd c« 
ieùz heulied a béb amzer , il a suivi de bons 
préceptes de tout temps. Sa ankounar'hait lu'd 
ar (jcñld, n'oubliez pas la correction, h'enlil 
vàd , bon exemple , éJilication. Voyez Kéle.n. 

Ke.ñtel, s. f. Temps. Heure. Point, (ùkm- 
tel , à temps, à point, à propos, à l'heure. 
Ueûd 10 é keñlel , il est arrive à temps , à point 
nommé. Pép Ird en deûz hé ge.nlel, chaque 
chose a son temps. Voyez Amzeb et Préd. 

Kenfëlu (de 3 syll. ,k('ii-lé-Ua) , v. a. Faire 
la leçon à quelqu'un, instruire. Enseigner. 
Corriger. Edilier , porter à la vertu. Part, kiû- 
léliet. Réd eo keñlHia a-biéd hù puf/alc . il faut 
instruire de bonne heure vos enfants. A"'<;o kél 
keñtéliel awalc'h gañd hé dàd , son père ne le 
corrige pas assez. Va c'hcnlélicd é dviiz dré hé 
c^homsiou màd, elle m'a édiCé par ses bons 
discours. Voyez I<i:LEM\'A. 

KsiNrÊLiER (de 3 syll., keñ-lc-lier] , s. m. 
Celui qui enseigne, qui instruit, qui édiüe 
par son exemple. Correcteur. Régent. Précep- 
teur. PI. icn. Kenlélier eu béd din, c'est lui 
qui m'a instruit, il a été mon précepteur, 
mon régent. 

Ke^télicz (de 3 syll. , Jcn-te'-Iiur'i, adj. 
Instructif, qui instruit. Qui corrige. Edifiant, 
qui porte à la vertu. 

Keñti-keSta , sorte d'adverbe ou d'inter- 
jection. A qui sera le premier rendu'/ A qui 
aura le premier fait'? En Vannes, kéii-kélañ. 

Keñtiz , adv. et prép. Aussitôt. D'abord. 
Dans le moment. Sur l'heure. Incontinent. lié 
c'hervel a rii , hag é leûaz keñliz , je l'appe- 
lai , et il vint aussitôt , incontinent. Keñlij: ha 
mè éz éaz kuit, il s'en alla aussitôt que moi. 
Keñliz lia ma hcr gwéliz, aussitôt que je le 
vis. En Vannes , kcntec'h ou kmlic'h. Voyez 
Kebkeñt. 

Re.ntoc'h , adv. Avant. Auparavant. Plus 
tôt. C'est le comparatif de A-c«J,etils sont em- 
ployés souvent l'un pour l'autre. lienloc'hann 
eu égéd égilé , plus tôt l'un que l'autre. Seul 
gcñloc^h , sfül ucUoch, le plus tôt, le mieux. 

Keñtb , s. f. Eperon, petit instrument de 
fer qui sert à piquer un cheval, pour le faire 
aller plus vite. Ergot. PI. ou. Eunti taol keñlr 
a rùaz d''hé varc'h , il donna un coup d'éperon 
a son cheval. 

Kentua , V. a. Eperonner, mettre des épe- 
rons. Part. (•(. Ileùzed ha kcûlred eo, il est 
Lolté et éperonné. 

Keîntrad , s. f. Piqûre ou coup d'éperon. PI. 
ou. Kaer en dévoa rei keñlradou d'hé varc'h , 
il avait beau donner des coups d'éperou à son 
cheval. 



Ki:i\ 



i8( 



Keñtrau ou Ke.'Ntuei) ou Kkñtiiê, a<iv. cl 
piép. .Aussilôt. D'abord liirunlincnt. Debonne 
iieure^ A temps. A point. Voyez Keñtiz. 

KE.ÑTaAoiKH (de 3 syll., keñ-lra-ouer], s. m. 
Celui qui donne de l'éperon , qui excite , qui 
encourage. PI. icn. 

Ke.ñtraoli do 3s\ll. , keñ-lra-oui), v. a. 
Donner de l'éjieron à un cheval. Piquer. Ai- 
guillonner. J'^xtilcr. Animer. Pousser. Encou- 
rager. Part. et. Keiilraouidhô mardi., ilonuvi 
de l'éperon à voire cheval. .Wu na geñtraoueur 
kéd anézhaft , né rai nélrà , .si on ne reu( ou- 
rage pas , il ne fera rien. Voyez Rrücda. 

Kt.ÑTRÉ. Voyez Ke.vtrad, deuxième art. 

Ke.vthed. Voyez Ke>trad, deuxième art. 

Ke-nther , s. m. Eperunnit-r, celui qui fait 
ou vend des éperons. PI. ien. 

Keñt-skbidik, s. m. Avant propos. Préa.ii- 
bule. PI. keñt-skridigou. H. V. 

Ké.nveb. Voyez Kèfeb. 

Kenvolrc'uiz , s. m. Concitoyen , citoyen 
de la même ville qu'un autre. l'I. ketuour- 
c'hisien (de 4 i)\\. , ken-vour-c'hi-iien). Va 
c htiivourc'hiz eo , c'est mon concitoyen. Ce 
mot est composé de ken, avec, et du ôonr- 
c'hiz , bourgeois. 

Ke.nvreCr (de 2 syll. , kcn-vreùr). s. m. 
Confrère, qui ci^t d'une même compagnie. PI. 
kenvrcüdeür. Kalz a genvrciidcür en deûz , il 
a beaucoup de confrères. C.e mol est composé 
de ken , avec, el de fcrciir, frère. 

Ke.wrô ou JvBNvnÙAD , s. m. Compatriote, 
qui est de même pays. PI. kenirOiz ou A-cn- 
vràidi. Va c'henvrôad ha va amézcg eo , c'est 
mon compatriote et mon voisin. On dit aussi, 
ta bro , mon compatriote, ce qui, à la lettre, 
voudrait dire tout simplemenl, M0^ pavs. Ken- 
r/oad est cimiposé de /if/i, avec , et de 6ro , 
pays, et delà terminaison ad, indiquant Tha- 
bitant d'un pays , d'une ville , etc. 

Kbnvvallébez , s. m. Complicité , participa- 
lion au crime d'un autre. 11. V. 

Kéôou Keù (d'une seule S) 11.), s. m. Creux. 
Cavilé. Crotte. Antre. Caverne. Gouffre. PI. 
ki'viou ou keiiiou (de 2 syll. , ké-viuu ou keù 
iouK Eur c'héô ou eur c'heù brdz a zo ahoñt, 
il y a là un grand creux , une grande cavilé. 
Voyez IvAÔ. 

K6ÔMDEN. Voyez Kefmden. 

Keb ou Kéab, s. f. Logis. Maison. Habita- 
tion. Village. Ville. Cité. Uourg. Bourgade. 
PI. ton. ueàd d'ar géar , \enct h la maison. 
lia leina a réot-hu er ger'l dinerez-vous à la 
maison'/ À ger é ker ,de village en village, de 
ville en ville. On distingue ordinairement une 
ville d'un village, en ajout.-int au mol ker le 
mot luarc'had , marché. Eur ger varc'had , une 
ville ; à la lettre , in village de harchê ou qii 
A UN MABCuË. L'île iuUnité de noms de lieux et 
de famille, en Bretagne, commencent par le 
mot ker, que les Bretons , par abréviation, 
représentent par un seul K barré de celte 
manière tc..\in.siau lieu il'ecrire Kerdu, ville 
ou maison noire , ils écrivent Jcdu , etc. 
IvEB , s. f. Arête, angle vif des pierres , des 



MJO 



KER 



bois cquarris , etc. 1*1. iuu. Voyrz Ko»> , 
deuxième article. 

Kéh, adj. Cher, qui est leiidrement aimr. 
Chéri. Précieux, llare. Cher , qui coù(e beau- 
coup, qui est de haut prix. Qui vend à plus 
haut prix que les autres. Va breùr kér , mon 
cher frère. Kér é véiô ann éd évténé, Je blé 
sera cher celte année. Ué gér eo ar marc'ha- 
duuT-ié , ce marchand-là est trop cher. Au 
comparatif , kéroc'h , plus clicr. kéruc'h érit 
biskoaz eo d'in , il m'est plus cher que jamais. 
Au superlatif, kéra , le plus cher. Né kéd ar 
c'Uéra eo ar gteella , ce n'est pas le plus cher 
qui est le meilleur, ëd Vannes , Arfr. — En 
tialles, kéar. II. V. Voyez Kéaz. 

Ker , conj. Si. Aussi. Autant. Ker se met 
devant les consonnes, excepté devant d, n,t, 
l. Ker brdz ha c'houi, aussi grand que vous. 
\é wienn kéd é oac'h ker kré , je ne savais pas 
que vous fussiez si fort. Voyez Kej» , 1" art. 

Kêbi. Voyez Ksa. 

Kt:R.iAT, V. a. et n. Rendre ou devenir plus 
cher. Enchérir. Uenchérir. Hausser de prix. 
Part, kéréel. ChoañiM deùz da géraad ar ta- 
ra , ils ont envie de renchérir le pain. Kéréed 
eo ann éd, le blé est enchéri, a haussé de prix. 

Këraooëgez (de 4 syll. , ké-ra-oué-gcz). 
Voyez Kernez. 

Kèraodez (de 3 syll. , ké-ra-ouez). Voyez 
Kernez. 

Kerke.ñt , adv. et prép. Anssitôt. D'abord. 
Incontinent. Immédiatement. Ue suite. Dès. 
Kerkeñl hag hi , aussitiVt qu'elle. Kerkeñt gou- 
dé ar roué, immédiatement après le roi. Ker- 
keñt é teùaz d'ar géar , il revint de suite à la 
maison. Ce mot est composé de ker , aussi , 
autant, et de keñt , avant, plus tôt. Voyez 
KeStiz. 

K'ERKOCLS , adv. et prép. Aussi bien. Au 
reste. D'ailleurs. Au surplus. liihan eo , ker- 
kouls ha mé , il est petit, aussi bien que moi. 
Kerkouls , pétra a glash-héñ aman? Au reste, 
d'ailleurs, que cherche-t-il ici'/ Ce mol est 
composé de ker, aussi , et de kouls , autant. 

Kerdd. Voyez Kerzu. 

Këré ou Kéréoi'r, s. m. Cordonnier, ar- 
tisan qui fait des souliers , etc. l'I. kérémirien 
ou kéréon. Id daglask va boutou dadi arc'hé- 
ré, allez prendre mes souliers chez le cordon- 
nier. Kéré (que l'on écrit vulgairement çuere',', 
et son plur. kéréon , sont des noms de famille 
assez communs en Bretagne. On pourrait ce- 
pendant trouver une autre étyraologieau nom 
de Kéréon, qui serait formé du mol ker, mai- 
son , village , et de Eon ou Éven , Yves , nom 
d'homme. 

Rérëà, V. n. Faire le métier de cordon- 
nier. Part, kéréet. Kéréa a ra ével hé dàd , il 
fait le métier de cordonnier, comme son père. 

Kérbñtiez ou KiHiÑTiEZ, S. f. Parenté. Con- 
sanguinité. Hon kérefuiez a zô a bell, notre 
parenté est éloignée. Moñd a réomb erméaza 
giriñliez , nous sortons de parenté. Voyez Kâr, 
deuxième article. 

Këréocb. Voyez Kérë. 



KEli 

Kërêol'hi , s. f. Cordonnerie , métier ou 
lioulique d'un cordonnier PI. /fcreouriou. Voy. 

* Kébrz.s. m. Cerise, fruil rouge à noyau 
Kérczen, f. , une seule cerise ou un cerisier. 
PI. kérézennou , ou simplement kérez [ lors- 
qu'il est question du fruit ) , kérézennou ou 
kérézenntd { quand on parle de l'arbre qui le 
porte;. Ar (fhérez-mañ a zô gwall dreñk , ce» 
cerise» sont bien aigres. Ar gérézenned a z/i 
gotôed a vleüñ , les cerisiers sont couverts de 
(Ir'urs. 

Kêrëzek, adj. Abondant en cerises. 

Kébëzek ou Këhëzkmnek , s. f. Cerisaie , 
lieu piaulé de cerisiers. PI. kérézégua ou kéré- 
zennégou. Kérézekcsl un nom de famille com- 
mun en Bretagne. 

Kërëzen. Voyez Kërez. 

Kergad, s. m. Coquillage, peti's poissons 
h coquille. Testacées. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Krogek. 

Kerc'h , s. m. Avoine , sorte de grain. Ker- 
c'hen , f. , un grain ou plante d'avoine. PI. kcr- 
c'hcnnou , ou simplement kerc'h. E ma ar 
marc h ô tibri hé gerc'h , le cheval mange son 
avoine. 

Kesc'iia , V. a. Donner de l'avoine à un 
cheval , etc. Part. et. Bélég aman omp deùcd 
hép kerr.'ha, nous sommes venus jusqu'ici, 
sans donner de l'avoine à nos chevaux , sans 
débrider. 

Kehc'hat. Voyez Kebc'hoot. 

Kgrc'hbk , s. f. C.hainp semé d'avoine. PI. 
kerc'hégou ou kerc'hégi. Eur xHOc'h am eùz 
gwélel er gerc'hek, j'ai vu une vache dans le 
champ d'avoine. 

Kebc'heiz ( de 2 syll. , ker-e'heiz ), s. f. Hé- 
ron, oiseau aquatique. PI. éd. Voyez Healé- 

GO!». 

Kerc'heîi , s. m. Poitrine. Sein. De plus, le 
tour du cou. Eur groaz é deùz enn hé c her- 
c'hcn , elle porte une croix au cou. Quelques- 
uns prononcent AeIc'/^en dans le dernier sens, 
et c'est peut-être avec raison. Voy. 6aEN?(iDet 

ASKRÉ. 

Kebc'hem, s. f. Conte. Fable. Narration fa- 
buleuse. Récit plaisant. PI. fcerc'/ienneu. Ce 
mot est du dialecte de Vannes. Voyez MÔJE«f 
et Tabikl. 

Kerc'ben. Voyez Kerc'h. 

Kerc'hoct , et , par abus , Kerc'hat, v. a. 
Chercher, rechercher, se donner du mouve- 
ment pour trouver. Quérir, chercher, avec 
charge d'amener ou d'apporter. Part. el. Ead 
eo d'hé gerc'hout, il est allé le chercher, le 
quérir. 'V'oycz Klaskodt. 

Keriad (de 2 syil., he-riad), s. f. La conte- 
nance, la plénitude d'une ville, d'un village. 
PI. ou. Eur geriad tûd , plein une ville de 
monde. Voyez Ker , premier art. 

Keriad ( de 2 syll. , ke-riad ) , s. m. Un ha- 
bitant de la ville. Un bourgeois. Un citoyen. 
Un villageois. PI. keriz. Le singulier est peu 
usité , mais on dit fréquemment ar geriz , les 
habitants de la ville, les bourgeois, les ci- 



KER 

toyens. Voyez Keb , premier article , et Bocr- 
c'uiz. 

Keriarez (de 3 syllab., he-ria-dez] , s. f. 
Femme habitant une ville. Bourgeoise. Ci- 
toyenne. Villageoise. PI. éd. 

Keriuz ( de 2 syll. , ke-riuz), adj. Qui con- 
tient beaucoup de villes, de villages. Eur vrô 
gcriuz co , c'est un pays couvert de villes. 
Kerl. Voyez Kelc'h. 
Kerlein. Voyez Kelc'iiia. 
Kerluz , s. m. Loche de mer, sorte de 
poisson de la grandeur et de la Tigure d'un 
hareng , mais un peu moins plat. PI. éd. Je ne 
connais ce nom de poisson que par le Ditt. de 
Le Pelletier. 

Kern, s. f. Le sommet, le haut de la tôle. 
On y ajoute ordinairement , dans ce sens, le 
mot penn , tête. Kern ar penn , le sommet de 
la tête. C'est aussi la couronne , la tonsure 
d'un prêtre , kern eur bélek. Kern est encore 
la trémie d'un moulin , l'entonnoir à quatre 
angles par lequel on fait tomber le blé entre 
les deux meules, pour le réduire en farine , 
kern ar vilin. 

Kernë ou Kernëô ( de 2 syll. , fcer-nA3 ) , s. 
m. Cornouaille. La Cornouaille, un des qua- 
tre cantons delà Bretagne qui ont donné leurs 
noms aux quatre dialectes principaux de la 
langue bretonne qu'on y parle. Eüz a Gerné 
au, ils sont de la Cornouaille. 

Kernëvad ou KER^ÉvoD , s. m. Cornouail- 
lais ou Cornouaillien, habitant de la Cor- 
nouaille. PI. kemévaded ou kernéviz. 

Kernévadbz ou Kernévodez j s. f. Cor- 
nouaillaise ou Cornouaillienne , femme habi- 
tant la Cornouaille. PI. éd. 

KER^EZ , s. f. Cherté , prix excessif des cho- 
ses qui sont à vendre. Eur gemez vrdz a vézô 
war ar zaoud , il y aura une grande cherté sur 
le prix des bêtes à cornes. On dit aussi ké- 
raouégez et kéraouez , dans le même sens. 
Voyez Kér. 

Kerniad , s. m. Joueur de Cornemuse. PI. 
kernidi. H. V. 

Kernigel, s. f. Vanneau, oiseau. PI. kcr- 
nigelled. En quelques endroits , on prononce 
komigel. 

Kéhoc'h. Voyez Kér. 
Kerreiz (de 2 syll. , ker-reiz), s. m. Po- 
lice , bon ordre dans une ville. Je ne connais 
ce composé que par le Diction, de Le Pelletier. 
J'ai toujours entendu dire reiz ker , ordre de 
la ville. 

KERREiz(de 2sy1l. , ker-reiz) , adj. Paisible. 
Pacifique. Modéré. Modeste. Morigéné. Ce mot 
n'est en usage que dans la Basse-Cornouaille. 
Voyez Habask. 

Kehs, s. f. Possession. Jouissance. Profit. 
JVcn deûz nélrd enn hé g ers , il n'a rien en sa 
possession. E ma ar gcrs anézhañ gan-éñ , 
j'en ai la jouissance. 

Kbrsë, adj. Etrange. Extraordinaire. Sur- 
prenant. Étonnant. Singulier. Bizarre. — Bis- 
cornu (Corn.) H. V. Kersé vvzô gañl-hi , elle 
trouvera étrange. Voyez Iskiz. 



KES 191 

Kebz nu Kebzed, s. m. Marche. Démar- 
che. Allure. Train. Daou zervezkerz ou kerzed 
a zû ac'hann di , il y a <lcux journées de mar- 
che d'ici là- Ar c'herzed, le marcher. Hé ana- 
vézcd am ctir dinuc'h hé gerzed , je l'ai recon- 
nu à son marcher , à sa démarche. En Van- 
nes , kerc'hed. Voyez Kahmed , prera. art. 

Kerza , V. a. Posséder , avoir à soi , en son 
pouvoir. Jouir. Part. el. 11 est peu usité. Voy. 
Kers. 

Kerzed. Voyez Kkrz. 
Kkr/.er , s. m. Possesseur , celui qui possède 
quelque bien, quelque héritage, cic. Proprié- 
taire. PI. l'en. Anaoud a rann kerzer ann li-zé , 
je connais le possesseur, le iiropriélairc de 
celte maison. Voyez Perc'hen. 

Kerzer, s. m. Marcheur. Promeneur. PI. 
icn. Né kéd eur c'herzcr brdz , ce n'est pas un 
grand marcheur. Voyez Kerzoct. 

Kerzërez , s. f. Celle qui possède quelque 
bien, quelque héritage, etc. Femme proprié- 
taire. PI. éd. 

Kerzërez , s. f. Marcheuse. Celle qui se 
promène. PI. éd. 

Kebzet. Voyez Kerzoüt. 
Kerzin , s. m. Alizc , petit fruit rouge , ai- 
gret. Kcrzinen, f. , une seule alizc , ou un ali- 
zier, arbre. PI. kerzinennou ou kerzinenned , 
ou simplement kerzin. Né vézô kél kalz a ger- 
zin éiléné , il n'y aura pas beaucoup d'alizés 
cette année. Unan cûz ar gerzinenned a z6 
diskarel gañd ann avel , un des aliziers a été 
abattu par le vent. 

Kerzinen. Voyez Kerzin. 
Kerzout , et, par abus, Kerzet, v. n. Mar- 
cher. Aller. Cheminer. Part, kerzet. Evit k«- 
meñl-sé eo réd kerzout kaer , pour cela, il 
faut bien marcher. Iicrsid aff^e, allez-\ous- 
cn de là. Voyez Balëa. 

Kebzd ou Keudd , s. m. Décembre , le der- 
nier mois de l'année. Miz kerzu , le mois de 
décembre, t-e mol est composé de ker, aussi, 
autant, et de dû, noir. Le mois de décembre 
est nommé aussi noir, par comparaison avec 
le mois de novembre , qui poite le nom de 
miz dû , mois noir. En Nannes , on dit ké- 
verdu. 

Kést , s. f. Corbeille, panier , soit en osier, 
en paille ou en bois plein. Uôid eur gést d'in 
da voñd da zasluini avalou , donnez-moi une 
corbeille pour aller cueillir des pommes. Kést 
est aussi le nom que l'on donne à la ruche, 
panier en forme de cloche , qui sert à mettre 
des abeilles. Dans ce dernier sens , on ne l'em- 
ploie guère seul , mais on y ajoute le mol gtré- 
nan, abeilles. Eur gésl-wénan , une ruche ; à 
la lettre , une correille d'abeilles. PI. oh. 
Voyez BoiiTEK et Paner. 

Kést , s. f. Quête. PI. ou. Ce mot , malgré 
sa physionomie française, est sans doute le 
même que le précèdent dont on aura étendu le 
sens. H. V. 

Kést , s. m. pl. Les vers qui s'engendrent 
dans les intestins de l'homme, parliculière- 
menl chez les enfants. Lou:ou-kési , remède 



igi KFT 

contrt! IfiS vers. Tersien ké$l a :o gañd ar bu- , 

Ïel-té, cfit cnfaiil a la liovru du vers. Vujez 
'hêv et BUZUGEN. 

Kést kIk-uwéz, s. f. Büiirriilie, panier 
dont on se sert pour envojcr du gibier. l'I. 
késtou-kik-gwh. II. Y. 

KÊ5TA , V. a. Mettre qaelque chose dans une 
corbeille. Kcnfcrmer un essaim d'alieilics datis 
une ruelle, l'art, et. h'éilid ann tôtiz , mettez 
la paie dans une corbeille. Deomp dti ycsla 
ar gwénan , allons mettre 1rs abeilles dans une 
ruclie. Voyez Ké^t , premier article. 

Kësta , V. a. et n. Quêter, faire laquèle, 
chercher. l'art, el. I)a gt'ita eo cul , il est allé 
quêter. La racine de ce verbe est kùl , cur- 
bcillc , il si^niliie , à la lettre , vaiue uu beu 

PUR s* C0U1IEILI.K. II. V. 

KtisTAD , s. f. La plénitude d'une corbeille , 
d'une ruche. l'I. iou. Diou géslad avalou en 
deûz kascd d'in, il m'a envoyé plein deux cor- 
beilles de pommes. Chctu eur géslad mdd o 
vcl , voilà une ruche bien pleine de miel. 
Késtad. Voyez Kostézen. 
Késtel ou Késtel-léstii , s. f. Hune , petit 
plancher en saillie autour du mat d'un navire. 
Hunier, le mal qui porte la hune. Quoique 
plusieurs prononcent kaslcl-h'slr , je suis de 
l'avis do Le Pelletier , qui pense qu'on devrait 
dire ké$l al léslr , la corbeille ou la ruche du 
vaisseau, h'éslel pouvant être considéré com- 
me un diminutif de kijst, un pourrait encore 
dire ki'slel-lcslr , et c'est la forme que j'ai pré- 
férée Au surplus , il est très-facile de confon- 
dre , dans la |)rononciation , ces trois manières 
d'écrire un mol. Cependant je crois que, dans 
l'usage , kcalel s'entend plus particulièrement 
du hunier , la hune étant désignée sous le nom 
de kaslcl , château. Voyez Kastel-léstu. 

Rester , s. m. Quêteur , celui qui quête. 
PI. icn. Voyez Kést y art. et Resta. U. V. 
Rét , particule négative. Pas. Point. Nulle- 
ment. Ki'l est toujours précédé de l'autre par- 
ticule négative ne , ne ou non. Né kél brdz , 
il n'est pjs grand. AV lavarô kél, il ne dira pas. 
Ret , préposition qui équivaut à ken en 
composition. Elle répond au cum des latins , 
francisé en ron ou co , dans con-frère , co-par- 
lageanl , etc. , et signifie , avec , et quelque- 
fois ^ ensemble, précédée de enn , dans les 
vieux livres. Ennkéi , ou en gél c dont , ils 
étaient ensemble. II. V. 

Rétaeu , s. m. Cohéritier, celui qui hérite 
avec un autre. PI. icn ou cd. Va c hélaer co 
Ici cnn digwéz-zé , il a été mon cohcrilierdans 
cette succession. Le P. Grégoire dit que ce 
mot vient de ken , avec, et de cr ou hcr , hé- 
ritier. Pour moi , je pense qu'il est composé 
de keil , autant , et de hcr , héritier. 

Rëtaëbez ( de 3 syll. , ké-laé-rez) , s. f. Co- 
héritière , colle qui hérite avec une autre per- 
sonne. PI. éd. 
Réta>'. Voyez Renia. 
Rétikétañ. Voyez REÑri-KE.ÑTA. 
Reù. Voyez Réô. 
Reùia. Voyez Révia. 



KEIJ 

KbiVë , s. ro. Prïfiur«, ce qui aeri à faire 

cailler le lait. Itùid euun nébeiit ktùté d'in Ua 
lakaad el léoi, dutinez-moi un peu de présure 
pour mellre dan.s le lait. Ou dit aussi Iro , dani 
le même sens. 

KeClë. Voyez KhvLtCk. 
Ueilisk. Voyez kËftliSh. 
ReC.nkCu , 8. m. liois à brûler. Buis de 
chaulTage. h'eiineiiden , f. , une seule bùcbcou 
bi^ehctle. |-1. keiineùdennou ou simplement 
keùnedd. IAkil keiincùd enn Idn , mettez du 
bois dans li^ feu. Htùneùdtn s'emploie aussi 
au figuré pour un sol , un benêt , un niais , 
un àne. Eur yeûneùdtn n'eu kén , ce n'eit qu'urk 
sut Eu N'armes, kaned ou kéncd Voy. Road. 
RkCneluek, adj. Abondant en bois de 
chaulVage. SékédeuT vrô geùneùdek hou-muñ, 
ce pays-ci n'est pas abondant en buis de 
chaullagc. 

Rel.nkldkk , 9. f. Brtehcr , lieu où l'on serre 
le bois à brOiler. PI. keùiuddégou. Hé dôst étna 
ar geùneiidek d'ann tdn , le bûcher est trop 
près du feu. 
Reïneldex. Voyez RelneCd. 
ReC.neCta, y. n. Ramasser du bois à brû- 
ler. Exploiter ou couper du bois à brûler. Part. 
e(. Kased en deùz lu: vugalé da gedneùla , il a 
envoyé ses enfants ramasser du bois. O fceii- 
nedla é niiñt, ils coupent du bois à brûler. 

ReOneitakk f de 3 syll. , ftfii-neii-(a«r) , s. 
m. Celui qui va ramasser du bois à brûler. 
Bûcheron , celui qui travaille à abattre et à 
e\()loitcr du bois à brûler. PI. icn. h'alz keû- 
neùlaéricn am eùz kaved er c'hoad , j'ai trouvé 
beaui^oup de personnes ramassant du bois à 
brûler dans la f'urot. Eur c'Iieùneùlaer màd eo, 
c'est un bon bûcheron. 

Reù.nuje.n , s. f. Imprécation. Malédiction. 
Souhait de malheur. PI. kcûnujennou. Voyez 
Prolk-Pédem. 

Rel.>cje.>m , V. n. Faire des imprécations 
contre quelqu'un. Maudire. Voy. Dboük-Pédi. 
ReCrelk.s. m. Saumon coureur, poisson. 
V\. keiircùgcd. Voyez Eok. 

ReùrlZjS. m. Espèce de petite anguille. 
lieùruzen , i. , une seule petite anguille. PI. 
keiiriizennou ou simplement ftciiruz.Voy. Sili. 
ReCrlza, v. n. Pêcher de petites anguilles. 
Part. et. Ce mot et le précédent ne sont pas 
connus hors de Léon. 

Reùstëûeen, s. f. Mauvais ragoût. Mets 
mal apprêté. Je ne connais cemot employé 
que dans cette phrase proverbiale : l'èp lou- 
douren a gav mdd hé c'hcûsleuren; à la lettre, 
chaque fem.me malpropre trocve bon ses 
MAUVAIS RAfioLTs , pour dirc que chacun trouve 
son ouvr^ige bien fait ; qu'il est content de 
ce qu'il a fait. 

ReCz , s. m. Regret. Repentir. Douleur. 
Chagrin. — Componction. H. V. Kcûzhràzam 
cùz da véza lavarel kéinent-sé, j"ai un grand 
regret d'avoir dit cela. Né grédann héd d'hé 
c'hcùz , je ne crois pas à son repentir. En 
Vannes , ké. 
Rëlzeùdik, adj. Contrit, quia un grand 
regret 



KEV 

regret de ses fautes. Voyez Kelziek. 
Keùzeldikaat , V. n. Avoir la contrition. 
( Lag. ) Part, keûzeddllcéel. II. V. 

Kelzeùdigez , s. f. Contrition , regret et 
douleur de ses fautes. Voyez Kiaz. 

KeCzu (de 2 syll. , heû-zia) , v. n. Regret- 
ter. Avoir regret. Etre repentant. S'attrister. 
Il s'emploie aussi activement pour signifier at- 
trister, aflliger, rendre triste, l'art. Iccûzict. 
li'cùzia a raiô pell-amzer d hé c'krég , il re- 
grettera longtemps sa femme. Hcgcûzicdhoc'h 
eùz , vous l'avez attristé, afl1igi5. 

KeCziek (de 2 syll. , kcti-zick), adj. Regret- 
tant. Repentant, h'cûziek hrdz ounn cûz agé- 
meñl-sc, j'en suis très-repentant. 

Kelziuz (de 2, syll. , keü-ziui) , adj Re- 
grettable, digne de regret, qui mérite d'être 
rcgrellé. 

Kévalen. Voyez Kéfai.kn. 
Kéyatal , adj. Proportionné. Egal. Equi- 
valent , qui est de même valeur , de même 
prix. EquipoUent. Pép Ira a :(> Icévalnl cnnli- 
Iwi'U, tout est proportionné dans cette mai- 
son. Kévcttal iñl é pép Ira, elles sont équiva- 
lentes en toutes choses. 

Kéved , s. m. Quenouillée, la quantité de 
lin, de chanvre, etc. , que l'on met sur une 
quenouille. PI. ^tj. Ce mot est du dialecte de 
Vannes. Voyez Kégéliad et Iaren. 
Kével. Voyez Kel , premier article. 
Kévélek. Voyez Kéfélf.k. 
Kévélékaat , v. n. Chasser la bécasse. Part. 
kévélékéet. H. V. 

Kéve.ñderf ou KévhSderv, s. m. Cousin 
issu de germains. PI. kéveñdirvi. Hors de Léon, 
kêfeñdiro. II. V. Voyez Ke.>derf. 
Kéver. Voyez Kéfer. 
Kéverdü. "Voyez Rerzd. 
Révérer. Voyez KÉFÉiiElt. 
Kévéhérez. Voyez Kéférérez. 
Kévbz ou KÉûUEz(de2 syll., ftc'-oueï^,s. 
m. Du jeune bois pliant propre à faire des 
claies, du treillage pour clôtures, etc. Kévé- 
scn ou kéouézen , f. , une seule tige déjeune 
bois. PI. kévézennou , ou simplement /rft'c;. 
Dans quelques anciens livres, on trouve ce 
mot employé pour signifier champ ci.os. Jiévez 
est composé , dans le premier sens, de kaé 
ou ké , clôture, haie, et de gwéz , en con- 
struction, i'(/z ou ivéz , afbrc. Dans la seconde 
acception , il vient de kaé ou kv, clôture, et 
de méz, en construct., vi'z, champ. VoJ.Koad. 
Kévézer. Voyez Référer. 
Révézérez. Voyez Référerez. 
Kévia ou Rei'ia (de 2 syll. , ké-via oti ken- 
ia ) , y. a. Creuser, rendre creux. Caver. Mi- 
ner. Fouir. Approfondir. Varl. kévicloü kcûiei. 
Né kél kévied awalc' k ar béz , la fosse n'est pas 
assez crçusée! Voyez Réô et Toilla. 

Réviadcir ou Rei^iadur (de 3 syll. , kc -via- 
dur ou keù-ia-dur ) , s. m. Action de creuser , 
de miner , dp fouir. 

Révier ou Relier (de 2 syll. , kêvkr ou 
A('ii-t(>r) , s. m. Celui qui creuse, qui mine , 
etc. Fossoyeur. PI. icn. 
D. B. F. 



KEZ 



if)j 



Kéviniañt. Voyez Répimv.nt. 
Kévimterv , s. f. Couiinc issue de ger- 
mains. PI. kéfinitcreézed. Voyez Rémitrrv.' 
RÉvi.Etift. Voyez RéfleC'é. 
Revn. Voyez Rei?(. 

Révré , s. m. Lien qui attache ensemble 
les deux bAtons qui composent un (léau à bat- 
tre le blé. Tout lien qui joint deux choses en- 
semtdc. Quelques-uns appellent aussi kévré , 
le lien d'une gerbe de blé , d'une bilb; de 
fuin , etc. Toute espèce de harts. PI. kierénu- 
/'/ ma darc da dcrti kéoré hù frel , le lien de 
votre fléau est sur le point de rompre.' On 
dit aussi kéfré. 
Révred. Voyez Révtibt. 
RÉvRÉniGEz , s. f. Accord. Concert. Intel- 
ligence. Union. — Comité, réunion de person- 
nes commises pour la discussion de certaines 
affaires. Association. Société intime. H. V. 
lialz a géwrcdigcz a z6 eñlré-z-ho , il y a 
beaucoup d'accord entre eux. Voy. U.wamez. 
Révre.n, s. f. Partie. Lot. Portion. Part. 
PI. kcvrennou. Ar gévren izéla , la partie infé- 
rieure. Va c'hécrcn éiiep , ma partie adverse. 
On dit aussi kéfrann et kévrann. Voyez R\sn 
et LùD. 

Révrenna , V. a. Partager. Faire les lots 
pour un partage. Arrangerles portions. Part. et. 
Révre.nnek , adj. et s. m. Copartagoant, 
celui qui partage avec un autre. Pourleplur. 
du substantif, ki'vrcnnéicn. Uaou gévrennrk é 
oamp , nous étions deux copartagoants. Il se 
dit aussi d'un partisan, de celui qui est atta- 
ché au parti de quelqu'un. Né kél kévrennek 
d'ézhan , il n'est pas son partisan. 

Kévrenner , s. m. Celui qui l'ait les lots 
pour un partage. Celui qui arrange les por- 
tions. PI. ien. 

RévRENNjDiGEZ , S. f. Partialité, attachement 
aux intérêts d'une partie ou d'une personne , 
au préjudice de ceux d'une antre. 

Révuexnuz , adj. Partial , qui a de la par- 
tialité. Qui prend les intérêts d'une pcrsoriue, 
par préférence a ceux d'une autre. 

Révret ou Révred ou Réfhet, adv. En- 
semble, l'un avec l'autre, les uns avec les 
autres. De compagnie. Conjointement. De 
concert. Ucùediñlkévret, ils sont venus en- 
semble. 
Révrrt, adj. Fédéral, qui est confédéré. II. V 
Révhidi. Voyez Rëfrioi. 
Rez. Voyez Réu. 
Réza. Voyez Reiza. 

RÉZF.K. C'est le |>luriel irrégulier de mare h, 
cheval, et de A'aicfc, jument, h'asidar e'hczek 
d'ar park, menez les chevaux au champ. Vov. 
Marc'h et Razek. 

Rezez. Voyez Réazez. 
Reznez. Voyez Réaznez. 
Rézocr. Voyez Rvézocr. 
Ri , s. m. Chien , animal domestiqae. Plur. 
le plus usité , mais abusif, cUas ( par eh Iraii- 
çais). Plur. ancien, moins usité, excepté dans 
les composés, kounn. Distag eo ar e'hi , le 
chien est détaché. lÀkid ar ehas er méa: , 



If)/! km; 

iiiultoz les cilirns dt-hurü. Haia kounn , nain 
(les chiens. huéU ur c'hounn .' c'est une furtc 
injure qui puurrait se rendre en Irançiis par 
cette phrase : pl'Issk-ti; dkvb.nib ia patihe 

DUS C.niUNS I 

Ki-i)(itAii, s. m. Busset , chien de chasse 
(lui a les jambes furt courtes et tortues. PI. 
chas-douar. Je ne connais ce mut que par le 
Dit t. du P. Grégoire. Il signifie, à la lettre, 

CilJIfN DE TEHHE. 

KÎ-DouH , S. m. Loutre, chien d'eau douce, 
animal amphihic. l'I. chas-dour. Ar c'In-duur 
a i-év gafit géol ha ijaiit pi'skéd, la loutre se 
nourrit d'herbe et de poisson. On dit aus^i 
dour-gi et dour-guunn. 

Ki-FouToutEK , s. m. Barbet. Chien barbet. 
Voyez FoL'TOf!..A. H. V. 

Ki Nôz, s. ra. C'est un des noms que les 
Bretons donnent au loup, par superstition , 
n'osant pas appeler parleurs noms propres les 
bêtes nuisibles. A la lettre , chien de m;it. 

Kî-RÉD , s. m. Chien de chasse. Chien cou- 
rant.— Lévrier. H. V. PI. chas-réd. Ce mot 
est composé de ki , chien , et de réd , course. 

Ki-sAoz , s. m. Boule-dogue, chien dont les 
dents sont en crochets. PI. chas-saoz. A la 
lettre , chien saxo.n. IL V. 

Kî-V(iR , s. m. Chien marin. Chien de mer , 
poisson. Requin, gros poisson de nier très- 
vorace. Ce mot est composé de ki , chien, et 
de 7nôr, nier. On dit aussi môr-gi. 

KiA , V. n. Soull'rir. Supporter. Essuyer. Ré- 
sister. S'opiniâtrer. Part. kiet. Réd co béd d'in 
kia oud ar vcz-zé , il m'a fallu essuyer, sup- 
porter celte confusion. Kied ameiiz'oul-hai'i. 
Je lui ai résisté. 

KÎD , s. m. Cercle de fer en forme de boite , 
qui garnit l'intérieur du moyeu d'une roue. 
C'est aussi , en général , tout cercle interne. 
Boite. Coque. Pot. Pi. ou. Voyez Kelc'ii. 

Kibel , s. f. Cuve. Cuvier. Baignoire, cuve 
pour prendre des bains. Bain. PI. kibellou. Li- 
hidduur dominer gibcl, mettez de l'eau chaude 
dans la cuve, dans la baignoire. Voyez Béol. 

KiBELLA , v. n. Prendre un bain dans la 
maison. Part. et. Réd é vézù kibella évid ann 
di-ovk-zé , il faudra prendre des bains pour ce 
mal-là. Voyez Korro-nka. 

EiBELiA, V. a. Encuver, mettre dans une 
cuve. Part. el. 

KiBELLAD, s. f. Cuvée, la plénitude d'une 
cuve , d'une baignoire. PI. ou. 

KiBELLADCB, S. m. L'aclion de prendre des 
bains dans la maison. Voyez Korronkébez. 

Kibellec'h , s. m. Bains. Maison de bains. 
Appartement destiné pour se baigner. PI iou. 
Ce mot est composé de kibel , bain , baignoire, 
et de Icc'h , lieu. Voyez Kobro.nken. 

Kibeller , s. m. Baigneur, celui qui prend 
des bains dans la maison. Celui qui tient des 
bains. PI. ien. 

RÎK ou KÎG, s. m. Chair. Viande. PI. kigou. 
Etre kig ha kroc'hen , entre cuir et chair. Eig 
astomm , de la viande réchauffée. Bevin , 
maout ha leùé a zô kigou brdz , le bœuf , le 



KIR 

mouton et le veau sont de grosses viandes. 

KIk-kresk, s. m. Coridylomc ou excrois- 
sance de chair. Voyez Khesken. 

KIk-dk.nt, s. m. liencive, cliair ferme el 
immobile dans laquelle les dents sont implan- 
tées. Il n'a pas de plur. A la lettre , cuaii de 

DE.NTS. 

KIkder, s. m. Embonpoint, bon état ou 
bonne habitude du corps. Etat de celui qui est 
grasset, dodu, potelé. Voyez KirnEU. 

KIk-gwèz , s. m. Gibier ; il se dit de certains 
aiiiniau.x qu'on prend à la chasse et qui sont 
bons à manger. Venaison. 11 n'a pas de plur. 
A la lettre , ciiAIB sauvage. 

KÎK-TORH , s. m. Courbature , douleur dans 
les jambes , les cuisses et les reins , prove- 
nant de fatigue, et qui fait courber le corps. 
A la lettre, cuAin boupue. Plusieurs pronon- 
cent kitorr. 

KioEL , s. f. Filet qui s'attache à deux 
pieux, à l'embouchure d'une petite rivière ou 
d'un gros ruisseau , pour prendre des anguilles 
et autres poissons. Nasse. Epervier. PI. kidel- 
lou. Leûn eo ar gidcl a zHiou , le lilet est plein 
d'anguilles. Voyez Roded. 

KiDEL, s. f. Litière qu'on met à pourrir 
dans les chemins pour en faire du fumier. Le 
lieu où se place celte litière. Ce mot n'est 
connu que dans les environs de Landerneau. 
Voyez GousiADEN et Baoz. 

KiDELLA , v. n. Pécher aux filets. Part. cl. 
Voyez KiDEL , premier article. 

KiEz, s. f. Chienne, animal domestique ; 
c'est le féminin dcki , chien. PI. éd. Eur giez 
vihan é (/e«z,elle a unepetite chienne. Voy. Kî. 

KiEZ-FocTODLEK , S. f. Cauiche , femelle du 
barbet. V\. kiézed-fcutoulek. H. V. 

KiEz-HÉD , s. f. Levrette , femelle du lé- 
vrier. PI. kiézed-réd. H. V. 

KlEZ-RODELLEK.Voy.KlEZ-FODTOCLEK.H.V. 

KiFNiDEN. Voyez Kef.mden. 

KÎG. Voyez KiK. 

KiGA , V. n. Prendre chair, se remplir de 
chair , en parlant d'une plaie. Part. el. Kiga 
a ra ar gouU, la plaie se remplit. Voyez KIk. 

KiGEK, adj. Charnu, garni, fourni de chair. 
Eigek brdz eo ar iar-zé , celte poule est bien 
charnue. 

KiGEL. Voyez Kégei. 

KiGEN, s. f. Muscle, partie charnue et fi- 
breuse, qui est l'organe des mouvements de 
l'animai. De plus , carnosité , excroissance de 
chair. PI. kigvnnou. Kigcnnou kré en deûz , il 
a de forts muscles. Eur gigen a zô oud hé fri , 
il a une carnosité au nez. Voyez Kîk. 

KiGEXNEK , adj. et s. m. Musculeux , où il y 
a beaucoup de muscles, qui a beaucoup (R; 
muscles. Daou zénkigcnncg iñt, ce sont (ieux 
hommes musculeux. Pour le plur. du subst. , 
kigennéien. 

KiGER, s. m. Boucher, celui qui tue les 
bétes ou qui en vend la chair. PI ien. Id da 
glask eunn lamm leùé da di ar c'higer , allez 
chercher un morceau de veau chez le boucher. 
— En Galles, kigour et kigez. H. V. 



KIG 

KiGËREZ <iu KiGËRi, S. f. Boucliprie.licuoii 
se vend la viande. Pt. ou. N'eùz la'd a gih 
maoul cr gigérez, il n'y a pas de muuton à la 
boucherie. 

KiGËBEZ , s. f. Bouchère , celle qui vend de 
la viande. l'I. éd. Lard co évcl eur gigérez, elle 
est grasse comme une bouchère. 

KiGLz , adj. Charncux, qui est composé de 
fiiair. Charnel, qui lient de la ch:iir, qui estde 
la chair. Carnassier, Carnivore, qui se repait 
dechair crue, qui mange beaucoup de viande. 

KiCHEN [par e/i français 1. È-kkhen , aAs . 
Près. Auprès Proche. A coté. A proximité. 
Vam c'hichcn , auprès de moi Enn ho hichen , 
à côté de vous. On voit par ces deux phrases 
que kichen est un suhst. qui a dû sigtjillor 
CÔTÉ ou PROXIMITÉ , quoiqu'il ne soit plus cm- 
[Hoyc que dans les composés. 

lïiiK-TAflô , s. m. Carlin , petit chien , do- 
guin à museau noir. PI. chasigou-larô. En 
Galles , ki-larou. H. V. 

KiJoiiT , V. n. Rencontrer quelqu'un. Aller 
à la rencontre de quelqu'un. Part. it. h'ijcd 
ejni eùz onch arm hini a glaskcnn, j'ai ren- 
contré celui que je chercliais. 

Kii. ,s. m. Le dos. Le revers. Le côté oppo- 
sé. Le derrière. Le sens contraire. L'arrière. 
Eunn taol a gil , un coup de revers. Kil cur 
gouñlel , le dos d'un couteau. Voy. Kein. 

' Kit, s. m. Quille, morceau de bois arron- 
di et plus menu par le haut que par le bas, 
servant au jeu de quilles. El , par imitation, 
le gros os de la jambe. PI. ou. On dit aussi , 
kileñ, f. , au singulier. 

Kii.GAMM, s. f. Sinuosité, qualité d'une 
fhosc sinueuse. Détour. PI. ou. H. V. 

KiiA , V. n. Reculer. Retourner. Part. et. 
Voyez Argila. 

kitDAivT, s. m. Grosse dent. Il se dit parti- 
culièrement en parlant des quatre dernières 
que l'on nomme vulgairement dents de sa- 
gesse. PI. kildefU. Ce mol est composé de kil, 
revers, arrière , et de daiil , dent. 

K.ILD0CRN , s. m. Le dessus ou revers de la 
main. Ce mot est composé de kil , revers , dos , 
et de dourn , main. 

KiLDOuRNAD , S. m. Un coup du revers de la 
main. PI. on. Voyez le mot précédent. 

KiLDREi pour KiLDKoi, nou usité , v. n. Er- 
rer, aller à l'aventure. Part, kildrôcl. KUdrûcd 
en deùz héd ann deiz , il a erré tout le jour. 

Kii.DRô, adj. et s. m. Inconstant. Léger. 
Volage. Changeant. Variable. Vagabond. Trom- 
peur. Ce mot est compo.sé de kil , revers , et de 
(rd du verbe Irci , tourner. Kildrû co évcl cur 
loihkn, il est volage comme une girouette. 
Voyez Edrô. 

KiLDRÔAD , s. m. Révolution. Changement. 
PI. 0«. H. V. 

Ku.EK OU KuoK, s. m. Coq, oiseau de basse- 
cour, le raAle de la poule. V\. ki[cien. Da gdn 
or chilek, au chant du coq. On dit aussi Aofc, 
dans le même sens. Voyez Lvr. 

KiLEK-ROAD, s. m. Pivert, oiseau. PI. ki- 
léicn-koad. A la lettre , coq de bois ou de fo- 



klL 193 

nÊT. On le nomme aussi kazek-koad et eùbeù.1 
kuad. 

KUEK-GWÉZ ou KlLEK-GOCÉZ , S. m. C'cSt 

le nom que l'on donne au faisan et au coq de 
bruyère. PI. kilèien- gwéz. A la lettre, co(f 

SAUVAGE. 

Kn.KK-RADEN , S. m. Sauterelle , insecte qui 
marche par sauls. C'est aussi le nom que Ion 
donne à la cigale, insecte. PI. kiléien-raden. 
A la lettre, cov DEFOCCfeBE.Voy.kABV-iiADE?!. 

kiLÉGEz , s. f. Le germe d'un œuf. On dit 
aussi klui et boédenvi. 

KiLÉRi , s. m. Ortolan , oiseau un peu plus 
peut que l'alouette , mais fort gras et très-dé- 
lirat. PI. kiléried. Kalz a giU'ried a zâé Etiez- 
Vdz , il y a beaucoup d'ortolans à l'Ile de Baz. 

kiLÉvARDON , s. m. Du [)orc frais, de la 
chair de cochon non salée. Likid cunn tamm 
kik'vardon war ann làn , mettez un morceau 
de porc frais sur le feu. 

kiLc'uA ou kiLGA , et, par abus, Kilc'hat 
et KiLGAT, v. n. Cligner, fermer l'œil à demi. 
Bigler. Part. el. On dit aussi gwilc'ha, dans 
le même sens. 

KacHADiiR, s. m. Clignement, action de 
cligner, de bigler. On dit aussi gtcilc'hadur , 
dans le même sens. 

KiLiA ( de ^ syll. , ki-lia ) ou KirA , v. a. Le 
même que kelc'hia. 

ku-OK. Voyez kitEK. 

Ku.oni, s. m. Amour ardent et passionné , 
poussé jusqu'à la fureur. Je ne connais ce mot 
que par le Dictionnaire de Le Pelletier. Voyez 
Okged et Oriadez. 

Kn.oROD , s. m. pi. Ar c'hilorou , le chariot 
ou avant-train d'une charrue. 

kILPE^N, s. m. Le derrière de la tète. Ce 
mot est composé de kil, dus , derrière , et de 
pcnn , télé. 

KiLPENNAD , s. m. Entêtement. Opiniâtreté. 
Obstination. Voyez Kîl el Penxad. 

kiLPENNEK , adj, et s. m. Opiniâtre. Obsti- 
né. Entêté. Têtu. Mutin. Rebelle. Séditieux 
Pour le plur. du subst. , kilpcnncien. Kilncn- 
nek brd: oc'h, vous êtes bien opiniâtre. /sur 
cliilpenneg eo ciiz ar ré gcñla , c'est un re- 
belle des plus forcenés. Voyez Pe>>ek. 

kiLPENNÉGEZ, S. f. Fcmuie opiniâtre , en- 
têtée, mutine, etc. PI. f(L 

* kiLvERs , adj. Il a la même signilicalion 
que kilpcnnck. Je pense, avec Le Pelletier, 
que ce mol est hibride , composé du breton 
kil, dos, revers, et du latin verscm. On dit 
aus.si penvers , dans le même sens. 

kiLviD, s. f. Cnudraic , lieu planté de cou- 
driers , de noisetiers. PI. ou. jVoiiJ a rnmi 
d'ar gilvid, ic vais à la coudraie. Maner ar 
Gilvid, le manoir ou chAteau de la Coudraie 
Ce mot est du dialecte de Cornouaille. Voyez 
kELVÉzEK, deuxième article. 

kii.vizËHEz, s. f. Charpenterie , l'art du 
charpentier. L'aclion de travailler la char- 
pente. En em rei a ra d'ar gilvizércz , il s'a- 
donne h la clvarpenleric. 

Kiivi/,iA,v. n. Charpcnter, équarrir des 



Jf/ 



KIM 



pièce» de buis. Travailler à IYt.it de cliar|jen- 
tier. Part, kdvizict- liunn ni'bcùil amzer bcm- 
dez a diémenn ô kilvizia , il passe tous les jouis 
un peu lie temps à tharperiter. Voyez Kaivez. 
KiMiAD (de 2 sjll., ki-miad), s. m. Adieu. 
Coiiyé. l'I. ou. Gréaden deùz héc'himiadou, il 
a fait SCS adieux. 

Ki.Mi.toA (de 3 syll. , Id-mia-da) , v. a. et n. 
Dire adieu. Prendre congé. Part. et. Édd co 
kuid hép kimiada bc vreiir, il est parti sans 
dire adieu à son frère. 

KiMi.iDCR (de3syll., ki-mia-der], s.m. Celui 

qui dit adieu. Celui qui prend congé. PI. ien. 

KiMi.vDÉREZ (de 4 syW. , hi-mia-dé-rez], s. 

f. Celle qui dit adieu. Celle qui prend congé. 

PI. éd. 

KIn , s. m. Le même que égin , dont il est le 
radical sans doute ; mais il est peu usité au- 
jourd'hui. Voyez Égix. 

Ivî.N , s. m. Etorce , la partie écorcce d'un 
arbre, d'une plante. Ecorchure, enlèvement 
de la peau d'un animal. La partie écorcliée. 
Ce radical est peu usité. Voyez les dérivés. 
Kîx. Voyez Kén. 

KiS.4 , V. a. Ecorcer, ô!cr l'écorce du bois. 
Ecorchcr, dépouiller un animal de sa peau. 
Emporter , déchirer une partie de la peau d'un 
animal ou de l'écorce d'un arbre. Excorier. 
Part. el. Kiñcd eo ar wézen gañd ar c'hirvi , 
l'arbre est écorcé par les cerfs. Kiña a réol va 
bre'ac'h , vous m'écorcbcrez le bras. Voyez 

DiSEHOC'UENNA. 

KiNA. Voyez Ègina. 

KiSaden , s. f. Ecorchure, enlèvement de la 
peau dans une partie. Excoriation. PI. kiùa- 
dcnnou. Eur giñaden i-ràz em eûz em hréacli , 
j'ai une grande ecorchure au bras. 

KiSaval, s. m. Le bois qui joint le côté 
gauche du soc de la charrue. Ce mot , que le 
V. Grégoire partage en deux mots , semblerait 
venir de kiñ, trois, personne du prés, de l'inj. 
du verbe kiña, ecorchcr, et àeaval , pomme ; 
mais je ne saurais motiver cette signiDcation.] 

Ki-NKL ouKi.ÑKLBT, adj. Propre. Paré. Or- 
ne. Voyez Kempenn. 

KiSkla , V. a. Parer. Embellir. Orner. 
Ajuster. Part. et. 

KiÑKLÊREZ , s. m. Parure. Ornement. Ajus- 
tement. Embcllissemenl. PI. ou. Le plur. kiñ- 
UiJrézou se prend presque toujours en mau- 
vaise part et équivaut aux mots français a£B- 
quels, ornements superflus, etc. 

KiSen , s. m. Ail , espèce d'oignon d'une 
odeur très-forte. Ktñénen , f. , une seule tige 
ou tète d'ail. PI. kinéncnnou ou simplement 
kiñcn. Eur penn-kiñcn , une gousse d'ail ; à la 
lettre , cne tête d'ail. En Vannes , on dit eunn 
ivin-giñen; à la lettre, ex oxgle d'ail. 

KiSexxek , adj. Abondant en ail. Qui pro- 
duit beaucoup d'ail. 

Kinessek, s. f- Lieu planté d'ail. PI. A;i- 
nennc'gou. 

KiÑKE , s. m. Ecorcheur , celui qui écorche. 
Pi. ien. Eur c'hiner kézck eo, c'est un ecor- 
cheur de chevaux. 



KiÑÉBEZ, s.m. Action d'ccorchcr, d'écorccr. 
KiNÊiiE/, s. f. Ecurcherie, lieu où Ion 
écorehc les liétes. PI. ou. 

KiNEz, s. m. (iuif,'ne, espèce de cerise 
douce. Kiñézen, (., une seule guigne ou un 
guignicr, arbre qui porte des guignes. PI. k( 
ñèzennuu ou kiiicsenned , OU simplement ki- 
ñez. Na voit kéd a yiîitz du d'ar bugil-zé , ne 
donnez pas de guignes noires à cet enfant. 
Voyez Babo. 

Ki.NÉZEK, adj. Abondant en guignes. 
KiÑÉzEK,s. f. Lieu planté de guignicrs ou 
arbres de guignes. PI. kiñézégou. 
Ki.ÑÉzKN. Voyez Kiñez. 
KiNiAD (de 2 syll. , hi-niad) , s. m. Chantre , 
celui dont la fonction est déchanter dans uno 
église ou dans une solennité quelconque. Mu- 
sicien. PI. éd. Daou giniad a z6 enn lion iliz , 
il y a deux chantres dans notre église. Voyez 
Kaxer et Babz. 

Kimden. Voyez Kef.niden. 

KlMTEHV. Voyez Kt.MTERV. 

KiN.MG ou Kexmc , s. m. Offre, action d of- 
frir. Ce que l'on oifre. Offrande. Oblation. 
Proposition. — Tribut. H. V. PI. ou. Chélu ar 
c'hinnlg en deùz gréad d'in , voilà l'oflre qu'il 
m'a faite. Kalz a ginnigou a zô béd enn offé- 
ren , il y a eu beaucoup d'offrandes à la messe. 
Grid eur c'hinnigd'ézhan , faites -lui une pro- 
position. Voyez Mexnad. 

KiNMiGA ou Ke.'nniga, et, par abus, Kinnio 
etKiNMsiFN, v. a. Offrir, présenter ou propo- 
ser quelque chose à quelqu'un , afin qu'il l'ac- 
cepte. Part. et. Kinnigid d'ézhù eunn drà- 
benndg , offrez-leur quelque chose. 

Kix.-<igebou Re>mger,s. m. Celui qui porte 
le tribut. PI. ien. A/ar d-eohômdb ar c'henni- 
gcr, si votre (ils est porteur du tribut. (Bar- 
ZAZ Breiz. ) H. V. 

Kinmsiem. Voyez Kinniga. 

KiNvi , s. m. Mousse , espèce d'herbe fort 
épaisse et fort menue qui s'attache aux arbres, 
aux pierres et aux corps solides. Quelques- 
uns prononcent hivni. En Vannes , kivini. 
Voyez Sec'hik. 

Ki.x vLi , V. n. Se couvrir de mousse , en par- 
lant des arbres, des pierres et autres corps 
solides. Au figuré, s'enraciner, s'invétérer , 
se fortifier , en parlant des vices , des mau- 
vaises habitudes. Croupir. Part, kinviet. Kin- 
via a ra ar gicès aman gañd ann avel vôr , le 
vent de la mer fait que les arbres ici se cou- 
vrent de mousse. Ar boa: fall-zé a zô deûdda 
ginvia enn-liuñ , cette mauvaise habitude s'est 
enracinée en lui. Quelques-uns prononcent 
kivnia. En Vannes , kiviniein- 

Kioc'h , s. f. Bécassine , oiseau. PI. éd. Eur 
gioc'h am eùz lazel , j'ai tué une bécassine. 

Kioc'h-vôr, s. f. Bécassine de mer. PI. kio- 
c'hed-vâr. 

KÎR. Voyez Kéb. 

KiRiEE ou KiBioE (de 2 syll. , ki-rieh], adj. 
et s. m. Cause. Fauteur. Complice. Bézakiriek 
da galz a zrouk , être cause de beaucoup de 
mal. Voy. .\bek. 



KIV 

KmiÉGEZ ( de 3 syll. , hi-rié-gcs ) , s. f. Cause. 
Sujet. Occasion. Molif. Faute. iVin Iw kiru- 
gez , à votre sujet , à vülrc occasion. Uic da 
giruijcz , par la faute. 

Kini.N , s, f. Pot (le terre servant à renfermer 
la crème avant d'en faire du beurre, il ne faut 
pas confundre ce vase avec celui qui sert à 
baratter. 

KiniÑTiEz. Voyez Kérentiez. 

Kis , adj. Indocile. Ce mot est du dialecte 
de Vannes. H. V. 

KiSTiN, s. m. Châtaigne, fruit. Marron. 
Kistincn, f. , une seule châtaigne ou un châ- 
taignier, arbre qui produit des châtaignes. 
Maronnicr. PI. klilincnnou ou kislinenned , ou 
simplement kislin.En Van., kcsivn , kestcncn. 

KisTiN.» , V. n. Chercher des châtaignes. 
Cueillir des châtaignes. Part. el. tad ind da 
gUlina , ils sont allés chercher des châtaignes. 

KisTi.NEE, adj. Qui produit des châtaignes. 
Abondant en châtaignes. Ne kél kislincg ar 
vrô-mañ, ce pays- ci n'est pas abondant en 
châtaignes. 

KisTiNEK , s. f. Châtaigneraie , lieu planté de 
châtaigniers. PI. kistim'gou. On dit aussi , dans 
ce sens, kislinid et /««(ini/c. PI. ou. En Vannes, 
keslénck. 

KiSTiNE.N. Voyez Kistin. 

KisTiMD. Voyez Kistinek , deuxième art. 

* KiTAR, s. f. Guitare, instrument de musi- 
que à six cordes. PI. ou. II. V. 

* KiTARERjS. m. Guitariste , qui joue de la 
guitare. PI. ien. II. V. 

KiTORR. Voyez KiK-TonB. 

KiviCH (par ch français), ou Kivu , s. m. 
Tan , écorce de chêne moulue , avec laquelle 
on prépare , on tanne les gros cuirs. J'ai aussi 
entendu donner le nom de kivich à la faîne , 
fruit du hêtre. L'écorce de hèlre n'aurait-clle 
pas servi au même usage que récorcede chêne? 

KivicDA (par ch français), ou Kivija , v. a. 
Tanner, préparer les cuirs , les peaux avec du 
tan. Part. et. 

KivicHER (par ch français), ou Kivijer , s. 
m. Tanneur, ouvrier qui tanne, qui prépare 
les cuirs, les peaux. l'I. icn. Kalz a giviché- 
ricn a :ô er barrez-mañ, il y a beaucoup de 
tanneurs dans cette paroisse-ci. Voyez Ko- 
roller , deuxième art. 

KivicnÉREz ( par f/i français) , ou Kivijéuf.z, 
s. f. Tannerie , lieu où l'on tanne , où l'on 
prépare les cuirs , les peaux. PI. o\i. On dit 
aussi kivichéri ou klvijcri , dans co sens. 

Kjvij. Voyez Kjvich. 

KiviNi. Voyez Kinvi. 

KiviNiEiN. Voyez Kinvia. 

RivioDL , adj. Brusque. Bourru. Fâcheux. 
Farouche. Incommode. Qui se plaint toujours. 
Je ne connais ce mot que par le Dictionnaire 
de Le Pelletier. 

KivNi. Voyez lÛNvi. 

KivNiA. Voyez Kinvia. 

' RtzouGiz, s. f. Manière. Façon. Guise. 
Forme. Mode. Coutume, l'sage. PI. kùiou ou 

isiou (de 2 syll. , ki-siuu ou gi-sivu). Er bt'd- 



KL.\ 197 

mañ pép hini a vév enn hé giz , en ce monde, 
chacun vit à sa manière. £ nép kiz on é kiz 
l'bcd , en aucune façon , aurunemenl. Enn ho 
kiz , à votre guise. Er c'/iiîou diouc'h ar chiz, 
à la mode. Digas cur chiz ncvcz , introduire 
une coutume, un usage.— Comme on dit indif- 
féremment kiz ou giz , on dit aussi arbitraire- 
ment cûr giz ou eùr c'hiz ; cependant le pre- 
mier est le plus usité, n.v. 

Kiz , s. m. lltcul. llctour. Arrière. 3/oñdou 
doñd uar hé giz , reculer , retourner, aller ou 
revenir en arrière. 

KizA, v. a. et n. Reculer. Retourner. S'en 
retourner. Se refermer , en parlant d'une 
plaie, etc. Emousser, oler la pointe ou le 
tranchant à un instrument. C'est dans ce der- 
nier sens qu'il est le plus usité. Part. f(. Se 
hcU kél lakaad hé varc'h da giza , il ne pcisl 
pas faire reculer son cheval. Kizcd hoc'h eùz 
va fais , vous avez émoussé ma faucille. 

* KizEL , s. f. Ciseau , instrument de fer 
pour travailler le bois , la pierre, les métaux. 
— Bute, instrument de maréchal qui sert à 
couper la corne du pied des chevaux. II. V. 
PI. kizellou. 

' KizELLA, V. a. Ciseler, travailler avec le 
ciseau. Part. et. 

* KizELLADCR , s. m. Ciselure , action de ci- 
seler. L'ouvrage qui se fait en ciselant. 

* KizELLER , s. m. Ciseleur , ouvrier dont le 
métier est de ciseler. PI. ien. 

KiziDiK, adj. Sensible à la douleur , an\ 
injures. Susceptible, qui se choque, s'offense 
aisément. Délicat , difficile à contenter. Qui 
n'est point endurant. Kcr kizidig co , na hel- 
Icur lavaruitl d'ézhan ann distéra (rd , il e>t si 
sensible, si susceptible, qu'on ne peut lui 
dire la moindre chose. Voyez Gwiridik. 

KiziDiGEZ , s. f. Sensibilité. Susceptibilité, 
trop grande facilité à s'offenser , à se choquer. 
Délicatesse. 

Kla.ñ. Voyez Ki.añv. 

Kl,iñ , s. m. Rive , le bord d'un Oeuvc, diiiu' 
rivière , d'un étang, dun lac, de la mer. PI. 
ou. h'ianou izel é dcùz ar slcr-ma» , cette ri- 
vière a des bords peu élevés. — War c'hlan ar 
môr , au bord de la mer. En Galles, {JaiiN, qui 
se prononce c'hlann. II. V. Voy. Ribl et .\ot. 

Klandi ou Kla5<di , s. m. Ilôpital pour les 
malades. Hospice. Inlhnieric. IM. ou. Mard-eu 
glasct , fiasil héñ d'ar c'hlaîidi , s'il est blessé , 
envoyez-le à l'hôpital. Ce mol est composé de 
klañv , malade, et de (( , maison. 

Klan>'. Voyez Glann , premier article. 

KlaSv ou Ki.A> , adj. Malade, qui est afîeclé 
de quelque mal ou de quelque maladie. Infir- 
me. Languissant. Klafiveo pell zô , il y a lo?ig- 
temps qu'il est malade. Voyez Kléñvéd. 

KlaIvvaat, v. n. Tomber malade. Devenir 
malade. Part, klañvéct. Jilamaad a réot , ma 
na zébrit nehcùloc'h , vous tomberez malade . 
si vous ne mangez moins. Ou dit aussi kUñvel , 
â l'infinitif, mais abusivement. 

Kla.ñvidik ou Ki.AÑvLz , adj. Maladif, qui 
est sujet à être malade. Valétudinaire, f.aco- 



198 Kr.\ 

cliyrac. Né kél hcr klañvidik haij hé ddi . il 
n'est pas aussi maladif que son [lorc. 

Kla^vour , s. ni. Malade. Un malade. — An- 
i:ierinement , malade de la lèpre; lépreux. 
|[. V. l'I. ien. Kur e'tdanvour a iâ em li , il y 
a un malaili' chez mi)i. 

Klañvoluk/ , s. f. Une malade. PI. éd. Na 
ri'ioi ki!d a gik d'ar glañvoures , voua ne don- 
nerez pas de viande à la malade. 

Kla.ñvuz. Voyez Klavimk et ALc'iiomLTEM. 

Ki.Aii ou Klav , s. m. Ferrement en général, 
tout ce qui est de fer. Boud de fer. De plus , 
nœud. — Soc, pièce d'une charrue. PI klaôinu 
ou klavier(dc2 syll. , klaô-iou ou klavier). Ce 
pluriel signiliait autrefois , armes o[fcnsives , 
en général , et répondait :iu français fer , dans 
le langage poétique. H. V. Voyez IIouaiin. 

Klaoa ou Klaùu (de 2 syll. , Maô-a ou klaâ- 
ia), v. a. Ferrer, garnir de fer. Part. fcia(îe< ou 
ktaiHcl. 

Klaoe.n (de 2 syll. , klaô-en) , s. f. Aiguil- 
lette , cordon , tissu , etc. , ferré par les deux 
bouts , pour servir à attacher , mais qui ne sert 
quelquefois que d'ornement. PI. klciôennou. On 
dit aussi klaôéten, dans le même sens. 

Klaôéten Voyez Klaôem. 

Ki.AÔiA. Voyez Klaôa et .Vlc'houilten. 

Klaouein (de2syll. , /i(aoM-em), v. a. Creu- 
ser. Caver. Miner. Fouir. Approfondir. Part. 
et. Ce mot est du dialecte de Vannes. Voyez 

KaVA et TOCLLA. 

Klaoüier [ de 2 syll. , klaou-ier) , s. m. Etui 
à mettre des épingles et des aiguilles, — ou des 
llèchcs ; carquois. H.V. PI. ou. Kcmérid eunn 
nado: eüz va c'hlaouier , prenez une aiguille de 
rai)n étui. Voyez Karitel etSi-nooEB. 

Klaocstré ( de 2 syll. , klaous-lré), s. f. Ga- 
geure, promesse réciproque entre deux per- 
sonnes de payer une somme convenue en ga- 
geant. La chose gagée. Pari. PI. ou. Gouné- 
zcd em eùz ar glaouslré , j'ai gagné le pari , 
la gageure. 

KL.iODSTRÊA (de 3 syll. , hlaous-tré-a), v. n. 
(lager, faire une gageure. Parier. Part, klaous- 
tréet. Mar kirii klaouslréa, si vous voulez ga- 
ger, parier. On emploie souvent, pour expri- 
mer la même chose , cette périphrase : lukaad 
<■' klaouslrc ; mol à mot , mettre en gageure 

ou E.> PARI. 

Klaoostréeh (de 3 syll., klaous -Iré-er) , s. 
ni. Celui qui aime à faire des gageures , des 
paris. Parieur. — Gageur. H. V. PI. ien. 

Ki.ASK, s. m. Recherche, action de rechercher. 
Perquisition. Examen. PI. ou. Ce mot, quoi- 
que radical , est peu usité aujourd'hui : on 
emploie , à sa place , le composé eñklask. 

KiASK. Voyez Klaskolt. 

Klasker , s. m. Chercheur , celui qui cher- 
che. Quêteur. Mendiant, gueux qui demande 
l'aumône. PI. ien. 

Klaskérez , s. m. Action de chercher , de 
quêter , de mendier. 

Klaskérez, s. f. Chercheuse, celle qui cher- 
che. Quêteuse Mendiante. PI. éd. 

K1.ASK0CT , et , par abus , Klask , v. a. Cher- 



KI,K 

cher, se donner du mouvement pour trouver 
Quérir. Quêter. Mendier. Kechorcher. Part. 
et. Id da ylasknui ear marc'k d'in , allez rac 
chercher un cheval. Klatkout ou klask pemp 
troad d'ar maoul , chercher midi à quatorze 
heures; à la lettre, cuekcuku ci.nq I'IEUS au 

MOLTO.N. 

Klav, s. m. Nœud, enlacement fait de quel- 
que chose île pliant , comme lil , corde, ru- 
ban , etc. PI. iou. ùrid eur c'hlav enn nask , 
faites un nœud à la corde. Voy.KooLM, 1" art. 

Klav. Voyez Kla6. 

Klavia (de 2 syll., kla-via),y. a. Nouer, lier 
en faisant un nœud. Part. /chjoi'ff.Voy.KoiLMA. 

Klaz , s. m. L'endroit d'un champ , d'un 
jardin où l'on cesse de bêcher , ce qui fait 
comme une fosse , une tranchée. — Ancienne- 
ment, tombe. IL V. Je ne connais ce mot que 
parle Dictionnaire de Le Pelletier. 

Klaza , v. a. et n. Couper la terre en bê- 
chant. Faire une tranchée, — une fosse, creu- 
ser une tombe. Part. et. Voy. KleCza. 

Klë ou Kléa.n. Voyez Klézé. 

Kléaxodr. Voyez Klézéiad. 

Klei. Voyez Kleiz , premier article. 

Kleiad. Voyez Kleiziad. 

Kleisiad. Voyez Kleiziad. 

Kleiz , adj. Gauche, qui est opposé à droit. 
Ann ta kleiz , la gauche , le côté gauche. Enn 
dourn kleiz, k main gauche. A gleiz , à gauche, 
à contre sens , de travers. Hors de Léon , klei. 

Kleiz , s. m. Mouron ou anagallis , plante. 
Hors de Léon , klei. 

' Kleiz et peut-être mieux Krkiz , s. m. De 
la craie , pierre blanche , tendre , sans saveur 
ni odeur. Du crayon.— Blanc d'Espagne. H.V, 

* K'leiza ou Kreiza (de 2 syll., Idei-za ou 
krei-za) , v. a. Marquer avec de la craie. 
Crayonner. 

Kleize.n (de 2 syll., klei-zen] , s. f. Cica- 
trice, marque des plaies après leur guérison. 
Pi. kleizennou. Golôcd eo a glcizennou , il est 
couvert de cicatrices. 

Kleizen ( de 2 syll. , klei-zen) , s. f. Pêne , 
morceau de fer long et carré , dont le bout 
sort de la serrure etentre dans la gâche. PI. 
kleizennou. 

Kleizenna (de 3 syll. , klei-zen-na) , v. a. 
et n. Cicatriser, faire des cicatrices. Part. «<. 
Al louzaouen-mañ a zo mdd da gleizenna ar 
goulioH , cette herbe est bonne pour cicatriser 
les plaies. Na gleizennô kcl buhan va zrouc'h , 
ma coupure ne se cicatrisera pas vite. 

KLEiZE>>EK(de 3 syll. , klei zen-nek) , adj. 
et s. m. Qui est couvert de cicatrices. Pour le 
plur. du subst. , kleizennéien. 

Kleizennérez (de 4 syll. , klci-zen-né-rez), 
s. m. Cicatrisation , l'action de cicatriser. L'é- 
tat d'une plaie qui se cicatrise. 

Kleizen.mz ( de 3 syll. , kiei-zen-nuz ) , adj. 
Cicatrisant, qui cicatrise. 

Kleiziad ou Kleisiad (de 2 syll., klei-ziad, 
ou kleisiad] , adj. et s. m. Gaucher, qui se 
sert ordinairement de la main gauche. Pour 
le plur. du subst. , Ideizidi. Kleiziad eo , hag 



KLE 

hé vreûrivé , il esl gaurhor el son frère aussi. 
Hors (le Léon , kkiad. PI. éd. 

Kleiziadez ou Kleisiauez { de 3 syll. , klci- 
sia-dez ou klci-sia-dez ) , s. f. Guutlière, colle 
qui se sert ordinairement de l.i muin gauche. 
l'I. cd. Hors de Léon, kleiadcz. 

Kleium , s. f. Plainte , ce qu'on dit , ce qu'on 
écrit pour marquer qu'on a sujet de se plain- 
dre do quelqu'un. Keproche. Mauvais rapport. 
PI. ou. l'ébcz klcmm hoc'h eüs-hu da ùber ac'ha- 
noirn.^ quelle plainte avez-vous à faire de moi? 

Klcum. Voyez Klemma. 

Klemma , et, par abus, Ki.emm, v. a. et n. 
Plaindre , avoir pitié, compassion des maux 
d'autrui. Se plaindre. Se lamenter. Part, klan- 
met. lié glemma am eûz gréad a béb amzcr , je 
l'ai plaint de tout temps. Kalz é klemm gañd 
hé zroùk , il se plaint beaucoup de son mal. 
En em glemma , et , par abus , en em glemm , 
se plaindre, faire des reproches. En em glem- 
ma a réeur eûz hô pugalé , on se plaint de vos 
enfants. 

Klemmeb , s. m. Celui qui se plaint souvent. 
PI. ien. 

KiF.MMUz ou Klemvanuz , adj. Plaignant. 
Plaintif. Gémissant. Dolent. Lamentable Gaiid 
eur vouez glemmuz en deùz lavarel kémeñisé , 
il a dit cela d'une voix plaintive. 

Klëmor ou Klëmeur. Voyez Klëzë. H. V. 

Kxémcc'hat , V. n. Languir. Part. el. (Lag.) 
Klémuc'had a ra pellik zo , il languit depuis 
assez longtemps. IL V. 

Kleuvan, s. m. Plainte. Lamentation. Gé- 
missement. — Elégie , genre de poésie dont le 
sujet est triste. Chant funèbre. H. V. PI ou. 
Na glcvil'hu kél klcmvanou'l n'eutendcz-vous 
pas (les plaintes? Voyez Klemm. 

Klemvanuz. Elégiaque, qui regarde l'élè- 
ve. H. V. Voyez Klemmcz. 

KiÉ-NvÉD, s. m. Maladie, altération , priva- 
lion de la santé. Mal. Incommodité. PI. kléfi- 
védou , et, par abus klcñvcjou. Dislaga a ra 
dimic'h kléñvéd , il relève de maladie. En Van- 
nes , klénouéd ou kliouéd { de 2 syll. , kléu-ouéd 
ou kli-ouéd). PI. eu. Voyez Klañv. 

Kléñvéd-vôr, s. m. Scorbut de mer , ma- 
ladie. A la lettre, maladie de mer. Voyez 
Droik-douar. 

KiÉ.ÑVEt. Voyez Klañvaat. 

KleSvédséac'h, s. ra. Elisie. Phthisie, con- 
somption du corps. H. V. 

Kléô (d'une seule syll.), s. m. Tout l'atti- 
rail d'une charrue. 

Kleô. Voyez Kleved. 

Klëba. Voyez Klërenna. 

Kléren , s. i. Principale pièce de bois dan« 
l'assemblage des perches dont on fait les claies. 
PI. klérennuu. 

Klëren , s. f. Glace légère qui couvre seu- 
lement la superficie de l'eau. — Miroir. H.V. 
Selon Le Pelletier , kléren doit s'entendre de 
la glace qui se forme de l'eau qui tombe des 
toit»; mais j'ai toujours entendu nommer hiñ- 
A<n,FrsEAU,cequel'on désigneen français sous 
le nom de chandelle de ulacb. Voy. Skoubn. 



KLE 



'90 



Klébenna ou Klëra , V. n. Glacer. .Se gla- 
cer. Se congeler. Il se dit seulement de la 
glace légère qui se forme à la superficie de 
leau et des autres liqueurs. Part. el. Ar gwin 
màdnadcùkét buhan da gUrenna oudagléra, 
le bon vin ne gèle pas vite. Voy. SBOt'H^A. 

Klérenlec'h , s. m. Glacière, lieu où l'on 
entreticntde la glace. PI. i'iu. H. V. 

Klét, adj. A l'abri du vent . de la grêle, 
etc. A couvert. Ê téac'h klél é m'omb aman , 
nous sommes ici dans un lieu à l'abri des in- 
jures du temps. 

Klei). Voyez KlEùz, deuxième article. 

Kleùr (d'une seule syll.), s. m. Limon, 
l'une des deux grosses pièces de devant d'une 
charrette, entre lesquelles on attelle le cheval. 
PI. ou. Unan eûz a glcùrounr r'harr a z6 (or- 
rct , un des limons de la charrette est rompu. 

Klei'sia. Voyez Kleiza. 

Klelz (d'une seule syll.), adj. Creux, 
qui a une cavité intérieure. Vide, qui n'est 
pas rempli. Klcûz eo ar œézcn-man , cet arbre- 
ci est creux. Voyez TorLL. 

Kleùz (d'une seule syll. ) , s. m. Clôture , 
élévation de terre autour des champs , des 
prairies. Fossé. Haie. PI. kleûzou ou kleüsiou 
(de 2 syll.,ftiVii-sioM). Eur c'hleùz ncrcz a rinn 
wardrô d'am park , je ferai une nouvelle cul- 
ture autour de mon champ, h'ieitzou ou kltii- 
siou est un nom de famille connu en Bretagne. 
EnTrég.,A;/cii.ri.!0. En Vannes. /ii^. PI. ieu. 
EnCornouaille , kleuñ.V\. /(j. Voyez Kaé. 

KleCza ou Kleùsiv ( de 2 syll., kleù-za ou 
kleû-sia), v. a. et n. Creuser. Fouir. Faire uur 
chMure, une enceinte de terre autour d'un 
champ. Fossoyer. Part. el. h'iciizid ann lamm 
koad-mañ , creusez ce morceau de bois. Mmui 
a rann da gleùsia , je vais fossoyer. — En 
Galles , klozio. H. V. 

KleOzadcr ou Kleïsixdi'R (de 3 syll. , kleù- 
za durou kleü-iia-dur),s.m. Action (ïecreuser, 
de fouir , de faire di's cl(^turcs , de fossoyer. 

Kleizen ( de '2 syll. , klcà-zen ) , s. f. Ar- 
bre creux. PI. klcûzenned. 

KleOzer ou Kleîsier (de 2syll. ,fc/<;û-rfr 
ou kleû-sier) , s. m. Celui qui creuse. Celui 
dont le métier est île faire des cUMures autour 
des champs. Fossoyeur. PI. icn. 

Klel^zei'r ou Kreizeul (de 2 syll. , klcû- 
zcur ou kreù-seul) , s. m. Petite lampe où l'on 
brùlc de l'huile de poisson et que l'on su.speiul 
dans la cheminée , — et lampe en général. H. 
V. PI. iou. Likid éùl er c'Meûzeur, mettez de 
riiuilc dans la lampe. 

Kléved , s. m. Ou'ie . celui des sens par le- 
quel on reçoit les sons. Kléved s'emploie aussi 
pour signifier ouï-dire , ce qu'on ne sait que 
jiarle rapport d'une autre personne, k'ollfdeo 
gañl-hañ ar c'Mcccd a nérez -z6, il a perdu 
louie il n'y a pas longtemps. Eur c'hléved n'eo 
kén , ce n'est qu'un oui-dire. On dit aussi ftifii, 
dans le même sens. 

Klévout, et, par abus, Klévet, t. a. En- 
tendre , ouïr. Uacevoir les sons par l'oreille. 



•ioo KLl 

Comprondri'.r.oiiceviiir. l'art. Idtvcü. Kléxoud 
a rilhn ar péz a lararann d'é-lwr'h'! cnteii- 
dcz-vous ce (juc je vous ilis ? A"/iii kléô kél , il 
ne vous coni|ireiul pas. On emploie aussi ce 
verbe dans le sons de sentir, respirer une 
odeur. Choués fait a glévann , je sens une 
mauvaise odeur. En eni glévotit , s'entendre , 
être d'intelligence, d'accord. Agir de concert 
«voc un autre, liraù bràz en em gh'vonl , ils 
s'entendent fort bien , ils sont d'intelligence. 
War hé gltvniit , i l'entendre , d après ce qu'il 
dit. lilévoud hanù eùz a, entendre dire, ouïr 
dire. N'am eùz két kléved kanù eùz a gmeût- 
sc, je n'ai pas entendu dire cola. On dit pro- 
verbialement, kañt kléi'el né diluñt kéd eur 
gwéleC, entendre est bien différent de voir, 
voir et entendre sont deux ; à la lettre, cent 

EKTENDl'S NE V.\LENT PAS UN VU. 

Ki.ÈzÉ, et , dans les livres anciens, Klëzrf, 
s. m. Epée, arme offensive et défensive, fer 
long et aigu. Glaive. PI. klézéier[ilc 3 syll., 
klé-zé-icr). Uaou glézé kaer en déveûz, il a 
lieux belles épées. Eunn laol hlézc en deilz béd 
cnn hé gôv , il a reçu un coup d'épce dans le 
vonirc. En Vannes i kléañ cl klé.fl. ier. — En 
Galles, klézef; en gaël d'Ecosse et d'Irlande , 
klé ; de là fcfc'niôr , grande épée. H. V. 

Klézef. Voyez Klézé. 

KLÉzÉFOunou Klézéfiad. Voyez Klézéi.^d. 

Klézéi\d ou Klézéfiad [ de 'i syll. , kU-zé- 
ad ou klé-zé-fiad), s. m. Homme d'épce. 
Homme qui porte l'épéc. Brcticur , qui aime 
à se battre. Ferrailleur. Gladiateur. PI. klczéi- 
di ou klézéfidi.En Vannes, kléannur. V\. ion. 

Klézéiaez , s. m. Escrime , art de faire des 
armes. En Galles, klézéféxiacz. H. V. 

Klired, s. m. Loquet de porte ou de fené- 
Ire. PI. ou. On dit aussi liked. 

Klikéd.s.,v. a. Fermer au loquet. Part. (■(. 
Hlikédid onn ôr , fermez la porte au loquet. 
On dit aussi llkéila. 

KiÎN, s. m. Pli, l'endroit où le bras ou le 
jarret se plie. Ce mot csl du dialecte de Van- 
nes; mais on ne l'emploie jamais seul. Je ne le 
connais usité que dans ces deux composés , 
klin-brec'h , coude ; mol à mol , pu du bras , 
klin-gdr , genou : mot àmot, plidela jambe. 
Voyez Ilin et Glîn. 

Klipen , s. f. Crète , morceau de chair rouge 
((ui vient sur la têle de certains oiseaux. La 
huppe que quelques oiseaux ont sur la tète. 
Aigrette. De plus, sommet, cime. — Cimier 
d'un casque. H. V. PI kUpenncu. Ce mot est 
du dialecte de Cornouaille cl de Vannes. Voy. 
Kribel et Kriben. 

Klipennek , adj. Crête , qui a une crête. 
Huppé , qui porte une huppe. Ce mot est du 
dialecte de Cornouaille et dcVanncs. 

Klisia (de 2 syll., kU-sia), v. a. et n. Ef- 
llcurcr, ne faire qu'enlever la snperficic. Com- 
mencer à s'écorcher. Part. kUsict. Klisied hoc'h 
(•!/' av c'hroc'hcn. vous avez effleuré la penu. 
lilisia a ra va bréac'h , mon bras commence 
à s'écorchcr-. Voyez Spina. 

* Kloarek de 2 syll., kloa-rck), s. ra. 



Kl.O 

Clerc , celui qui est entré dans l'éUl ecclétiiai)- 
tiquc. PI. kloaiéien , et , plus ordinairement , 
kloer. — Anciennement, kkr. H.V. Àrc'hlner , 
les clercs, le clergé. Kloarek, qiu- l'on écrit 
communément ctoarer , est un nouide faaiillc 
assez commun en Bretagne. 

• Kloauêgiez (de 4 syll. , kloa-ré-gi-ei ) , 
s. f. Cléricatnrc , l'étal ou condition du clerc. 

Klok, adj. Tout, l'entier. Parfait. Accompli. 
— Excellent. H.V. Trégoñtvhaz kliih endriij, 
il a trente ans accomplis, entiers. Klôg eo /i/f 
««J, votre habit est parfait. A'/d/i s'emploie aus- 
si adverbialement dans le sens de totalement , 
entièrement, parfaitement. Voy. HollcIKbknn. 

Klôkded ou KliIkdf.r , s. m. Perfection , 
qualité de ce qui est parfait dans son genre. 
— Excellente. IL V. Enn hé glùkded éma, il 
csl dans sa perfection. 

Kloeder. Voyez Ki.okded. H. V. 

Klokuz , adj. Sourd, sourde. H. V. 

Klôu\. Voyez Klôc'ii\ , deuxième art. 

Klogé, s. f. Cuiller h pot. PI. ou. On dit 
aussi koklé ci kok-loa. 

Klogoben , s. f. Bulle pleine d'air qui se 
forme sur l'eau par les pluies d'orage. Am- 
poule , élevure pleine d'eau qui vient sur la 
peau par l'effet d'une brftiure , et aux pieds 
parsuite d'une ranrche forcée. Pustule. Cloche. 
PI. klôgôrennou. Gôlôed eo ann dnw a glôgô- 
rennou, l'eau est couverte de bulles. Eur glô- 
gdren em exiz em «rond, j'ai une ampoule at> 
pied. Voyez Bocrboinen et C'hocézigen. 

Klogôbennv , v. n. Se former en ampoules , 
en bulles, etc. Part. et. Klôgorcnna a ra ann 
dour gañd ar glaô-arné , l'eau se couvre de 
bulles parla pluie d'orage. Ho skaoladur a glo- 
gôrtnnô , votre brûlure se formera en ampoule. 

Klôc'h, s. m. Cloche , instrument de fonte 
garni d'un battant pour tirer dn son. PI. kltier 
(de 2 syll., klé-ier). lîb'wud a ril-hu ar 
c'hlôc'h bràz ? entendez-vous la grosse cloche'.' 
EnTréguicr ,on dit au plar., Mec^hi ; en Cor- 
nouaille, ftiec'/ter,- en Vannes, klôc'heu et klé- 
c'/ier.— En Galles, ft/oc'A. PI. kiec'h. H. V. 

Klôc'ha, v. a. Agacer , causer aux dents une 
impression dcsagréablequi les empêche de mor- 
dre. Pari. cf.Jnn aval-zéa gbk^hô hô.leñt, celle 
pomme vous agacera les dents. ^ oyez Tozona; 

Klôc'ha, v. n. Glousser. Il se dit propre- 
ment du cri de la poule qui veut couver ou 
qui appelle ses poussins. Pari. et. On dit aussi 
sklôka. En Cornouaille , klôga. 

Klôc'haddu, s. m. Agacement, impression 
désagréable que les fruits verts font sur les 
dents , quand on les mange. De plus, l'action 
de glousser. 

Klôc'her, s. m. Sonneur, celui qni sonne 
les cloches. PI. icn. Dck Iiwc.nneg azigwézd'ar 
c filoc'her, il revient dix sous au sonneur. 

Klôc'hérez," s. m. Glnnsscment , cti de la 
poule pour appeler ses petits. On dit aussi 
sklôkcrcz. En Cornouaille , klôgéres. Voyez 
Klôc'ha , deuxième article. 

Klôc'hérez ou I\R-Gi.ôc'nÉRBz , s. f. Poule 

qui glousse , qui couve ou qui a des poussins. 

Klôc'hik 



KLO 

Kluc'iiik , s. m. Clochelle, petite cloche. 
Sünnuttc. Grelot. PI. htcicrigou ' de i sjllab. , 
Mé-icr-i-gou ). Stagid eur c'klvc'hUc oud ho 
c'houzouk, attachez-lui une soiinetlc au cou. 
Voyez Klôc'h. 

ïvi.oH. Voyez Kollm , prem. et deux. art. 

Ki.oMDi. Voyez Kolidri. 

Klôpenn , s. m. Cràtie, la boite osseuse du 
cerveau. PI. ou. Faoutcd co gañl-liañ hé glô- 
pcnn 6 kouéza, il s'est fendu le crâne en tom- 
Danl. Suivant le P. Grég., ce mot est composé 
de kloscn , boîte , et de penn , liîlc. Ce qui 
me semble confirmer ce sentiment, c'est que 
l'on dit , dans le même sens , krôgen ar pcnn ; 
à la lettre , coqub ou coqiili.e de la tête. 

Klôpennad. \ oyez Rilpexnao. 

Klùpen.nek , adj. et s. m. Têtu, qui a une 
grosse tète. Au figuré, opiniâtre. Obstiné. En- 
têté. Pour le plur. du subst. , klôpennéien. Voy. 
Pe.-snek. 

lû-QB. Voyez Klorex. 

Eloren , s. f. B'ite , et, en général , toute 
enveloppe. PI. klorcnncu, ou simplement klor. 
Ce mot est du dialecte de Vannes, où l'on dit 
Moren er penn, pour signifier crâne; mot à 
mut , BOÎTE DE LA TÊTE. Vuyoz Ics diflércnls 
composés de kloscn. 

Klos. Voyez Klosen. 

Klosen , s. f. Boite , ustensile fait de bois , 
etc. , et servant à divers usages. Coque. En 
général , toute enveloppe. PI. kloscnnou ou 
simplement klos. De' gavoud a réod er gloscn 
vrdz , vous la trouverez dans la grande boite. 

liiosEN - AMA>N , S. f. Boîtc à mettre du 
beurre. PI. klosennort-amann. 

Klosen-géar , s. f. Fiicoque, ville ou place 
peu importante, mal fortiliée. Petite maison 
sans agréments. PI. klosennou-ki'ar. 

Klosen gistiji , s. f. Piogue , la couverture 
piquante qui enveloppe la châtaigne. PI. klos- 
kislin. Flaslrid arc'hlos-kisUn gañd hù Ircid , 
froissez les bogues avec les pieds. 

Klosen-pîz, s. f. Cosse de pois. PI. klos- 
piz. Rôid ar clüos-pic d'arzaoud, donnez les 
cosses de pois aux vaches. 

Kloses-vî , s. f. Coque ou ccale d'œuf. PI. 
klos-viou. 

Klosennad, s. f. I-a contenance, la capaci- 
té d'une boite , d'une cosse, d'une coque , etc. 

Klol'ar, adj. Tiède, qui est entre le chaud 
et le froid. Au figuré , indifféren!. Indolent. 
Sans ardeur, sans activité. Nonchalant. In- 
souciant. Flegmatique. Imperturbable. Qui 
ne s'émeut de rien. Digasid dour c'hlouar d'in, 
.apportez moi de l'eau tiède. Eunn dài klouar 
co , c'est un homme indilTércnt. 

KLOtJARAAT, V. a. et n. Tiédir, devenir tiède. 
Attiédir, rendre tiède. Au figuré , diminuer 
l'ardeur, la vivacité. Kcndre indifférent , etc. 
Part, klouaréct. \a glouarai kcl buhan al li'az, 
le lait ne tiédira pas vile. Klouaraid hôkicin. 
attiédissez votre vin. litouarced co gañd ar 
c'hlénvcd, la maladie a diminué son ardeur. 

Klocabded ou Klolarder , s. m. Tiédeur, 
qualité de ce qui n'est ni chaud ni froid. Au 

D. B. F. 



KLU 201 

figuré , indifférence. Indolence. Nonchalance. 
Ijisouciance. Manqucd'activilé , d'ardeur, etc. 

Kloied , s. f. Claie , ouvrage d osier à clairc- 
vuie servant à fermer l'entrée d'un champ, 
d'un parc, llcrse. Barrière. PI. ktout'dou, et, 
par abus, klouéjou. IJitier névtz a zii réd da 
lakaad er gloued, il faut mettre de nouveaux 
bâtons à la claie , à la barrière. Voyez Dkaf. 

Klouéda, V. a. ctn. Herser, passer la herse 
suruo champ. Part. el. h'iuuédaa rahnb hiriô 
ar park bràz , nous herserons aujounlhui le 
grand champ. 

Kloièden , s. f. Claie attachée au plafond 
ou plancher d'une cuisine, pour y mettre du 
lard ou du bœuf à fumer. C'est aussi une 
herse, instrument de labourage servant à ra- 
tisser, à herser la terre. PI. kluuédcnnou. Li- 
kid ar c'hig icar ar gloucden, mettez la viande 
sur la claie. Né kél skañv awalc'h hù kloué- 
dcn, votre herse n'est pas assez légère. — Kloué- 
den-giilâ , f. natte. PI. klouédennou-kôlô. H. 
V. Voy. Kael et Oged. 

Klocéder , s. m. llerseur, celui qui herse 
une terre. PI. ien. 

KioiÉDÉREz, s. m. Hersage, action deherser. 

Klouer, s. m. Espèce de goémon ou algue 
qui porte de gros grains. Ce mot est du dia- 
lecte de Cornouaille. Voyez Bézin. 

Kloder. Voyez Krocer, premier art. 

Klocébad. Voyez Kboiëbad. 

Klouier , s. m. Carquois , étui à mettre des 
flèches. En Galles, fciaouc/. Voy. Klaolier. H. V. 

Klociérik ou Klaoiiérie, s. m. Epinette, 
instrument de musique à clavier et â cordes. 
PI. klaouiérigou. H. V. 

* Klôz , adj. Clos , hermétiquement fermé. 
IIô ku'clé né vézô kél hlôz éxelsé , votre lit ne 
sera pas clos , bien fermé ainsi. Kloz s'emploie 
aussi adverbialement et signifie d'une manière 
close. Scrrcl klùz co ann Or, la porte est her- 
métiquement fermée. 

* Klôz , s. m. Clôture. Enclos. L'e,space 
contenu dans une enceinte. PI. klosiou (do 2 
syll. , klô-siou). Eur cIMz a ra tcardrà d'hé 
di , il fait une clôture autour de sa maison. 

* Klôza , V. a. Clore. Enclore. Fermer. En- 
tourer. Enfermer. Boucher. De plus, achever. 
Terminer. Part. f(. Klôzed en dcùz hé liorz , 
il a clos , enclos son jardin. Voyez Serba. 

Kloze.n , s. f. Assiette , ustensile de cuisine. 
PI. klozennou. H. V. 

* Klôzennek, adj. ets.m. Dissimule. Caché. 
Couvert. Artificieux. Mystérieux. Pour le plur. 
du »\ibsl., klvzciuiéien. Voy.KizETet Gôlôet. 

Kli'd, s. m. Juchoir, perches ou autres 
choses sur lesquelles se reposent les poules 
pendant la nuit. PI. hludou , et , par abus , 
klujou. Id da baka eur iar trar ar c'hhid, al- 
lez prendre une poule au juchoir. 

Kluda , et , par abus , Klija , v. n. Jucher. 
Il ne se dit proprement que des poules et de 
q\ielques oiseaux qui se mettent sur une bran- 
che , etc., pour ilormir.Se percher. Part. et. 

Kli'del, s. f. Le corps d'une charrette. PI. 
kludeUou. On dit aussi kastdkarr. 



■toi KO A 

Kli:i.ii4 I par ch français), v. n. S'accroupir, 
se tenir ddiis une jiosture où lu plante des 
pieds loucliaiit à terre, le derrière toiiclie 
Jiresqu'aiix talons. S'asseoir sur ses talons, 
l'arl. et. h'tuiha a ra ar nterc'hed fiin iliz , 
les rcMiincs s'asseyent sur les talons à l'église. 
un dit aussi puclui , dans le môme sens. 

kLtt.iuui'H. Voyez Kll'Chéukz. 

Ki.ucuÊKRZ ou Kli'chaduh [ par ch français), 
s. m. Accroiipisscment , l'état d'une personne 
accrou|)ie. Action de s'accroupir, de s'asseoir 
iur SCS talons. Un dit aussi ;(ur/i(''/t;,daiis ce sens. 

Klui , s. m. Le KCfme d'un œuf. On dit 
aussi /liléycz et boéden-vi. 

Kluiar. Voyez Klujab. 

Kluja. Voyez Kluda. 

Klujak , s. f. Perdrix , oiseau pris lirun , du 
genre des poules. PI. klujéri ou klujiri. JJinu 
ylujar am cù: lazed hiriù , j'ai lue deux per- 
drix aujourd'hui. Quelques-uns prononcent au 
singulier kluiar {Ac 'i syll. , klu-iarA 

Kluëkia (de 3 svllab. , klu-jé-ria), v. n. 
Chasser aux perdrix. Part, klujcriet. Èad iñd 
hoU da ylujéria, ils sont tous allés à la chasse 
aux perdrix. 

Klùn , s. f. Fesse, partie rhirnue du der- 
rière de l'homme et de quelques animaux à 
quatre pieds. PI. duel diglun On dit encore 
hlunieu (de 2 syll. , klu-nieu). Ce mot est du 
dialecte de Vannes. Voyez Feskek et Ters. 

Knaou.ñ. Voyez Kraou.\. 

Knéac'h. Voyez Krëac'h. 

Knéo. \'oyez Kréoñ. 

KoAUH ou KoiABR (d'uue seule syll.) , s- m. 
Nuage , amas de vapeurs dans l'air. Nue. 
Nuée. Koabren on kouabrcn , f. , un seul 
nuage, etc. PI. koabretinou ou simplement 
koabr. Arc'hoabr a réd kalz hiriô , les nuages 
courent beaucoup aujourd'hui. En Vannes, 
haniblen ou kanublen. Voyez Kommodl. 

KoABRER ou KoLABREK ( de 2 syll. , hoa- 
hrek ou koua-brek) , adj. nuageux, couvert 
de nuages. Nébuleux , obscurci par les nuages. 
Sombre Obscur. Au figuré , morne , taciturne. 
Koabrck (o ann amzer , le temps est nuageux , 
nébuleux. En Vannes , kaniblek. 

KoABRF.N. Voyez Koabb. 

KoAD. Voyez KOAT. 

KoADA (de 2 syll. , koa da ), v. a. Boiser, 
garnir de bois , de menuiserie. Planter des 
arlires. Couvrir de bois , d'arbres. Lambrisser. 
Parqueter. Part. et. Réd eo kuada arvûger-zé, 
il faut boiser ce mur. Koadel màd co ar vrô- 
mañ, ce pays- ci est bien boisé. En Vannes, 
koédein ou koclaal 

KoADACii (par ch français ) , de 2 syll. , koa- 
ûach ) , s. m. lîoisagc , tout le bois dont on s'est 
servi pour boiser. Boiserie , ouvrage de me- 
nuiserie dont on couvre les murs d'une cham- 
bre , etc. On dit aussi koalcrez , dans ce sens. 

KoAUER (de 2 syll., koa-dek), adj. Boi- 
scux , de nature de bois. Boisé . garni , cou- 
vert de bois. Koadcg eo ar c'/irisifn-jnan, cette 
racine est boiseuse. Eim eur viô goadeg é 
choum, il demeure dans un pays boisé. 



KfJ\ 

KoABEît '^dc 2 Rvll., koaden ) , ». f Piècp de 
boif. Maijrier. Plançon. Dordage PI. koaien- 
nou. fiwerzid diou goadcn Win écil iheltaxi, 
vendez-moi dfux pièces de bois, deux plan- 
çons , pour bltir ma maison. 

KoAD-i>DF.z , s. m. Acajou, arbre d'Amé- 
rique, li. V. 

KoADoi'B, s. m. Forestier, qui garde les fu- 
rets , les bois. PI. ien. II. V. 

KoACA (de 2 syll. , kna-ga j , v. a. Bossuer , 
faire des bosses, en parlant de la vaisselle de 
métal. Part. el. Knaged eo gaht-hi ar siéan, 
elle a bossue la vaisselle d'étain. On dit aussi 
koagraou koagri. Voyez (Iwara. 

KoACA (de 2 syll., koa-ga) , v. n. Croas- 
ser, crier comme les corbeaux. Part. et. Koa- 
gn a ra arbrini, les corbeaux croassent. Ce mot 
est une onomatopée. Vuy. (îwac'ih el Krôza. 

KoAGE> de 2 syll. , koa-gen'< , s. f. Bosse , 
élévation qui survient à la vaisselle de métal, en 
la laissant tomber ou autrement. PI. fcoa^ennou. 
Eur goagen hoc'h eiiz gréad el lôa arc'hant , 
vous avez fait une bosse à la cuiller d'argent. 

KoAGÉRÉz ( do 3 syll. , f'oa-gérez] , s. m. 
Action de bossuer, en parlant de la vaisselle. 

KoAGÉREZ (de 3 syll. , kna-gé-rez ) , s. m. 
Croasicmcnt, le cri du corbeau. L'action de 
croasser, 

KoAGRA. Voyez Koaga, premier art. 

KoAjEL (de 2 syll., koa-jel). IHilin koajel , 
s. f. Moulin dont la roue qui est à l'eau tourne 
perpendiculairement, et l'essieu horizontale- 
ment ; ce sont les plus anciens. Voy. Krupel. 

* KoAL ( d'une seule sjll. ) , s. m. Caille , 
oiseau de passage. IM. cd. Eur gigen domm a 
zô er c'hoal, la caille est chaude de tempé- 
rament. 

* KoALÉTA (de 3 syllab. , loa-?'/(a), v. n. 
Chasser aux cailles. Part, et Da goaljla éz 
ahnp goudé Uin , nous irons à la chasse aux 
cailles après dîner. 

KoAN , s f. Souper ou soupe , repas du soir. 
PI. iou. Eur goan gaer hon eàz bét , nous 
avons eu un bon souper. En Vannes, koen. 

KoASiA ou KoAÑA (de 2 syllab., koa-nia ou 
koa-ña), v. n. Souper , prendre le repas du 
soir. Part, koanicl ou koauet. Uevd da goania 
gan-c-omp, venez souper avec nous. En Van- 
ne; , kocniein, 

KoANîEB ou lioANER (de 2 syll., koa nier on 
kuañer), s. m. Soupeur , celui dont le sou- 
per est le principal repas. PI- ien. 

KoA.MÉREz o\\ KoaSérez ( de 3 syll. , koa- 
nic-rcz ou koa-ñé-rez), s f. Soupeuse , celle 
dont le souper est le principal repas. PI. éd. 

KoA.NT ' d'une seule syllab. '\ , adj. Joli. Gen- 
til. Agréable. Mignon. — Maîtresse , amante, 
amie , belle, H. V. Eur vaoucz goani eo , c'est 
une joli» femm?. BagalckoMl hô deûz , ils ont 
de j 'lis cnf.ints.Au comparatif , konnloc'h ( de 
■2 syllab, , froan-toc'/i), plus joli. Koanloc'h eo 
égéd hé c'hoar, elle eU plus jolie que sa sœur. Au 
supcrl.ilif, /.-oañlafdf 2syll. , koanla) ,1e plus 
joli. -Ve két ar iaouiñha eo ar c'hoaula, ce n'est 
pas le plus jeune qui est le p!uî joli. — Hé 



K0\ 

thoañl eo , c'est sa maîtresse ; c'est sa belle. 
H. V. Voyez Kakr et Bhaô. 
KoAiSTA. Voyez KoaSt. 
KoAÑTAAT (de 3 syll. , koañ-la-af] v. al. et 
n. Embellir, linjoliver, rendre ou devenir 
plus beau , plus joli, l'art, koañléet. Ar glei- 
zen-:é na goania liéd anhhañ , celte cica- 
trise ne rcnibellil pas. KoaTUhd en deùz hé 
(li , il a enjolivé sa maison, h'uantaad a rai ô 
kreski , elle embellira en granilis.^aiit. 

KoA.ÑiÉHi (de 'isyW. ,koañ-(i!ri), s.f. Cicntil- 
Icssc, qualité de ce qui est joli, genld,elc.(jrAcc. 
Beauté. Agrément. Ar goañtéri né ddl kéd ar 
vadéiez , la gentillesse ne vaut pas la bonté. 

KoA.>TiK (de 2 syll. , koañ-Uk) , s. m. Ecu- 
rmiil , petit animal à quatre pattes , fort vif. 
PI. koailUged. Ar goaniiged a gdv mâd ann 
(walou, les écureuils aiment les pommes. 
Voyez CiwiBER. 

KoA.NTiK. Voyez KoaStiz. 
KoA.>TiK-VRÀz. Voyez Kaérel-vrâz. II. V. 
KoAÑTiDiGEz (de i syll. , koañ-li-di-gez) , 
s. f. Action d'embellir , de rendre joli. Enjoli- 
vement. Ajustement. 

KoAÑTiz (de 2 syll. , /•oan-liz ) , s. f. Quel- 
ques uns l'emploient dans le même sers que 
koañléri ; mais plus ordinairement on lui 
donne la signilication de maîtresse, amante 
l^'est ainsi qu'en français, on dit familièrement 
une BELLE , une beacté. Voyez Karañtez. 
KoANTOc'ii. Voyez KoaSt. 
K.OAÑZEZ. Voyez Koazez. 
KoAR , s. m. Cire , matière molle et jaunâ- 
tre qui reste du travail des abeilles, après 
qu'on en a tiré le miel. L'humeur épaisse et 
jaune qui se forme dans les oreilles. La ma- 
tière qui s'amasse sur les bords des paupières. 
Mélenkoar eo , il est jaune comme cire. En 
Vannes , Koer. 

KoARA i de 'i svllab. , koa-ra), v. a. Cirer , 
enduire de cire, l'art, et. Koarid ann ncùd- 
mañ , cirez ce 111. En Vannes, koérein. 

KoARADUR ou KoABACH ( par c/i français.) , 
s. m- Cirage, action de cirer. Composition qui 
sert à rendre la chaussure noire et luissante. 
11. V. 

KoAHER ( de 2 syll. , koa-rek), adj. Qui lient 
de la cire. Qui ressemblée de la cire. Qui est 
couvert ou plein de cire. Daoulagad koareg 
é deûz , elle a les yeux chassieux , plein de 
cire. En Vannes, koérek. 

KoAREL ( de '2 syll. , koa-rel) , s. f. Semelle, 
pièce de cuir qui l'ait le dessous d'un soulier. 
PI. koarelluii. A'c kél léô aivalc'h koarellou va 
bouCou, les semelles de mes souliers ne sont 
pas assez épaisses. Voyez Sôl, deuxième art. 
KuARELLA (de 3 syllab. , koa-rel-la) , v. a. 
Mettre des semeiles à des souliers. Part. e<. 
i'égément a gimérolhu l'vil koarcUa va bou- 
tou'l combien me prendrez-vous pour mettre 
des semelles à mes souliers. 

KuARKN ( de 2 syll. , koa-ren) , s. f. Pain de 
tire. PI. koareiinou. On dit aussi, dans le même 
sens , tors koar ; à la lettre , tourte db cirk. 
KoAREHlde ^sjll., koa-rer), s. ra. Cirier, 



ouvrier qui travaille en cire. Ciergicr , ccjui 
qui fait cl vend des cierges. 

KoABc'ii ou Kocari;'ii ( d'une seule syil. ) , s. 
m.Chan\re, pl.'irlte dont l'écorcc sert à faire de 
la filasse, (^c mot est du tlial.de Van.Voy.KA.NAB. 
KoARc'iiEK (de -2 syl'ab. , koar click), s. f. 
r.lienevière , champ semé de tbenevia. PI. 
knarc'ht'gcu. Ce mol est du dialecte d^' Vannes. 
KoAT ou KoAn , s. m. Bois. Du bois. Du 
bois sur pied. L'n bois. Une forêt. PI. koadou , 
et , par abus , konjou [ de 2 syll. , koadou ou 
koa-joii). Koal brdz ou knad uc'hel , grand 
bois , bois de haute futaie. lié d( a zo é krciz 
cur clwal , sa maison est au milieu d'un bois. 
h'oal kamm , bfis couihe ou courbant. Plu- 
sieurs familks en Bretagne tirent leurs noms 
de ee mol : koal, koad, kocl , koadik, Us- 
koat , mézkoet , rozkoal , elc. 

KoAD-LosK, s. m. Chauffage ,bois de chauf- 
fage , combustible pour se chauffer. II. V. 

KoAT ÊBEN.N , S. Hi. Ebcnc , bois de l'ébc- 
nier. II. V. 

KoAT-MÊD, S. m. Taillis. Piois (aillis. Jeune 
bois qui se coupe régulièrement. Voy. Méd. 

KoATAAT ( de 3 syll. , koa-ta at ). Part, koa- 
U'et. Le même que koada. 

KoATAER ( de 3 syll. , koa-ta-er) , s. m. Ce- 
lui qui travaille les bois ou qui travaille dans 
le bois. Forestier. PI. ien. 

KoATAÉREZ de 3 syll., koa-taé-rez) , s. f. 
Celle qui travaille dans les bois. 

KoATÉRKz(de 3 syll. , koa-Urez). Le même 
que koadach. 

KoAVEN ou KoÉvEN (de 2 syll. , koa-ven ou 
koé-ven) , s. m. Crème, la partie la plus 
grasse du I.iit, avec laquelle on faille beurre. 
Ce mot est du dialecte de ïréguier el de celui 
de Vannes. Voyez DIF^.•s. 

KoAVENMN ( de 3 syll. , koa-ven-y}iñ ) , v. n. 
Crémer. Il se dit du lait, quand il fait de la 
crème , quand il se forme en crème. Part. et. 
Ce mot est du dialecte de Tréguier. En Van- 
nes , on dit koévennein. 

KoAZA (de 2 syll., koa-za) , v. a. cl n. Di- 
minuer i force de bouillir. Se consumer. De 
plus , prodiguer. Au figuré , déchoir. Dép( rir. 
Tomber en ruine. Part. et. Koaza a rai ann 
dour , ma n'hén tennit kcd diwar ann tdn , 
l'eau se consumera , si vous ne la retirez du 
feu. Koaza a ra a-wél-dremm, il dépérit à vue 
d'œil. En Vannes , koéc'hein, 

KoAZER (de 2 syll., koa-zcr) , s. m. Prodi- 
gue. Dissipalcur. Voyez Tréze.nner. 

KoAzÉRKZ (de 3 syllab. , koa-zé rez) , s. m. 
Action de se consumer , de diminuer, de dé- 
périr. Diminution. Dépérissement. EnVannes, 
koéc'hérec'h. 

KoAZEZ ou Kovnzez (de 2 syll., koaxe: ou 
koañ-zcs), ou Kavazez, s. m. Séant, la si- 
tuation , la posture d'un homme qui esl assis 
dans son lit. En cm lakaal cnn hé goazez , se 
mettre en son séant , sur son séant. En Van- 
nes , chouk. 

KoB. Voyez Kôp. 

KÔBAi.. Voyez K(^dab. 



2o4 



KO F, 



Ki'iDÀLEn. Voyez Kuuahrii. 

•KouAit ou ^;(^rlAH, s. f. Galiarc, petit l'Ati- 
mwil large ut plat pour rcmonltT les rivières. 
PI. kùbiii ou yobiri. Quelques-uns pronon- 
cent kiibirri ou iji'ibiiri. IJ'ur cur gûbar vrdz 
iñd dciid aman, ils sont venus ici sur une 
gramie galiare. ICn Vannes, kùbal. l'I. eu. 

KôDARKii ou (jùiuuËU, 8. ui. Galiarier , pa- 
tron ou conducteur d'une gabare. l'I. kii. ï.n 
Vannes , kôbalour, l'I. ion. 

* KoK, 8. ni. Coq , oiseau de liusse-cour, le 
niàledo la poule. PI.Ac'f/iou kéger. Ce mot est 
du dialecte de Cornouaille , de Vannes et de 
celui de Trég. Ailleurs, on dit/it/cA. 

IfoK , s. ra. C'est le nom que l'un donne à 
la graine ou au fruit du houx. 

* KoK , s. m. Ce mut , quoique inusité ou- 
jourd'hui chez les Bretons, a dil signilier cui- 
sinier; on le retrouve encore dans sun com- 
posé kok-lôa. D'ailleurs kok doit être le radi- 
cal de kegin , cuisine , de kcyincr , cuisinier, 
etc. C'est ainsi que de kiok , on a fait kregi, 
de losk , le ski , etc. — Quoique commun aux 
Gallois et aux Armoricains, il vient sans doute 
du latin,où il a toutesa fajuille. 11. V. 

KoK-LÔA , s. f. Grande cuiller qui sert à 
tremper la soupe. Cuiller à pol.Pl./cok-Waiou.A 
la lettre, ccilleudeciiisimer. En Vaii., kok- 
lôé ou koklc. Quelques-uns prononcent klogé. 

* KoKED , s. m. J- squif , petit canot dont on 
ft sert à divers usages dans la navigation. PI. 
ou. Ce mot est du dialecte de Corn. Yuy. Bàg. 

KoKLÉ. Voyez Kok-lùa. 

KÔD. Voyez G<^d ou Gùbel. 

Kodioc'h , s. m. C'est, uu des noms que l'on 
donne à l'alouette, dans le diid.de Van, PI. éd. 
Voy. Alc'iiocédeh , Kabellsk et KogeiNnee. 

KoED. Voyez Koat. 

KoÉDEi.N. Ñ oyez Roada. 

* KoÉF (d'une seule syll.) , s. m. Coiffe, 
espèce de couverture de tête à l'usage des fem- 
mes. PI. ou et iou. Né deùz ncCrà cvit gùlei hé 
c'hoéf, mar gra glaô , elle n'a rien pour cou- 
vrir sa coiffe , s'il pleut. 

* IvoÉF-Nôz , s. m. Serre-tête, coiffe de nuit. 
PI. koéj'ou-nàz. H. V. 

* KoÉFA(de 2 syll. , koé-fa), v. a. Coiffer, 
mettre une coiffe à une femme. Part. el. Nocli 
kél koéfel mâd, vous n'êtes pas bien coiffée, 
vous n'avez pas bien rais votre coiffe. En em 
goéfa, se coiflcr, mettre sa coïKcEnem gpéfa a 
ra er c'hiz ko;, elle se coiffe à l'ancienne mode. 

Koéc'hein. Voyez Koaza. 

Koéc'hérec'h. Voyez Koazébez. 

KoEN. Voyez Koan. 

KoÉMEiN. Voyez Koama. 

Koenv (d'une seule syll.), s. m. Enflure. 
Tumeur. Bouffissure. D£ plus, hydropisie, 
maladie, enOure causée par un épanchcment 
et un amas d'eau. Tiscd co hé vorzcd yañd 
koenv hé droad , l'enllure de son pied a atteint 
sa cuisse. Gand ar c'hocnv eo marvel , il est 
mort d'hydropisie. En Van., /"oanv ou /hwam). 
lioENvi (dfe 2 syll. , kocn-vi), v. n. Enfler. 
S'enfler. Devenir plus gros. Part. el. Eocnvi 



KOI" 

a ra ht vréae'h , son bras enfle. En Vannes , 
fuuanvein ou fnuanuuein. 

KofeiiEü ou KuLÈUED ;de 2 syll. , koéred ou 
kouéred) , s. m. La cliarrée , cendre qui reste 
8ur le cuvicr après que la lessive est coulée. 
Ce mot est du dialecte de Vannes el doit être 
co»i|)usc de koué pour kuues , buée, lessive, 
el dercd, flux, écoulemeut. \'oy. Str-oAif. 

lyoÉrAAT. Voyez Koada. 

K()Évii.>. Voyez Kuaven. 

KoftVE.>.>EIN. N'oyez K0AVRM<l.^. 

Kor ou Kôv , s. m. Ventre, la capacité du 
corps de l'auimal où sont enfermés lusboyaax. 
En parlant des femmes etdes femdies des ani- 
maux , il se prend particulièrement pour le 
lieu où se forme et se nourrissent les enfants, 
les petits de l'animal. Sein. Panse. L'endroit 
plus gros d'un vase. La partie d'un mur qui 
;ivance et menace de s'écrouler. PI. kofou ou 
kofiou ( de 2 syll. , ko-fiou ) , kôtou on kôiAou. 
Drouk kùfem eûz , j'ai mal au ventre, h'ianv 
brdz co bid hé vamm , keit a m'é deiiz /k'îoi»- 
gcl enn hé c'hùf, sa mère a été fort malade , 
tout le temps qu'elle l'a porté dans son scirT. 
lié a gùo é ditiz ar bùdez-zé , cette terrine a 
trop de ventre. On appelle /f(i/-foi/tart( Voy. ce 
mol. ) le ventricule ou l'estomac , le viscète, 
dans le corps de l'animal , qui reçoit et digère 
les aliments ; il se dit plus ordinairement de 
lliomme ; à la lettre , petit ve.nthe , ce qui 
est bien exprimé en français par le mot ven- 
tricule. Voyez BoLZEN. 

KoF-BiHA,> , s. m. Bas-ventre , la partie in- 
férieure du ventre. H. V. 

KoF-GÀa , s. m. Mollet , le gras de la jambe. 
A la lettre, ventre de jambe. On dit aussi kôv 
ar c'hàr, 

KÔFA ou KôvA, v. a. et n. Porter le ventre 
en avant. S efforcer de soutenir quelque chose 
du ventre ou par le ventre. Faire ventre , en 
parlant d'un mur qui crève. Part. el. Voyez 

KeINA et BoLZENM. 

KôFAD ou Kôv AD, S. m. Ventrée , la capa- 
cité , la contenance du ventre. Portée, tous les 
petits que les animaux font en une fois. En 
ce sens , i' s'applique aussi au fruit de la fena- 
me. PI. ou. kur c'hôcad tndd a iôd en dcùz 
gréai, il a fait une bonne ventrée de bouillie. 
Kofadoti brdz é deûz alaô ar iviz-zé , cette 
truie a toujours de fortes portées. Eûz a eur 
c'hi'vnd iñt , ils sontjumeaux,- à la lettre , ils 

SOKT D'CNE VENTRÉE. 

ItoFATA , V. n. Se remplir la panse ; faire 
bombance. Part. et. H. V. 

KoFEKou RôvEK , adj. et s. m. Ventru. Pan- 
su. Quia un gros ventre , une grosse panse. 
Pourle plur. du subst. , kciféien ou kùféged. 
Voy. Bëgéliee , BiGÔFEK et Teïbennek. 

RÔFÉGEZ , s. f. Femme qui a un gros ventre. 
PI. éd. 

• KoFiNox ou KorFiÑoN , s. m. Chausson, 
chaussure de toile, de laine, de cuir, etc., 
qui ne couvre que le pied. PI. ou. Je ne con- 
nais ce mot que par le Dictionnaire du P. Gré- 
goire- — C'est le vieux nom français du 



KOC 

chausson , qu'on ('crivait Coficnon. H. V. 
KoGÉNAN s. m. Huppe, oiseau. PI. éd. (^e 
mot est du dialecte de Van. Voy. Houpérik. 

KoGENNKK, s. m. A louclte , üiscau. V\.ko- 
gennégi. Ce mol est du dialecte de Vannes. 
S'il désigne l'alouelle liü|ipée , il pourrait 
bien dériver du précédent. V oy. Alc'houédek. 
KoGAZ. Voyez Gogaz. 
Koc'u , adj. Rouge écarlate. Voy. lUz. H.V. 
Koc'ii. Voyez Kac'u. 
Koc'u. Voyez Kôz. 

Koc'han ou Kouc'uAN, s. f. Hibou. Chat- 
huant. Chouette. PI. éd. Ce mot est du dia- 
lecte de Vannes. Voyez Kaocen. 

Koc'HA^■Ez ou Koi'c'iiANEZ , s. f. Fresaic, 
oiseau noclurne qui est une espèce de hibou. 
C'est aussi le nom que l'on donne à la femelle 
du hibuu , du chat-huant, etc. Ce mot est du 
dialecte de Vannes. Voyez Kaolennez. 

Koc'uEN, s. f. Ecorce extérieure. Croûte lé- 
gère. Pellicule, peau très-mince. Au figure, 
extérieur, ce qui parait au dehors. Apparence. 
Koc'hen al lagad, laie ou cataracte qui se 
forme sur l'ctil. Koc'hen al léaz , peau qui 
s'élève sur le lait doux bouilli. Na seuil né- 
méd ar goc'hen , vous vous arrêtez à l'écorce, 
à l'apparence. Voyez Rusk et Doab*. 

Koc'nE>NA , V. a. et n. Couvrir la surface de 
quelque chose. Se former en croûte légère. Se 
couvrir d'une pellicule. Part. et. Koc'henna a 
ra va lagad, mon œil se couvre d'une pellicule. 
Koc'hi ou Koc'hui ( de 2s)1I. , ko-c'hui ) , ou 
Koc'hu , s. m. Halle, place publique où se 
tient le marché , les foires. Ce mot n'aurait-il 
pas pour origine le mot /coe'/i ou kac'h , or- 
dure ? En ^'a^nes , plusieurs prononcent kovu. 
— On disait autrefois Coude , en français , 
pour une halle. Voy. Koc'hdi. H. V. 

Koc'hien (de 2syll. , ko-c'hien), s. f. Excré- 
ment. Crasse. Lie , ce qui est de plus grossier 
dans une liqueur , et qui va au fond. Marc , ce 
qui reste de plus grossier de quelque fruit 
qu'on a pressé. Scorie, écume de métaux. Gci- 
lôed eo hé zac a goc'hien , son habit est cou- 
vert de crasse. Koc'hien zô warar gwinzé, il 
y a de la lie sur ce vin. Ànn avalou-mañ n'hù 
deûz kél riielhalza goc'hien, ces poramcs-ci 
n'ont pas donné beaucoup de marc. Voyez 
Kac'h et Lec'hid. 
Koc'jir. Voyez Koc'iii. 
Koc'hii. Voyez Koc'hi. 
Koc'hli , s. m. Cohue , réunion tumultueuse. 
PI. 011. H. V. 

KoJEN , s. m. Bouvillon , jeune bœuf, et , 
selon Le Pelletier, jeune taureau qui n'est 
pas encore en âge de couvrir. V\. kojenned. 
On dit ausH blougorn et kreim-éjenn. 
KoL. Voyez Kaol. 

KoLonÉ ou KouLDKÉ , S. m. Bourrelet, es- 
pèce de coussin rempli de bourre ou autre 
ehose, que l'on place sur la tète des bœufs 
pour soutenir le joug. PI. Iwldrcou ou koul- 
dréou. Itpgcd co ar choldré gañd ar iéô , le 
joug a déchiré le bourrelet. On dit aussi ((ik- 

éjtn , TOllI'E ou CIIAPKAI' DE BOEVF. 



KOL 2r,5 

KÔLÉ OU KozLÉ, s. m. Jeune taureau. PI. 
kôléou. Ce mut me semble venir de kôx, vieux, 
et de le\ié , veau. 

KoLEN, s. comm. Petit, en parlant des qua- 
dru|ièdcs en général, tels que petits chiens, 
petits cochons , etc. PI. kélin. Kolen ne s'em- 
ploie jamais seul ; mcis on ait kol(n-ki , petit 
chien. PI. kélin-kounn ou kélin-chas : kolcn- 
gàd , levraut , petit lièvre. PI. kélin-gédon. En 
Vannes , kolin. Voyez Menn. 
koi,E>M. Voyez Kélina. 
KoLiA ( de 2 syll., ko-tia] , v. n. S'embour- 
ber, en parlant d'une charrette qui est restée 
dans un bourbier. Part. koUel. Kolied eo hé 
garr , sa charrette s'est embourbée. 

' Kolier, s. m. Collier. PI. ou. En Galles, 
koler ; en gacl-écos. , koljir : en gal-l-irland. , 
koléar. On voit que ce mot est commun aux 
peuples d'origine celtique, quoique provenant 
du radical latin eoWwm,col.Voy.KELc'!iEM.lL V. 
KoMÉRiK-AR-BÉLEK , S. m. Kabat , orne- 
ment des ecclésiastiques. H. V. 
koLi.N. Voyez Kolen. 

KoLL , s. m. Perte, privation de quelque 
chose d'avantageux . d'agréable on de com- 
mode qu'on avait. Dommage. Détriment. Pré- 
judice. Ruine. PI. 011. Gwerzed em eûz icar 
goll , j'ai vendu à perte. Em c'hoU eo , c'est à 
mon dommage, à mon préjudice. ïo/iou ü)/u: a 
:ùkouézel war-n-omp écléné, nous avons éprou 
vé de grandes portes cette année. Voy. Gaoi'. 
KoLL. Voyez KoLtA. 

Koi.iA , et , par abus , Koll , v. a. et n. Per- 
dre , être privé de quelque chose qu'on avait. 
Etre vaincu en quelque chose par un autre. 
Souffrir quelque dommage. Endomma^'cr. 
Corrompre. Ruiner. Avorter. Part. et. Kolied 
co pép ird , tout est perdu. C'hotti eo a goUô , 
ma na likid érc: . c'est vous qui perdrez, si 
vous n'y faites attention. Kolied eo hé dùd 
gañl-hañ, il a ruiné sa famille. 

KoLLAD , s. ra. Perle. Fausse couche. Accou- 
chement avant terme. Avortemcnt. PI. on. Eur 
c'hollad c deûz gréât, elle a fait une perle, 
une fausse-couche. 
KoLLEz. Voyez Kollidie. 
KoLLiDiK, s. m. Avorton, enfant né avanl 
terme. PI. kollidten. Le Pelletier a écrit kollez, 
dans le même sens; mais je ne connais pas ce 
mot dans l'usage. 

KoLLioiGEZ, s. f. Perdition, l'état d'un 
homme qui est plongé dans le vice , dans l'im- 
piété. Damnation , punition des damnés. Co 
mot étant une expression mystique, est fort 
rare dans l'usage. 

KÔL«i , s. m. Paille, le tuyau et l'épi des 
ditïéreiits grains. Kôhkn , f. . une paille , un 
brin de paille. PI. kdtoennou ou simplement kiî- 
lo. Digasit kôlô si'gal d'in , da lakaad em gtcé- 
lé , apportez-moi de la paille de seigle , pour 
mettre dans mon lit. Chiin eur golden htrbrds, 
voici une paille bien longue. Voyez Ptori. 

KÔ1.6A, V. a. etn. Couvrir de paille. Garnir 
de paille. Mettre de la paille pour litière sous 
les bestiaux. Se former en paille, en parlant 



2 ou 



KO M 



(les grains en hcrbi-, Varl. kùldet. Ri'dévhô 
kàloa ann U, il faudra cuuvrir la maisun en 
paille, li'n eo, kiiltiid ar r'hcsiuu- gwénan , il 
fail froid , gaiiiissi'u les ruches de |)aille. Kô- 
lùedhoch eiishu diuddn ar zauud .-" avez-vous 
rais de la paille sous les vaches ? AV két c'hoaz 
kùlàed ar c'Iierc'h , ravoin<; n'est pas encore 
inonléc en paille. Voyez I'luiza. 

KtiniEK , s. f. Paillicr, lieu où l'on serre la 
paille. Meule ou monceau de paille. l'I. kùUé- 
gnu. !d da gousked d'ar (j6l6ek,aiWi vous cou- 
cher au paillicr. 

KÙLÙE.N , s. f. Toul ouvrage (issu en paille. 
Ruche, panier en forme de cloche, qui serti 
mettre les abeilles. Corbeille servant à couvrir 
le pain sur la table, ou à porter la pâte au 
four ; on les nomme ainsi , parce qu'on les 
fait ordinairement en paille. l'I. kàlôcnnou. 
Kàtùen , dans presque toutes ces acceptions , 
ne s'emploie jamais seul , mais on dit kôlôen- 
icénan , ruche d'abeilles. k'Olôen-iara ou ko- 
lOen ar bara , corbeille du pain. Voyez Kést, 
premier arlicle. 

KÔLÔE.'^. Voyez KôliJ. 

KoLOREJC. Le même que Kéler. 

KotviN. Voyez Golva>(. 

KoMB, KoMBAÑT OU KocmbaSt, S. m. Val- 
lon , espace de terre entre deu.x coteaux Val- 
lée. PI- /«>m6a?i(ou ,et, par abus, kombanchou. 
Voy. Kamd , Traonien et Saùi^e.'s. 

KoMBOT. Voyez Kembot. 

KoMBOTA , v. a. Etager, disposer par éta- 
ges. Part.f(. II. V. 

KoMM , s. m. Foukrie , lieu où l'on foule les 
draps. l'I. ou. liusid ar viézcr-zé d'ar c'homm , 
portez ce drap à la foulerie. MiUn-gomm , mou- 
lin à foulon , moulin à fouler les draps. Lou- 
zaouen ar c homm , l'herbe aux foulons. 

KoMU , s. m. Auge , pierre ou pièce de bois 
creusée, qui sert à donner,! boire et à manger 
aux chevaux, etc. PI. ou. Likiddourcrc'homm, 
mettez de l'eaudans l'auge. Voy. LAOuERelNÉo. 

KoMMA, v.a. Bat(re,fouler les draps. Part et. 

KoMMAD , s. m. Augée , lacontcnance d'une 
auge. PI. ou. 

KoMMADiR, s. m. .\ction de battre , de fou- 
ler les draps. 

KouMER , s. m. Foulon ou fouleur , ouvrier 
qui foule les draps. PI. ien. On dit aussi ytom- 
mermézer. 

KoMMOcL ou KoüMMoüL , S. ni. Nuage, amas 
de vapeurs dans l'air. Il se dit plus particu- 
lièrement des nuages Irès-thargés , fort épais. 
KommouUn , f. , un seul nuage. PI. kommou- 
lennon , ou simplement kommoul. Âr c'hom- 
moxd a laha ann amscr da vcza U'val , les 
nuages rendent le temps sombre. Voy. Koabr. 

KoMMOiLA, v. n. Se couvrir de nuages épais. 
S'obscurcir. Part. el. 

KoMMO0LEK,adj. Nuageux. Nébuleux. Ob- 
scurci parles nuages. Sombre. 

KoMuoüLE.N. Voyez Kommocl. 

Rompez ou Kompoez (de -2 syll. , kom-poez), 
adj. Uni, qui n'est point raboteux. Poli, qui 
a la superficie unie et luisante. Plain, qui est 



KOM 

sans inégalité. Plat , dont les parties ne sont 
pas plus élevées les unes que les autres. Nékét 
kompez awalc'h ann douar -maii, celte tcrru 
n'est pas assez unie. Kompez brdz eo ar vrô- 
mañ , ce pays-ci est fort plat. En Vannes , 
kwnpoez. 

KoMi'KZ ou Kompoez (de 2 syll. , kompoez), 
adj. (icrrnain. Uriùryompez , frère germain, 
frère de père et de mère. Moéréb-gompez , 
tante germaine, S(j;ur du père ou de la mère. 
h'endini-gompez , cousins germains , lils de» 
deux frères ou des deux sœurs , ou du frère et 
de la Sd'ur, etc. En Vannes, kampoez. 

KoMpÉZA ou KoMPOÉzA (de 3 syll., kom- 
poé-za) , v. a. Unir. Polir. Aplanir. Aplatir. 
Ilendre uni , poli, etc. Part. ci. Ne helliñl bi- 
kcn kompéza ann heñt-zé , ils ne pourront ja- 
mais aplanir ce chemin. En Van., kampoézein. 

KoMPÉzEN, 3. f. Plaine, plate campagne. 
Pays uni. PI. kompézcnnou. Eur gompézen gaer 
hoc' h eüzdadreüzi, vous avez une belle plaine 
à traverser. — En gaël-irl. et écos. , kamp. 
Voyez Kamp et Kaupe.nn. H. V. 

K.üMpfczE>(.NAD , S. f. Plaine , la contenance 
d'une plaine. PI. ou. Chélu cur gompézennad 
gaer a dd , voilà une belle plaine de blé. 

Kdmpézer , s. m. Celui qui unit, qui polit , 
etc. PI. ien. 

KoMPÉzÉREZ, s. m. Action d'unir , de polir. 

KoMPÉziDiUEZ , s. f. Le même que le pré- 
cédent. 

KoMPOD. Voyez BELLÉTENXiK(Vann.) II. V. 

Kompoez. Voyez Kompez. 

KoMPOÉzA. Voyez Kompéza. 

KoMPs OU KoMz , s. f. Parole , mot pronon- 
cé. Discours. Parler. Langage. Accent. PI. 
kompsiou , kotnzou ou komziou (de 2 syll. , 
komp-siou nu kom-siou). Dalc'hed eo enn hé 
gomz, il est arrêté à la parole. Héanaoud a rann 
diouc'h hé gomz, je le connais à son parler. 
Voyez Gér. 

KouPSA ou Komza, et, par abus , Komps ou 
KoMZ, v. n. Parler, proférer, prononcer, ar- 
ticuler les mots. Discourir. Part. et. Na gom- 
zil két ker kré , ne parlez pas si haut. /d da 
gomza oud va zàd , allez parler à mon père. 

KoMFSER ou KoMZER, S. m. Parleur, celui 
qui parle beaucoup. Discoureur. PI. ien. Eur 
c'hompscr kaer eo , c'est un beau parleur , 
un homme éloquent. 

KoMPsÉREZ ou KoMzÉREZ , S. f. Parlcusc , 
celle qui parle beaucoup. Discoureuse. PI. éd. 

Ko.MZ. Voyez Komps. 

KoiÑ , s. m. Coin. Angle , l'endroit où se fait 
la rencontre de deux côtés de quelque chose. 
Encoignure. PI. ou. E koñ ann ti , au coin de 
la maison. Voyez Korn , deuxième art. 

Ko.ÑA, v.a. Reléguer. Confiner. Exiler. Part. e«. 

KoÑKOEZ (de 2 syllab. , kon-koez) , s. m. 
Gourme, maladie des jeunes chevaux. Èma 
ar c'honkoez gant va marc'h iaouank , mon 
jeune cheval a la gourme. 

Ko.vBK, adj. Angulaire, qui a un ou plu- 
sieurs angles. Ar méanhonck, la pierre angu- 
laire. Voyez KoBMEKj deuxième art. 



KON 

* KoÑFoRT , S. m. Consolation. Soulnge- i 
ment. JS'am eùz koñforté-hcd ,}e n'ai point de 1 
consolation. (",c mot qui vient (vidonnnoiit du ] 
latin, a été encore plus niodiné en (ï.illes où 
l'on écrit kymbvjlh , qu'on jironunce AeHii/orJ. 
II. V. 

* Ko-NFORTF.n , s. m. Consolateur, celui qui 
apporte de la consolation. PI. icn. En Galles, 
kemhorzour. 11. V. 

* KoÑFoiiTÉHEz, s. f. Consolalrice. II.V. 
KoiÑFonTi , V. a. Consoler , soulager. l'art. 

ioñlortct. Va mcrchik, en cm gonfortel , ma 
petite fille , consolez-vous. En Galles , kcin- 
horza. 11. V. 

* KoÑFORTUZ, adj. Consolant, qui console, 
qui soulage le cœur. En Galles , kenthorzuz. 
II. V. 

Ko.NCiiENN , s.f. (par ch français) Conte- 
Récit d'une aventure le plus souvent fabu- 
leuse. PI. ou. Voy.KoxTA, H.V. 

KONCHENNEU. VojCZ DlSBÉVELLER. 11. V. 

* KoScnÉzA ( par ch français) , v. a. .*^alir. 
Souiller. Gâter. (Corrompre. Tacher. Part. et. 
Koñchézed eo ta leroti , mes bas sont salis, 
•achés. En Vannes , kouchiein ou kousicin. 
Voyez Saotra. Stlabéza et Kalara. 

KoMKi. ou KoiMKi. . s. m. Lapin, animal 
sauvage quadrupède. PI. éd. F.ur c'honikl cm 
eùz paked cl lindag , j'ai pris un lapin dans les 
lacs. Quelqi'es-uns prononcent konill En 
Vannes, koutiii. 

KoMKLEz ou KorMKLEZ , S. f. Lapine, la 
femelle du lapin. PI. éd. En Van., koulinez. 
KoMKLiK ou Roi'MKi.iK , S. m. Lapcrcdu , 
jeune lapin. PI. konikU'digou. 

KoNiFEL. Le même que Komeue. 
KosiFL. Voyez Komkl. 
Konsouc'h, 6. m. Le bois qui entre dans le 
soc de la charrue. PI. kunsouc'hiou. Ce mot est 
composé de knn [lour kcn , avec , et de souclt , 
soc. On le nomme aussi kéfer et mdh-arar. 

' Ko.NsKRiT , S. m. Conscrit appelé au ser- 
vice militaire. PI. koñskried. Rail ar guû- 
skricd, la liste des conscrits. H. V. 

KoÑTA , v. a. Conter , raconter. Part. et. 
En gaél-irl. , kouñta. En gaël-écoss. , ^ouri- 
tcùm. 11. V. 

KoStamm , s. m. Venin, suc dangereux qui 
attaque les principes de la vie par quelque 
qualité maligne. Poison, plante ou préparation 
dont l'usage est dangereux pour la >ie. PI. o». 
N'eûi kcd a goñlaynm enn aer-zé, ce serpent 
n'a pas de venin, (in'ad eùz d'czhan loñka 
kovtamm , on lui a fait |)rendFc du poison. 

RoStammer , s. f. Empoisonneur , celui qui 
empoisonne. PI. icn- 

RoSrAMsiÉRF.z , s. f. Empoisonneuse, celle 
qui empoisonne PI. éd. 

KoNTAMMftKEz , S. m. Empoisonnement , 
l'action d'empoisonner. Son elVot. 

RoNTAMMi , V. a. Empoisonner, faire mou- 
rir par une quilito vénéneuse. Dotincr du poi- 
son A dessein de faire mourir. Envenimer, in- 
fecter de venin. Pari. et. Gant kébcl-tousek eo 
Ici kont'.immel , il a été emiiuisonné par des 



K()I\ 207 

champignons, h'onlammed eo hé c'Uouli, sj 
plaie est envenimée. 

* Ro.vTEL ou Kor.ÑTEL, S. f. CoutcBU , in- 
strument tranchant. PI. koñlilU. Eut goiittl 
blrg , un couteau pliant. Eur giffitelgainm , un 
couteau crochu. En Galles, krñel. H. V. 

* KoStri.-làz , s. f. Coutelas. Poignard. Da- 
gue. PI. koûiiUi-làz. Ce mot est composé de 
koHlel , couteau , et de Idz , truisieme personne 
du présent de l'indicatif du verbe laza, tuer, 
— ou du substantif /a: , meurtre. H.V. 

RoÑTEi.LA ou Rou.ÑTELLA , v. a. Frapper 
d'un couteau. Poignarder. Part. et. Koñtdled 
eo héd enn lu wélé , il a été poignardé dans 
son lit. 

* Ko.NTELLEROU KoC.ÑrELLER, S. lu. CoUle- 

licr, celui qui fait ou vend des couteaux et 
autres instruments tranchants. De plus, celui 
qui frappe d'un couteau, celui qui poignarde. 
PI. ien. 

* Ko.NTELLÉREZ OU K0B.ÑTEI.LÊREZ, S. f. Cou- 
tellerie , métier , commerce , atelier de coute- 
lier. On dit aussi koñlcllèri. 

* R0ÑTELLÉRI. Voyez RoÑTELLÉBEZ. 

Ro.ÑTROM, S. m. Ver qui s'engendre dans la 
chair corrompue, dans les cadavres , dans les 
charognes. Ji'onlroiicn , fém. , un seul de ces 
vers. Vi.koñlronennou ou simplement koñlron. 
Leûn eo a goñlron , hag héñ névez maiô , il est 
plein de vers, quoique nouvellement mort. 
Voyez Pké-nv. 

KoStroxen. Voyez Kontrox. 

K0.ÑTR0M , V. n. .Se remplir , se couvrir de 
vers , en parlant de la chair corrompue. Part. 
et. Koñtroni a raar c'hik-man ,i\ s'engendre 
des vers dans cotte viande. 

RoNvoKA , et , p;ir abus, Koxvok, v. a. et 
n. Piquer la meule d'un moulin ; cl, suivant 
quelques-uns , la lever pour la piquer. Part. 
ci. Voyez Kocga. 

* Kopou KÔB, s m. Coupe. Tasse. Gobelet. 
Vase qui sert à boire. PI. ou. Likit gwin cm 
c'itôp , mettez du vin dans lua coupe. Oa dit 
aussi skop et gôb. 

■• Kôp.iD ou RoB.vp, s. m. Autant qu'il en 
peut tenir dans une coupe, dans une fasse , 
dans un gobelet. PI. ou. On dit aussi skopad 
et gdbad. 

Kûpi, s m. Transcription, action de tran- 
scrire ou résultat de c( fie opération. PI. ou. 
En Galles , gopi. IL V. 

RoRBEL, s. f. .Arçon, une des deux pièces 
courbées en cintre qui servent à faire le corps 
de la selle d'un cheval. V[. korbellou. Oa dii 
aussi korbel-zibr. Voyez Ruoi-mmellex. 

RoRK , s. m. Quêteur , celui qui quête, qui 
demande l'aumCine. Mendiant. Gueux. Fri- 
pon. PI. éd. Ji'alz a gorkcd a :<j er t-ni »;iinl , 
il y a lieaueonp de mer.diants dans ce pays-ci. 
On dit aussi korker. \ o\ . Rlaskkr et Tuit K. 
RoRKA, V. n. (Juê'cr . deaiaoder cl recueil- 
lir dts aumônes. Mendier Gueuser Vivre eu 
gueux, en friji «n. l'.irl. f(. (}iccH eo gi'fn- 
hañ korka , cgél gounid hé coe'd , il aime mieux 
1 mendier, (jue de gagner sa vie. Ce verbe, 



2()8 KOR 

ainsi que le mol kork et tous ses dérivés, se 
prend ordinairement en mauvaise part. 

KoUKK?(N. Voyez kolir-KB.NM. 

KoHKF.u. Voyez Kouk. 

KoBKËnp.7. , s m. (ju(5te , la cueillette qu'on 
t'ait pour les Bftuvres , pour h^s nialiieurcux. 
Mendicité , clal du mendiant. Gucuscrie. In- 
digence. 

KORKÈBF.Z. Voyez KOUKEZ. 

KoRKEZ, s. f. Quêteuse, celle qui quéto , 
celle qui demande l'aumône. Mendiante. 
Gueuse. Friponne. PI. éd. Rôed hoc'h cùz-hu 
eunn drd-bcnndg d'ar gorkez? avcz-vous don- 
né quelque chose à la quêteuse? On dit aussi 
horkérez. 

KoBüEiH , s. f. Corde, torlis fait de chan- 
vre , de lin , etc. PI. kerdin. EréU-héñ gañd ar 
gordcn-mañ , liez-le avec cette corde, lloéd ar 
gorden , injure grossière signifiant à la lettre , 
PÀTUBE DE L\ CORDE ; cUc répond à la phrase 
française , gibier de potence. — En Galles , 
korlen. En gaël, kord. II. V. 

KoRDENMA , V. a. Corder, lier avec une 
corde. Cordeier, tresser en forme de corde. 
Part. et. Kordennit va zamm d'in , cordez-moi 
mon fardeau, h'ordennedem eùz hébléù d'ézhi, 
je lui ai (à elle) eordelc les cheveux. 
,j KoRDKNN.iD, s. f. CorJe , certaine quantité 
de bois à brûler qu'on mesurait sans doute au- 
trefois avec une corde, et qui varie selon le 
pays. PI. oxi. Teir c'hordennad keûneàd am 
eûz di'vet , j'ai brûlé trois cordes de bois. 

KoRDi;>NAm , V. a. Corder, diviser en cor- 
des , mesurer à la corde, en parlant du bois à 
brûler. Part. el. Trouclud ha horde.nned co ar 
c'hrûneud , le bois est coupé et cordé. 

KoRDENNER, S. m. Cordier , cclui qui fait 
ou vend de la corde. PI. icn. Voyez Kakodz. 

KoRDENNÉuEz , S. f. Cordcric , licu OÙ l'oD 
fait de la corde. PI. ou. 

KoRDENMS, S. f. Cordeau, petite corde. 
Cordelle. Cordon. Ficelle. PI. kerdinigou. 
KoREF. Voyez Kifu. H. V. 
KoRF, S. m. Corps, la partie du corps hu- 
main qui est entre le cou et les hanches, et 
qui est comme le tronc. Corpulence, la taille 
de l'homme , par rapport à sa grandeur et à sa 
grosseur. Cette partie de certains habillements 
qui est depuis le cou jusqu'à la ceinture. PI. 
korfou ou korfiou. Eur c horf brâz ha laosk , 
un corps grand et lâche War gorfhé roched , 
nu en chemise (en parlant d'un homme). War 
gorfhéhiviz ,nueen cheniise(en parlantd'une 
femme'). Korf en dcüz , hag héñ iaouañk , 
quoique jeune , il a de la corpulence. — En 
Galles, korf. En gacl-irl. et ccos., korp. H. V. 
KoBF-BRÔz , s. m. Corps de jupe ou cor- 
set avec manches. PI. korfuu-brûz. Voy. Brôz. 
K.08F-KENN, s. m. Corps dfc jupc OU corset 
sans manches. PI. korf-kcnnou. Ce mot est 
composé de korf, corps, et de /ccnn , peau. 
Plusieurs prononcent korkcnn. 

KoRF-sAÉ, s. m. Corset ou corps de jupe. 
PI. korfou-saé. Ce mot est composé de korf , 
corps , et de sac , habit ou robe. 



KOR 

KoDFi OU KoBFiA I du 2 syll., kor-fia] , 
v. n. Prendre du corps, de la corpulence. De- 
venir gros. Pari, kurfel ou korfiel. Kalz eu kor- 
fel a névet-zii , il a beaucoup pris du corps de- 
|)uis peu. 

KollFKK , koKFIKK OU KoBVEKfde 2 svl!., 

fc(jr-/ie&),adj. el s. :n. Oui a un gros corps 
Celui qui a du corps , de la corpulence. Pour 
le plur. du subst., kurféien. 

KoHFËUEZ ou KoRFiËQEZ (de 3syll. , Aor- 
fié-gez) , s. f. Celle qui a du corps, de la cor- 
pulence. PI. éd. 

KoBFiA. Voyez Kobfa. 
KoRFL'z , ailj. Corporel. Qui a un corps. 
Qui appartient au corps. Garveñlésiou horfuz, 
des austérités corporelles. 

KoBLLSR, s. m. Es[)èce de coquillage que 
l'on croit être le murex des Latins. Je ne con- 
nais ce mot que par le Diction, de Le Pelle- 
tier, qui, lui-même, ne le cite que d'après 
l'autorité de M. lloussel , habile breton de son 
temps. En décomposant ce mot, on pourrait 
y trouver kor pour korf, corps , ou korr , pe- 
tit , nain , et lusk , troisième personne du pré- 
sent de l'indicatif du verbe luska , remuer , 
bouger. 

KoBN , 9. m. Corne, partie dure qui sort 
de la tête de quelques animaux , et qui leur 
sert de défense et d'ornement. Cor ou cornet, 
instrument de musique. Trompette. De plus, 
pi()C à fumer du iabac. PI. kcrn ou kemiel 
( de 2 syll. , kcr-niel] , quand il est question de 
corne , et kornou ou korniou (de 2 syll. , kor- 
niou) , lorsqu'on parle d'instrument de musi- 
que. Unan eùz a gerniel ar vioc'h a zô iorret, 
une des cornes de la vache est rompue. Klé- 
voud a rit-hu eur c'horn er c^hoai? entendez- 
vous un cor dans le bois? Torredeo tac'/torn, 
ma pipe est cassée. — En Galles, korn. H. V. 
KoHN , s. m. Angle. Coin. Encoignure. PI. 
kornou ou korniou. É korn eur c'hoad , au 
coin d'un bois. Voyez KoS. 

Korn ou Kodrn , s. m. Grondin , poisson 
de mer qui ressemble au dauphin. PI. éd. 
Quelques-uns le confondent avec le mâle de 
la vieille nommé gagez. 

KoRN-BCAL , s. f. Cor de chasse, trompette 
guerrière. Trompe de pâtre. PI. kern-bual. A 
la lettre , corne de buffle. En Galles , ftorn- 
bual et korn-buélen. En gaël d'Ecosse , bual 
H. V. 

KoRN-BoDD , S. m. Cor. Cornet. Trompette. 
Le bourdon d'une musette. PL kornou-boud. 
Voyez BiNioc. 

KoRN-KARÔ, s. m. Corne de cerf , plante 
On la nomme aussi digounnar. 

KoRN-Liou , s. m. Encrier , vase où l'on met 
l'encre. II. V. 

KoRNA , v. n. Se garnir de cornes , en par- 
lant d'une génisse, etc., à qui les cornes 
commencent à paraître. Corner, sonner d'un 
cornet, d'une corne, de la trompette. Corner, 
tinter, en parlant d'un bourdonnement dans 
les oreilles. Part. eC. Né kél kornel c'hoaz ann 
tard iaouañk, le jeune taureau n'a pas encore 

de 



KOFI 

fie cornes. Klévoud a rann korna ; déomp da 
leina: j'entcmls sonner de la corne , allons dî- 
ner. Korned hù deiiz va diskouarn hcd ann 
lUJz , mes oreilles ont corné ou tinté toute la 
nuit. Voyez Boun.i. 

KoRN.iD ou KonÑ.kD, s. m. La contenance 
d'une corne ou d'une pipe à fumer du tabac. 
PI. ou. lidid d'in eur c'hurnad butum , donnez- 
moi une pipe de tabac. Voyez Korn , premier 
article. 

KoRNAi.EN, S. f. Trachée-artère, le canal 
qui porte l'air aux poumons. On dit aussi loull 
gaou, faux trou ou trou contraire. 

Korna5;dou.n , s. m. Nain , celui qui est d'une 
taille beaucoup plus petite que la laillo ordi- 
naire. Pygmée. Nabot. PI. éd. — Hors de Léon, 
Kornañdon. ILV. Voyez Kour et Kohrik. 

KoRNAÑDoiiNEZ , S. f. Naine, femme de très- 
petite taille. Nabote. l'I. cd. 

KoRNAOCEK ( de 3 syll. , kor-na-ouck) , s. m. 
Ouest, lèvent d'occident , du couchant. C'est 
au moins ainsi que ce mot est traduit par Le 
Pelletier , Grégoire de Rostrenen et!e P. Mau- 
noir. Pour moi, si j'osais donner mon avis 
après des savants aussi versés dans la connais- 
sance de la langue bretonne, je dirais que, 
né au Conquet , point le plus occidental de la 
Bretagne, j'ai toujours entendu donntr le nom 
de kornaouek h deux aires de vent dilTérentes, 
que l'on distingue en kurnaoucli-uc'hcl , nord- 
ouest, et kninaouek- izc l , suA-oucst D'ail- 
leurs , la seule signiOcalion du mot indique 
qu'il ne peut s'entendre d'un point cardinal , 
mais seulemeiit de points inlerniédiaires. 11 
est composé du plur. kornaov.ou kornou , an- 
gles, coins, encoignures, et de la terminai- 
son ck , indiquant situation. On désigne ordi- 
nairement le vent d'oue-'it par ces mots : avel 
are'hii: héol, le vent du coucher du soleil. On 
dit aussi queI(|uefois avel i:cl , vent bas. 

KoRNEK , adj. et s. m. Cornu, qui a des 
cornes. Pour le plur. du subst. , korncien ou 
koniégcd. Voyez Konfi , prem. art. 

KORNEK , adj. Angulaire , qui a un ou plu- 
sieurs angles. Anguleux, dont la surface a 
plusieurs angles. Voyez Koxek. 

KoBNEL ou KoRMEL (dc 2 syll. , kor-nicl) , 
s. m. Hausse, morceau de cuir que l'on met 
à des souliers, pour en élever le talon ou le 
bout. PI. kcrniel. Livirid d'ar clu'rc lakaad eur 
f'hornci oud va boulou , dites au cordonnier dc 
mettre une hausse à mes souliers. 

KOHNELLA ou KoRNIELLA ( de 3 Syll. , koT- 

niel-la), v. a. Mettre des hausses à des sou- 
liere , les garnir de hausses. Part. el. Kasil va 
heûzou da gornella , faites mettre des hausses 
à mes bottes. 

KoRMER , s m. Celui qui corne , qui sonne 
d'une corne , d'une trompette. PI. ivn. 

KoRNËiiEZ , s. m. Action de sonner d'une 
corne , d'une trompette. Action de corner , de 
tinter, en pailant d'un bourdonnement dans 
les oreilles. 

KoRNiEi. Voyez Kornel. 

KoRMiiEL , s. f. Toupie ou sabot , jouet dc 
D.B.F. 



KOR 



bois que l'on fait tourner avec une ficclU; oa 
un fouet. PI. kornigellou.N'IieUann kéllakaal 
va c'hnrnigel da drei , je ne puis pas faire tour- 
ner ma toupie, mon sabot. 

KoRMGEi.. Voyez Kermgel. 

KoHMCEt.LA , V. n. Jouer ñ la toupie , au 
sabot, h'diri.' tourner une toupie. De plus, pi- 
rouetter, faire un tour entier dc tout le corps, 
en se tenant sur un pied. Tournoyer. Part.cf. 
Kalz a amzcr a drémcnnô komigella, il passe 
beaucoup de temps à jouer à la toupie. A'a hell 
kél kurnigclla pell amzcr , il ne peut pas pi- 
rouetter longtemps. 

KoRMiGEi.LADEN, S. f- Pirouclte , tour entier 
qu'on fait de tout le corps , en se tenant sur 
un pied. Tournoiement, certaine indisiiosi- 
tion du cerveau , qui fait qu'd semble à celui 
qui en est atteint que toutes choses tournent. 
PI. kurnigcUadenniju. Eur gornigclladen a 
rcaz , hag l'z èaz kuH , il fit une pirouclte et 
s'en ;illa. Klañ ounn bel gañd eur gornigella- 
den, j'ai été incommodé d'un tournoiement. 

KoROLL, s. m. Danse, mouvement du corps 
en cadence. Bal, réunion dedan.i^eurs. PI. oh. 
Ce mot est peu en usage aujourd'hui , excep- 
té en Cannes et dans une partie dc la Cor- 
nouaille. Voyez Da.ns. 

KoROLLVou KoRoiu, V. n. Danser, mou- 
voir le corps en cadence, à pas mesurés. Don- 
ner un bal. Part. cl. Voyez le mot précédeat. 

KoROLLER , s. m. Danseur, celui qui danse, 
qui fait profession de danser. PI. ien KoroUé- 
rien holl co ar Vrétouried , tous les Bretons 
sont des danseurs. KoroUer, qu'on écrit au- 
jourd'hui coroller , est un nom de famille assez 
commun en Bretagne. 

KoRoLLER-wAn-UERDiN' , S. vci. FunambuIc , 
danseur de corde. PI. ù-h. En Galles, korden- 
zausour et. korden-gorélour. H. V. 

KoROLLER , s m. Marchand de cuir en dé- 
tail. Pellclier. Tanacur. Voyez Kiviciieb el 
Pelleter. 

KoROLLÉREz, s. m. Action de danser. 

KoROLLÉREZ,s. f. Dauscuse, Celle qui danse, 
qui fait profession de danser. Pl. cd. Eur go- 
rolh'rez skañ eo , c'est une danseuse légère. 

KouoLLi. Voyez Korolla. 

* KoRoNAL,s. mColoncI, chef d'un régiment. 
PI. éd. .\nciennement ,pfn«-mi"t-rfc'/i , c'est-à- 
dire , chef de mille hommes. H. V. 

* KoRPORAL , s. m. Caporal, dernier sous- 
officier d'infanterie. Pl. éd. n. V. 

KoRR, s. m. Nain , celui qui est d'une taille 
beaucoup plus petite que la taille ordinaire 
Pygmée. Nabot. Pl. cd. Kalz a gorred a zô é 
brùiou ann haùlcr-nOz , il y a beaucoup de 
nains dans les pays du nord, h'uiv , que l'on 
écrit aujourd'hui cor et conc , est un nom de 
famille fort commun en Bretagne. En Vannes. 
Aorri^an. Voyez Korna.ndoim et Korrik. 

* KoRRÉKN , s. f. Courroie , bande de cuir 
longue et étroite. l'I. /l'orrefiinou. Voyez Le- 
BKN , Storéen et LOIAN. 

KORREILER. Le mèuiC (JUC ROROllER , 

deuxième article. 

»7 



2IO KOR 

KoHREZ , S. f. Naine , femme d<; tris-pctilc 
Uillc. Nabote. Pl. ed. 

KoHHiK, s. in. Petit nain. On ctileiid plus 
Ijarticulièriiiient par te ilimimitif un sorcier , 
un génie , une fée , — et dans ce dernier sens 
il est léminin. U.V. PI korrigcd. Eu Vannes , 
korrigan. N oyez Iîûudik. 

KoiiRiGAN , s. f. Magicienne. Fée. Génie 
nain du sexe féminin. l'I. cd. Voyez GwAZiii.iN. 
n. V. Voyez KoRn et Korhik. 

KOBKIGANEZ. VoyeZ KoltRlGEZ. 

KoRiiiGEZ, S. f. i'etite naine. On entend plus 
particulièrement par ce diminutif une sorcière, 
une fée. Pl. ed. En Vannes , korriyanex. Voy. 

BOUDIK. 

KoKBo.ÑK.v ou KorRROÑK.i , V. H. Sc baigner 
à la mer ou à la rivière. Part. el. IJéuiiip da 
gorroñka d'ar môr, allons nous baigner à la 
racr. Voyez Kibei.la. 

KoRKO.NEEN ou KoiBRO.vKE.N, S. f. Bain pris 
à la mer ou à la rivière. De plus , l'endroit de 
la mer ou de la rivière le plus propre à pren- 
dre des bains. Pl. liorronkennou. Voyez Ki- 
bellkc'h. 

KORRO.NEËREZ OU KoCHRDNKÉREZ , S. ta. 

L'action de se baigner à la mer ou à la rivière. 
KoRS, s. m. Canne, roseau qui a des nœuds. 
Roseau , plante aquatique. Clialumcaa , tuyau 
de paille , de roseau , de chanvre , eic. Korscn, 
f. , une seule canne ou un seul roseau, etc. 
Pl. korsennou ou simplement kors. Raid eur 
gorsen d'in da ober eur géyel, donnez-moi une 
canne, un roseau pour en faire une quenouille. 
Tcô ha kré eo korsvn ann cd-mañ , le tuyau de 
ce blé est gros et fort. Voyez Uaoz. 

KoRSALEX , s. f. Gosier, la partie intérieure 
de la gorge. Le canal par où sort la voix el 
qui sert à la respiration. Pl. korsalennou. On 
voit sans peine le rapport qu'a ce mol avec le 
précédent. Voyez Gargade.-s. 

KoRSEK , adj. Plein de cannes , de roseaux. 
Qui a de forts tuyaux , de forts chalumeaux , 
en parlant du blé , du chanvre , etc. 

KoBSER, s. f. Lieu plein de cannes , de ro- 
seaux. Pl. korségou. 

KoRsiN, s. m. Charnière, deux pièces join- 
tes par une broche, pour soutenir un cou- 
vercle, etc. Pl. iou. U.V. 

KoRVELLEK, adj. Corpulcnt, qui a beau- 
coup de corps. U. V. 
KoRVEÑTEN. Voyez Kourvemen. 
KoRViGEL , s. m.Etat de ce qui est brouillé , 
mêlé , à force de se contourner, comme une 
corde neuve , etc. Au flguré , tromperie. Frau- 
de. Duplicité. Artifice. Pl. korvigellou. Voyez 
Relst et Meskade.n. 

KoRviGELiA, V. a. et n. Se brouiller , se 
mêler à force de se contourner , comme une 
corde neuve , etc. Aa figuré, tromper. Frau- 
der. Décevoir. Part. et. 

Kortigeller, s. m. Trompeur. Pl. ien. 
Korvige